Marathon des sciences, « Combien existe-t-il de vérités ? Réponse : 2 ! », le 3 août 2019

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Mon intervention l’été dernier à Fleurance, à propos de la notion de « post-vérité ».

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45 réflexions sur « Marathon des sciences, « Combien existe-t-il de vérités ? Réponse : 2 ! », le 3 août 2019 »

  1. Ah Fleurance! Souvenir de 2012, j’y suis passé en faisant mon chemin de St Jacques. Maintenant je suis arrivé à Sahagún .

  2. Ah!La notion de vérité ! Le pouvoir actuel tente d’imposer SA vérité, telle que concernant le projet de retraite universelle comme s’il s’agissait d’un axiome, donc ne devant pas être étayée par un raisonnement rationnel, appuyé par un chiffrage et la divulgation d’un simulateur précis permettant à chacun de se faire une opinion : de deux choses l’une, ou le pouvoir cherche à occulter le véritable enjeu de ce qu’il présente comme une réforme, ou, il est parfaitement incapable d’étayer ce qu’il avance s’étant lancé de manière légère dans ce projet à caractère idéologique?
    J’aime beaucoup les interventions de Monsieur Gérard Miller, psychanalyste professeur des universités, démontant les raisonnements de ses interlocuteurs, politiques et journalistiques, allant dans le sens du pouvoir.
    Je constate par ailleurs, un énervement toujours de plus en plus accentué de la frange politique au pouvoir lorsqu’elle doit faire face à une contestation construite dans son raisonnement: sommes-nous à la veille d’un coup d’État des ‘élites’, désirant imposer ses vues coûte que coûte avec pour corollaire une guerre civile qui, espérons-le, ne sera pas sanglante ?

  3. Bonjour,

    L’enchaînement des concepts est remarquable tout au long de l’exposé, vous devriez avoir convaincu (1). Il me semble cependant que votre argument terminal concernant la polarisation (effective) de nos sociétés, avec comme viatique le recours à la méthode scientifique comme fondement de la vérité en tant que savoir partagé, est devenu discutable dans le cadre social actuel (2).

    C’est que la rationalité est aujourdhui mise en spectacle par des truqueurs, entre autres et précisément sur un point fondamental, du fait qu’un sous groupe social s’est vu confié la légitimité scientifique sur les causes anthropiques du réchauffement climatique(2).

    Reprenons les faits d’observations :

    – Les plastiques, l’agrochimie, l’absence de maîtrise sur le nucléaire militaire et civil mettent en cause la survie de l’espèce

    – La planète se réchauffe indubitablement, ce qui dans le contexte de l’organisation techno socio-économique globale, met en cause la survie de notre espèce.

    Ces deux faits ne sont pas contestables et permettraient, s’ils’ étaient mieux connus, de partager vos raisonnements conduisant au fait qu’il faut en finir avec le capitalisme.

    Par contre, et c’est un fait d’observation, il est désormais – hérétique – de mettre en cause l’ordre de grandeur de l’apport du carbone anthropique dans le réchauffement climatique, lequel calculé par des méthodes rationnelles, serait situé entre 1% et 2% de l’augmentation du taux de carbone dans l’atmosphère, lequel comme les observations sur de longues périodes le prouvent accompagne naturellement les phases de réchauffement climatique. Le point essentiel, est qu’il n’est plus possible de discuter de dizaines d’autres aguments inverses à la doxa !

    Constatons par ailleurs que la presse « mainstream » diffuse des informations fausses, mais d’apparence rationnelle et scientifique du type:

    « Le niveau de CO2 dans l’atmosphère à son plus haut niveau depuis 3 millions d’années » .

    L’express 06/04/2019 à 17:47 (reprises de l’AFP).

    Or cette affirmation est rationnellement fausse, nous nous trouvons de fait aujourd’hui au plus bas c’est-à-dire à 400 PPM, équivalent à celui de permien (il y a trois cents et million d’années), avec dans l’intervalle jusqu’à nos jours , une moyenne de 1.500 PMM et un pic des indiscutables à 2.000 PPM au jurassique!

    (1)Il serait en effet nécessaire de remplacer l’approche historique de la philosophie dans les lycées, par un commentaire illustré de « Comment la réalité et la vérité furent inventées » et pour le » b à ba » en IA, par l exposé de l’articulation des concepts précisée dans Principes des systèmes intelligents.

