Archives par mot-clé : produits financiers toxiques

« VOTRE PROPOSITION DE PLAFONNER AU NIVEAU DU TAUX DE L’USURE LE TAUX DES CONTRATS DE PRÊT ABOUTIRAIT À LIMITER LA RÉMUNÉRATION DES CRÉANCIERS ET LEUR OCCASIONNERAIT DES PERTES », par zébu

Billet invité

Les commissions d’enquêtes parlementaires sont des outils parfois édifiants et surprenants.

Edifiants parce que les enquêtes parlementaires traitent d’objets très divers mais dont l’analyse permet de tirer parfois des enseignements importants pour la démocratie. Surprenants, lorsque ces mêmes enquêtes permettent, en sus de traiter de leur objet, de comprendre les mécanismes globaux dans lesquels les objets traités s’inscrivent.

C’est tout particulièrement le cas de la « Commission d’enquête sur les produits financiers à risque souscrits par les acteurs publics locaux », commission qui examine notamment, mais pas uniquement, le ‘cas Dexia’. Ces emprunts toxiques, c’est le cas de le dire, « pourrissent » la vie de nombreuses collectivités locales et la Commission d’enquête dirigée par Claude Bartolone (PS) avec l’aide du rapporteur (UMP) Jean-Pierre Gorges s’était fixée comme objectif premier de pouvoir rencontrer les différents acteurs concernés par ces produits financiers, dont on connaît maintenant grâce aux médias ,mais aussi plus précisément grâce à la Commission, la dangerosité et la perversité.

Cette commission a largement ouvert ses portes à ces acteurs, depuis les collectivités locales, petites comme grosses, avec des cas spécifiques (Saint-Etienne, Saint-Maur-des-Fossés) mais aussi un ancien préfet, un trésorier-payeur général, des anciens édiles et conseils de collectivités locales, des hôpitaux, des organismes de logement sociaux et dernièrement, des magistrats des Cours Régionales des Comptes. C’est cette dernière audition, ‘Comment évaluer l’encours des emprunts toxiques ?’, qui nous intéresse en l’occurrence, dont le titre ne laisse a priori rien présager d’autre qu’une exégèse quant aux modalités méthodologiques et statistiques, passées et en cours, sur l’identification par les magistrats en charge d’examiner les comptes des institutions locales de ce qui relèverait ou non de la toxicité pour les emprunts contractés par les collectivités locales (notamment) et du degré de toxicité, comme il y aurait une échelle d’intensité pour les tremblements de terre ou pour les accidents nucléaires.

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L’actualité de la crise : COMPARAISON DONNE PARFOIS RAISON, par François Leclerc

Billet invité

Se poursuivant tous les deux vers des issues incertaines, la crise financière et l’accident nucléaire de Fukushima auraient-ils des points communs ? Paul Jorion a déjà évoqué la similitude des faux remèdes qui y sont dans les deux cas apportés : l’inondation des banques par des liquidités et celle des réacteurs par de l’eau. Permettant seulement de gagner du temps, mais pas davantage.

Un autre rapprochement est éclairant : celui de l’interpénétration étroite de l’État par l’industrie nucléaire, de même nature et selon la même méthode que celle que l’on constate dans le cas de l’industrie financière. Contribuant dans les deux cas à la formation d’un système oligarchique opaque et centralisé.

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L’actualité de la crise: oh, les beaux jours ! par François Leclerc

Billet invité

OH, LES BEAUX JOURS !

La SEC et la CFTC – les deux régulateurs américains concernés par le marché des dérivatifs – sont entrés dans la cage aux fauves. C’est à eux que revient en effet la redoutable mission de tenter de dresser ces animaux sauvages, au terme de la loi Dodd-Frank qui a laissé tout le travail en plan.

Des auditions publiques seront organisées en septembre et la mise au point de la centaine de définitions des termes employés dans le texte de la loi et des règles précises à respecter devrait être terminé pour juillet 2011, dans moins d’un an. On va beaucoup parler d’ici là du titre 7 de la loi, puisqu’il va falloir en faire l’exégèse, le législateur ne s’y étant pas risqué. Ou ne parvenant pas à trouver les compromis nécessaires, préférant se défausser sur l’administration.

