Occident vs. Orient : la main invisible du marché vs. la main la plus visible possible de l’État

Le Shanghai composite index, l’indice boursier chinois le plus en vue se situait il y a un an au niveau 2.100. Vint la bulle qui lui fit prendre son envol. À la mi-juin, il valait plus de 5.100. Le 8 juillet, il retombait à 3.500. Ce soir il vaut 3.663. Il n’est tombé dans la journée que de 1,7%, après une chute lundi de 8,5%.

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Aïe ! Je ne connais pas l’explication mais je me renseigne !

5-1-15

© Dow Jones

Mise à jour à 18h18 : Enquête faite, ce sont ces stupides Grecs qui pourraient voter Syriza, et ces stupides Allemands qui ne sont pas fichus d’avoir une inflation d’un niveau décent : 0,2% ! et ils donnent des leçons aux autres alors qu’ils ne sont pas même capables de faire grimper leurs prix !

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Dans « manipulation » il y a « main », comme dans « main invisible »

Certains d’entre vous s’étonnent qu’alors que la panique s’est emparée aujourd’hui des marchés en raison de l’effondrement du rouble, le CAC 40 réalise en clôture un gain de 2,19 %.

Miracle

© Dow Jones Company

Bon d’accord, on a peut-être forcé un peu sur la « pompe à optimisme » et ces 2,19% sont un peu voyants. Mais que voulez-vous, tout cela, c’est une mécanique très délicate, et plutôt que de hurler à la manipulation (pour la bonne cause, bien entendu), souvenez-vous que dans « manipulation » il y a « main », comme dans « main invisible » et la véritable héroïne de la journée d’aujourd’hui (croyez-moi), c’est la « main invisible » de l’autorégulation (croix de bois, croix de fer…) !

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« La finance est-elle compatible avec la démocratie ? »

Avant-hier, un article dans le Wall Street Journal s’intitulait Greece Turns Triumph into Tragedy : la Grèce transforme un triomphe en tragédie. Le triomphe en question, c’est l’état dans lequel se trouve la Grèce en ce moment (je ne plaisante pas), et la tragédie qui la menace, c’est une éventuelle victoire du parti Syriza en Grèce aux prochaines élections (je ne plaisante pas non plus).

Les marchés ne sont pas vite gênés. Les marchés, nous le savons ont beaucoup de sympathie pour le fascisme en col blanc, encore appelé « néo-libéralisme », de MM. von Mises, von Hayek, Friedman et consorts. M. von Hayek qui, comme on s’en souvient – ou comme on devrait s’en souvenir, c’est important – du haut de son prix Nobel d’économie 1974 – déclarait à la presse chilienne, lors d’une de ses visites de courtoisie au général Augusto Pinochet, qu’il préférait une dictature libérale non-démocratique (description excellente du régime de son ami très cher) à un pays démocratique non-libéral (le Chili de Salvador Allende, qui n’était malheureusement plus là pour commenter). Croyez-vous que le comité de la Banque de Suède lui ait retiré son prix Nobel pour autant ? Poser la question, c’est malheureusement y répondre.

La perspective d’élections démocratiques en Grèce pouvant déboucher sur la victoire d’un parti socialiste – un vrai, pas les ersatz qui circulent sous ce nom dans des pays tout près de chez nous – a fait dégringoler les marchés aujourd’hui (-12,8 % à la Bourse d’Athènes).

Dow 9-12-14 © Dow Jones

C’est qui qui a récemment fait une conférence sur un bateau, intitulée « La finance est-elle compatible avec la démocratie ? »

Ah ! Oui vous avez raison : c’est moi !

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CAC en berne

Si vous vous demandez pourquoi le CAC 40 a perdu un peu plus d’un pour cent aujourd’hui, la raison c’est, comme depuis quelques jours, la banque portugaise Espirito Santo, dont la principale unité, Rioforte Investments, domiciliée au Luxembourg (surprise ! surprise !) s’apprête à déclarer faillite. Cela ne risque pas d’arranger les choses puisque Rioforte doit 897 millions d’euros à la principale compagnie de telecom au Portugal, Portugal Telecom (disposant d’un quasi monopole affirme la rumeur), qu’elle ne sera très probablement pas en mesure de rembourser.

Par ailleurs, illustrant le principe hautement incestueux dont je vous expliquais la logique dans ma vidéo de vendredi, Rioforte détient une participation de 49% dans Espirito Financial Group, qui lui-même détient 20% de Banco Espirito Santo.

