Archives par mot-clé : interdiction des paris sur les fluctuations de prix

A propos de l’appel : « L’appétit des spéculateurs aura des conséquences sociales désastreuses »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le Monde a publié hier une tribune libre intitulée L’appétit des spéculateurs aura des conséquences sociales désastreuses, un appel signé de José Bové, René Louail, François Dufour et Serge Morin, tous élus Europe Écologie.

Il s’agit d’un appel, en forme de cri d’alarme, attirant l’attention sur la récente flambée spéculative du prix des céréales. Les auteurs du texte affirment que « les spéculateurs et, en particulier, les fonds de pension sont sur le pied de guerre, achetant les matières premières agricoles à tour de bras. Leur appétit aura très vite des conséquences sociales désastreuses. »

Les signataires exigent un renversement de la dérégulation et « un encadrement fort des marchés afin de garantir des prix justes pour les producteurs, tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs ». Les mesures réclamées ne sont pas précisées à l’exception de celle-ci : « Nous demandons une modulation des aides compensatoires, afin qu’un quart des aides PAC 2010 aux céréaliers (5 milliards d’euros) soit redirigé vers les éleveurs et vers des politiques de coopération internationale ».

J’aimerais attirer l’attention des signataires de cet appel sur le fait qu’un combat contre la spéculation sur les matières premières demande qu’on appelle un chat, un chat, de peur qu’il ne passe pour une simple querelle corporatiste entre éleveurs et céréaliers. Ce dont il s’agit en effet, c’est de l’extraterritorialité morale de la finance : c’est du fait, dont nous avons déjà longuement parlé au mois de mars, que les pays ont – depuis le XIXe siècle – passé des législations qui exemptent de l’interdiction des jeux de hasard toute opération qui peut être qualifiée d’opération financière. Ces textes n’avaient qu’un seul but : extraire les opérations spéculatives du cadre général de la loi, elles visaient de manière éhontée à donner un cadre législatif à l’extraterritorialité morale de la finance.

Msrs. Bové, Louail, Dufour et Morin, faites-nous plaisir : transcendez les rivalités traditionnelles au sein du monde paysan, pour prendre plutôt le parti de la race humaine toute entière : appelez un chat, un chat, et réclamez que seuls les négociants soient admis sur les marchés à terme des matières premières, réclamez avec nous l’interdiction pure et simple des paris sur les fluctuations de prix. Les problèmes de l’heure exigent la prévalence de l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Adoptez ce parti, nous vous en serons reconnaissants.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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221 ans plus tard, par zébu

Billet invité.

Décret relatif à l’abolition des privilèges

Assemblée nationale

11 août 1789

Art. 1er L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal.

221 ans après la nuit du 4 août 1789, des privilèges en droit demeurent et contribuent à créer un nouveau régime féodal.

Ces privilèges sont liés à l’utilisation et à la possession de l’argent et contribuent à constituer une nouvelle noblesse, la noblesse de l’argent, tout comme les noblesses d’épée et de robe ou le clergé jusqu’en 1789 avaient pu se constituer et exister par des privilèges.

Ces privilèges liés à l’argent doivent être détruit entièrement car ils remettent en cause les principes essentiels de la République française et de la démocratie ainsi que les droits naturels car « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.» (Art.1 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789).

Ces privilèges liés à l’argent ne sont d’aucune utilité commune.

Au contraire, ils desservent et délitent l’utilité commune.

Ces privilèges doivent donc être détruits entièrement et toute distinction sociale fondée sur ces privilèges combattue.

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Passer à la phase constructive

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je crois qu’il est temps de passer à la phase constructive, et en l’occurrence, à la phase reconstructive.

Il était raisonnable – et plus particulièrement pour quelqu’un comme moi qui n’appartient à aucune institution – de prendre au mot les déclarations qui furent faites au moment de l’effondrement du système financier international en 2007 et 2008, d’une refondation de ce système. Cette refondation était indispensable au moment où elle fut réclamée. Comme rien ne s’est passé depuis, elle l’est toujours.