Cela revient à dire que tout, ou presque, est à faire. Et qu’il va falloir répondre à des questions élémentaires dont la réponse a été laissée en blanc. Qui va être autorisé à intervenir sur ce marché  ? Quels types de dérivés vont devoir emprunter des chambres de compensation, selon quels critères et quelles procédures cela sera-t-il décidé  ? Dans quelles éventuelles limites les banques vont-elles pouvoir détenir des participations dans des chambres de compensation ? A quels critères va-t-il falloir répondre pour bénéficier du statut de chambre de compensation et être autorisé à exercer cette activité ? Quelles données les traders autorisés vont-ils devoir leur fournir et comment celles-ci seront-elles ou non rendues publiques en vertu d’une transparence du marché qu’il va falloir instaurer ? Il y a du pain sur la planche, car cette liste n’est qu’un premier survol…

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Goldman Sachs aujourd’hui (IV) – Se refaire : le CDO synthétique

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Goldman Sachs aujourd’hui (I) – Résultats financiers du second trimestre 2010

Goldman Sachs aujourd’hui (II) – La dénonciation de la supercherie par Michael Lewis

Goldman Sachs aujourd’hui (III) – Se débarrasser de la camelote : le CDO

J’ai examiné dans Goldman Sachs aujourd’hui (III) – Se débarrasser de la camelote : le CDO, la première stratégie possible pour les grandes banques de Wall Street quand elles se rendirent compte en février 2007 de l’inéluctabilité d’un effondrement total du marché de la titrisation des crédits hypothécaires subprime aux États-Unis : se débarrasser aussi vite que possible de ces produits financiers toxiques et, donner éventuellement un coup de main à un client disposé à parier sur leur dépréciation. L’ampleur du désastre en gestation conduisit cependant à vouloir faire bien davantage. Elles ne se contentèrent pas de parier sur la perte d’un produit financier qu’elles vendaient par ailleurs à leurs clients – en utilisant à cette fin les CDO –, elles mirent au point un nouvel instrument financier qui permettait de démultiplier les gains que la dépréciation d’un CDO était susceptible d’occasionner : le CDO synthétique.

Contrairement à un CDO, un CDO synthétique n’est pas un instrument de dette, ce qui veut dire qu’il n’existe pas avec un CDO synthétique comme avec un CDO, de flux financiers alimentés par des emprunteurs payant des traites. Un CDO synthétique est un produit dérivé, et le produit dont il dérive est un CDO : il constitue un pur pari sur la valeur d’un CDO. Les sommes qui seront versées, ne sont donc pas des flux financiers versés par des emprunteurs, ce sont les sommes promises par ceux des parieurs qui perdent le pari à ceux qui le gagnent.

Un CDO synthétique est donc un produit dérivé d’un CDO au sens où sa référence, ce qui définit son rendement, c’est le comportement d’un CDO sous-jacent. Le moyen par lequel s’opère cette « dérivation », c’est le produit dérivé appelé CDS, le Credit–Default Swap.

Un CDS peut être assimilé à une assurance où celui qui s’assure paie une prime à l’assureur, et celui-ci, en échange, s’engage à compenser l’assuré pour toute dépréciation que pourrait subir le produit qui est assuré. La différence essentielle avec une assurance proprement dite – et elle est de taille –, c’est que le détenteur d’un CDS ne doit pas nécessairement être propriétaire de l’objet qu’il « assure ». D’où l’image souvent utilisée à propos du CDS pour souligner l’aléa moral qu’il comporte : « Assurer contre le vol la voiture du voisin ». L’« aléa moral », on l’aura immédiatement compris, c’est l’encouragement à l’abus inscrit dans un certain type de situations.

Un CDO synthétique est un CDS portant sur un CDO ; on écrirait en mathématiques :

CDO synthétique = CDS(CDO)

Qu’est-ce à dire ? Cela signifie qu’un CDO synthétique est une « assurance » contre la dépréciation d’un CDO mais, celle-ci étant déconnectée entièrement – aussi bien pour l’« assureur » que pour l’« assuré » –, de la propriété du CDO sous-jacent (autrement dit des flux financiers auxquels ce CDO donne droit), le CDO synthétique est un pur et simple pari (1).

Dans un pari, il n’y a de limite ni au nombre de parieurs, ni au montant des enjeux : le nombre de parieurs convaincus que Belle de mai gagnera dans la quatrième à Saint-Cloud est potentiellement illimité, et de même pour les sommes qu’ils sont prêts à parier. Le même principe vaut pour les CDO synthétiques. Celui qui achète le produit financier qu’est un CDO n’obtiendra lui jamais des sommes supérieures au flux financier constitué de l’ensemble des traites payées mensuellement par les emprunteurs dont les crédits constituent le titre. Au contraire, la somme que peut potentiellement gagner le « vendeur » d’un CDO synthétique est en principe illimitée : elle dépend seulement de la quantité de paris qu’est prête à accepter la partie adverse : les « acheteurs », en échange des primes qui leur sont versées.

