Archives par mot-clé : Extrême-droite

Veille effondrement #94 – Il est choquant de voir tant de gauchistes attirés vers l’extrême-droite par les théories du complot, par George Monbiot

Il est choquant de voir tant de gauchistes attirés vers l’extrême-droite par les théories du complot.

The Guardian, mercredi 22 septembre 2021

Il n’y a pas que les anti-vax. Les thèmes de la résistance au pouvoir et de la reprise en main de nos vies ont été cyniquement détournés.

C’est une chose inconfortable à admettre, mais dans les mouvements de la contre-culture où se situent mes sympathies, les gens tombent comme des mouches. Tous les jours, j’entends parler d’une autre connaissance qui est tombée gravement malade du Covid, après avoir fièrement proclamé les avantages de « l’immunité naturelle », dénoncé les vaccins et refusé de prendre les précautions qui s’appliquent au commun des mortels. Certains ont été hospitalisés. Au sein de ces cercles, qui cherchent depuis si longtemps à cultiver la bonne société, il y a des gens qui menacent activement la vie des autres.
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Veille effondrement #75 – Circonspection & renaturation, le plan Z ? #2/2 par JeNeSauraisVoir

Ayant entrepris d’explorer les motifs du refus du pass sanitaire et les raisons de la résistance à la vaccination, je me suis ému, dans un premier temps, du déficit de prise en compte de la pluralité dans nos sociétés et souhaité que nous y songions sérieusement surtout depuis que nous sommes entrés en effondrement. Il y a toutefois, je crois, une autre explication possible. C’est ce que je développerai dans cette deuxième partie.

Deuxième volet : de la nature comme étalon de notre nature

J’ai pensé à cette explication du refus de la vaccination en regardant une nième vidéo sur le transhumanisme où il était question de la possibilité d’augmenter l’humain. Cette vidéo montrait assez bien comment nous arrivons à l’enhaussement : une personne se trouve privée d’une aptitude dont la nature a doté tous les humains, en raison d’un accident notamment. Cette situation désolante entraîne la mise en branle du génie humain avec pour aboutissement une solution dont les performances surpassent la fonction qu’il fallait suppléer. On pense alors à la possibilité d’équiper d’autres humains ne souffrant d’aucune déficience de cette fonctionnalité améliorée.

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Inquiétez-vous : l’une ou l’autre extrême-droite vous a dans le collimateur, par Anton Klimm

Si on examine la distribution « normale » d’une population (courbe de Gauss), la partie qui dépasse le minimax est de 15,8%. Donc en gros ce qui est insupportable sur le plan de la connerie, de la triche, de l’amoralisme, de la dangerosité, de la délinquance, de la drogue, etc. représente à peu près la même proportion : 15,8%, soit à peu près un sixième de la population.

Soyons logique alors : faut-il enfermer car asocial, fou tout court ou fou de Dieu ou fou d’une autre cause encore, c’est-à-dire dangereux, 15,8% de la population, soit une personne sur six ?

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Le coup d’État de Donald Trump, le 21 janvier 2021 – Retranscription

Retranscription de Le coup d’État de Donald Trump, le 21 janvier 2021.

Bonjour, nous sommes le jeudi 21 janvier 2021 et je crois que je vais appeler ça : « Les États-Unis ont la gueule de bois » [Le billet s’appellera en réalité : « Le coup d’État de Donald Trump »]. 

Ni hier, ni les jours précédents, à partir du 17, il n’y a eu le soulèvement populaire qu’espérait M. Trump. Il y a même eu une passation des pouvoirs sans incident. On montre la photo d’un manifestant isolé devant je crois que c’est le Capitole du Michigan : il y a un bonhomme avec sa pancarte « Trump 2020 ». 

Pourquoi ? Comment est-ce possible avec ce qu’on avait vu le 6 janvier, la prise du Capitole par une foule de 6 000 à 8 000 personnes avec une résistance relativement modeste du côté du service d’ordre qui devait empêcher ce qu’on a pourtant vu. Une annonce d’insurrection au niveau local dans les 50 états et la menace, d’une « disruption » à proprement parler de l’inauguration hier ? Et il ne s’est rien passé… 

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Une pensée de droite et d’extrême-droite pétant de santé

Ouvert aux commentaires.

Un article récent dans la presse quotidienne qui s’interrogeait sur la visibilité extravagante en ce moment à la radio et à la télévision de la pensée de droite et d’extrême-droite m’avait conduit à réagir.

Comme il s’agit d’une correspondance privée, je n’en reproduis ici que ma propre part, en ayant pris soin de gommer l’identité de mon interlocuteur.

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Ceux qui répandent des fake news sont de vieux fascistes !

Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’imprécations de ma part, mais les résultats d’une étude universitaire : ce sont bien de vieux fascistes qui répandent les fake news.

Les auteurs de l’étude publiée dans la prestigieuse revue Science montrent que le meilleur facteur prédicteur est l’orientation politique suivie de l’âge : supérieur à 65 ans.

