Archives par mot-clé : Extrême-droite

Ceux qui répandent des fake news sont de vieux fascistes !

Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’imprécations de ma part, mais les résultats d’une étude universitaire : ce sont bien de vieux fascistes qui répandent les fake news.

Les auteurs de l’étude publiée dans la prestigieuse revue Science montrent que le meilleur facteur prédicteur est l’orientation politique suivie de l’âge : supérieur à 65 ans.

Auteurs de fake news se disant
  • De gauche et du centre : moins de 5%
  • De droite : 11%
  • D’extrême-droite : 21%

Nous attendions la démonstration scientifique que les vieux fascistes sont des crapules, la voici enfin !

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Retranscription – « Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme », le 31 août 2014

« Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme », le 31 août 2014. Merci à Marianne Oppitz !

Mais dans un monde qui est de plus en plus marchandisé, tout a un prix et tout ce qui crée de la valeur et qui n’a pas encore véritablement un prix, heureusement, n’est pas apprécié à sa juste valeur et, par conséquent, est considéré comme étant inutile, qu’il faut s’en débarrasser, etc. Continuer la lecture de Retranscription – « Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme », le 31 août 2014

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QUELS SONT LES DANGERS D’UNE ÉLECTION DE MARINE LE PEN À L’ÉLYSÉE EN 2017 ? par Cédric Mas

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Depuis une semaine, la question revient dans les discussions : en quoi Marine Le Pen à l’Elysée représenterait un danger pour la République et la Démocratie ? N’est-ce pas finalement une nouvelle intoxication des médias et des nantis qui craignent d’être mis au pas ?

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« L’amalgame est hétérogène et solide ». Nouvelles extrêmes droites amalgamées, par Sophie Wahnich

Billet invité.

Symptômes

  1. Un ministre de la République française, femme, noire, d’origine guyanaise ayant porté, dans un gouvernement socialiste, le projet de mariage pour tous permettant à un couple de même sexe de pouvoir se marier, a reçu des insultes racistes répétées : le 20 octobre 2013, le prêtre de Saint-Nicolas-du-Chardonnet a entonné dans une manifestation Civitas « y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira ». Le 25 octobre à Angers, supposée douce ville, une enfant de 12 ans interpelle la ministre, elle brandit une peau de banane et crie « la guenon mange ta banane ». Dans la même séquence temporelle, une ardennaise frontiste, compare publiquement Taubira à un singe.

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RÉALITÉ DIMINUÉE, par Michel Leis

Billet invité

Il existe une nouvelle branche de l’informatique que l’on appelle la réalité augmentée. Elle consiste à insérer en temps réel une image virtuelle dans une séquence montrant la réalité. Très utilisée en marketing, elle donne naissance par exemple à ces cabines d’essayage d’un nouveau genre ou un écran combiné avec une caméra se substitue au miroir. Il ne se contente pas de vous montrer avec le vêtement que vous essayez, mais le complète ou l’accessoirise avec d’autres articles en vente dans le magasin. Le terme de réalité augmentée s’est imposé, puisque la réalité s’augmente d’une virtualité censée apporter quelque chose à l’image réelle.

Pourtant, la plupart des applications de réalité dite « augmentée » utilisent des images ou l’angle de vision est le plus souvent limité, la réalité dont il est question n’est qu’une fraction de ce que perçoit normalement l’œil humain. On s’éloigne doublement de la réalité, d’une part par le rétrécissement du champ de vision, d’autre part par l’insertion d’objets qui ne restent après tout que virtuels.

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L’EXTRÊME-DROITE NE SORT PAS DU CADRE, BIEN AU CONTRAIRE !

Le billet récent de Michel Leis intitulé Danger suscite de votre part une avalanche de commentaires qui me parviennent par mail et dont la teneur est identique : « Vu l’incurie du gouvernement, vu le pouvoir acquis par une infime minorité, vu l’impossibilité pour le peuple de changer par son vote quoi que ce soit au sort misérable qui lui est aujourd’hui réservé, etc. les gens qui s’alignent de plus en plus nombreux sur les positions de l’extrême-droite sont bien excusables ! »
L’argument mobilisé dans ces messages appartient à un type connu : celui de l’« enfance malheureuse » du criminel endurci. La réponse à faire est la même : oui la motivation s’explique partiellement au vu des circonstances et le comportement est du coup partiellement excusable, mais si le comportement est excusable, il n’en est pas pour autant tolérable parce qu’il débouche sur le malheur de tous.

