Archives par mot-clé : Constitution pour l’économie

Réflexions sur Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité d’Aurélien Barrau, par Dominique Temple

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J’admire l’art avec lequel vous associez des informations d’origine très différente, montrez leur convergence et révélez l’ampleur de la tragédie promise à la nouvelle génération, comme la sirène avant les bombes, souvenir des années de la guerre mondiale : le but principal de votre essai est atteint. Et, mieux encore, dans la deuxième partie de votre texte, vous proposez des solutions pour écarter le danger. 

À la page 65 de votre livre vous écrivez : « Une des causes essentielles de l’inaction vient de la controverse sur les causes du désastre. Chacun a son analyse. L’origine évidente est pour les uns le capitalisme, pour les autres la démographie, pour d’autres encore la religion, etc. Le fait est que nous ne nous mettions jamais d’accord sur les causes. Autrement dit : si nous attendons que la grande cause (sachant que chacun pense avoir identifié ce qu’elle est) soit traitée en profondeur avant d’agir, nous n’agirons jamais. (…) Pour une fois, je crois qu’il faut renverser l’ordre usuel et s’attaquer aux conséquences – la négation de la vie et de l’avenir –  avant de s’attaquer aux causes. Agissons. Agissons maintenant en ciblant les effets et nous verrons bien quel système permet d’y parvenir. Commençons par la fin et cela éclaircira l’origine. Sans aucun doute, la mutation devra être profonde

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Nous voulons, par Dominique Temple

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Nous voulons

Attention !

Il ne s’agit pas de doléances. Nous n’avons plus le temps. Il s’agit de mesures qui nous permettent de dépasser le système capitaliste, plus exactement de notre contribution aux propositions dont la convergence fera naître une société nouvelle. Le système capitaliste est en Europe à son zénith, au seuil de sa chute. Il s’agit de faire en sorte que son autolyse n’entraîne pas le chaos social.

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Le Monde / L’Écho – Les règles comptables : constitution implicite de l’économie, le 4 juin 2018

Le Monde : Les règles comptables : une constitution implicite

L’Écho : Les règles comptables sont-elles dans la constitution ?

Les salaires constituent pour l’entreprise, un coût, alors que les dividendes versés aux actionnaires, les bonus aux montants quelquefois faramineux versés à la direction, sont de fait des parts de bénéfice. Or les coûts doivent être réduits, et les bénéfices, accrus.

Ce sont là des vérités admises dont certains diront qu’il s’agit de simple bon sens. Pourtant, au XVIIIe siècle, le travail était considéré, au même titre que le capital investi et les tâches de supervision effectuées par la direction, comme autant d’« avances » faites à l’entreprise. Comment pourrait-il en être autrement si chacun de ces ingrédients est indispensable ? Si le salarié ne constituait véritablement qu’un coût pour l’entreprise, pourquoi aurait-on jamais cherché à l’embaucher ?

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Inscrire les principes implicites de la comptabilité dans une constitution « cosmopolitaire » pour l’économie

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Je connais depuis bien des années les travaux de Jacques Richard pour une réforme de la comptabilité, en particulier son projet d’ajouter au bilan , comme devant être protégés, au capital des investisseurs qui y est seul aujourd’hui, ceux que constituent les contributeurs en travail de l’entreprise et la nature exploitée, ponctionnée, dégradée, par ses activités.

Ayant eu l’occasion d’échanger avec lui hier à Paris, lors d’une session du colloque « Refonder la finance », je lui ai proposé de combiner son projet au mien visant à inscrire les grands principes implicites de la comptabilité internationale contemporaine dans une constitution « cosmopolitaire » pour l’économie.

Ce qu’il a accepté d’enthousiasme. On reparlera donc de tout ça, qui pourrait constituer une manière efficace de changer le monde, par la bande sans doute, mais à l’occasion d’une splendide synthèse.