Pourquoi vous demandai-je vendredi, l’éternuement d’une banque portugaise menace-t-il l’ensemble de la finance mondiale ? Et la réponse que je vous donnais alors est toujours d’application quatre jours plus tard : parce que le système financier mondial est à ce point fragile aujourd’hui, parce que le réseau de contagion est désormais à ce point hyper-connecté, que tout éternuement à un endroit quelconque du réseau signifie la grippe espagnole (en l’occurrence plutôt portugaise) dans l’ensemble du système.

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Keynes : la genèse de A Treatise on Money (1930)

Les années 1918 à 1929 seront pour la planète une époque de calme relatif sur les plans économique et financier. Après avoir claqué la porte de la Conférence de Paris en 1919 et démissionné du même coup de son poste au Ministère des finances pour rédiger dans la foulée The Economic Consequences of the Peace (publié en décembre 1919 et qui sera un best-seller), John Maynard Keynes consacrera les deux années qui suivent à terminer l’ouvrage monumental qui mettra un point final à sa carrière de mathématicien : son Treatise on Probability (1921).

S’ouvre alors pour Keynes une période où il combine l’activité d’enseignant à Cambridge et celle de chroniqueur et polémiste : directeur de la rédaction de l’Economic Journal depuis déjà 1911, et président à partir de 1923 du magazine d’actualité politique The Nation and Athenaeum qui fusionnera en 1931 avec le New Statesman, un périodique qui demeure encore aujourd’hui la voix par laquelle s’exprime la gauche britannique dans la tradition fabienne.Parallèlement, fin 1924, Keynes entreprend d’écrire A Treatise on Money, une somme volumineuse avec ses 771 pages, qui paraîtra en octobre 1930, un an après qu’une nouvelle époque : « the Slump », la Dépression, s’est ouverte dans le sillage du krach boursier d’octobre 1929.

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NOS RETRAITES SONT EN CE MOMENT MÊME JOUÉES AU CASINO, MAIS QU’IMPORTE : LA FÊTE CONTINUE ! 

Observez bien ce diagramme : en rouge, vous avez le Produit Intérieur Brut (PIB) mondial : la richesse des nations ! En vert, vous avez la valeur boursière des compagnies de ce même monde.

Marchés boursiers

N’est-il pas curieux qu’alors que la richesse des nations est en baisse constante depuis deux ans, la valeur boursière des entreprises de ces mêmes nations soit elle en hausse constante ?

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PIQÛRE DE RAPPEL : Le fixing, arme contre la spéculation, par Jean-Pierre

Billet invité. Originellement publié le 12 juillet 2009.

LA SPECULATION CONTENUE : LE FIXING

La spéculation, cette vilaine qui fausse le fonctionnement des marchés, cette méchante qui attise la volatilité, cette malhonnête qui grossit les déséquilibres, cette satanée qui engendre la misère, aujourd’hui, elle est la cause de tous nos malheurs. Il n’y a pas longtemps pourtant, on n’avait qu’éloge pour sa présence. Elle apportait les liquidités nécessaires aux marchés, facilitait le déroulement des opérations, favorisait l’équilibre et l’obtention de prix justes. Elle figurait et figure toujours en bonne place dans les théories économiques.

Quand on parle de spéculation ou de spéculateurs, on mélange involontairement des acceptions différentes. Dans un cas, le spéculateur est ce malfaisant qui profite des écarts de cotation ou les attise, sans vergogne. Dans l’autre, c’est le bon samaritain qui fournit ses moyens pour résorber les déséquilibres temporaires et dont l’action a un effet de nivellement. Quand un économiste parle de spéculation, il désigne la bienfaitrice bien entendu. Mais comment distinguer l’une de l’autre ?

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VENDREDI 24 JANVIER : DES MARCHÉS SECOUÉS

Une semaine difficile
Une semaine difficile © Dow Jones

Quand un « flash crash », un krach instantané, eut lieu aux États-Unis le 6 mai 2010, je me distinguais de la quasi-totalité des commentateurs en mettant l’accent sur les facteurs objectifs ayant conduit à la baisse brutale de la Bourse constatée ce jour là, expliquant la moitié au moins des 10% du plongeon. Dans ma vidéo du lendemain : Le temps qu’il fait le 7 mai 2010, j’attirais en effet l’attention sur le rôle joué dans la baisse des marchés au comptant et à terme américains par les émeutes à Athènes la veille et par le refus, réaffirmé par Jean-Claude Trichet, alors à la tête de la Banque centrale européenne, d’accepter le principe d’un Quantitative easing (planche à billets) à l’européenne.

