Mes livres sur la crise : petit récapitulatif

La remarque d’Auspitz,

Pendant deux ans, Paul a recherché les éléments dont il avait besoin pour conforter ses intuitions ; aujourd’hui, tout cela est dans ses livres ; si nous voulons rester au même niveau de compréhension des phénomènes, nous devons les lire

m’a donné l’idée de ce petit récapitulatif :

La crise du capitalisme américain (La Découverte 2007 ; éditions du Croquant 2009)

Écrit en 2004-2005, publié en janvier 2007. « Le livre qui a annoncé la crise ». L’ouvrage explique pourquoi il y a aura une grande crise du capitalisme américain. Le surendettement des ménages américains. La disparité des revenus aux États–Unis. L’industrie du crédit hypothécaire et ses abus. La dynamique des bulles financières. Les États–Unis otages de la Chine.

L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » (Fayard 2008)

Publié en mai 2008. Pourquoi les subprimes sont-ils à l’origine d’une crise majeure ? Les différents types de crédits hypothécaires et leur rôle dans la dynamique de la bulle. Pourquoi il était rationnel d’aider les pauvres à acheter des maisons. Pourquoi Greenspan n’y est pour rien. Une chronique au jour le jour : de la dépréciation des titres adossés à des crédits hypothécaires, au tarissement du crédit de l’été 2007. Une constitution pour l’économie.

La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008)

Publié en novembre 2008. L’année de l’explosion : une chronique au jour le jour. La spéculation sur les matières premières. Jérome Kerviel. Le salaire des traders et… celui des autres. Mon expérience chez IndyMac et Countrywide. La fin du capitalisme ?

L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009)

Publié en octobre 2009. L’argent dans ma poche. Argent et dette. Les intérêts. L’argent dans nos esprits. D’où vient l’idée que les banques commerciales créent de l’argent ? Les banques centrales. La titrisation pour débutants. Madoff : la « cavalerie » ou « machine de Ponzi ». L’argent comme problème pour vous et moi. La spéculation. Pourquoi interdire les paris sur les fluctuations de prix ? L’argent d’Émile Zola.

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40 réflexions sur « Mes livres sur la crise : petit récapitulatif »

  1. Les États–Unis otages de la Chine.

    ?? Les américains leurs ont vendu la corde.
    Dans une prise d’otage la victime n’est pas consentante.

  2. Hier peut-être pouvait’on leur trouver des excuses, pils étaient au coeur d’un système et si eux ne faisaient le faisait pas, d’autres ailleurs le feraient.

    Les banquiers avaient une excuse. Aujourd’hui ils n’en n’ont plus. Pour tous ce sont DEFINITIVEMENT des salauds, des profiteurs, …des parasites.

    Les banquiers et leurs amis ne comprennent et ne comprendront jamais qu’une seule chose, la chose que l’on comprend lorsqu’il est définitivement trop tard pour comprendre et se poser des questions. Ils sont cons ou quoi ?.

    Les banquiers sont aujourd’hui à un doigt de l’alhalli, bientôt ils devront se cacher et la tête de chacun d’eux sera dûment récompensée, comme jadis on payait pour les défroques des animaux nuisibles. des prédateurs qui ne rapportaient rien à la communauté des hommes.

    Les politiciens leurs complices sont tout aussi concernés, seuls les plus lucides (ou les plus vicieux) en réchapperont.

  3. Bonsoir Paul,

    1) Je suis surpris de lire, en page 39 de « L’argent, mode d’emploi » que « Les sommes qui sont miennes par le biais d’une reconnaissance de dette (…) de la banque où je dispose d’un compte courant, j’y ai droit sans en être le propriétaire, mais je ne les possède certainement pas :, et comme elle possède l’argent qui se trouve sur mon compte, elle en a l’usage ; elle dispose en particulier du droit de le prêter, même s’il me revient par le biais d’une reconnaissance de dette ».

    Il y a deux choses qui me gênent dans l’expression « j’y ai droit sans en être le propriétaire (…) c’est la banque qui les possède».

    Mais d’abord, un petit rappel d’ordre juridique. Le droit de propriété est le droit selon lequel une chose est possédée par une personne physique ou morale. D’un point de vue juridique, il se décompose en usus, fructus et abusus. L’usus est le droit d’utiliser le bien sur lequel porte la propriété ; le fructus est le droit d’en recueillir les fruits, c’est-à-dire les produits ou revenus ; l’abusus est le droit de disposer matériellement et juridiquement d’une chose, la vendre, la casser, la donner etc….

    Première « gêne » : dans l’opération en question, il n’y a pas de transfert du droit de propriété proprement dit, mais seulement un « démembrement » de ce droit : en cas de compte courant, il y a transfert au banquier de l’usus et du fructus et non transfert de l’abusus ; en cas de compte d’épargne, il y a transfert au banquier de l’usus, partage du fructus et non transfert de l’abusus.

    Deuxième « gêne » : si, dans l’opération en question et dans votre esprit, je ne suis plus propriétaire de mes sommes d’argent, qui l’est devenu ? Le banquier ? Vous ne le dites pas expressément puisque vous écrivez que « c’est la banque qui les possède ».

    Avant de poursuivre, un deuxième rappel d’ordre juridique. La propriété est une situation de droit, et la possession une situation de fait. La possession est une notion complexe et difficile à saisir, cependant, elle domine le régime de la propriété. En réalité, le possesseur est celui qui exerce un pouvoir de fait sur une chose en se comportant comme s’il était le véritable propriétaire; le propriétaire exerce, lui, un pouvoir de droit sur la chose.

