La politique du pire et ceux qui en bénéficient

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les 2 300 pages du « financial overhaul » américain se partagent en deux : celles consacrées à ce qu’un observateur a qualifié d’« avoir l’air de prendre des mesures » et celles constituant une modernisation / optimisation des conditions d’exercice de la profession financière, telle que celle-ci la souhaitait et qu’elle est parvenue à glisser au passage au sein des textes. Pour éviter de créer une situation qui défavoriserait le secteur financier européen par rapport à celui des États-Unis, la nouvelle « réglementation » en préparation à Bruxelles sera calquée sur le package américain : moitié poudre aux yeux, moitié renforcement du pouvoir de la finance au sein de l’économie.

Comment en est-on arrivé là ? Vous vous souvenez sans doute des rodomontades des chefs d’État et de gouvernement à l’automne 2008 : la finance n’avait qu’à bien se tenir ! on allait voir ce qu’on allait voir ! Les États se sont depuis ruinés à extraire la finance de son insolvabilité, et c’est cette dernière maintenant qui leur avance l’argent qui leur fait défaut. Le ton a baissé de plusieurs crans, se rapprochant dangereusement du mutisme.

Pourquoi tant de concessions aux lobbys aujourd’hui à Bruxelles de la part des régulateurs ? Parce que faire les choses autrement qu’avant « coûterait trop cher », nous dit-on, et surtout, surtout, attention ! attention ! « risquerait de retarder la reprise »… Comme si les paris sur les fluctuations de prix – le secteur aujourd’hui le plus florissant de l’activité financière – ne contribuaient pas eux à retarder la reprise ? Mais l’argument porte car, de la reprise, les États ont un besoin pressant : c’est pour eux le seul moyen – sauf s’ils sont prêts à tolérer le désordre dans la rue – de réduire la dette qui les asphyxie désormais.

Le milieu financier croit-il sincèrement que l’on puisse faire comme avant ? Que l’on pourra empêcher que les récessions s’enchaînent les unes aux autres, comme on est en train de l’observer aujourd’hui ? Que l’on découvrira enfin la recette qui permettra à tout le monde de vivre en permanence à crédit ? Que les tensions entre déflation et hyperinflation ne conduiront pas un jour à la catastrophe ? Que le désordre monétaire, où la question qui se pose en ce moment est de savoir quelle devise chute moins vite que les autres, se résoudra de lui-même ? Ou serait-ce que les atermoiements visent plus prosaïquement à vider la caisse avant fermeture définitive ? Il reste après tout encore à plumer les pays émergents, le boom actuel sur le marché des changes prouvant que les établissements financiers se sont déjà mis à l’ouvrage ; faisons leur confiance, ils ne feront de ces pays émergents qu’une bouchée – avec, il faut bien le dire, la complicité active de ceux-ci : la Chine ne vient-elle pas d’autoriser la création de son premier hedge fund ? Les cyniques auront d’ailleurs beau jeu de demander si entre faire comme avant et vider la caisse avant liquidation, il existe bien une différence.

Dans un billet invité publié ici récemment, Pierre Sarton du Jonchay soulignait à juste titre que dans un monde globalisé de fait par une circulation des capitaux sans la moindre entrave, mais qui reste parcellisé entre une poussière d’États cherchant à satisfaire la mosaïque des intérêts particuliers de leurs concitoyens, « la finance n’a plus de raison de ne pas asservir la politique ». Et, malgré le léger incident de parcours des années récentes, celle-ci ne s’en prive pas. Elle pratique avec beaucoup de talent, et d’énormes moyens, la politique du pire qui consiste à faire « comme avant » car, au niveau des États, c’est celle qui lui permet d’asseoir encore davantage son emprise. Machiavel nous a rappelé que l’appétit des plus forts est insatiable et que seules des lois peuvent le contenir. Le monde réclame une constitution pour l’économie. À l’heure où l’on reparle de la spéculation sur les matières premières, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit en constituer l’armature. Si l’on attend davantage, il ne restera rien.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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171 réflexions sur « La politique du pire et ceux qui en bénéficient »

  1. Cynique.. ou réaliste..??
    Faut-il vraiment qu’il reste quelque chose..??? Regardez-moi dans les yeux.

    Le bras du fléau est allé trop loin, et nous atteignons la zone de démesure.
    (je sais, ma phrase vaut son pesant de cacahuètes. Mais faire deux poids, deux mesures, ça finit par peser. Et j’en avais lourd…)(je vais encore me faire taxer de calembours vaseux par notre hôte, soit, je compte sur chacun pour faire diversion 😉 )

  2. Une constitution oui. Pour éviter les abus. Certes.
    Mais …
    A quoi peut bien servir la finance dans un monde qui devra faire de la sobriété énergétique.
    Si ce n’est le monde, du moins l’occident, la ou justement la finance a le plus d’emprise.
    Et ce dès aujourd’hui.
    http://www.manicore.com/documentation/petrole/pic_futur_petrole.html
    http://www.manicore.com/documentation/sobriete.html

    Comment vas-t-on gérer des critères de maastricht et un PIB décroissant ?
    Comment vas-t-on négocier le papyboom et leurs retraites et l’heure ou il faudra renvoyer des gens sur-éduqués et devenus inutiles dans les champs ?

    Ce ne sont pas les voitures électriques et autres piles à hydrogènes, relégués au rand de gadget pour bobo (vu les prix / rapport aux performances promises) en mal de conscience écologique qui vont changer les choses à court ou moyen terme.

    J’aimerais sincèrement qu’on réponde a ces question et en quoi la finance va nous aider a relever ces défis très concrets avant même de savoir comment limiter son parasitisme.

    1. Aucun problème financier pour les retraites. La démonstration dans ce 4 pages on ne peut plus clair:

      Collectif « La retraite, une affaire de jeunes » UNEF, UNL, FIDL, Sud Etudiant, LMDE, CGT, FSU,
      UEC, Attac Campus, JOC, Génération Précaire, MJS, MJCF, Jeunes Verts, JRG, Réseau jeunes du PG,
      NPA, Gauche Unitaire Jeunes, Branche jeune d’Alternative Libertaire.
      http://retraites-jeunes.net/

    2. Entièrement d’accord Yoananda,
      d’autres problèmes d’une gravite sans commune mesure avec les péripéties de notre système économique mais dues a ce système et a notre façon d’envisager le monde – comme un verger/vivier géant que l’on pille sans vergogne – vont de toutes façons nous obliger a vivre autrement selon un paradigme révolutionnaire :

      Survivre trop nombreux avec des ressources insuffisantes sur les ruines de la société du gaspillage et de l’éphémère qui aura précédé en réinventant le partage, les relations sociales, le travail manuel, la proximité à la nature, la gestion de la pénurie et le retour a une vie sobre énergétiquement parlant, oubliant l’hypertrophique ego pour une spiritualité vraie. A long terme cela sera bénéfique et mieux que ce monde artificiel et ingrat mais comment survivre les 20 a 30 ans de transition :

      Le choc psychologique va être terrible, les conséquences sociales et économiques désastreuses et notre inconséquence passée va nous rendre furieux
      Le risque est la stigmatisation de bouc-émissaires menant a des guerres tout aussi ridicules que destructrices
      Il faut reconnaitre remercier que ce blog en démystifiant le système actuel et en dessinant des alternatives nous prépare a la suite même si a mon grand regret il ne sera vraisemblablement absolument pas en mesure d’empêcher la chute.
      Alors bon courage armée du fardeau de la lucidité face aux désastres qui s’annoncent
      Nous allons vivre un tournant historique et nous avons plein d’aidées pour un avenir meilleur, au moins nous ne mourrons pas d’ennui !!!

