LE PEARL HARBOR DU VIVANT, par François Ruffin

LE PEARL HARBOR DU VIVANT

PAR FRANÇOIS RUFFIN Le 12/10/2020 PARU DANS LE FAKIR N°95 – (EN KIOSQUE)  

70 % des vertébrés disparus en trente ans… C’est un Pearl Harbor du vivant. Qui devrait, d’urgence, réclamer une mobilisation générale. A la place, nos dirigeants baissent la Contribution économique territoriale de 3 à 2 % !

« C’était la Silicon Valley de l’époque. » Sur les pentes de la Croix-Rousse, de passage à Lyon, je visitais hier l’atelier Mattelon, résidu des canuts. Durant des siècles, s’est formé un « cluster », ici, à l’avant-garde technologique, avec les tisseurs de soie bien sûr, mais aussi les mécaniciens, les menuisiers, les verriers, etc. Et ce « cluster » ne s’est pas formé tout seul.

C’est Louis XI, d’abord, qui initie cette politique industrielle. A l’époque, au XVe, toutes les soieries sont importées d’Italie, avec un énorme déficit commercial (évalué à 500 000 écus). Ces marchandises transitent souvent par Lyon, avec ses quatre foires annuelles, lieu de commerce et place financière. D’où le vœu du roi, par lettre patente (1466), d’y implanter les ateliers, recrutant des maîtres italiens.

Mais la bourgeoisie locale ne joue pas le jeu, s’y oppose : l’importation et le libre-échange lui paraissent plus rentables que la production, et un protectionnisme des industries naissantes. Louis XI installe donc, à la place, sa manufacture à Tours.

François Ier reprend le flambeau, en 1535. Pour des raisons politiques, également : il s’agit de ruiner Gênes. C’est l’acte de naissance, véritable, de cette industrie à Lyon, avec bien vite des centaines d’ateliers, des milliers d’ouvriers tisseurs « en draps d’or, d’argent et de soie ».

Enfin, Henri IV complète cette politique par – dirait-on aujourd’hui – une « intégration verticale » : la soie était certes transformée, tissée, à Lyon, mais la matière première, le fil à soie, était toujours importé, de Chine, puis d’Italie. Le roi, avec son agronome Olivier de Serres, fait planter des mûriers partout. Et dans l’Ardèche, dans la Drôme, dans la vallée du Rhône, se développe, durant deux siècles, la culture du ver à soie.

Ce « cluster » de la soie ne s’est donc pas implanté, ici, par hasard, ou par la main invisible du marché. Mais d’abord par une volonté politique, qui a mis en branle les initiatives privées.

Pourquoi raconter ça, aujourd’hui, en cet automne de « plan de relance » ?

Que fait Macron-Castex ? Il baisse de dix milliards « les impôts productifs », de 3 % à 2 % la Contribution économique territoriale, à 25 % l’impôt sur les sociétés, et dans la foulée la Contribution sur la valeur ajoutée économique. Il prolonge ce que faisait, déjà, Macron-Philippe, avec la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, avec l’exit tax, la flat tax. Et avant lui, encore, Macron-Hollande, avec les vingt milliards de Crédit Impôt Compétitivité Emploi (et le million d’emplois promis par Gattaz). Et avant ça, toujours, Sarkozy, Raffarin, Balladur, etc., trente années d’allègements des charges.

Parce que c’est, justement, tout ce dont le pouvoir est aujourd’hui incapable.

Mais qui peut croire qu’en saupoudrant ainsi, on obtiendra la moindre « relocalisation » ? Qui peut croire qu’en diminuant d’un pourcent la CET, les masques, par exemple, symbole de l’époque, vont revenir de Chine ? Qui peut croire qu’avec moins de CVAE, ça va nous ramener, disons, des usines de lave-linge – la petite Suisse en compte deux, la grande France aucune ? Ou des éoliennes, dont mon département est truffé, mais toutes importées ?

Non, cet arrosage de milliards n’y changera rien.

Il faut une volonté politique pour ça, aujourd’hui absente. Une volonté politique pour, non pas remplacer les initiatives privées, mais les stimuler, les orienter. Une volonté politique, pour diriger l’économie vers des objectifs stratégiques.