    (2)Face aux positions d’experts faillis, Isabelle Stengers propose une solution qui va, d’une certaines façon, dans votre perpective: il s’agirait « faire sens en commun ».

    A quand l’ Université Populaire « Onfray, Stengers, … Jorion, … ?

    1. Jean Stengers était un extraordinaire historien : j’ai énormément appris, rien qu’à l’écouter. J’imagine qu’Isabelle, sa fille, a également beaucoup appris à l’écouter ;-).

      1. Tout d’abord, « on » vous a donc présenté les « vrais » chiffres ! Et quels sont-ils selon « on »?

        Très cordialement.

      2. « On » me dit que les chiffres que vous présentez sont à la page 32 du Manuel de propagande négationniste climato-sceptique, vous en avez sûrement d’autres à présenter non 😉 ?

      3. Les chiffres de windsair sur le niveau de CO2 dans l’atmosphère à certaines époque préhistorique sont avérés.

        Il semble qu’on mesure jusqu’à 3000 ppm sous l’ordovicien. Ce qui n’empêchait pas la présence de calotte glaciaire d’ailleurs sur les pôles.

        Mais c’est comme avec la monnaie, faut pas comparer les niveaux de concentration en valeur absolue dans les temps historiques et les taux actuels sans mettre en avant la notion d’équivalence. Ainsi le forçage radiatif du soleil il y a 500 millions d’années était différent, d’autres paramètres aussi sont à prendre en compte, comme le volcanisme, les compositions géologique, la flore rien n’est mono factoriel en la matière. Ainsi tes 3000 ppm il y a 450 millions d’années équivalent à 500 ppm de nos jours !

        Un niveau « équivalent » de concentration et « proche de nous » sur plusieurs paramètres importants, on l’a connu au Pliocène. Soit il y a 3 millions d’années. Et avec une stabilité de plusieurs milliers d’années. Ben vous savez quoi, le niveau des océans étaient supérieur de 25 m à celui du présent… Oui Monsieur, 25 m de plus. Toutes les villes côtières du monde sont rayées de la carte. Et 60% de la population mondiale vit à moins de 60 Km du littoral. Soit presque 4 milliards d’individus, oui Monsieur 4 milliards !

      4. @Cloclo
        Pouvez-vous nous fournir le tableau d’équivalence entre les ppm d’il y a des millions d’années et les ppm d’aujourd’hui, ainsi que le graphique d’évolution du forçage radiatif du soleil 😉
        Quelle idée aussi de construire des mégapoles au raz de l’eau.

      1. « Il y a des gens qui marchent sur la tête, lui il pense avec ses pieds. »

        Cool, vive le pôle Sud ! Les pingouins ont le pied vif, intelligent, pétillant et drôle, l’orteil courtois, joyeux et détendu du string, que du bonheur ! Au pôle Nord ? Yep, bonne tête à l’endroit, bien encalminé, bien compassé et bien raide dans ses pompes et dans ses certitudes. Bof, bof, bof. De fait. Entre autres.
        D’aucuns s’en amusent. À raison.

    2. Je n ai jamais compris pourquoi un enfant de 5 ans est parfaitement apte a comprendre le principe du réchauffement climatique ( qui ne demande que du bon sens et pas la moindre connaissance scientifique autre que celle du mécanisme de l effet de serre qui permet la vie ) et pas le male blanc de plus de 50 ans !
      Je soupconne un égoisme forcené , mais il est difficile dans apporter la preuve autre qu ’empirique !

      1. Non la main , relisez bien le commentaire de cloclo , vous pouvez avoir 3000 ppm de CO2 dans l’atmosphère et des calottes glaciaires sur tout le globe , on pourrait même imaginer de la neige carbonique ! n’en déplaise à Greta Thunberg , il y a des nombreux autres facteurs qui pèsent dans la balance , en premier lieu le forçage radiatif du soleil evidemment

      2. Non pas le forçage radiatif du soleil en premier lieu. C’est la combinaison de pleins de facteurs. Un super continent, situé vers le pôle sud, une super éruption, une inclinaison terrestre, un soleil plus jeune et paf des glaciers avec 3000 ppm de CO2 dans l’atmosphère. Et puis c’est tout. Mais rien à voir avec maintenant.

        Ou 400 à 500 ppm c’est pour nous un sacré bordel en perspective dans notre configuration Terrienne actuelle… Et puis c’est tout aussi.