On comprend maintenant comment les firmes de Wall Street, quand elles réalisèrent l’ampleur du cataclysme en gestation dans le secteur des titres adossés à des crédits hypothécaires subprime, jugèrent qu’elles pourraient se refaire en se portant « vendeuses » de CDO synthétiques, c’est-à-dire en s’assurant contre une dépréciation des CDO qui servent de référence à ces CDO synthétiques. Et elles s’efforcèrent de se trouver le plus grand nombre possible de contreparties disposées à jouer le rôle d’assureur en échange du versement d’une prime. Se porta volontaire dans cette fonction, loin devant les autres, la compagnie d’assurance AIG dont le sauvetage par l’État américain coûterait 182,5 milliards de dollars en débours et en garanties diverses, mais aussi un ensemble de compagnies plus petites appelées « monoline », dont la niche avant qu’elles ne s’aventurent sur ce terrain miné des CDO et autres titres adossés à des crédits douteux, consistait essentiellement à assurer les emprunts émis par les « munis », les collectivités locales américaines.

(… à suivre : suite et fin)

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(1) Le vocabulaire utilisé pour les CDO synthétique est un peu traître, étant contre-intuitif. On serait tenté de dire que l’« assureur », celui qui encaisse la prime et qui compensera l’« assuré » de sa perte éventuelle est un vendeur, étant celui qui « vend » une police d’assurance, et que celui qui s’assure est un acheteur, puisqu’il « achète » une police d’assurance, et c’est en effet en utilisant les termes de cette manière-là que la presse a rendu compte des CDO synthétiques tout au long de la crise, usage que Michael Lewis adopte lui aussi dans The Big Short. Or le vocabulaire financier technique inverse les rôles : il appelle l’assureur, « acheteur » et l’assuré, « vendeur ». La raison, c’est la suivante : l’analogie qui est utilisée dans le cas du CDO synthétique n’est pas empruntée au domaine de l’assurance mais à celui de la Bourse et des marchés à terme. Expliquons cela. À la Bourse, l’acheteur bénéficie du fait que le prix de l’action est à la hausse, or, dans le cas du CDO synthétique, celui qui bénéficie quand le prix du CDO sous-jacent est à la hausse, c’est l’« assureur », puisque quand à l’inverse le prix baisse, il doit débourser. Donc, l’« assureur » est appelé « acheteur », et l’« assuré », par opposition, « vendeur ».

Michael Lewis, The Big Short. Inside the Doomsday Machine, London : Allen Lane, 2010

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Goldman Sachs aujourd’hui (III) – Se débarrasser de la camelote : le CDO

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Goldman Sachs aujourd’hui (I) – Résultats financiers du second trimestre 2010

Goldman Sachs aujourd’hui (II) – La dénonciation de la supercherie par Michael Lewis

Une fois connue en février 2007 l’inéluctabilité d’un effondrement total du marché de la titrisation des crédits hypothécaires subprime aux États-Unis, Wall Street mit au point une double stratégie : d’abord se débarrasser de ces produits financiers toxiques, tenter ensuite de se refaire à l’aide de paris biaisés en faveur de la banque (la preuve étant faite que ce n’est pas seulement au casino que ce biais existe !)

Le moyen le plus expéditif pour se débarrasser des produits financiers toxiques adossés à des crédits hypothécaires subprime consistait à les reconditionner à l’échelle industrielle. On utilisa pour cela un instrument de dette appelé le CDO (Collateralized–Debt Obligation). Un CDO rassemble sous un même emballage un ensemble de « tranches » d’ABS (Asset–Backed Securities) qui sont des titres composés chacun d’une collection de quelques milliers de crédits, et en particulier de crédits hypothécaires subprime. Une tranche – l’américain utilise ce terme français, on dit aussi certificat – est, comme le nom l’indique, une découpe du flux financier qui alimente le CDO en différents morceaux caractérisés par un risque de non-remboursement et de paiement anticipé spécifique et par un taux d’intérêt reflétant ce risque ; cette découpe regroupera différemment, par exemple, les versements d’intérêts, les sommes qui correspondent à l’amortissement du principal, les remboursements anticipés, etc. Les émetteurs de CDO, en partenariat avec certains de leurs clients qui parièrent par ailleurs sur la très mauvaise performance de ces titres, s’arrangeaient pour y regrouper les crédits hypothécaires dont la probabilité qu’ils ne seraient jamais remboursés était la plus élevée. Cette sélection négative intentionnelle n’était bien entendu pas signalée aux acheteurs éventuels de ces produits. Un « CDO synthétique » n’est pas une obligation comme un CDO mais un produit dérivé constitué d’un CDS (Credit-default swap) portant sur un CDO, c’est-à-dire, un produit financier dont la valeur est celle de la perte éventuelle subie sur un CDO.