    3. « Comment vas-t-on négocier le papyboom et leurs retraites et l’heure ou il faudra renvoyer des gens sur-éduqués et devenus inutiles dans les champs ? »

      Je fais partie d’un jardin partagé avec une vingtaine de participants.
      Un de nos membre est un ancien avocat qui a eu des problèmes relationnels et qui s’est retrouvé en indemnités maladie.
      Dans ce jardin, il a trouvé son épanouissement et pourrait bien devenir un pion majeur de notre association.
      Ceci dit, c’est un cas tout à fait particulier, mais je pense qu’il y a de plus en plus de gens cherchant une véritable spiritualité dans la rencontre avec le réel, que ce soit la nture ou les besoins essentiels des hommes.
      Si le retour à la campagne des gens devenus inutiles peut se réaliser dans ce contexte (qui reste à inventer) ce ne sera que bénéfique.
      Je reste optimiste et rien ne dit qu’il y aura une chute, ce sera peut-être une lente descente directement suivie par des transitionners qui ne se gêneront pas pour accentuer cette descente.
      Personnellement, je suis un futur retraité qui ne demande qu’à être actif dans ce genre de transition.

    4. @ GSF
      Plutôt que le défaut, et en tout cas jamais les tribunaux actuels, nous sommes de plus en plus nombreux, au Sud comme au Nord, à réclamer la seule solution: la répudiation.
      Voici par exemple la proposition du CADTM

      Réaliser un moratoire unilatéral (sans accumulation d’intérêts de retard) sur le paiement de la dette, le temps de réaliser un audit (avec participation citoyenne) des emprunts publics. Sur la base des résultats de l’audit, il s’agira d’annuler la dette identifiée comme illégitime.

      Avec son expérience sur la question de la dette des pays du Sud, le CADTM met en garde contre une revendication insuffisante, comme une simple suspension du remboursement de la dette. Il faut un moratoire sans ajout d’intérêts de retard sur les sommes non remboursées.

      Le moratoire est mis à profit pour procéder à un examen des emprunts afin d’identifier les dettes illégitimes. La participation citoyenne est la condition impérative pour garantir l’objectivité et la transparence de l’audit. Il permettra de déterminer les différentes responsabilités dans le processus d’endettement et d’exiger que les responsables rendent des comptes à la collectivité. Les dettes identifiées comme odieuses ou illégitimes doivent être annulées.

      Sur ce point et autres mesures d’urgence dans la crise, je conseille de lire le document complet du CADTM
      http://www.cadtm.org/Ensemble-pour-imposer-une-autre

  3. Mais la banque contemporaine fait pratiquement partie intégrante de l’Etat. Les intérêts ne sont pas antagonistes mais symbiotiques. Les banques ne peuvent fonctionner sans la garantie des dépôts, la banque centrale, les sauvetages ; l’Etat ne peut financer son déficit sans la planche à octets. C’est l’alliance vieille comme le monde entre les riches et les puissants.

    1. Difficile de vous donner tort, monsieur Gu Si Fang, sauf que vous êtes un peu à côté de la planche, pardon, de la plaque, car votre commentaire ne répond pas au problème de fond, à savoir le fonctionnement de cette « alliance » qui a l’air de se diriger tout droit vers un précipice.

    2. @ CR

      Une condition nécessaire pour défaire cette alliance est de limiter le déficit. Certes, on peut le faire de deux manières : réduire les dépenses, ou augmenter les impôts, c’est un autre débat. Ce que je veux dire, c’est que tant qu’il existe un déficit, il n’y a que deux manières de le financer : la planche à billets et la dette. Les deux se terminent mal, en général. Le dernier budget à l’équilibre en France remonte à 1973 je crois…

    3. Non, il suffit de répudier la dette auprès des profiteurs
      et cela fait environ 40 milliards d’économie par an.
      Mais pour cela, il faut effectivement arrêter de cirer les bottes du maître.

    4. @ Charles A.

      Pour réduire la dette, trois méthodes : les impôts, la planche à billets, et celle que vous évoquez : le défaut. Je suis favorable à la dernière. Le défaut souverain entraîne une cascade de défauts privés. Ceux-ci doivent alors être réglés devant un tribunal de commerce, selon des règles préétablies, au su et au vu de tous. Si cela se produisait, ce serait certainement plus juste qu’un défaut déguisé via l’inflation, qui règle les dettes hors de tout tribunal, sous le règne de l’arbitraire. C’est un gros « si ».

    5. …toujours @ Charles A. (sorry pour le double post)

      Notez la mesure que vient de prendre le gouvernement de modifier la fiscalité de l’assurance-vie. A une petite échelle, c’est une forme de défaut partiel. Mais ce ne sont pas les tribunaux qui tranche selon des règles, mais le débiteur selon son bon plaisir. http://tinyurl.com/382uzn2 Comme cela est présenté avec délicatesse 😉

    6. @ Gu si fang,

      Bonsoir,

      Un mur de lamentations pour lapider la dette infidèle? Nom d’un bouddha!

      Le jeu de domino, casse-tête des égonomistes mondialisés?

      Après les « vrais » milliards trébuchants, les reconnaissances « sonnantes » trompées, la fosse-couche de la dette, ganesh barrit, la danse de kali commence…vive le rythme des valeurs folles au chaudron bouillant des alchimistes.

      Icy queen sur la « sellette » (miss CDS), bad times sur la spéculation matières premières…son avenir (brillant) reste néanmoins assuré! Vous avez dit sonnez les retraites?

      Quid de la fibrillation, faute d’or, insuffisant en « réalité » matérielle, les marchés au formidable appétit dès lors se rabattent sur l’argent.. Chicago, le marché qui met les bulls à l’horreur.

      Bientôt les « soins palliatifs »?