      3. Non cloclo c’est bien l’énergie provenant du soleil qui compte en premier lieu , qu’il s’emballe un tant soit peu nous serions tous cramés comme de simples merguez qu’il y ai un fort taux de CO2 dans l’atmosphère ou pas

      4. Bon blinblin, ton pseudo est aussi tordu que le mien, mais faudrait que tu comprennes que cela ne veut pas dire que je sois aussi tordu que toi.

        Dans l’augmentation actuelle des températures, attention tu lis bien hein, augmentation actuelle, le soleil, cette grosse boule thermonucléaire, n’a strictement aucune, attention tu lis bien hein, aucune, mais alors là aucune responsabilité. Ca t’en bouche un coin hein ? Il bosse chaque jour pareil, un vrai petit V8 ronronnant. Il aurait même en ce moment un petit coup de baisse de régime pendant encore 100 ans, qui attention tu ne vas pas en croire tes yeux, qui limiterait en fait l’augmentation encours, limiterait pas inverserait hein, t’as capté ?

        Non, il se passe qu’on a nous branché le conduit d’échappement sur l’amenée d’air frais de notre bon vieux tacot sidéral.

        Alors oui c’est sur que si il devient une géante rouge demain matin ou qu’il s’évanouit dans la nuit, ça va régler définitivement cette discussion, mais sinon, intègre qu’il n’y ait pour rien dans le changement climatique encours. Je sais que tu en doutes hein, vu que c’est le soleil bon sang, c’est lui qui nous file 99,9% de notre énergie, bon dieu, mais c’est bien sûr. Ben non.

      5. Oui oui ça ronronne mais il y a des baisses de régime, et jusqu’où ? Comment vous tourner le thermostat avec vos petites mains ? en espérant qu’ont ai assez de réserve de gaz à effet de serre alors pour pas finir gelés !

    3. Ces chiffres sont très interessants , après ont peut avoir une vision anthropocentrique comme cloclo et croire que ce gaz provenait des émissions d’une civilisation disparue avancée comme las atlantes 🙂

      1. Euh, cher blinblin il me semble pas avoir avancée une hypothèse comme les atlantes ? Faut pas trop délirer coco.

        Simplement et pour faire court, et pour inciter Arkao a se bouger les fesses pour lire un peu la littérature scientifique sur le sujet, tout est tout le temps multi factoriels.

        Primo, l’échelle de temps dans la concentration, ensuite les facteurs comme le soleil, moins brillant et moins chaud il y a 500 millions d’années par exemple, le volcanisme, la géologie et composition des roches suivant les ères, le type de flore et de faune, les évènements comme l’émergence d’un isthme, la dérive des continents, l’orbite et l’inclination, le changement de pôle magnétique, un choc de météorite, les courants changeants, les boucles rétroactives et ainsi de suite, font qu’une concentration de 3000 ppm de CO2 dans l’atmosphère, peut avoir des conséquences différentes suivants les époques. Ben oui suivant le paramétrage du système, on peut arriver aux mêmes types ou pas d’observations environnementale alors que le CO2 est 6 fois supérieur dans l’atmosphère.

        Mais actuellement, ce que la plus part des sceptiques à la mort moi le noeud ne comprennent pas, c’est l’échelle de temps court et l’importance de la hausse sans aucune autre explication réelle qu’anthropique. Et puis c’est tout. Et la boucle de rétroaction enclenchée on va vers beau bordel. Car si l’ensemble des paramètres globaux (position des continents, faune, flore, orbite, volcanisme …) et majoritairement dans les mêmes réglages qu’au pliocène, à la virgule près, on sait ce que donne 400 ou 500 ppm sur le globe ! T’es bouché ou quoi ? Tout est physique mon gars, je sais on aimerait que ce soit magique, mais non. On va se manger dans les 20 m ou d’augmentation du niveau des eaux dans les siècles qui arrivent.

        Mais tout ceci n’est rien face à l’anéantissement ultra rapide des formes de vies évoluées et des écosystèmes que nous commettons avec notre croissance à la noix et notre civilisation économique de tarés.

        Oui mes frères nous sommes issues de tarés, nous sommes tarés nous même et nous mettons au monde des tarés, en prendre conscience nous permettrait d’être un peu moins … tarés.

        Moi même je me sens vraiment con.

