Mauvais temps pour les boutiquiers !

L’axe majeur de la contre-révolution ultralibérale des années 1970 fut que l’on devait gérer un État – et un État-Providence en particulier – non pas comme une institution ayant à cœur le bonheur de tous, mais comme une boutique où l’on compte ses sous sans se préoccuper de rien d’autre. Le père de Margaret Thatcher, souvenez-vous, était épicier.

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« Vers un nouveau monde » (à paraître le 23 août) : L’État de bien-être ne doit pas être soumis aux aléas de la croissance

Vers un nouveau monde

Ouvert aux commentaires. Deux chapitres complémentaires de mon nouveau livre-manifeste.

LE MONDE TEL QU’IL EST

7. L’État de bien-être

Cet État-Providence, dont le deuxième terme de l’expression perd davantage son sens de jour en jour, nous est envié par d’innombrables êtres humains aux quatre coins de la planète, n’hésitant pas malheureusement trop souvent à mettre leur vie en jeu pour être admis au statut de l’un de ses bénéficiaires.

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Piqûre de rappel : L’État-providence et la croissance, le 22 octobre 2015

Version longue de ma chronique publiée dans Trends-Tendances en date du 22 octobre 2015.

Les États-Unis et le Canada n’avaient pas connu la guerre sur leur territoire propre (si l’on excepte le bombardement par les Japonais de la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor à Hawaï en décembre 1941). Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ces deux pays sont démesurément riches par rapport aux autres nations. Continuer la lecture de Piqûre de rappel : L’État-providence et la croissance, le 22 octobre 2015

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France Info – Un monde d’idées, mardi 10 novembre 2015

jorion

Je me suis entretenu avec Olivier de Lagarde au sujet de « Penser tout haut l’économie avec Keynes » dans son émission « Un monde d’idées ».

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Monnaie et citoyenneté, par Virgile Perret

Billet invité. Virgile Perret résume ici, à mon invitation, son ouvrage Monnaie et citoyenneté. Les citoyens à l’épreuve de la globalisation financière, Berne : Peter Lang, 2015. Il approfondira les différents points soulevés dans de prochains billets.

La monnaie est conçue dans les manuels d’économie à partir d’une « fable » qui attribue son émergence à la nécessité de surmonter les difficultés du troc. L’image de deux « sauvages » troquant des biens dont ils ont réciproquement besoin est en effet un élément central de l’idée de l’origine de la monnaie. A partir de ce récit sur l’invention de la monnaie, l’analyse économique infère ses fonctions et lui attribue un rôle général de « lubrifiant » des échanges. Or, cette conception est partiellement erronée car elle occulte le fait que la monnaie est en même temps l’expression d’un principe de souveraineté politique et d’une forme correspondante de citoyenneté.

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Trends – Tendances, L’État-providence et la croissance, le 22 octobre 2015

Version longue de ma chronique publiée dans Trends-Tendances en date du 22 octobre 2015.

L’État-providence et la croissance

Les États-Unis et le Canada n’avaient pas connu la guerre sur leur territoire propre (si l’on excepte le bombardement par les Japonais de la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor à Hawaï en décembre 1941). Au sortir de la Seconde guerre mondiale, ces deux pays sont démesurément riches par rapport aux autres nations. Ancrer les monnaies à l’or ou à une monnaie elle-même ancrée à l’or est l’option qui a la préférence des États-Unis lors de la conférence internationale de Bretton Woods dans le New Hampshire en 1944. Face à elle, Keynes défend l’option britannique : un système monétaire international fondé sur les échanges égalitaires entre nations, relations susceptibles d’être rééquilibrées chaque année par la réévaluation ou la dévaluation des monnaies nationales, et disposant d’une monnaie de compte commune : le bancor. C’est l’option américaine qui l’emporte : la formule choisie spécifie que chaque pays qui le souhaite pourra ancrer sa monnaie à l’or, mais chacun sait que seuls les États-Unis sont suffisamment riches pour adopter cette approche, du coup, l’ensemble des autres monnaies détermineront leur prix grâce à un taux de change fixe par rapport au dollar américain.

