À propos de la décision de Paul Jorion de relayer la vidéo de Vincent Lindon, par Catherine Ouvrard

Mercredi, à la demande de plusieurs d’entre vous, j’ai relayé ici la vidéo publiée ce jour-là par Vincent Lindon, l’ayant regardée, et passant outre à la mise en garde d’un futur invité de PJ TV.

Conscient que les gens de gauche ne ratent jamais une bonne occasion de s’écharper entre eux plutôt que de s’en prendre à leurs vrais adversaires, je publie néanmoins volontiers, au titre de “droit de réponse”, un courrier qui m’a été envoyé tout à l’heure. Ouvert aux commentaires.

Si un mail du peuple a pu vous faire éditer la vidéo de Vincent Lindon, un autre mail du peuple pourra peut-être vous inciter à la dépublier.

Ce gars se fait une pure image de gauche avec les films de Brizé, avec ses rôles et le physique qui convient, et maintenant avec ce texte qui cache assez mal ce qu’on semble pourtant oublier de lui : son soutien officiel à Bayrou en 2007 et son soutien officiel à Macron en 2017 (en 2012 je ne sais pas, peut-être était-il dépressif ou amoureux ou peut-être a-t-il soutenu Hollande ?). On oublie tellement d’où il parle que ce texte et sa vidéo circulent à fond depuis sa publication ; pas étonnant, qui ne voudrait pas faire le Bien ?

Pour soutenir Macron comme il l’a soutenu, il fallait quand même faire peu de cas des causes et des pauvres qui semblent soudain le préoccuper.

Il découvre que Macron, dont il connait comme moi le CV, joue les premiers de cordée contre les premiers de corvée, le privé contre le public, et ça l’étonne ? Quelle finesse politique !

Emploie-t-il une seule fois le mot « capitalisme » ? Jamais.

Parle-t-il d’écologie ? Jamais.

Ses propositions : des ajustements, rien de politique sous prétexte qu’on a plus urgent à faire que « changer de système », rien de structurel sur le plan social, rien de pérenne, de solide, surtout pas. Finalement, encore et toujours la bonne morale de la vieille gauche qui nous la mise bien profond, seulement ça : de la morale dans la finance. Que dire de cette désopilante contribution « Jean Valjean » ? Qu’il faudrait pas le pousser beaucoup pour qu’il invente l’ISF, bravo.

Un mot enfin sur la soi-disant sincérité de Lindon, en passant par Stéphane Hessel parce que le texte de l’un rappelle le texte de l’autre : comment un pays aussi riche peut-il etc. deux textes d’indignation. Lindon ne veut pas cliver et certes l’indignation n’est pas clivante, de fait elle réunit le plus grand nombre par sa vacuité et on voit le succès des deux textes.

Même Paul Jorion le publie sur son blog, avec des pincettes, mais il le publie. Si je pardonnais à Hessel ce que je ne pardonne pas Lindon, c’est parce que je ne doutais pas de la sincérité de Hessel, tout simplement parce que son passé parlait pour lui. Le passé de Lindon on le connait, même ces dernières années il n’a pas pris le train des Nuits debout où ses qualités d’orateur auraient fait mouche, j’en suis sûre, et je ne parle évidemment pas des Gilets jaunes. Je passe aimablement sous silence ses origines et ses meufs, mais je conseille la lecture de sa page wikipédia. Ce mec croit juste qu’il est devenu l’un de ses personnages de fiction, il est en train de se confondre avec un héros de Brizé et fait dangereusement prendre à ses lecteurs enthousiastes des vessies pour des lanternes. Il ne se donne même pas la peine de la mise au point de base, genre « je me suis trompé », il a quand même plus de 60 piges mais pourquoi pas, c’était le minimum pour choper un peu de crédit.

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83 réflexions sur « À propos de la décision de Paul Jorion de relayer la vidéo de Vincent Lindon, par Catherine Ouvrard »

    1. Faute de l’or on doit pour la très grande majorité des français demander un minimum d’argent. Les besonieux vous en remercient. Les premiers de corvées aussi.

  1. Drole de façon de passer sous silence les origines et les meufs de Vincent Lindon en nous conseillant d’aller vérifier sur wikipédia. C’est quoi ce sous-entendu sur ses origines ? J’vous dis rien, hein, mais quand même… Procédé malodorant qui rappelle les heures sombres en ce lendemain de 8 mai.
    “ses qualités d’orateur” ? Je ne suis pas de cet avis. Lindon acteur marmonne dans sa barbe, on ne comprend qu’un mot sur deux. Faut croire que c’est la mode et que c’est comme ça maintenant qu’on obtient des prix d’interprétation.

  2. ” ils ne pensent pas ils jugent” Carl Jung
    Propos trop outranciers pour être pris au sérieux..
    S’unir pour combattre la misère et le capitalisme néo libéral devrait suffir à notre colère et notre volonté de penser un monde de demain dans lequel nos enfants pourront vivre.
    Lire la réaction d’Ariane Mnouchkine …

  3. X :
    …” Ce gars se fait une pure image de gauche avec les films de Brizé, avec ses rôles et le physique qui convient, et maintenant avec ce texte qui cache assez mal ce qu’on semble pourtant oublier de lui : son soutien officiel à Bayrou en 2007 et son soutien officiel à Macron en 2017 (en 2012 je ne sais pas, peut-être était-il dépressif ou amoureux ou peut-être a-t-il soutenu Hollande ?). On oublie tellement d’où il parle que ce texte et sa vidéo circulent à fond depuis sa publication ” …

    précédé de :
    Si un mail du peuple a pu vous faire éditer la vidéo de Vincent Lindon, un autre mail du peuple pourra peut-être vous inciter à la dépublier ” … !!

    Manqueraient plus que les excuses…

  4. Merci Paul !

    Quand Paul Jorion veut relayer
    un Vincent Lindon au grand coeur
    ça pourrait peut-être effrayer
    ceux qu’il (VL) soutenaient avant l’heure !

    1. Oui, merci Paul! parce que les chiens sont lachés et pas un mot dans la presse ni celle du contribuable pourtant payée par le peuple, nis privée mais là nous sommes moins étonnés. L’important c’est d’en parler et personnellement ne m’en privrait pas. Merci encore.

    1. Oui mais comme vous êtes de droite, c’est plutôt qui ?

      Mauras ? De Gaulle ? Sarkozy ? Macron ?

      1. Qu’est-ce que c’est que cette façon d’affubler autrui d’une étiquette politique ?

        Vous désapprouvez ce que j’écris, vous êtes de gauche, donc je suis un affreux de droite. Belle façon vraiment de faire avancer le débat !…

        J’étais et je reste un grand admirateur de de Gaulle mais le placer sur l’échiquier politique d’aujourd’hui a-t-il un sens ?

        1. Vous êtes d’extrême-droite de toutes les années où vous intervenez ici mais vous êtes courtois et je crois que nous vous apprécions tous au même titre d’être un adversaire qui nous oblige d’affûter nos arguments pour tenter de les rendre les plus aigus possibles.

          Mais votre “À gauche je serais plutôt tendance Todd ou Lordon, alors Lindon…” frise la mauvaise foi : comme vous n’êtes vraiment pas de gauche, l’info n’est pas pertinente.

      2. Je ne suis en aucune façon d’extrême droite et mes opinions politiques ne regardent sur moi. Il m’appartient de les dire, si tel est mon choix, et à moi seul.
        Je suis d’un extrême scepticisme à l’égard de l’Europe des pères fondateurs, de l’euro, de la soumission à l’ordre atlantiste et néolibéral, du supposé sens progressiste de l’Histoire et autres balivernes sociétales, j’ai honte de notre participation à l’asphyxie de la Grèce, à tant de bombardements criminels, à tant d’assassinats ciblés, à la fermeture des ports européens aux bateaux de migrants, etc., j’apprécie en général ce que disent et écrivent, parmi d’autres, Emmanuel Todd et Frédéric Lordon, et si je n’entre dans aucune des cases dans lesquels vous mettez vos contradicteurs, tant mieux, ne vous en prenez qu’à vous-même, et ne me faites pas y entrer de force.

      3. Ma pensée serait « puante » ?
        Étrange, mais vieille comme le monde, et n’honorant pas celui qui y succombe, cette tentation du recours à l’olfactif pour déconsidérer l’adversaire, l’hérétique, celui qui ne pense pas comme vous.

    2. Je vais personnellement enfoncer le clou, Jésus me pardonnera de cet écart de langage.

      Est-ce toi cher Denis, architecte ingénieur de son état qui fait paraître une rubrique nécrologique dans l’organe de la droite des Noces de Figaro, et surtout ce petit texte :

      https://www.lefigaro.fr/debats/2007/02/17/01005-20070217ARTFIG90693-la_france_est_elle_un_pays_civilise.php

      Vois-tu ami, enfin frère, bref mon pote en humanitude, ton texte j’y adhère plutôt bien, il a de beaux accords majeurs, de belles couleurs vives, puis en fait, si on lit et on relit, on ne peut que finir par tomber derrière le décor chatoyant de la bonté et de l’humanisme sur quelque chose de plus étrange, et de plus noir en fait, de plus essentiel, qui explique assez bien le côté cahin-caha, clopin-clopant de ta pensée, sa pierre d’achoppement . C’est humain je te l’accorde, mais c’est une constante chez toi, et tu connais la phrase latine fameuse : Errare humanum est, perseverare diabolicum.