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Paris-Sorbonne, Paul Jorion : Inventer une Constitution pour l’économie ? le 8 juin 2017 – Retranscription

Retranscription de Paris-Sorbonne, Paul Jorion : Inventer une Constitution pour l’économie ? le 8 juin 2017. Merci à Olivier Brouwer !

Du discours au récit constitutionnel : analyses extra-juridiques du constitutionnalisme

Colloque organisé par l’I.C.E.E. – Sorbonne Nouvelle

Paris le 8 juin 2017

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#50aireMai68 – Piqûre de rappel : « Contre-appel du 22 mars », par Paul Jorion et François Leclerc, le 22 mars 2010

Il y a eu le vote protestataire, où l’on n’accorde pas sa voix en faveur d’un parti mais contre un autre. Il y a eu le vote blanc ou le vote nul, où l’on déverse sur le bulletin la rage que l’on a au cœur. Il y a eu enfin l’abstention, quand le pire ennemi de mon pire ennemi m’est lui aussi devenu à ce point indifférent, que lui non plus ne mérite plus que je me dérange.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 9 JUIN 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 9 juin 2017. Merci à Pascale Duclaud !

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 juin 2017 et oui effectivement : une chambre d’hôtel ! Une chambre d’hôtel à Paris parce que je participais donc hier, à la Sorbonne, à un colloque sur la constitution. Alors j’ai eu un petit soupçon, là : un petit soupçon qu’on m’ait fait venir pour que je puisse montrer que l’idée d’une constitution pour l’économie n’avait pas beaucoup de sens par rapport au mot « constitution ». Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 9 JUIN 2017 – Retranscription

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Le temps qu’il fait le 9 juin 2017

Une constitution pour l’économie ?

Les malheurs de Theresa (May)
Les malheurs de Donald (Trump)

Le Blog de PJ : L’avenir radieux (Engl. glorious) du Brexit, le 6 juillet 2016

Le Monde / L’Écho : Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ?, le 17 avril 2017

P.S. Étienne de La Boétie a 18 ans quand il rédige De la servitude volontaire ou Le contr’un.

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Les otages – Vote de confiance pour le gouvernement Valls II à l’Assemblée Nationale cet après-midi

Président otage de la religion féroce ultralibérale européenne, otage de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otage des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

Premier ministre otage de la religion féroce ultralibérale européenne, otage de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otage des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

Députés et sénateurs – tous partis confondus, otages de la religion féroce ultralibérale européenne, otages de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otages des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

 

Programme alternatif : dynamiter le cadre ultralibéral européen, défaut généralisé sur la Dette au sein de la zone euro, mettre la Loi à l’abri des lobbies par une Constitution pour l’économie.

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PRÉFACE À ALAIN GAUVIN, Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?

J’ai rédigé une préface pour le nouveau livre d’Alain Gauvin, dont plusieurs billets ont été publiés ici. Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?, Éditions Milleli 2011.

 
José d’Acosta est né en 1539 et mort en 1600. Missionnaire jésuite, il vécut au Pérou de 1569 à 1585 ; il demeura alors trois ans au Mexique, où il étudia la culture aztèque. Décontenancé par l’abominable cruauté de celle-ci, il s’interrogeait : « Quelle signification assigner au spectacle qui se déroule sous mes yeux ? », jusqu’à ce qu’un jour, l’illumination se fasse : « Dieu, se dit-il, a mis en scène cet odieux spectacle pour que nous puissions nous représenter ce qu’est un monde dont il est absent ».

Cette anecdote m’est revenue à l’esprit en lisant le livre que vous vous apprêtez à lire. J’aimerais pouvoir faire comme d’Acosta : attribuer un sens aux comportements décrits, en les exilant dans un « enfer » comme celui des bibliothèques, en les qualifiant de « contes qui nous sont parvenus de la préhistoire ». Hélas, il s’agit bien du monde où nous vivons encore, et le spectacle qui s’offre à nos yeux pour notre édification est celui d’un univers que le Droit comme on le comprenait autrefois : le versant pratique de l’éthique, a désormais déserté. À sa place : une loi de la jungle, encore appelée « loi du marché ».