    Comme j’ai l’impression que vous confondez la possession et la propriété, force est pour moi de comprendre que « c’est la banque qui les possède » signifie pour vous : c’est la banque qui en a la propriété. Je veux bien admettre que le banquier doive « posséder » (de fait) mon argent pour pouvoir exercer pleinement ses droits d’usus et de fructus, mais de là à conclure qu’il en est devenu le véritable propriétaire, il y a un pas qu’il n’y a pas lieu de franchir, puisque, de toute façon (et c’est l’essentiel !!), il n’a pas l’abusus de mon argent … sauf s’il s’appelle Madoff, auquel cas c’est du vol.

    Au vu des considérations ci-dessus, l’extrait cité devrait être reformulé comme suit : « Les sommes qui sont miennes par le biais d’une reconnaissance de dette (…) de la banque où je dispose d’un compte, j’en reste, de jure, propriétaire, mais je ne les possède certainement pas : c’est la banque qui, de facto, les possède, et comme elle possède l’argent qui se trouve sur mon compte, elle en a l’usus (le droit d’utiliser mon argent, par exemple en le prêtant) et le fructus (le droit d’en recueillir les intérêts), en totalité si mon argent est déposé sur un compte courant, ou en partie si mon argent est déposé sur un compte d’épargne ; mais elle n’en a pas l’abusus, car elle doit me rendre mon argent par le biais de la reconnaissance de dette ».

    2) Plus loin, en page 40, vous écrivez : « Bien qu’il n’en soit pas ainsi d’un point de vue juridique, la mise en dépôt d’une somme d’argent sur un compte courant est de facto un prêt, en l’occurrence un prêt d’argent ».

    Nouvelle « gêne » : dire que la mise en dépôt d’une somme d’argent est un prêt d’argent, c’est lui donner une (et la seule bonne !) qualification de jure et non pas seulement de facto : je renvoie au point 1) supra.

    Pour terminer, notez bien que si j’utilise le terme de « gêne », la raison en est que, au stade actuel de ma lecture de votre livre, je ne sais pas très bien si ma « critique » change quoi que ce soit à ce que vous voulez démontrer et/ou à la manière de le faire.

    Bien à vous et bon week-end.

  4. Pardon !

    L’extrait cité et complet est : « Les sommes qui sont miennes par le biais d’une reconnaissance de dette (…) de la banque où je dispose d’un compte courant, j’y ai droit sans en être le propriétaire, mais je ne les possède certainement pas : c’est la banque qui les possède, et comme elle possède l’argent qui se trouve sur mon compte, elle en a l’usage ; elle dispose en particulier du droit de le prêter, même s’il me revient par le biais d’une reconnaissance de dette ».

    1. Merci pour vos commentaires. Comme je l’indique dans l’introduction de L’argent, mode d’emploi, les langages économique, comptable et juridique constituent autant de langages permettant de parler de l’argent, les traductions de l’un dans l’autre étant souvent problématiques.

      Dans le livre, mon langage de prédilection est le langage « économique », au sens où on emploie le terme en finance, essentiellement par opposition au langage « comptable », à savoir portant sur des flux monétaires effectifs. Mon principe de « conservation des quantités » est propre au langage économique et caractérise en fait la dynamique des flux monétaires.

      Les termes d’usus, fructus et abusus sont-ils à proprement parler utilisés dans les textes de loi ou font-ils plutôt partie du vocabulaire méta-juridique ? Une chose est sûre en tout cas, d’un point de vue économique (en termes de flux monétaires), ils apparaissent comme « pré-analytiques », comme relevant de l’interprétation spontanée par un acteur qui ne comprend pas véritablement les mécanismes à l’œuvre. Ainsi, quel est le sens de fructus ? La tendance « naturelle » d’une somme d’argent à produire des intérêts ? Il suffit d’y réfléchir un instant pour se rendre compte qu’une telle tendance n’existe pas : c’est seulement si l’argent est placé comme avances qu’un contrat ouvrira droit à des intérêts. Il me semble aussi – il faudrait que je vérifie – que d’un point de vue « économique », il n’y a aucune différence entre abusus et usus, ce qui fait qu’à l’arrivée, seul l’usus survit et que la distinction entre les trois n’a plus aucune justification.

      Ceci dit, et comme vous le savez sans doute, cela fait partie de l’originalité de ma propre démarche dans L’argent, mode d’emploi de nier l’existence du fructus, son existence est effectivement postulée au titre de « boîte noire », comme une propriété découlant d’un mécanisme inexpliqué, chez la quasi-totalité des économistes : pour les keynésiens d’ailleurs aussi bien que pour les monétaristes. Il s’agit là chez eux, comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer, d’une naïveté découlant du fait que les économistes se sont spontanément identifiés aux prêteurs de capital pour qui l’argent est « quelque chose dont on a trop », sans tenir compte du fait que les intérêts apparaissent dans une tension entre prêteurs et emprunteurs, c’est-à-dire entre deux parties dont l’une a « de l’argent en trop » et l’autre « de l’argent en pas assez ».

    2. @Paul Jorion
      « Mon principe de « conservation des quantités » est propre au langage économique et caractérise en fait la dynamique des flux monétaires. »
      Vous avez raison; d’ailleurs la preuve de cette dynamique (cette augmentation de la vitesse des flux) tient dans ces deux chiffres:
      l’agrégat M1 est passé pour la France de 95,8 milliards de francs en 1960, l’équivalent de 14,6 milliards d’euros, à un peu plus de 620 milliards d’euros à fin 2008… cette vitesse des flux a donc été multipliée par 42 en 48 ans.

    3. En langage courant , on pourrait dire qu’à l’usage le banquier abuse de son client , qui se fait possédé , car il y trouve un profit avantageux , lucratif et rentable .

      Finalement la crise serait due à l’absence d’interprètes .

      Je ne réclame pas la propriété de cette forte pensée , ni de droits d’auteur .

