Archives de catégorie : Démocratie

DERNIERS ESPOIRS D’UN PÈRE ET GRAND-PÈRE, par Juan Nessy

Billet invité

Toi qui fis la mémoire, est-ce pour qu’on oublie ?…
Non, c’est pour rendre au temps à la fin tous ses jours,
Pour faire confluer, là-bas, en un seul cours,
Le passé, l’avenir, ces deux moitiés de vie
Dont l’une dit jamais et l’autre dit toujours.

(Lamartine, « La vigne et la maison »)

Est-il vraiment possible à ce moment de l’histoire d’être totalement pertinent sur les impasses de la démocratie telle qu’on l’habille sous nos latitudes et sur la nécessité de la force pour  « bouger » ?

Je crois que non, et que la tâche (inévitable) sera celle d’une génération. La tâche de lieux d’échanges et de décision mondiaux à inventer. La tâche au jour le jour de groupements locaux atypiques (pour ne pas dire anarchistes) et innovants. Ce qui se raconte sur ce blog depuis 5 ans et sur d’autres, ce qui commence à percoler ou naître un peu partout dans le monde, annonce cette Re-Renaissance. Tout juste pouvons-nous reconnaître les antinomies qui aujourd’hui se révèlent et interpellent les consciences en même temps que les bien-être.

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L’actualité de demain : QUE RESTE-T-IL DE L’ÉLAN DÉMOCRATIQUE PORTUGAIS ? par François Leclerc

Billet invité.

Au Portugal, le gouvernement de coalition de centre droit a signé peu après sa constitution, il y a deux ans, un plan de sauvetage avec la troïka (BCE, Union européenne, FMI). Aujourd’hui 83,5% des Portugais seraient favorables à une rupture ou une renégociation de ce plan, car ils constatent que son application n’a fait qu’aggraver la situation économique. Néanmoins, il faudra attendre le prochain rendez-vous électoral de 2015 – sauf coup de théâtre – pour qu’ils soient entendus. Avec comme seule perspective de remettre en selle l’équipe socialiste précédente, qui avait mené les négociations préalables à l’adoption du plan de sauvetage, et qui prône maintenant sa renégociation, sans plus de précisions.

Soumis à une très sévère politique d’austérité qui atteint durement des pans entiers de la population, les Portugais ont vu s’enchaîner en l’espace de deux ans les mesures gouvernementales de rigueur : restrictions budgétaires affectant non seulement les salaires mais également les retraites, diminution des remboursements de soins, augmentation de la TVA… Les dernières en date prévoient le report de l’âge de la retraite à taux plein de 65 à 66 ans, la suppression de 30.000 postes dans la fonction publique, assortie de l’augmentation de 35 à 40 heures du temps de travail.

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LE MONDE, Le moins-disant salarial en accusation, lundi 13 – mardi 14 mai 2013

Sur la page « Les débats » : « Aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh » : le scénario du pire, mercredi 15 mai de 15h à 16h30. Ce fut ici. C’EST TERMINÉ !

Le Monde a eu l’amabilité de mettre ma chronique en « une » de l’édition en ligne, non sans en avoir modifié le titre, qui est devenu « Aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh » : le scénario du pire.

Parler de « réformes structurelles de compétitivité » c’est accepter le principe d’un moins-disant salarial au plan international : c’est admettre qu’il existe un pays où le niveau du salaire de subsistance est le plus bas, et que ce salaire de subsistance du travailleur le plus misérable de la planète doit jouer le rôle d’un « attracteur » pour l’ensemble des salaires à la surface du globe.

Le salaire moyen au Bangladesh étant aujourd’hui cinq fois plus faible qu’en Chine, j’ai choisi de traduire dans mes conférences l’expression obscure « réformes structurelles de compétitivité » par « aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh », une phrase dont la signification est identique mais présente l’avantage d’être comprise aisément par tous mes auditeurs. En utilisant cette expression polémique, je ne pensais cependant pas qu’une actualité tragique en ferait à ce point résonner la pertinence.

Le 24 avril, l’effondrement à Savar, un faubourg de Dacca, du Rana Plaza, un immeuble de huit étages rassemblant un grand nombre d’ateliers de confection aux conditions de travail dickensiennes, a causé la mort de plus de onze cents personnes, des femmes essentiellement.

