Archives par mot-clé : solidarité

Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (VII) Concurrence vs. entraide

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : L’Union européenne s’est construite autour du dogme de la concurrence libre et non faussée. Est-ce vraiment une vérité incontournable, ou est-ce qu’on peut remplacer « concurrence » par « coopération » ?

PJ : Oui, c’est tout à fait ça. En fait, on nous vend ça essentiellement depuis les années soixante-dix. C’est Mme Thatcher en Grande-Bretagne, c’est M. Reagan aux États-Unis qui ont été les grands chantres de l’ultralibéralisme tel qu’il avait été conçu. Il est né… cette pensée ultralibérale est née au colloque Lippmann à la fin des années trente [1938]. Ça s’est passé à Paris, si j’ai bon souvenir c’était au Trocadéro. Ensuite, il y a eu création, c’était en 1947 si j’ai bon souvenir, de la Société du Mont-Pèlerin . Continuer la lecture de Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (VII) Concurrence vs. entraide

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Allons nous accepter sans mot dire la privatisation de la solidarité ? par Jean-Paul Vignal

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les récentes ordonnances portant reforme du droit du travail ont confirmé que, comme il l’est de plus en plus dans la plupart des pays du monde, le coût du travail est désormais variable en France. Cette dérive de la protection sociale n’est pas nouvelle ; elle s’inscrit dans la tendance lourde vers  l’externalisation de la plupart des charges des entreprises multinationales, qui consiste à acheter « juste à temps », en tant que de besoin, des services et des composants à valeur ajoutée, plutôt que des matières premières, et permet de reporter le financement, la charge et le risque des investissements lourds sur les fournisseurs.

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La Libre Belgique, Le moment serait-il venu d’être socialistes ?, le 7 septembre 2016

La Libre Belgique : « Le moment serait-il venu d’être socialistes ? ».

Nous pourrions nous demander si, au gré des événements actuels (renforcement de l’état policier, érosion des droits acquis par les travailleurs par la lutte, tel le droit de grève, libéralisation des échanges débouchant sur l’arbitraire, telle que prévue par le TTIP), le socialisme serait le mouvement constructeur d’un autre monde, pour nous-mêmes et pour nos enfants.

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De la solidarité à la charité, par Michel Leis

Billet invité.

Dans l’histoire, il apparaît régulièrement des dates charnières, des dates qui dépassent l’événement factuel et marquent clairement la bascule d’une époque. Chacune de ces dates a son propre enchaînement de circonstances qui peuvent être analysées sous un angle purement factuel, mais qui reflètent aussi l’aboutissement de processus sous-jacents à l’œuvre depuis fort longtemps. Les éléments qui conduisaient d’un Ancien Monde à un Nouveau Monde étaient déjà en action et n’apparaissaient au grand jour qu’à la faveur d’évènements qui ne pouvaient alors apparaître que comme des accidents de l’Histoire. L’exemple le plus récent et le plus évident aux yeux de tous fut la chute du mur de Berlin en 1989 qui soudain entérinait la fin d’une vision alternative du progrès, celle du progrès social, l’implosion du système soviétique qui avait sa propre dynamique prenait un sens particulier, le progrès économique s’imposait urbi et orbi comme la religion féroce qui devait gouverner le monde.

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Quand la solidarité est un triomphe du capitalisme, par Olivier Hofman

Billet invité.

Le gouvernement belge et sa science économique d’extrême-droite nous rebattent les oreilles quant à la nécessité de sauver la Sécu via l’austérité, une Europe forteresse et autres folies macabres qui peuplent notre quotidien. Pour exemple, les aventures de mon ami Raoul, 87 ans, colloqué pour avoir ennuyé ses chers voisins qui voulaient son bien, et sa maison, avant de l’abandonner dans un mouroir où, privé de ses appareils auditifs et laissé sans visites pour cause de protestations, Raoul a voulu se suicider. Le personnel du home m’a confié que, oui, Raoul a été maltraité et que son état s’est détérioré dans cette maison de l’horreur. Mais personne n’a rien fait, mis à part effacer rapidement les traces de sa tentative avant que cela se sache, question de réputation. Comme le dit Raoul, pâtissier reconnu, à propos de ses recettes qu’il refuse de transmettre : « je pourrais les leur donner, mais ils n’y verraient que de la technique. Ces gens ne ressentent plus rien ». C’est exactement ce qui se passe lorsque notre gouvernement national, comme d’autres niveaux de pouvoir de Gauche et Ecolo, tente de nous faire croire que ses criminelles divagations sont nécessaires afin de financer demain la Sécurité Sociale.