    4. C’est un prêt. En contrepartie duquel la banque émet une reconnaissance de dette. Le déposant devient propriétaire d’une reconnaissance de dette : il devient propriétaire, non pas d’une somme d’argent, qu’il n’a plus, mais d’une créance. De l’argent qu’il a déposé il n’est plus propriétaire (et possédant bien sûr). De cet argent la banque devient propriétaire et possédante, et tributaire d’une dette.

    5. C’est un processus d’abstraction du rapport économique au monde et qui rend ce rapport extrêmement efficace. Contre un objet que j’ai fabriqué (un objet « réel ») j’obtiens, par l’échange, de la monnaie (un objet abstrait). Contre le prêt de cette monnaie à une banque j’obtiens en échange une créance, ou reconnaissance de dette (un autre objet abstrait).

  5. Moi je comprends ainsi l’explication de Paul Jorion
    Un compte courant (votre compte en banque) n’est rien d’autre que le transfert – en confiance – à votre banquier de votre propre comptabilité (un comptable ferait très bien l’affaire). Il n’y a absolument aucun argent de quelque forme que ce soit dans ce compte, seulement des chiffres représentant juste un engagement du banquier de vous donner, si vous le demandez (et heureusement tout le monde ne le demande pas en même temps), l’équivalent en monnaie fiduciaire.
    Le banquier ne prête donc pas au sens littéral un argent qui n’existe pas. Par contre cet argent sur votre compte a bien du être « fabriqué » quelque part avant d’y aboutir , et je crois comprendre que ce ne peut être que de deux manières
    1) une émission d’un crédit par une banque quelque part à un emprunteur, garantie par une reconnaissance de dette de l’emprunteur (et ce crédit qui va servir à des achats est donc progressivement parcellisé en « unités euros » (ou autre monnaie) et aboutir par le biais des paiements , après moultes pérégrinations et changements de compte, sur votre propre compte
    2) une émission d’un crédit à votre propre bénéfice (à votre propre compte) par votre banque, toujours contre reconnaissance de dette. A partir de ce moment là, les soldes de votre compte vont varier suivant vos paiements et c’est vous qui vous retrouvez dans le cas de l’emprunteur précédent pour cette quantité d’argent mise sur votre compte.

  6. Je reproduis ici un commentaire qui y a sa place;
    Paul y a répondu brièvement et très incomplètement;
    aussi, d’autres peuvent intervenir avant que je poursuivrai mes commentaires:

    Cher Paul,

    Je suis donc amené, malgré l’énormité du travail que cela représente, de vous faire des remarques exhaustives pour votre excellent livre : « l’argent mode d’emploi »
    S’il ne me plaisait pas, je ne le ferais pas !
    Toutefois, il y a plusieurs éléments qui m’incitent à vous donner la réplique. Votre analyse de l’approche gesellienne et de celle de H. Creutz ne me semble pas « suffisamment travaillée » à mon goût, vous vous en doutez bien, et je vous l’ai déjà écrit !

    Mais là, il me semble que je peux aussi procéder en vous suivant tout le long de votre livre.

    Je passe brièvement sur votre introduction qui me paraît excellente, et je n’ai pas trouvé à redire, sauf pour soutenir qu’évidemment, votre distinction impeccable entre « argent » et « reconnaissance de dette » de la part d’une banque vis-à-vis d’un titulaire d’un compte est un préalable commun entre nous.
    Ce que vous écrivez-là est tellement évident, pourtant, vous savez comme moi à quel point les économistes de l’université pataugent sur ce point et embrouillent tout !
    Silvio Gesell avait écrit tout cela dès la parution de l’ « ordre économique naturel » en allemand (début de ses travaux en 1891, publication de la première version de l’OEN en 1911) comme vous avez pu le constater en le lisant la traduction française que je vous ai envoyée. Silvio Gesell a aussi fait un sort à la monnaie or et à l’étalon or d’un point de théorique et pragmatique largement avant tout le monde !
    Vous apportez quelques éléments historiques que, pour ma part, je connais bien concernant les origines de l’argent, et Gesell les évoque aussi.
    Votre démarche me semble d’autant plus séduisante que vous semblez la développer depuis vos expériences bancaires. Espérons que vous aurez plus de succès médiatique que Gesell !
    Vous reproduisez une page de l’ouvrage de Gesell, et cela est bien un hommage qui lui est trop rarement rendu, hélas, sauf par les geselliens évidemment, si peu nombreux que cela reste confidentiel.
    Keynes aussi connaissait le texte de Gesell (en anglais).
    J’aimerais bien vous « tirer » encore davantage de ce côté-là, d’où mon effort de m’atteler à ce commentaire que je souhaite exhaustif.

    Alors, si vous voulez bien, j’entre la le vif du sujet rapidement, à savoir, à partir de la page 25, « argent et dette »