Auteurs de fake news se disant
  • De gauche et du centre : moins de 5%
  • De droite : 11%
  • D’extrême-droite : 21%

Nous attendions la démonstration scientifique que les vieux fascistes sont des crapules, la voici enfin !

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Retranscription – « Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme », le 31 août 2014

« Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme », le 31 août 2014. Merci à Marianne Oppitz !

Mais dans un monde qui est de plus en plus marchandisé, tout a un prix et tout ce qui crée de la valeur et qui n’a pas encore véritablement un prix, heureusement, n’est pas apprécié à sa juste valeur et, par conséquent, est considéré comme étant inutile, qu’il faut s’en débarrasser, etc. Continuer la lecture de Retranscription – « Le monde des affaires est fasciné par le darwinisme », le 31 août 2014

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QUELS SONT LES DANGERS D’UNE ÉLECTION DE MARINE LE PEN À L’ÉLYSÉE EN 2017 ? par Cédric Mas

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Depuis une semaine, la question revient dans les discussions : en quoi Marine Le Pen à l’Elysée représenterait un danger pour la République et la Démocratie ? N’est-ce pas finalement une nouvelle intoxication des médias et des nantis qui craignent d’être mis au pas ?

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« L’amalgame est hétérogène et solide ». Nouvelles extrêmes droites amalgamées, par Sophie Wahnich

Billet invité.

Symptômes

  1. Un ministre de la République française, femme, noire, d’origine guyanaise ayant porté, dans un gouvernement socialiste, le projet de mariage pour tous permettant à un couple de même sexe de pouvoir se marier, a reçu des insultes racistes répétées : le 20 octobre 2013, le prêtre de Saint-Nicolas-du-Chardonnet a entonné dans une manifestation Civitas « y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira ». Le 25 octobre à Angers, supposée douce ville, une enfant de 12 ans interpelle la ministre, elle brandit une peau de banane et crie « la guenon mange ta banane ». Dans la même séquence temporelle, une ardennaise frontiste, compare publiquement Taubira à un singe.

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RÉALITÉ DIMINUÉE, par Michel Leis

Billet invité

Il existe une nouvelle branche de l’informatique que l’on appelle la réalité augmentée. Elle consiste à insérer en temps réel une image virtuelle dans une séquence montrant la réalité. Très utilisée en marketing, elle donne naissance par exemple à ces cabines d’essayage d’un nouveau genre ou un écran combiné avec une caméra se substitue au miroir. Il ne se contente pas de vous montrer avec le vêtement que vous essayez, mais le complète ou l’accessoirise avec d’autres articles en vente dans le magasin. Le terme de réalité augmentée s’est imposé, puisque la réalité s’augmente d’une virtualité censée apporter quelque chose à l’image réelle.

Pourtant, la plupart des applications de réalité dite « augmentée » utilisent des images ou l’angle de vision est le plus souvent limité, la réalité dont il est question n’est qu’une fraction de ce que perçoit normalement l’œil humain. On s’éloigne doublement de la réalité, d’une part par le rétrécissement du champ de vision, d’autre part par l’insertion d’objets qui ne restent après tout que virtuels.

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L’EXTRÊME-DROITE NE SORT PAS DU CADRE, BIEN AU CONTRAIRE !

Le billet récent de Michel Leis intitulé Danger suscite de votre part une avalanche de commentaires qui me parviennent par mail et dont la teneur est identique : « Vu l’incurie du gouvernement, vu le pouvoir acquis par une infime minorité, vu l’impossibilité pour le peuple de changer par son vote quoi que ce soit au sort misérable qui lui est aujourd’hui réservé, etc. les gens qui s’alignent de plus en plus nombreux sur les positions de l’extrême-droite sont bien excusables ! »
L’argument mobilisé dans ces messages appartient à un type connu : celui de l’« enfance malheureuse » du criminel endurci. La réponse à faire est la même : oui la motivation s’explique partiellement au vu des circonstances et le comportement est du coup partiellement excusable, mais si le comportement est excusable, il n’en est pas pour autant tolérable parce qu’il débouche sur le malheur de tous.

Depuis bientôt sept ans (oui : 7 !), j’offre ici – avec l’aide des auteurs de « billets invités » – des explications de la crise financière et économique que nous subissons. J’explique de manière détaillée des phénomènes complexes en les décomposant en termes de causes et d’effets, en distinguant soigneusement les décisions qui ne peuvent être imputées qu’à des individus, des effets de structure au mécanisme fait d’implications réciproques entre différents éléments.

Jamais vous ne m’aurez vu pour autant remplacer l’explication nécessaire par un nom propre : celui d’un ou de plusieurs individus, celui d’une société secrète ou d’un groupe ethnique. L’extrême-droite opère de la manière inverse : elle s’épargne toutes les difficultés d’une explication complexe par la désignation d’une étiquette : « Juifs », « Musulmans », « Francs-maçons », « Roms », « Illuminati », que sais-je encore.