      La vieillesse est un naufrage, je t’invite sur le radeau de la méduse DMB !

      1. Je ne renie pas ce papier que j’ai écrit en 2007. Il n’y est question ni de bonté ni d’humaniste mais de conscience de soi, de loi, de primauté dela loi sur la force… Que peut-on y trouver « de plus étrange, de plus noir, de plus essentiel » ?

      2. DMB,

        Une fois pour toute je vais poser la barrière, je ne suis pas plus humain ou humaniste que toi. Nous sommes égaux.

        Simplement, si tu pouvais arrêter de jouer au plus bête que tu n’es. J’ai bien compris ton texte, et personne ne te demande de le renier, certainement pas moi. Mais tu devras aussi faire un petit pas de travers et regarder ce que tu écris dans son ensemble.

        Tu as parlé de l’étrangeté de sauver quelques vieux en fin de vie face à la contingence économique, récemment ici même n’est ce pas ?

        Et dans ce texte de 2007, que tu ne renies pas, tu parles de l’impérieuse nécessité de la sauvegarde du plus faible, de l’enfant à naître (et je pourrais te suivre sur cette voie pour d’autres raisons). J’ai bien suivi jusque là ?

        Alors ma question va être très simple.

        Comment fais-tu pour avoir une position aussi diamétralement opposée sur un sujet aussi unique ?

        (je t’invite à bien réfléchir avant de me répondre, si jamais tu penses que ta petite personne peut laisser une trace servant de guide pour ceux qui suivent).

      3. « Tu as parlé de l’étrangeté de sauver quelques vieux en fin de vie face à la contingence économique, récemment ici même n’est ce pas ? »

        Je n’ai pas dit ça comme ça.
        Les personnels hospitaliers ont été admirables et ont sauvé de nombreuses vies, grâce leur soit rendue.
        Je dis que, pour éviter la submersion des hôpitaux, le confinement général et l’arrêt quasi général de l’activité du pays qui ont été décidés vont avoir, ont commencé à avoir, des conséquences dramatiques, y compris en termes de vies humaines.
        Et je dis aussi qu’il y a déjà eu et qu’il y aura de nombreuses victimes chez les personnels hospitaliers insuffisamment équipés et protégés, ainsi que chez les malades chroniques ou autres qui ne sont pas allés se faire soigner, fuyant des hôpitaux consacrés au covid.
        Et il résulte de ces constats une interrogation : avons-nous pris les meilleures décisions ?
        D’un côté des victimes (la plupart âgées) dues à une cause naturelle, un virus, de l’autre des victimes (de tous âges) et des dégâts (de grande ampleur) résultant de nos actions : cela mérite-t-il pas débat ?

      4. DMB,

        Tu n’as pas dit ça comme ça ? Ah bon. Et ça c’est de ton clone peut-être :

        COVID-19 : OÙ ÇA S’ARRANGE ET OÙ ÇA NE S’ARRANGE PAS
        8 MAI 2020 PAUL JORION 54 COMMENTAIRES

        Denis Monod-Broca
        9 MAI 2020 À 1 H 20 MIN

        “Cette croyance en la Vie n’en a pas moins atteint un degré exagéré. Qui nous aveugle. Était-il justifié de sacrifier tant de soignants, de sacrifier la santé économique et sociale de tout un pays, donc indirectement de sacrifier tant de vies… pour sauver quelques vieux ? N’était-il pas possible de penser et de faire tout autrement ? Le débat n’est pas clos.”

        Tu pourrais me dire en quoi ce n’est pas exactement ce que tu as écrit tant dans la forme que dans le fond ?

        Si tu ne sais plus ce que tu écris alors là ça relève d’autre chose DMB.

        Assume plutôt ta pensée, elle est moche, petite, puante, mais c’est une pensée et tu as tes raisons pour la défendre. Les contorsions pour l’amener à vers de haute altitude morale en revanche sont critiquables et inepte, on ne fait pas d’un âne un pur sang arabe.

  5. J’aime bien Vincent Lindon , ses films , son style, son jeu…
    Une question , par contre , m’a toujours taraudé !
    J’ai toujours été surpris de voir que ses nombreux et très voyants tics disparaissaient de son visage lorsqu’il joue , et que ceux-ci re-deviennent très visibles lorsqu’il passe à la télévision par exemple pour faire la promo de ses films.
    Dans la vidéo pas de tics lorsqu’il lit son texte
    Quelqu’un a t ‘ il une explication ?
    Est-ce qu’il joue ?

  6.  La vie commence à soixante ans
    Quand on peut prendre enfin le temps
    De répondre aux questions qu’on pose
    De s’approcher plus près des choses

    Je ne pense pas que Vincent Lindon prétend tenir en même temps les deux bouts du bâton, entre indignation et colère. Néanmoins, la réaction de Catherine ouvre un débat sur le blog de Paul Jorion qui, sans être nouveau, est plus que jamais d’actualité : qu’est-ce qui importe le plus quand nous songeons à l’avenir ? Est-ce de savoir s’il faut oui ou non dépublier la vidéo de Vincent Lindon, ou bien, d’être enfin toutes et tous déterminés comme un seul homme à poser les questions qui fâchent à ceux qui se disent absolument pas responsables ?

    1. Les conseils de personnes qui ont bien profité de la vie et qui nous demandent d’être vertueux non merci

    1. Vincent Lindon est un acteur c’est à dire un homme payé pour jouer des personnages.

      1. @2Casa
        “Vous voyez ce que je veux dire ?”

        Et vous ?
        “Pas encore redescendu non plus ?”
        A qui tout cela ie ces incohérences énormes profite t-il ?

        Question simple, réponse simple. Des faits : DeepL is your friend.

    2. Le très British Neils Ferguson, Monsieur “confinement” a démissioné, bikoz après avoir fourni ses études , courbes et modélisations à l’OMS et aux GVTS, les engageant dans la voie du “confinement”; pendant le “confinement” il a “pécho” et enfreint les recommandations du confinement, mdrrrr. Mais ça, c’est ‘amuse-gueule. Le plus mimi c’est que, Mr Ferguson reconnait que ses études et modélisations étaient… erronées (base de données erronées…). Super ! J’espère que lors de l’émergence du prochain virus de grippeie de corona, il enverra à l’OMS, des modélisations pour signaler, cette fois, une pandémie de grippe digne d’une menace d’extinction totale de l’espèce humaine, à MINIMA, sachant que la dernière épidémie de grippe a fait 60 000 morts en France. Avec le Covid on en est à 24 000 DC. Donc, prochaine épidémie de grippe, lockdown de 6 mois et reset économique idem pour tous les pays qui suivent ces recommandations. Avec des milliardaires qui se goinfrent en moins de 2 mois de 282 milliards de dollars, pour le Covid, à ce rythme , on est tout bon, le populo réduit en mode cuisson-sidération et double bind, et jackpot pour …guess what ? Bonne nuit.
      Enjoy, et bonne chance pour le “réveil” les amis !
      Same player shoot again.

      Ferguson Reverses his Claims on the Virus were Wrong
      https://www.armstrongeconomics.com/international-news/disease/ferguson-reverses-his-claims-on-the-virus-were-wrong/

      Special report: The simulations driving the world’s response to COVID-19
      How epidemiologists rushed to model the coronavirus pandemic.
      https://www.nature.com/articles/d41586-020-01003-6

      lDurant la pandémie, la fortune des milliardaires étatsuniens a augmenté de 282 milliards de dollars, 2 mai 2020;
      https://reporterre.net/Durant-la-pandemie-la-fortune-des-milliardaires-etatsuniens-a-augmente-de-282-milliards

      1. Salut Dundee,

        Bon ben je vois qu’on redescend pas… 😉

        C’est quoi le rapport dans votre raisonnement entre l’accroissement de la fortune des milliardaires et le corona sinon à évoquer, comme Jorion sur RFI, les plans de sauvetage et la déconnexion de la Bourse et de l’économie ? Pour Bézos (à mon avis c’est la montée de la valeur actionnariale) cela pourrait encore se justifier quand le type tient le premier supermarché mondial avec livraison à domicile… forcément quand tout le monde est confiné, ça aide !

        Ou alors… tout cela n’est qu’une immense manipulation, pas plus de pangolins que de virus chinois, ils profitent du confinement pour nous faire une surprise et remettre la planète en état. Quand on va sortir, tout sera propre, réparé, nettoyé… des petits zoizeaux partout et des fleurs aussi…

        Non ? Bon. Pas dans ce sens-là.