    Je vois comme vous la phrase, page 27 :
    « Les disparités [d’argent et de richesse] peuvent être telles que la collectivité doit intervenir pour en empêcher certaines conséquences, par exemple le fait que certaines personnes en soient à ce point privées qu’elles meurent de faim, ou, à l’opposé, que l’argent soit bloqué par ceux qui en disposent le plus, faute pour eux de savoir encore qu’en faire. »
    Sauf que, à mon sens la collectivité, comme vous l’exigez, n’a, à mon sens pas encore véritablement trouvé les moyens du déblocage ! Je pense que nous sommes d’accord. En attendant, peut-être, pourra-t-elle éviter que certains meurent de faim, mais, au niveau de l’humanité, nous en en sommes néanmoins loin !
    … « des théories divergentes [quant au fonctionnement de l’argent] visent à en rendre compte, mais toutes font appel à des hypothèses simplificatrices qui distordent la réalité de manière trompeuse. En conséquence, même des documents officiels, par exemple ceux émanant des banques centrales, peuvent, dans certains cas, décrire le fonctionnement de celles-ci en des termes que leur pratique infirme dans la réalité. »
    A mon sens, les hypothèses dans les documents disponibles ne me semblent pas « simplificatrices », mais trompeuses et fausses assurément, sur ce point, nous pourrons tomber d’accord.
    Seulement, il semble bien que vous – tout comme déjà Gesell – proposez là une simplification très souhaitable tout en tombant beaucoup plus juste. Votre pas, avec Gesell, propose le mouvement planétaire kopernicien en supplantant celui du géocentrisme ! Plus simple, plus juste !Comme l’écrivait Gesell dans un échange avec un économiste de son époque qui tentait de réfuter son approche :
    Il s’agit d’un dénommé Dr. Heyn qui, en octobre 1920, cherchait dans une revue allemande « Technik und Wissenschaft », à réfuter Gesell. Gesell réplique dans sa revue de l’époque « die Freiwirtschaft » en 1921, p.138.
    Et Gesell conclut sa réplique dans son inimitable style lapidaire : « Heyn était, comme tous les économistes issus des facultés, une victime de la superstition de la valeur, du fantôme de la valeur, du brouillard de la valeur. Quiconque s’aventure dans ce labyrinthe perd la capacité de comprendre des corrélations simples et la nature de la monnaie lui reste inaccessible parce qu’elle est trop simple. »
    Avec d’autres accents, nous en sommes toujours là. Si la question de l’or (et de sa « valeur intrinsèque pour être monnaie » ne fait plus débat, nous voyons bien à quel point c’est la superstition autour de la « création monétaire via le crédit bancaire » et, nécessairement en suivant cela, le fait d’attribuer des « valeurs » à des actifs qui n’ont plus de « prix » qui a pris la relève pour tout embrouiller !

    J’affirme, et je pense que pourriez être d’accord, que la nature de la monnaie est finalement simple, et c’est cette simplicité même qui pose tant de problèmes !

    Sur le chapitre « argent et reconnaissance de dettes », je vous suis pratiquement ligne à ligne ! Et cela découle évidemment de ce que vous exposez précédemment et de la définition même de l’argent telle que vous la posez tout à fait justement !
    D’accord aussi pour la distinction pertinente entre « propriété, possession et usage » évidemment ! Les réserves « fractionnaires » me posent un problème, mais je vous répondrai plus loin quant vous l’aborderez davantage.

    Page 42 : « L’argent, comme on l’ vu, est une marchandise d’un type tout à fait particulier : la seule n’ayant pas d’autre fonction que d’être échangée. »
    C’est une remarque tout à fait « gesellienne » ! Silvio Gesell écrit, page 128 de l’OEN : « …, nous voulons persuader le lecteur d’admettre le paradoxe suivant : « La monnaie de papier constitue de la marchandise pure. Elle constitue même le seul objet qui nous soit utile en tant que marchandise ».
    Et les pages qui suivent insistent lourdement sur ce fait et lui fait écrire (p.131) : « Voilà pourquoi l’argent, surtout la monnaie de papier, constitue absolument la seule marchandise utile. »
    Cette dite « utilité » en tant que « marchandise pure » distingue l’argent de tout autre objet, il me semble que votre analyse va bien aussi dans ce sens ! Car tous les autres objets sont destinés à apparaître sur le marché pour y être échangés (vendus) aussitôt et pour en disparaître, tandis que l’argent reste éternellement et indéfiniment sur le marché pour y rester précisément !
    Pour aller vite, quand on comprend cela dans toute sa simplicité, on comprend aussi pourquoi le retrait de l’argent dans les cas des thésaurisations massives pose à ce point un problème ! En fait l’argent, « marchandise pure », cesse dès lors d’être cette « marchandise pure » pour devenir l’objet convoité d’un trésor !
    Cela explique aussi pourquoi Gesell (et les geselliens comme moi-même) tiennent au faut que cette « marchandise pure » soit « marchandise pure », c’est-à-dire pourvue notamment de la dégradation temporelle qui caractérise les marchandises par ailleurs, car cela est effectivement sa condition de pouvoir rester sur le marché pour y être offert toujours à nouveau ! L’argent doit bien contenir la fonction réserve de valeur, vous m’obligez à nuancer mes propos en ce sens, sa dégradation ne doit pas être ni importante ni massive, mais seulement faible comme le propose Gesell, de l’ordre de 5% annuels ; de plus, l’exigence de Gesell va plus loin, il ne s’agit pas véritablement d’une diminution de masse au niveau de la quantité circulante, car Gesell exige à juste titre que les montants fondants doivent nécessairement être continuellement réinjectés, par une émission de monnaie nouvelle telle que les prix restent rigoureusement stables ! La politique de prix rigoureusement stables (en moyenne de l’indice des prix, s’entend !) est effectivement le corollaire indispensable de la réforme gesellienne, je l’ai souvent répété !
    Cette réinjection peut bien se faire via l’état qui aurait ainsi un petit revenu accessoire, même si une monnaie rapidement circulante implique des volumes faibles (P=M*V).
    Ceci m’éloigne du commentaire de votre livre que je poursuivrai quand vous m’aurez répondu (peut-être).
    Encore une chose, j’y reviendrai là-dessus autant de fois qu’il le faudra : la monnaie fondante ne pousse pas outre mesure à une surconsommation comme vous l’affirmez, mais, bien au contraire, à la recherche du développement durable, car il s’agit bien d’obtenir quelque chose d’éventuellement plus « durable » pour l’individu que la monnaie qui menace de fondre dans sa poche (lentement, très lentement, j’insiste !).
    Il ne s’agit, en clair, non pas de supprimer sa fonction réserve de valeur, mais de faire en sorte que l’argent ne soit pas « meilleure réserve » que tout autre objet. De plus, la politique des prix rigoureusement stables qui deviendrait réalité avec la monnaie fondante, fait que la « valeur », en terme de pouvoir d’achat de cet argent serait mieux réservée (conservée) qu’actuellement. A plus, jf

    1. Pouvez vous m’expliquer pourquoi, avec la monnaie fondante les prix deviendraient rigoureusement stables? J’avoue que je ne comprends pas le raccourcis.