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L’arnaque, par Michel Leis

Billet invité.

Sous l’effet d’une propagande intensive et ininterrompue depuis plus de vingt ans, il semblerait que de plus en plus de personnes soient victimes d’une arnaque à grande échelle, comme en témoigne cette conversation entendue il y a quelques jours entre deux employées au détour des allées de la supérette locale. Le sujet du moment en Belgique (comme dans beaucoup de pays) c’est la nouvelle réforme des pensions qui va porter l’âge de la retraite à 66 en 2025 et 67 ans en 2030.

Après un échange de quelques minutes pour se plaindre de ces mesures, la conversation se conclut par quelques commentaires totalement résignés :

– Bon de toute façon, il faudra bien travailler jusqu’à cet âge, il n’y a pas le choix.

– Oui, on voit très bien que l’on ne pourra pas faire autrement.

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LES FRANÇAIS VOIENT CLAIR

Sondage de l’Institut IPSOS, rapporté par Le Monde

64% des Français pensent que les difficultés que rencontre la France actuellement ne sont pas une crise mais une mutation profonde et durable de la société.

Augmenter les salaires

  • Efficace et souhaitable : 71%
  • Efficace mais pas souhaitable : 16% (NB : Ils ne sont donc pas les « 1% » mais les « 16% »)

À qui faites-vous le plus confiance pour relancer la croissance ?

  • Aux Français eux-mêmes : 54%

À qui faites-vous le plus confiance pour relancer la croissance ?

  • À la droite : 14%
  • À la gauche: 6%

La France est-elle plutôt mal placée en ce qui concerne…

  • Le modèle de protection sociale existant => plutôt bien placée : 79%

Les Français voient donc très clair. Comment se fait-il qu’ils ne soient pas entendus au sommet (mais alors pas du tout, et que ce sommet soit de droite ou de « gauche ») ?

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L’actualité de demain : COMMENT COMBLER LE GRAND ÉCART ? par François Leclerc

Billet invité

Nous avons « quatre bonnes années devant nous », a promis Angela Merkel au soir d’une victoire attendue. Une de ces petites phrases dont le destin est d’être rappelée quand les choses tournent mal. Car si le bilan de la stratégie qu’elle personnifie est escamoté aux bons soins de la providence – c’est à dire de la BCE – rien n’est réglé et ne redeviendra comme avant, comme il avait été prédit pour être ensuite oublié.

Masqués par l’étendue de sa victoire, toutefois relativisée par une majorité SPD-Verts-Die Linke au Bundestag, l’effacement du parti libéral-démocrate allemand (FDP) longtemps le plus européen, et la percée d’Alternative pour l’Allemagne (AFD) qui a fait campagne pour une sortie de l’euro, font retentir un signal qui n’a pas fini d’être entendu.

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LA LIBRE BELGIQUE, 2013 : LE DÉFI DES DETTES PUBLIQUES, par Paul Jorion et Bruno Colmant, le 23 février 2013

OPINION

2013: le défi des dettes publiques

Une opinion de Paul Jorion, anthropologue, chargé de cours à la VUB, et Bruno Colmant, économiste, chargé de cours à l’UCL.

Il y a, bien sûr, un ralentissement généralisé du rythme de croissance mondiale, phénomène classique de tassement conjoncturel qui succède avec la régularité du pendule aux périodes de crédit excessif, comme celle qui a caractérisé la période 2001-2007, périodes de surexploitation de l’effet de levier qu’autorise l’endettement, débouchant sur un « moment Minsky ». Un tel « moment » s’exprime par un retour brutal au seul roc solide de l’économie : celui de l’argent sonnant et trébuchant, alors que les reconnaissances de dette – qui étaient fondées sur des châteaux en Espagne – feront apparaître, dans la vérité de leur prix, la différence qui existe entre la richesse qui a véritablement été créée et celle qui ne reposait que sur des espoirs infondés.