      2. inclinaison pas inclination et puis aussi toutes les autres corrections que vous aurez vous même apporté selon votre niveau d’éducation, votre mémoire et votre amour de la langue françoise !

      3. @Cloclo

        « Mais actuellement, ce que la plus part des sceptiques à la mort moi le noeud ne comprennent pas, c’est l’échelle de temps court et l’importance de la hausse sans aucune autre explication réelle qu’anthropique. « 

        Il me semble justement qu’à l’échelle des temps géologiques, il soit très difficile de réaliser des mesures sur des périodes de quelques dizaines, voir centaines d’années. Toute comparaison avec la situation actuelle, dont les données s’étalent sur à peine plus de 100 ans, paraît alors tout à fait hasardeuse.

      4. @arkao (19/01 à 21h05)

        …  » plus je lis, plus les interrogations se multiplient « …

        Attention , compagnon « arkao »… vous êtes sur une mauvaise pente… pas loin de mon « club » , celui des A.A. « Agnostiques Anonymes »..!
        Devriez pas continuer à « glisser »… c’est tellement rassurant l’ « état ( Bayésien .. ^!^) de certitude »…

      5. Dissonance, Arkao et tous les sceptiques à la traîne,

        Bon être sceptique c’est plutôt sain mais ne pas vouloir comprendre, c’est pas très malin en revanche.

        On sait que l’état général des conditions est similaire au Pliocène (3 millions d’années à la louche), et qu’à cette époque on a eu 500 ppm de CO2 dans l’atmosphère durant des millénaires et que dans ces conditions les océans étaient plus haut de 15 à 25 m qu’ils ne sont aujourd’hui, que le pôle nord était vert quasi tout le temps. Alors que peut-on en déduire si on atteint ce niveau de concentration de CO2 dans l’atmosphère en ce moment hein les sceptiques indécrottables ?

        On sait que le CO2 qu’on balance en cramant les énergies fossiles et les boucles de rétroaction qui s’enclenchent vont nous faire atteindre ces seuils, et comme on s’en prend pour au moins 100 ans d’augmentation des températures, on vous laisse deviner ce qui va se passer…

        Ma c’est sur, y a des incertitudes à la marge et des virgules qui peuvent bouger, c’est sur…

      6. @CloClo
        Il y a à peine 20 000 ans (une paille), le niveau de la mer était plus bas d’environ 80 mètres. Vous allez me dire c’est moins grave que de se retrouver sous l’eau. Détrompez-vous. S’il y a autant de monde sur le littoral et le long des fleuves, ce n’est pas par hasard, mais par opportunisme de l’espèce (pareil pour les pentes des volcans d’ailleurs). Un port à sec, ça craint autant qu’un port sous l’eau dans nos systèmes. Tout ça pour dire que la vrai question est celle de la fragilité de l’homo œconomicus face aux aléas du climat, qu’ils soient d’origine anthropique ou non. Les petites variations au sein de la période globalement stable de l’Holocène ont déjà foutu un sacré bazar!

      7. Arkao,

        En 20 000 on a gagné entre 4 à 7 ° C et donc entre 80 et 120 m de niveau des océans. Tu le dis toi même c’est pas cool. Donc si on se mange 4 ° en 100 ans je te laisse imaginer le résultat. Rien ne sera linéaire en plus.

        Mais bon dans 100 ans, en plus de la déplétion des ressources quasi totale au rythme où va homo economicus, de la pollution de tous les écosystèmes, des extinctions massives d’espèces, et des guerres inévitables entre nous les tarés, le réchauffement sera, en fait la goutte finale qui nous engloutira comme pour un grand lavage…

        Tu laves les dents le matin Arkao devant ton lavabo ? Tu la vois cette tête dans le miroir, avec ces dents, ses poils, sur le visage, sur le crâne, les bras, les jambes, ces ongles, ces narines qui remontent quand on inspire fortement ? Tu la vois bien cette bête, qui se dit intelligente, dans le miroir le matin, et le soir. Puis, elle se coiffe, elle se jette des habits sur le corps, un peu de parfum, sourit, met sa montre, et descend cette fois prendre son métro et vivre le grand rêve de l’illusion. Tu penses franchement que ce pauvre type descendu en fait hier matin de son arbre ne va pas finir par se tuer lui même avec son monde d’artefacts comme il l’a démontré avec une constance sans faille tout au long de sa petite histoire ?