Je n’épiloguerai pas inutilement sur les nombreux pétards mouillés qui nous furent proposés : nous avons consacré beaucoup d’encre ici dans chacun des cas, à décrire l’allumage de la mèche, l’enthousiasme de la foule, puis l’arrivée de la pluie. Le G20 créé en 2008 devait mettre au point un nouvel ordre mondial, sa réunion la plus récente à Toronto a offert le spectacle de vingt nations affirmant chacune, et dans un bel ensemble : « Faites comme moi ! ». Le « financial overhaul » américain a accouché de 2 300 pages d’arguties rédigées par des lobbys financiers ; nullement faites pour être appliquées, les propositions qu’il contient ne le seront pas. Le « test de résistance » des banques européennes a été conçu à l’envers, en partant du résultat souhaité : en excluant des scénarios possibles celui qu’il s’agissait précisément de tester : le défaut d’une ou de plusieurs dettes souveraines dans la zone euro ; en tenant pour établi que l’ensemble des produits toxiques que les banques ont en portefeuille seront conservés par elles jusqu’à maturité, et qu’ils seront alors réalisés pour la valeur mythique qui leur avait été attribuée à l’origine. Des discussions récentes à Bâle, s’est dégagé le principe que toute exigence supplémentaire en matière de capitalisation des banques les empêcherait d’accorder du crédit, alors qu’il s’agissait précisément de définir les conditions de capitalisation qui leur permettraient d’accorder du crédit sans mettre le système financier tout entier en péril. Je n’évoque encore là que les événements des semaines les plus récentes, poursuivre la liste serait cruel.

Il s’agissait pour les politiques de changer les règles selon lesquelles les « marchés » fonctionnent. Au lieu de cela, on a vu les marchés changer la manière dont fonctionne la politique. Nos dirigeants, capables comme incapables, ont tous été bâillonnés. Chacun n’a plus qu’une chose à dire : ce qui pourra « rendre confiance aux marchés », en d’autres termes : ce que les marchés lui enjoignent d’affirmer. Et non pas des marchés réformés à la lumière des événements catastrophiques des années récentes, mais les marchés d’avant : les marchés sans gouverne, aux exigences caractérielles et contradictoires, spécialisés dans le parasitisme et les jeux de casino, et discrédités une fois pour toutes dans leur prétention de comprendre et de savoir expliquer leur propre fonctionnement.

Alors que faire ? Passer à la suite : passer à la phase reconstructive sans espérer quoi que ce soit des institutions en place. Près de deux ans se sont passés et rien n’a été fait. Si : la preuve a été apportée par elles que la seule chose dont elles soient capables est de se reproduire à l’identique. Leur capacité d’engendrer la catastrophe – sans la voir venir – demeure intacte.

Certains affirment qu’il serait possible de rebâtir en s’appuyant sur les constructions qui demeurent. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale seraient après tout les embryons de la Chambre de compensation multilatérale, appuyée sur l’usage du bancor comme monnaie d’échange, proposée par Keynes à Bretton Woods en 1944. Le FMI et la Banque mondiale peuvent-ils servir de fondations à la reprise de ce projet ? Non. Souvenons-nous d’événements datant d’à peine une dizaine de jours : de la rupture des pourparlers entre le FMI et la Hongrie, parce que cette nation entendait faire participer les établissements financiers aux frais occasionnés par leur rôle dans la crise. Ici aussi, il serait cruel de faire le bilan des accomplissements de ces deux institutions depuis leur création. En une phrase : beaucoup plus de mal que de bien. Pourquoi ? parce qu’elles se sont contentées durant leurs soixante six ans d’existence, d’appliquer une idéologie pernicieuse : l’idéologie de la prévalence des intérêts particuliers.

Les intérêts particuliers ont fait tomber Rome. Or les institutions chargées depuis deux ans de restaurer l’économie et la finance à l’échelle mondiale ont marché dans les pas du FMI et de la Banque mondiale : elles ont adopté l’une après l’autre, et désormais dans leur totalité, l’idéologie de la prévalence des intérêts particuliers. Fallait-il 2 300 pages pour définir l’intérêt général ? L’intérêt général consiste-t-il pour chacun à dire : « Faites comme moi ! » ? La force qui abat les empires millénaires, nous dirige désormais du sommet.

Il nous faut reconstruire. Aucun pouvoir en place ne nous aidera : le déclin, la décadence sont inscrits comme principes dans leurs tables de la Loi. Nous devrons le faire seuls.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: interdit d’interdire ?, par François Leclerc

Billet invité.