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LA RELIGION DES BOEUFS, par Jean-Claude Balbot

Billet invité

Sans doute sommes-nous quelques uns à avoir regardé avec surprise la vidéo mise en ligne sur ce blog le 21 avril 2014 par Léopard Blanc. Elle montre un troupeau de buffles attaqué par quelques lionnes qui, stratégie bien connue, isolent le plus faible de la bande pour en faire leur ordinaire. Il s’agit là du jeune veau d’une des mères qui, n’en pouvant mais, fuit avec le reste de sa bande. Nous nous apprêtons alors à suivre avec plus ou moins d’attention, suivant la sensibilité qui est la nôtre, la dévoration du veau illustrant la loi du plus fort et sous entendant le caractère naturel des lois de l’offre et de la demande et tout le fatras idéologique connexe (compétitivité, concurrence, canard boiteux, théorie du ruissellement, bonne gouvernance, l’homme loup pour l’homme…). Il y aurait beaucoup à dire et plusieurs fables à tirer de ces quelques minutes, en passant du rôle tenu par le crocodilien à celui tenu par la « caméra », et nul besoin d’invoquer Debord pour se poser quelques questions sur la place du « spectateur » dans cette affaire. La fin, plus intrigante car moins attendue, le sauvetage du veau par le retour des buffles, m’avait touché plus que d’autres sans doute. Je venais le matin même de poser les boucles d’identification aux oreilles d’un veau nouvellement né dehors dans un troupeau de vaches allaitantes. Il faut le faire tôt après le vêlage car passés les deux, trois premiers jours il devient plus difficile de se saisir d’un veau qui court nettement plus vite que vous et vous devez alors rentrer l’ensemble des bêtes à la contention pour le boucler. Cet exercice qui prend 2 ou 3 minutes tout au plus, est parfois impossible car certaines vaches ne vous laissent pas approcher le petit, quelques-unes allant même jusqu’à charger. D’ailleurs vous prenez toujours ce risque en traversant un champ où paissent paisiblement d’« inoffensifs » ruminants. Ce sont plus souvent les vaches qui chargent que les taureaux.

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« Que proposez-vous ? », par Léopard Blanc

Billet invité. À propos de l’échange entre Brice Couturier et Paul Jorion aux Matins de France Culture, le 30 novembre 2011.

J’ai écouté avec intérêt l’acrimonieux échange entre Paul Jorion et Brice Couturier, puis le « Temps qu’il fait » qui s’attachait à la différence entre croire et savoir. Cette dernière question m’intéresse depuis longtemps ainsi que celle du mensonge à soi même. Or que dit Paul Jorion dans son intervention sur France Culture ?

Fait 1: « Le système est en bout de course, il va falloir en changer qu’on le veuille ou non. »

Fait 2: « Quel que soit le système par lequel nous le remplacerons, il sera si différent que la transition va être douloureuse, et plus tôt nous nous y préparerons moins elle le sera. »

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UNIVERSITÉ DU HAVRE, Ateliers de l’économie positive,
« Durabilité, responsabilité, démocratie… »
, le mercredi 20 mars 2013 à partir de 8h45

UNIVERSITÉ DU HAVRE Amphi 5 – Bâtiment Lettres et sciences humaines / Affaires internationales

9h50 – 10h40 : Session plénière par Paul Jorion, sociologue, économiste « Durabilité, responsabilité, démocratie… : l’économie positive du 21ème siècle ? »

Ces ateliers à visée pédagogique ont pour but d’associer des étudiants en économie et en management de l’université du Havre à une réflexion sur une autre économie, plus juste, plus vertueuse, plus équilibrée fondée sur l’altruisme et la préservation des intérêts des générations futures et visant d’autres objectifs que le seul profit. Cette journée a également pour objectif de susciter l’engagement des nouvelles générations au travers d’initiatives innovantes dans le domaine de l’économie positive.

Pour le programme complet, c’est ici.

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