        Moi je t’avoue je voudrais dire, pouce, stop, chat perché, on arrête, parce que cette bête, là, dans le miroir, elle se voit vraiment.

  4. Oui, votre exposé est passionnant. Je vais devoir lire votre livre sur la vérité.
    Je reste sur ma faim sur votre dernier développement : les politiques auraient perdu la capacité à se soucier de la cohésion en faisant des compromis (afin de ne pas laisser la place à des « vérités locales ». Vous citez trop brièvement Bismarck, les années 30 et les années 50 (le compromis social-démocrate).
    D’abord quid des années 30 ? Que visez-vous ? Je songe à ce premier ministre belge venant s’opposer électoralement au populiste clivant Léon Degrelle (catholique qui deviendra fasciste). Je songe à Léon Blum et aux progrès sociaux des grèves de 36 (40 heures, conventions collectives, congés payés). Mais les 40 heures seront annulées dès 1938. Et Pétain sera appelé à remplacer les socialistes et même à suspendre la démocratie.
    Ensuite, le compromis social-démocrate est négocié en fin 44 entre les partis (en Belgique, pour se « blanchir » de leur comportement passé et effacer les privations de la guerre) et entre les résistances françaises au sein du CNR. Les patrons ici aussi sont invités à une autre politique sociale. Mais les communistes (qui créent la sécurité sociale en France, selon le programme du Conseil National de la Résistance, malgré le scepticisme de de Gaulle) seront rapidement écartés des gouvernements français et belge. Pourquoi le compromis a-t-il perduré ? Sinon par la croissance et le « plein »-emploi ?
    Et surtout aujourd’hui : les médias déconsidérés attaquent les vérités locales par le travail des « fake news » ce qui est légitime parfois mais souvent tendancieux et toujours méprisant contre les simples citoyens et ne crée aucun consensus. Ensuite nous avons des politiques qui nourissent leur prise de pouvoir avec du dissensus et du clivage (Trump, Bolsonaro) tandis que d’autres mènent une politique sans souci de consensus (Macron ; je ne sais classer Sarkozy et Berlusconi dans une de ces deux catégories). Cette dernière catégorie fait effectivement indirectement le lit de l’extrême droite populiste, la première le fait en direct.
    Il faudrait ajouter la faillite totale de la gauche et son incapacité à produire un discours renouvelé sur un projet de compromis social, après leur trahison néo-libérale (Blair, etc.). C’est un thème développé par Piketty dans son dernier livre (mais ma lecture est en cours). Il y a des idées éparses chez vous, chez les verts, dans le programme de la France Insoumise ou ailleurs, mais rien ne prend forme d’un discours ou d’un programme unifié.
    Comment les politiques l’ont perdu, comment pourraient-ils le retrouver ?

    1. « Et surtout aujourd’hui : les médias déconsidérés attaquent les vérités locales par le travail des « fake news » ce qui est légitime parfois mais souvent tendancieux et toujours méprisant contre les simples citoyens et ne crée aucun consensus. »

      C’est d’autant plus tendancieux quand ces médias « fact checkers » se font prendre la main dans le pot de confiture à non seulement diffuser (ce qui peut être accidentel) mais fabriquer (ce qui est forcément volontaire) des fake news. C’est ainsi que le Monde a par exemple récemment été condamné en justice pour diffamation envers un blogueur pas (plus) trop en odeur de sainteté ici-même (j’aurais volontiers étayé par un lien mais il me vaudrait à coup presque sûr une intervention de la modération).

      C’est également tendancieux pour toute une série de raisons qui ont pu être détaillées tantôt par un Frédéric Lordon, tantôt sur le site d’ACRIMED.

    2. @chabian

      Sur le reste de votre commentaire que j’avais initialement lu en diagonale, j’ai une approche assez différente de la votre, pour ne pas dire opposée. Vous semblez penser que le compromis social est la voix à suivre, ce qui est classique chez les sociaux-démocrates (et leurs ancêtres), et qui est probablement en fait leur erreur fondamentale.

      Les acquis du CNR ne sont ainsi pas le fruit d’un compromis mais d’un rapport de forces extrêmement défavorable au patronat, et parallèlement extrêmement favorable au PCF nouvellement créé. Ayant massivement collaboré avec les nazis et le régime de Vichy, les grands patrons ont en effet tout intérêt à faire profil (très) bas s’ils ne veulent pas finir fusillés pour trahison, tandis que le PCF dont les partisans ont été très impliqués dans la résistance et sont donc désormais armés, récolte alors plus de 20% des suffrages (28% et quelques aux législatives de 1946). En prime, l’ombre de l’Union Soviétique plane au dessus des discussions. C’est dans ce contexte et dans ce contexte seulement qu’Ambroise Croizat peut instaurer la sécurité sociale.

