JUSQU’OÙ PEUT MENER L’ÉCONOMIE INFORMELLE ? par François Leclerc

Billet invité.

Un chiffre peut toujours en cacher un autre. C’est le cas en Espagne, qui est présentée comme le bon élève de la classe, car il en faut toujours un pour le donner en exemple. La déflation salariale et la détérioration de la qualité de l’emploi n’y sont pas pour rien. L’essor des exportations espagnoles s’est par ailleurs largement fait à l’intérieur de la zone euro, au détriment de ses autres composantes. De plus, si l’on gratte un peu les données du marché de l’emploi, une toute autre réalité apparaît.

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POUR EN FINIR AVEC LES MIRACLES ESPAGNOLS ! par François Leclerc

Billet invité.

Une dynamique s’est enclenchée en Espagne, qui n’est pas celle dont les plus hautes autorités européennes se prévalent. En attendant de s’exprimer aux prochaines élections législatives, dans quelques mois, les Espagnols ont trouvé leur voie. Les deux candidates des plates-formes citoyennes Manuela Carmena et Ada Colau devraient être aujourd’hui investies maires de Madrid et de Barcelone. .

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EN ESPAGNE, CE N’EST QUE JUSTICE POUR COMMENCER ! par François Leclerc

Billet invité.

Les Espagnols vont-ils prendre le relais des Grecs comme trublions de l’Europe bien pensante, et même leur donner un coup de main ? La question est dans toutes les têtes, accompagnée de la crainte de voir ses espoirs déçus : la crise politique se poursuit, mais la voie qui s’ouvre n’est pas un chemin bordé de roses. En dépit des efforts du Partido Popular (PP) et du PSOE de ne pas faire des élections régionales et municipales qui viennent de se tenir en Espagne une répétition générale des législatives qui vont leur succéder, elles se sont traduites par la poursuite de la profonde recomposition politique qui est en cours. Les deux nouveaux partis qui s’opposent à la corruption, Podemos et Cuidadanos, ont obtenu quasiment la moitié des voix, le PP en perdant 30% et le PSOE 10%, illustrant la profondeur du rejet du mélange des affaires et de la politique. Les cartes sont redistribuées et des alliances vont être désormais nécessaires pour constituer des majorités et garder les présidences.

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S’IL NE S’AGISSAIT QUE DE LA GRÈCE… par François Leclerc

Billet invité.

Au Royaume-Uni, les sondages prédisent une forte percée du SNP, le parti nationaliste de gauche écossais, lors des élections législatives du 7 mai prochain. Elle se fera au détriment des travaillistes et rendra nécessaire un accord politique entre les deux partis qui ne se dessine pas pour le moment, si le leader du Labour Ed Miliband veut devenir premier ministre. L’éclipse présente du bipartisme au Royaume-Uni pourrait donc se renforcer encore.

Ce phénomène ne lui est pas propre et va également atteindre l’Espagne, mais ce ne seront pas les Catalans qui joueront les trouble-fêtes lors des prochaines législatives de décembre prochain au plus tard. Deux nouveaux venus, Podemos et Cuidadanos, sont appelés à considérablement renouveler les Cortes. Le dernier sondage donne 24% des votes au Partido Popular et 19% au PSOE, tandis que Podemos est crédité de 20% et Cuidadanos de 18%. Le jeu se joue désormais à quatre et les préférences des Espagnols iraient vers une coalition PSOE-Podemos, un attelage peu vraisemblable à la tête duquel Pablo Iglesias serait le premier ministre… Les nouveaux venus qui font feu de tout bois contre la corruption font à eux deux jeu quasi égal avec les partis de gouvernement. Parallèlement, la crise avec la Catalogne se poursuit, en dépit d’un projet de référendum sur l’indépendance avorté.

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« C’EST DIFFICILE, C’EST LA DÉMOCRATIE… », par François Leclerc

Billet invité.