Ce printemps, en plein confinement, Paul Jorion nous disait : « Puisque Macron a parlé de ‘‘guerre’’, il nous faut une économie de guerre. L’économie doit être dirigée, c’est-à-dire pas nationalisée, mais guidée, vers des objectifs : l’impératif social et l’impératif écologique. L’économie ne peut plus être libre, il faut l’orienter vers des fins, vers des buts, vers un plan général. En 1940, les dépenses militaires ne représentaient que 2 % du budget américain, contre 42 % en 1944 ! Cette année-là, l’impôt sur le revenu rapportait vingt fois plus qu’avant le conflit, l’impôt sur les sociétés seize fois plus… »

Pour en savoir plus, je lis donc, en ce moment, une biographie de Roosevelt. Le 6 janvier 1942, un mois après l’entrée en guerre des Etats-Unis, il fixe dans un discours des objectifs industriels pour l’année à venir : « 125 000 avions », « 75 000 tanks », « 35 000 canons anti-aériens », « dix millions de tonnes de navires »

Lui ne compte pas sur la main invisible du marché : cet « arsenal de la démocratie », comme il le surnomme, « l’Etat fédéral en est l’organisateur, il en assure le financement au moyen de l’impôt et de l’emprunt, il oriente les productions vers les besoins prioritaires de l’armée, il contrôle l’affectation des matières premières et gère les situations de pénurie, il arbitre entre les intérêts divergents des travailleurs et des businessmen… », et néanmoins, cet Etat « ne se substitue pas à l’entreprise privée. Il ne dispose d’ailleurs pas d’un personnel compétent pour intervenir directement dans l’activité productive. »

Lors d’une conversation au coin du feu, Roosevelt trace son « programme de stabilisation économique » :

« Premièrement, nous devons, par des impôts plus lourds, maintenir les profits individuels et ceux des entreprises à un taux raisonnablement bas. Deuxièmement, nous devons fixer des plafonds aux prix et aux loyers. Troisièmement, nous devons stabiliser les salaires. Quatrièmement, nous devons stabiliser les prix agricoles. Cinquièmement, nous devons mettre davantage de milliards dans les war bonds. Sixièmement, nous devons rationner tous les produits de base essentiels qui sont rares… »

Ainsi fut remportée la guerre.

Ainsi nous devons remporter la guerre climatique : en dirigeant l’économie, c’est-à-dire en canalisant les énergies du pays, les capitaux, la main d’œuvre, les intelligences, les savoir-faire, vers la transformation de notre agriculture, de nos transports, de nos logements…

+ 2°, + 3°, + 5°, selon les prévisions… L’Arctique qui fond… 70 % des vertébrés disparus en trente ans… 80 % des insectes… 30 % des oiseaux… C’est un Pearl Harbor du vivant. Qui devrait, d’urgence, réclamer une mobilisation générale.

A la place, nos dirigeants baissent la Contribution économique territoriale de 3 à 2 % !

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36 réflexions sur « LE PEARL HARBOR DU VIVANT, par François Ruffin »

  1. À quand un débat sur Tf1 Paul Jorion, François Ruffin et Gael Giraud ?
    J’ai quand même droit à mes phantasmes….

    1
    1. Ce genre de débat n’aurait pas grand intérêt sauf à étaler des divergences mineures.
      La gauche est déjà assez divisée comme ça.
      IL faut des débats avec en face des macronistes et assimilés (c’est à dire tout le spectre de la droite ; de la droite classique à la droite hollandaise.

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      1. Curieux raisonnement qui doit réjouir la droite ( toute ).

        C’est peut être bien Hollande qui voit l’essentiel pour le moment , finalement .

        PS : pourquoi faudrait il débattre avec qui que ce soit quand l’évidence commande ( enfin , c’est ce qui est affirmé ici et chez François Ruffin ) ?

  2. Roosevelt et l’économie de guerre doivent nous inspirer. MAIS, il ne suffit pas de nouveaux impôts ni d’une planification étatique comme vous le soulignez.
    Il faut un effort de TOUS ! Pas de grève, de revendication gilets jaunes, de hausse de salaires, une discipline de fer !

    1. C’est ce que Chester Himes a raconté dans ses premiers romans américains (arrivé en France ensuite , il a fait surtout des Série Noire). Les blancs demandaient aux noirs d’abandonner leurs revendications. Pour le bien de la nation. Lisez “La Croisade de Lee Gordon” ou encore d’autres de cette période : “S’il braille, lâche-le et “Qu’on lui jette la première pierre”.

