Nous voulons, par Dominique Temple

Ouvert aux commentaires.

Nous voulons

Attention !

Il ne s’agit pas de doléances. Nous n’avons plus le temps. Il s’agit de mesures qui nous permettent de dépasser le système capitaliste, plus exactement de notre contribution aux propositions dont la convergence fera naître une société nouvelle. Le système capitaliste est en Europe à son zénith, au seuil de sa chute. Il s’agit de faire en sorte que son autolyse n’entraîne pas le chaos social.

Dans l’esprit d’une transition douce en un système plus humain, nous proposons :

– Le revenu de base universel

– l’interdiction de la spéculation, le plafonnement du profit

– l’inaliénabilité de la propriété des biens premiers et sociétaux

– la progressivité de l’impôt sur la consommation des ressources énergétiques

– le respect des équilibres biologiques de la nature

– la responsabilité citoyenne de l’affectation des impôts

– l’interdiction de la production d’armes offensives

– la démolition du parc nucléaire

– la reconnaissance du pouvoir de l’assemblée des maires de France : droit de veto sur les décrets du gouvernement et de répudiation des ministres impopulaires.

– une nouvelle Constitution qui

  – mette fin à l’énarchie, et au régime présidentiel,

  – fasse usage de la démocratie directe,

  – respecte le droit à la réciprocité.

 Arguments

La démocratie peut s’exercer désormais en temps réel par la participation active et directe des citoyens grâce à l’internet, aux réseaux sociaux et au référendum d’initiative populaire (proposition et sanction).

Nous voulons modifier le régime présidentiel tel qu’il fonctionne actuellement et renforcer la démocratie, libérer les parlementaires des idéologies des partis qui les contrôlent. Ils doivent être plus nombreux pour être plus proches de leurs concitoyens et pouvoir constituer des alliances multiples à l’assemblée selon les questions à débattre.

Les maires sont actuellement les seuls représentants du peuple qui prennent quotidiennement en charge des problèmes réels de la société. Il importe donc qu’ils aient un droit de regard sur les dispositions de l’exécutif, soit pour sanctionner ses erreurs soit pour proposer des alternatives.L’assemblée des maires de France peut jouer un rôle politique dans la représentation de la volonté des citoyens et le contrôle de l’exécutif.

Tous les citoyens se doivent mutuellement assistance pour bénéficier de ce que la nature était capable de leur offrir, c’est-à-dire un toit et les moyens de subsistance qui devraient être dits universels et inaliénables. Or, ni l’un ni l’autre de ces droits n’est aujourd’hui assuré pour tous du fait que ceux qui en sont pourvus n’en consentent la jouissance à ceux qui en sont privés qu’au prix d’une rente exorbitante ou d’une exploitation indécente de leur force de travail. Ceux qui sont privés de leur droit ne peuvent renverser l’état des choses parce que la propriété a été privatisée. Nous voulons l’inaliénabilité de la propriété universelle et des communs, que tous les citoyens aient droit à une habitation personnelle, et que la privatisation des ressources naturelles soit abrogée.  

La société se doit de corriger les inégalités dues aux accidents, par l’entraide, l’assistance mutuelle. La Sécurité sociale répond à cette obligation pour la protection et la santé. Mais elle n’est pas à la hauteur

– pour les conditions de vie (l’environnement),

– pour l’enseignement, réservé préférentiellement à la bourgeoisie, et orienté selon les nécessités de la progression du capital,

– pour la formation actuellement soumise aux seuls besoins des entreprises capitalistes.

– Elle n’est pas à la hauteur non plus pour assurer le plein emploi selon les dispositions et la vocation de chacun. Dans une société où la plupart des besoins élémentaires sont assurés par une médiation monétaire, un revenu universel de base est obligatoire. Il y a d’ailleurs consensus sur ce sujet. Les nantis, qui justifient l’inégalité de la répartition des richesses par l’amélioration des conditions de tout le monde, se doivent de circonvenir l’exclusion par un revenu minimum qui soit sans aucune obligation sous peine de restaurer la servitude ou l’esclavage. Les plus démunis ou les exclus interprètent l’allocation universelle ou le revenu minimum comme le moyen de vivre autrement grâce à une autre économie, aux réseaux sociaux de réciprocité et comme le moyen de mettre fin à leur dépendance vis-à-vis de ceux qui exploitent leur situation précaire.