Si les certitudes font défaut à propos de la Grèce, les inconnues ne manquent pas. Le 24 avril abandonné, le 11 mai est la nouvelle date butoir à laquelle l’Eurogroupe pourrait désormais aboutir à un accord avec le gouvernement grec, la veille d’un nouveau remboursement du FMI. Les négociations sont au point mort, les membres du gouvernement grec opposant un optimisme de façade à des dirigeants européens qui n’y croient plus et le font savoir, leurs calculs déjoués et leur intransigeance sans effet. La réforme du droit du travail et des retraites, l’augmentation de la TVA et le programme de privatisations restent des points de blocage, comme l’a confirmé Alexis Tsipras.

En révélant que Yanis Varoufakis serait venu lui demander à Washington des délais de paiement, qu’elle aurait refusés, Christine Lagarde a donné le ton. Un face à face s’est installé, dont nul ne sait combien de temps il peut durer, car personne n’a intérêt à en précipiter le dénouement. Côté grec, il est à nouveau demandé l’abandon de l’approche en deux temps imposée par les autorités européennes – d’abord l’extension du plan de sauvetage, puis ensuite la négociation d’un nouveau plan – et réclamé que les deux négociations soient fusionnées. Ce qui impliquerait de discuter dès maintenant du fond d’un problème qui reste éludé: le mystère du remboursement de la dette.

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UNE RESPONSABILITÉ QUI NE POURRA ÊTRE ÉLUDÉE, par François Leclerc

Billet invité.

La fin de partie s’approche pour le gouvernement grec, dont les caisses seront vides dans deux semaines au maximum. Dans une lettre datée du 15 mars, Alexis Tsipras avait annoncé à Angela Merkel, qu’il rencontre aujourd’hui à Berlin, qu’il allait devoir très vite faire un choix entre faire face aux échéances de remboursement des dettes et poursuivre les dépenses sociales. Sans accès aux marchés financiers, soumis aux restrictions de la BCE, aucun gouvernement ne pourrait assurer le service de la dette, fait-il remarquer dans son courrier.

Alexis Tsipras et Angela Merkel n’ont pas retenu les mêmes conclusions du mini-sommet de la semaine dernière, le premier prétendant que le gouvernement gardait l’initiative des mesures à prendre, et la seconde qu’il fallait revenir aux exigences précédentes. Luis de Guindos, le ministre espagnol des finances, l’a par la suite clairement explicité, martelant qu’entre deux dangers – une sortie de la Grèce de l’euro et une violation des règles – le second serait « plus important ».

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LES JEUX POLITIQUES EUROPÉENS SE TENDENT, par François Leclerc

Billet invité.

À Athènes, Antonis Samaras tente de grignoter des voix parlementaires et d’assurer la victoire de son poulain à la Présidence de la République, afin de reculer la perspective d’élections législatives anticipées gagnées par Syriza. Le troisième et dernier tour des élections à la présidence aura lieu le 29 décembre, mais les pointages ne lui sont toujours pas favorables. Deux épisodes de débauchage font déjà jaser, avec pour cible un député des Indépendants et le parti Dimar, le premier sous la forme la plus classique d’un achat de vote, un enregistrement non authentifié circulant. Le second à l’occasion d’une allocution télévisée, hier dimanche, au cours de laquelle le premier ministre a proposé aux députés d’avancer les élections législatives à la fin 2015, au lieu de juin 2016, ainsi qu’un élargissement du gouvernement, en contrepartie de leur soutien à son candidat à la présidence, Stavros Dimas. Il reste une semaine pour conclure !