INTERDIT D’INTERDIRE ?

En ces temps de célébration outrancière de l’adoption de la loi de régulation financière américaine, qui donne lieu à des envolées destinées à être vite oubliées, et qui laisse sur leur faim ceux qui ont un moment cru que, pour s’être fait une si grande frayeur, les Américains réagiraient de manière conséquente, une simple question s’impose.

Qu’est ce qui est le pire dans cette situation ? Que les portes du casino aient été laissées ouvertes, au prétexte de réglementer en chipotant son accès, ou bien que se poursuive la vaine quête du truc miraculeux qui contiendra un risque systémique que l’on ne sait toujours pas par quel bout pendre  ?

Car ce qui est frappant, dans ce paysage qui ne peut devenir que plus désolé, en dépit de toutes les fausses assurances qui s’épuisent les unes après les autres, c’est que l’on en revient toujours à la même étonnante approche restant à la surface des choses.

Jamais il ne s’agit de remédier aux origines du cataclysme, dont la recherche est tout simplement oubliée. L’objectif limité et inatteignable reste d’essayer de l’endiguer, le jour inconnu où il surviendra à nouveau, à l’endroit méconnu où il se manifestera, selon des mécanismes dont on sait par avance qu’ils seront déroutants, car imprévisibles. Car c’est tout ce qui a voulu être retenu.

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CNIR des Verts, samedi 19 – dimanche 20 juin 2010

Je suis intervenu hier au CNIR (Conseil National Interrégional) des Verts, qui se tient en ce moment à Paris. On m’avait demandé de commenter / décrire le contexte de la « Motion 6. Face à la crise : refonder le modèle européen », ce que je fis volontiers.

Aussitôt après mon intervention, on m’a proposé que la motion soit modifiée avant son vote selon mes indications. J’y ai lu un témoignage très flatteur de la sagesse qu’on m’attribue mais cela me semblait précipité. J’ai décliné, préférant dire que je m’associerais volontiers aux discussions ultérieures. Le temps gagné de cette manière m’a d’ailleurs permis de consacrer davantage de temps aux questions des intervenants qui m’interpellaient directement.

J’ai proposé d’ajouter à la motion un ensemble de mesures que je prône de longue date :

1) L’interdiction des stock-options, 1) facteur majeur dans la stagnation des salaires depuis les années 1980, 2) cause du court-termisme des entreprises focalisées désormais sur la hausse du prix de leurs actions, et 3) origine de la financiarisation généralisée du monde de la production.

2) La mise en place d’un nouveau Glass-Steagall Act (1933 – abrogé en 1999) séparant les établissements financiers en deux catégories distinctes : d’une part ceux qui se consacrent au crédit et à l’intermédiation de manière générale (banques commerciales) et d’autre part ceux qui se consacrent à des opérations sur fonds propres (banques d’investissement). Aux États-Unis, la « Volcker Rule » ou la « Section 716 » du Financial Overhaul présentée par la sénatrice Blanche Lincoln, représentent des reconstructions partielles du Glass-Steagall Act.

3) L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Prohibant la spéculation pure et simple, cette interdiction cantonnerait l’action des banques d’investissement au « socialement utile », ce qui équivaudrait à réduire leur activité – à vue de nez – de 80 %, dégageant ainsi des fonds importants pour l’économie réelle dans une perspective renouvelable et durable.

4) La mise sur pied immédiate d’un authentique Bretton Woods II, pour répondre au vide que créera l’écroulement imminent de l’euro et du (dés-)ordre monétaire actuel dans son ensemble. Deux objectifs : 1) créer des zones économiques cohérentes (équilibrées quant aux importations et aux exportations) sous-tendant des monnaies régionales ; 2) réguler le commerce international (et la circulation des capitaux) à l’aide d’une Chambre de Compensation Multilatérale évaluant les opérations entre zones économiques / monétaires dans une monnaie de compte (bancor).

On a parlé de beaucoup d’autres choses encore : Où est passé l’An 2000 ? les gains de productivité ont été confisqués par les actionnaires et dirigeants d’entreprises ; Pourquoi ne peut-on pas ignorer les agences de notation ? elles déterminent le prix et donc le montant de la dette ; Et l’industrie de l’armement dans tout ça ? La crise des subprimes est le 1er épisode de la guerre sino-américaine, etc. etc.