À la vue d’étiquettes de marques familières mêlées aux corps sans vie au milieu des gravats, l’indignation est à son comble. La presse financière internationale n’est pas en reste : à de telles situations où des ouvrières et des ouvriers sont renvoyés dans des locaux en voie d’effondrement et aux issues de secours bloquées par une « police industrielle », elle connaît la réponse. Son nom, affirme le Financial Times, c’est la syndicalisation, qui permet aux travailleurs de faire valoir leurs droits. Tout occupés à échapper à l’enfer du monde rural pour découvrir la paix relative des ateliers urbains (migration qui en vingt ans a fait baisser la pauvreté de moitié), les Bengladeshis auraient négligé la protection qu’offrent les syndicats. Sans doute, mais peut-être ont-ils en mémoire le syndicaliste Aminul Islam, dont le cadavre portant les marques de sévices fut retrouvé l’année dernière abandonné sur une autoroute.

La révélation spectaculaire des conditions dans lesquelles est produit dans le tiers-monde notre low-cost occidental modifiera-t-elle la philosophie de nos dirigeants ? Il en faudrait certainement plus car nous vivons dans un monde où, si les individus sont encore ancrés dans une logique territoriale, les entreprises ont cessé de l’être depuis plus d’un siècle. Par le biais de l’instrument juridique qu’est le « trust » anglo-saxon, les individus les plus fortunés, grâce à des montages fondés sur l’anonymat qu’autorisent les havres fiscaux, ont le moyen d’accéder à titre personnel au pouvoir dont disposent les transnationales : pouvoir économique mais aussi pouvoir politique en raison du poids que l’argent permet d’exercer sur le mécanisme démocratique. Dans le cadre actuel, la logique du moins-disant salarial est l’un des principes de base de l’économie de marché, à preuve l’indifférence des populations à l’annonce de ces « réformes structurelles de compétitivité ».

L’horreur de Rana Plaza restera-t-elle sans conséquences ? Rien n’est moins sûr cependant, car c’est la philosophie du « moins-disant » sous toutes ses formes qui se retrouve aujourd’hui sur la défensive depuis que l’affaire Cahuzac a mis sur la sellette le moins-disant juridique et fiscal des havres fiscaux, et que l’inviolabilité qui faisait leur force s’est vue compromise dans la résolution de l’affaire de Chypre. Si en effet les sommes déposées sur un compte dans un havre fiscal ont cessé d’y être en sécurité, c’est l’édifice entier qui s’effondre.

Et c’est là que se situe le talon d’Achille du moins-disant salarial : dans le fait que les opinions publiques sont désormais en rébellion ouverte contre la philosophie du moins-disant dans toutes ses manifestations. Ce ne sont pas les dirigeants eux-mêmes qui ont mis le holà mais la réprobation générale les a obligés d’installer des coupe-feu dans l’urgence pour contenir la vague d’indignation. Qu’on pense à la promptitude de la réponse, même si ce n’était pas une transparence voyeuriste que réclamait de la classe politique, l’opinion, mais bien plus banalement, des gages d’honnêteté.

Le moins-disant juridique et fiscal a atteint le seuil de l’intolérable parce qu’il instaure en régime idéal la piraterie que les grosses entreprises – transnationales de fait – exercent sur l’économie mondiale : prédation par elles des entreprises plus petites, confinées quant à elles de par leur taille sur le territoire national et contribuant seules par le versement de l’impôt aux frais de maintien de l’ordre commercial, ordre dont les transnationales bénéficient sinon gratuitement, du moins avec un rabais considérable. Ces transnationales n’en voient pas moins le contribuable voler à leur secours en période de vaches maigres, pour régler non seulement leurs pertes économiques réelles mais également leurs paris spéculatifs perdus, illustration tragique du principe de « privatisation des profits, socialisation des pertes ».

Le moins-disant salarial des « réformes structurelles de compétitivité » relève de la même logique exactement que le moins-disant fiscal : il s’agit là aussi, par la baisse des salaires, de maximiser la part de la richesse créée qui passera en dividendes et en bonus extravagants que les dirigeants des plus grosses entreprises s’octroient à eux-mêmes.

 

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LA DÉMOCRATIE EN VOIE DE CONFISCATION, par Michel Leis

Billet invité.

Si la pression qu’exerce le monde de la finance sur les institutions politiques est au cœur du débat actuel, elle ne me semble être que l’expression particulière d’un rapport de force plus généralisé entre pouvoir économique et pouvoir politique. La place dévolue à l’économie dans le débat public a cru au fur et à mesure que les moyens à disposition du pouvoir politique se réduisaient comme peau de chagrin, de par la propre volonté du pouvoir politique.

La période de l’après-guerre et de la guerre froide avait engendré une politique de type keynésienne, marquée par une intervention massive de l’État au travers de projets de prestige, de dépenses militaires massives, d’une intervention dans le social. Quand le financement des déficits américains par la planche à billets a rendu impossible de maintenir la fiction de la convertibilité du dollar, quand le choc pétrolier a renchéri le coût de l’énergie, et que la consommation de masse a commencé à donner des signes d’épuisement, les lampions de la fête se sont éteints un à un. Le dernier feu d’artifice fut la guerre des étoiles qui a donné une victoire temporaire à l’Amérique après bien des batailles perdues. Il a signé la fin de la guerre froide, tout du moins sous la forme d’une rivalité entre blocs.