Depuis bientôt sept ans (oui : 7 !), j’offre ici – avec l’aide des auteurs de « billets invités » – des explications de la crise financière et économique que nous subissons. J’explique de manière détaillée des phénomènes complexes en les décomposant en termes de causes et d’effets, en distinguant soigneusement les décisions qui ne peuvent être imputées qu’à des individus, des effets de structure au mécanisme fait d’implications réciproques entre différents éléments.

Jamais vous ne m’aurez vu pour autant remplacer l’explication nécessaire par un nom propre : celui d’un ou de plusieurs individus, celui d’une société secrète ou d’un groupe ethnique. L’extrême-droite opère de la manière inverse : elle s’épargne toutes les difficultés d’une explication complexe par la désignation d’une étiquette : « Juifs », « Musulmans », « Francs-maçons », « Roms », « Illuminati », que sais-je encore.

Bien entendu, en recourant à ce type de mode explicatif, l’extrême-droite n’a pas innové : elle se contente de recycler le « mode paranoïaque » archaïque propre à toutes les religions du monde qui consiste au moment où l’on reste le bec dans l’eau dans son explication, à remplacer le bout qui manque par le nom d’une divinité quelconque, dont il est alors dit qu’elle est « manifestement » responsable de ce qu’il s’agit d’expliquer. Un quelconque « moteur premier » est invoqué au-delà duquel il est impossible de remonter, le mot « manifestement » étant convoqué bien à propos pour masquer les manques tragiques de notre intelligence tristement défaillante.

Arrivé là, et comme le dit Michel Leis, dans un étonnant bond qualitatif, le lampiste se transforme soudain en « vrai coupable ». Malheur à lui, et grand bien fasse au contraire à l’éventuel coupable véritable qui touchera lui les dividendes ou encaissera les bonus des usines à massacrer les lampistes.

L’extrême-droite ne sort pas du cadre, bien au contraire : elle conteste nos dirigeants par la vocifération (un ersatz de la capacité authentique à convaincre) sans se démarquer d’eux sur ce plan là puisqu’elle aussi cherche à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Kif-kif !

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DANGER, par Michel Leis

Billet invité.

Le jeune sympathisant du Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (qui n’aurait pas fait de mal à une mouche), quand il saluait le chef dans les années 30 ne se contentait pas de marquer sa soumission à celui qui n’était pas encore le Führer, il approuvait la rhétorique d’un parti qui se présentait alors comme le seul parti antisystème, celui qui promettait le retour à l’ordre dans un monde chaotique, qui redonnait sa dignité à l’Allemand de souche qui vivait le plus souvent dans des conditions difficiles. En 33, le jeune adhérent brûlait quelques livres et peignait des étoiles de David sur les vitrines des commerçants juifs, symbole d’un système à abattre. En novembre 38, des vitres de synagogues brisées, ultime reste d’un système à abattre, en 40, la marche victorieuse sur Paris, en 42, gardien à Treblinka…

Ce n’est pas la signification que peut donner chacun des individus à un geste qui compte, c’est la signification que donne leur chef. L’antisémitisme avéré d’un Dieudonné (« Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage ») laisse augurer le pire. Le discours antisystème n’est rien d’autre que l’illustration de la stratégie du passager clandestin schizophrène. Si ce geste continue à prendre de l’ampleur, on comprendra alors combien la signification et la nature d’un geste peuvent changer très rapidement. Le lampiste est le vrai coupable

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Aide-mémoire N° 67 : L’« extrême-droite économique » ou « fascisme en col blanc », un entretien avec Paul Jorion

Un entretien que j’ai accordé au magazine Aide-mémoire, édité par l’association Les territoires de la mémoire. Centre d’éducation à la résistance et à la citoyenneté.

Dans vos écrits, vous avez évoqué à plusieurs reprises l’existence d’une « extrême-droite économique » ou encore d’un « fascisme en col blanc ». Qu’entendez-vous par là ?

