Archives de catégorie : Gilets jaunes

Le Monde – « Gilets jaunes » : Bordeaux la bourgeoise paie ses fractures, le 4 août 2019

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À propos de « Gilets jaunes » : Bordeaux la bourgeoise paie ses fractures, un commentaire que je viens de laisser sur le site du quotidien.

Excellent article mais, une fois de plus, les rédacteurs du Monde seront consternés par les réactions des lecteurs de leur journal, qui ont eux choisi leur camp : ils savent, et s’en irritent, que ceux qui se plaignent sont des envieux, des louseurs trop stupides pour comprendre comment on fait de l’argent, qui trouvent qu’« être tous ensemble dans la misère c’est quand même plus sympa ! » (sic), etc.

Comme aux États- Unis en ce moment, l’esprit « brioches de Marie-Antoinette » exprimé dans les commentaires du Monde signale une affaire qui risque de très mal finir.

P.S. Rédacteurs du Monde continuez de dire aux lecteurs de votre journal ce que vous pensez d’eux – ce n’est pas de l’éducation populaire mais de l’éducation élitaire. C’est aujourd’hui aussi utile, voire davantage.

Je n’avais même pas relevé que nous sommes le 4 août (230e anniversaire).

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L’Écho, Paul Jorion et Bruno Colmant: « La situation est grave. En l’absence de solutions, c’est la rue qui décidera », le 22 juin 2019

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Paul Jorion et Bruno Colmant : « La situation est grave. En l’absence de solutions, c’est la rue qui décidera »

Paul Jorion et Bruno Colmant évoquent les défis sociaux et climatiques ainsi que la montée des populismes. Et ils parlent d’une certaine urgence.

©Kristof Vadino

Bruno Colmant, professeur de finance et membre de l’Académie royale de Belgique et Paul Jorion, anthropologue et professeur associé des facultés de l’Université catholique de Lille, se sont rencontrés pour la première fois en 2009 lors d’une émission de radio de la RTBF. Depuis lors, ils aiment débattre et échanger leurs idées.  

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Réflexions sur Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité d’Aurélien Barrau, par Dominique Temple

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J’admire l’art avec lequel vous associez des informations d’origine très différente, montrez leur convergence et révélez l’ampleur de la tragédie promise à la nouvelle génération, comme la sirène avant les bombes, souvenir des années de la guerre mondiale : le but principal de votre essai est atteint. Et, mieux encore, dans la deuxième partie de votre texte, vous proposez des solutions pour écarter le danger. 

À la page 65 de votre livre vous écrivez : « Une des causes essentielles de l’inaction vient de la controverse sur les causes du désastre. Chacun a son analyse. L’origine évidente est pour les uns le capitalisme, pour les autres la démographie, pour d’autres encore la religion, etc. Le fait est que nous ne nous mettions jamais d’accord sur les causes. Autrement dit : si nous attendons que la grande cause (sachant que chacun pense avoir identifié ce qu’elle est) soit traitée en profondeur avant d’agir, nous n’agirons jamais. (…) Pour une fois, je crois qu’il faut renverser l’ordre usuel et s’attaquer aux conséquences – la négation de la vie et de l’avenir –  avant de s’attaquer aux causes. Agissons. Agissons maintenant en ciblant les effets et nous verrons bien quel système permet d’y parvenir. Commençons par la fin et cela éclaircira l’origine. Sans aucun doute, la mutation devra être profonde

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« Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 19 mai 2019 et le thème aujourd’hui, c’est « Fin du monde ! Fin du mois ! ». Vous avez entendu ce slogan qui a été inventé par quelqu’un. C’est une bonne idée. Ça a des allitérations. Ça essaye de suggérer l’idée d’une convergence des luttes, que les gens qui se battent contre la destruction de l’environnement, le réchauffement climatique, etc. et les gens qui vont dans la rue non sans raison aussi, parce que la situation leur est impossible dans le contexte actuel, que ces gens pourraient défiler ensemble et représenteraient à ce moment-là une masse critique de gens qui veulent autre chose.

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Fin du monde ! Fin du mois !

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« Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 5 mai 2019 et mon exposé d’aujourd’hui s’intitulera « Que faire ? Que faire ? ».