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LE MONDE-ÉCONOMIE, C’est aux États-Unis qu’a lieu le débat droite-gauche, lundi 14 – mardi 15 janvier 2013

C’est aux Etats-Unis qu’a lieu le débat droite-gauche

On avait l’habitude de dire qu’il n’existe pas, aux Etats-Unis, une gauche et une droite comme en France, les partis démocrate et républicain étant pratiquement interchangeables. Pour autant que l’opinion ait été justifiée à l’époque où on l’émettait, les événements récents, outre-Atlantique, autour de la « falaise fiscale », et en France, avec le cadeau de 20 milliards d’euros offert aux entreprises par le pacte de compétitivité, suggèrent qu’elle a en tout cas cessé d’être vraie, voire même que la situation s’est entièrement inversée.

Un accord est intervenu aux États-Unis durant la nuit de la Saint-Sylvestre sur ce qu’on appelle en effet, la « falaise fiscale » : un ensemble de mesures dont la liste avait été rédigée en août 2011 comme entrant automatiquement en vigueur le 1er janvier 2013 au cas où un accord entre démocrates et républicains ne serait pas intervenu entre-temps pour maîtriser la hausse inexorable de la dette publique.

Le plafond de la dette publique est déterminé aux États-Unis par la loi or, ayant été atteint au printemps 2011, il fallait impérativement le relever. Un accord de dernière minute était intervenu au début du mois d’août, consistant essentiellement à remettre la solution des questions épineuses à plus tard. Pour encourager Congressistes et Sénateurs à ne pas temporiser davantage, un brouet empoisonné et dissuasif avait été concocté : un ensemble de mesures inacceptables aux uns et aux autres, qui entrerait automatiquement en vigueur le 1er janvier 2013. Pour dégoûter les démocrates : des atteintes à l’État-providence – ou l’État de Bien-Être, comme l’on dit plus respectueusement là-bas ; pour écœurer les républicains : des coupes sombres des dépenses militaires, des bénéfices des cliniques privées et de l’industrie pharmaceutique dans le cadre de Medicare, l’assurance maladie-invalidité des retraités.

Vu la polarisation de la vie politique aux États-Unis depuis le début de la crise, aucun progrès n’intervint durant la période de dix-huit mois, les deux partis campant sur leurs positions respectives.

Du côté républicain, l’objectif est celui de la réduction progressive de la dette, assorti d’une contrainte supplémentaire : la baisse de l’impôt. Conjointement, les deux soucis impliquent une réduction des dépenses de l’État. La seule variable d’ajustement étant dans ce cas de figure la protection sociale, c’est elle qui ferait nécessairement les frais de l’opération.

Du côté démocrate, dont l’électorat est aujourd’hui constitué massivement de la partie féminine de la population américaine et des minorités hispanique, afro-américaine et asiatique, l’objectif est unique : assurer l’intangibilité de la protection sociale.

La minorité asiatique étant aujourd’hui plus riche que la majorité blanche, l’électeur moyen républicain est plus âgé et plus pauvre que celui du parti démocrate.

L’irréductibilité des positions est évidente : un clivage net existe aujourd’hui aux États-Unis entre une droite et une gauche sur la question de l’État de Bien-Être, dont les modalités et l’extension-même sont considérées négociables par la droite et non par la gauche. Les choix sont désormais des choix de société reposant sur deux analyses aux conclusions irréconciliables : pour les uns, la société est saine mais pénalisée par des impôts excessifs et une protection sociale à la fois inutile et trop coûteuse, pour les autres, le système de partage de la richesse nouvellement créée est déséquilibré : une moitié de la population se partage 2% du patrimoine, tandis qu’1% de la population en détient le tiers, celui-ci, faute d’opportunités d’investissement productif en raison du trop faible pouvoir d’achat de la population dans son ensemble, spécule, déréglant le mécanisme de formation des prix.