La diminution du temps de travail salarié pénible est la libération du travail libre parce que le temps libéré est immédiatement investi dans un travail qui trouve son plein emploi dans les relations réciproques ou qui participe au service public. Encore faut-il que le droit du travail soit libéré de la loi d’airain du profit capitaliste, et de ses entraves administratives.

Plus fondamentalement, puisque la réciprocité est dans toutes les communautés humaines le principe des relations sociales qui engendrent les sentiments de liberté, de solidarité, de responsabilité, de confiance et de justice, la réciprocité est un droit. L’Etat doit reconnaître toutes les relations de réciprocité fondamentales sans lesquelles aucune société ne peut se construire, l’alliance, la filiation, le partage, la redistribution, le marché. Il doit veiller à leur complète harmonie les unes avec les autres et protéger leurs territoires d’interfaces institutionnels (Cf. D. Temple, L’économie politique).

Nous savons tous (y compris les idéologues du libéralisme économique) qu’un système dont le critère d’évaluation est le profit conduit à une compétition qui projette l’humanité dans le vide par l’extinction des ressources et la pollution de l’environnement jusqu’au dérèglement des équilibres planétaires et la mort du plus grand nombre. Une génération habituée à penser la croissance infinie sur une planète sans limites est encore au pouvoir. Cette génération est disqualifiée par son inconscience ou son incompétence. Elle conduit l’humanité au désastre. Notre génération doit tourner la page. Et puisque le profit ne peut plus être le critère d’évaluation du progrès économique, il faut le remplacer par un autre critère. Les actuels gérants de l’ordre public prétendent que le passage immédiat à une économie dont le profit serait purement et simplement supprimé est impossible parce que les pays en voie de développement qui entendent s’aligner sur les pays qui les ont saignés à blanc pendant des décennies ne l’accepteraient pas, et qu’il s’ensuivra le chaos. Il faut donc proposer une sortie en douceur de l’économie de profit et nous proposons un plafonnement du profit et son indexation sur le revenu de base (les dividendes des actionnaires, qui n’ont jamais été aussi hauts (entreprises du CAC 40 : dividendes augmentés de 13 % cette année !), et la réduction des salaires trop élevés (des chefs d’entreprise, des hauts fonctionnaires et du personnel politique).

Que des peuples entiers soient dirigés par des financiers et des traders qui spéculent sur le travail d’autrui et sur l’effondrement de telle ou telle société ou Etat dans l’espoir de bénéficier de retours importants sur les crédits alloués à ceux qui les mettent en faillite est au moins une imposture. Nous demandons l’interdiction de la spéculation et des paris financiers.

Le peuple français est le troisième producteur d’armes du monde. Toutes ces armes doivent être consommées pour produire plus. Le capitalisme français est ainsi le commanditaire des guerres perpétrées par ses clients. Il collabore au crime contre l’humanité quotidiennement. Nous voulons l’arrêt immédiat et sans condition de la production des constituants chimiques, physiques et nucléaires des munitions et des armes offensives françaises, qui n’ont d’autre raison que de rapporter de l’argent aux lobbys du pouvoir en France. Il est impossible de disposer des armes nucléaires sans que toutes les nations ne soient justifiées d’en produire l’équivalent. Nous demandons le démantèlement du parc nucléaire national, d’autant plus que celui-ci ne constitue plus qu’une cible meurtrière pour ceux qui nous survivront.

Enfin tout le monde exige que la marine nationale, conformément au droit et à l’éthique de la mer, se porte au secours des naufragés qui se noient dans la méditerranée.

Une nouvelle économie fondée sur la réciprocité productive et le partage de la redistribution implique que le rôle de l’Etat soit modifié. Aujourd’hui, parce qu’il est au service de l’économie capitaliste l’Etat frappe de taxes la consommation d’énergie à la base (la taxe sur l’essence par exemple) et les diminue au fur et à mesure de la croissance de la consommation. La justification de cette inégalité est de favoriser la production industrielle afin qu’elle puisse soutenir la compétition avec les compagnies étrangères. La décroissance de l’économie capitaliste et la croissance d’une économie humaine exigent de supprimer l’aide à la compétition capitaliste : l’usage des ressources énergétiques nécessaires doit être mis à la disposition de tous au moindre coût (la gratuité pour les biens premiers) et les taxes doivent augmenter proportionnellement avec leur consommation.