  4. Pour une conception cosmopolitique du care
    31 Août 2010 Par Dominique G Boullier professeur des universités à Sciences Po, sociologue, centre d’études européennes, coordonnateur scientifique du médialab, rédacteur en chef de Cosmopolitiques

    « C’est dire encore plus clairement que s’attaquer aux mécanismes et aux méthodes (et non seulement aux « valeurs » ou aux profits) de l’économie financière, c’est débrancher radicalement la machine à produire ce gaspillage d’attention qui génère stress et misère. Autant il convenait de porter le fer contre le modèle productiviste en prenant en compte l’existence de« modes de protection », autant il est indispensable de remettre en cause l’hégémonie de l’économie financière et du régime médiatique qui l’accompagne.

    Ainsi redéfini, le care peut constituer un stimulant utile pour refondre les visées de la gauche, dans une seconde modernisation qui prenne en compte la dimension cosmopolitique de notre être au monde. … »

    http://www.mediapart.fr/club/blog/dominique-g-boullier/310810/pour-une-conception-cosmopolitique-du-care

    1. Très drôle…
      Encore le mythe du bon et du mauvais capitalisme (financier),
      comme si le capital pouvait s’accumuler hors de l’économie réelle (exploitation du travail).
      Décidément, avec le « care », le PS a bien déplacé son siège à Washington.
      Toutes les routes mènent au caviar…ou, crise obligeant, aux oeufs de l’UMPS.

    2. « Décidément, avec le « care », le PS a bien déplacé son siège à Washington. »

      Pas nouveau ça. La gauche caviar se donne depuis longtemps pour objectif d’avoir un slogan suffisamment accrocheur à gauche pour gagner les élections mais qui en même temps soit inoffensif pour le système en place. Il faut dire à leur décharge qu’ils visent un public plutôt bourgeois qui veut avoir bonne conscience sans rien changer sur le fond. Reste à savoir si malheureusement pour eux ce public n’est pas en train de se tarir.

    3. Effectivement, la tromperie PS est patente.
      Craignant d’ailleurs ne plus pouvoir approcher le caviar,
      l’avant garde « socialiste » des Kouchner, Besson et cie se contentent des oeufs de l’UMPS…

      Le problème, c’est qu’il reste encore des dirigeants de gauche radis(cale)
      qui sont prêts à leur refaire une virginité en 2012,
      moyennant, comme toujours, quelques portefeuilles dans la lutte des places.

  5. Il faut aussi s’imaginer que les « décideurs », au niveau de la finance, ne savent rien faire d’autre que « comme avant » et que, même s’ils envisageaient une seconde que cela puisse mal tourner (les gens dans la rue et les banquiers à la potence), ils considèrent qu’il sagit là de la responsabilité du politique.
    Seule la Loi peut, en effet, ramener dans le rang qu’elle n’aurait jamais dû quitter une finance qui n’est plus au service que d’elle-même.
    Et pour faire des Lois, il faut des responsables politiques « sévèrement burnés » comme aurait dit Nanard…

  6. le stade de l’écoeurement est pourtant derrière nous, mais même à ce stade, la léthargie l’emporte. Nous sommes « narcotisés » par la finance, triste époque, même si demain sera un autre jour, ceux-ci se ressemblent durablement.

  7. « Le monde réclame une constitution pour l’économie. À l’heure où l’on reparle de la spéculation sur les matières premières, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit en constituer l’armature. Si l’on attend davantage, il ne restera rien. » : d’accord sur toute la ligne à un détail près : l’armature ne saurait se réduire à une interdiction. Les pays récemment émergés étant tout aussi gourmands que le trio US-UE-Japon, on ne pourra empêcher la spéculation sur les matières premières d’apparaître d’une façon ou d’une autre si l’on ne prévoit rien pour en réguler le commerce et la consommation.

    1. « Le monde réclame » , le monde réclame…, sauf si c’est une figure de style, il me semble que « le monde » (?) ne réclame rien; il attend, il espère peut-être, sans trop savoir quoi d’ailleurs. Des lendemains qui chantent? Même plus.
      Je crains que le seuil de tolérance du « monde » aux excès financiers et autres ne soit encore loin d’être atteint. Enfin, je dis « je crains », pas sûr d’ailleurs. Généralement, quand c’est le cas, c’est plutôt douloureux.

      Surtout qu’il ne me semble pas que la seule règlementation de la finance apatride suffirait à changer ce monde qui réclame…quoi au juste?

    2. D’un coté nous, de l’autre le reste du monde qui veut faire pareil (espérance de vie, automobile, robinet d’eau chaude et froide, portable, santé….) et entre les deux, le bon sens qui hurle que ça ne passe pas !

      On essaiera quand même.

      « La société porteuse du spectacle ne domine pas seulement par son hégémonie économique les régions sous-développées. Elle les domine en tant que société du spectacle. Là où la base matérielle est encore absente, la société moderne a déjà envahi spectaculairement la surface sociale de chaque continent. Elle définit le programme d’une classe dirigeante et préside à sa constitution. De même qu’elle présente les pseudo-biens à convoiter, de même elle offre aux révolutionnaires locaux les faux modèles de révolution. Le spectacle propre du pouvoir bureaucratique qui détient quelques-uns des pays industriels fait précisément partie du spectacle total, comme sa pseudo-négation générale, et son soutien. Si le spectacle, regardé dans ses diverses localisations, montre à l’évidence des spécialisations totalitaires de la parole et de l’administration sociales, celles-ci en viennent à se fondre, au niveau du fonctionnement global du système, en une division mondiale des tâches spectaculaires. »

      Guy Debord « la société du spectacle »

  8. Bonjour,

    Tout d’abord, bravo pour la future intervention de monsieur Jorion en Pologne au XXe Forum Économique de Krynica.
    Peut-être le salut viendra-t-il des anciens pays satellite de l’Union Soviétique, ceux qui ont une lourde expérience de l’envahisseur et de la dictature centralisatrice ? Qui sait ?

    Ensuite, je ne pense pas qu’une constitution applicable à tous soit possible, ni même souhaitable (respectons et encourageons les particularismes locaux avant qu’ils ne disparaissent complètement au profit d’une uniformisation outrancière), encore moins si elle ne concerne que l’économie qui ne saurait faire l’objet d’une constitution indépendante de tout le reste.
    Il n’en reste pas moins vrai que la situation actuelle est très problématique et que l’idée visant à réguler les « dérégulés auto-légitimés » devrait aller de paire avec la libération du reste des populations de la lourdeur bureaucratique, légaliste (que je distingue soigneusement de « légal », terme que je réserve à une institution nécessaire et utile à la vie en société) et centralisatrice. Mais voilà, dans quelle voie se situe le moyen d’action réaliste et efficient ? La réponse à cette question n’a à mon sens pas encore été apportée, et je serai personnellement bien en mal de la donner (à ce jour).

