L’IMBROGLIO OUTRE PYRÉNÉES, par François Leclerc

Billet invité.

L’imbroglio espagnol et catalan est dans l’attente d’une solution qui ne vient pas. Sur le papier, les indépendantistes disposent de la majorité au parlement catalan, avec 70 sièges sur 135, mais ils sont en peine de l’exercer. Trois députés, dont Oriol Junqueras de l’ERC, sont en prison et cinq autres, dont Carles Puigdemont, restent à Bruxelles pour ne pas être arrêtés en revenant en Espagne.

Or le parlement catalan doit entamer ses travaux le 17 janvier prochain, comme en a décidé Mariano Rajoy dans l’exercice des pouvoirs conférés par l’article 155 de la Constitution espagnole et à la mise sous tutelle de la région. Dans ces conditions, comment la majorité indépendantiste va-t-elle pouvoir élire le bureau du parlement, puis ensuite son président ?

À ce stade, il ne semble pas y avoir d’autre solution que le désistement en faveur des suppléants des députés actuellement exilés à Bruxelles, les trois députés emprisonnés à Madrid pouvant faire valoir un précédent afin de bénéficier d’une autorisation de sortie de prison pour participer à la vie du parlement. Et Carles Puigdemont, candidat à sa réélection à la Generalitat de Catalunya, pourrait utiliser la vidéoconférence une fois ce principe accepté par le bureau lorsqu’il sera mis en place. La réglementation du parlement étant floue à cet égard !

La menace de la constitution d’une nouvelle région dénommée Tabarnia (pour Tarragona et Barcelona) est également agitée – ces deux circonscriptions n’ayant pas donné de majorité indépendantiste lors des dernières élections où sont concentrés une forte immigration intérieure – et pouvant décider de rester espagnoles au cas où.

À Madrid, les choses ne sont pas plus simples à propos de l’adoption du budget 2018 aux Cortes. Afin de faire pression sur le PSOE afin qu’il la permette par son abstention, le gouvernement gèle des fonds destinés aux régions au prétexte de l’application à tous les niveaux de la règle des douzièmes provisoires. Le PSOE, qui est à la tête de nombreuses régions se trouve ainsi pris en otage…

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