Accusée de fraude dans une plainte déposée en avril par la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés financiers américains, Goldman Sachs affirma que cette sélection négative des crédits titrisés ne constituait pas une information pertinente dont il aurait fallu notifier des clients potentiels. La ligne de défense était que la banque se contentait d’intervenir en tant que market maker, « teneur de marché », c’est-à-dire vendant à ceux qui veulent acheter, et achetant à ceux qui veulent vendre, et faisant son bénéfice de la différence des deux prix.

Comme on le sait, l’affaire s’est réglée au début du mois pour Goldman Sachs (Fabrice Tourre, l’executive director nommément accusé, n’est lui pas tiré d’affaire) par une amende se montant à 300 millions de dollars et le versement de 250 millions additionnels en compensation aux deux banques lésées dans l’affaire du CDO synthétique appelé ABACUS 2007-AC1 au centre de l’accusation : Royal Bank of Scotland (pour avoir racheté la banque néerlandaise ABN-AMRO, la véritable victime) et IKB, la première banque à tomber dans la crise des subprimes en Allemagne en juillet 2007.

La somme de 550 millions, la presse l’a immédiatement noté, ne représente pour Goldman Sachs qu’environ une semaine de bénéfices, mais il ne s’agissait pas pour la SEC d’abattre la firme par une amende colossale – si l’on voulait la pénaliser de manière majeure, il aurait été plus simple de lui interdire pour un temps un certain type d’activités – mais, en lui faisant admettre une faute, de donner le feu vert à quiconque voudrait la poursuivre en justice pour des pertes subies du fait d’un produit qu’elle vendait. L’accusation ne portait sans doute que sur ABACUS 2007-AC1 : un CDO synthétique bien précis, mais la reconnaissance par Goldman Sachs dans la publication judiciaire, d’une erreur de sa part, permet que des plaintes soient déposées par des compagnies se considérant lésées dans des cas apparentés, non seulement vis-à-vis de Goldman Sachs elle-même, mais aussi vis-à-vis de tout autre établissement financier qui aurait agi de la même manière dans le même type de contexte.

Qu’il ait fallu la publication du livre de Michael Lewis The Big Short, révélant ces abus, pour que les régulateurs interviennent, souligne à quel point le rapport de force était défavorable à ceux-ci dans la période précédant le début de la crise, soit qu’ils aient choisi de rester silencieux alors que la situation leur était connue, soit qu’ils n’en aient rien su alors que leur fonction était pourtant de surveiller et de contrôler ces activités, activités qu’un essayiste parvenait sans difficulté à se faire expliquer dans tous ses tenants et aboutissants par une dizaine de témoins au moins.

(à suivre…)

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Michael Lewis, The Big Short. Inside the Doomsday Machine, London : Allen Lane, 2010

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Goldman Sachs aujourd’hui (II) – La dénonciation de la supercherie par Michael Lewis

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Lorsqu’il devint évident en février 2007 qu’une crise de dimension cataclysmique s’ébauchait dans le secteur subprime de l’immobilier résidentiel américain, un sauve-qui-peut généralisé s’empara des banques américaines qui en possédaient des quantités substantielles en portefeuille. L’image que l’on s’était faite était que ces produits financiers apparaîtraient aux yeux du public comme des placements de bon père de famille et que des myriades de petits investisseurs se les répartiraient entre eux. Ce qui s’était passé dans la réalité était que l’évaluation erronée du risque associé à ces produits par les agences de notation les avait fait apparaître comme d’un taux de rendement extraordinairement élevé par rapport au risque encouru et ç’avaient été les banques elles-mêmes qui, dans les années 2000 – 2006, les avaient acquis en quantités colossales et les avaient accumulés dans leurs portefeuilles.

Rien dans ce que nous savons a posteriori ne suggère qu’il y ait eu chez ces banques qui refilèrent à leurs clients les pertes qui s’annonçaient dans le cataclysme imminent, le moindre d’état d’âme : elles mirent au point en un rien de temps des produits financiers qui leur permettraient de parier dans une configuration de profit optimale sur la chute de ce qui apparaissait soudain comme un secteur du crédit condamné globalement, et se tournèrent vers leurs clients les plus fidèles comme étant les victimes toutes désignées qui leur permettraient à elles de se tirer d’affaire. La justification qu’elles se donnèrent pour agir de la sorte était simple : il s’agissait après tout avec leurs clients d’intervenants « avertis » – « sophisticated » en américain – sur les marchés financiers, et s’ils achetaient les produits frelatés qu’on leur offrait, ce devait être en toute connaissance de cause. L’hypocrisie alla beaucoup plus loin encore : « Qui sait, se disait-on dans ces firmes, c’est peut-être eux après tout qui ont raison dans l’évaluation du marché ? » La fiction qui règne en maître dans tout entreprise, qui veut que le client est roi, se transformait en farce.