    Cdt,

    1. J’ne suis point juriste, mais…
      Le problème, avec le mot ‘constitution’, est qu’il se réfère à un cadre NATIONAL.
      Peut-être plutôt que de Constitution pour l’Economie, faudrait-il parler de Grundgesetz, de Grondwet, de Loi Fondamentale de l’Economie? Le terme recouvre une notion proche, mais frapperait peut-être plus les esprits et se plierait mieux à l’idée d’une régulation INTERNATIONALE. Une législation internationale, une loi universelle et impérative.
      Qu’en pensez-vous Paul?

    2. @Thomas Gaugenot,

      « Peut-être plutôt que de Constitution pour l’Economie, faudrait-il parler de Grundgesetz, de Grondwet, de Loi Fondamentale de l’Economie? Le terme recouvre une notion proche, mais frapperait peut-être plus les esprits et se plierait mieux à l’idée d’une régulation INTERNATIONALE. Une législation internationale, une loi universelle et impérative. »
      =>
      Pour qu’il y ait régulation internationale, à distinguer du concept de loi universelle et impérative (qui restera encore longtemps une utopie, c’est à craindre), encore faut-il :
      1) que toutes les parties (c’est-à-dire une grande majorité des Etats légalement constitués : et encore, ce dernier terme ne va pas sans poser problème !) soient d’accord sur des règles de fond ;
      2) que les parties acceptent de lier leur souveraineté à des règles qu’elles auront préalablement accepté ; un processus diplomatique.

      Cordialement,

  9. Les Echos de ce jour évoquent longuement le FOREX en précisant qu’il s’y échange au quotidien quelque 4000 milliards de dollars chaque jour soit prés de 2 fois le PIB annuel de la France.
    Il s’agit bien sûr pour l’essentiel de paris sur fluctuations de prix et, ce jeu attire de plus en plus de monde précise Les Echos.
    Sachant qu’ancune valeur ajoutée n’est créee quelqu’un sur le blog peut-il nous expliquer qui gagne et qui perd.
    D’avance grand merci.

    1. Au hasard :

      – ceux qui gagnent = les intermédiaires qui touchent les coms sur les transactions.

      – ceux qui perdent = tous les autres, joueurs ou pas.

    2. A vue de nez:
      Ceux qui gagnent sont ceux qui n’ont rien à y faire là, sinon il ne viendraient pas.
      Ceux qui perdent sont donc ceux qui sont les véritables acteurs de ces marchés, et qui donc ne peuvent faire autrement que d’y être actif.
      Mais ces perdants continuent leur activité, donc ils répercutent la perte essuyé sur leurs clients.

      Pour le reste, il faudrait analyser chaque marché. Je ne connais pas particulièrement le marché des changes, mais il est probable que les perdants sont les industriels qui ont une activité à cheval sur plusieurs zones monétaires.

    3. Vu de loin et en simplifiant: les profits assis sur une absence complète de création de richesses sont divertis par une poignée d’individus (et accessoirement une sous-couche de privilégiés) tandis que les pertes résultant in fine inévitablement de cette création factice sont évidemment mutualisées sur l’ensemble de la population (ou exportées). C’est bien sûr un système rentier supposé durer indéfiniment, jusqu’au jour où la dette, qui est sa contrepartie, devient insupportable et finit par menacer un mécanisme jusqu’ici bien huilé.

      Il fut un temps où le privilège régalien de lever les împôts était une prérogative exclusive des Rois. Ce privilège se partage désormais entre les Etats et les rentiers évoqués ci-dessus. Quand l’heure sera venue pour les Etats (et pour l’Etat français en particulier, 2012 ? 2013 ?) d’augmenter les impôts pour réduire les déficits et apurer une (petite) partie des pertes du système, ce sera donc aussi (mais pas seulement), indirectement, pour payer la rente.

    4. Sur le point spécifique des opérations de change, la grande masse des opérations (peut-être 90%) ne se débouclent pas. Ce sont des positions de terme annulées en grande partie par des opérations de sens opposé.

      L’industriel n’y perd rien puisque la seule vocation des termes est de lui garantir un prix d’achat ou/et de vente et donc simplement de protéger sa marge.

    5. La profonde pensée de vigneron, « ceux qui gagnent = les intermédiaires qui touchent les coms sur les transactions« , me fait penser aux états qui n’arrivent pas à prélever leurs « coms » parce qu’alors ça s’appellerait un impôt…

    6. @boukovski

      L’industriel n’y perd rien puisque la seule vocation des termes est de lui garantir un prix d’achat ou/et de vente et donc simplement de protéger sa marge

      Sauf que si ces marchés à terme, comme le Forex, n’étaient pas exclusivement instrumentalisés et déstabilisés par ceux qui n’ont rien à y foutre – des fonds vaseux aux geeks aux bourses molles – que faire mumuse avec du pognon bien mal placé, les zentils zindustriels, ben ils auraient peut-être même pas besoin d’y venir.

      Biscotte moins de risque, biscotte moins de volatilité, biscotte moins de « liquidité », biscotte moins de joueurs…
      C’est la loi d’Heudebert, bien connue de tous les économistes sérieux! 🙂

    7. @ Vigneron, crapaud rouge,

      Bonsoir,

      Finance= anti-Etat+antisocial, qui perd son sang froid? Pas les « élus », bizarre?

      L’impôt absolu sans contrepartie publique, il faut acheter, pas de fausse pudibonderie. Une vraie « gagneuse »! Tond très court.

  10. Bien vu Paul, notamment sur ce point:
    Face à toutes les dimensions de la maladie sénile du capitalisme,
    au minimum économique, écologique, politique, et culturelle,
    des secteurs croissants du capital jouent la « liquidation avant fermeture ».

    Le FMI lui-même est de moins en moins rassuré.
    Il vient de dénoncer à la fois les limites atteintes par les dettes publiques
    et d’exorciser le risque d’un défaut de la Grèce.
    http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704791004575465662547079160.html?mod=djemITPE_h

    On peut encore éviter la barbarie, en sortir vers le haut,
    par la répudiation pur et simple des dettes, au Nord comme au Sud,
    vis à vis des profiteurs, depuis des décennies, de la hausse des rémunérations du capital.

    Les pros du profit, qu’ils soient spéculateurs sur les prix ou simples actionnaires
    ont été des agents utiles dans le développement du capitalisme.
    Mais au XXIème siècle, l’appropriation privée du capital est devenue obstacle
    au progrès, à la démocratie et au sauvetage de notre environnement.

