Archives par mot-clé : Constitution pour l’économie

Le Monde / L’Écho – Les règles comptables : constitution implicite de l’économie, le 4 juin 2018

Le Monde : Les règles comptables : une constitution implicite

L’Écho : Les règles comptables sont-elles dans la constitution ?

Les salaires constituent pour l’entreprise, un coût, alors que les dividendes versés aux actionnaires, les bonus aux montants quelquefois faramineux versés à la direction, sont de fait des parts de bénéfice. Or les coûts doivent être réduits, et les bénéfices, accrus.

Ce sont là des vérités admises dont certains diront qu’il s’agit de simple bon sens. Pourtant, au XVIIIe siècle, le travail était considéré, au même titre que le capital investi et les tâches de supervision effectuées par la direction, comme autant d’« avances » faites à l’entreprise. Comment pourrait-il en être autrement si chacun de ces ingrédients est indispensable ? Si le salarié ne constituait véritablement qu’un coût pour l’entreprise, pourquoi aurait-on jamais cherché à l’embaucher ?

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Inscrire les principes implicites de la comptabilité dans une constitution « cosmopolitaire » pour l’économie

Ouvert aux commentaires.

Je connais depuis bien des années les travaux de Jacques Richard pour une réforme de la comptabilité, en particulier son projet d’ajouter au bilan , comme devant être protégés, au capital des investisseurs qui y est seul aujourd’hui, ceux que constituent les contributeurs en travail de l’entreprise et la nature exploitée, ponctionnée, dégradée, par ses activités.

Ayant eu l’occasion d’échanger avec lui hier à Paris, lors d’une session du colloque « Refonder la finance », je lui ai proposé de combiner son projet au mien visant à inscrire les grands principes implicites de la comptabilité internationale contemporaine dans une constitution « cosmopolitaire » pour l’économie.

Ce qu’il a accepté d’enthousiasme. On reparlera donc de tout ça, qui pourrait constituer une manière efficace de changer le monde, par la bande sans doute, mais à l’occasion d’une splendide synthèse.

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Paris-Sorbonne, Paul Jorion : Inventer une Constitution pour l’économie ? le 8 juin 2017 – Retranscription

Retranscription de Paris-Sorbonne, Paul Jorion : Inventer une Constitution pour l’économie ? le 8 juin 2017. Merci à Olivier Brouwer !

Du discours au récit constitutionnel : analyses extra-juridiques du constitutionnalisme

Colloque organisé par l’I.C.E.E. – Sorbonne Nouvelle

Paris le 8 juin 2017

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#50aireMai68 – Piqûre de rappel : « Contre-appel du 22 mars », par Paul Jorion et François Leclerc, le 22 mars 2010

Il y a eu le vote protestataire, où l’on n’accorde pas sa voix en faveur d’un parti mais contre un autre. Il y a eu le vote blanc ou le vote nul, où l’on déverse sur le bulletin la rage que l’on a au cœur. Il y a eu enfin l’abstention, quand le pire ennemi de mon pire ennemi m’est lui aussi devenu à ce point indifférent, que lui non plus ne mérite plus que je me dérange.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 9 JUIN 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 9 juin 2017. Merci à Pascale Duclaud !

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 juin 2017 et oui effectivement : une chambre d’hôtel ! Une chambre d’hôtel à Paris parce que je participais donc hier, à la Sorbonne, à un colloque sur la constitution. Alors j’ai eu un petit soupçon, là : un petit soupçon qu’on m’ait fait venir pour que je puisse montrer que l’idée d’une constitution pour l’économie n’avait pas beaucoup de sens par rapport au mot « constitution ». Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 9 JUIN 2017 – Retranscription

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Le temps qu’il fait le 9 juin 2017

Une constitution pour l’économie ?

Les malheurs de Theresa (May)
Les malheurs de Donald (Trump)

Le Blog de PJ : L’avenir radieux (Engl. glorious) du Brexit, le 6 juillet 2016

Le Monde / L’Écho : Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ?, le 17 avril 2017

P.S. Étienne de La Boétie a 18 ans quand il rédige De la servitude volontaire ou Le contr’un.

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Les otages – Vote de confiance pour le gouvernement Valls II à l’Assemblée Nationale cet après-midi

Président otage de la religion féroce ultralibérale européenne, otage de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otage des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

Premier ministre otage de la religion féroce ultralibérale européenne, otage de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otage des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

Députés et sénateurs – tous partis confondus, otages de la religion féroce ultralibérale européenne, otages de la Dette nationale restaurant le servage pour la servir, otages des lobbies rédigeant les textes qui deviendront lois.

 

Programme alternatif : dynamiter le cadre ultralibéral européen, défaut généralisé sur la Dette au sein de la zone euro, mettre la Loi à l’abri des lobbies par une Constitution pour l’économie.