L’extrême-droite économique consiste essentiellement en un projet de société inégalitaire qui est de reconstituer un système de type féodal, c’est-à-dire une société extrêmement hiérarchisée. Cette société ne serait toutefois plus fondée sur la propriété de la terre, comme c’était le cas sous l’Ancien Régime, mais sur celle de l’argent. L’argent est considéré comme une sorte de méritocratie : on peut en gagner autant qu’on veut à condition d’en avoir le talent ; il y a cette idée d’une mesure possible du talent d’un individu par l’argent que celui-ci arrive à faire. C’est ainsi que l’on explique pourquoi telle ou telle personne au sein d’une entreprise touche tellement d’argent. Nous nous trouvons donc devant une tentative de reconstituer une aristocratie qui ne serait plus fondée sur la propriété terrienne mais sur la capacité à faire de l’argent.

Le système qui est ici proposé est clairement non démocratique. En général, les théoriciens de ce courant manifestent leur mépris pour la démocratie. Par exemple, quand Friedrich von Hayek va au Chili pour soutenir Pinochet, il déclare qu’entre un pays qui serait démocratique mais pas libéral et un pays qui serait libéral mais non démocratique – et c’est une allusion claire à l’élimination d’Allende et un compliment fait à Pinochet – sa préférence irait au second. Le grand scandale est que le jury du Prix Nobel d’économie accorde une reconnaissance et une notoriété à ces gens qui sont des antidémocrates et des idéologues de l’extrême-droite. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi on ne les qualifiait jamais d’extrémistes de droite, comme si leur soutien à Pinochet n’était pas déjà un élément suffisant. Il faut rappeler que von Hayek, à la fin de sa vie, a mené une véritable campagne de presse pour tenter de dénoncer le mauvais procès que l’on intentait, selon lui, à Pinochet. C’est une question que je voudrais vraiment poser un jour à un juré du Prix Nobel d’économie : qu’est-ce qui leur passe par la tête quand ils accordent leur caution à de tels ennemis de la démocratie ?

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – RAPPORT DE FORCES, par Michel Leis

Billet invité.

Rapport de forces

Un rapport de forces décrit un état possible de la relation entre deux parties, il résulte de la volonté de l’un ou l’autre protagoniste d’imposer son point de vue. Une hiérarchie implicite se construit, elle repose sur une évaluation a priori du statut, de la force ou de la capacité de nuisance de l’autre partie. Il arrive parfois qu’aucune hiérarchie claire ne se dégage, le rapport de forces s’équilibre et conduit au pire à une situation de statu quo, et dans le meilleur des cas, à des formes plus ou moins étendues de coopération. Une situation de déséquilibre permet au vainqueur de cette confrontation tacite de se passer de l’accord d’autrui ou d’obtenir des avantages dans le cadre d’un accord nécessitant le consentement de l’autre partie. L’éthologie nous montre comment l’émergence du mâle (ou de la femelle) dominant(e) dans une meute repose sur une hiérarchie intégrée par l’ensemble des individus, mais où le statut de dominant reste régulièrement remis en cause. Pourtant, au moment exact où le recours à la force se substitue à la potentialité de son usage, le rapport de forces disparaît en tant que tel, la violence remplace un état de la relation devenu inutile et qui n’existe que dans le cadre étroit de sa virtualité.

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« Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! » : État des lieux, par Michel Leis

Billet invité.

Nécessité d’une construction européenne

L’Europe est un assemblage de nations qui partagent des racines anciennes, mais qui n’ont pas réellement de cultures communes (à commencer par la langue) malgré des interactions permanentes au cours de l’histoire. L’histoire de l’Europe s’exprime plus sous la forme de rivalités et de conflits que de coopérations, le dernier en date sur le sol européen remonte à moins de 20 ans. Le réveil des nationalismes, depuis la forme soft d’un populisme fondé sur l’égoïsme des régions les mieux loties, jusqu’aux formes les plus virulentes que sont les partis d’extrême-droite, fait craindre une balkanisation de l’Europe. Le maintien de la paix reste un enjeu d’actualité, il est le résultat d’une bataille permanente, en Europe plus que partout ailleurs. 