    1. Je réitère : ne faudrait il pas demander à certains de rembourser les trop perçus sans effort et risques ?
      Concerne avant tout les rentiers obèses et stériles pour la société.
      Vite dit mais pas facile à exécuter si ce n’est à travers une inflation.
      Mais celle ci lèserait aussi des travailleurs ayant épargné et avantagerait d’autres ayant contracté des dettes pour lesquelles le capital n’est pas encore remboursé.

  11. Ne croyez pas que faire du gain avec de l’argent soit facile , voyez la misère des banques de dépôt et la faillite de banques de prêt ,seuls les spéculateurs de chiffres tirent des bénéfices .
    Cessez de tirer sur les financiers , interessez vous aux dépensiers incapables de faire du gain.
    La monstrueuse facture détenue par le Billderberg risque fort d’être déchirée.
    Ce n’est pas la finance qu’il faut pourfendre , même si nous sommes tous en colère contre ses bétises , mais la mauvaise gestion.

    1. @bertrand : « la mauvaise gestion » ????? Faut-il vous rappeler que le système financier international ne se gère pas comme l’épicerie du coin ? Et d’abord, « la mauvaise gestion » de qui ? Des politiques ? Des financiers ? Des ménages ? Des entrepreneurs style BP ? Des riches qui paient pas d’impôts ? Des chômeurs, des retraités, des malades ?

    2. La mauvaise gestion à bon dos dans un monde ultra-compétitif ou même le travailleur honnête et besogneux ne peut lutter face à l’armée de petits malins qui détournent les lois et profitent de l’ignorance qu’un système devenu trop complexe et opaque induit obligatoirement.
      Alors pourquoi se tuer au travail pour des vampires ?

    3. Hé oui, Bertrand…

      Mais le malaise est que nous manquons de dépensiers, là, tout (et tous) de suite.
      C’est ainsi qu’il est devenu obligatoire d’endetter les états (soit les citoyens sur plusieurs générations) ainsi qu’une idée absolument généreuse est subitement apparue aux yeux de certains..

      Cette idée, à l’initiative de warren buffet ou un autre truand du même tonneau, a été de proposer que les milliardaires américains donnent la moitié de leur fortune au pays.
      Incroyable, non….?????

      Pour un peu, on finirait par croire que ça les gène d’être trop riches. Eux, ces dieux vivants. Adulés au plus haut point.
      Y’a de quoi se poser des questions, non..???

      Ne ré-écrivez plus jamais le mot gestion devant moi, c’est trop risqué.

    4. Bertrand « Cessez de tirer sur les financiers , interessez vous aux dépensiers incapables de faire du gain »
      + 1 point Larbin…

    5. Tu viens de comprendre ce qui est blanc de noir, Batracien.

      Ceux qui ont d’ailleurs fait des études de comptabilité ont depuis longtemps compris que la toute première notion apprise de prudence qui consiste à ne considérer un montant qu’acquis n’était plus de mise dans un monde de joueurs et truands.
      Le jeu… belle religion, tiens.

      De quoi demander aux comptables du monde de faire aussi sauter leur principe de réserve… Passons.
      (autre principe de base)

      Il faut parfois garder les pieds sur terre plutôt que de sauter partout.

    6. @bertrand

      Ce n’est pas la finance qu’il faut pourfendre , même si nous sommes tous en colère contre ses bêtises , mais la mauvaise gestion.

      C’est au delà de combien de rendement des placements la « mauvaise gestion »?

      2%, 3%, 4%, 5%, 10%, 15%, 20%, 30%?????

    7. @yvan

      De quoi demander aux comptables du monde de faire aussi sauter leur principe de réserve… Passons.

      Ça risque pas d’arriver! Tant que les moins demeurés des comptables (sans parler des experts!) comprendront que c’est leur meilleure arme pour en croquer un peu…

      Demande à euh… au hasard, la comptable à la Bettencourt. Bingo!

  12. Les États se sont depuis ruinés à extraire la finance de son insolvabilité, et c’est cette dernière maintenant qui leur avance l’argent qui leur fait défaut.

    c’est de la tartuferie.

    et du vol.

    1. Mais par qui alors, bordel de chouette ?!!
      Moi qui avait déjà investi dans ‘Le chinois pour les nuls’, je ne sais plus quoi acheter …

  13. Il ne faut pas penser que celui qui annonce les mauvaises nouvelles doit être tenu comme responsable des mauvaises nouvelles, ni même que ces mauvaises nouvelles, pour des raisons inconnues, le réjouissent.

    Cela dit, comme vous l’écrivez, je pense qu’il ne restera rien.
    Sauf à tenter de reconstruire, après l’effondrement.

  14. Je voudrais pas faire encore le mauvais coucheur ou le mauvais esprit, mais est-ce que nos vilains politiques, au delà de nos très vilains financiers, ne défendraient-ils pas aussi leurs vilains électeurs?

    Quand je lis 13 Millions de contrats d’assurance-vie en France pour 1300 milliards collectés, 60 millions de livrets A, 25 Millions de livrets d’épargne populaire, 12 Millions de livrets de développement durable pour un total de 200 Milliards, un patrimoine net de 20 000 Milliards d’euros d’après la BCE pour la France, des acquisitions nettes d’actifs financiers des ménages français de 100 Milliards d’euros (pour 2008, dernière stat française connue…), je me pose beaucoup moins de questions sur l’immobilisme généralisé.

    Ils ont protégé les banques en 2008 pour protéger les comptes de leurs électeurs. Ils sont diablement fiers d’avoir réussi leur coup. Que tout ça ne soit que du flanc est sans importance. « On va pas se gêner » pour continuer, comme dit « l’autre »!

    N’oublions p

    1. Comme il est dit dans le beau film de Melville, le Cercle Rouge, à propos des hommes : »tous coupables, tous coupables »

      Mais quand même, après enquête, certains plus que d’autres.

    2. Nous portons tous une plus ou moins grande part de responsabilité, je le constate et l’observe chaque jour en conversant avec différentes « gens ».
      A ce sujet une déclaration de Lee Chang-dong dont le film « Poetry » à obtenu la Palme d’Or à Cannes a attiré mon attention (Nouvel-Obs du 26 août) :
      « Chacun s’applique à faire son travail, à payer ses impôts, à respecter la loi, ainsi on pense que tout va bien et on en vient à ne pas voir la souffrance de l’autre, qui est comme une eau qui coule sous la terre sans que nous en ayons conscience et qui pourtant influe sur notre vie. » »
      Lire aussi « Comment changer le monde ? »
      http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/arts-spectacles/100155/palme-d-or-de-la-poesie.html
      « Ce monde appartiendra à la génération de son petit-fils, qui vit avec elle et passe son temps devant la télévision »
      Durant ces vacances j’ai encore pu constater l’emprise parfois excessive de la télé sur nos jeunes et pouvant aller jusqu’à l’addiction, heureusement que les jeunes constatent cependant par eux mêmes qu’ils sont bien plus heureux et épanouis au contact du monde réel que dans le virtuel, prudence donc.