Développement apparemment paradoxal, ce ne furent pas les régulateurs qui levèrent le lièvre mais un livre : The Big Short par Michael Lewis, un auteur qui, vingt-et-un ans auparavant, dans un best-seller intitulé Liar’s Poker, avait dénoncé les mœurs des grandes banques d’investissement de Wall Street, et plus particulièrement de la firme Salomon Brothers qui l’avait employé. Il expliquait à propos de son ouvrage publié en 1989, soulignant d’ailleurs sa perplexité à ce sujet, qu’un livre qui constituait à ses yeux une dénonciation de comportements inavouables dans le monde financier, avait au contraire été reçu avec enthousiasme par une génération de jeunes loups qui en avaient fait dans le monde des banques d’affaires le vade-mecum d’une élite de traders et de commerciaux aux dents longues.

Le nouveau livre de Lewis, publié en avril 2010, rapportait de façon détaillée la campagne entreprise par Wall Street quand il devint évident que les titres émis dans le secteur subprime sombraient et que le seul espoir de survie pour ceux qui les détenaient en grandes quantités – ce qui était le cas de Wall Street dans son ensemble – résidait dans leur vente immédiate, et mieux encore, dans des paris portant sur leur perte afin de réaliser un gain rapide et pouvant rapporter des sommes plus élevées encore que le risque effectivement couru. La démonstration qu’offre le livre est brillante, démontant les mécanismes, mêlant les récits d’acteurs interrogés par Lewis à sa propre narration où le cynisme des uns et des autres est mis en scène avec humour et talent. L’auteur a le sens de la formule et certaines, c’est sûr, seront non seulement répétées mais iront aussi s’inscrire dans la mémoire que l’on gardera des années du nouveau grand tournant. Qui contestera par exemple que « la meilleure définition peut-être pour « investir » est « parier en ayant mis toutes les chances de son côté » » (Lewis 2010 : 256) ?

Après avoir constaté que, dans une belle unanimité de ses principaux protagonistes, Wall Street puisa dans la caisse, et que chacun – qu’il ait été de ceux qui parièrent sur l’effondrement du système financier, ou de ceux qui conservèrent l’espoir secret de son rétablissement jusqu’au 15 septembre, quand la chute de Lehman Brothers entraîna dans sa chute le système tout entier –, que chacun donc se retrouva quand même avec en poche quelques dizaines de millions de dollars au moins, Lewis pose la question qui s’impose : « Pourquoi des gens prendraient-ils des décisions financières intelligentes, s’il n’y a pour eux aucun impératif à ce que ce soit ainsi, et s’ils peuvent devenir riches tout aussi bien en prenant des décisions stupides ? » (ibid. 257). Pour finir sur le constat dont on découvrira a posteriori qu’il joua un rôle décisif dans ce nouveau grand tournant : « Les financiers au monde les plus puissants et les mieux payés avaient été entièrement discrédités. Sans l’intervention des gouvernements, chacun d’entre eux aurait perdu son poste ; et pourtant, ces même financiers utilisèrent les gouvernements pour s’enrichir encore davantage » (ibid. 262). On avait attribué à ces financiers une expertise. Quand on découvrit que celle-ci était illusoire, on imagina que l’arrogance qui avait cette expertise pour excuse, se serait évanouie avec le mirage. Il n’en fut rien et l’évidence s’imposa : il n’avait jamais été question d’expertise, il n’y avait jamais eu qu’un simple rapport de force. Et celui-ci était maintenant pleinement visible, nu et glacé.

(à suivre…)

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Michael Lewis, Liar’s Poker. Rising Through the Wreckage on Wall Street, New York : Norton, 1989

———–, The Big Short. Inside the Doomsday Machine, London : Allen Lane, 2010

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: interdit d’interdire ?, par François Leclerc

Billet invité.

INTERDIT D’INTERDIRE ?

En ces temps de célébration outrancière de l’adoption de la loi de régulation financière américaine, qui donne lieu à des envolées destinées à être vite oubliées, et qui laisse sur leur faim ceux qui ont un moment cru que, pour s’être fait une si grande frayeur, les Américains réagiraient de manière conséquente, une simple question s’impose.

