« LA DÉMOCRATIE N’EXISTE PAS ENCORE », OU « LA DÉMOCRATIE A ÉCHOUÉ », C’EST L’UN OU C’EST L’AUTRE, PAS LES DEUX, par Pierre-Yves D.

Billet invité. Réponse à Couper le membre pourri avant que la gangrène n’emporte tout, par AncestraL.

Si ce qui passe aujourd’hui est que notre « démocratie » n’en est pas authentiquement une, pourquoi AncestraL dit-il alors que « la démocratie a échoué » ? C’est contradictoire. J’entends bien qu’il fait référence à l’état actuel de la démocratie puisqu’il évoque par ailleurs et à juste titre la dictature implicite qui la sous-tend, mais dans ce cas pourquoi entretenir la confusion en employant le même vocable pour désigner deux choses distinctes ?

Ce qui a échoué ce n’est pas la démocratie, ce sont les tentatives de faire advenir davantage de démocratie dans un système tel que le nôtre qui, sous sa forme présente, est incompatible avec les idéaux démocratiques. AncestraL fait une lecture simpliste des textes de Francis Arness sur la néodémocratie, car ceux-ci n’impliquent nullement qu’il ne faille pas remettre en cause radicalement la « démocratie » sous la forme qui nous en est offerte. La divergence majeure réside dans la volonté affichée par AncestraL d’abattre le système en place ou, comme indiqué en filigrane : détruire ses organes vitaux ; lesquels et comment, il ne le dit cependant pas. Il affirme seulement que sa destruction accomplie, il y aurait un grand vide, ce qui n’est pas douteux. Et c’est bien là que se situe le défaut de son analyse, celle-ci s’abstenant de penser ce que pourrait être le nouveau cadre, avec ses composantes épistémologiques et institutionnelles.

Si j’ai bien lu les textes de Francis Arness, la néodémocratie n’est pas seulement un stade plus avancé de la démocratie, c’est aussi la voie qui nous mènera là. La démocratie pourra s’incarner dans de nouvelles institutions, un nouveau cadre légal, mais elle consiste aussi dans une volonté, des actions visant à la faire advenir. Ce qui suppose un certain nombre de réquisits qui s’ils étaient réunis signifieraient que le système a bel et bien muté et que sa forme antérieure a été annihilée. Là où je rejoins AncestraL, c’est sur le ton qu’il nous faut adopter, qui ne peut être celui d’une volonté de compromis avec les principes essentiels qui régissent la « démocratie » sous sa forme présente. Il nous faut occasionnellement nous exprimer avec véhémence, encore faut-il que cette véhémence serve un but.

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