  3. La perle du havre (Pearl Harbor pris un peu littéralement) ? notre barbu ex premier ministre Edouard Philippe ?
    Une autre victime des extinctions ou une simple mise en réserve du capitalisme, un peu comme les “spores” des champignons ?

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  4. Le principe de « riches toujours plus riches sur fond de pauvres toujours plus pauvres «  n’est pas républicain.
    «  La république en marche «  qui disait …ça sonne comme un slogan publicitaire pour un produit trompeur.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/10/12/les-deux-tiers-de-l-epargne-accumulee-depuis-le-confinement-est-detenue-par-les-20-des-francais-les-plus-aises_6055709_3234.html

    https://www.letemps.ch/economie/covid-augmente-nombre-milliardaires-suisse

    1. Et je ne reproche pas aux riches d’être riches .
      Ce qui importe , c’est ce qui est fait de cet argent.
      L’état pourrait proposer des conditions intéressantes pour ré- orienter cet argent vers la transition écologique . Mais le gouvernement actuel n’est qu’au service de lobbies , triste réalité.

        1. Pour que les super-riches, dont le seul souci dans la vie est de créer des emplois, se sentent mieux disposés envers l’idée de vraiment le faire un jour.

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    2. Eh oui, Paul, tout à fait dans l’esprit de la fameuse citation
      “Et le désir s’accroît quand l’effet se recule”
      Le ruissellement inverse induit l’envie de ruissellement direct même au sommet,
      c’est cela sa ruse.

  5. C’est un bon travail de vulgarisateur et “entraineur” , mais il doit y avoir au PCF , à LFI ou ailleurs , des thinck tanks capables d’être plus ” économistes programmatiques” pour mieux mettre en musique un plan ( de guerre ) d’action et annoncer clairement les efforts à faire par tous sur un horizon déterminé dans la durée , pour être pris au sérieux et dépasser la seule critique du pouvoir en place . On est ici encore dans le romanesque .

    La dimension forcément internationale me parait aussi largement sous estimée .

    1
    1. Monsieur Ruffin siège sur les bancs de l’AN avec la FI, FI qui a élaboré et publié une série de “Livrets thématiques” qui ont leur page dédiée sur le site “l’avenir en commun”, ils forment une somme qui n’a rien de romanesque.

      1. @ juannessy 13 octobre 2020 à 22 h 29 min
        Je ne crois pas que ces termes soient employés, par contre il y est question de planification. (page 18 livret planification)
        …/… La planification définit les priorités dans le domaine de la production et de la consommation des biens et services à partir des besoins de la population et du respect de la règle verte, sur la base d’arbitrages citoyens entre les intérêts contradictoires des groupes économiques, dans un processus de programmation participative du plan. Elle identifie les biens communs tels que l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant et développe les services publics nécessaires à leur protection. Elle explore les voies de la socialisation et de la réappropriation citoyenne des biens communs. …/

      2. @Romain Vitorge :

        C’est effectivement un affichage et une ébauche d’attendus qui méritent d’être mis en valeur , et portés au crédit des ateliers de réflexion de LFI .

        Mais on est loin de l’économie de guerre et de l’incontournable dimension internationale , a minima européenne .

      1. Je connais , et heureusement pas mal de partis ou mouvements commencent à se plier à l’exercice d’élaboration contradictoire des solutions et énoncés des problèmes , en acceptant de se confronter à la diversité sociale et à l’expertise des acteurs de terrains .

        Lors des dernières élections présidentielles , j’avais d’ailleurs eu l’occasion de relever que les projets LFI et LREM étaient les mieux structurés et cohérents selon moi .( je n’ai pas dit que c’étaient les miens ).

        Mais quand on parle d’économie de guerre , c’est à un exercice autrement violent et structuré qu’il faut se livrer, surtout quand l’enjeu de la guerre est mondial , et si l’on veut convaincre les troupes de la possibilité de la victoire , condition de l’acceptation des inévitables contraintes et privations communes et générales .

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      2. @ juannessy
        Je vous met UN pouce pour «  exercice autrement plus structuré «  ( ne me remercier pas , c’est de bon cœur 😉 même si je sais que peu vous importe) .
        Pour «  violent «  , j’hésite , bien que «  ferme » me conviendrait .
        La violence étant du genre solution pire que le problème.