Merci à ceux qui m’ont accueilli avec chaleur, désignant le siège vide qui m’attend si j’avais envie de me joindre. Je pense en particulier à Cécile Duflot et à Anne Souyris, merci à elles.

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Quand les spéculateurs combattent la spéculation

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand un grand spéculateur devant l’Éternel appelle à lutter contre la spéculation, c’est qu’il y a du changement dans l’air.

L’agence Bloomberg rapporte que Mr. George Soros considère que les Credit-Default Swaps (voir glossaire) sont dangereux et s’assimilent à une autorisation légale de meurtre (« a license to kill ») et ne devraient être permis que « lorsqu’il existe un intérêt susceptible d’être assuré », autrement dit, ne devraient être autorisés que lorsque celui qui achète un Credit-Default Swap est réellement exposé au risque contre lequel ce CDS constitue une assurance.

La déclaration de Soros vient donc apporter de l’eau au moulin de Mme Merkel et – depuis hier – de Mme Merkel et Mr Sarkozy réunis, ainsi que de Mr Bill Lockyer, Trésorier de la Californie, quand ils réclament tous l’interdiction de ce que l’on appelle de manière alambiquée les « positions nues dans les ventes à découvert », et dit en des termes plus clairs : l’interdiction de déstabiliser l’évaluation objective d’un risque en s’assurant contre lui alors qu’on n’y est nullement exposé.

Pourquoi Mr Soros intervient-il en ce sens ? Pourquoi un spéculateur réclame-t-il l’interdiction d’un grand vecteur de spéculation, tel que le Credit-Default Swap ? Pour la raison qu’il mentionne : parce que cet instrument financier est beaucoup trop dangereux… parce qu’aucune des deux équipes, ni même la plus déterminée des deux, n’a intérêt à ce que le terrain soit impraticable. On retrouve là la philia d’Aristote : l’effort que même le plus égoïste est prêt à consentir : la solidarité minimale qui doit être mobilisée pour faire en sorte que la partie puisse se jouer dans de bonnes conditions.

Bienvenue Mr Soros dans le camp des partisans de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ! Votre conversion est intéressée mais ne boudons pas notre plaisir : c’est une conversion quand même.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Le temps qu’il fait, le 28 mai 2010

Je fais le bilan de l’année écoulée en réexaminant les prévisions que j’avais faites dans un entretien à « Parlons net », sur France Info le 5 juin 2009.

La conversation avec Éric Woerth, alors ministre du Budget, aujourd’hui ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique.

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L’actualité de la crise: le marché monétaire atteint, par François Leclerc

Billet invité

LE MARCHE MONÉTAIRE ATTEINT

A un rythme choisi, mais suivant des modalités qui convergent, les gouvernements européens s’engagent dans la voie d’une austérité injuste, que l’on n’appellera pas rigueur, car elle est tout sauf rigoureuse.

Laissons à l’OCDE, célèbre pour sa pantalonnade à propos de la radiation les uns après les autres des paradis fiscaux de la liste de la honte, le soin de mettre les points sur les « i ». Présentant un rapport sur l’économie Française, son secrétaire général Angel Gurria a dit aujourd’hui tout haut ce qui n’est encore exprimé que mezzo voce dans la plupart des capitales européennes. Laissant encore espérer que l’austérité salariale et les coupes dans les programmes sociaux, c’est pour les autres.

« La France est bien placée pour assurer une reprise solide à la suite de la crise économique, à condition qu’elle redresse ses finances publiques en opérant des coupes dans les dépenses et en réformant son système de retraites. (…) Des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires », ajoute-t-il pour ne pas être en reste, la principale étant à ses yeux une refonte qualifiée de « vitale » du marché du travail : »le coût du travail doit être réduit, et les taux d’emploi parmi les travailleurs âgés et les jeunes peu qualifiés doivent être accrus ».

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Le venin

Vous vous souvenez peut-être du commentateur qui disait ici à propos de ma proposition d’une interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qu’elle était sans grande portée. Je lui avais répondu, je cite de mémoire : « Parlez-en à un financier et observez son visage ».