Bien entendu, en recourant à ce type de mode explicatif, l’extrême-droite n’a pas innové : elle se contente de recycler le « mode paranoïaque » archaïque propre à toutes les religions du monde qui consiste au moment où l’on reste le bec dans l’eau dans son explication, à remplacer le bout qui manque par le nom d’une divinité quelconque, dont il est alors dit qu’elle est « manifestement » responsable de ce qu’il s’agit d’expliquer. Un quelconque « moteur premier » est invoqué au-delà duquel il est impossible de remonter, le mot « manifestement » étant convoqué bien à propos pour masquer les manques tragiques de notre intelligence tristement défaillante.

Arrivé là, et comme le dit Michel Leis, dans un étonnant bond qualitatif, le lampiste se transforme soudain en « vrai coupable ». Malheur à lui, et grand bien fasse au contraire à l’éventuel coupable véritable qui touchera lui les dividendes ou encaissera les bonus des usines à massacrer les lampistes.

L’extrême-droite ne sort pas du cadre, bien au contraire : elle conteste nos dirigeants par la vocifération (un ersatz de la capacité authentique à convaincre) sans se démarquer d’eux sur ce plan là puisqu’elle aussi cherche à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Kif-kif !

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DANGER, par Michel Leis

Billet invité.

Le jeune sympathisant du Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei (qui n’aurait pas fait de mal à une mouche), quand il saluait le chef dans les années 30 ne se contentait pas de marquer sa soumission à celui qui n’était pas encore le Führer, il approuvait la rhétorique d’un parti qui se présentait alors comme le seul parti antisystème, celui qui promettait le retour à l’ordre dans un monde chaotique, qui redonnait sa dignité à l’Allemand de souche qui vivait le plus souvent dans des conditions difficiles. En 33, le jeune adhérent brûlait quelques livres et peignait des étoiles de David sur les vitrines des commerçants juifs, symbole d’un système à abattre. En novembre 38, des vitres de synagogues brisées, ultime reste d’un système à abattre, en 40, la marche victorieuse sur Paris, en 42, gardien à Treblinka…

Ce n’est pas la signification que peut donner chacun des individus à un geste qui compte, c’est la signification que donne leur chef. L’antisémitisme avéré d’un Dieudonné (« Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage ») laisse augurer le pire. Le discours antisystème n’est rien d’autre que l’illustration de la stratégie du passager clandestin schizophrène. Si ce geste continue à prendre de l’ampleur, on comprendra alors combien la signification et la nature d’un geste peuvent changer très rapidement. Le lampiste est le vrai coupable

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Aide-mémoire N° 67 : L’« extrême-droite économique » ou « fascisme en col blanc », un entretien avec Paul Jorion

Un entretien que j’ai accordé au magazine Aide-mémoire, édité par l’association Les territoires de la mémoire. Centre d’éducation à la résistance et à la citoyenneté.

Dans vos écrits, vous avez évoqué à plusieurs reprises l’existence d’une « extrême-droite économique » ou encore d’un « fascisme en col blanc ». Qu’entendez-vous par là ?

L’extrême-droite économique consiste essentiellement en un projet de société inégalitaire qui est de reconstituer un système de type féodal, c’est-à-dire une société extrêmement hiérarchisée. Cette société ne serait toutefois plus fondée sur la propriété de la terre, comme c’était le cas sous l’Ancien Régime, mais sur celle de l’argent. L’argent est considéré comme une sorte de méritocratie : on peut en gagner autant qu’on veut à condition d’en avoir le talent ; il y a cette idée d’une mesure possible du talent d’un individu par l’argent que celui-ci arrive à faire. C’est ainsi que l’on explique pourquoi telle ou telle personne au sein d’une entreprise touche tellement d’argent. Nous nous trouvons donc devant une tentative de reconstituer une aristocratie qui ne serait plus fondée sur la propriété terrienne mais sur la capacité à faire de l’argent.

Le système qui est ici proposé est clairement non démocratique. En général, les théoriciens de ce courant manifestent leur mépris pour la démocratie. Par exemple, quand Friedrich von Hayek va au Chili pour soutenir Pinochet, il déclare qu’entre un pays qui serait démocratique mais pas libéral et un pays qui serait libéral mais non démocratique – et c’est une allusion claire à l’élimination d’Allende et un compliment fait à Pinochet – sa préférence irait au second. Le grand scandale est que le jury du Prix Nobel d’économie accorde une reconnaissance et une notoriété à ces gens qui sont des antidémocrates et des idéologues de l’extrême-droite. Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi on ne les qualifiait jamais d’extrémistes de droite, comme si leur soutien à Pinochet n’était pas déjà un élément suffisant. Il faut rappeler que von Hayek, à la fin de sa vie, a mené une véritable campagne de presse pour tenter de dénoncer le mauvais procès que l’on intentait, selon lui, à Pinochet. C’est une question que je voudrais vraiment poser un jour à un juré du Prix Nobel d’économie : qu’est-ce qui leur passe par la tête quand ils accordent leur caution à de tels ennemis de la démocratie ?

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