        Du côté des compétences nécessaires , il a bien l’économiste Jacques Généreux .
        Viens juste de m’apercevoir qu’il a étudié ( 2016) le pourquoi de l’intelligence qui rend idiot dans un livre «  la déconnomie « ( terme que j’utilisai en 2013 en déconomant justement, à mon petit niveau ).
        Pourquoi je parle de ce bouquin? Parce qu’il me semble que vous évoquez la nécessaire crédibilité , voir le besoin d’efficacité de tout plan de guerre qui se respecte.

        Ruffin a écrit un livre remarquable «  leur folie , nos vies «  . Cependant , s’attaquer à comprendre le pourquoi de leur folie me semble primordial , si on veut contrer un modèle économique suicidaire.
        La vie ( pas que la sienne ) est trop précieuse , vous en savez quelque chose.

        Pour résumer , arbre des causes , arbre des conséquences.
        Proposer de quoi pallier les conséquences ne suffit pas , il faut aussi s’attaquer aux causes ,voir aux causes des causes , c’est à dire… «  leur folie « .
        Bientôt , discussion sur les budgets , on va expliquer à Ruffin que le déficit de la sécu étant ce qu’il est , ses beaux projets n’auront pas de financements…
        Les retraites sont financées par le travail , la santé par les malades , c’est le genre de «  folie » culturellement admise qui devraient être remise en question avec la crise actuelle .Logique libérale débile , on n’ en est pas encore à faire payer les petits enfants pour leur éducation , c’est une chance.

        Bien des secteurs d’activités doivent regretter aujourd’hui de ne pas avoir Plus participer au bon fonctionnement de la Santé ( «  les malades , pas notre problème , nous on est en bonne santé « ) .Car au fond , tout s’arrête parce que les hôpitaux ont ce risque d’être débordés. Si on avait eut plus de médecins , d’infirmiers , de lits d’hospitalisation , de moyens médicaux, il n’y aurait pas ces arrêts brutaux de l’économie qui vont engendrer des cessations d’activités en cascade .

        Les économies c’est bien , juste ne pas commettre l’erreur de les faire au mauvais endroit.
        De la même façon quand on raisonne , ne pas faire l’économie de bien examiner toute l’étendue du champ de bataille .

      3. @Bernard :

        En économie de guerre il y a bien évidemment deux aspects :

        – l’immédiat , pour assurer que toute la famille survit dans des conditions de base acceptable . L’accord global peut être assez raisonnablement possible .
        – le pourquoi ” projeté” de la guerre qui repère aussi bien les tares des temps anciens que les vertus espérées des temps futur . Là , ça se gâte car les divisions reprennent et il sera difficile de trouver des accords suffisamment majoritaires , si les évidences du réel ( écologie , pandémies et climat, ressources finies ….) ne l’imposent pas . mais il se peut très bien qu’elles l’imposent de plus en plus .

        Pour “les économies” à faire , je pense que l’idée du Conseil d’Analyse Economique de taxer à 10 % une partie de l’épargne qui s’est accumulée sur les livrets A , voire les comptes courants ( les assurances vie, elles se sont vidées en partie ), et qui constitue une sur-épargne de l’ordre de50 milliards d’euros depuis le début de la crise alors qu’elle appartient à 90 % aux 10 % des ménages les plus riches …était plutôt une bonne idée ( dont Lemaire a annoncé très récemment qu’elle n’était pas prise en compte . Allez savoir pourquoi le cheval qui murmure à l’oreille du cavalier n’a pas été suivi …) . Alors que ça ferait du pognon pour financer les aides à l’emploi des jeunes en particulier .

      4. @Bernard :

        PS : oubliez effectivement les pouces que j’ai volontiers qualifiés de ” pornographie émotionnelle” par ailleurs .

      5. @ juannessy
        L’ approbation n’étant pas un gage de la qualité des idées , le pouce distraie mais ne reléve pas , à mon sens , de la pornographie émotionnelle .
        Sinon , j’aurai écris «  je vous met un doigt «  …
        Houps 😊

  6. S’il y existe un intérêt grandement mobilisateur à employer une dialectique de “temps de guerre” , au vu des enjeux d’un intérêt général au sens large… n’existe t-il pas le pendant de cette focalisation sur une “économie de guerre”, que je ne dénigre pas non plus, qui fut naître en son temps le “ressentiment” prématuré, presque avorté… éjaculé précocement en tout cas… d’un “maccarthisme” (ayant visé les japonais.e.s installé.e.s aux USA, d’abord…) dont des prémices actualisés au contexte d’aujourd’hui, pourraient être trouvés en poussant à un certain “jusqu’auboutime” la comparaison…?