        Je reprends.

        Tout cela n’est qu’une énorme manipulation – “plus c’est gros plus ça passe” : “on a marché sur la Lune” et puis quoi encore ?! Se poser sur Mars ? Mdr, Lol, portnawak l’autre… – destinée à asseoir une bonne fois pour toute la domination de l’élite sur la masse des pauvres gens lobotomisés qu’ont bien mérité leur sort quand même, faut le dire, tellement qu’ils sont cons ! Le Covid-19 ne tue pas plus que la grippe, on a un traitement super à 2 euros mais on refuse de s’en servir conformément aux ordres des Big Pharmas (au passage, expliquez-moi comment on fait tenir ensemble “ne pas détruire l’économie” et “ne pas utiliser ce traitement” —> je sais, c’est “la finance” contre “l’économie”… “réelle”, encore un coup des mondialistes-rotschildiens sans doute !), Raoult, lui, n’a pas été viré ou n’a pas démissionné, donc il a raison… CQFD.

        Bref, pourriez-vous nous donner de manière claire et compréhensible le raisonnement qui vous conduit à écrire ce que vous écrivez. Sans fioritures, sans liens vers des articles, juste l’ossature. Et sans vous énerver… Please ?! Qu’on puisse discuter. Parce que compte-tenu de votre secteur d’activité, de vos connaissances et de vos lectures (aussi nombreuses que variées c’est acté), je ne comprends pas comment vous en arrivez là. Et, pour le coup, j’aimerais savoir si on gravite dans deux univers informationnels disjoints (illustration de la polarisation) ? Voyez, c’est médical ! 😉

        Sans blabla, sans formules, sans raccourcis… Le blabla c’est bien quand le sujet est clairement circonscrit, en aval, ou quand il ne l’est pas encore, en amont, entre les deux, c’est chiant. Comme avec François M sur l’autre fil, questions simples, réponses simples, juste ce qui est avéré. Vous voyez ce que je veux dire ?

        (Oui oui, je sais, c’est moi qui vous dit ça… C’est la pitié qui s’fout d’la salpêtrière c’t’histoire ! Raaaaah, ça va Saroumane…)

        Bonne journée !

  7. Personnellement ça m’a fait du bien de lire votre texte, bien renseigné de surcroît, sorti de l’écœurante soupe des béni oui-oui.
    “Emploie-t-il une seule fois le mot « capitalisme » ? Jamais.” Les communistes savent tout le malheur qu’il y a à ne pas nommer l’ennemi, mais la bassesse du calcul n’est pas à exclure. Bon comédien, si je puis dire : rideau !

  8. Mon Dieu, quelle diatribe ! (Zut, je commence mal avec une invocation divine, c’est pas label rouge 100% ─ je reprends donc.) Par la moustache de Plekszy-Gladz ! [pour passer la modération, j’ai évité par la moustache de Paul Jorion]

    Eh oui, cet acteur, pas tout jeune, a soutenu Macron et il ne nous dit pas qu’il s’est trompé. Oh j’imagine la scène : Lindon commençant la vidéo à genou, en se battant la coulpe pour ses errements passés puis se relevant : J’ai vu la lumière du Prolétariat ! Désormais j’ai compris mais je reconnais avoir besoin de cours du soir en accéléré pour mieux embrasser la Cause dans tous ses aspects, écologie et anticapitalisme.

    Mais madame Ouvrard est bienveillante pour Stéphane Hessel : elle daigne lui accorder son pardon en raison de son passé. Quel soulagement !

    Bien sûr moi-même, je ne suis absolument pas légitime pour parler « à gauche ». Mes fautes furent innombrables : j’ai voté pour Chirac puis Macron ─ chaque fois au 2ème tour, je précise ─, même si je sais bien que ma faute reste lourde : que n’ai-je pas mieux milité pour éviter ce choix indigne. Mais ma plus grande et honteuse faute politique dans ma vie, je dois l’avouer pour dire d’où je parle, la voici : j’ai voté Hollande. Eh oui, voilà, j’ai voté Hollande et je continue à donner mon point de vue politique. J’ai ainsi voté pour la destruction de tout à ce que je croyais et l’avènement de son successeur, programmé pour finir des basses œuvres entamées.

    En réalité ce n’est pas un point de vue politique que je donne, je ne m’illusionne pas. C’est un sentiment ; une intuition reliée à l’instant terrible où nous vivons où tout peut basculer vers le pire.

    En tout cas, les forces obscures et pourtant omniprésentes dans leurs médias dominants, qui préparent la thérapie de choc, qui estiment n’avoir plus aucun opposant en face de leurs exactions actuelles et à venir, peuvent se réjouir, sauter de joie, car ceux qui pourraient s’unir et les combattre sont divisés : ils s’écharpent… et cela au nom de la pureté des engagements, présents, imparfaits, passés décomposés, futurs antérieurs. Comme toujours.

    Eh oui, à quoi pensez-vous, vous qui vous réveillez enfin et commencez à prendre conscience du monde tel qu’il est ? Vous pensiez que seriez dignes de vous joindre à nous, sans une complète abjuration en place publique, à Nous les purissimes de la gauche ?

    1. Aspirant Seignan, vous ferez encore 3 mois de confinement en punition de votre insolence !

      (Tiens, vous finirez peut-être la nuit du 4 août, quand les homo boursicotus commenceront à renoncer au privilège d’extraire de la richesse tout le temps partout aussi loin qu’on veut et remarquerons que des humains qui les soignent avec une vie de stress à passer entre les gouttes du covid, c’est ça qui compte).

    2. à Seignan. J’aime bien cette remarque : “Les forces obscures qui préparent la thérapie du choc se réjouissent, ceux qui pourraient s’unir et les combattre sont divisés : ils s’écharpent… et cela au nom de la pureté des engagements”. J’ai bien connu ce péché originel du gauchisme : le sectarisme. Comme disait Lénine. On n’arrêtait pas de faire des “procès de Moscou” à chaque camarade. Mon groupuscule a donc pris attitude : on coupe tous les ponts avec les groupuscules, point ; d’ailleurs, quel est notre “groupe-cible” ? (Pardon, c’est du langage marketting pour être compris des sbires d’aujourd’hui — jadis on parlait “lien avec les masses”).
      (Un jour, il faudrait raconter cette histoire et en faire une évaluation… sereine).
      Il faut insister : si la “gauche” est aujourd’hui atomisée, c’est d’une part parce que les conditions ont fait s’effondrer le camp social-démocrate qui n’avait plus aucune idéologie ni aucun rapport de force, d’autre part parce que les petites gauches multiplient les clivages et les divisions. Une vraie manie. Le voile, la laïcité, la prostitution, Mélenchon, Hamon, le revenu universel, le réchauffement climatique, le nucléaire, le loup, les ondes, les trans… Il faudrait expliquer le phénomène. Il faut faire l’unité au-delà de ces sujets, tous valables aussi.

      D’un autre côté, il ne faut pas se satisfaire de bonnes paroles unitaires mais lénifiantes. C’est le problème de la contribution de V.L. (je n’ai pas regardé jusqu’au bout, lassé) : les “mots qu’il faut” à notre souffrance et notre colère sont une chose (et nous en dénichons tous les jours et nous les cherchons pour soigner notre état mental), mais les perspectives de mouvement et d’organisation sont autre chose. C’est le même problème avec la “contribution” de Macron, qui a été encensée par Paul (il y a un président à la barre — par comparaison avec Trump — et il faut seulement exiger qu’il tienne parole — je résume). Mais à ce niveau, il y a pour moi manipulation. Au niveau de V.L., c’est sans grande importance.

      A quel niveau et avec qui faut-il faire l’unité ? Où mettre la barrière pour créer un “eux” et “nous” qui soit efficace ?
      Il faut de l’analyse politique, il faut éclairer les tenants et les aboutissants. Et c’est une des utilités de ce blog. En fait, notre capacité d’analyse politique a beaucoup reculé avec la dégradation des médias d’information (immédiaté et recherche du scoop, et dispersion de l’attention du client) et des médias de masse (distraction forcenée et émiettement du cerveau au profit des rapaces). L’homme politique n’explique plus, il fait des petites phrases. On est dans la manipulation généralisée (émotionnelle et affective). Et notre culture politique est très appauvrie. D’où le sectarisme généralisé.
      Et il faut du mouvement organisé. Notre culture de l’organisation est aussi en recul. Les partis, les syndicats et autres organismes structurant la société sont délégitimés, fondus, et nous sommes atomisés par … le marché, dans tous ses aspects.

      Tous comptes faits, nous avons été aux abonnés absents en 2008. Où en serons-nous en 2020-21-22 ? Il faut repenser à l’hypothèse “La France Insoumise”, réussite inespérée — et prématurée ? — en 2017. Je dis hypothèse car ne nous clivons pas sur la réalité vécue. Il faut discuter des conditions pour qu’elle rebondisse à nouveaux frais.