Vous trouverez, j’en suis sûr, d’autre perles à propos de l’interdiction des positions nues dans les ventes à découvert en Allemagne, mais commençons par ces deux–ci.

Mr. Brian Yelvington, de Knight Libertas LLC à Greenwich, Connecticut (notez le mot « libertas » – le mot « liberté » est un mot que les spéculateurs ont toujours à la bouche), que cite l’agence Bloomberg :  « Le marché lit dans une politique inappropriée telle que celle-ci un acte de désespoir et un refus de regarder en face les problèmes fondamentaux de l’heure ».

Mr. Win Thin, de Brown Brothers Harriman, cité par le Wall Street Journal : « Cela renforce la perception des marchés que les autorités européennes jettent n’importe quoi sur le mur pour essayer de voir ce qui collera », et à propos de l’interdiction de vendre à découvert dans un but spéculatif des emprunts d’État européens : « Si vous ne pouvez vendre à découvert ces obligations, vendez l’euro à découvert ».

Ce sont les mêmes personnages qui, si vous les interrogez sur leurs motivations, évoqueront la larme à l’œil l’avenir de leur famille.

Si vous vous demandiez encore à quoi l’expression « le marché » ou « les marchés » renvoie, je suppose que la réponse vous a maintenant été donnée.

Quand je vous disais qu’ils n’aimeraient pas ça !

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Interdiction des prises de position à découvert « nues » en Allemagne

On vient d’apprendre (19h50) que si le New York Stock Exchange est en baisse (-0,76 %), c’est parce que l’Allemagne a décidé d’interdire à partir de minuit, les ventes à découvert (c’est-à-dire pariant à la baisse) en position « nue » (c’est-à-dire de la part d’un intervenant qui n’est pas exposé à une perte occasionnée par cette baisse).

La mesure équivaut à interdire les prises de position financières qui sont de simples paris sur des fluctuations de prix, sans justification économique (et qui font donc partie de ce que Lord Adair Turner, patron du FSA, le régulateur des marchés financiers britanniques, qualifie d’opérations « qui ne sont pas nécessairement socialement utiles »).

Madame Merkel devrait justifier la mesure dans une allocution qu’elle prononcera dans la matinée de demain mercredi devant les parlementaires allemands. Les lecteurs du Blog de Paul Jorion savent qu’une telle mesure s’imposant depuis longtemps, en raison du risque systémique engendré par les prises de position à découvert « nues » – et de manière générale du fait de leur nature « prédatrice » -, n’a pas réellement besoin de justification.

Les achats de CDS (Credit–Default Swaps) [voir Glossaire] en position « nue » ont en particulier contribué à déstabiliser la Grèce (et la zone euro en général) depuis le mois de février.

Le blogueur espère à titre personnel que l’ensemble des nations suivront l’Allemagne dans cette voie.

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L’actualité de la crise: ils ont inventé la crise perpétuelle…, par François Leclerc

Billet invité.

ILS ONT INVENTE LA CRISE PERPÉTUELLE…

Après la téléconférence des ministres des finances du G7 de la fin de la semaine dernière, présentée de la manière la plus anodine possible une fois révélée de Tokyo, ceux de l’Eurogroupe vont se retrouver une nouvelle fois à Bruxelles lundi matin. Avec une grosse question à l’ordre du jour : comment stopper la chute brutale de l’euro, qui a repris ?

Ils vont devoir faire face à une situation paradoxale : les marchés, après s’être inquiétés de l’ampleur des déficits publics et avoir réclamé des mesures énergiques pour les diminuer, craignent maintenant que ces mêmes mesures n’entravent la croissance économique…

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand, vient de prévenir dans le Spiegel qu’il va plaider pour la mise en place d’un « programme concerté » de réduction des déficits budgétaires. Angela Merkel a appelé les membres de la zone euro à « mettre de l’ordre dans leurs finances publiques » et à « améliorer leur compétitivité ». Mais les Allemands sont en retard d’un train, une nouvelle fois.