L’économie capitaliste met la nature et la planète en danger. L’obligation de respecter les équilibres naturels et la vie sur la planète, les relations physiques et biologiques sur lesquelles repose l’existence de la société conduisent à de nouveaux droits. Les nouvelles générations veulent choisir l’affectation des impôts prélevés par l’Etat parce que ces droits (de la nature, de la Terre…) sont de leur responsabilité, et que les limites de la planète obligent la liberté arbitraire du libéralisme économique à se dépasser en liberté sensée ou raisonnée et réciproque.

Nous voulons une nouvelle Constitution qui établisse la démocratie, respecte le droit à la réciprocité, promeuve l’économie sociale, déclare la propriété des ressources de la planète inaliénable, et la propriété sociale des biens créés par la science et l’effort de l’humanité universelle et inviolable.

Dominique Temple, 17 janvier 2019.

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251 réflexions sur « Nous voulons, par Dominique Temple »

  1. Mais c’est quoi un revenu universel de base ?
    Un enième substitut au RSA, RSI, allocs et autres acronymes de redistribution pour garantir un minimum aux plus démunis ?
    Une alternative au travail / salaire ? Mais de quel montant alors ? € 400 comme on a parfois entendu ? On vit décemment avec € 400 ? Il faut combien pour vivre décemment ? Et c’est quoi vivre décemment ? Et si on peut vivre décemment sans travailler, qui va être assez fou pour aller bosser ? Et donc qui va financer ?
    Le revenu universel c’est une belle et douce utopie

      1. J’ai déjà donné ma réponse: le revenu universel est une utopie. Je pencherais plutôt pour un ratio (de 1 à 10?) entre salaire mini et salaire maxi avec indexation automatique du mini sur le maxi.

      2. Je ne mets pas de montant maximum, c’est trop aisément contournable et surtout démotivant. Si le chef d’entreprise veut se verser € 20 000 mensuels, aucun souci, mais du coup le salaire mini est fixé à € 2 000

    1. « C’est quoi un revenu universel de base ? »

      Peut-être un dividende, une rente sur les PIB….. (Ce serait plus ennoblissant qu’un RSA ou RSI, non ?)

      Le bénéfice issu du PIB n’est-ils pas aussi pour les citoyens souverains qui se sont investis à la fois par leur labeur et à la fois par leur consommation (n’en déplaise à Juannessy ) ?
      – « Mais la dette de l’état  » (me direz-vous peut-être) « annule ce bénéfice ! »
      Est-ce que cela empêche les spéculateurs de percevoir leurs dividendes ? Alors que sans les salariés et sans les consommateurs (salariés ou non ) il n’y aurait même pas de PIB »

      (Je schématise à outrance j’en conviens)

      NB: à Juannessy :
      Voilà pourquoi je suis pour la taxe sur les robots (taxe Sismondi) en compensation de tous les emplois salariés qu’ils éliminent. Laquelle taxe bien sûr diminuerait les bénéfices mais pas plus qu’avec les salariés.
      (Et si c’était plus ce ne serait pas plus mal, cela n’empêcherait pas les chefs d’entreprise les utilisant de faire des bénéfices parce que les robots permettent plus de productivité.)
      Alors que les travailleurs au chômage évincés par le progrès hit tech coûtent bien plus cher que des salariés , parce que leurs allocations chômage (dussent-elles être de plus en plus réduites) augmentent la dette…

      On ne peut appréhender toute politique que dans sa globalité (qui entraîne quoi qui entraîne quoi ……. ) pour permettre un équilibre sain , alors qu’on s’évertue à ne raisonner qu’au « cas par cas » ce qui, d’une loi à l’autre ou d’une réforme à l’autre appréhendées isolément, engendre un déséquilibre pervers.

      Ce pourquoi je n’isole pas le citoyen du consommateur, parce que je l’inclus dans une globalité (celle de ses droits de citoyens souverains -social- et de ses besoins à consommer -économie-) tout comme je n’isole pas les citoyens de l’état ni des besoins de cet état pour exister.
      Ce qui ne m’empêche pas de considérer les citoyens (dont je suis) avant tout comme des humains (avec toutes nos contradictions et nos fragilités) et non comme les pompes à fric d’un état Roi….

      1. La « globalité » peut être la confusion . Je préfère parler de compatibilité , avec un a priori pour le citoyen ( la République et la Démocratie ) sur le consommateur ( le marché ) quand les choses se tendent ou dérapent grave .