  15. Belle illustration de la « liquidation pour fermeture »:
    J’avais déjà signalé le risque d’effondrement de la première banque de Kabul,
    qui appartient, bien sûr, au frère du clown Karsai…

    Et bien voilà: les guichets sont pris d’assaut, pas encore par les Talibans…
    Et le frère Karsai demande un renflouement par Washington !
    Sarkozy qui n’a pas d’argent pour les retraites, en trouvera bien pour les spéculateurs de Kabul aussi….

    http://link.email.washingtonpost.com/r/LI37JS/HDD621/5ABTZ9/3I4QB5/BJZY5/LE/h

  16. Il faut lire Matt Taibi sur l’effeuillage de la réforme ‘ Fin-Reg’et le ‘travail’des ‘Représentants du Peuple’

    Wall Street’s big win

    Nessim Taleb dans la ‘mise à jour’ de son ouvrage, a cette remarque: ‘In the United States in the 2000s, the banks took over the government. This is surreal’

  17. Dans le cadre de votre article pourrait se situer l’édito du Monde (qui sait tout mais qui nous le dit) :
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/02/profits-et-chomage-la-france-a-deux-vitesses_1405820_3224.html

    Ceux qui gagnent : « L’une ancrée dans la mondialisation (celle du CAC 40, mais pas seulement), tournée vers l’extérieur, hautement qualifiée, prête à aller travailler à l’étranger, parlant couramment anglais, etc. »

    Ceux qui perdent : « L’autre, peu ou mal formée, repliée sur elle-même, apeurée par la mondialisation et vivant, mais de plus en plus mal, dans l’ombre de la première. »

    En dehors du fait que cette analyse soit caricaturale (car les ‘gagnants’ représentent au mieux 1% de la population française, tant les critères sont délirants), les solutions préconisées sont aussi à pleurer, sur la base d’analyses sans fondements :
    « La mondialisation n’est pas l’ennemie de l’emploi, elle ne l’est que de l’emploi non qualifié. »
    Agriculteur du Livradois, saches le, une bonne fois pour toute : c’est parce que tu n’es pas qualifié (gros bouseux) que la mondialisation agricole et financière est ton ennemi, du tout pour d’autres causes. C’est donc TON problème, pas celui de la mondialisation, tiens toi le pour dit.
    « Le rôle des responsables politiques devrait être d’expliquer aux Français les causes de ce grand écart. »
    Français, bande de blaireaux, si vous n’êtes même pas capables de comprendre par vous-mêmes les ’causes’ (???) de ce ‘grand écart’ (comme il y eut un temps une ‘grand bond’, sauf que celui-ci est en arrière), alors, franchement, votre pathologie relève des hommes politiques.
    Néanmoins, chers citoyens qui votez bien, pas de bol : « Hélas, sur ce sujet décisif, on ne les entend guère. »

    C’est quand même enrageant, non, de constater qu’on sait tout ce qu’il faut savoir grâce au Monde sur les ’causes’ de ce ‘grand écart’ (twist again, frenchies) mais qu’on n’a malheureusement pas en stock le personnel politique disponible pour ‘expliquer’ de quoi il en retourne !!
    De quoi vous dégoûter d’être un média (un peu comme ‘crier dans le désert’, ou un truc de ce genre) …

    1. Merci pour cette analyse, zébu, mais l’article me semble fichtrement plus scandaleux que vous le dites.

      « La réalité estun peu plus complexe. D’abord parce que les profits de ces grands groupes se diffusent largement dans l’économie nationale, via les recettes fiscales et le pouvoir d’achat élevé de leurs cadres supérieurs travaillant en France. Ensuite parce que ces entreprises géantes embauchent. Mais elles embauchent surtout… à l’étranger, où elles ne cessent de croître. » Le Monde se fout de la gueule du monde, il n’y a pas d’autres mots !

    2. @ Crapaud Rouge :
      Ouida. Pas assez fichtrement outré car j’ai vomis mon quatre heure sur le dit journal, ce qui rendu confus le reste de la lecture, j’en conviens.
      Comme disait Desproges, on a ‘La nausée’ et ‘Les mains sales’ pour le même prix.

    3. Zébu et Crapaud, vous êtes excessifs !

      L’édito du Monde dit dans le désordre des choses assez justes mais les utilise comme des arguments pour essayer d’expliquer – de justifier ? – quelque chose qui ne tient pas la route. Regarder dans le même instant le profit des entreprises mondiales du CAC40 d’une part, le taux de chômage en France d’autre part et faire une corrélation n’a aucun sens.

      Je crois que c’est ici grâce à un billet de Fr. Leclerc que j’ai lu que la productivité des salariés aux US avait augmenté de 6% en 2009 (avec une augmentation du taux de chômage qui va avec) alors que les salaires n’avaient augmenté eux que de 1% ! Voilà une façon de traiter le sujet qui a un sens.

      De là à considérer le blog de Paul Jorion comme meilleur informateur que le sacrosaint journal du soir, je laisse chacun libre 😉

    4. @ Didier :
      Mais c’est ça le problème avec Le Monde et le libéralisme, en général car ils partent de faits dont ils présentent, de manière parfaitement idéologique une orientation qui n’est fondée sur aucune argumentation ni même de preuve (postulat ou preuve théologique) pour en déduire des énoncés, forcément fallacieux.

  18. « …Machiavel nous a rappelé que l’appétit des plus forts est insatiable et que seules des lois peuvent le contenir. Le monde réclame une constitution pour l’économie. À l’heure où l’on reparle de la spéculation sur les matières premières, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit en constituer l’armature. Si l’on attend davantage, il ne restera rien… »

    Je ne suis pas certain que Machiavel est recommandé des lois pour contraindre les Princes, mais par contre je suis sûr qu’il aurait lu très amusé les propositions de notre magnificence ami Paul Jorion.

    Une Constitution Mondiale !
    L’interdiction du commerce, car il ne peut y avoir de commerce sans spéculation !

    Mais Monsieur Paul, pour qu’il y ait une constitution mondiale, encore faudrait-il qu’il y ait une « Constituante Mondiale ». Et encore, cette Constituante devra être ouvrière, car la bourgeoisie qui historiquement s’est construite dans des cadres politiques nationaux, ne pourra jamais les dépasser. A un moment historique où le marché mondial est au bord de la dislocation, où les Etats sont au bord de la guerre, votre mot ordre – ultime- n’est certainement pas saisissable et exploitable.

