L’OCDE, AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité.

Quelle mouche a bien pu piquer l’Organisation de coopération et de développement économique ? Elle vient de produire un rapport de plus, mais qui attire l’attention. Il est titré « Pourquoi moins d’inégalité profite à tous » de manière un peu biscornue, mais à la lecture il ne déçoit pas.

« Nous avons atteint un point critique. Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons. Les chiffres prouvent que les inégalités croissantes nuisent à la croissance. Le sujet pour une action politique est autant social qu’économique. En ne s’attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements détruisent leur modèle social et nuisent à leur croissance à long terme », avertit en allant droit au but Angel Gurria, son secrétaire général, dans le préambule. Le document est largement documenté et prête difficilement à contestation, données à l’appui. Mais si c’est l’OCDE qui le dit… cela montre que le capitalisme ne tourne plus rond, comme d’autres manifestations financières sournoises ne cessent de l’illustrer .

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L’optimisation fiscale s’assimile à une aide de l’État, par Alain Ollivier

Ouvert aux commentaires.

J’aime l’entreprise !… qui paye tous ses impôts sur ses bénéfices et contribue à l’effort national.

L’harmonisation fiscale entre les pays européens est souhaitable mais peu probable dans un proche avenir.

On s’aperçoit que l’optimisation fiscale est surtout pratiquée par des sociétés importantes qui disposent de conseils fiscaux onéreux.

Ces sociétés comportent aussi des services spécialisés pour instruire les dossiers souvent complexes d’aides de l’état (crédit recherches, crédit compétitivité…) auxquelles échappent les PME faute de temps et de compétences.

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POUR UN MONDE UN PEU MEILLEUR, OU MÊME BEAUCOUP, par François Leclerc

Billet invité.

L’Europe fait figure de mauvaise élève comparée aux États-Unis en terme de croissance. Mais les 2,4% de progression de l’activité économique américaine de 2014, qui connaissent un tassement, font pâle figure comparés aux 3,4% réalisés en moyenne dans les années 90. Comme attendu, c’est la consommation qui tire la croissance – elle y contribue pour 70% – mais les dépenses des Américains ont seulement retrouvé leur niveau de 2006, ce qui relativise le constat.

D’où provient l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages ? De la baisse du prix de l’essence et de la diminution du chômage, est-il expliqué. Ce qui ne rend pas compte de la nature des nouveaux emplois et de leur rémunération, ni de l’accroissement des inégalités de répartition des revenus. L’illustrant, les grandes villes américaines ont connu en avril des manifestations très suivies pour réclamer une augmentation du salaire horaire minimum. A New York, ils étaient entre 10.000 et 15.000 dans la rue, salariés précaires et sous-payés, travaillant dans la restauration rapide, s’occupant d’enfants, dans les secteurs de la santé, du bâtiment ou travaillant dans les aéroports.

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Rationalité économique du revenu universel financé par la taxation du capital, par Pierre Sarton du Jonchay

Rationalité économique du revenu universel financé par la taxation du capital

Dans l’effondrement actuel du capitalisme libéral, nous touchons à une vérité basique que le capital ne se rémunère pas physiquement lui-même mais moralement par un système qui identifie plus ou moins efficacement les propriétaires réels du capital réel. Le propriétaire du capital est un sujet personnel qui projette son intention dans un objet qu’il fait travailler mécaniquement par son travail subjectif de direction de la production des biens. Est rationnellement économique le bien dont le prix social et politique est supérieur au cout de production réel rémunérant le travail effectivement livré. Le coût de production est bien sûr le prix du travail de conception, de fabrication et de fonctionnement de la machine associé au prix du travail de pilotage de la machine vers la production du bien au prix social et politique anticipé par un calcul économique.