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PRÉFACE À ALAIN GAUVIN, Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?

J’ai rédigé une préface pour le nouveau livre d’Alain Gauvin, dont plusieurs billets ont été publiés ici. Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?, Éditions Milleli 2011.

 
José d’Acosta est né en 1539 et mort en 1600. Missionnaire jésuite, il vécut au Pérou de 1569 à 1585 ; il demeura alors trois ans au Mexique, où il étudia la culture aztèque. Décontenancé par l’abominable cruauté de celle-ci, il s’interrogeait : « Quelle signification assigner au spectacle qui se déroule sous mes yeux ? », jusqu’à ce qu’un jour, l’illumination se fasse : « Dieu, se dit-il, a mis en scène cet odieux spectacle pour que nous puissions nous représenter ce qu’est un monde dont il est absent ».

Cette anecdote m’est revenue à l’esprit en lisant le livre que vous vous apprêtez à lire. J’aimerais pouvoir faire comme d’Acosta : attribuer un sens aux comportements décrits, en les exilant dans un « enfer » comme celui des bibliothèques, en les qualifiant de « contes qui nous sont parvenus de la préhistoire ». Hélas, il s’agit bien du monde où nous vivons encore, et le spectacle qui s’offre à nos yeux pour notre édification est celui d’un univers que le Droit comme on le comprenait autrefois : le versant pratique de l’éthique, a désormais déserté. À sa place : une loi de la jungle, encore appelée « loi du marché ».

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ÉLOGE DE LA SIMPLICITÉ !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il faut reconnaître à Pascal Canfin, qui mène depuis plusieurs années déjà à Bruxelles le combat pour une régulation des produits financiers dérivés, le mérite de la ténacité. Les députés européens ont ainsi voté hier à son initiative une interdiction des positions nues sur les CDS (Credit-default swaps) portant sur de la dette souveraine ainsi que l’obligation d’enregistrement des produits dérivés échangés de gré à gré.

Le résultat est méritoire et doit être salué même s’il y a encore loin de la coupe aux lèvres, je veux dire que beaucoup d’étapes restent à franchir avant que ces mesures ne soient appliquées et en particulier que les gouvernements européens approuvent leur teneur, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Mais la critique qui s’impose de l’approche adoptée réside dans le fait qu’au cas où vous ignoreriez ce que sont les positions nues sur CDS et les produits dérivés traités de gré à gré, il me faudrait consacrer un minimum de trois pages à vous l’expliquer.

Les mesures que Canfin et ceux qui le soutiennent, proposent, sont une interdiction des paris sur les fluctuations de prix, telles que l’article 421 du Code pénal français, par exemple, la formulait jusqu’en 1885, date de son abrogation résultant de plusieurs dizaines d’années d’efforts incessants « de la part des milieux d’affaires » selon l’expression utilisée à l’époque.

Pourquoi ne pas en revenir à une formulation simple comme celle de l’article 421 : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics sont punis des peines portées à l’article 419 », qui enlèverait leur ambiguïté aux mesures votées hier à Bruxelles, et découragerait les gouvernements que la complication des mesures empêche de comprendre de quoi il s’agit vraiment, d’y faire barrage en invoquant des raisons trahissant leur totale incompréhension, comme le gouvernement hongrois récemment, qui affirmait craindre que l’interdiction des positions nues sur les CDS n’affectent la liquidité des titres de dette publique de la Hongrie.

C’est la nécessité d’invoquer des principes aussi simples que possible qui me pousse depuis plusieurs années à proposer que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix apparaisse au niveau d’une Constitution pour l’économie promulguée au niveau international.

« Tu ne parieras pas à la hausse ou à la baisse du prix d’un produit financier », voilà un principe simple, que même un ministre des finances européen devrait être à même de comprendre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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COMMENTAIRE SUR « UN CODE DE LA ROUTE POUR LA FINANCE », par Pierre Sarton du Jonchay

Le Nouvel Observateur a publié aujourd’hui une Tribune de l’économiste François Rachline « Et si on créait un code de la route pour la finance », dans laquelle il évoque une proposition qui fait écho à celle de Paul Jorion dès 2007 d’une constitution pour l’économie. Pierre Sarton du Jonchay propose ici une analyse critique de l’article du NouvelObs.

Les radars ne font pas avancer les voitures. Mais ils sont au bord des routes en dehors desquelles les voitures n’avancent pas. Si les routes existent pour faire rouler les voitures, c’est par l’existence d’une collectivité qui construit et entretient les routes. Les automobiles financières circulent grâce aux marchés que les États fabriquent par des règles collectives de négociation.