Dans un tel contexte d’affrontement, les prétendues « solutions de compromis », qu’il s’agisse de celle intervenue le 2 août 2011 ou le 1er janvier 2013, n’en sont pas véritablement : l’irréductibilité des points de vue interdit tout compromis, et les seuls accords qui puissent être conclus portent sur le fait de reporter à plus tard la recherche d’authentiques compromis, aujourd’hui introuvables, les deux modèles de société en présence étant irréconciliables.

Warren Buffett, le milliardaire d’Omaha, Nebraska, déclarait il y a quelques années que la lutte des classes existe aux États-Unis, que ce sont les riches comme lui qui la mènent, et qu’ils l’ont déjà gagnée. M. Obama disposait d’une majorité de rêve au moment de sa première élection à la Présidence, une majorité authentiquement de gauche pour la première fois dans l’histoire récente des États-Unis. Or son alignement systématique sur des positions de droite, provoquant le découragement de ses partisans, permit au parti républicain de regagner en peu de temps une majorité au Congrès. Paradoxe de plus, mais l’histoire en est faite, c’est la cohabitation qui s’ensuivit et qui se poursuit durant son second mandat, qui a permis aux hostilités de reprendre dans cette lutte dont M. Buffett jugeait prématurément sans doute qu’il s’agissait d’une affaire réglée.

 

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 4 JANVIER 2013

Oups ! J’ai voulu faire court et… je ne n’y suis pas parvenu. J’ai voulu parler du vote « de compromis » aux État-Unis, j’ai voulu expliquer pourquoi il n’y a plus de compromis possibles aujourd’hui parce que nous sommes face à des choix de société, j’ai voulu expliquer que tout le monde se dit « de gauche » aujourd’hui, mais qu’il ne suffit pas de l’affirmer, il faut encore en apporter les preuves…

Et j’ai dit deux mots de la nouvelle formule du blog.

Le même sur YouTube.

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L’actualité de la crise : UN CHOIX MASQUÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Au discours sur la taille de la dette publique correspond sempiternellement l’évocation des efforts qu’il va falloir consentir pour cesser de l’accroître, puis la diminuer. Dans la zone euro, une règle qui ne pouvait être que d’or est inventée afin d’imposer une contrainte démocratique sensée le permettre. Au Royaume-Uni, la démonstration est déjà faite que la politique d’austérité budgétaire y fait obstacle. Aux États-Unis, le débat s’apprête à rebondir, tandis qu’au Japon le gouvernement fait le dur apprentissage d’une réalité que les autorités ne veulent en général pas regarder en face.

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2011 : UNE ANNÉE SANS HISTOIRE

Ce que l’année 2011 aura brillamment illustré, c’est comment la dérégulation et la privatisation engendrent le dérèglement. C’était prévisible me direz-vous, eh bien, apparemment pas pour tout le monde, et en particulier pas pour les personnes que nous nous évertuons, vous et moi, depuis quarante ans, à asseoir par nos votes à la tête des affaires.

On entend dire bien entendu dans certains cercles que l’effondrement que nous observons se déroule selon un plan prévu. C’est là une vue exagérément charitable de l’intelligence et de la compétence de ceux qui, tant sur le plan officieux que sur le plan officiel, nous dirigent. La panique qui règne en ce moment au sommet réfute à suffisance la thèse du complot.

Que retenir de l’année 2011 ? Une offensive en règle contre l’État-providence, à l’occasion d’une crise de la dette dont on a décidé en haut-lieu que seuls les salariés en règleront la note et dont on a oublié, là aussi, qu’il a été mis en place pour que le capitalisme soit supportable à la masse des perdants de ce système, qui ne protesteraient pas trop si on leur donnait de jouir quand même en paix des petits plaisirs de la vie.