Il est évident en rationalité économique primaire où le capital est mu par le travail, que la dissociation du capital et du travail qui fait et transforme le capital en biens vendables provoque une inadéquation du prix anticipé de la production au prix demandé réellement. Le prix est demandé à la production par l’intermédiaire du marché dans la société politique qui organise la rencontre entre les travailleurs qui produisent et les travailleurs qui consomment les biens produits. Le calcul du prix de revient réel des biens produits par des robots est impossible dans notre système économique actuel qui ne voit comme propriétaire des robots que les propriétaires capitalistes du prix virtuel du robot, lequel est détaché du travail de pilotage de la machine et de direction de la production sur des biens réellement achetables. Le travail qui produit n’est que partiellement rémunéré par les revenus du travail qui vont acquérir les biens produits.

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« Le Prix à payer » : révoltons-nous en faisant de ce film un blockbuster, par Jean-Daniel Magnin

… Je suis sorti de ce film révolté, prêt à refourbir les piques de 1789… vous aussi j’en suis sûr. Puis après quelques bières passées à chanter la désobéissance civile et à fomenter la grève des impôts avec vos amis, vous vous retrouverez encore à fouiller le Net à la recherche de révélations et de réflexions éclairées sur cette injustice. C’est ainsi que vous dénicherez peut-être quelques séries vidéo parues dans nos colonnes :

* Bernard Stiegler : « Sommes-nous capables aujourd’hui de prendre des décisions ? Je veux dire vous et moi ? »

* Frédéric Lordon : « De quoi ce que nous vivons est-il la crise ? »

* Paul Jorion : « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »

* Denis Robert : « C’est kafkaïen d’être chargé de la lutte antifinancière dans un paradis fiscal »

* Jérémie Zimmermann : « Google et Facebook sont devenus des monstres »

Le billet de Jean-Daniel Magnin dans son entièreté sur le site VentsContraires.

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« Swissleaks », « Luxleaks », comment une information se métamorphose-t-elle en scandale ?

« Swissleaks » aujourd’hui, « Luxleaks » en novembre dernier, le monde est sidéré par l’ampleur soudain découverte de la fraude fiscale, par les particuliers pour Swissleaks et par les entreprises pour Luxleaks.

Quelle est la valeur informative du scandale qui éclate aujourd’hui ? nulle pour ses grandes lignes, moyenne pour les détails révélés. Tout cela se trouve en effet depuis des années déjà dans des livres, des articles, et un peu partout sur l’Internet.

Qu’est-ce qui a changé alors ? Le fait que la grande presse qualifie désormais de « scandale » ce que savait déjà quiconque voulait savoir ce genre de choses. Ce qui a changé, c’est qu’on appelle aujourd’hui « scandale » dans un éditorial du Monde, ce qu’on appelle depuis des années « capitalisme ordinaire » sur le Blog de PJ.

Ce changement est-il une bonne chose, faut-il se réjouir ou se contenter de hausser les épaules ? Se réjouir bien entendu : « la peur change de camp », comme disait l’autre. Si l’on se souvient dans les mains de qui la presse se trouve aujourd’hui, il faut s’interroger sur ce qui se passe en coulisses pour qu’il en soit ainsi. Et ça, c’est une toute autre histoire, bien plus intéressante d’ailleurs qu’un feuilleton de pétards mouillés.

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Krach financier mondial : être ou ne pas être ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Citibank joue sur la taille de son hors-bilan incalculable pour pratiquer la fuite en avant dans le négativisme totalitaire de la réalité économique objective. Avec un portefeuille notionnel de dérivés de crédit égal à 10 ou 20 fois le PIB des Etats-Unis, et avec le monde entier comme contrepartie, les seuls dirigeants de Citibank ont la possibilité d’emmener les États-Unis dans la troisième guerre mondiale avec cette fois la certitude de perdre la guerre. Citibank contrôle le cerveau d’Obama par simulation d’une certitude réelle du risque financier en dollar, Obama qui sait avoir le doigt physique sur l’apocalypse nucléaire réelle potentielle. Dans la même dynamique de capture spéculative du pouvoir exécutif, Citibank stimule financièrement le cerveau de chaque congress man qui peut voter l’impeachment d’un Obama qui démantelerait l’hydre financière en prononçant formellement une cessation de paiement de la fédération des États-Unis d’Amérique.