  7. ///// »les intérêts apparaissent dans une tension entre prêteurs et emprunteurs, c’est-à-dire entre deux parties dont l’une a « de l’argent en trop » et l’autre « de l’argent en pas assez ». »////
    Ce que F.Taddei a bien mis en valeur avec vous sur Europe 1.
    Vous avez bien fait de vous rendre à son invitation, c’est un journaliste remarquable.

    1. certes , et on enfonce là une porte ouverte…..
      user,abuser… d’un rapport de force , quand il existe un déséquilibre entre celui qui possède un potentiel d’achat dont il n’a pas immédiatement besoin et celui qui a besoin de ce potentiel pour satisfaire un besoin , c’est bien le noeud du probléme auquel personne (j’exagère ,.. peu de monde) ne semble vouloir s’intéresser , s’occupant de contingences « administratives » …….(le comment plutôt que le quid)
      nombreux participants de ce blog doivent , je pense ,en tirer les conséquences en s’investissant dans le champ politique..je serais curieux de partager leurs idées à ce point de vue..
      cet approche « asexuée » m’étonne un peu pour des personnes dont la culture devrait pourtant leur permettre
      d’élaborer à partir de concepts plus élaborés .

  8. Cher Paul,

    Je n’ai pas encore fini L’argent mode d’emploi, mais j’ai beaucoup apprécié tout le début. Paradoxalement, j’ai eu quelque difficulté à suivre le chapitre Gerolstein, dont la métaphore est désopilante et néanmoins, à mon avis, un peu complexe du fait de la « rapidité » de son énoncé. J’aurais apprécié que vous interveniez davantage pour expliciter quelques points sur lesquels je butte, d’autant que vous terminez sur un tableau de chiffres, qui, lui, n’est plus de l’ordre de la métaphore. Ainsi, vous auriez dû vous transformer en commentateur ironique intervenant dans sa création (à la façon d’Henry Fielding dans Tom Jones, ou, à la limite, épisodiquement, de Stendhal dans ses ouvrages majeurs). Quand on cesse d’être un analyste de faits concrets « extérieurs » qui sont fonction de l’observation au profit d’une fiction illustrative, le dilemme de l’auteur/narrateur surgit. C’est pourquoi j’aurais préféré que vous fussiez l’un des personnages de la scène dépeinte, comme une sorte de Figaro faisant partie intégrante du débat mais qui y reste cependant « extérieur ». Cela dit, après une relecture attentive, peut-être aurai-je changé d’avis!

    « Comment la vérité et la réalité sont été inventées » n’est toujours pas disponible dans ma province profonde au moment où j’écris. Est-ce la faute de Gallimard ou du distributeur? En tout cas, ça traîne, l’ouvrage ayant été pré-commandé au début du mois d’octobre. Ni votre intérêt ni celui du lecteur ne sont servis par ce retard, naturellement. Le Goncourt et les autres prix littéraires sont-ils une plaie pour les autres auteurs? Je le crains. L’un des donnés de l’époque moderne est que le philosophe doit systématiquement s’effacer derrière le romancier… ce qui m’inquiète au sujet de vos droits d’auteur, entre autres choses.

  9. @ Paul Jorion, 14 novembre, 23 : 18

    A) Je viens de terminer le premier chapitre et je l’ai relu –ainsi que l’introduction- à la lumière de votre commentaire. Pour l’instant, je préfère ne pas y répondre : j’attends d’être au bureau demain, pour consulter mon code civil (belge) afin de répondre à votre question ; j’attends aussi la confirmation dont vous parlez.

    Juste deux constats :

    + L’extrait que j’ai cité hier n’est au fond que la reprise d’une position déjà exprimée, avec force, dans l’introduction : « Chacun d’entre nous considère que, s’il dépose une somme sur un compte en banque, il en demeure le propriétaire, et le droit lui explique que non (page 22).

    + Par contre, dans le chapitre 1er (page 50), je lis, à propos du concept théorique de « fortune ressentie » : « Cette addition est justifiée sur le plan juridique : l’argent qu’on vous doit vous appartient, vous en êtes légalement le propriétaire. La reconnaissance de dette témoigne de cette propriété et en confirme le montant ».

    Je dois vous avouer que je ne sais plus sur quel pied danser !

    B) Je voudrais faire un autre commentaire : en page 33 vous tirez la conclusion de votre aventure dans le désert.

    J’ai sous mon matelas 120.000 Euro en billets : cet argent est, effectivement comme vous le dites, un « vecteur calibré de richesse ». (…) il « porte de la richesse avec lui : il est en soi de la richesse (…). mon rapport à (…) argent est inconditionnel, et c’est pour cela que je le qualifie d’immédiat (…) »

    J’ai sur mon compte bancaire la somme de 120.000 Euro. Vous dites que « la reconnaissance de dette est une trace calibrée de richesse (…) par « trace » je rappelle que la reconnaissance de dette représente la richesse, mais sans l’être en soi (…) avec les reconnaissances de dettes (…) est conditionnel, et c’est pourquoi je le qualifie de médiat ».

    Je me demande si tous les « attributs » que vous rattachez à la reconnaissance de dettes valent pour la totalité de la somme de mon dépôt, ou si, au contraire, il ne faut pas faire la différence entre deux montants (que je reprends de votre aventure dans le désert):

    + 70.000 Euro: c’est le montant que je suis assuré, quoiqu’il advienne de ma banque (faillite), de recouvrir, car (je vous cite : page 30) « Dans la plupart des pays , les sommes déposées sur un compte courant sont couvertes jusqu’à un certain montant par une assurance contractée par la banque (…), le plus souvent par le truchement d’une agence gouvernementale ». Dans ce cas, ce montant de 70.000 Euro serait bien « un vecteur calibré de richesse » et mon rapport avec lui serait « inconditionnel » et « immédiat ».