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LE TEMPS ET LA DÉMOCRATIE, par Jean-Paul Vignal

Billet invité, en réponse au billet de Michel Leis.

On était jadis ce que l’on mangeait, ou ce que l’on lisait. On est maintenant de plus en plus ce que l’on peut acheter, et tant pis pour le reste. Sale temps. Professionnellement, le court-termiste que le petit monde de la finance impose de plus en plus au plus grand nombre m’ennuie beaucoup, car quand on s’occupe d’investissements dits durables, on ne peut s’inscrire que dans le temps long, et, pour faire court, ce temps long s’accommode mal d’un financement revolving par des bons de caisses. 

J’ai essayé de comprendre pourquoi la ligne de l’horizon temporel se rapprochait exponentiellement, et j’ai constaté que l’approche la plus opérationnelle était de considérer le rythme de raccourcissement des cycles plutôt que leur échéance, ou dit autrement le flux du film plutôt que l’instantané de l’image. Ce qui frappe le plus est la coexistence cacophonique et non maîtrisée de rythmes extrêmement divers, des rythmes géologiques qui nous privent de pétrole nouveau pour quelques bons milliers d’années, à celui infernal des ordinateurs-traders, en passant par celui de la vie humaine, qui est – exception bienvenue dans ce cas – un des rares à ne pas raccourcir.

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QUE VEUT L’HOMME MODERNE ?, par Michel Leis

Billet invité.

Que veut l’homme moderne ? Cette formulation un peu désuète qui fleure bon les années 60 et 70 pose à mon sens la question de la corrélation entre le discours politique et la norme sociale dominante.

Il me semble que le progrès a été la norme sociale dominante du long XIXe et du court XXe siècle. Deux visions du progrès concurrentes s’opposent, l’une fondée sur les mérites de l’individu et l’autre fondée sur un État qui organise et planifie le partage des richesses. Progrès économique d’un côté, progrès social de l’autre, l’un étant la porte d’accès à l’autre suivant le point de vue auquel on se place. En donnant une dimension temporelle (le futur) à l’amélioration des conditions de vie de chacun, la norme de progrès canalise les attentes des individus. À partir de la seconde moitié du XIXe, des partis puissants vont porter ces aspirations et donner un sens et un contenu au débat public (l’essence même de la démocratie ?), même si l’accès au pouvoir par les urnes n’est pas toujours au programme. L’adhésion des masses aux grands errements collectifs de « l’Âge des extrêmes » n’est qu’un dévoiement de ces deux visions antagonistes, née de la crise de l’entre-deux-guerres et des frustrations nées d’une sortie de conflit mal maîtrisé.

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Découpler nation et citoyenneté, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Etant pétri de droit romain, je rêve, au moins sur ce sujet, d’en voir promu partout un principe essentiel : la citoyenneté romaine n’était pas tant liée à la naissance, laquelle marquait surtout un prestige social (à quelle gens appartenait un tel ou une telle), qu’au lieu de résidence (Italie et colonies tout d’abord, puis, après l’édit de Caracalla, en 212 apr. J.-C., l’ensemble du territoire impérial). Civitare, en latin, c’est « habiter une ville », mais encore « accorder à quelqu’un le droit de cité », en général pour avoir servi dans la légion. Ce droit de cité ouvrait un accès à la participation aux décisions qui concernaient la ville mais également à un nouveau statut fiscal (l’historien Dion Cassius, auquel on pardonnera volontiers de voir le mal partout au regard des autres foucades de Caracalla, affirme que c’est surtout la perspective de nouvelles rentrées fiscales en termes de droits de succession qui a motivé le choix de l’empereur), distinct de celui des peregrini, provinciaux non-citoyens que 25 ans de service militaire vous transformaient en citoyens de plein droit. A partir de 212, habiter une ville vous donnait d’office le droit de cité, si vous étiez un homme libre. La cité antique n’avait rien à voir avec nos amas urbains disparates et alvéolaires. C’était une circonscription politique et culturelle cohérente (le droit romain respectait les coutumes civiques locales) qui faisait société et qui, du moins à partir de l’édit de Caracalla, incorporait officiellement dans la cogestion municipale toutes ses composantes (sauf les esclaves et les femmes, bien entendu, mais faut-il rappeler qu’à un autre échelon décisionnaire, le droit de vote des femmes date en France de 1944 et que les premières députées – rebaptisées goguenardement « députettes » par leurs collègues masculins – firent leur entrée à l’Assemblée Nationale en 1945 ?). Je rapprocherai ici civitas de civilitas. La citoyenneté romaine était une affaire morale. Il convient de s’en souvenir dans les temps décomplexés qui sont les nôtres.