Dénoncer la simple spéculation sans en chercher les raisons, comme ils s’y tentent, sans les combattre, c’est se résoudre à perdre d’avance la bataille qui est désormais engagée à l’échelon supérieur. Exit la Grèce, bonjour l’Europe. Crier au diable ne l’a jamais fait renoncer. C’est lui qui imprime sa marque aux événements, reléguant les gouvernements – à la tête des Etats – dans un rôle subalterne qu’ils cherchent à nier contre toute évidence.

Jean-Claude Trichet, président de la BCE, qui cultive le genre mesuré et ferme, vient de reconnaître que les marchés se trouvent « dans la situation la plus difficile depuis la deuxième guerre mondiale, voire depuis la première (…) Nous avons vécu et vivons des temps véritablement dramatiques » a-t-il poursuivi, révélant que, la semaine dernière, « les marchés ne fonctionnaient plus, c’est presque comme  au moment de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 ».

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BFM Radio, lundi 10 mai à 10h46 – La Grosse Bertha

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Alors, est-ce vraiment depuis hier « Un pour tous, tous pour un » ? On a en tout cas rassemblé 750 milliards d’euros. Autrement dit, on a sorti la Grosse Bertha.

Qu’est-ce qui s’est passé ces jours derniers ? Eh bien, tout ce à quoi on aurait dû penser à froid, au moment où l’on mettait en place la zone euro, on a été obligé de le résoudre à chaud, dans la précipitation et en courant dans tous les sens. Le texte du Traité de Lisbonne, tel qu’il a été rédigé, étant inutilisable, on a été obligé de le contourner par des astuces comme un SPV (Special Purpose Vehicle), une structure ad hoc à qui on prête de l’argent et qui elle, l’utilisera ni vu ni connu, sa spécificité étant qu’elle a le droit de faire toutes les choses qu’on s’était interdit de faire à soi-même. Et tout particulièrement que les nations dans la zone euro manifestent les unes envers les autres une réelle solidarité. Eh ! que voulez-vous, c’est une Europe « libérale » que Maastricht avait mis en place, pas l’Europe solidaire dont on s’est rendu compte sur le tard qu’on avait réellement besoin !

Il reste un peu de naïveté cependant dans la démarche : défier la spéculation en se tambourinant la poitrine et en criant : « Je suis plus fort que toi ! », ça ne suffira pas. La spéculation est comme l’hydre de Lerne : on lui coupe l’une de ses sept têtes, ou même les sept à la fois, et elles repoussent aussitôt. Ce qu’il faut mettre en place, pour mettre la spéculation hors d’état de nuire, c’est une interdiction des paris sur les fluctuations de prix. On ne pourra pas en faire l’économie.

Est-ce que tous les problèmes sont résolus ? Non bien sûr puisque le cadre conceptuel erroné est intact. Tant que la dette publique et le déficit d’une nation seront calculés par rapport à leur PIB, ils sembleront augmenter de manière mécanique en période de récession, par une illusion d’optique : simplement parce que les chiffres absolus sont divisés par un coefficient qui se réduit pendant ce temps-là comme peau de chagrin. Alors que c’est précisément dans ces périodes que les États devraient pouvoir mobiliser l’outil de l’endettement plus librement. Pour que l’Europe de la zone euro cesse de s’en prendre à ses citoyens chaque fois que ses banquiers perdent certains de leurs paris, il faudra que dettes et déficits cessent d’être calculés en pourcentage du PIB. Si l’on ne résout pas cette erreur conceptuelle, toute crise aura toujours le même effet : elle débouchera sur des programmes d’austérité qui s’en prennent par priorité aux avantages sociaux. Le Pacte de Stabilité de la zone euro doit être réécrit en des termes qui aient un sens du point de vue économique. Quand il aura un sens économique il aura automatiquement aussi un sens social.

Dans l’euphorie ambiante de ce matin, il ne faudrait pas perdre de vue que quelle que soit la radicalité apparente des mesures prises hier, le système qui siphonne l’argent du contribuable vers les plus grosses fortunes est toujours en place, et plus que jamais en excellente santé.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Désaliéner l’État : une stratégie offensive et défensive, par Xénophon

Billet invité.

Le système du Crédit Public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables.
La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne.