Qu’est ce qui est le pire dans cette situation ? Que les portes du casino aient été laissées ouvertes, au prétexte de réglementer en chipotant son accès, ou bien que se poursuive la vaine quête du truc miraculeux qui contiendra un risque systémique que l’on ne sait toujours pas par quel bout pendre  ?

Car ce qui est frappant, dans ce paysage qui ne peut devenir que plus désolé, en dépit de toutes les fausses assurances qui s’épuisent les unes après les autres, c’est que l’on en revient toujours à la même étonnante approche restant à la surface des choses.

Jamais il ne s’agit de remédier aux origines du cataclysme, dont la recherche est tout simplement oubliée. L’objectif limité et inatteignable reste d’essayer de l’endiguer, le jour inconnu où il surviendra à nouveau, à l’endroit méconnu où il se manifestera, selon des mécanismes dont on sait par avance qu’ils seront déroutants, car imprévisibles. Car c’est tout ce qui a voulu être retenu.

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L’actualité de la crise : tourner la page ! par François Leclerc

Billet invité.

TOURNER LA PAGE !

Durant toute la journée de lundi, les démentis ont plu de toute part, ne faisant qu’accréditer la rumeur dont avait fait état le Frankfurter Allgemeine Zeitung, un journal qui ne passe pas particulièrement pour faire partie de la presse à sensation. L’Espagne serait au bout du rouleau, un plan d’activation du fonds de stabilité financière européen en préparation. Les mauvais esprits – il n’en manque pas – remarquant que ce scénario rappelait fâcheusement celui de la Grèce, avant qu’elle ne bénéficie d’un soutien longtemps dénié de toutes parts.

Une conférence téléphonique des ministres du G7 avait opportunément eu lieu dans la matinée, dont il était juré qu’elle n’avait pas été consacrée à l’affaire qui mobilisait toutes les attentions. Décidément !

Les rares banquiers et financiers espagnols qui acceptaient de s’exprimer faisaient entendre un tout autre son de cloche : ils reconnaissaient que les banques espagnoles étaient devant le marché international des capitaux comme devant porte close. Plus personne ne voulant se risquer à prêter à un secteur bancaire en pleine crise, sans désormais même faire trop le détail entre ses composantes, faute de visibilité. L’opacité du système financier se retourne contre lui dans les mauvais jours : il est dans l’incapacité de lui substituer la transparence, car elle rendrait encore plus vulnérable.

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L’actualité de la crise: banques qui rient, banques qui pleurent, par François Leclerc

Billet invité.

BANQUES QUI RIENT, BANQUES QUI PLEURENT

C’est en passe d’être réalisé : une loi de régulation financière va être dans les semaines à venir promulguée par Barack Obama, après un rapprochement des textes successivement adoptés par la Chambre des représentants et du Sénat qui va permettre d’encore en édulcorer l’ensemble. Les mégabanques ont d’ores et déjà remporté aux Etats-Unis une écrasante victoire dont elles entendent se prévaloir, dans le monde entier, afin de poursuivre leurs jeux délétères. Il n’y a pas à tergiverser, mais à s’interroger sur ses conséquences.

Avec l’appui de l’administration – en dépit de quelques batailles menées par des agences de régulation et d’escarmouches à portée limitée – et avec le soutien qui ne s’est pas démenti, sauf à l’occasion d’alertes qui n’ont pas duré, d’un Congrès miné par le lobbying et la corruption, les mégabanques viennent d’illustrer le fameux « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». La gloire n’était qu’accessoire, elles se contenteront de la victoire. Seuls quelques élus auront tenté de sauver l’honneur, sans succès.

Durant ces mois de travail législatif, Barack Obama n’aura cessé de mettre en scène son courroux et sa détermination pour masquer qu’il n’entendait pas mettre la bride sur le cou au capitalisme financier dont il est en réalité, avec son administration, partie largement prenante. Justifiant l’utilisation du concept d’oligarchie pour qualifier le pouvoir qu’il représente, certains préférant le terme de ploutocratie.

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L’actualité de la crise: combustions lentes, par François Leclerc

Billet invité

COMBUSTIONS LENTES

Lorsque l’on quitte un instant les cimes de la finance et de l’économie pour s’intéresser à l’étage du dessous, dont on ne parle pas assez, que peut-on observer ? Que le feu y couve, de manière moins spectaculaire mais avec d’importants effets potentiels. Comme s’il se confirmait qu’il y avait eu plusieurs départs du feu, signe incontestable qu’il n’a pas été accidentel, et surtout qu’il n’est pas éteint.

Est-ce un prétexte pour reparler de ces bombes à retardement que sont les marchés hypothécaires résidentiel et commercial, aux Etats-Unis ou dans les pays qui ont le plus succombé au démon de la promotion immobilière, comme l’Espagne ? C’est un peu tôt encore pour le faire, il faut attendre encore.