Prendre en compte la dynamique purement interne des marchés, la capacité des prix passés à générer les prix à venir (facteurs intrinsèques), c’est certainement une très bonne chose mais les marchés financiers ne vivent pas en monde clos et l’état de la planète (facteurs extrinsèques) ne leur est pas indifférent.

Aussi pour expliquer la baisse brutale des Bourses dans la journée d’hier, je ne me contenterai pas de l’attribuer, comme le fait le Financial Times (recourant à la savoureuse langue de bois propre à la finance), à une soudaine « aversion au risque », comparable à la virtus dormitiva de l’opium chère au docteur Diafoirus, mais plutôt au discrédit du parti au pouvoir en Turquie, aux situations quasi-insurrectionnelles en Thaïlande et en Ukraine, à la dépréciation de 15% en une semaine du peso argentin, à la très petite forme d’autres devises comme le rouble et la roupie, et à la combinaison en Chine d’une bulle du crédit poursuivant souterrainement son parcours dans la finance de l’ombre locale et du discrédit là aussi du parti au pouvoir à la suite des révélations OffshoreLeaks relatives aux comptes détenus dans des havres fiscaux par les dignitaires du Parti communiste et leurs proches.

Une telle accumulation de causes de souci risque de rendre la journée de lundi fertile en rebondissements sur les marchés financiers.

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Taxer les transactions financières, c’est trahir sa navrante ignorance en matière de finance

La France et l’Allemagne essaient en ce moment même d’accorder leurs violons sur la question de la taxation des transactions financières, encore appelée « Taxe Tobin », du nom de James Tobin (1918-2002), économiste, « prix Nobel d’économie 1981 », son initiateur autrefois.

Je voudrais rappeler ma position sur cette question.

Les opérations financières sont, comme la classification des insectes à l’école primaire, et comme l’a très bien rappelé Lord Adair Turner, de deux types : les utiles et les nuisibles.

Les opérations financières utiles sont, comme leur nom l’indique, utiles. Il faut les encourager. Les taxer, c’est les décourager. Ce qu’il ne faut pas faire parce qu’elles ne sont déjà pas si nombreuses.

Oui, les opérations nuisibles apportent de la liquidité aux marchés (= « du monde ») mais cela ne les empêche pas d’être nuisibles et c’est cela qui compte. Non, rendre leur marché « plus transparent » ne les rend pas moins nuisibles : la différence entre des opérations nuisibles opaques et nuisibles transparentes est sans pertinence sur le plan de leur nocivité : nuisibles elles sont, nuisibles elles resteront.

Les opérations financières nuisibles doivent être – attention je vais dire un très gros mot – interdites.

Les taxer, les rendre transparentes, changer la qualification des banques qui les pratiquent de « systémique » en « universelle », ne fait aucune différence, seul les interdire modifie la donne. C’est ce qu’il convient de faire.

L’activité de la Bourse est celle d’un marché secondaire pour les actions. Les marchés secondaires, où l’on peut revendre et racheter des produits existants sont utiles (cf. eBay, Le bon coin, etc.), ils permettent de réajuster les situations en fonction de nouvelles circonstances. Si l’on n’y prend pas garde, les marchés secondaires peuvent cependant devenir la proie de la spéculation.

Le caractère dangereusement spéculatif des Bourses doit être régulé en
1) s’assurant sur un plan comptable que les dividendes soient à nouveau des parts de bénéfices effectivement réalisés,
2) en s’assurant sur le plan fiscal que les dividendes soient moins taxés que les plus-values sur le prix des actions,
3) en imposant ces plus-values de manière dissuasive.

La volatilité du marché des actions est due en particulier aujourd’hui à leur négoce en continu par des robots pouvant faire plusieurs milliers d’opérations à la seconde tout en en annulant une proportion considérable.

La volatilité du prix des actions doit être jugulée par le remplacement du marché en continu par un marché en fixing journalier, c’est-à-dire par la réconciliation une fois par jour des ordres d’achat et de vente.

Les opérations financières sont utiles ou nuisibles et doivent être traitées en fonction de cette distinction essentielle. Imaginer que le fait de les décourager en les taxant « à tout hasard » ne peut pas faire de tort, c’est trahir le fait qu’on n’a pas la moindre notion de la manière dont les marchés financiers fonctionnent véritablement. Il y a moyen de faire beaucoup mieux – quitte à irriter les spéculateurs (ne pourraient-ils pas vivre pour un temps sur leurs [considérables] réserves ?)