        Les partenaires de l’UNEDIC seront surpris d’apprendre que les cotisations chômage augmentent la dette ( même s’il est vrai que certaines prestations liés au chômage secondaires ( APL , ARE …) pèsent sur le budget de l’Etat ( en principe ..)

        Merci de l’écho .

        Pour l’insertion de la taxe Sismondi dans la fiscalité de l’entreprise , le chantier reste largement à conduire , et n’a pas que des aspects comptables .

  2. Je le mets là faute d’ouverture aux commentaires sous la vidéo  » Lyon , Fêtons la gratuité » :

    Paul Jorion évoque , en citant la DDHC de 1789, la « propriété privée » .

    En fait ce qui est écrit dans la DDHC , c’est « la propriété  » tout court , même si dans l’esprit des constituants cela peut aussi bien viser la propriété privée des biens, que « la liberté de jouir librement du fruit de son travail » , que la propriété publique . D’ailleurs ce lien entre « propriété » et « liberté » est la clé de voûte du libéralisme philosophique éminemment respectable , et le fait quelle soit connexe à « la liberté de jouir des fruits de son travail » , donne bien la mesure de la sensibilité des nouveaux équilibres à trouver alors que le « travail » tend ( IA aidant , à devenir une activité sociale ( et une liberté ) subalterne .

    En tous cas , nos anciens , en rédigeant la DDHC avant la constitution , avaient , à leur échelle de l’époque , les idées d’instinct et de raison , solides : on définit le diagnostic et les grandes raisons d’être universelles , avant le mécano des solutions dont les constitutions qui ne sont que l’écriture des grands outils du moment .

    Alors qu’aujourd’hui ,on prétend retrouver une raison d’être avec des outils et des solutions a priori , qui plus est à une échelle ( encore elle ) qui n’est plus la bonne .

    Toute correspondance avec mes commentaires précédents sur ce fil ne serait absolument pas fortuite .

  3. Un article fouillé sur la surpopulation niée par le blog de P Jorion:
    http://economiedurable.over-blog.com/2018/09/notions-de-population-soutenable-et-de-population-optimale-2.html

    Extraits:
    « A l’occasion de la dernière Conférence climat (COP23), 15.000 scientifiques originaires de plus de 180 pays ont lancé un cri d’alarme sur l’état de la planète. Dans leur appel figuraient treize mesures dont la suivante : « déterminer sur le long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable ».

    « Les couples doivent absolument pouvoir continuer à avoir un ou deux enfants mais il serait bon qu’ils n’aillent pas au-delà, car l’aventure humaine, malgré toutes ses erreurs accumulées, doit pouvoir se poursuivre le plus longtemps possible.

    Denis Garnier

    Président de l’association Démographie Responsable

    denis.garnier@neuf.fr« 

  4. « Resign » le conseil de Kerry de démissionner, résonne avec l’exigence diffuse des GJ pour Macron !

    L’excellent article de la Fondation Jaurès auquel PJ renvoie reprend une conclusion : « Le Monde a procédé à une comparaison de ces propositions avec les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2017. Les deux tiers sont compatibles avec le programme de Jean-Luc Mélenchon, et la moitié des propositions sont partagées par Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen ».

    Sachant que les « idées » circulant dans les caboches n’ont rien d’inné, mais qu’elles ont une traçabilité complexe, doit-on en conclure qu’à l’insu de leur plein gré, la conscience moyenne des GJ a été formée aux 2 tiers par les propositions de la FI et pour moitié par celles de du FN/RN + NDA, ce qui dépasse les 100 % . Il a été remarqué que dans son tournant de dédiabolisation, le FN/RN a largement pompé des thématiques initialement mise en « valeur » par la FI.
    Opération classique utilisée par l’extrême droite en Europe dans les années 20-30.
    À suivre…

      1. daniel 24 janvier 2019 à 11 h 13 min
        Hérodote est une bonne source universitaire, pas aussi à gauche que le Diplo, dans le voisinage de PJ, mais l’article offusque déjà certains lecteurs…Il n’y aura pas de débats ici sur l’ingérence sous le leardership de Trump dans les affaires intérieures du Venezuela, pour défendre la démocratie contre un dictateur ? C’est tellement normal. Avec une frontière commune avec le Brésil et la Colombie, pays de tradition démocratique, qui sait ? le pari d’une dernière fuite en avant, avant la démission…et le déluge ? La mue de ce monde précise l’exuvie, mais pas la peau neuve.

