Archives par mot-clé : Aristote

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (X), Intérêt égoïste contre bonne volonté, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

Alors qu’Adam Smith conçoit l’homéostasie en référence au seul intérêt individuel, votre analyse la réintègre pleinement au champ social.

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (IX), La formation de l’ordre social suivant les prix, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Depuis 2011, vous avez publié plusieurs ouvrages économiques dont Le capitalisme à l’agonie et Le prix. Les problématiques soulevées ne relèvent pas du seul secteur financier : elles engagent une anthropologie économique succédant à une anthropologie de la connaissance.

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La cordialité, par Dominique Temple

Billet invité.

En grec ancien, il suffit d’un préfixe pour indiquer que l’action s’inscrit dans une relation de réciprocité. Le préfixe qui signifie qu’on entre dans une relation de face à face est le préfixe anti dont on connaît les dérivés dans notre langue (antithèse, antipathie, antagonisme…). On remarque immédiatement que la société moderne n’a retenu de l’expression anti qu’une idée d’affrontement hors de toute réciprocité. Anti en français veut dire contre. En grec, au contraire, anti voulait dire « de façon réciproque » : le verbe poiein précédé du préfixe anti ne veut pas dire défaire ou contrefaire mais « faire à son tour » ; antipaskein ne signifie pas s’opposer à la souffrance ou se réjouir mais « souffrir à son tour » (ce que l’on a fait souffrir à autrui) ; antidosis ne veut pas dire le refus de donner mais « donner en retour », la réciprocité du don.

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Du capital… Réponse à Hernando de Soto, par Dominique Temple

Billet invité.

Aristote distingue deux conceptions du capital. Selon la première, le capital est accumulé dans l’économie domestique, par le chef de la famille, en vue de la consommation de ses membres. Et de la même façon, dans l’économie politique, il est accumulé en vue de la redistribution entre tous les citoyens : son symbole quasi universel est le grenier ! qui donne naissance aux pyramides d’Amérique, d’Egypte, de Mésopotamie…

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Le royaume des valeurs, par Dominique Temple

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Paul Jorion a dit :

« Je dirais qu’une valeur et un prix ça n’a aucun rapport, et qu’il faut rétablir, je dirais, le royaume, le royaume des valeurs » .

Le raccourci auquel nous inciterait l’habitus (l’habitude socialisée) d’une autre antienne risque de nous faire entendre “rétablir nos valeurs” ! Auquel cas nos cheveux se dresseraient sur la tête : quelles valeurs ? Nous penserions qu’une civilisation qui a mis des siècles à se libérer de la sujétion aux valeurs, et à faire triompher la raison (et à quel prix !) n’a que faire d’en revenir à la toute-puissance de l’absolu qui caractérise toute valeur et dont l’affrontement a meurtri suffisamment et meurtrit encore hors de nos murs l’humanité.

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Propriété individuelle et propriété collective, par Dominique Temple

Billet invité.

Dans l’économie de réciprocité, Aristote distingue trois régimes de propriété, chacune définie par sa fonction sociale [1].

  • la propriété individuelle des moyens de production et la propriété d’usage collective,
  • la propriété collective des moyens de production et la propriété d’usage collective,
  • la propriété collective des moyens de production et la propriété d’usage individuelle.

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Laudato si’ et la décroissance, La Nef, N° 273, septembre 2015

J’ai accepté de commenter le thème « Laudato si’ et la décroissance » dans le numéro de septembre de la revue catholique traditionaliste La Nef. En voici le texte.

Il est dit au paragraphe 193 de Laudato si’ que « Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties » (p. 147). La décroissance est mentionnée là comme un objectif économique qui devrait être le nôtre. Rien n’est dit du fait que la décroissance est l’inverse de la croissance et que cette dernière joue un rôle tout particulier, en fait un rôle clé, au sein de notre système économique.

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IMAGINE, demain le monde : L’argent, en fait, c’est quoi ?, N° 107, janvier-février 2015

IMAGINE, demain le monde, mais aujourd’hui en librairie. Ma seconde chronique pour ce magazine.

L’argent, en fait, c’est quoi ?

On sait que Marx a bâti son ouvrage monumental et magistral Le capital (1867) sur la distinction entre « valeur d’usage » et « valeur d’échange », des notions dont il attribuait la paternité à Aristote. En fait, dans le passage de l’Éthique à Nicomaque où ces notions sont censées se trouver, Aristote n’utilise aucun mot que nous pourrions traduire par « valeur » : quand il évoque ce que nous appelons aujourd’hui la « valeur », dont nous pensons qu’elle justifie le prix réclamé, les termes qu’emploie le philosophe grec sont : « tel que mesuré par le prix ».