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ÉLOGE DE LA SIMPLICITÉ !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il faut reconnaître à Pascal Canfin, qui mène depuis plusieurs années déjà à Bruxelles le combat pour une régulation des produits financiers dérivés, le mérite de la ténacité. Les députés européens ont ainsi voté hier à son initiative une interdiction des positions nues sur les CDS (Credit-default swaps) portant sur de la dette souveraine ainsi que l’obligation d’enregistrement des produits dérivés échangés de gré à gré.

Le résultat est méritoire et doit être salué même s’il y a encore loin de la coupe aux lèvres, je veux dire que beaucoup d’étapes restent à franchir avant que ces mesures ne soient appliquées et en particulier que les gouvernements européens approuvent leur teneur, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Mais la critique qui s’impose de l’approche adoptée réside dans le fait qu’au cas où vous ignoreriez ce que sont les positions nues sur CDS et les produits dérivés traités de gré à gré, il me faudrait consacrer un minimum de trois pages à vous l’expliquer.

Les mesures que Canfin et ceux qui le soutiennent, proposent, sont une interdiction des paris sur les fluctuations de prix, telles que l’article 421 du Code pénal français, par exemple, la formulait jusqu’en 1885, date de son abrogation résultant de plusieurs dizaines d’années d’efforts incessants « de la part des milieux d’affaires » selon l’expression utilisée à l’époque.

Pourquoi ne pas en revenir à une formulation simple comme celle de l’article 421 : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics sont punis des peines portées à l’article 419 », qui enlèverait leur ambiguïté aux mesures votées hier à Bruxelles, et découragerait les gouvernements que la complication des mesures empêche de comprendre de quoi il s’agit vraiment, d’y faire barrage en invoquant des raisons trahissant leur totale incompréhension, comme le gouvernement hongrois récemment, qui affirmait craindre que l’interdiction des positions nues sur les CDS n’affectent la liquidité des titres de dette publique de la Hongrie.

C’est la nécessité d’invoquer des principes aussi simples que possible qui me pousse depuis plusieurs années à proposer que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix apparaisse au niveau d’une Constitution pour l’économie promulguée au niveau international.

« Tu ne parieras pas à la hausse ou à la baisse du prix d’un produit financier », voilà un principe simple, que même un ministre des finances européen devrait être à même de comprendre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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COMMENTAIRE SUR « UN CODE DE LA ROUTE POUR LA FINANCE », par Pierre Sarton du Jonchay

Le Nouvel Observateur a publié aujourd’hui une Tribune de l’économiste François Rachline « Et si on créait un code de la route pour la finance », dans laquelle il évoque une proposition qui fait écho à celle de Paul Jorion dès 2007 d’une constitution pour l’économie. Pierre Sarton du Jonchay propose ici une analyse critique de l’article du NouvelObs.

Les radars ne font pas avancer les voitures. Mais ils sont au bord des routes en dehors desquelles les voitures n’avancent pas. Si les routes existent pour faire rouler les voitures, c’est par l’existence d’une collectivité qui construit et entretient les routes. Les automobiles financières circulent grâce aux marchés que les États fabriquent par des règles collectives de négociation.

D’où viennent alors les transactions OTC ? Les automobiles financières ne sont pas des objets physiques intégrés à la réalité physique par des routes physiques. Ce sont des représentations non localisées qui choisissent leurs règles d’existence. Avec la mondialisation et la libre circulation des capitaux, une automobile financière crée sa route où elle veut et y roule comme elle veut loin de tous les radars. La finance ne pourra pas être réintégrée dans une réalité régulée par les États sans la création d’une monnaie internationale qui remplisse le vide juridique entre des souverainetés distinctes.

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