Vous l’avez vu – je commence par là – les listes pour le Parlement européen ont été déposées et sur aucune de ces listes, vous ne trouverez mon nom. Alors, la tentation de la nature humaine, c’est de dire : « Eh bien finalement, je n’ai pas vraiment essayé ! » mais là, vous me diriez : « Non, non, M. Jorion, vous avez essayé et vous avez consacré beaucoup d’énergie au cours des mois derniers à essayer de vous trouver sur une de ces listes et vous  n’avez pas réussi ! » et je vous dirai : « Monsieur ou Madame, vous avez parfaitement raison : je me suis donné beaucoup de mal ! ». J’ai essayé d’avoir un débat public avec M. Hamon dont vous vous souvenez peut-être, qui a été décommandé à la dernière minute – pas par moi. J’ai eu l’occasion de passer une soirée à discuter avec M. Hamon. J’ai eu l’occasion de plusieurs conversations assez longues avec M. Olivier Faure. J’ai eu M. Paul Magnette au téléphone, M. Di Rupo aussi et vous m’avez vu me joindre au mouvement Place Publique qui s’est créé en France. J’ai participé à l’échelon local, dans le Morbihan où j’habite. J’ai participé même à une réunion – je suis revenu spécialement un jour où j’étais à Bruxelles – pour participer à une réunion à Lille aux côtés de Claire Nouvian. Des amis à moi ont lancé une pétition que vous avez été nombreux, dans le cadre en question, à signer, appelant le Parti socialiste et Place Publique à me mettre en position utile sur leur liste.

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Piqûre de rappel : Les nervures de l’avenir, le 2 mars 2010

Ayant lu l’actualité d’aujourd’hui, j’entreprends d’écrire un billet, quand, au bout de deux phrases, je me dis que ce billet, je l’ai déjà écrit. Me mettant à sa recherche, je le retrouve en effet. Il date de près de dix ans. C’est dire si l’on avance ! Il y avait eu à l’époque, 128 commentaires. Premier post : Le capitalisme (I) – Les nervures de l’avenir. Ouvert aux commentaires.

Dans « La raison dans l’histoire » (1837), un ouvrage posthume composé à partir de notes de cours, Hegel observe que « … ce que l’histoire et l’expérience nous enseigne, c’est que ni les peuples ni les gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, et encore moins agi selon ses leçons ». C’est vrai : s’il en avait été autrement, aucune civilisation ayant gardé le souvenir de celles qui l’ont précédée ne serait jamais morte.

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Que faire ? Que faire ?

Elections européennes
Extinction du genre humain

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Manifestation du 1er mai à Paris : témoignage et commentaire, par Erx

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Attention, âmes sensibles s’abstenir :

Ce qui confirme, s’il en était besoin, que nous sommes dans l’inhabituel …!

Voici un petit témoignage et commentaire par rapport à la manifestation du 1er mai dernier à Paris. Et d’abord une première remarque sur la différence « d’ambiance » entre cette manifestation et celles qui ont eu lieu les deux dernières années par exemple, où par contraste, celles-ci étaient en général très bon enfant. La composition des manifestants m’a semblé beaucoup plus diversifiée, plus jeune aussi, moins centrée sur les syndicats. La tension m’a parue très palpable, et dès le départ à Montparnasse, j’avais senti que cela pouvait vite dégénérer.

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Salut & Fraternité, « Réciprocité et redistribution : la gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable » – Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin, N°105, avril-mai-juin 2019

« Réciprocité et redistribution : la gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable »

Partons du constat que les inégalités de répartition des richesses, la raréfaction du travail et la polarisation de la société, trois phénomènes liés, s’accélèrent et ne vont cesser de s’accélérer au cours du XXIe siècle avec l’automatisation des processus de production. Les réflexions se multiplient et les questions de société émergent : comment dissocier travail et subsistance décente ? Comment assurer un socle commun d’accès aux biens fondamentaux à la vie ? Certains proposent le revenu universel, nous proposons la gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable : alimentation, logement, vêtements, santé, éducation, transports et, aujourd’hui, connectivité.

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« Sommes-nous dans le très inhabituel ? »

Hier j’étais à Paris, j’ai signé 150 exemplaires de « Mes vacances à Morro Bay », à envoyer à des journalistes, tâche épuisante mais signe de confiance très appréciable de la part de l’éditeur.

J’avais invité quelqu’un à déjeuner. Nous avons mangé dans le quartier, au boulevard Montparnasse (les bureaux de Fayard sont dans la rue du Montparnasse), on nous a placés à une table jouxtant la devanture. La vitre en avait été brisée la veille, et le trou avait été comblé par un montage assez astucieux de menus du restaurant. La dame expliquait que pendant que ça castagnait à quelques mètres, les clients s’étaient massés devant la vitrine, inconscients du danger. Les mammifères sont des animaux « scopiques » comme disent les savants. Cela nous intrigue quand il s’agit d’une biche ou d’un lapin dans les phares d’une auto, curieux de voir ce qui va se passer.