    Ce jusqu’auboutime incarnant le “maccarthisme” disruptif (dystopique, certain.e.s pourraient y prêter comme intention), du “monde à voir”, n’est-il pas symbolisé aujourd’hui dans l’affrontement des “peurs d’avoir peur” de politiques publiques/privées se heurtant entre l’objectif d’atteindre “l’immunité de la horde des plus forts”… contre la “présumée innocente” “base du volontariat” de l’isolement, du reconfinement “concentré” (en un camp ?), des personnes à risque, sans que soit suspecté d’autre, que la “légitime de défense” de vouloir “sauver leurs vies”…?

    Ce qui suit tente d’en décrire plus.

    “C’est quoi une “stratégie” de confinement, d’isolement « volontaire » des personnes à risque, par rapport aux risques d’être infecté sévèrement de manière, létale, à la covid-19 (voire même à la grippette, gastro… tant qu’on y est)… ? Dans la même veine d’interrogation saugrenue, cette “base du volontariat” est censée justifier, excuser même… d’imposer le “travail gratuit”, le “bénévolat subi” aux ayants droits à la solidarité… aux chômeur.e.s… contre l’ouverture du droit au RSA, à une indemnité chômage, en “terre du Concordat”… chez des propriétaires privés d’entreprises assistées sans contrepartie par ailleurs (grandes surfaces de la distribution alimentaire… ou les “caisses automatiques” défiscalisées, désocialisées… les remplacent petit à petit…), ou dans certaines services publics de collectivités qui “dégraissent le mammouth”…
    N’est-ce pas l’application sans l’avouer, inavouable alors, de la stratégie de la libéralisation dérégulation, déréglementation (à ne pas confondre avec le dérèglement climatique, la perte de la biodiversité… ? Quoi que…) de « l’immunité de la horde des plus forts », jeunes, riches (président des USA inclus?), propriétaires privés d’entreprises, d’actions… assistés sans contreparties pour sauver « leurs économies » spéculant sans foi, ni loi, sur la gestion en flux tendu et les prix, de masques, respirateurs, médicaments, vaccins, manque de place de lits de réa, manque de personnel hospitalier dans les services publics, denrées alimentaires…sur l’effondrement des « État providences », leurs protections sociales, dettes publiques, déficits…sur la saturation des hôpitaux devant faire un « tri sélectif » (façon « darwinisme social »…?) par rapport à quelles vies sauver : des « perdant.e.s » (propos de Trump, qualifiant ainsi les personnes décédées de la covid-19), et/ou de celles atteintes de pathologies chroniques (cancer, etc… encore rentables pour l’industrie pharmaceutique…) et/ou cumulant trop de facteurs multiples de comorbidité… ?
    Que devient donc la définition de la base réelle du « volontariat » dans l’isolement, le confinement des personnes à risque (inversion de la hiérarchisation des valeurs morales, éthiques), si s’exposer, « vivre avec le virus », dans le « monde à voir », « d’après », est s’assurer de « prendre un risque » 100 % mortel pour les personnes vulnérables, fragiles, mises en état de faiblesse, quand celles et ceux capitalistes ultralibéraux… parieurs invétérés… soit disant prenant le plus de risque, sont assuré.e.s en dernier RECOURS par le denier public (socialisation des dettes privées pourries, pertes casinos – affaire des subprimes, Dexia, etc -annulation/exonération des « charges », impôts, « loyers », baisses des impôts sur société, de production, des cotisations sociales patronales, « immorale optimisation » flat tax, exit tax, suppression partielle de l’ISF etc)… ?
    Faut-il être volontaire dans le sens d’accepter « d’assimiler », de « s’intégrer », sans « outrager », « refuser d’obtempérer » à une politique de Partenariat Public Privé« d’exterminisme » des plus faibles (la vulnérabilité n’est pas que physiologique en rapport avec ses propres problèmes de santé, ses propres contradictions par rapport aux vaccins, à la malbouffe, l’automédication, etc… mais elle est aussi psychologique : dans “l’insécurité” institutionnalisée des inégalités territoriales, scolaires, “de destin”… l’inculturation” généralisée que cultivent médias mainstream… et duels politiciens, propriétaires privés d’actions, d’entreprises… ne flattant que les plus “bas instincts”, “ras le bol fiscal” “poujadisme” des doutes, incertitudes, des “temps de cerveaux disponibles” qu’à ne vouer un “culte féroce” qu’à la dictature des émotions” les sondant) des plus discriminé.e.s, « inutiles », réfugié.e.s… ?”