    + 50.000 Euro : c’est le montant au-delà du premier, non couverte par l’agence gouvernementale. Dans ce cas, ce montant de 50.000 Euro serait bien « une trace calibrée de richesse » et mon rapport avec lui serait « conditionnel » et «médiat ». Je vous cite (page 33) : « Cette médiation introduit un risque (…) de « contrepartie » : le risque de non-retour de mon argent, qui caractérise la reconnaissance de dette ».

    Je n’ignore évidemment pas (à l’automne 2008, de nombreuses personnes ont eu le courage de nous le rappeler, contre la propagande mensongère de nos gouvernants) qu’il n’est pas du tout sûr que, en cas de faillites bancaires de grande ampleur, beaucoup d’épargnants auraient recouvré la totalité de leur mise de 70.000 Euro (sans compter la perte totale de leur 50.000 Euro). Quoiqu’il en soit à cet égard, je crois qu’il était important de faire la distinction que j’ai faite (sous cette forme-là ou sous une autre !), ne fût- ce que pour comprendre la psychologie des gens vis- à -vis
    de leur banque : sans cette assurance, sans cette confiance, même leurrante, que l’Etat peut leur prêter comme assureur de dernier recours, très peu de gens se risqueraient, en temps normal, à déposer leur argent sur un compte bancaire et les téméraires qui s’y risqueraient, se précipiteraient, par temps de crise, au guichet de leur banque pour retirer la totalité de leur argent.

    1. La phrase à la page 50 doit être explicitée de la manière suivante :

      Cette addition est justifiée sur le plan juridique : l’argent qu’on vous doit ouvre pour vous un droit de créance, ce qu’on appelle en termes légaux un meuble incorporel, vous êtes légalement propriétaire de ce droit ; à l’inverse, le détenteur d’argent sous forme de pièces et de billets est lui propriétaire de meubles corporels.

      Je viens d’en aviser l’éditeur.

    2. Bonjour
      « Je n’ignore évidemment pas (à l’automne 2008, de nombreuses personnes ont eu le courage de nous le rappeler, contre la propagande mensongère de nos gouvernants) qu’il n’est pas du tout sûr que, en cas de faillites bancaires de grande ampleur, beaucoup d’épargnants auraient recouvré la totalité de leur mise de 70.000 Euro »

      Pourquoi? Ce n’est qu’une simple ligne d’écriture… il n’y a aucun « argent réel » tant que les déposants ne le demandent pas en billets sur le compte sur lequel leur solde a été transféré. Il suffit d’inscrire à l’actif une créance équivalente sur n’importe quelle structure collective (Etat ou « banque de défaisance » créée pour l’occasion)

  10. Bonjour,

    Pour répondre à la question « D’où vient l’idée que les banques commerciales créent de l’argent ? », peut-être est-ce dû au fait que tout récemment (moins de 3 semaines) au 6/9 de France Inter, le PDG d’une grande banque Française (je ne me rappelle plus laquelle) déclarait : « Pour prêter 100, j’ai besoin d’avoir 8 ». Il a répété cette phrase au moins 3 fois, devant l’insistance des journalistes à lui faire dire qu’il créait de l’argent avec sa baguette magique.

    Ceci m’a semblé être un véritable aveu – asséné comme une évidence – de création de monnaie ex-nihilo. Ça m’a troublé, étant donné que j’ai lu récemment le pdf mis en ligne sur votre blog qui dit le contraire. J’essaierai de retrouver le podcast.

    Merci pour votre blog, et bonne continuation.

    1. Le banquier fait référence au ratio prudentiel ou ratio de solvabilité : les 8 % sont les réserves qu’il doit constituer quand il prête, pour parer à un risque de non-remboursement. Il s’agit de provisions faites pour tenir compte du fait que certains emprunteurs ne rembourseront pas l’argent qu’on leur a prêté.

    2. Ouais, il aurait dû dire « pour prêter 100, j’ai besoin d’avoir 108 ». 100 qu’il prête et 8 qu’il garde et ne peut prêter.
      Pour le PDG, il va sans doute de soi que s’il prête 100 c’est qu’il les avait.

    3. Pour satisfaire aux règles dites de Bâle 2, les banques doivent détenir 8% en fonds propres
      http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A2le_II

      ratio McDonough où:
      Fond propres de la banque > 8% des (risques de crédits (85%) + de marché (5%) + opérationnels (10%)

      Ce banquier a parfaitement raison: il ne lui faut que 8 pour prêter 100 (mais ce n’est qu’une des règles auxquelles sont tenues les banques pour pouvoir faire crédit)

    4. @ PJ

      C’est la même chose avec les titres de sociétés: un associé X détient 60% du capital de la société Y. Juridiquement, les fonds que représentent ces actions (apportés contre l’émission de ces actions) sont la propriété de la société. L’associé ne possède ainsi jamais l’entreprise, mais seulement des droits attachés à la possession de ces actions (dividendes, pouvoir d’être représentés au conseil, de décider, etc..). C’est une fiction utile.

    5. @ Philippe DUBOIS

      Tout dépend de la définition qu’on donne à «argent». Si on s’en tient strictement à la monnaie de banque centrale (M0, billets de banques, pièces), alors effectivement, les banques commerciales ne créent pas cet argent là (M0) qui ne couvre qu’une petite partie de toute la monnaie déposée sur les comptes en banque (M1, monnaie scripturale). Selon cette acceptation, un dépot en banque n’est alors qu’une «promesse de fournir de l’argent à la demande» et puisque la grande majorité des déposants ne demande jamais de fournir l’argent en temps normal, celui-ci ne sort qu’exceptionellement du système bancaire et une grande banque universelle n’a besoin que d’une petite partie d’argent (M0) pour couvrir les dépôts (M1).