La dialectique fonctionnaliste des mastodontes financiers, c’est le contrôle de l’être par le néant. La compensation keynésienne consisterait à objectiver les lois du vivre ensemble en dehors de la sphère du calcul financier de manière à annuler publiquement, rationnellement et universellement tous les notionnels de dérivé de crédit qui ne s’adosseraient pas à des engagements juridiques réels, c’est à dire à une réalité économique effectivement compromise entre des personnes physiques vraiment responsables du remboursement de leurs dettes.

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Merci Thomas Piketty !

« Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable »

Et voilà donc des propos qui sont honorables en soi.

Thomas Piketty ne dit pas qu’il aurait accepté la Légion d’honneur de certains gouvernements plus honorables que ceux à quoi l’Europe a malheureusement uniquement droit en ce moment mais il aurait pu selon moi. Il avait proposé une politique fiscale authentiquement progressive et redistributive avant les élections présidentielles dont on attendait qu’une majorité socialiste la fasse sienne ; cela aurait été parfaitement logique puisque le rejet d’une telle politique aurait signifié une trahison des idées de gauche. Au lieu de cela, une majorité socialiste a préféré ignorer ce projet et, dans un geste suicidaire dont il faudra un jour quand même offrir l’explication, s’est appliquée de manière générale à réduire à néant le capital de confiance qui était le sien.

Si le plan fiscal de Piketty avait été adopté, la nation lui aurait été reconnaissante et il n’aurait eu, à mon sens, aucune raison particulière de refuser la Légion d’honneur : l’acceptation ou le refus aurait été une question d’appréciation personnelle. En tant que « parcelle de l’opinion publique », je ne lui en aurais certainement pas voulu, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Pendant que M. Sapin recommande aux entreprises françaises de ne surtout pas augmenter les salaires, l’économie américaine reprend du poil de la bête parce que les salaires ont augmenté en un an de 4% aux États-Unis. Pendant que la France offre à Thomas Piketty la Légion d’honneur mais l’insulte en considérant son plan fiscal comme quantité négligeable, les États-Unis ont fait de son ouvrage Le capitalisme au XXIème siècle le coeur d’un débat de société et de la traduction de son livre en anglais, l’événement de l’année 2014.

Le dicton « Nul n’est prophète en son pays », ne contient pas seulement une opinion sur les prophètes, il en exprime une aussi sur les pays.

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HUMAINCRATIE. FRAGMENT 6, par Jean-Claude Baerts

FRAGMENT 6.

Nous avons vu :

F1
  • Une interrogation sur le vivre ensemble.
  • Avant-propos où Bergson nous explique qu’une innovation est nécessaire en présence d’un écueil.
  • Une liste non exhaustive de multiples écueils où le capitalisme conduit.

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HUMAINCRATIE. FRAGMENT 5, par Jean-Claude Baerts

FRAGMENT 5.

Nous avons vu précédemment :

F1
  • Une interrogation sur le vivre ensemble.
  • Avant-propos où Bergson nous explique qu’une innovation est nécessaire en présence d’un écueil.
  • Une liste non exhaustive de multiples écueils où le capitalisme conduit.

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LES GROSSES FICELLES DU G20, par François Leclerc

Billet invité

Attendu comme l’annonce de Philea se posant sur sa comète, ou presque, le communiqué du G20 de Brisbane est enfin tombé. Vladimir Poutine a loué son « atmosphère constructive » après avoir failli en claquer la porte et s’être contenté de le quitter un peu avant la fin, car il avait besoin de dormir a-t-il déclaré. Mais le pompon revient aux 2,1 % de croissance que le monde va assurément connaître d’ici 2018, d’après le communiqué final, et à la manne de 2.000 milliards de dollars américains qui va nous inonder ainsi qu’aux millions d’emplois qui vont être créés : 2 %, c’était du doigt mouillé, 2,1 % ne peut que résulter d’un savant calcul crédibilisant la promesse.

Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE, ne s’est pas contenté de reconnaître que l’économie mondiale était « collée dans l’atelier de réparation » et que les marges de manœuvre fiscales et monétaires étaient « très limitées », il a aussi affirmé que les « réformes structurelles » étaient en conséquences « la seule manière d’avancer », le communiqué proscrivant le protectionnisme et les dévaluations compétitives… Vite, une autre bouteille à la mer !

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UNE JOURNÉE TOUT COMME LES AUTRES, par François Leclerc

Billet invité.

En raison de manipulations avérées sur le gigantesque marché des changes, une sélection choisie de mégabanques a été condamnée à des amendes de plusieurs milliards de dollars par les autorités compétentes américaines et britanniques, en attendant la suite car d’autres enquêtes ne sont pas finies. Quand ce ne sont pas les entreprises transnationales qui échappent à la taxation de leurs bénéfices, au gré de gouvernements complaisants, ce sont les traders des banques qui en douce font leurs petites affaires. Quel monde ! Il ne manquerait plus d’apprendre qu’un organisme surveille à très grande échelle et dans le monde entier les communications de tout à chacun.

Pris avec les LuxLeaks la main dans le pot à confiture à peine entré en fonction, le nouveau président de la Commission et ex-premier ministre du Luxembourg reconnaît que son pays n’a peut-être pas un comportement moral et éthique et que cela va à l’encontre de la « justice fiscale », mais fait valoir qu’il n’est pas « politiquement responsable ». Il noie le poisson en arguant que d’autres pays ne sont pas plus exemplaires et excipe du risque de conflit d’intérêt pour ne rien faire en envoyant la balle à sa commissaire en charge. Courage, fuyons ! Il propose l’adoption de taux d’imposition communs à l’Union européenne en sachant qu’il y sera fait obstacle, l’unanimité étant de règle en matière fiscale. Le gouvernement irlandais, fidèle à son rôle, n’a d’ailleurs pas tardé à lui donner raison. De son côté, le gouvernement allemand tonne et l’autorité de Jean-Claude Juncker n’en sort pas grandie, laissant les chefs de gouvernement plus à l’aise pour poursuivre leurs petits jeux.

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La fiscalité environnementale mérite un vrai débat à l’heure de la constitution d’un nouveau gouvernement belge, par Frédéric Chomé 

Billet invité. À propos de « Bruno Colmant : il faut avantager l’épargnant qui prend des risques », à la rtbf.

Ce mardi 5 août, Bruno Colmant proposait sur la Première de renforcer les avantages fiscaux aux investisseurs qui prennent des risques, de shifter la fiscalité du travail vers la consommation et il notait au passage que la fiscalité environnementale est « un peu évanescente ».

Nous pensons a contrario qu’en période de confection budgétaire, lorsque les prix sont bas et que le risque de déflation nous guette, une fiscalité environnementale ambitieuse et bien pensée est précisément l’un des piliers de la réforme de nos sociétés, qui pourra contribuer au budget bien plus largement qu’une hausse généralisée de la TVA d’1%, tout en étant plus équitable pour toutes les tranches de la population si elle est assortie de mesures compensatoires favorisant les comportements respectueux de l’environnement. Tentative d’explication en quelques paragraphes.

Le problème essentiel tient à l’assiette de la fiscalité environnementale, que l’on cantonne souvent aux seuls carburants et combustibles, déjà fortement taxés, dont certains citoyens précarisés dépendent fortement et dont les prix sont perçus par les agents économiques comme un critère de compétitivité économique.

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HSBC, BNP Paribas : Les banques blanchissent grave !, par Zébu

Billet invité.

Cela n’a pas vraiment fait la une des media français, qui ont pourtant largement ‘porté’ le sujet BNP pendant des jours, en dehors de quelques uns et surtout du Monde, qui annonçait hier rien moins que : « Affaire HSBC : les dessous d’une gigantesque fraude fiscale », avec en intertitre au sein de l’article : « HSBC ‘SUSCEPTIBLE D’ÊTRE MISE EN EXAMEN’ ».