    1. Dans la série brun-rouge.
      D’après Churchill, il est permis de faire quelque pas avec le diable si c’est pour une bonne cause :
      https://anfenglishmobile.com/rojava-northern-syria/french-leader-melenchon-calls-for-action-kurdish-hunger-strikers-32370

      Vu la répression féroce supportée par les Kurdes du nord, je suis incliné à croire que Mélenchon ne peut pas être totalement mauvais. Et surprise, y’a pas de bretelles à la Doriot !

      Sujet proche, encore Leyla Guven, et Ocalan  :
      https://anfenglishmobile.com/news/nobel-prize-laureates-urge-turkey-to-end-the-isolation-32385

      Je suis surpris de ne pas y trouver la dernière co-prix Nobel de la paix, Nadia Murad , elle dont les co-religionnaire (Yézidie) ont tant souffert des voisins du nord, et continuent à souffrir à Afrin et Shengal.

      1. Ce n’est pas parce qu’il arrive à Mélenchon d’avoir raison, qu’il ne se plante pas aussi parfois gravement, comme sur Chavez et Maduro. Indéfendables ces messieurs ! Le pays qui possède le plus de réserves pétrolifères a certes redistribué un temps aux pauvres, mais d’une tellement mauvaise manière avec si peu de principe de précaution (tous les œufs dans le même panier) qu’à l’arrivée c’est un désastre complet. Vous savez comment les Vénézuéliens nomment les restrictions alimentaires qui frappent le pays ? Le » régime Maduro », belle réussite mélenchonnienne ! On pourra dire c’est la faute à pas de chance, à l’Oncle Sam, à qui on voudra, mais les faits sont là, têtus. Echec complet.

      2. Drôle: « […]il ne se plante pas aussi parfois gravement, comme… »
        Ben, comme nous tous. Surtout moi d’ailleurs, un vrai Chavez à cet égard et j’espère à cet égard seulement. Et même, s’il y avait du Chavez en moi, je suis bien incapable de faire le mal, tout seul avec mon poisson rouge.

        Elargissons.
        -Soit vous faites de l’humour. Mais si, mais si, pas de timidité entre nous. Et cette bafouille montre que j’apprécie. Je ne dois pas être le seul.
        -Soit vous connaissez tout plein de penseurs et/ou politiques infaillibles. Parmi eux deux étant exclus: d’une part, notre hôte, Paul, gagnant haut la main, d’autre part, vous. Vous voulez bien nous communiquer un ou deux noms de penseurs qui ne se plantent pas trop gravement?

        De vos diatribes anti-mélenchonesques, nous pouvons peut-être supposer une autre cause. Vous l’avez deviné: la largeur de ses bretelles de bateleur de foire. Exécrable, j’en suis d’accord. Depuis qu’il a cessé de bouffer du bébé tibétain à chaque petit déjeuner, cette une tache (la largeur de ses bretelles) encore plus évidente.

      3. daniel
        personne n’est infaillible, seul le pape l’est officiellement, et encore 😉
        Dans le cas précis que j’évoquai plus haut, Mélenchon s’est planté mais il persiste et signe, c’est ça qui est très ennuyeux à mes yeux. J’ai tout de même le droit de considérer qu’il fait fausse route sans être qualifié automatiquement d’anti Mélenchon primaire. Il est beaucoup question d’effondrement sur ce blog d’effondrement, or il se trouve que Mélenchon continue de trouver des mérites à des individus qui ont précipité leur pays dans le chaos, avouez qu’il y a de quoi se poser des questions sur la façon dont Mélenchon envisage l’avenir de la gauche en particulier et celle du monde en général.

      4. Pierre-Yves Dambrine 25 janvier 2019 à 0 h 24 min
        PYD
        Résumons,

        1/ PJ himself : https://www.pauljorion.com/blog/2017/01/31/oui-nous-avons-encore-le-droit-de-voter-pour-le-ps-par-roberto-boulant/#comment-603864

        Sûr que PJ n’était pas content que la FI récupère certaines de ses idées sans avoir la politesse de prendre contact avec lui, alors qu’il avait clairement proposé. Ceci dit, et c’est ancien, la personnalité de JLM n’est pas du goût de P.J. et si JLM avait pris l’initiative comme Hamon de serrer la pogne de P.J. …avec des si…bref les affaires d’Ego comme d’hab.