      Si on s’en tient à cette définition stricte de l’argent, une banque commerciale ne crée pas cet argent là (de banque centrale), mais par contre une grande banque universelle crée bel et bien les «promesses de fournir de l’argent à la demande» (les dépôts, la monnaie scripturale) sans devoir nécessairement chercher l’argent ailleurs (puisque que n’est pas de l’argent mais juste une promesse d’en fournir).

      Quoi qu’il en soit, je déplore les confusions de terminologie quand on dit qu’une banque doit trouver quelque part l’argent qu’elle prête. Au sens strict où argent = monnaie de banque centrale (M0), une banque ne prête pas d’argent, mais juste une promesse d’en fournir à la demande et, en général, une grande banque commerciale ne doit fournir de l’argent (M0) qu’exceptionellement.

      PS Une annedocte qui plaira à Paul Jorion (?)
      Il y a plus de 20 ans, je travaillais pour une société au crédit « ébranlé » (euphémisme à la mode). J’ai quitté cette société pour fonder ma propre petite entreprise et j’ai fait appel à un fournisseur allemand de mon ancienne boîte. C’était l’époque des euro-chèque qui étaient garantis à hauteur de 7000 BEF (173 €). Ce fournisseur allemand ayant eu des déboires avec mon ancienne boîte et sachant que j’y avais travaillé était refroidi et a exigé que je le paie avec plusieurs euro-chèques à hauteur du montant garanti.

    6. @ Moi dit : « Ouais, il aurait dû dire « pour prêter 100, j’ai besoin d’avoir 108?. 100 qu’il prête et 8 qu’il garde et ne peut prêter.
      Pour le PDG, il va sans doute de soi que s’il prête 100 c’est qu’il les avait. »

      He bien non justement, parce que, généralement et en temps « normal », une grande banque universelle garde en dépôt la majorité des « promesses de fournir de l’argent à la demande » qu’elle prête. Dit autrement, pour le PDG, il va de soi que s’il prête 100 c’est qu’il va les récupérer, les garder en dépôt. Une grande banque universelle couvre une certaine part de marché des prêts ET des dépôts, par ex. 10%. Chaque jour des milliers de nouveaux « petits » prêts sont accordés par les banques de la zone monétaire. Par ex. si un jour l’ensemble des banques de la zone euro accordent un total de 1 million d’euro de nouveaux prêts, notre grande banque universelle en accorde 10% soit 100 000 € ET cette même banque va ce même jour « récupérer » en dépôts 10% de tous les prêts, soit 100 000 €. Donc 100 000 € sortent ET EN MÊME TEMPS 100 000 € rentrent (sont déposés), ce qui fait que ZERO sortent (ou rentrent) en général par temps « normal ». Ce mécanisme de compensation entre banques commerciales se passe chaque jour auprès des banques centrales et seuls les soldes sont effectivement transférés en monnaie de banque centrale (netting).

    7. @ Paulo
      Merci pour le lien.

      Petit rectificatif (avant qu’on ne flingue aveuglément mon explication). La compensation journalière, c’était il y a quelques décénies, càd la préhistoire en ces temps « d’innovation » financière. Actuellement, il semble qu’il y ait règlements interbancaires à des fréquences plus rapide, quasi en temps réel. Voir système Target pour l’Europe. J’ai aussi ommi de parler des prêts interbancaires. Cependant, mon explication reste vraie sur une période plus longue, comme une journée, les divers transferts interbancaires vont généralement se compenser l’un l’autre.

  11. Pour les prêts, il est aussi demandé (aux particuliers tout du moins) de ne pas dépasser 33% de taux d’endettement (par rapport à ses revenus).
    Si vous avez des loyers (rentes) sur votre bien lié au prêt généralement 70% de ses loyers sont pris en compte dans vos revenus.

    Pourtant, je ne sais pas si ce sont des règles dictés par la loi, ou des simples règles prudentielles internes ??

  12. Bonsoir,

    Je lis actuellement comment la vérité … On en apprend des choses.

    Cela dit j’ai parfois du mal à vous suivre.
    P226-227: « L’introduction en mathématiques d’objets … un lien quelconque avec le monde phénoménal … exemple : la partie imaginaire d’un nombre compexe »

    Mais i peut être visualisé extrêmement simplement, la multiplication par i équivaut à une rotation de PI/2 par rapport à l’origine dans le plan complexe , un simple espace de dimension 2 et une rotation quoi de plus facile à visualiser ?

    J’aurais mille choses à dire (et je ne suis sans doute pas le seul), ferez-vous un billet dédié ?

    Merci et cordialement,

  13. Bonsoir,

    Vous avez raison !

    L’article 1892 du code civil belge énonce que « Le prêt de consommation est un contrat par lequel l’une des parties livre à l’autre une certaine quantité de choses qui se consomment par l’usage, à la charge pour cette dernière de lui en restituer autant de même nature et qualité » et l’article 1893 :  » Par l’effet de ce prêt, l’emprunteur devient le propriétaire de la chose prêtée, et c’est pour lui qu’elle périt, de quelque manière que cette perte arrive »

    Pas d’autre commentaire que celui-ci : votre livre est vraiment le bienvenu pour « désembrumer » même un esprit de juriste (à ma décharge, je ne suis spécialiste que du droit administratif et de la responsabilité civile).

    Un petit conseil à l’adresse d’un compatriote, si vous le voulez bien : dans un prochain tirage de votre livre, il serait sans doute opportun de citer ces deux articles, à titre exemplatif, par exemple en page 23, après les mots »… dette de la banque envers lui ».

    Je poursuis ma lecture!

    Cordialement.