D’où viennent alors les transactions OTC ? Les automobiles financières ne sont pas des objets physiques intégrés à la réalité physique par des routes physiques. Ce sont des représentations non localisées qui choisissent leurs règles d’existence. Avec la mondialisation et la libre circulation des capitaux, une automobile financière crée sa route où elle veut et y roule comme elle veut loin de tous les radars. La finance ne pourra pas être réintégrée dans une réalité régulée par les États sans la création d’une monnaie internationale qui remplisse le vide juridique entre des souverainetés distinctes.

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CINQ CONDITIONS POUR VOTER A LA PRESIDENTIELLE DE 2012, par le Yéti

Billet invité.

Chers candidats, je vois que déjà vous vous bousculez pour rallier à vous les électeurs en 2012, que le grand train de la campagne de la future présidentielle se met en branle. Mais ce qui lui manque encore, à votre train, ce sont les wagons de vos programmes, de vos propositions claires, argumentées, réfléchies et structurées.

En attendant que vous vous décidiez enfin à nous les mettre sur les rails, permettez au modeste citoyen que je suis de vous soumettre cinq conditions qui détermineront ma décision de me rendre ou non aux urnes le jour électoral venu.

1. La garantie d’un minimum vital décent pour chaque ménage

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » – article 25 des Droits de l’homme et du citoyen de 1948

Dans la mesure où ces biens et ces services sont disponibles en quantité suffisante dans notre pays, il est intolérable que certains, de plus en plus nombreux, en soient privés au prétexte qu’ils sont aussi privés d’emplois, ou que les revenus de leur travail ne leur permettent plus d’assurer leur subsistance. En bref, qu’une dépravation systémique leur enlève les moyens de se procurer ce qui est bel et bien existant.

Garantir à chaque ménage un revenu vital décent de base est une façon d’appliquer ces droits de l’homme que nous sommes si prompts à exiger des autres.
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« NE LE DITES SURTOUT PAS AUX AUTRES… »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Hier matin, j’étais aux côtés de Laurent Joffrin et Jacques Mistral à une journée organisée à Paris par le Nouvel Observateur. Le thème de notre table ronde était : « Les Financiers : ils n’ont rien compris, ils n’ont rien appris ». J’ai profité d’une question venant de la salle pour expliquer ma proposition d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qui a toujours été accueillie jusqu’ici par un silence poli teinté de perplexité et là, j’ai été surpris de voir cet auditoire jusque-là très silencieux, éclater en applaudissements.

Bon, on pourrait imaginer qu’à force de vanter ma camelote, j’ai découvert le moyen d’améliorer mon boniment. Il y a peut-être un tout petit peu de ça, mais il y a d’autres signes qui me permettent de constater que mes interventions sont reçues avec un enthousiasme croissant.

J’accepte les invitations les plus diverses, y compris dans des cadres a priori conservateurs, voire même très conservateurs, où je m’attends à ce que mes thèses soient mal reçues. Je vais les tester là « en terre de mission ». Or, il m’arrive maintenant au moment où je dis, par exemple, qu’il va falloir remettre en question la manière dont nous concevons la propriété privée, de noter avec surprise les nombreux hochements de tête approbateurs qui accueillent mes paroles dans la salle.

Bien sûr, j’interviens souvent dans des cadres où l’auditoire m’est acquis, mais dans ces autres, où l’accueil devrait logiquement être plutôt froid, j’échange quelques mots à la fin de l’exposé avec les auditeurs qui tiennent à me parler. La teneur de ce qu’ils me glissent dans le tuyau de l’oreille est toujours la même : « Ne le dites surtout pas aux autres, mais je suis tout à fait d’accord avec vous ! », et ils m’expliquent alors pourquoi, me prouvant qu’il ne s’agit pas simplement d’un accord superficiel. Une personnalité du milieu financier – qui se reconnaîtra sans doute puisqu’elle me prouva être un fidèle parmi les fidèles – m’a ainsi dit lors d’une de ces conversations rapides : « Je suis étonné que vous soyez arrivé à ne jamais rater un seul de vos rendez-vous vidéo du vendredi ! ». Rentré chez moi, j’ai voulu en avoir le cœur net : quelle constance lui avait-il fallu pour être si sûr de son fait ? La réponse : fidèle au poste depuis quatre-vingt-trois semaines. Chapeau !

Je sais comment vont réagir à ce que je rapporte ici certains d’entre vous : un peu d’agacement à découvrir que le petit club n’est pas aussi sélect qu’ils ou elles l’imaginent. J’y vois moi un énorme encouragement : que les idées que nous discutons ici font leur chemin, aussi bien au niveau d’un évêché ou d’un club Rotary que des banques coopératives ou des syndicats.

La question que je me pose en ce moment, c’est celle-ci : toutes ces personnes qui me disent en catimini, « Ne le dites surtout pas aux autres ! », que se passerait-il si elles se rendaient compte soudain que tous ces fameux « autres », me disent en réalité exactement la même chose qu’eux ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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