      Je reprends mon antienne castriste : un homme, un programme, un mouvement unifié, adapté à des conditions suffisamment cruciales pur faire bouger. Construire cela demande des mois, des années.

      1. Quid de l’analyse de Piketty ? (Gauche Brahmane, etc. — j’allais écrire gauche Bahrman, confinement quand tu nous tiens loin du troquet)

        Je rappelle : constat = Préférence des diplômés pour la gaucheprogressivement depuis 1975-1985 en gros;
        du coup la gauche est un parti repoussoir, voire durement rejetée par les basses classes;
        Et tout ça a à voir avec l’absence de “prise” sur la question des inégalités, entre médias “milliardairisés” forcément absents sur le sujet
        (merci aux suggestion sur ce point d’une certaine Julia Cagé pour y remédier), et idéologie “néo-propriétariste” lié au point de fonctionnement défavorable entre capital et travail, cela venant de la peur “pandorienne”, d’ouvrir la boite de Pandore de l’amputation (temporelle, héréditaire, spatiale, sociale,…) de la propriété.

        Je compléterai perso ainsi : La peur de dire qu’être milliardaire c’est forcément faire au moins 3% d’abusus par la façon de priver les gens normaux d’une façon de vivre “avec” leur support matériel. D’où l’importance de refaire des petits morceaux. Et pour les usines& grandes marques , de changer la gouvernance (a minima avec inspiration rhénane sur la présence des employés à 50% dans les CA mais pas que).

  9. Personnellement, je remercie ici vivement M.Jorion d’avoir publié sur son blog cette vidéo de M.Lindon.

    Quelqu’un se demande d’où Monsieur Lindon parle ?
    Il parle de là où il veut, à commencer de là où il se tient.
    De lui-même par lui-même.
    Debout.

    A l’heure où les intermittents du spectacle sont au pain noir avant d’être réquisitionnés cet été par un gouvernement ne sachant pas comment occuper les enfants tandis que papa & maman seront obligés d’aller au taf et faire leurs 60 heures/semaine sous la schlague de Madame Penicaud, M.Lindon se montre ici – via internet – solidaire de ses semblables, les premiers cités et aussi de tous les autres, nous toutes et nous tous. Solidaire des soignés comme des soignantes et de tous ceux qui ont encore la chance de vivre, qu’elles soient jeunes ou qu’ils soient vieux.

    Au delà de sa propre personne sans doute mieux lotie que d’autres, M.Lindon vient par l’image de déchirer l’écran qui nous enrobait depuis bien trop longtemps dans de fantasques léthargies. Il vient tout simplement de rompre le rang après moultes interrogations et recherches auprès d’autres que lui, n’hésitant pas à cracher sur cette classe d’irresponsables sociopathes qui nous gouvernent et dont certains – dont Madame Ouvrard – regrettent qu’il les ait côtoyé d’un peu trop près en un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ; à moins que ce ne fusse que le temps d’un instant au sein d’un isoloir non encore infesté de Covid 19 ? Mais, qu’en savons-nous véritablement et en quoi cela nous regarde t-il puisque l’essentiel vient là, d’être dit ? Puissamment dit, sans faux-semblants.

    M.Lindon dit son fait avec style sur tout un tas d’encombrants personnages dont aux dernière nouvelles, certains désiraient prendre quelques commissions personnelles sur chaque masque FFP2 au cas où ceux-ci arriveraient un jour à bon port. Oui, M. Lindon interpelle avec force et claire diction celles et ceux qui se prenaient hier pour des dieux tandis que ce ne sont en vérité qu’une énième troupe de bras-cassés. De bien sombres marionnettes masquées, faisant ici, peur aux enfants après avoir fomenté là, un hold-up sur la France.

    Propos pesés et magnifiques que ceux d’un Vincent Lindon. Mots simples et fouillés d’un excellent comédien envers une camarilla de bouffons sans foi ni loi qui ont préféré brûler des centaines de millions de masques en pleine pandémie de Covid 19, insuffisamment contents d’avoir auparavant pillé le budget de l’État en achetant en masse des munitions pour fusils d’assaut et des grenades de désencerclement afin de ne jamais plus entendre – croyaient-ils – la colère légitime d’un peuple qui refusait de se voir encore un peu plus détruire.

    A l’heure où ce même gouvernement par son incurie profonde et répétée en arrive à trier les malades atteints du Coronavirus et à les laisser crever comme des chiens chez eux, abandonnés de tous, devrions-nous dupliquer une même et répugnante idéologie ? Nous gardant bien de celles et de ceux qui nous regardent et s’adressent à nous ?

    Robert Filliou – l’artiste – dans un tel contexte, aurait sans doute appelé à un élan supérieur et dans son for intérieur, au delà d’un rire jaillissant, aurait tout autant caressé l’idée d’une république humaine & géniale. Fol celui qui ferait le délicat au cœur des ténèbres françaises !

    A Monsieur Lindon, Jean Valjean reconnaissant.

    A Monsieur Lindon, un membre du peuple reconnaissant.

  10. “Je passe aimablement sous silence ses origines et ses meufs”: est-on vraiment responsable de ses origines ? Ceci empêcherait-t-il la moindre réflexion et le moindre engagement politique ?
    Je rejoins Jacques Seignan dans son commentaire et le “monde d’après” que nous préparent nos gouvernants actuels pour dire que, oui, bien sûr, il faut sortir de la posture de l’indignation qui est celle de V. Lindon mais qui pour contrecarrer les ambitions du MEDEF qui veut simplement nous servir un “anti-36” en allongeant la durée du temps de travail et en supprimant des congés, qui pour empêcher l’adoption définitive de la “réforme des retraites” qui vise avant tout à diminuer de façon drastique la part des retraites liée à la solidarité et à imposer la retraite par capitalisation ? Quelles forces sont capables de s’unir car, à n’en pas douter, ce sera un rapport de forces, comme toujours en politique, mais un rapport très rugueux car notre vision du monde n’a plus rien avec voir avec “la leur”, celle de l’avidité sans bornes, du mépris des autres et du monde et de l’arrogance.

    1. C’est aussi un rapport d’absence , de chaque part et dans le monde , de projet faisant sens et unité sociale , sans rage , fureur ou arrières pensées et intérêts égoïstes cachés , qui explique les désunions ( de chaque part ) et l’abandon des peuples à la barbarie collective et individuelle et à l’accroissement des inégalités .

      Si on ne sait pas marier l’empathie , la créativité , le faire et le courage , oublions la vie .

      Certain prétend que ça passe par les règles comptables , et tout le monde s’en fout .

  11. @2Casa

    “On gagnera donc à être obscur”

    Obscur ? En mode confinement, certainement. Quant aux lendemains qui déchantent…avec les économies mondiales sur le carreau et des millions d’individus itou, dont la majorité n’est pas “millionnaire”, ce qui j’espère ne vous aura pas échappé. M^me avec des financements ie des “nationalisations” provisoires des revenus de la part d’Etat comme la france. What else ? Pas suffisamment clair ? Il vous faut un dessin ?

    Comment les revenus pourront ils revenir “miraculeusement” quand cela “repartira” en mode très ralenti et comment vont se nourrir les individus quand, et c’est demain ie dans quelques semaines, “l’Etat” cessera la distribution ie la prise en charge des revenus qui ne reviendront plus ? Pas suffisamment clair ? Il vous faut un dessin ?

    Merci qui ? Merci Mr N Ferguson mister lockdown !!!!

  12. La vidéo de Lindon il ne faut pas la voir comme un programme complet et structuré pour nous sortir de ma mouïse.
    C’est plutôt dans le registre « coup de gueule ».
    Elle est un peu foutraque, l’accessoire s’y mêle à l’analyse de fond. .
    Mais elle a le mérite d’exister, car quoi ? La gauche ne peut-être s’exprimée que si elle est estampillée Lordon, Mélenchon ou je ne sais-qui ?

    Catherine Ouvrard,
    vous reprochez à Vincent Lindon son manque de radicalité et ses soutiens passés, mais pensez-vous que la gauche et ses idées triompheront si chacun distribue a tel ou tel des petits cartons rouges ?
    Personnellement je pense que le propos de Lindon est déséquilibrée , que chacune de ses parties n’est pas raccord. La première partie où il fait le bilan des précédents quinquennats est excellente, et la suite n’est pas à la hauteur, par exemple il vise les évadés fiscaux comme personnes physiques oubliant les personnes morales (les firmes). Il évoque une taxe Jean Valjean conjoncturelle, sans s’appesantir sur les mesures pérennes.
    Mais quoi ? Était-il nécessaire pour autant de lui un procès d’intention, cela me semble assez malvenu au un moment où la gauche toute entière a perdu son assiette.
    Ce qui doit nous préoccuper c’est l’élévation du niveau général de compréhension de où nous en sommes concernant nos sociétés, notre espèce , ce qui revient à dire que la gauche souffre moins de l’existence ou de l’expression d’une de ses voix, qu’on aura jugé hâtivement de faiblarde, que du manque d’ouverture de chacune de ses parties.