Dans le train du retour, j’ai rédigé un papier intitulé du titre que vous voyez en haut : « Sommes-nous dans le très inhabituel ? », revenant en particulier sur le pseudo-assaut de la Pitié-Salpêtrière. Je l’ai terminé tôt ce matin et l’ai envoyé à L’Écho en Belgique qui, jusqu’ici, a toujours publié ce que je lui envoie, et à un journal français – je ne dis pas lequel parce que j’aurais l’air de vouloir faire pression. Pour la première fois, j’ai voulu me prévaloir du fait d’être rattaché à un département d’éthique : j’ai signé « Paul Jorion, professeur associé au département d’Éthique de l’Université catholique de Lille », parce que le jour où l’on ne croira plus à rien, on continuera de croire à des symboles. On va bien voir.

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » 5 de 6 : capitalisme, économie de marché, libéralisme, le 5 mars 2019

Retranscription de Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme, face à l’état d’urgence pour le genre humain, le 5 mars 2019. Merci à Eric Muller !

Bonsoir. Si vous avez assisté à la séance du mois de février, vous savez qu’il a été question des risques existentiels, des risques qui menacent l’espèce humaine, qu’il s’agisse de risques dus à la nature telle qu’elle est autour de nous, les météorites, les volcans, les épidémies, mais aussi les risques qui sont liés à la présence même de l’homme, de l’espèce humaine, du genre humain, à la surface de la Terre. Je vais essayer de faire un exposé systématique sur ce thème de Faut-il déclarer un état d’urgence pour l’humanité ? J’espère vous avoir convaincu que, oui, il y a justification.

Il y a déjà eu quatre séances. Dans les deux dernières, je vais m’intéresser en particulier aux moyens dont nous disposons, si nous déclarons l’urgence, l’état d’urgence, comment pouvons-nous réagir, avons nous les moyens de le faire ? Et je lisais l’autre jour le compte-rendu d’un de mes livres qui a paru il y a quelques mois en allemand, celui qui s’appelait Le dernier qui s’en va éteint la lumière, le titre en allemand était une traduction littérale, et la personne qui a résumé mon livre venait avec une conclusion qui m’a un peu surpris – mais si vous écrivez ou si vous racontez des choses en public, vous savez qu’il faut toujours faire très attention à la manière dont les gens vous entendent et vous lisent, ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent dans ce que vous avez dit – et là, ce compte-rendu m’a un peu surpris et j’ai réfléchi à pourquoi la personne disait : « Jorion dit que nous avons déjà fait le deuil de l’espèce humaine, le constat – auquel d’ailleurs ce critique souscrivait – le constat qu’il fait est que c’est une affaire réglée et que le processus dans lequel nous sommes, c’est simplement de nous habituer à l’idée que cette affaire se termine. » et je réfléchissais au livre. Il a donc été publié en 2016 et je me dis « ce n’est pas ça que que je crois avoir écrit ». J’avais le sentiment d’être un lanceur d’alerte en disant : «  Voilà le risque d’extinction de l’humanité est un risque réel et il faut que nous le prenions au sérieux. » Et quand on me dit  « Personne ne réagit, personne ne fait attention, il ne se passe rien » eh bien, non : entre ces trois années, ce qui est peu de chose – 2016 et 2019 – j’ai le sentiment qu’une véritable prise de conscience est en train d’avoir lieu.

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Gilets jaunes : protestataires et techniciens, le 25 avril 2019 – Retranscription

Retranscription de Gilets jaunes : protestataires et techniciens, le 25 avril 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le jeudi 25 avril 2019 et mon billet va s’appeler « Gilets jaunes : protestataires et techniciens ». Et, bizarrement, ce billet, c’est le billet par lequel je vais vous remercier, comme vous allez l’entendre, pour le soutien que vous m’avez apporté à cette idée, un peu folle a posteriori, que je me présente quelque part sur une liste pour me faire élire, si possible, grâce à vos votes, au Parlement européen.

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Gilets Jaunes : protestataires et techniciens

Merci pour votre soutien à ma campagne pour les élections européennes !

Andrew Feenberg, Technosystem. The Social Life of Reason, Harvard University Press 2017

Greg Jaffe, Capitalism in crisis: U.S. billionaires worry about the survival of the system that made them rich, The Washington Post, le 20 avril 2019

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