Le gouvernement espagnol a plus de temps devant lui, mais l’échéance des législatives s’approche, et il s’affaire tout autant à leur préparation. Avec en toile de fond l’étrange compétition qui est engagée entre l’Espagne et le Portugal – dont le calendrier est similaire – pour savoir dans lequel des deux pays les rapports entre l’argent et le monde de la politique sont les plus malsains. Dans les deux, le grand déballage se poursuit. La leçon catalane et le danger d’un éclatement de l’Espagne n’a pas été perdue par tout le monde, et le gouvernement de Madrid propose à toutes les régions de les faire bénéficier du taux avantageux dont le pays bénéficie sur le marché obligataire, afin de les soulager du poids de leur endettement. Une démonstration pratique des intérêts de la mutualisation des dettes régionales est donnée, en vue de mieux faire réfléchir aux bienfaits de l’État espagnol, qui n’en a pas été exagérément prodigue ces dernières années.

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La dynamique européenne : À bon entendeur, salut !, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est le poids, la quantité de mouvement en cours qui rompt l’équilibre, cet équilibre si instable et si difficilement acquis que l’on observe dans ce « no man’s land » politique et économique que nous connaissons actuellement.

« Il faut parler aux Allemands » a pu dire Paul Jorion à la télé. Car si Angela Merkel semble vivre une apogée sans déclin ces derniers temps, avec une réélection massive à la tête de son parti, cela ne peut masquer ce qui pourrait bien être le début d’un chant du cygne dans un de ces moments où tout semble redevenir possible. Car la position politique de la CDU/CSU se fragilise en Allemagne. En premier lieu, ce fut le FPD qui disparut, laissant place à la ‘grande coalition’ avec le SPD des sociaux-démocrates. Et en second lieu, c’est l’émergence d’un nouveau parti, europhobe, l’AfD, qui tend à tailler des croupières tant au SPD qu’à la CDU, sans oublier les manifestations de rues des islamophobes dont tous ne sont pas d’extrême-droite ou de partis nazis. Le vote conservateur de droite a cependant bien davantage à perdre que le vote conservateur de gauche en la matière.

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Podemos – 2014 année de fin de surfusion, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Wikipedia nous dit de la surfusion qu’elle est: “l’état d’une matière qui demeure en phase liquide alors que sa température est plus basse que son point de solidification. C’est un état dit métastable, c’est-à-dire qu’une petite perturbation peut suffire pour déclencher abruptement le changement vers la phase solide.”

En janvier de cette année 2014 qui se termine, cela fait six ans déjà que la chute du domino espagnol a déclenché le déchiquettage économique et social. Le sauvetage des banques en perdition, l’effondrement du secteur de la construction qui en est tributaire, le chômage qui explose, les salaires qui baissent, les recettes fiscales qui suivent, le déficit qui se creuse, la dette qui décolle, le début de la spirale de l’austérité. Ce sont les socialistes du PSOE qui commencent le travail de sape, ils sont sans surprise laminés après 3 ans d’usure aux législatives de novembre 2011 par une droite du PP vierge de tout péché, calfeutrée qu’elle se trouve dans l’opposition depuis 2004. Elle poursuit la stratégie de choc dans un contexte social globalement pacifié car on veut la croire, elle qui jure détenir la recette pour changer le cap et martèle qu’à l’orage succéderont les beaux jours très vite.

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Les raisons de ma colère, par Lazarillo de Tormes

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Paul Jorion, via son compte twitter, pointe notre attention vers un article du Vif qui m’incite à vous raconter une anecdote pour illustrer le phénomène à partir d’expériences et de ressentis de la vie de tous les jours.

Il y a à peine quelques années, le caractère cosmopolite de Bruxelles était perceptible à l’oreille, par la multitude de langues parlées dans ses rues. Parmi ces langues l’espagnol me semblait objectivement surreprésenté. Ce phénomène était observable dans les quartiers touristiques de la capitale. Guides à la main, appareils photo en bandoulière, des familles entières profitaient des routes innombrables que Ryanair ouvrait au départ de l’Espagne, basant son modèle économique low-cost très bien adapté au bas salaires espagnols, sur de généreuses aides publiques des aéroports provinciaux et des coûts salariaux allégés par les bienfaits de la directive détachement inspirée par Frits Bolkenstein.

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UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Billet invité.

Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

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Corruption : LE LAIT DÉBORDE DE PARTOUT, par François Leclerc

Billet invité.

L’exemple doit venir d’en haut, et les dirigeants espagnols n’y faillissent pas. Il n’y a que du beau linge impliqué dans le nouveau scandale qui secoue la société espagnole, dont un ancien directeur général du FMI, Rodrigo Rato. Précédemment ministre de l’économie et pilier du Partido Popular de Mariano Rajoy dont il avait failli prendre la place, il est présentement conseiller de plusieurs grandes entreprises.

Avec quatre vingt-six personnalités du monde politique et syndical et des milieux d’affaires, membres des conseils d’administration des caisses d’épargne espagnoles – les Cajas – Rodrigo Rato a été pris la main dans le pot à confiture pour avoir bénéficié de l’octroi de cartes de crédit émises par ces dernières. Tous les ont utilisées pour des achats personnels à discrétion, et sans bourse délier : voyages, hôtels et restaurants, bijoux et oeuvres d’art… Dans certains cas, cela a été jusqu’à des retraits de liquide, pour des montants atteignant des centaines de milliers d’euros.

Des inculpations pour infraction au droit des sociétés et détournement de fonds par l’Audience nationale, la juridiction en charge des affaires financières, sont attendues. Mais les révélations ne sont pas toutes finies, d’autres Cajas susceptibles d’avoir suivi l’exemple et distribué le même type de largesses. Devant le Congrès, Mariano Rajoy a affirmé que le gouvernement allait être inflexible.

Vous avez dit corruption ? vous avez dit oligarchie…

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ESPIRITO SANTO, UN CAS QUI N’EST PAS PARTICULIER, par François Leclerc

Billet invité.

Le Portugal serait-il sorti trop vite de son plan de sauvetage pour la beauté de la démonstration ? Les banques des pays du Sud de l’Europe seraient-elles plus atteintes qu’il n’est admis ? On trouve ces deux questions légitimement posées chez les analystes et commentateurs, donnant à l’épisode en cours toute sa profondeur. Les marchés retrouvent leur équilibre ce matin, voulant voir dans les convulsions du groupe Espirito Santo une affaire portugaise sans effet de contagion. Cela reste à se vérifier, en Espagne en particulier, mais n’efface pas son exemplarité.

Car ce n’est pas le niveau des fonds propres de la banque du groupe qui est en question, mais des montages financiers opaques entre ses entités, dont Espirito Santo International (ESI), domiciliée au Luxembourg. Est-ce d’ailleurs un comportement tellement différent des cuisines auxquelles les grands groupes s’adonnent, déplaçant à leur guise les profits et les pertes, pratiquant l’art du financement consanguin et en fin de compte ne rendant des comptes qu’à eux-mêmes ? Le groupe comprend également Rio Forte, une filiale de développement dans ses activités de base, la santé, l’immobilier, l’agriculture, le tourisme, l’énergie dans les anciennes colonies portugaises ainsi qu’en Espagne et au Paraguay et il serait intéressant de savoir comment il a financé celui-ci.

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LES CHOSES BOUGENT EN ESPAGNE, par Diego Carretero

Billet invité.

Voici quelques informations sur ce qui se passe chez nous en Espagne. Un phénomène très intéressant est en train de se passer. Ce que vous en savez c’est qu’un nouveau parti, PODEMOS, a raflé 5 députés d’un coup aux élections européennes. Ce que je vous en dis est que cela a constitué le début d’une lame de fond qui est en train de changer la donne dans ce pays.

D’abord, ce n’est pas « un parti ». Depuis le 15M (Indignados) le feu couve dans tous les coins du pays. Les mesures prises par les différents gouvernements et leurs répercussions dans la vie quotidienne des gens servent de carburant. Et cette galaxie d’initiatives diverses découlant du mouvement du 15M a pris consistance en plusieurs partis et mouvements, qui travaillent depuis des mois et des années en forme de groupes s’opposant physiquement (d’une manière non-violente) aux différentes politiques du gouvernement.