Ou bien pour remettre sur le tapis le marché des LBO (leveraged buyout), cette technique à fort effet de levier qui consiste à financer l’acquisition d’entreprises par l’endettement, en leur faisant ensuite supporter le poids du remboursement des dettes contractées ? Un nombre de plus en plus grand d’entre elles n’y parvenaient plus et les banques ont du procéder à des refinancement, afin de ne pas constater d’importantes pertes, vu la dimension des opérations. Le cap difficile est pour l’instant doublé en Europe, grâce à l’afflux de liquidités qui a permis d’y procéder sans encombre. On verra par la suite, quand les nouvelles échéances surviendront et si la récession se précise.

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L’actualité de la crise: la Grande Crise s’auto-alimente, par François Leclerc

Billet invité.

LA GRANDE CRISE S’AUTO-ALIMENTE

Une constatation s’est déjà imposée : la Grande Crise est sortie de son état aigu, au moins provisoirement, pour entrer dans une phase chronique. Ce que l’on peut traduire par durable et installée. A poursuivre son observation – prenant un peu de recul face à la succession à cadence rapprochée de ses épisodes – on peut désormais également comprendre qu’elle s’auto-alimente. En d’autres termes qu’elle ne se poursuit pas uniquement parce qu’il n’a pas été fait face aux causes initiales de son déclenchement, mais aussi parce que les tentatives d’y remédier sont en elles-mêmes porteuses de sa poursuite et de son approfondissement. En ce sens, elle se reproduit.

Une conclusion s’impose alors : faute d’une reconfiguration en profondeur du capitalisme financier, pouvant aboutir à sa remise en question car il s’y oppose, la Grande Crise est devenue endémique. Pour s’en débarrasser, il n’y a d’autre issue que d’en faire autant d’un système financier parasitaire qui continue de s’accrocher à un corps social de moins en moins sain. Dont il est ressentit qu’il est vital de le préserver par un nombre grandissant de ses acteurs.

Afin de mettre en évidence ce phénomène de pérennisation désormais bien enclenché, tout peut partir d’une autre constatation, qui ne souffre pas discussion. Trois bulles financières distinctes coexistent actuellement, les deux dernières étant les produits d’une tentative inachevée et inopérante de faire face à la première. La bulle-mère est celle des actifs toxiques, qui est fort loin d’être résorbée. Les actifs y sont parqués dans ces bad banks de fait que sont les banques centrales, dans de discrets Special Purpose Vehicles, ou bien au fin fond des bilans mêmes des établissements financiers zombies, où ils sont très progressivement dépréciés.

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Janet Tavakoli, President, Tavakoli Structured Finance, Inc.

J’ai lu le livre de Janet Tavakoli « Collateralized Debt Obligations & Structured Finance. New Developments in Cash & Synthetic Securitization » (1) en 2007. Ce qu’elle écrivait avait un rapport immédiat avec mon travail à l’époque. Nous sommes entrés en contact, je crois me souvenir que c’est à la suite d’une question que je lui ai posée. Depuis, nous échangeons régulièrement des informations.

Depuis un mois ou deux, Janet mène une croisade contre Goldman Sachs. Je l’ai plusieurs fois encouragée – tout en espérant que l’on est bien aux USA et pas en Russie – je veux dire en espérant que les risques pour sa propre personne quand elle mène une offensive aussi résolue soient limités.

Dans cette vidéo en date d’aujourd’hui, elle accuse Goldman Sachs d’avoir calculé les bonus de ses vendeurs de produits structurés à partir du prix exigé des acheteurs, plutôt qu’à partir de la valeur réelle de cette camelote et ce, avec la bénédiction du Treasury Department, autrement dit, du Ministère américain des finances.

Good luck Janet: it’s on behalf of all of us you’re leading this fight!
––––––
(1) John Wiley & Sons, 2003

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L’actualité de la crise : crise bancaire, le long chemin plein d’embûches restant à parcourir, par François Leclerc

Billet invité.

CRISE BANCAIRE: LE LONG CHEMIN PLEIN D’EMBÛCHES RESTANT A PARCOURIR

On attendait la publication de la nouvelle réglementation du Comité de Bâle destinée à renforcer la solidité du secteur bancaire, dont il vient d’être annoncé à Zürich qu’elle a été adoptée. Mercredi matin, une nouvelle est parue dans le quotidien japonais spécialisé Nikkei, et n’a pas cessé depuis d’agiter le monde entier de la finance, qui en a cherché la confirmation. D’après le journal, ces nouvelles règles qui s’imposent à tous, destinées à être introduites en 2012 après une large et longue concertation, pourraient n’être mises en application que très progressivement, au cours d’une période s’étalant sur rien de moins que les dix à vingt prochaines années. Les bourses réagissaient aussitôt et les valeurs financières en grimpaient de soulagement.