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RÉFORMES !, par Michel Leis

Billet invité.

Une fois de plus Bruxelles enjoint à un pays, en l’occurrence la France, d’entreprendre des réformes « structurelles ». Préserver l’existant au travers de réformes importantes fait irrésistiblement penser à cette célèbre citation du roman de Lampedusa, Le Guépard : « Il fallait se dépêcher de tout changer afin que rien ne change ». Cette véritable antienne du monde occidental ne fonctionne évidemment pas, n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera probablement jamais. Il existe une dynamique du changement. Dans un monde ouvert, nulle entité ou nul groupe d’individus ne peut prétendre avoir le contrôle de tous les évènements et tous les paramètres. Le changement initié pour préserver ou améliorer une situation à un instant donné a des effets en cascade qui finissent par dépasser totalement le contexte initial. L’effet aile de papillon ne fonctionne jamais aussi bien que dans nos sociétés complexes. On est dans le « paradoxe des conséquences » de Max Weber : des résultats que nul ne souhaite, qui fragilisent le plus grand nombre et vont au-delà des espérances de quelques-uns.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 10 MAI 2013

Je voulais faire une vidéo « de transition », vous savez : « le pont de l’Ascension »… et puis Oups ! je me suis fâché ! mais vous le verrez quand même : c’est une « saine » colère comme on dit, oui très saine !

– Aligner nos salaires sur ceux du Bangladesh, qui en bénéficie ?

– Pourquoi mes billets « Questions essentielles » et « La vie de tous les jours » parlent-ils de la même chose ?

– « La démocratie est-elle enchaînée face à la finance ? » ma communication à l’Académie royale de Belgique, du 30 mai au 1er juin, dans le cadre du colloque La démocratie enrayée ?

P.S. : L’expression « se syndicaliser » que j’utilise est très intéressante mais « se syndiquer » fait aussi très bien l’affaire 😉

Sur YouTube, c’est ici.

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EMMANUEL TODD ET LE BANCOR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Emmanuel Todd n’est pas naïf. Il constate comme beaucoup de monde qu’il y a des trous noirs dans notre système collectif de pensée. Les « élites incompétentes » est un constat avant d’être un jugement. Et le jugement de Todd est dans l’incomplétude scientifique : il porte sur l’objet à connaître hors de la considération des sujets de connaissance.

La binarité de la situation dans laquelle nous nous trouverions entre totalitarisme libéral et totalitarisme populiste est une manipulation mentale du totalitarisme élitaire. Le totalitarisme élitaire est l’impossibilité théorique d’intellectualiser l’altérité : le refus de considérer une réalité hors de cadres de pensée posés en doxa universelle. Nous sommes bien dans le trou noir de l’incompétence des élites persuadées de leur réalité exclusive. Même si le Titanic s’est déchiré sur l’iceberg, il est par construction insubmersible !

Si Todd est naïf, alors c’est que la démocratie est un mythe. Et là le trou est vraiment très très profond… L’alternative entre libéralisme et populisme est une construction génocidaire. C’est la construction mentale qui nous a fait passer de la première guerre mondiale à la deuxième, puis de la deuxième à la guerre froide et maintenant à l’éradication de la civilisation par destruction de toute possibilité pratique de démocratie. La démocratie et la possibilité de démocratie sont la négociabilité des cadres de pensée dans des sociétés construites sur un vivre ensemble supérieur aux intérêts particuliers.

Ce que montre très bien Todd, c’est que les états de la démocratie sont construits sur des communautés de pensée géographiquement cohérentes par des territoires catalyseurs d’histoires particulières des vivres ensemble. Ce que les élites incompétentes ne voient plus du tout, c’est que leurs idéologies abstraites ne fabriquent pas de vivre ensemble : le réel absorbe la réalité qui ne peut plus être ni pensée ni discutée par des citoyens vivants.

La monnaie de Keynes est l’élément qui manque à Todd pour concrétiser ses analyses. La chambre de compensation en bancor est un espace abstrait de confrontation des analyses vivantes plurielles de la réalité. La monnaie keynésienne territorialise les idées par la localité des citoyens en négociation de prix de leur réel. Les citoyens peuvent se former en peuples. La négociation des libertés devient scalable de l’individu à l’humanité entière. Les États sont les structures du vivre ensemble à toutes les échelles. Les échelles d’état sont toutes négociables par des parités de change. La monnaie mesure le vivre ensemble au lieu de la théocratie du néant non compensable.

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