    Permettez-moi aussi de revenir sur vos démons de l’interdit. Vous làchez la proie pour l’ombre je crois. La spéculation outrancière est une conséquence du disfonctionnement du systéme, pas la cause (La spéculation est de toute façon inhérente au commerce, au marché, au capitalisme ). Outre qu’espérer réglementer, voir interdire, la fluctuation des prix est pure démagogie, ces tentatives ne vont pas sans créer de très grands dangers pour les malheureux. Empêcher la spéculation, et vous arriverez peu à peu à arréter carrément la production, sauf économie dirigée cela va de soi. Vous plongerez l’humanité dans la faim. Ce n’est pas pour rien que Lénine, une fois l’économie de guerre passée, à convaincu le parti bolchevik de passer à une nouvelle politique économique, la NEP, un retour aux lois du marché et à la spéculation. C’était ça où du stalinisme avant l’heure.

    Dans le chapitre V ( Comment on doit gouverner les Etats ou principautés qui, avant la conquête, vivaient sous leurs propres lois) de son Prince, Machiavel note fort judicieusement: « …quiconque, ayant conquis un Etat accoutumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel Etat, la rébellion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le souvenir des anciennes institutions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la longueur du temps ni les bienfaits d’un nouveau maître… »

    Monsieur Jorion, vous étes partisan à limiter, voir interdire, la liberté de ceux qui spéculent sur les matières premières par exemple. Cela vous dispense de comprendre qu’il n’y a spéculation qu’à partir du moment où il y a trop de capitaux flottants en recherche de rendement, pas assez de productions agraires. Les catastrophes naturelles ont beau dos ! On cherche uniquement à cacher l’infernale incurie et anarchie du capitalisme, confisquant les terres pour y produire du carburant plutôt que de la nourriture. Que certains gouvernements annoncent seulement leur intention de planter en grande quantité, et la spéculation s’arrétera immédiatement.

    Quand ils s’y mettent, je crois bien que les pires des liberticides sont les libertaires !

    « …Les hommes marchent presque toujours dans les sentiers déjà battus (…) Ils doivent donc prendre pour guides et pour modéles les plus grands personnages, afin que, même en ne s’élevant pas au même degré de grandeur et de gloire, ils puissent en reproduire au moins le parfum… » ( Machiavel)

    1. @Eninel : « Cela vous dispense de comprendre qu’il n’y a spéculation qu’à partir du moment où il y a trop de capitaux flottants en recherche de rendement, pas assez de productions agraires. » : ici, tout le monde sait depuis des lustres qu’il y a trop de « capitaux flottants » et, surtout, ne flottant pas là où ils seraient utiles. Les priver du débouché que constitue la spéculation ne pourra que les obliger à s’investir de façon pragmatique, dans l’agraire ou ailleurs.

    2. @Eninel (suite) : à citer Machiavel (du solide), à balancer un truc du genre « Cela vous dispense de comprendre« , et à réduire la spéculation à l’utilisation des sols, je vous devine un tantinet prétentieux Monsieur Eninel. Excusez-moi si je me trompe.

    3. Je vous remercie de citer Machiavel. Le maître à penser de mon meilleur professeur d’économie.

      Notamment le fait qu’il avait déjà noté, à l’époque, que même un changement d’apparence pour un humain pouvait le perturber.
      Apparence de liberté, bien sûr.

      Je vais tout de même vous questionner.
      Vaut-il mieux être dominé par un chef élu dont on connait les défauts, ou non..??
      Vaut-il mieux ignorer la partie de rêve qui nous pousse à continuer à croire en lui, ou non…??

      (les questions ne sont pas redondantes, car elles se différencient par l’aspect temporel, donc, des faits)

    4. Monsieur Crapaud, j’aime bien les batraciens comme d’ailleurs j’estime l’ami Paul. Pour cette expression, trouvé comme cela, au fil de l’inspiration et de la polémique, « cela vous dispense de comprendre », elle est certes assez discourtoise à sa relecture. Je la retire et prie Monsieur Jorion d’accepter mes excuses.

      Pour le reste, vous me trouvez un tantinet prétentieux, vous avez du jugement. Comment être modeste lorsque l’on se proclame communiste et avant gardiste, que l’on ne veut pas se contenter de commenter mais qu’on veut changer le monde ? Pensez-vous que les masses suivent les timides ? Vous même, faite un effort, vous avez du jugement … et de crapaud vous deviendrez prince charmant, enfin je veux dire communiste.

      Vous n’y étes pas encore, lorsque par exemple vous pensez que contraindre la spéculation dirigerait mécaniquement le Capital vers l’investissement. Vous vous faites des illusions et vous faites abstraction des lois qui régissent le capitalisme. Bien plutôt, ce Capital sera gelé, thésaurisé, mais certainement pas investi en pure perte dans le travail.

      Pour répondre aux questions de Monsieur Yvan :

      Vaut-il mieux être dominé par un chef élu dont on connait les défauts, ou non..??
      Vaut-il mieux ignorer la partie de rêve qui nous pousse à continuer à croire en lui, ou non…??

      Je ne crois pas sain qu’un citoyen, qu’un homme libre, qu’un ouvrier éveillé, accepte la -domination- de quiconque, même d’un « chef élu ». Ce qu’il nous faut rechercher pour faciliter notre émancipation, ce sont des chefs élus -guides-, et non des chefs élus -dominateurs-. Peu importe leurs défauts pourvu qu’ils nous permettent d’allez de l’avant.

      L’ennemi de la foi, c’est le doute. Aussi ignorez absolument la part de rêve que vous avez en vous et ne jugez les directions politiques, que vous soutenez ou que vous soutiendrez, toujours sur leurs actes, les actes et rien d’autre, les yeux bien ouvert.

      « …Les hommes sont si aveuglés, si entraînés par le besoin du moment, qu’un trompeur trouve toujours quelqu’un qui se laisse tromper… » (Machiavel. Le prince. mille et une nuits en poche, page 95 )

    5. « Je ne crois pas sain qu’un citoyen, qu’un homme libre, qu’un ouvrier éveillé, accepte la -domination- de quiconque, même d’un « chef élu ». Ce qu’il nous faut rechercher pour faciliter notre émancipation, ce sont des chefs élus -guides-, et non des chefs élus -dominateurs-. Peu importe leurs défauts pourvu qu’ils nous permettent d’allez de l’avant. »

      ‘core un (comme Machiavel qui révéla les manières des truands) qui réclame de la Démocratie…

      Ca devient usant, à force.

      Hhmm.. tant que j’y pense, message personnel : j’ai horreur des fachos. Je suis certain qu’un même « simple » comprendra. (ceci ne vous ai pas du tout destiné, bien au contraire, Eninel.)(bon, par contre, il me serait sympa que vous vous demandiez pourquoi le secret des puissants dévoilé fasse le succés de Machiavel…)(et vous posez la question de savoir pourquoi l’humain va se faire un confort de se réfugier sous la coupe d’un chef même merd.. catastrophique…)

    6. @ yvan

      « ‘core un (comme Machiavel qui révéla les manières des truands) qui réclame de la Démocratie…

      Ca devient usant, à force. »

      En quoi cela est usant ?