    Bref, Lindon est un trait-d’union, entre ce qui à gauche il y a de plus molasson d’une part et de plus radical d’autre part.

    Oui 2000 euros ponctuellement pour les plus démunis, cela paraît pas grand chose, mais pour ceux qui pourraient en bénéficier là tout de suite, c’est beaucoup. Alors cracher dans la soupe au nom d’une pureté idéologique cela ne relève-t-il pas d’un certain confort moral ?

    Lindon personne ne lui a demandé de faire cette vidéo, il n’est pas encarté, c’est d’évidence une démarche personnelle, non partisane, que trahissent d’ailleurs les insuffisances du propos. Sa référence maladroite à un unique conseiller médical.
    Lindon est est comme beaucoup de nos concitoyens une personne qui s’interroge. Il n’a pas toutes les clés, mais il a un cerveau, une sensibilité, il voit bien que quelque chose cloche dans le système, et qu’il y a des choses profondément injustes et insupportables.
    N’est-ce pas d’abord cela qui compte avant tout pour reconstruire un monde ?
    Alors plutôt que de le renvoyer à ses chères études, entamons avec lui une discussion constructive.

    Allez, pour la route, une petite indignation que n’aurait pas reniée Vincent Lindon, car elle est tellement révélatrice de la mesquinerie criminelle de nous gouvernants : le refus de l’adoption d’un amendement visant à exonérer les plus démunis de frais bancaires pendant la période que nous traversons.

    https://www.marianne.net/politique/le-gouvernement-court-circuite-un-amendement-visant-proteger-les-menages-fragiles-des

    1. Désolé pour les coquilles, et autres fautes d’accord … Je ferai mieux la prochaine fois.

  13. Bonjour à tous,

    La question posée par ces débats autour de Lindon sur Médiapart c’est bien sûr celle de la crédibilité de celui qui prend la parole. Comment l’établir, la valider ou sur quels points la contester ? Dans le cas présent, j’ai l’impression qu’il n’y a pas besoin d’aller jusqu’à répondre à cette question.

    Une petite expérience de pensée toute simple pour aller jusqu’au bout et se sortir de là :
    Qu’aurions-nous conclu à la lecture d’une transcription anonyme du texte de Lindon (ou dit par Lindon, vous verrez qu’on s’en moque bien de l’auteur) ? Qu’il compile de manière chronologique une séléction de faits abondamment diffusés et relayés par tous les médias (soient ceux dits mainstream et alternatifs) depuis quelques semaines. Les effets littéraires (classiques mais toujours efficaces) ne servent pas vraiment un tout où l’absence de raisonnement ou de prise de position idéologique sont des plus marqués. Son apport, en somme, est très limité quand au fond pour qui s’est informé durant ces 3 derniers mois. Ce qui est sans doute le cas de nombre de ceux qui fréquentent ce blog.
    Donc, si ce n’est pas Lindon qui le dit sur Médiapart, une semaine avant le 11 mai du déconfinement, son propos n’obtient aucune visibilité (il précise utiliser sa notoriété dans le texte et les 30 premières secondes de la vidéo trahissent la commande : “J’ai été invité à faire part de ma réflexion”). Mais le texte n’as pas vraiment d’importance : cette vidéo est un girophare ou une sirène. Seule sa visibilité assure l’impact derrière un contenu minimal (comme une lumière qui clignote ou deux tons sonores alternés alertent d’un danger). De ce fait, qui est l’auteur du contenu importe peu parce que seule prime la forme. Plus encore, qui interprète ce texte n’importe que dans la mesure où il sera capable de “faire le job”. C’est-à-dire de disposer d’assez d’élégance et de notoriété pour faire oublier l’artifice.
    Voilà pourquoi la question de l’histoire ou de l’actualité politique de Lindon qui fonderait la crédibilité de son propos n’a pas besoin d’être posée au sujet de sa récente vidéo. C’est un mannequin peut-être co-auteur de sa tenue mais on s’en moque : le but était de frapper fort (les coeurs plus que les esprits) pas d’inventer un nouveau type de boutoir.

    Pour finir, cette vidéo, comme de la musique militaire, c’est de l’agit-prop (ou du goody si on veut tomber dans le mépris, pardon) rien de plus. Mais comme elle est efficace et qu’elle évoque un contenu et des références avec lesquels je me sens plutôt en accord pourquoi ne pas la relayer ? Quitte à la doubler d’une légende de type “on aime sans être dupe et voilà pourquoi : PJ détaille ses arguments”. Ce serait faire de cette vidéo enfin un contenu; pour sortir du Spectacle. C’est déjà ce qui se passe dans ce thread !

    Cordialement.

    1. Merci pour votre proposition d’expérience de pensée, observons donc le texte ex nihilo, débarrassé de son auteur.

      Je ne reviens pas sur l’indignation qui fait mouche à tous les coups, pour ne pas me répéter.
      Je reviens sur les causes de cette indignation avec un exemple parmi d’autres :
      Villepin solde les autoroutes, Nicolas Sarkozy fait absorber Gaz de France par un groupe privé, Suez, et enfin François Hollande, sous la férule de Macron, démembre Alstom pour le plus grand profit de l’américain General Electric.
      On pourrait prendre d’autres exemples du même type car si ce texte manque de sécheresse, il ne manque pas d’exemples. Une autre expérience, plus concrète celle-là, serait d’en supprimer huit sur dix et l’on verrait ce qu’il reste. Des exemples donc mais rien que du déjà lu sur l’enrichissement des riches par l’Etat, la casse des services publics, la répression policière… Suite d’exemples souvent lus à gauche donc, mais, et c’est ce manque ici, analysés clairement à gauche comme conséquences du capitalisme. Ne pas nommer la cause des maux n’est pas anodin. Le texte, très critique sur les effets et en cela très humaniste, pose un tabou sur la cause, le capitalisme, en ne le nommant pas. Le texte exclut de fait le débat politique et l’humanisme dont il est question dans ses lignes n’est pas un humanisme de classe mais un humanisme de bonne conscience dont la droite et le centre sont friands.

      Preuve en est la suite : Si l’on s’accorde pour ne pas changer de système, alors il faut changer LE système. Mais l’urgence est ailleurs. Le texte cite Churchill et clôt le débat, Churchill ne sert plus qu’à cela, et la pandémie arrive dans ici comme un lien de cause à effet qui exclut d’une pirouette le politique. Le texte, à nouveau, s’emploie à éviter toute possibilité de penser la structure.

      Abordons les propositions du texte. Elles ne remettent toujours pas en cause la structure mais l’aménage ponctuellement, avec l’espoir à peine effleuré d’une pérennisation. Autrement dit, espoir que ceux à qui profite le système en viennent à le saboter pour faire place à un humanisme raisonnable face à la sauvagerie qui s’annonce. Et la tribune s’en prend aux fraudeurs, parfait, oubliant seulement que toutes les saloperies énumérées en début de texte (autoroutes, gaz, Alsthom etc) sont parfaitement légales et structurellement très solides. Etait-il vraiment indispensable d’alourdir le texte de ces multiples exemples pour n’en rien faire quand vient l’heure des propositions ?
      Puisque la générosité est de mise, le texte demande aussi aux très très riches de verser leur quote-part, autrement dit, demande à ceux qui ont fait supprimer l’ISF de verser une contribution exceptionnelle. Pas un impôt mais une taxe, un don non-déductible en quelque sorte. Et l’on ne voit toujours rien venir du côté du politique, plus le texte avance des propositions, plus on s’éloigne des causes du délabrement.

      Et toujours rien sur l’écologie, on en reparle dans trente ans alors ?

      1. Bonjour Catherine,

        Salut D3mocrite ! Ça fait bizarre mais c’est rigolo… Tiens, Platon, comment qu’c’est ?! Et Aristote, le seul, l’unique, toujours sur tes jambes ?

        Je vous trouve un peu durs avec ce texte. Dispositif mis à part. On a déjà eu cette discussion ici et sur la multiplication des appels et sur le rôle des personnalités, c’est critiquable mais dans nos sociétés où l’attention est pulvérisée peut-être cela peut-il servir d’ancrage à un certain nombre. Enfin c’est toujours mieux que rien.

        Sur le fond, je trouve le travail de mise en contexte sérieux et si non exhaustif assez bien documenté. Lindon a aussi profité de ses ouvertures pour consulter des spécialistes, ce qu’il n’est pas, comme il nous le rappelle. Modestie et travail consciencieux de documentation, franchement dans l’objectif de clarification de la pensée, c’est plutôt réussi. Temps long du démantèlement néolibéral avec les gouvernements successifs, temps cadencé de la marche forcée de l’actuel président, le cadre général est bien posé.

        Sur le plan des propositions.