Karl Marx, Le capital, Livre 1, Huitième section

Comme nous avons eu peur de supprimer ce qui existait, nous avons augmenté le déficit et, aujourd’hui, la ville [de Francfort] a 8 milliards de dettes. On ne peut pas faire une telle politique. Pour combler un déficit, on emprunte à tous ceux qui ont de l’argent, mais tout le monde doit rembourser la dette avec ses impôts. L’endettement public, ce n’est rien d’autre qu’un processus pour enrichir les banques avec l’argent des citoyens.

Daniel Cohn-Bendit, Une envie de politique, Entretiens avec Lucas Delattre et Guy Herzlich, Paris, La Découverte, 1999.

Je ne sais pas si Daniel Cohn-Bendit, dénonçant ainsi l’endettement public dans un livre publié à l’occasion des élections européennes de 1999, se souvenait du passage précédemment cité du Capital. Les deux hommes s’accordaient en tous cas pour reconnaître qu’une politique d’endettement public, qui enrichit les banques en leur aliénant l’État, ne saurait être une politique de gauche. Notre gauche « gestionnaire » ne semble guère s’en soucier plus que cela. La droite, quant à elle, veut montrer qu’elle est décidée à prendre le taureau par les cornes. C’est ainsi que l’on peut interpréter les déclarations du Premier Ministre François Fillon sur la nécessaire austérité. Mais son empressement à donner par avance tous les gages nécessaires aux marchés financiers comme aux agences de notation suscite une certaine méfiance. La droite, oublieuse des idées du général de Gaulle qui associait la démocratie à la souveraineté nationale (conférence de presse à Londres, le 25 mai 1942), ne s’accommoderait-elle pas un peu trop facilement du pouvoir politique considérable que ces derniers détiennent de facto ? Car tel est l’enseignement politique de ces dernières semaines : il saute aux yeux désormais qu’il existe au-dessus des États une instance politique suprême constituée de ces fameux « marchés financiers » accolés aux agences de notations. Voilà quelque chose que Montesquieu n’avait pas prévu, ni dans le gouvernement républicain, ni dans le monarchique, ni dans le despotique. Et d’où cette instance tient-elle sa souveraine puissance ? Ni du peuple en corps comme dans les républiques démocratiques, ni même d’une partie du peuple comme dans les républiques aristocratiques. Non, elle tient sa puissance d’une aliénation consentie, ainsi que l’avait bien vu Marx, dans le cadre d’une accoutumance à la dette publique. On dira que c’est bien le peuple, malgré tout, qui a consenti à cette aliénation, puisque les budgets sont votés par les représentants qu’il s’est choisis et que les emprunts sont contractés par un Gouvernement qui s’autorise de la légitimité démocratique. Mais c’est oublier que le peuple ne peut pas se tenir informé de tout. Il sait bien que la dette, les impôts, l’état de l’économie, tout cela le concerne. Il sait bien qu’il est pris dans le cours des événements. Il s’informe comme il le peut, autant que possible. Pourtant, lui demander de choisir ses représentants en parfaite connaissance de cause, puis contrôler leurs décisions, et cela dans tous les domaines de la vie publique, c’est faire « peser sur ses épaules le poids d’une tâche impossible », comme l’écrivait le journaliste américain Walter Lippman en 1924. Ce qui est certain, par contre, c’est qu’aucun républicain, au sens de Montesquieu, ne saurait se satisfaire d’une telle situation, dans laquelle le sort des États repose pour une large part entre des mains qui échappent à tout contrôle démocratique. Sans aller nécessairement jusqu’à parler d’« Union sacrée », le refus d’une telle perte de souveraineté devrait faire l’objet d’un assez large consensus, par-delà les clivages partisans habituels. Mais que faire ? Comment sortir de l’aliénation ? On ne peut pas se contenter de dénoncer les marchés financiers comme tels, ni l’un ou l’autre de leurs acteurs. La stratégie, comme dans toute guerre, doit être à la fois défensive et offensive. On voit bien dans le cas européen comment les spéculateurs ont utilisés la faille dans la défense de la zone euro que représentait la dette grecque. La stratégie défensive repose donc sur une politique visant à réduire la dette. L’affirmation, je l’admets, n’est guère originale. Elle n’est guère enthousiasmante non plus. Mais c’est la condition pour désaliéner l’État. La gauche, en tous cas, encore plus que la droite, devrait se souvenir en permanence sur ce point de l’avertissement de Marx. Or on la voit trop souvent s’accrocher à une vulgate keynésienne, qui ne va guère au-delà de quelques lieux communs sur la relance par la dépense publique. Il y a sans doute mieux à faire, pourtant, des recettes fiscales au titre de l’impôt sur le revenu que d’utiliser la plus grande part pour payer la charge de la dette (la notice accompagnant le formulaire de déclaration des revenus de cette année, que nous venons de recevoir dans nos boîtes à lettres, indique que les recettes de l’impôt sur le revenu en 2010 sont estimées à 48,9 milliards d’euros sur la base du projet de loi de finances rectificatives présentée par le Gouvernement le 20 janvier, alors que la charge de la dette est estimée à 43 milliards d’euros). C’est dans le cadre de cette indispensable stratégie défensive, qui a elle seule enlève une bonne partie de leur pouvoir aux marchés financiers et fait recouvrer leur souveraineté aux États, qu’il me semble que peuvent prendre place les mesures offensives également nécessaires défendues sur ce blog à commencer par l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