      Or c’est cette notion de rapport de forces, non pas comprise comme un concept éthéré mais comme une réalité bien concrète qui est l’impensé majeur et même l’impensable du socialisme bourgeois, et pour cause: Comment concilier des préoccupations sociales avec une activité d’exploitation sans sombrer irrémédiablement dans un conflit intérieur inextricable? C’est ainsi que Keynes, bourgeois et spéculateur, se mit en quête de compromis et de consensus pour se préserver d’avoir à choisir un camp, et tous les sociaux-démocrates à sa suite, avec pour résultat presque systématique depuis, la trahison du peuple au profit du Capital.

      On peut ainsi parler de rapports de forces, de lutte des classes ou encore de divergences d’intérêts irréductibles traversant une société, et tout cela renvoie à la même problématique: Il n’est pas de compromis possible avec des adversaires qui n’en veulent pas. Or dans le contexte actuel, pourquoi le Capital voudrait-il d’un compromis alors qu’il est hégémonique? C’est cette recherche totalement vaine de compromis avec un adversaire qui n’y a pas le moindre intérêt qui enterre la gauche depuis 40 ans, et visiblement pour longtemps encore.

      1. Merci de cette réaction. Mon but était avant tout de susciter un complément d’information de Paul Jorion sur sa réflexion : « les politiques ont perdu le sens d’un compromis de société » (de mémoire). Votre évocation de Keynes explique peut-être une partie ou la source de cette assertion ? Je suis bien conscient du rapport de forces. Mais aussi de la nécessité d’avoir un projet social « qui profite à tous les citoyens », qui émane d’une coalition et qui respecte suffisamment les autres intérêts (autre thème de Jorion,notamment sur Le Prix). Le régime présidentiel fait davantage penser à « The winner take all » (cfr système a deux tours, et autres restrictions excluant les « petites listes »).
        Sur vos éléments historiques, je pense que de Gaulle a pu capitaliser rapidement sur les opposants aux communistes, dans une ambiance de « guerre froide » européenne (où les socialistes ont largement trempé, cfr Paul-Henry Spaak). En tous cas les communistes sont rapidement affaiblis. Donc pour moi (c’est l’expérience belge), il y a eu un compromis social démocrate après guerre qui visait à tenir compte des intérêts des travailleurs, même sans les communistes, compromis qui a tenu à peu près jusqu’à la chute du mur en 89. Et il y a eu un même compromis en Belgique après 1918. Mais il faut reconnaitre que les PS de plusieurs pays européens ont trahi ou été incapables plusieurs fois dans l’histoire, n’ont pas été à la hauteur du rapport de force de départ.
        Cela ne veut pas dire que la gauche « non compromise » doit d’elle-même présenter déjà un programme de compromis et de défaite. Mais qu’elle doit proposer à la société un projet politique qui puisse convaincre largement. J’ai regardé par exemple https://www.youtube.com/watch?v=EadIulzR-Vg
        Pour le dire autrement (avec vos mots), le rapport de force persiste toujours et son évolution politique est mal connue (comment le Capital reprend le dessus ? comment le parti communiste le garde ? — pensons à Cuba et à la Chine) et quel compromis doit-il faire dans sa propre politique (non avec le Capital) pour éviter les remous (camionneurs sous Allende, agriculteurs, nationalistes, religieux…) que pourraient exploiter les tenants du Capital.

    1. Sur le lien qui marche, (miguasha), on a à -35 millions d’année, 2x 300 ppm = 600 ppm de CO2 et les températures sont +5 ou +6°C. (Pic au début du Cénozoïque) à 18°C au lieu de 12-13°C de « température moyenne » pré-industriel.
      Donc tout à fait dans les clous de ce qu’on dit dans la science officielle. Où est le pb ? Il faut raisonner sur « Gaïa » qui a changé bcp aussi (soleil, continents, végétations).