Sans connaître encore les détails de cette future réglementation, on sait qu’il s’agit de renforcer la qualité et la transparence des fonds propres (le Tier one) des banques, d’accroître leur ratio d’endettement, et de constituer des « coussins » amortisseurs pour faire face aux situations imprévues. Et qu’il est fort probable que les banques vont, en général, devoir procéder à d’importants appels de fonds, auprès de leurs actionnaires ou des marchés, afin d’y satisfaire. D’où ces délais impressionnants, s’ils sont confirmés, qui trouveraient leur justification officielle dans la crainte de casser la relance économique, en exigeant trop et trop vite des banques.

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L’actualité de la crise: grands mystères et petites découvertes, par François Leclerc

Billet invité.

GRANDS MYSTERES ET PETITES DECOUVERTES

La période est aux grandes découvertes, mais elles ne sont pas exaltantes. Car elles ne sont pas faites dans le domaine scientifique, mais dans celui de la finance. Tout un monde jusqu’alors méconnu est devenu, par pans entiers et pour peu que l’on s’y consacre, presque à notre portée, perdant ainsi une partie de ses mystères, gardant toutefois encore beaucoup de ses zones obscures. A la faveur de la crise, il a fallu en profiter, la porte vers ce quasi univers si peu exploré s’est un peu entre-baillée, les langues se sont parfois déliées, tandis que la ferveur avec laquelle les croyances qui tenaient lieu de pensée économique dominante a nettement faibli. Car les grands mystères et les petites croyances ont toujours été de pair.

Tout un chemin a été accompli, mais pas jusqu’au bout. Les chroniqueurs, qu’ils se consacrent à la bourse ou aux marchés des matières premières, continuent ainsi de tenter de nous expliquer les variations des cours grâce aux fondamentaux de l’économie, ainsi qu’en vertu de la loi de l’offre et de la demande, n’abordant que rarement les rivages marécageux de la spéculation financière, affichant une superbe indifférence à l’égard des instruments financiers modernes et de leurs effets. Négligeant le plus souvent les volumes des transactions, pas moins significatifs que les indices. Privilégiant ces derniers, s’agissant de la bourse des valeurs, alors qu’ils ne reflètent que la valorisation des actions des plus grandes entreprises.

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Mes livres sur la crise : petit récapitulatif

La remarque d’Auspitz,

Pendant deux ans, Paul a recherché les éléments dont il avait besoin pour conforter ses intuitions ; aujourd’hui, tout cela est dans ses livres ; si nous voulons rester au même niveau de compréhension des phénomènes, nous devons les lire

m’a donné l’idée de ce petit récapitulatif :

La crise du capitalisme américain (La Découverte 2007 ; éditions du Croquant 2009)

Écrit en 2004-2005, publié en janvier 2007. « Le livre qui a annoncé la crise ». L’ouvrage explique pourquoi il y a aura une grande crise du capitalisme américain. Le surendettement des ménages américains. La disparité des revenus aux États–Unis. L’industrie du crédit hypothécaire et ses abus. La dynamique des bulles financières. Les États–Unis otages de la Chine.

L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » (Fayard 2008)

Publié en mai 2008. Pourquoi les subprimes sont-ils à l’origine d’une crise majeure ? Les différents types de crédits hypothécaires et leur rôle dans la dynamique de la bulle. Pourquoi il était rationnel d’aider les pauvres à acheter des maisons. Pourquoi Greenspan n’y est pour rien. Une chronique au jour le jour : de la dépréciation des titres adossés à des crédits hypothécaires, au tarissement du crédit de l’été 2007. Une constitution pour l’économie.

La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008)

Publié en novembre 2008. L’année de l’explosion : une chronique au jour le jour. La spéculation sur les matières premières. Jérome Kerviel. Le salaire des traders et… celui des autres. Mon expérience chez IndyMac et Countrywide. La fin du capitalisme ?

L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009)

Publié en octobre 2009. L’argent dans ma poche. Argent et dette. Les intérêts. L’argent dans nos esprits. D’où vient l’idée que les banques commerciales créent de l’argent ? Les banques centrales. La titrisation pour débutants. Madoff : la « cavalerie » ou « machine de Ponzi ». L’argent comme problème pour vous et moi. La spéculation. Pourquoi interdire les paris sur les fluctuations de prix ? L’argent d’Émile Zola.

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