Pablo Iglesias, commentateur habituel de deux chaînes de télévision, lui-même issu du mouvement 15M, et participant à un de ces petits partis, a eu l’énorme intelligence, aidé par son entourage de la même famille, de lancer le mouvement à partir de ses apparitions en télévision, s’adressant directement aux gens ordinaires, leur parlant un langage vrai et simple. Et en ce langage vrai et simple il leur a dit que la division gauche-droite n’était pas aussi importante que la division bas-haut : nous sommes les gens d’en bas et allons déboulonner les gens d’en haut, tout en ne cachant pas sa position de gauche.

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Chronique bancaire : ACCOMMODEMENTS AVEC LE CIEL, par François Leclerc

Billet invité.

L’actualité ne désemplit pas des nouvelles de malversations bancaires. Hier, le Crédit Suisse reconnaissait sa culpabilité auprès des autorités américaines et était condamné à verser 2,6 milliards de dollars d’amende, une grande première dont l’exemple pourrait être prochainement suivi par BNP Paribas, qui pourrait être en sus condamné à une colossale amende de l’ordre de 5 milliards de dollars… Ce matin, on apprenait que le Crédit Agricole, HSBC et JP Morgan étaient traînées par les autorités européennes sur le même banc d’infamie que Barclays, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et la Société Générale à propos de leurs manipulations présumées du Libor (ces quatre dernières banques ayant été déjà condamnées à des amendes).

On était par la suite informé de découvertes qualifiées de « préoccupantes » par le Bafin, l’autorité allemand des marchés financiers, à propos de manipulations intervenant cette fois-ci sur le marché des changes. Afin d’en avoir une vision complète, l’enquête se poursuivra au-delà de la fin de cette année, était-il précisé, laissant entendre qu’il y avait de quoi faire. En attendant, après la Deutsche Bank, c’était aujourd’hui au tour de la seconde banque allemande, Commerzbank, de suspendre des traders selon un rituel bien installé. Pour mémoire, la Banque d’Angleterre a procédé de même début mars. Il n’est pas conseillé d’être lampiste, ces temps-ci. Devant un tel spectacle, il est réconfortant quand des règles sont respectées dans ce monde sans foi ni loi de la finance. Et que des dirigeants montrent l’exemple en prenant des mesures afin de faire respecter par les banques de leur pays les ratios de fonds propres de la réglementation Bâle III.

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Espagne, Grèce, Portugal… : DES RÉSULTATS QUI NE SOUFFRENT PAS DISCUSSION ! par François Leclerc

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Sur les murs des villes grecques, un graffiti témoigne de ce que ressentent leurs habitants : « je souffre », est-il griffonné de toutes les couleurs et dans toutes les dimensions. La situation s’améliore en Grèce, entend-on pourtant dire, en se gardant d’utiliser comme argument la baisse du chômage des moins de 24 ans, passé en février dernier de 60,4% à 56,8% ! Sans faire non plus référence à l’avis des économistes grecs qui avertissent de ne pas s’attendre à une baisse significative avant longtemps.

Les chiffres sont aussi impressionnants pour les jeunes Espagnols, mais une autre statistique retient l’attention : celle des chômeurs tous âges confondus qui ne touchent plus d’indemnités à ce titre. Ils seraient 4 millions dans ce cas, seuls 1,9 millions en percevant une selon l’Institut national des statistiques. Ce qui contredit les chiffres du gouvernement qui dénombre les bénéficiaires d’une allocation à 2,9 millions en comptabilisant des situations d’une autre nature. Trois facteurs concourent à ce résultat : le développement du chômage de longue durée au-delà de la période pendant laquelle une aide est perçue, les réductions budgétaires successives, et les modifications des règles d’accès aux prestations sociales.