Forcément, dans le contexte actuel de ‘bras de fer’ entre Paris et Washington sur une banque française majeure, dévoiler une telle information sur le sujet de la fraude fiscale concernant une grande banque britannique, une des plus importantes banques européennes avec UBS (laquelle est elle aussi concernée et ce depuis 2013), on aurait dû s’attendre à une flopée d’articles sur ces banques étrangères qui viennent jusque dans nos bras effectuer des démarches illicites et font rien qu’à égorger nos recettes et nos budgets (Aux armes citoyens !).

Mais là, rien ou quasi. Des articles, un reportage à la télé au journal de 20h sur la fraude fiscale révélée par des ‘personnalités politiques’, bien connues par ailleurs de la justice, sans plus.

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Que conseillerait effectivement Keynes à nos dirigeants aujourd’hui ? par Jean Matouk

Billet invité.

Il nous dirait effectivement, comme il tentait de l’expliquer à ses collègues néo-classiques, notamment Pigou (1877-1959), que la baisse des salaires qu’elle soit plus ou moins volontaire, comme un élément de politique économique, où qu’elle soit la conséquence du chômage, n’est certainement pas la solution pour redresser la croissance et l’emploi. Le fond de sa théorie reste parfaitement pertinent aujourd’hui : les salaires sont un coût, mais aussi un revenu ; dans une société devenue salariale, les baisser porte atteinte à la demande, et même si cette baisse permet aux entreprises de faire baisser les prix, l’offre ne trouve pas sa contrepartie.

Comme le dit Paul Jorion, Keynes s’irriterait, aujourd’hui comme hier face à la politique de Churchill, que dans des circonstances où l’on demande des efforts à la nation , ceux-ci soient seulement demandés aux salariés – ceux qui gagnent leur vie – et non à la « classe des investisseurs et celle des affaires ». Aujourd’hui, plus qu’hier les salaires indécents des « patrons » du CAC 40 rendent la demande d’effort illégitime aux yeux de nombreux salariés.

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L’OPTIMISATION FISCALE MADE IN USA, par François Leclerc

Billet invité.

L’optimisation fiscale à la mode américaine imprime sa marque dans l’actualité internationale. General Electric convoite le français Alstom et le groupe pharmaceutique Pfizer vise le britannique AstraZeneca. Le temps de nouvelles grandes opérations de concentrations industrielles est revenu, dont les causes sont en premier lieu fiscales.

D’après le cabinet AuditAnalytics, les compagnies transnationales américaines disposent d’environ 2.000 milliards de dollars à l’extérieur du territoire américain, à l’abri du fisc comme le permet la réglementation fiscale. A contrario, ces sommes seraient imposées à 35 % si elles étaient rapatriées. Une situation que le Pdg de Pfizer justifie en critiquant le caractère « non-compétitif » de la fiscalité fédérale américaine sur les sociétés, cherchant avec ses homologues à obtenir que le niveau de taxation soit abaissé. En attendant, les grandes entreprises américaines sont incitées à faire leur marché à l’étranger et à procéder à des méga acquisitions (quand elles ne s’adonnent pas aux jeux de la finance).

Dans le cas d’Apple, ces mêmes considérations aboutissent à ce que la société en vienne à préférer s’endetter en émettant des obligations, avec comme but de distribuer des dividendes à ses actionnaires, pour ne pas rapatrier des avoirs qui seraient imposés. Au vu des taux du marché obligataire, le calcul est vite fait : c’est beaucoup plus avantageux d’emprunter d’autant que les capitaux en question sont logés dans des paradis fiscaux, aux bons soins du « double irlandais » et du « sandwich hollandais », ces montages financiers qui font autorité en Europe.

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L’« ÉCONOMIE INFORMELLE DE SURVIE » A DE L’AVENIR, par François Leclerc

Billet invité – Article paru dans LA TRIBUNE du 14 au 20 mars

Méconnue, l’économie informelle est en plein développement dans une Europe où elle aide à atténuer une crise installée pour durer. Les appellations ne manquent pas pour désigner une économie qui recouvre des activités de nature hétérogène, faisant de celle-ci un véritable fourre-tout. Elle est qualifiée de souterraine, parallèle, de l’ombre, ou bien encore grise; mais s’en tenir au qualificatif plus neutre d’économie informelle – comme elle est dénommée dans les pays émergents et en développement – évite les faux sens et se contente d’exprimer ce que les activités qui y sont rangées ont de commun : ne pas être formelles, c’est à dire régentées par l’État.