Vivre dans une région frontalière montre à quel point les frontières ne sont avant tout qu’un trait sur des cartes, l’eau, l’air, la pollution, mais aussi les capitaux et les travailleurs les franchissent allègrement. Les enjeux de demain nécessitent une coordination forte dans un espace suffisant pour garder un sens : ni trop grand, car de trop fortes disparités ne peuvent s’effacer d’un trait de plume, ni trop petit, car l’État nation a-t-il encore les moyens de mener seul des politiques énergétiques, de recherche ou de défense ? La combinaison de ces deux facteurs continue à donner un sens fort à la construction politique européenne. 

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L’impossible naissance de la démocratie en Égypte interroge aussi le futur de la démocratie, par Michel Leis

Billet invité.

Il y quelques semaines, j’écrivais dans un billet sur les printemps arabes : « une convergence généralisée vers un futur à l’Occidentale reste la représentation dominante. C’est un prisme qui tend à déformer la perception et l’analyse que nous faisons du flot d’images qui nous parviennent, donnant des points de repère aussi nombreux qu’erronés […] Il est donc demandé au Monde musulman de s’inscrire directement dans une logique qui aura quand même pris plusieurs siècles pour s’établir en Occident. »

Ce qui gêne notre bonne conscience, c’est de voir en Égypte un processus démocratique amener au pouvoir un parti dont les valeurs n’ont rien de démocratique ou d’humaniste. Pire encore, après un an d’exercice du pouvoir où comme le dit Jeanne Favret-Saada, les Frères musulmans ont « poussé pour obtenir la Constitution qui leur conviendrait, placer leurs affidés à tous les postes de responsabilité », ceux-ci n’ont pas perdu leur soutien populaire, l’ampleur des manifestations en faveur du président Morsi est là pour nous le rappeler.

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La soupe à la grimace, par Bertrand Rouziès-Leonardi

  • Billet invité.

Émile ZolaLes événements en Turquie, usine du monde qu’on pensait acquise à la sauvagerie capitaliste, devraient nous donner une idée de ce que, dans l’urgence, les hommes, si faibles soient-ils, sont capables de bricoler. Ils ramassent autour d’eux les outils que l’histoire et l’actualité ont laissé tomber, et ils les font servir à la défense du bien commun. Tout ou presque (le feu couvait depuis quelque temps déjà) est parti à la diable d’une place, la place Taksim (taksim = « improvisation » en turc, cela ne s’invente pas), qui occupe le sommet de la colline de Galata, en face de la vieille ville d’Istanbul. Galata, c’est l’ancienne colonie génoise de Pera, mot grec qui signifie « au-delà », pour « au-delà de la Corne d’Or », la Corne d’Or étant cet estuaire aurorifère des prospectus touristiques où les ors du matin se pêchent toute la journée dans des nuages de méduses.

Belle improvisation en provenance de l’au-delà… cet au-delà turc que l’Europe prétendument chrétienne a refoulé sans ménagement pour crime de confession concurrente, en sorte que la Turquie, à présent, regarde ailleurs, quoiqu’il n’y ait aucun parti recommandable à épouser à proximité. Je rappelle, en passant, que les racines chrétiennes de l’Europe sont en Afrique du Nord (plus de 130 évêchés connus dès le IIIe siècle apr. J.-C.) et en Asie Mineure, où la nouvelle religion prit beaucoup mieux et dans une bien plus large mesure que dans les parages de Rome ou de Lutèce.

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LA DÉMOCRATIE MENACÉE, par Cédric Mas

Billet invité.

Avant-hier un homme est mort, égorgé dans une banlieue de Londres par deux individus revendiquant le caractère terroriste de leur crime. Il aurait été choisi parce qu’il portait un tee-shirt du programme caritatif de soutien aux soldats britanniques vétérans « help for heroes », et qu’il marchait dans une rue à proximité du Royal Artillery Barracks de Woolwich.

Les deux suspects ayant sollicité d’être filmés pendant leur acte par tous les passants, se placent donc clairement dans l’acte terroriste, qui nécessite pour être efficace une médiatisation maximale.
Au même moment se prépare en France une confrontation entre les mouvances de l’extrême-droite dure et l’Etat républicain à l’occasion d’une manifestation dimanche 26 mai, les risques étant attisés par le suicide public au coeur de Notre-Dame d’un des fondateurs de la nouvelle extrême-droite. Nonobstant le contexte personnel dans lequel il intervient (maladie), ce suicide doit être vu comme une déclaration de guerre à l’Etat de droit et à la Démocratie.

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