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LE NIKKEI EST ENTRÉ LE 13 JUIN EN MODE « BAISSIER »

Lors de la séance d’aujourd’hui, l’indice Nikkei de la bourse de Tokyo a perdu 6,35% de sa valeur. L’indice a baissé de 21% depuis le pic atteint le 23 mai, enfonçant à la baisse les 20% indiquant conventionnellement un marché « baissier » (bear).

La principale raison alléguée pour cette chute : l’intention manifestée par la Federal Reserve de ralentir, voire d’interrompre sa politique d’achat massif de titres adossés à des prêts au logement américains, autrement dit, stopper ses injections massives de dollars dans l’économie mondiale. Cette explication, si elle est exacte, rendrait compte a contrario de la hausse des marchés boursiers depuis la mi-novembre 2012. La troisième vague de Quantitative Easing (QE3) avait été annoncée le 13 septembre 2012 : à hauteur de 40 milliards de dollars par mois jusqu’en décembre, quand la somme passa à 85 milliards mensuels.

Nikkei 13-6-13

© Bloomberg

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PIQÛRE DE RAPPEL : LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT

The English version of this post can be found here.

Le Monde, le 27 août : La cote de Hollande chute de 11 points, selon Ipsos

Mon billet du 29 mars dernier.

Dans le cadre du LELAB2012 de la TNS Sofres, page d’entretiens relatifs aux enjeux des présidentielles et législatives en France, la question m’a été posée hier de mes « 100 jours de rêve ». Les voici :

1. Restauration de la prohibition de la spéculation

Restauration de l’article 421 du Code pénal : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 », de l’article 422 : « Sera réputé pari de ce genre toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison. »

Restauration de l’article 1965 du Code civil : « La loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d’un pari »

2. Interdiction des transferts d’information (dans les deux sens) entre chambres de compensation et paradis fiscaux (tous les paradis fiscaux : y compris ceux tolérés par des États dans des enclaves sur leur propre territoire)

3. Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire

4. Détermination des cours à la Bourse par fixing journalier

5. Abolition des privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques

6. Prohibition de l’optimisation fiscale des sociétés par le biais de transactions entre la maison-mère et ses filiales ou entre ses filiales

N.B. : Oui, je sais la Liberté-tagada-tsoin-tsoin-des-marchés aura été assassinée, trucidée, etc. etc. mais le reste du monde se portera lui TELLEMENT mieux !

 

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LE CAPITALISME CE MATIN

Dans mon livre La crise du capitalisme américain (2007), j’annonce, avec moult détails, la crise des subprimes. Dans une première partie – qui reprend ce que j’avais déjà écrit dans mon Investing in a Post-Enron World (2003) – j’annonçais autre chose, qui se produit là aussi, même si c’est de manière plus larvée et moins spectaculaire : la fin des marchés boursiers au comptant et à terme.

On parlait encore peu à l’époque de High Frequency Trading, de dark pools ou d’algos, mais tout cela était déjà là, en germe ou en préparation, en tout cas connu ou éminemment envisageable pour les gens de la branche.

Les incidents d’hier sur les marchés boursiers américains, dont Knight Capital, très présent sur le HFT et dans les dark pools, a accepté la responsabilité, est très révélateur de ce processus d’autodestruction des marchés prévisible depuis une dizaine d’années.

Pour ajouter à la morosité, Bill Gross, fondateur et co-dirigeant de PIMCO, filiale d’Allianz, le plus gros fonds de gestion obligataire américain, a annoncé la fin de la Bourse, faute de croissance et en raison d’une surévaluation chronique du cours des actions, annonciatrice d’une « correction » dévastatrice. Il a ajouté en post-scriptum, pour compléter le tableau, qu’avec des coupons négatifs pour les produits de dette encore fiables, le marché obligataire était mort lui aussi.

Je rappelle à toutes fins utiles, qu’un autre de mes livres s’intitule Le capitalisme à l’agonie (2011).

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P.S. Mon premier billet entièrement sur iPhone. Chapeau quand même MM. Steve Jobs et les autres.

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LES BOURSES EUROPÉENNES EN TRÈS PETITE FORME

Oui, je sais, ça bouge tout le temps la Bourse, et là, il ne s’agit que d’une capture d’écran à 13h08, mais il est rare de voir des chiffres comme ceux-là : – 3% au Portugal et en Espagne, – 4% en Italie, – 7% en Grèce.