Le mérite revient à Sylvain Piron (*) d’avoir découvert la source de cette erreur : il s’agit d’une traduction délibérément fautive due au Scolastique Albert le Grand (1193-1280), qui voulait importer une logique de la valeur dans le texte d’Aristote. Dans les termes que nous utilisons aujourd’hui, nous dirions que l’intention d’Albert le Grand était d’introduire une perspective éthique dans nos considérations sur l’argent. Mal lui en a pris : en suggérant que derrière tout prix se cache une « valeur » qui en est la vérité « cachée », il a introduit le ver dans le fruit : il nous a encouragés à penser que tout ce qui a de la valeur est susceptible du coup d’avoir un prix. Et comme l’on sait, aujourd’hui, grâce à la Grande Marchandisation du consumérisme et de la publicité, l’amitié se monnaie, l’honneur a un prix, et la loyauté s’achète.

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Notre monde est un univers d’esclaves ignorant qu’ils le sont, par Pierre-Yves Dambrine

Billet invité.

Dans Une Grande Dissociation choisie, Cédric Chevalier ajoute un élément qui n’était pas présent dans le papier « McKinsey », à savoir la question de la finalité du travail.

Il peut être utile il me semble de nous référer à Aristote lequel s’est fait fort justement de comprendre et d’expliquer le monde en termes de finalités. Or dans Aristote ce monde où le travail a disparu existe bel et bien c’est celui des citoyens libres de la Cité, par opposition au monde des esclaves qui eux travaillent et permettent par leur labeur la vie des hommes libres. Les hommes libres sont les hommes dont les actions sont à elles-mêmes leur propre fin, il en est ainsi des activités visant le bonheur, ou de la prudence, en somme l’éthique et la politique. Ce sont des activités qui n’ont pas de terme : le bonheur est toujours à faire. C’est de l’ordre de l’illimité, de l’indivisible. A la différence d’une oeuvre ou d’une production qui une fois réalisée arrive à son terme.

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Réponse à Pierre Sarton du Jonchay, par Dominique Temple

Billet invité, en réponse au dernier billet de Pierre Sarton du Jonchay

Vous écrivez dans un texte synthétique et d’une grande clarté : « Pour élaborer une solution au problème logique qui se pose à l’humain d’aujourd’hui, je retourne à la disposition causaliste de la réalité synthétisée par Aristote depuis 23 siècles. La causalité aristotélicienne décompose la formulation de toute explication du réel en matière, forme, fin et effet…

Je suis votre raisonnement parce qu’Aristote en effet envisage la perspective d’un être vivant et que le vivant connaît que ce qui s’oppose à sa vie et qui est donc de nature physique de sorte que la connaissance est naturellement arrimée à la logique de la physique : telle est la causalité avec laquelle etc.

(Mais Aristote n’ignore pas que si l’homme était mourant, il aurait d’autres pensées qui obéiraient à une autre logique, non plus celle de la physique mais celle de la… vie !)

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État théorique actuel de formulation du développement de la compensation algorithmique numérisée des monnaies, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les sciences actuelles des pratiques du réel démontrent sans aucune ambigüité que ce qu’on appelle le système financier n’en est pas un. Le risque de non-remboursement des dettes est idéellement mesuré mais effectivement non contrôlé dans la réalité objectivement mesurable. Autrement dit il n’existe aucune assurance pratique que le pseudo-système par lequel on mesure le prix probabiliste des dettes financières ne corresponde à une quelconque réalité économique objective et intelligible.

Pour élaborer une solution au problème logique qui se pose à l’humain d’aujourd’hui, je retourne à la disposition causaliste de la réalité synthétisée par Aristote depuis 23 siècles. La causalité aristotélicienne décompose la formulation de toute explication du réel en matière, forme, fin et effet. Ainsi la réalité devient déconstructible par l’intelligence du sujet pluriel singularisé dans la discussion verbale de fins matérialisées formellement efficientes. Les éléments de la déconstruction sont les objets qui font cause, c’est à dire les objets qui enchainent des motifs producteurs d’effets, conformément à des fins matérialisées dans le discours formel du sujet.

En langage moderne, on dira que le risque de reconnaissance de la réalité est causé s’il est descriptible en effets rapportables à des fins matérialisées conformément à des perceptions sensibles partageables dans les mêmes formes entre plusieurs sujets d’intelligence. En résumé, l’objet de la démocratie n’est pas simplement une convention de langage sur la réalité théoriquement possible mais une réalisation pratique véritablement commune de tout objet en bien universel.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 8 AOÛT 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

La vidéo de la semaine dernière : Le temps qu’il fait le 1er août 2014

… et sa transcription

Annie Le Brun : Soudain un bloc d’abîme, Sade (Jean-Jacques Pauvert 1986 ; Folio)

Principes des systèmes intelligents (1989 : 2012)

« Le secret de la chambre chinoise »L’Homme, 150, 1999 : 177-202.

Le surmoi

Sigmund Freud : Malaise dans la civilisation (1929)

Les « esprits animaux » de Keynes

« Le temps qu’il fait » le 22 février 2013 au Théâtre du Rond-Point

Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009)

Le prix (2010)

 

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