        En premier lieu, je vous trouve assez durs. Je ne sais pas si vous êtes des professionnels de la pensée mais manifestement, Lindon, non. Avez-vous sinon oublié vos dissertations ? On rassemble ses idées, tirées d’expériences concrètes, et on essaie de s’élever vers le général, d’en dégager des structures communes et de conceptualiser. Hors professionnels, il n’est pas donné à la plupart de naviguer de concepts bien étayés en concepts dûment établis. J’ai, personnellement, des difficultés à ce niveau-là, le manque de culture du dilettante, comme Lindon, sans doute. Ce qui établit une claire partition entre “pros” et “amateurs”. Mais ne devrait exclure a priori ni les bonnes volontés, ni les “citoyens concernés” !

        Lindon est un amateur, cela ne fait aucun doute, mais c’est à travers le particulier qu’il parvient à illustrer le général. Pourquoi ?

        Sa première mesure le porte vers la “redistribution” et “l’impôt”, à tout le moins une “contribution exceptionnelle”, qu’il espère voir se pérenniser : “une fois peut devenir coutume”. C’est sans doute très français mais cela ne touche pas moins à des questions fondamentales, dont les inégalités, leur mode de réduction “courant” ou “à système équivalent” si on veut être critique, et, derrière encore, la “propriété” qui viendra si on tire sur le fil. Pour un début c’est pas si mal. Et s’il ne remonte pas à l’idée générale derrière, qui pourrait l’en blâmer ?

        On en reparle après 3 autres mois de confinement, un semestre universitaire !

        À la limite, la critique que l’on pourrait lui faire est la suivante : “Pourquoi ce montant arbitraire de 10 millions d’euros ?” À 1.5 millions d’euros la vie de smicard, pourquoi 6 vies et pas 10 ou 3 ? Si sa fortune personnelle s’élève à 9 millions d’euros… Bon. Mais après tout, pourquoi pas ? D’autres critères pourraient apparaître plus pertinents comme la nature du patrimoine par exemple, sachant que la diversification intervient après un certain seuil et la détention de certains biens immobiliers. Bref, c’est discutable mais l’idée sous-jacente est la bonne. On attaque le capital à défaut du capitalisme, de quoi se plaint-on ?

        Il propose ensuite différentes mesures :

        1/ Frapper d’indignité ceux que l’on décore actuellement. Quand on voit à qui on la refile la Légion d’Honneur… C’est pas la plus mesurable des dispositions mais si on arrêtait de marcher sur la tête au niveau des valeurs ce ne serait pas un bon début pour une “république exemplaire” ?

        2/ Instituer des contre-pouvoir ;
        3/ Responsabiliser les élus ;
        4/ Sanctionner sévèrement (et rapidement) les dérives ;

        Il le dit lui-même, ces mesures sont de natures différentes (constitutionnelles, législatives, judiciaires) mais il me semble qu’elles touchent toutes à ce qui vient “spontanément” à l’esprit dès que l’on commence à réfléchir à ces problèmes : le problème n’est pas tant dans les individus (qui devront malgré tout pouvoir être sanctionnés afin de rétablir la confiance = dispositions judiciaires) mais dans les “structures”.

        On le voit, pas de contre-pouvoirs et monarchie présidentielle avec inversion du calendrier législatif et le blanc-seing signé toutes les x années au meilleur bonimenteur qui, aussitôt élu, s’empresse d’oublier ce sur quoi il s’était engagé.

        À travers des mesures simples et compréhensibles (mandats impératif et/ou révocatoire par exemple) on voit qu’il est remonté des “hommes corrompus” aux structures qui les autorisent et cherche à les contrecarrer. Parler de “corruption” est sûrement naïf – je compte sur monsieur Morlie pour nous faire un truc bien compliqué là-dessus ! – et certainement difficile à établir mais l’intégrité est de nouveau promue et les moyens de l’instaurer, de la pérenniser, de la récompenser ou d’en sanctionner les manquements, établis. Que demander d’autre quand la “confiance” doit être rétablie entre dirigeants et citoyens ?

        S’il fallait être critique ici, je laisserais bien plus volontiers la place au diligent et réactif Lordon : https://blog.mondediplo.net/ils-ne-lacheront-rien
        Les structures c’est bien beau mais encore faut-il pouvoir accéder aux leviers pour les mettre en place ou les transformer et, quand bien même on parviendrait à les mettre en place, faudrait-il encore que le Lordon, décidément échappé du peloton, ait tort à nouveau : https://www.youtube.com/watch?v=rWnFw_g-VqI&list=PLjNf32p7869tEJvnJMlXXIBzS42p9z5AC

        Autant dire que bon… Ce sera pas un dîner de gala, quoi.

        Voilà, je ne sais pas si j’ai perdu du monde en route, merci si vous m’avez lu jusque-là. Toujours est-il que je trouve la critique un peu rapide et pas toujours très clairvoyante, ni sur l’homme – je ne parle même pas des attaques personnelles – ni sur l’effort produit, qui, par beaucoup d’aspects ressemble à ce que nombre d’entre nous, ici, et moi le premier, simples citoyens concernés et un petit peu réinvestis dans la chose publique – libérés que nous sommes des contraintes matérielles et de la course folle du système – sommes capables de produire de mieux.

        Encore quelques semestres de patience et peut-être serons-nous à la hauteur de vos aspirations ? 🙂

  14. à Juannessy. Tu quoque fili ? Désigner le grand ennemi chinois comme le diable qui nous menace ? “Les chinois à Paris” était un film comique de Jean Yanne en 1974. Il est devenu un fantasme bien pratique de la bourgeoisie occidentale !
    Ok pour les chiffres, la Chine détient 40% de la dette des pays africains. Ce prêt a été multiplié par huit en dix ans.
    Rappel toujours utile : la Chine représente aujourd’hui 18,7% de la population mondiale. Elle en représentait 25 % en 1970 — quand elle a entamé sa politique de limitation des naissances et que l’explosion démographique de l’Inde et de l’Afrique en était à ses débuts. La population du camp “occidental” doit représenter moins de la moitié de celle de la Chine, notre détention de dette africaine devrait donc être de moins de 20 % pour être “plus honnête” ! Est-ce le cas ? J’en doute !

    Mais ce prêt est il illégitime, insoutenable, odieux, etc. ? Les investissements sont-ils surdimensionnés et “du rêve”, comme le dit l’article ? La Chine provoque-elle des guerres de l’Opium, du Canal de Suez, du Pétrole ? Bref, de l’impérialisme ? Le PSG, l’OL et L’OM sont-ils détenus par l’Etat chinois ?
    Et le pire exemple d’investissement est le barrage d’Inga sur le fleuve Congo, un fleuron des ingénieurs et bétonneurs belges, entamé en 1958, qui a longtemps mal fonctionné et qui pèse sans doute toujours sur la dette du Congo…
    Oui, la Chine vit une révolution industrielle et envahit le Monde. Et que firent l’Angleterre, la France, les USA ?
    (Pour le reste, je suis en accord avec vos réflexions. Je viens de répondre à Seignan moi aussi. Ma réaction ici c’est : évitons les clivages mal placés !)

    1. Je ne pointe pas la Chine comme ennemi . Je dis seulement qu’elle emboite le pas de tous les empires colonisateurs qui l’ont précédée , et quelle ne montre aucun signe dans le sens des propositions majeures de notre hôte ( et qui font en principe qu’on est là hormis le plaisir d’échanger sur la météo et les qualités ou turpitudes de chacun ).

      Je pointe qu’entre Chine et USA nous ne pouvons compter que sur” nous mêmes” et ….autre chose , pour échapper à un système économique ou à un système impérialiste . Ce dont se contrefichent nos deux lascars , excusez du peu ;

      Pour le ” nous mêmes ” , j’ai souvent dit à quel niveau minimal il devrait être pour “naître” . Mais les “nous” ne sont pas au rendez vous ( et encore moins en Gaule qui n’a de nous ni à droite , ni à gauche ).

      On est parti pour subir la fin de partie jouée par ceux qui peuvent se permettre de rire de nos chicanes de cour de récréation .

  15. Il y a probablement au sein de chaque groupe humain des personnes douées pour résister au dévoiement et d’autres plus à même de produire du mouvement : il doit bien y avoir quelque chose comme ceux qui poussent au flanc pour ramener le mammouth sur la piste et ceux qui poussent à l’arrière pour le faire avancer. Il est difficile que ceux dont la position de retrait permet d’éviter les écueils parviennent à développer l’entrain qui déplace des masses.

    En somme, il se pourrait bien que la circonspection soit une nature, que l’impulsivité une autre (pardon pour la palisse) et que très peu d’humains s’en trouvent dotés à parts égales. D’où s’en suivrait une certaine difficulté de faire cohabiter au sein d’un même “courant politique”, ces deux natures également utiles, je crois, pour faire société. Pour aller un peu vite on pourrait dire que la gauche pêche souvent par excès de circonspection et que la droite… Eh bien remettons cette histoire de droite à plus tard.