        2/ Si le FN/RN a bien pompé des idées de la FI, dont certaines auraient été pompées chez PJ, on doit alors retrouver logiquement des éléments de programme de PJ au FN/RN. Cela fait-il de PJ un rouge-brun ?

        3/ Si les gens qui souhaitent changer la donne, faire autrement, (vous en êtes) s’allient objectivement à ceux qui font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher que quelque part surgisse autre chose, ou quand ils n’ont pu l’empêcher, concourent à saboter l’expérience vivante, alors vous vous retrouvez clairement dans le camp de Trump. Un pont plus loin, si l’armée vénézuélienne ne faisait pas a priori rempart à l’interventionnisme militaire d’extrême droite US, Brésil, Colombie, vous écririez ici, que l’ingérence militaire pour rétablir la « démocratie » c’est la faute « à des individus qui ont précipité leur pays dans le chaos » ?

        J’ai pris l’habitude de constater l’évitement quand j’embarrasse…

        Amusant de voir se constituer des candidats gilets jaunes…sachant que leurs souhaits même confus sont déjà majoritairement au programme de la FI et du FN/RN. Ils vont servir à servent à quoi ?

        L’unipolaire a vécu, le multipolaire trouve sa limite dans sa réduction au bipolaire : la latéralité humaine est inéliminable.

      5. Je tiens à préciser que Nadia Murad a elle-même abominablement souffert de l’action des éradicateurs.

        Le bilan du génocide des Yézidis les 2 et 3 août 2014 s’établit à environ 6000 morts masculins, exécutés sur place et de 7500 à 3000 femmes, jeunes filles et garçons emmenés en esclavage. L’ONU et d’autres organisations des droits de l’homme estiment que c’est bien d’un génocide.
        Pour les Yézidis, il s’agit du 72 ième Firman, décret ottoman, en l’espèce d’éradication de leur religion.

        Depuis la quasi-fin de l’implantation territoriale de Daech en Syrie et Irak, environ 2500 femmes et enfants ont été retrouvés et libérés. Le chiffre n’est pas certain, en tout cas le compte n’y est pas. On imagine bien les conséquences terribles de l’esclavage de ces femmes et de ces enfants…

        Une vidéo de la député (réélue) Vian Dakhil annonçant au parlement irakien le massacre de son peuple, le 5/12/2014:
        https://www.youtube.com/watch?v=_cAYCYvfErI
        ( Votre précieux temps est préservé: 1mn 40s)

    2. Je voudrais signaler une autre analyse du mouvement des Gilets Jaunes. Le tropisme habituel de ce blog est plutôt orienté sécurité. Mais l’analyse présentée ici ne manque pas de générosité, ni d’originalité .

      https://lavoiedelepee.blogspot.com/2019/01/le-mouvement-des-gilets-jaunes-comme.html#comment-form

      Le Colonel (en retraite) Goya est surtout Docteur en histoire. Il n’hésite jamais à rappeler qu’il est d’origine immigrée, précisément du Brésil, sans en faire tout un plat.
      Pour le suivre pas trop irrégulièrement, et ne pas toujours l’approuver, je crois pouvoir dire que son blog s’inscrit dans une tendance humaniste, sécuritaire naturellement. Il n’est certainement pas un laudateur systématique de son ancien employeur. Ni un opposant obstiné. Il mérite un coup de sonde.

      Un point noir : il a supprimé ce blog de son blogroll.

      1. Merci mais non je ne partage pas grand chose de la vision de l’auteur, et j’ai même la flemme de vous développer mes raisons !
        Les Yézidis, il aura fallu leur drame pour connaître leur existence, les Rohingyas, pareil, le prix nobel de la paix birman n’a pas pu ou voulu grand chose, et les YPG qui ont limité les dégâts restent d’affreux terroristes…ainsi va ce monde…

  5. Pierre-Yves Dambrine 24 janvier 2019 à 16 h 35 min
    Je n’ai pas le dernier mot sur cette affaire, mais quand un petit pays (donc pas la Chine) décide de faire autrement, les forces hostiles ne manquent pas, à l’intérieur comme à l’extérieur. Passée la consultation basique, https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_du_Venezuela#La_nationalisation_des_secteurs_strat%C3%A9giques
    Je ne qualifierais pas la tentative d’indéfendable, sinon à quoi bon tenter : rappelez vous la confidence de Mitterand à son épouse en 1981 : Alors je demandais à François : « Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ?’’ Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement. […] »
    Sans doute aurait-t-il fallu PSDJ comme ministre de l’économie sociale du Venezuela, puisque manifestement ce n’était pas une bonne idée comme pour l’Argentine de maintenir coûte que coûte la parité dollar !