On vous tient au courant.

© Dow Jones

Mise à jour 15h51

© Dow Jones

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LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT

Dans le cadre du LELAB2012 de la TNS Sofres, page d’entretiens relatifs aux enjeux des présidentielles et législatives en France, la question m’a été posée hier de mes « 100 jours de rêve ». Les voici :

1. Restauration de la prohibition de la spéculation

Restauration de l’article 421 du Code pénal : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 », de l’article 422 : « Sera réputé pari de ce genre toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison. »

Restauration de l’article 1965 du Code civil : « La loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d’un pari »

2. Interdiction des transferts d’information (dans les deux sens) entre chambres de compensation et paradis fiscaux (tous les paradis fiscaux : y compris ceux tolérés par des États dans des enclaves sur leur propre territoire)

3. Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire

4. Détermination des cours à la Bourse par fixing journalier

5. Abolition des privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques

6. Prohibition de l’optimisation fiscale des sociétés par le biais de transactions entre la maison-mère et ses filiales ou entre ses filiales

N.B. : Oui, je sais la Liberté-tagada-tsoin-tsoin-des-marchés aura été assassinée, trucidée, etc. etc. mais le reste du monde se portera lui TELLEMENT mieux !

 

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APPEL AUX ALGOS

Si vous êtes un algorithme, vous allez pouvoir nous aider (et je comprends que vous n’allez pas pouvoir me communiquer une adresse mail correcte…)

Vous vous souvenez de « Ma petite boîte à anomalies » ? Où on pouvait penser que les prix à la Bourse… enfin… il y a parfois un petit peu plus que l’offre et la demande, si vous voyez ce que je veux dire… des petits coups de pouce, quoi ! Dans l’intérêt général, bien entendu.

Enfin bon, il y a sûrement une explication beaucoup plus simple. Et l’un d’entre vous va sûrement nous la donner.

L’info se trouve ici, c’est à propos de la clôture à New York avant-hier.

© Nanex

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C’EST LA RETRAITE PAR CAPITALISATION QU’ON ASSASSINE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il y a quand même quelques bonnes nouvelles dans l’actualité, et l’assassinat de la retraite par capitalisation fait partie de celles-là.

Oui je sais : la retraite par répartition est une malédiction dont nous accablons nos enfants, et les enfants de nos enfants, et ceci pour sept générations. C’est du moins ce que nous claironne le Ministère de la Propagande. Mais nous n’accablons nos descendants que pour une unique et simple raison : parce que la richesse créée par l’augmentation de la productivité des années récentes est confisquée dans sa quasi-totalité par les actionnaires des entreprises, sous forme de dividendes en hausse même en période de récession, et par les salaires toujours plus mirifiques des patrons de celles-ci. Remettons bon ordre dans tout cela et tout ira déjà beaucoup mieux.

Comme vous le savez, les compagnies d’assurance qui vous vendent de l’assurance-vie comptent sur 10% de gains annuels garantis sur leur portefeuille boursier, et sur les gras coupons de la dette publique des titres qui composent leur portefeuille obligataire.

Commençons par les gains à la Bourse et oublions-les : les Bourses sont désormais aux mains des ordinateurs et les gens normaux les ont désertées. Voici quelques chiffres récents : de juin à août, les OPCVM à l’échelle planétaire ont subi des retraits d’un montant équivalent à 68 milliards d’euros et de 18,5 milliards supplémentaires depuis le début du mois de septembre. Et pour ceux qui n’ont pas encore abandonné la Bourse, je ne vous apprends rien en vous disant que les cours y sont en berne.

Oublions ensuite les gras coupons de la dette publique : je vous épargnerai par charité chrétienne le rappel des épisodes précédents et l’opération « twist », « torsion », annoncée par M. Bernanke jeudi dernier ne va pas arranger les affaires. En deux mots, la Federal Reserve échangera la dette américaine à court terme en sa possession pour des obligations à long terme, ce qui fera en sorte que les compagnies d’assurance devront prêter pour une durée supérieure à cinq ans si elles veulent récolter un taux supérieur à… 1 % sur les sommes qu’elles avancent à l’État américain. Comment garantiront-elles un revenu décent à leurs assurés dans un contexte comme celui-là ? C’est la question que tout le monde se pose. Mystère et boule de gomme !

Indexer sa retraite sur les gains d’un tel casino ? « Nein, Danke ! » pour reprendre une expression historique aux anti-nucléaires allemands.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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