    J’ai donc écouté Vincent Lindon pour l’impulsivité qu’il faut bien lui reconnaître et j’ai trouvé une chose regrettable : il imagine (sans doute par excès de prudence – une sur compensation d’impulsif) qu’il serait possible d’entrer véritablement en révolution en commençant par solliciter la générosité des possédants.

    C’est une hypothèse dangereuse :
    * ou les possédants acceptent de bonne grâce (Vincent Lindon prévoit une esquisse d’injonction sans plus) auquel cas la révolution sera ramollie voire remise à plus tard et ce n’est bon pour personne ;
    * ou les possédants se dérobent (le peuple a faim, qu’il mange donc du pain!), auquel cas ils s’exposent à une cruauté inutile mais inévitable du plus grand nombre.

    Il serait donc plus sage, à mon avis, que le plus grand nombre déterminât la trajectoire qui serait la plus appropriée pour faire advenir un autre monde, sans s’exposer à être pris en otage ni à devoir exercer sa cruauté envers quelque catégorie.

  16. En réponse au « droit de réponse » original.

    Je ne savais pas situer Vincent Lindon sur l’échiquier.
    Les personnages qu’il incarne sont plutôt humains et sympathiques, je m’interdisais pour autant de penser connaître l’acteur.

    J’apprend donc son soutien à Bayrou, puis à Macron, aux présidentielles.
    Sa prise de position est d’autant plus importante.

    Depuis 30 ans, la gauche a fondu comme neige au soleil. Il n’est plus possible d’espérer changer les choses avec une majorité de gauche.
    La prise de conscience, par ceux qui ont soutenu Macron, la droite, le libéralisme, de l’incompétence, la bouffonerie et la corruption de son entourage, crée une réelle opportunité.
    S’il faut juger les gens sur leur passé, que dire de Paul Jorion, qui a travaillé pour les banques américaines, et proposé des réformes (pfff! réformes!) du système financier international?

    Je n’aime pas accuser les gens. Celui qui a écrit ce « droit de réponse » n’est peut être pas un imbécile. Mais cette prise de position, clairement, est imbécile. Staliniste, stérile, rétrograde.
    Pierre I.

    1. Oui ! Que dire de Paul Jorion ? La force irrépressible de la rédemption peut-être ? Et encore …

      P.S. Je rappelle ma version : que j’y suis allé pour voir comment ça marchait et le raconter un jour – ce qui fut fait. Ce qui ne veut pas dire que j’aie détesté ce que j’ai fait dans la banque (projets pionniers du trading à haute fréquence, risk-based pricing, systèmes de prêt entièrement automatisés). Pas plus que je ne regrette avoir été pêcheur en mer ou fonctionnaire des Nations-Unies, je ne regrette d’avoir été 18 ans dans la banque.

  17. Bonjour
    se pourrait il que P. Jorion se marre, discrètement en retrait dans sa chère Bretagne, de tout le barouf un peu stérile produit par la vidéo de V. Lindon et tous les commentaires induits ???

    1. Absolument pas ! Mais vous connaissez mon agenda (pas très) secret : que les gens de gauche cessent de s’étriper sur des queues de cerises !

  18. Bonjour 2Casa

    Je suis d’accord pour dire avec vous et avec Lordon que la suite ne sera pas un dîner de gala.

    Par ailleurs, pouvez-vous préciser ce que vous entendez par « attaques personnelles » ?

    S’il s’agit du passage sur les origines sociales et les compagnes de Lindon, puisque ce passage semble froisser des lecteurs, je m’en explique.

    Les faits ne sont pas des attaques, ce sont… des faits. Ce ne sont pas des reproches, ce sont des faits.

    Ce fait incontestable, l’origine sociale, n’a-t-il aucune influence sur la représentation que nous nous faisons du monde et sur nos attitudes sociales (les rencontres par exemple) ? Même si nos opinions se construisent tout au long de la vie, ne s’appuient-elles pas sur une cohérence historique qui constitue un foncier et structure notre pensée ?

    Je ne juge donc pas l’individu Lindon sur ses origines, je ne porte aucun jugement moral sur un fait dont il n’est évidemment pas responsable, je constate simplement ce fait et j’avance que si Lindon ne s’attaque pas aux causes qui produisent les effets qu’il dénonce, c’est qu’il est aussi agi, comme tout un chacun, par ce foncier historique.

    1. l’origine sociale, n’a-t-elle aucune influence sur la représentation que nous nous faisons du monde et sur nos attitudes sociales ?

      Si ! bien sûr ! Voyez Karl Marx, Jenny Marx (von Westphalen – descendante du duc d’Argyll), Friedrich Engels (millionnaire), Che Guevara (descendant de José de la Serna e Hinojosa le dernier vice-roi espagnol du Pérou) : rien ne vaut une bonne révolte contre le milieu familial !

      1. Si notre bon Vincent tourne aussi mal, j’en serai ravie. On peut rêver qu’à son âge avec sa vidéo comme programme, il devienne notre Che, et je vous promets alors de battre ma coulpe.

      2. C’est pour ça que Catherine ne ressemble en rien à son grand père Gaston .

        Dont j’ignore le foncier historique .

      3. Et Victor Hugo, fils d’un général d’Empire, qui commença sa vie politique comme royaliste et qui avait reçu de Louis XVIII une pension annuelle de 1000F ! Certes, ce n’est pas exactement une révolte directe contre son milieu familial mais un beau parcours de la droite vers la gauche.

        1. Sur la trajectoire de Victor Hugo de l’extrême-droite familiale à l’extrême-gauche, voir le splendide Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo (Gallimard 2011) d’Annie Le Brun.

          Spoiler : ça débute par sa révulsion devant les exactions des troupes françaises en Espagne auxquelles il assiste aux premiers rangs, son père étant général des troupes d’occupation.

      4. @ Paul Jorion,
        Merci ! j’ajoute à ma liste.
        Grâce à toi, j’ai découvert cette voix unique, exceptionnelle, des rares qui nous font comprendre notre monde dans sa folie.
        J’en profite donc pour signaler ces deux livres aux visiteurs de ton blog :
        Annie Le Brun,
        “Du trop plein de réalité” – Folio / essai
        “Ce qui n’a pas de prix” – Stock

        Elle fait partie de ces auteurs dont on sait qu’on lira tous les livres…

    2. Bonjour Catherine,

      Merci pour votre réponse.

      Je pense que nous ne sommes pas là pour faire sa psychanalyse, nous n’en avons ni les moyens, ni les éléments. Il suffirait d’un contre-exemple… Que pensez-vous de Taddéï ? Noailles, Engels… 😉

      Je ne crois pas même qu’il passe sous silence son adhésion au macronisme : “le formidable espoir soulevé par Macron etc”. Tout le monde peut se tromper. Avoir droit à une seconde chance si on en est là.

      Jugeons plutôt sur les actes et celui-ci me paraît plutôt prometteur. Si la réflexion n’a pas atteint des sommets, nous sommes, et malgré l’influence délétère de certains, dans le même cas de figure qu’avec les gilets jaunes, à savoir une remontée aux principes et à l’acquisition d’une vraie culture politique. Après des décennies de désinvestissement, je ne vois pas comment on pourrait “cracher dans la soupe”, ni sur le moindre soutien.

      Je trouve sa filmographie récente plutôt positive, serait-il pour autant ce Machiavel que vous décrivez ? Il ne s’est pas propulsé vers l’avant, on le lui a demandé (Médiapart) et il s’est acquitté de la tâche avec modestie et sérieux. Franchement, on va pas pinailler. En attendant la suite…

      Bonne journée !

      1. Allez théia, Allez Théia Allleeeez (sur l’air classique des supporters)

        (“aléthéia” ~ révélation, la page wiki française est trop trustée par les Heideggeriens, cela référe à un surgissement de la vérité,
        qui avait été “oubliée” (a – léthé ~ non-oubli), et c’est attribué aux présocratiques, et j’ai l’impression que les heideggeriens disent que Platon et (argh) Aristote notre stagyrite irremplaçable ont zigouillé la notion de départ des pré-socratiques.