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DERNIÈRES NOUVELLES D’EUROPE, par Michel Leis

Billet invité

Les discours politiques souvent lénifiants ne sont pas tout à fait sans rappeler cette vieille rengaine, « tout va très bien madame la marquise ». Les nouvelles qui suivent n’ont pas de lien de causalité direct. Elles dessinent pourtant une toile de fond qui par certains côtés n’est pas sans évoquer la date où cette chanson est devenue un tube : 1935.

Le gouvernement français cherche les moyens financiers nécessaires à sa politique, feignant de croire (ou pire encore le croyant vraiment) à une création d’emplois en France par la diminution du coût du travail et à un choc de l’offre. À croire qu’il n’existerait aucun rapport sur les réalités de l’économie : à quelques exceptions industrielles près, les entreprises n’utilisent pas à 100 % leur capacité de production. Elles se sont donc réorganisées en conséquence pour générer du profit, parfois en supprimant des capacités de production. L’exemple de l’automobile est très éclairant : en 10 ans, la production des usines françaises de nos constructeurs nationaux est en recul de 30 % et même de 50 % pour les segments d’entrée de gamme. C’est une baisse bien supérieure à la baisse des parts de marché de ces mêmes constructeurs en Europe et elle reflète clairement des choix industriels qui ne favorisent pas la France. En dépit des différents pactes de compétitivité signés ici et là, les annonces récentes des constructeurs n’inversent pas la tendance : la Renault Clio et Captur sont produites en Espagne, cette semaine Citroën a dévoilé en avant-première du salon de Genève la future Cactus, elle sera produite à Madrid. On peut toujours arguer sur la compétitivité des sites industriels français, au moment des choix, la baisse des coûts du travail en France est de bien peu de poids face à des investissements industriels plus récents (les usines espagnoles) et un coût du travail qui reste beaucoup plus bas. Pourtant, la baisse du marché espagnol ne justifie aucunement une production en Espagne, la plus grande partie de cette production prendra la route de la France et des marchés du nord de l’Europe. De combien faut-il encore baisser les salaires pour faire revenir la production en France ? Et question subsidiaire, quand le pouvoir d’achat des salariés sera réduit à la portion congrue, qui achètera encore des voitures ?

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Bienvenido Angela en España, par Nathalie Lacladère

Billet invité.

Chère Angela,

Vous voilà à nouveau au volant d’un bolide pour assurer la bonne marche de la zone euro.

Vous quémandez à vos tendres amis de l’Europe du Sud (holà, ¿ qué tal ?) de renoncer à leur souveraineté nationale, tout comme votre père Jean Monnet qui déclarait : « Il n’y aura pas de paix en Europe si les États se reconstituent sur une base de souveraineté nationale […]. Les pays d’Europe sont trop étroits pour assurer à leurs peuples la prospérité […]. Leur prospérité et les développements sociaux sont impossibles, à moins que les États d’Europe se forment en une fédération … »

Pour « plus d’Europe », « plus de contrôle », « plus de stabilité » (« plus de solidarité »).

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L’actualité de demain : EN TROÏKALAND, LA CRISE POLITIQUE BAT SON PLEIN, par François Leclerc

Billet invité

La crise politique est désormais générale dans le Troïkaland, devenue un facteur aggravant de la dynamique de la crise européenne. Des gouvernements précaires de circonstance ne parviennent dans aucun de ces pays – Espagne, Grèce, Italie et Portugal – à maîtriser la dégradation de la situation économique et sociale qui se poursuit, ne se maintenant au pouvoir que par défaut.

Au Portugal, les deux partis de la coalition gouvernementale – le PSD et le CDS-PP – entament à la demande du Président de la République des négociations avec le PS en vue d’adopter un accord improbable de « salut national » (en attendant un gouvernement du même nom, tout aussi improbable). Mais les socialistes annoncent voter une motion de censure déposée par les Verts et conditionnent tout accord à la renégociation du plan de sauvetage de la Troïka – qu’ils ont à l’époque initié – afin d’entériner des objectifs de réduction de la dette prenant en compte la croissance économique. La crise politique est désormais permanente.

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