    1. Rosebud1871
      indéfendable a posteriori, bien entendu.
      Qu’il y ait des forces hostiles, difficile de le nier.
      Mais cela n’excuse pas les erreurs d’appréciation monumentales des gouvernements Chavez et Maduro.
      La plus importante sans doute fut de tout miser sur le pétrole pensant que l’économie d’un pays peut se construire sur la répartition d’une rente.

      1. Ce n’est pas la rente pétrolière comme telle (voyez la saoudie, le golfe, la russie etc.) mais les jeux sur les cours + l’inévitable dollar pour les paiements qui a posé problème. Le bazooka financier charge en dollar, et les munitions semblent inépuisables.

      2. justement si en Arabie saoudite, en Russie le fait que ces pays disposent de rentes a des conséquences politiques désastreuses (les orligarques en Russie, le financement du terrorisme par la l’Arabie saoudite) , bien qu’ils ne soient pas en situation de banqueroute. Alors en situation de faiblesse comme au Vénézuela, les conséquences sont plus graves encore…. Bref rien n’obligeait Chavez a tout miser sur le pétrole, sans même évoquer la nécessaire réduction des émissions carbonées.

      3. Quel rapport entre les oligarques, qu’on appelle milliardaires ou prince ailleurs, et PDVSA ?
        Après 10 ans passés sur ce blog, l’impasse de la parité dollar tient-il de la scotomisation ?

    2. C’est un dialogue de sourds, je vous parle de rente et vous me répondez parité du dollar.
      Le Vénézuela s’est mis en situation de dépendance en basant son économie sur le pétrole, si une autre politique avait été menée, beaucoup plus diversifiée, le problème de la parité dollar n’aurait donc pas été aussi problématique, c’est tout ce que je veux dire.
      Pourquoi j’ai évoqué la rente en Russie, parce que dans un autre contexte elle a des effets délétères sur l’action politique d’un pays. Beaucoup d’oligarques furent d’anciens membre du système soviétique qui rachetèrent à bas prix les actifs de l’Etat, ils ont ainsi pu accéder à une rente, ce qui fait une économie très inégalitaire, les Chicago boys n’arrangeant pas la situation, au contraire, puisque l’espérance de vie baissa fortement dans les années 90 .

      1. La rente est libellée en US $. C’est un souci, quand elle baisse car les cours baissent et qu’il faut néanmoins acheter en dollars un tas de choses, que le pays n’a pas l’habitude de produire lui même d’une part et qu’il consacre une part de la rente à subventionner santé, éducation, produits de base et logement d’autre part.
        On ne crée pas ni ne réoriente une industrie ou une agriculture facilement, d’autant plus quand les cadres trainent des pieds, s’exilent, et que le marché intérieur est resté ouvert à l’international. Pire l’incompétence fait baisser l’extraction, et donc la rente. Des erreurs oui, mais c’est à défaut d’appui que ceux qui tentent de faire autrement finissent par se tourner vers la Russie, la Chine etc.
        Pour la Russie le hold up du siècle, j’ai su !
        Les responsables de la crise mondiale de 2007 sont mieux traités que les supposés fautifs de la crise au Venezuela. AMLO n’a pas cédé aux pressions US, tant mieux.

  6. Le vice-président américain, Mike Pence, s’exprime largement sur la présidence contestée au Vénézuela, histoire de déverser un peu plus de pétrole sur le feu ; c’est assez cocasse, venant du vice-président de Trump, lequel est bien entendu connu comme étant un ange pourfendeur de toute magouille…
    Au fait, Mike : what about Macron, which is your deep thought?
    Les U.S.A. peuvent rouler les mécaniques maintenant qu’ils pompent à tout va le pétrole de schiste, n’ayant cure des dégâts causés à l’environnement, mais, après tout, c’est le business qui compte et si en plus on peut déglinguer le Vénézuela en ne lui achetant plus son pétrole, c’est tout bénef pour america first…
    Maintenant, un petit trait d’humour concernant Pôle-Emploi…, et les robots :

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-charline-vanhoenacker/le-billet-de-charline-vanhoenacker-24-janvier-2019

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