        Peut-être s’agissait-il au fond de la dynamique d’affect des uns et des autres : les présocratiques pas encore blasé d’expérimenter une langue asymétrique sur une société à la prospérité et la complexité croissante (augmentation des tailles des cités, donc gouvernance en question, qui sera le chamane des chamanes), et les socratiques et Aristote qu’on pourrait dire blasés, et qu’on dira surtout inspiré et gros bosseur pour le second.
        Pour l’excuser, le Stagyrite : n’avait pas de blog ; l’agora fermait la nuit, non ? Et la boulè aussi ? )

      2. Salut Timiota (majuscule ou pas ?),

        J’ai pour ma part trop surfé sur le Léthé avec trop de Lotophages ! 😉

    3. @ Catherine Ouvrard,
      Je fais partie des “lecteurs froissés” ( @Arkao a parlé de “procédés malodorants”). Vous persistez à dire que ce sont des faits : oui, mais d’une part vous suggérez d’aller voir sur Wikipédia sans les dire et d’autre part, nous nous fichons complètement de savoir quelles furent les compagnes de VL.
      Dans ma jeunesse j’ai bien connu ces gens qui renvoyaient systématiquement à l’origine de classe et à la pureté des engagements.
      Pour l’anecdote, un copain qui était en CAPES de russe et membre de PCF était allé plusieurs mois en URSS (il parlait russe). À son retour dans sa “cellule” (vers les années 70) il avait dit sa grande déception du paradis soviétique. Les camarades lui ont qu’étant fils de militaire, on comprenait que sa conscience de classe n’était pas développé. Encore un qui désespérait Billancourt…
      En vous lisant c’est ce genre de souvenirs désagréables qui me sont revenus…

  19. Je voudrais un instant revenir aux propositions de Vincent Lindon, au ras des pâquerettes ou à hauteur de bouse (à hauteur de mon animal totémique, le bousier, admirable par sa ténacité à pousser sa petite boule de crotte).

    D’abord parlons de la Légion d’honneur. Il y a plusieurs manières de se la voir décerner et ensuite d’être promu dans la hiérarchie des grades dont le plus élevé est celui de grand-croix.
    L’épidémie de covid-19 a frappé de nombreux Résistants qui avaient survécu aux geôles de Vichy, de la Gestapo, à la déportation, aux camps de la mort. Tous étaient décorés. Rendons hommage à deux d’entre eux à titre d’exemple :

    – Henri Ecochard († 96 ans) héros des Forces Françaises libres, officier de la Légion d’honneur.
    – Frida Wattenberg († 95 ans), figure de la Résistance juive, chevalier de la Légion d’honneur.

    Ces héros anonymes n’ont certainement pas recherché les décorations et à obtenir des grades.

    Considérons maintenant une autre manière d’avoir le ruban rouge et de ramper vers le haut.
    M. Marc Ladreit de Lacharrière est lui au grade suprême : il est grand-croix. Ses mérites au sein de la classe dominante sont éclatants. Certains évoqueraient un parrain, mais cela à titre affectueux, un parrain étant celui qui aide ses filleuls quand ils ont des difficultés. Bientôt avec le procès Fillon, on pourrait évoquer sa générosité mais il est libéré de cette affaire désormais. Avec son « plaider coupable » il a été condamné à 8 mois de prison avec sursis et une amende de 375 k€ (sans doute aisée à payer avec une fortune de 4.3 milliards €). En outre il a ainsi sauvé son grade ; les mauvaises langues dans la presse expliquant « qu’il est vu attribuer le grade de grand-croix (…) le 31.12.2010 par décret présidentiel, sur rapport du Premier ministre François Fillon » et suggèrent que cette condamnation inférieure à un an lui a permis de conserver sa belle décoration car « en cas de condamnation à au moins un an de prison ferme, l’exclusion est automatique ».

    Passons aux impôts. Les citoyens étasuniens où qu’ils soient dans le monde doivent payer leurs impôts au fisc de leur pays ─ je sais bien qu’ils n’en payent plus beaucoup, merci Reagan.
    Ce n’est pas le cas en France. On nous dit que ce serait impensable, que nous n’avons le poids d’une puissance impériale qui impose partout sa domination judiciaire (on le vérifie dans le monde des affaires). Alors si on copiait les Américains, ça ne pourrait pas marcher. Mais si on ajoutait que leur retour dans leur chère contrée leur serait interdit sans poursuites judiciaires pour fraude fiscale ? Je ne suis pas naïf : vivre dans un manoir ou une île loin de France est acceptable et on voit les limites de ce genre d’idées.

    Pour conclure, j’ai donc trouvé excellente cette proposition de V. Lindon :
    « Rendre passible de longues années de prison ferme tout acte de corruption avérée d’un élu. Parce qu’elle menace dangereusement la démocratie, en décourageant le vote notamment, la corruption politique me paraît un crime plus grave qu’un braquage de banque. » Entendu que la prison enlève les décorations si « chèrement » acquises.

    Je sais, ce n’est pas révolutionnaire mais j’ai l’intuition que ce serait inacceptable, révoltant, pour certains sans qu’ils puissent le justifier aux yeux de tous. Dévoiler !
    Tout ce qui aide à ébranler un système est bon à prendre : tout est affaire de prise de conscience et de rapport de force. Une servitude est aussi volontaire. Songez à l’impact d’un fait divers avant 1789 : l’affaire du collier de la reine.

    Nous, citoyens qui ne sommes pas de subtils stratèges politiques ou des juges implacables de toutes les paroles émises selon leur origine, nous aimons les choses concrètes qui sont le carburant de nos futures révoltes : des affects, comme l’indignation chère à Stéphane Hessel.

  20. “Peut-être s’agissait-il au fond de la dynamique d’affect des uns et des autres”,
    à un instant T.
    C’est tout le mérite du texte de Catherine Ouvrard, d’avoir saisi cela avec une certaine poigne, celle d’un être qui avance déterminé et déterminé politiquement aussi.

    1. @octobre 12h21
      Pardonnez-moi… ceci que vous écrivez ( ” C’est tout le mérite du texte de Catherine Ouvrard , d’avoir saisi cela avec une certaine poigne, celle d’ un être qui avance déterminé et déterminé politiquement aussi . ” ) a attiré mon attention… et me commande de m’interroger plus avant .. :
      Mais qui est donc ce(tte?) Catherine Ouvrard..?? …et surtout .. d’où parle-t’il(elle)…??
      Auriez-vous la gentillesse de m’éclairer ..tout en excusant la hardiesse du questionnement , qui résulte sans doute de mon probable manque de culture.

      1. @ Otromeros, très bonne question …
        On peut penser à la “réciprocité”, riche concept développé par à Dominique Temple…

  21. Il y a 6 jours a été publié une tribune dans Le Monde.
    «Un collectif de personnalités, dont Madonna, Cate Blanchett, Philippe Descola, Albert Fert, lancent dans une tribune au « Monde » un appel, initié par Juliette Binoche et Aurélien Barrau, aux dirigeants et citoyens pour changer en profondeur nos modes de vie, de consommation et nos économies.»
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/05/06/non-a-un-retour-a-la-normale-de-robert-de-niro-a-juliette-binoche-de-joaquin-phoenix-a-angele-l-appel-de-200-artistes-et-scientifiques_6038775_3232.html
    ======
    En voici le texte pour les non-abonnés ;
    « La pandémie de Covid-19 est une tragédie. Cette crise, pourtant, a la vertu de nous inviter à faire face aux questions essentielles.
    Le bilan est simple : les « ajustements » ne suffisent plus, le problème est systémique.
    La catastrophe écologique en cours relève d’une « méta-crise » : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. A la différence d’une pandémie, aussi grave soit-elle, il s’agit d’un effondrement global dont les conséquences seront sans commune mesure.
    Nous appelons donc solennellement les dirigeants et les citoyens à s’extraire de la logique intenable qui prévaut encore, pour travailler enfin à une refonte profonde des objectifs, des valeurs et des économies.
    Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture.
    Pour ces raisons, jointes aux inégalités sociales toujours croissantes, il nous semble inenvisageable de « revenir à la normale ».
    La transformation radicale qui s’impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. A quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence.»
    =======
    Voici mon commentaire, avec ma conscience politique limitée.
    Je trouve ce texte parfait. Oui, des analyses détaillées manquent sur les causes profondes et se conclut bien sûr par des vœux pieux mais dire “à quand les actes ?” n’est pas sans intérêt pour la suite.
    Alors je pose une question simple.
    Dans cette liste de 200 personnalités, en majorité célèbres, riches, reconnus, certains compromis dans leurs vies passées (ou présentes?) avec les pouvoirs, combien passeraient-ils le crible idéologique (avec en sus l’évaluation de leurs vies passées : avec qui tu as couché ? combien tu as gagné ? pour qui tu as voté ?) de Catherine Ouvrard pour avoir le droit de se joindre au combat commun pour la survie de l’espèce ?
    Obtiendraient-ils leur “attestation dérogatoire” pour cela ? Sinon devraient-ils comme V. Lindon la fermer ?
    (Il est évident que j’écris ça car moi-même, je ne sais pas si je l’aurais.)

  22. Vous êtes tout excusé Otromeros, c’est de bonne guerre.
    Origine familiale : classe moyenne depuis les trente glorieuses et avant cela ouvriers agricoles.
    Statut actuel : classe moyenne, rien de plus, nulle part encartée.
    Pour situer, vote Mélenchon au premier tour, abstention sans hésitation au deuxième tour.
    Pas de pseudo Otromeros, mon nom est bien Catherine Ouvrard.

  23. @Catherine 17h45.
    Merci d’avoir pris la peine d’intervenir en apportant ces précisions que je sollicitais d’@octobre , considérant , peut-être à tort , les indications de sa fin de commentaire au premier degré…
    Au plaisir de vous revoir sur ce blog… au moins.

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