    1. Entre le 25 février 2019 (date de la publication de l’article) et aujourd’hui serez-vous étonnés d’apprendre qu’encore plus de chômeur.e.s que 40%… touchent encore moins de 500 euros/mois (cas des NON RECOURS, qui concernent 50% des “bénéficiaires” du RSA, qui ne touchent depuis la crise sanitaire, l’assistanat sans contrepartie des propriétaires d’entreprises, d’actions… aucun “pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent”)….?

      http://www.observationsociete.fr/travail/chomage/montant_indemn_chomeurs.html?fbclid=IwAR2DkH0oSLFlPvMkzwRM9h3xzy4oRVQEqWTv8jcuonIgmsMqKDlmRHnGj7Q

  7. @Paul Jorion, oui il faut créer des emplois mais il y a les salariés pauvres qui font des heures supplementaires et qui ne sont pas payées dans leur intégralité. Avec la fiscalité en vigueur sur le foncier non bâtis et batis,
    Le salaire et les heures supplementaires servent à payer cette fiscalité

  8. Je me souviens d’un plateau télé avec François Ruffin qui expliquait en substance à des journalistes au bord de l’apoplexie qu’il faut écarter le rideau de fumée de la croissance pour nous intéresser à la question de la répartition…

    Il me semble (même si la chose n’est pas très originale sur ce blog) que c’est bien cette question qui déterminera le type de société que nous ferons ainsi que la dynamique de ponction de cette société sur son environnement.

    J’ai entendu également l’autre jour Jeoffroy de Lagasnierie … et n’ai pu m’empêcher de “visualiser” les différents états de la matière de gauche : la gauche peut protester (manifester) plus ou moins vigoureusement tout en continuant de suivre la marche du capitalisme ; elle peut aller jusqu’à trainer des pieds (faire grève) pour un temps seulement ou alors s’installer durablement et quotidiennement dans l’inertie, le refus de suivre, la désobéissance enfin, à moins qu’elle ne se décide à faire mouvement dans cette autre direction qu’elle estime plus appropriée…

    Ma question à François Ruffin : comment comprendre votre texte ? En d’autres termes, où en êtes-vous ? Proteste-vous ? Appelez-vous à la grève (laquelle et par qui) ? Comptez-vous désobéir ? Désobéissez-vous déjà ? Etes-vous en mouvement (j’évite de dire en marche) ? Que proposez-vous en réponse à cette question de la répartition de la richesse créées par notre travail (…) et comment comptez-vous faire advenir cette réponse dans les faits ?

    1
  9. D’accord avec la notion d’infantilisation , dans le sens rétention d’informations.

    Le nombre de médecins et d’infirmiers morts en France pour cause de covid ?
    « Secret médical «  .. juste des études qui indiqueraient qu’ils sont plus contaminés à l’extérieur de leur job qu’à l’intérieur . Presque marrant si on n’avait pas les chiffres de l’Italie.

  10. @Romain Vitorge :

    C’est effectivement un affichage et une ébauche d’attendus qui méritent d’être mis en valeur , et portés au crédit des ateliers de réflexion de LFI .

    Mais on est loin de l’économie de guerre et de l’incontournable dimension internationale , a minima européenne .

  11. On traite les pauvres comme on traite la nature : mal
    17 octobre 2020 / Marie-Aleth Grard
    “Territoires zéro chômeur de longue durée ne va pas résoudre à lui seul tous les problèmes écologiques et sociaux. Mais il montre que l’ensemble des acteurs et actrices d’un territoire peuvent se mobiliser, avec celles et ceux qui sont privés de ressources fondamentales, pour produire et défendre de tels biens communs. Cela peut être une source d’inspiration et d’interpellation pour toute la société. Et en particulier pour celles et ceux qui, refusant cette économie injuste, cherchent à faire émerger de nouveaux modèles respectueux des personnes et de la Terre.”
    https://reporterre.net/On-traite-les-pauvres-comme-on-traite-la-nature-mal

    Engraissés, enfermés, anémiés… les veaux de boucherie font les profits de l’agro-industrie
    Thibault Vetter (Reporterre
    https://reporterre.net/Engraisses-enfermes-anemies-les-veaux-de-boucherie-font-les-profits-de-l-agro-industrie

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