Les salaires extravagants des dirigeants des grosses entreprises furent considérés en 2011 comme une curiosité dont il n’y a pas lieu de se préoccuper spécialement. De même, le fait que les dividendes augmentent alors que le résultat des sociétés baisse. De même encore, le fait que les grosses entreprises dépensent en lobbying des sommes plus importantes qu’elles ne versent en impôts. Simples curiosités que tout cela, tout comme les stock-options, qui tombent dans la catégorie fiscale des « gains exceptionnels », même si elles ont représenté dans les années récentes, 43% des revenus de la fraction la plus fortunée de la population française.

Quand ils ont tendu la main au secteur bancaire, les États sont tombés dans le trou où celui-ci se trouvait déjà. Pourquoi ? « Parce que nous avons vécu au-delà de nos moyens », nous serine la presse bien-pensante. Ah oui ? Ne serait-ce pas plutôt parce que les gains de productivité dus à l’informatisation et à l’automation ont précisément été confisqués sous la forme de dividendes et de rémunérations extravagantes, plutôt que de passer en salaires à ceux dont le travail produisait davantage ? Et que le pouvoir d’achat qui manque à l’appel a très généreusement été masqué par un accès facilité au crédit, lequel fragilise l’économie irrémédiablement en étendant le réseau des créances nécessairement douteuses puisqu’elles seront remboursées à terme à l’aide de salaires insuffisants et déjà hypothéqués. Il suffit alors d’un incident mineur, comme la crise des « subprimes » aux États-Unis, pour que le château de cartes s’écroule à l’échelle de la planète.

Il ne s’agit encore là que de la France, qu’en est-il de la zone euro dans son ensemble, et des mesures prises pour la maintenir en vie ? Trop peu, trop tard, et ceci depuis janvier 2010, quand les difficultés de la Grèce ne purent être ignorées plus longtemps. Les politiques, les financiers, s’efforcèrent de rétablir la confiance, de réunions de ministres des finances en réunions de chefs d’État, à 7, à 8, à 17, à 20 ou à 27. Comme si « la confiance des marchés » pouvait être restaurée à coups de phrases ampoulées ! La confiance, pour ceux-ci, signifie seulement que l’argent prêté leur reviendra, et grossi d’intérêts plantureux pour bien faire. Or les États, à l’image des ménages, sont aujourd’hui fauchés.

Les choses vont-elles pour autant mieux ailleurs ? La nouvelle classe des millionnaires chinois, nous révèle un sondage, ne rêve que d’une seule chose : de s’installer dans le XVIe arrondissement de Paris. Cela ne présage rien de bon pour l’économie chinoise. À moins qu’une bonne nouvelle ne se cache dans la mauvaise : que les dépenses des millionnaires chinois en exil boosteront les exportations de leur mère-patrie – qui ne peut plus vraiment compter sur nos propres achats, à nous Occidentaux, étant donné l’état de nos finances. Autre « BRICS » sur lequel nous comptons pour sauver l’économie mondiale, puisque nous avons nous jeté l’éponge : la Russie, où les manifestants hier se disaient prêts à faire une nouvelle révolution.

Et les États-Unis ? Le plafond de la dette publique a été rehaussé le 2 août pour atteindre le niveau confortable des quinze mille milliards de dollars. Toute amélioration de la situation est désormais impossible, l’opinion publique américaine s’étant clivée entre deux camps : ceux, d’une part, qui refusent toute imposition nouvelle du capital comme des gros revenus « pour ne pas pénaliser l’économie », ajoutent-ils sans rire, et ceux, d’autre part, qui entendent défendre les derniers vestiges de l’État-providence aux États-Unis. La vente des armes à feu dans le pays connaît un boum sans précédent, « dont il est difficile de deviner la raison », ajoutait de manière touchante le commentateur qui rapportait la nouvelle.

Dans le même registre des choses difficiles à expliquer, le fait que les camps d’« indignés » ont poussé comme des champignons à la surface du globe en 2011. Une autre curiosité sans conséquence, n’en doutons pas.

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