      Quand au CO2 et l’histoire des 1% ou 2%, je crains que ce soit raconté à l’envers. Dame nature, par les océans, abosrbe le gros du CO2 (+ un peu par la végétation + pas mal par le weathering, réincoroporation dans des roches quand les paillettes de sédiments propices jouent le rôle de piège à CO2). Donc peut-être bien qu’il ne reste dans notre air que 0,1% du CO2 charbonnier du XIXème siècle, et « seulement », 5 ou 10% de tout celui accumulé au XXème siècle ( il y en avait peu au début, c’est surtout celui produit depuis 1970 qui est en cours d’absorption dans les océans, c’est lent lent lent), mais ça a déjà acidifié les océans (et déplacé des équilibres dont les climatologues tiennent compte).

      1. @timiota
        A propos de lenteur.
        Plus on remonte dans le temps de l’histoire du climat, plus les marges d’incertitudes sont importantes et plus la datation en chronologie absolue devient imprécise et on a affaire alors à des échelles de temps supérieures même à la brève existence de notre espèce dans sa version sédentaire (micro-poussière insignifiante à ce niveau comme à celui de l’univers). Je pense qu’on perd son temps à raisonner à ces échelles là.

      2. Exemple: le cratère de Chicxulub correspondant à l’impact de la météorite fortement suspectée d’être à l’origine de l’extinction des dinosaures est daté de 66 038 000 ans ± 11 000 ans selon les analyses radiométriques de haute précision réalisées en 2013. Aussi, les partisans de la théorie trapps du Dekkan n’en démordent pas et nous pondent régulièrement des articles comme quoi « c’est moi qu’ai raison na-na-nère ». Pitoyables singeries de labos qui se tirent la bourre pour faire le buzz et engranger plus dans la course aux crédits de recherche.

    2. Pourquoi vouloir afficher brut des graphiques Windstair ? Ca montre quoi ?

      C’est pas très malin comme attitude, ni très rationnelle. Si on ne complète pas avec une foule de précisions sur l’état du système et les facteurs et paramètres notables pour chaque époque.

      Et commencer en introduction avec ce genre de paragraphe gratuit non étayé du genre :

      « C’est que la rationalité est aujourdhui mise en spectacle par des truqueurs, entre autres et précisément sur un point fondamental, du fait qu’un sous groupe social s’est vu confié la légitimité scientifique sur les causes anthropiques du réchauffement climatique(2). »

      laisse présager, non pas d’une discussion « rationnelle », mais d’une manoeuvre au mieux idéologique ou pire d’un délire personnel.

      1.  » mais d’une manœuvre au pire idéologique ou mieux d’un délire personnel ».
        ( pardon mais c’est mieux ainsi, je préfère les fous aux manipulateurs ^.^)

      2. Lucas, je me suis posé la même question, en écrivant cette phrase, et on peut faire la lecture comme tu le préfères, je le ferai aussi bien volontiers si on était face à face, sauf que, on n’est sur un blog ici, et je me suis dit que si la conversation devait durer un peu (ce qui m’étonnerait en fait) il était plus marrant de discuter avec un gars bourré d’arrière pensées et de préjugés, qu’avec un dingue, car ce dernier je ne peux lui être d’aucun secours ici, et il finira par se faire du mal tout seul en échangeant. Il fallait donc lire « mieux » et « pire » en ce sens. Rien de grave quoi.

      3. Un idéologue manipulateur vous divertit et je peux très bien le comprendre, moi il me renfrogne, je crois assez connaître les hommes pour ne pas m’amuser de leurs manipulations.

        Tandis qu’ un fou ça peut vraiment être original et nous apprendre des tas de choses fortuites sur notre chère rationalité.

        En tout cas je retiens que le taré vous voulez directement l’aider.
        Merci alors je le savais
        Un grand cœur ce Clo-Clo !!!
        <3

  5. Rallumons les étoiles !
    « Au-delà des questions scientifiques soulevées par la pollution lumineuse, c’est l’enjeu d’une appropriation plus générale des politiques de transition et de protection de la biodiversité qui apparaît. Dans cette perspective, certains territoires vous donnent la possibilité de vivre une expérience sensorielle de la nuit. Alors, lors de vos excursions, ne boudez pas votre plaisir ! Osez l’observation attentive des paysages nocturnes durant vos bivouacs, les randonnées à la rencontre de la faune nocturne, ou plus simplement les animations proposées par les clubs d’astronomie près de chez vous. »
    https://up-magazine.info/index.php/societe/territoires/28471-rallumons-les-etoiles/

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