Certaines sont criminelles comme le trafic de drogue ou frauduleuses comme la contrefaçon, mais d’autres correspondent aux besoins élémentaires de la survie ou bien recouvrent le travail domestique non rémunéré. Mais elles sont le plus souvent mises dans le même sac et exclusivement présentées comme relevant du code pénal.

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Sortir de l’esclavage financier par la compensation publique de l’intérêt, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Le présent commentaire de l’oeuvre de David Graeber, Dette : 5000 ans d’histoire, est en même temps une interprétation du cours de Bernard Stiegler sur la République de Platon

Anthropologie de la dette

Dans « Debt, the first 5000 years » paru en 2011, David Graeber produit une histoire anthropologique de la dette depuis les origines de la civilisation humaine. A partir de son point de vue anarchiste assumé, l’actuel professeur d’anthropologie à la London School of Economy s’extrait du nominalisme juridique et technique de la modernité contemporaine pour décrire le phénomène de la dette dans sa réalité archéologique, sociologique, idéologique et métaphysique. Le résultat de cette étude fouillée est que le commerce du crédit n’est plus la mécanique brute que nous connaissons dans l’actuelle guerre civile numérique mais la structure métaphysique de la « religion féroce » dénoncée par Paul Jorion.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 31 JANVIER 2014

Sur DailyMotion, c’est ici. Le son est bien meilleur que sur YouTube (allez savoir pourquoi ?) mais il y a de la pub !

Nous sommes en train de gagner ! Nous marquons des points ! (C’est pas une blague)

L’affaire Snowden en 1998 : Enemy of the State (Ennemi d’État) de Tony Scott

1) Le prix est un rapport de force

Paul Jorion « Le prix » (2010)

2) Interdiction de la spéculation

– Jean-Michel Naulot, « L’interdiction des activités spéculatives des banques est une solution de bon sens », Le Monde, le 29 janvier 2014

Avec sa réforme bancaire, le commissaire européen Michel Barnier veut lutter contre « la spéculation, l’absence de transparence et les manipulations ».

3) La banque est propriétaire de l’argent déposé sur un compte

– Paul Jorion « L’argent, mode d’emploi » (2009)

– Blog de Paul Jorion : L’argent après l’Union Bancaire, par Alain Monod-Broca, le 4 janvier 2014

… les dépôts bancaires ne sont pas de l’argent comme les billets de la Banque Centrale ou les comptes ouverts dans ses livres mais des créances affectées, comme toutes les créances, du risque de signature… Voilà la thèse de votre livre L’argent, mode d’emploi totalement validée par tous nos dirigeants politiques et financiers. Je voulais vous en féliciter. Je n’ai pas trouvé ce constat sur votre blog.

4) Prendre l’argent où il est

– Les Échos : « La Bundesbank prône l’impôt sur la fortune pour les États fauchés », le 27 janvier 2014

5) Le travail disparaît

– Ce soir (ou jamais !), Paul Jorion, « Le travail disparaît », le 3 octobre 2012

– Radio Canada, Paul Jorion, « Faire face à la robotisation du travail », le 28 janvier 2014

– Gaël Giraud : « L’avenir de l’économie est dans les mains des jeunes », La Vie, le 27 janvier 2014

 Cette idée néolibérale selon laquelle le travail peut être la variable d’ajustement est mortelle.

Le « Pacte de responsabilité »

L’argent donné aux entreprises ne peut se redistribuer que de deux manières : 1) hausse des dividendes attribués aux actionnaires ; 2) hausse des rémunérations (salaires, bonus, etc.) des dirigeants.

Le mécanisme qui transformerait l’argent donné aux entreprises en création d’emplois N’EXISTE PAS.

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