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Le Monde – Économie, lundi 3 – mardi 4 mai : Goldman Sachs et nous

Goldman Sachs et nous

On ne pourra pas juger immédiatement si deux événements intervenus récemment aux États-Unis constituent ou non un tournant dans une refondation de la finance. La possibilité en existe cependant. Le premier de ces événements est la plainte déposée le 16 avril contre Goldman Sachs par la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés américain ; le second est l’audition, le 27 avril, de sept membres de la firme, dont son P-DG, Lloyd Blankfein, devant la sous-commission d’investigations du Sénat américain.

Les représentants de Goldman Sachs ont affirmé mardi, souvent avec morgue, ne pas comprendre ce qu’on leur veut : ils exercent le métier de market maker, et quiconque les accuse de malversation signale simplement son incompréhension de ce métier. Le market maker est le point de contact entre ceux qui veulent acheter et ceux qui se proposent de vendre. La qualité du produit est pour lui sans importance du moment que son prix l’évalue correctement. Aux yeux de Goldman Sachs, les sénateurs aussi bien que le public, s’attachent à une conception surannée du marché où le client s’attend à ce que le produit qu’on lui vend soit de bonne qualité. Les acheteurs, déclare la firme, sont désormais des adultes avertis – « sophisticated » en américain – ils achètent du risque, et c’est bien ce qu’ils reçoivent en échange ; si leurs yeux devaient se révéler plus gros que leur ventre, tant pis pour eux : le marché fait en sorte – du moins en principe – que le coupon, le taux d’intérêt alloué, reflète le risque effectivement couru. « Du moins en principe », parce que si le marché n’est pas transparent, il y aura mismatch entre coupon et risque. Et c’est pourquoi les représentants de la firme peuvent s’indigner à la suggestion d’une régulation plus stricte : les marchés se passent de réglementation puisque la transparence est censée faire tout le travail.

Cette alternative : réglementation ou transparence, pourrait symboliser le fossé existant désormais entre le monde ordinaire et celui de la finance, mais il en est une autre qui est apparue en pleine lumière mardi : la distinction entre un instrument financier présentant une fonction assurantielle et un pari pur et simple. Aux yeux des sénateurs américains, comme à ceux du public, la différence entre les deux est flagrante, alors qu’aux yeux des financiers, elle n’existe tout simplement pas : transaction légitime et pari tombent pour eux dans la même catégorie du transfert du risque. L’élément neuf ici, c’est que la distinction soit faite désormais clairement par le public. Ce qui lui a ouvert les yeux – en tant que contribuable – ce sont les pertes colossales qu’il a essuyées au cours des années récentes et qui lui ont fait comprendre que si les produits financiers ayant une fonction assurantielle contribuent à réduire le risque global, les paris l’augmentent et fragilisent la finance en y introduisant un risque systémique.

Une prise de conscience fait ainsi petit à petit son chemin et la refondation de la finance que nous proposons depuis quelques années sous la forme d’une interdiction des paris sur les fluctuations de prix, finira semble-t-il par s’imposer. Les sénateurs appartenant à la sous-commission d’investigations du Sénat américain étaient en tout cas, mardi dernier, à deux doigts de proposer une telle interdiction.

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