    1. Pardon!

      Article 1892 : » … à la charge PAR cette dernière de lui en RENDRE autant de même ESPECE et qualité « 

    1. Il serait préférable de poursuivre le débat après lecture du livre de Paul. Les commentaires n’étaient qu’ébauche et idées disparates.

  14. @Paul : Je vous remercie pour cette réponse aussi rapide que claire et concise.
    Merci également aux autres intervenants, notamment pour les liens postés : je découvre « la NEF » à cette occasion.
    Le problème pour moi, et, je pense, pour de nombreux autres, c’est qu’avec mon faible niveau en maths et en économie, les questions de finances sont hors de ma portée. Dès lors, la seule chose que je puisse faire, c’est de croire ceux qui m’inspirent confiance.
    C’est la même chose en sciences : quels scientifiques croire ? Les partisans du nucléaire ou leurs opposants ? Les tenants d’un réchauffement climatique d’origine humaine, ou les autres ?
    Bien souvent, par ignorance, je me range du côté de la peur, toujours prompt à croire celui qui crie « au feu ! », des fois qu’il ait raison…
    Et sur la monnaie, celui qui crie « au feu ! », c’est Grignon ! C’est pour ça que sa vidéo (démontée 100 fois sur le web, par vous et par d’autres) a tant de succès, comme ont de plus en plus de succès les thèses créationnistes, négationnistes, les théories du complot… Il est si dur de s’instruire, et si doux de se laisser porter par les certitudes des autres, déclamées comme des vérités longtemps cachées du public par les « tenants du système ».
    Encore bravo pour votre blog et l’esprit de synthèse que vous manifestez entre la multitude d’idées qui y sont présentées (et désolé pour ce hors-sujet).

    1. Vous parlez comme un sage. L’ironie de l’histoire dans le cas de la vidéo de Grignon est que les autorités académiques elles-mêmes semblent souvent accréditer cette thèse de la création monétaire ex-nihilo en confondant reconnaissance de dettes et argent.

  15. A propos de « l’argent mode d’emploi », la critique de Denis Clerc dans « Alternatives Économiques »

    L’argent, mode d’emploi
    par Paul Jorion
    Ed. Fayard, 2009, 400 p., 20 euros.

    Fort d’un livre remarquable et prémonitoire qui annonçait avant tout le monde l’inéluctabilité de la crise des subprime, avec un luxe de détails impressionnant, l’auteur, fin connaisseur du monde et des techniques de la finance, s’écarte un peu du thème qui lui a valu, à juste titre, sa notoriété, pour se pencher sur « l’argent », ce que les économistes traduiront par « la monnaie ».

    Mais il conteste ce terme, car il l’estime trompeur, dans la mesure où la monnaie des économistes inclut à la fois l’argent – les billets, mais aussi le métal précieux du temps où il servait à frapper des pièces – et la monnaie scripturale issue des crédits accordés par les banques à partir des dépôts qu’elles gèrent. Querelle de spécialistes? Pas du tout, car c’est dans cette distinction que gît l’essentiel du livre: si certains doivent emprunter, c’est parce que les revenus qu’ils tirent de leur travail ne sont pas suffisants, et cette opération d’emprunt engendre des intérêts qui enrichissent ceux qui prêtent, les banquiers et, derrière eux, les déposants ou les épargnants. C’est donc l’inégalité dans la répartition des crédits qui enrichit les uns et appauvrit les autres (et qui, au passage, explique la cupidité des uns et la détresse des autres, tout en pouvant, dans certaines circonstances, déboucher sur une crise majeure). Ce qui l’amène à plaider pour que la répartition des revenus du travail soit plus égalitaire tout en reposant sur davantage de solidarité.

    S’appuyant sur une base fragile – une conception restrictive de la monnaie – et omettant que l’essentiel du crédit à base monétaire est fait aux entreprises et non aux particuliers, le raisonnement est loin d’être convaincant, même si la thèse de l’inégalité excessive des revenus comme cause de crise et comme source de paupérisation est fondée.

    Denis Clerc

    1. C’est bien vu et « Oui, le bonheur des gens me retient davantage que celui des entreprises ». Si les entreprises ne servent pas au bonheur des gens alors pour moi elles ne servent à rien.

      NB : Sur ce point-là, je suis exactement sur la même longueur d’onde que Keynes.

  16. Un détail quand même.
    Dans votre livre vous écrivez

    L’argent que je possède, ce sont les pièces que j’ai dans ma poche et les billets glissés dans mon portefeuille. Il y a aussi quelques pièces sur ma table de nuit.
    Ce matin, je suis allé acheter le journal : j’ai tendu des pièces au marchand et, en retour, il m’a tendu le journal. J’ai aussi de l’argent sur un compte courant à la banque : je suis allé à la banque, j’ai sorti des billets de mon portefeuille et j’ai remis 100 € au guichetier. En échange, il m’a tendu un récépissé, qui est une reconnaissance de dette : la banque reconnaît avoir reçu cet argent, et qu’elle me le doit ; elle le tient à ma disposition et je peux venir le réclamer quand je le veux. Je fais également déposer sur mon compte courant le salaire mensuel que me verse mon employeur. Je lui ai indiqué le numéro de mon compte en banque et il y verse directement mon salaire : je ne reçois de lui ni billets ni pièces. Je peux aller réclamer l’argent qui est sur mon compte à un guichet de la banque, ou le retirer à un distributeur de billets.

    L’argent est donc pour vous également une reconnaissance de dette de la banque, ce qui est inscrit sur votre compte bancaire, alors que comme l’écrit Denis Clerc, vous contestez le fait que l’argent soit (aussi) de la monnaie scripturale ?
    (Page 31 également – mais j’en ai vu d’autres exemples au fil de votre livre – vous faites une différenciation :  » l’argent liquide, à savoir des billets et des pièces  » )

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