    7. à Yvan,

      Concerne les fachos que vous avez bien raison de ne pas aimer, même quand ils sont « simples » comme vous dites.

      La question intéressante depuis que Céline a connu son heure de gloire avec son « Voyage » est pourquoi de tels individus se déguisent-ils en prenant les habits d’un autre.

  19. La féodalité a commencé de cette manière.

    L’asservissement définitif de la République Romaine à quelques familles patriciennes romaines aussi.

    Alors? Va-t-on vers une ploutocratie mondiale? Une ligue Hanséatique du troisième millénaire?

    Comme on dit en mer: « ça s’ra pire avant d’aller mieux. »

  20. Je voudrais pas faire encore le mauvais coucheur ou le mauvais esprit, mais est-ce que nos vilains politiques, au delà de nos très vilains financiers, ne défendraient-ils pas aussi leurs vilains électeurs?

    Quand je lis 13 Millions de contrats d’assurance-vie en France pour 1300 milliards collectés (soit plus qu’une année de consommation des ménages, 1150 Mrds, et presque la dette française), 60 millions de livrets A, 25 Millions de livrets d’épargne populaire, 12 Millions de livrets de développement durable pour un total de 200 Milliards, un patrimoine net de 20 000 Milliards d’euros d’après la BCE pour la France, des acquisitions nettes d’actifs financiers des ménages français de 100 Milliards d’euros (pour 2008, dernière stat française connue…), je me pose beaucoup moins de questions sur l’immobilisme généralisé.

    http://appsso.eurostat.ec.europa.eu/nui/submitModifiedQuery.do

    Ils ont protégé les banques en 2008 pour protéger les comptes de leurs électeurs. Ils sont diablement fiers d’avoir réussi leur coup. Que tout ça ne soit que du flanc est sans importance. « On va pas se gêner » pour continuer, comme dit « l’autre »!

    N’oublions pas que l’électeur français a plus de 50 ans. C’est pire ailleurs en Europe. Guère mieux aux US.
    Les vieux mènent la barque. La peur des vieux rentiers donne le cap.

    1. Et puis comme l’a annoncé la charmante Christine, les impôts n’augmenteront qu’après les élections.
      Cela signifie que les impôts des pauvres et de ceux qui ont cru constituer « la classe moyenne » et qui n’étaient que des cadres chargés de faire fonctionner le système, n’augmenteront qu’après qu’ils voté.
      Si l’état pensait augmenter les impôts des riches, il pourrait le faire de suite, car que valent quelques milliers ou dizaines d emilliers de suffrages ?
      A moins que les pauvres n’aient peur de ceux qui veulent prendre aux riches.
      Mais alors tout s’explique.

  21. Eh oui tout a fait Paul Jorion « Business as usual »

    Petit temoignage du front de l’economie « reelle » – le reportage d’un insider de l’entreprise capitaliste-

    Je travaille a l’etranger dans une entreprise internationale industrielle qui ne pense qu’a revenir a la situation anterieure et cela a tous les etages : du simple vendeur qui veut des primes pour s’acheter les derniers gadgets a la mode ou bien equiper plus sa famille et son appartement, jusqu a mon patron qui voit deja la prime a 6 chiffres le poste de Vice President….
    Quelle que soit la nationalite des employes que je cotoie la grande majorite ( d’ailleurs surtout les hommes) ne pense qu’a faire plus de chiffre d’affaire, gagner plus sans savoir vraiment a quoi cela sert mais tout le monde est embrigade dans l’adhesion unanime ( et obligatoire pour ne pas etre percu comme un traitre ou un element deviant) aux pseudo valeurs et objectifs de croissance infinie de l’Entreprise,
    Selon la doctrine »corporate » le reprise economique ne peut que venir et la pertinence du concept ne se discute pas car la hierarchie est claire et pour l’efficacite de l’entreprise les decisions sont prises par les patrons , ils ont donc forcement raison…
    Nos patrons (actionnaires + top management) parlent de la croissance des profits que nous devons realiser en 2011 car il est inconcevable de ne pas leur faire gagner plus que cette annee
    Personne ne veut entendre parler de problemes, de bug du systeme car cela remet en cause le systeme, l’ordre etabli et tout le monde en a peur
    Evoquer simplement l’incertitude future ( euphemisme politiquement correcte) est considerer comme pessimiste, malsain bref l’autocensiure est de mise pour etre bien vu, il faut etre un bon soldat et surtout pas philosopher… l’entreprise(celle dont je fais partie) se veut ethique mais est surtout amorale.
    En parlant d’ethique la propagande corporate offficielle repete asasiete qu il ne faut pas mentir, pas voler, pas tricher, donner des backchichs mais en creusant on comprend surtout que les actionnaires veulent surtout proteger le patrimoine de l’entreprise en creant une pression sociale contre les deviants vis avis de l’interet de l’entreprise
    Mais lorsqu en 2009 le top management s’est attribue des primes exceptionnelles alors qu un plan social avait eu lieu en france et des reductions de salaires allegrement acceptees dans les pays ou cela est possible on ne parle plus d’ethique…
    Bref vous nous nous expliquiez que la finance ne se reforme pas mais nous enfonce de plus belle et bien j’ajoute que les grandes entreprises font de meme…

    1. chers lecteurs de ma prose 🙂 excusez l’orthographe un peu approximative mais je reagis a chaud depuis mon bureau… entre 2 emails politiquement corrects 😉

    2. Merci Loic pour ce rappel de l’ABC du capitalisme.
      Nous sommes nombreux sur ce blog à avoir fait l’expérience du profit depuis l’entreprise.
      Et à la faire encore…

      Que le capital soit financier, industriel, commercial, ou autre, il n’a qu’une dynamique:
      l’accumulation par tous les moyens, y compris les pires,
      jusqu’à la destruction de la planète sous nos yeux,
      et jusqu’aux plus sanglantes dictatures, quand les autres régimes échouent.

      Il faut en finir avec le capital cad l’appropriation privée des moyens de production
      pour désormais éviter la barbarie.

    3. Il est vrai que ce ne sont pas ceux qui travaillent le plus dur qui comprennenet le mieux le monde dans lequel ils vivent.
      Lizez ou relisez « la Ferme des Animaux » de Georges Orwell et vous comprendrez mieux ce que je veux dire.

    4. @Loic : aucune faute d’orthographe dans votre texte, seulement des fautes de frappe. Sans doute parce que vous êtes surmené.

      Votre témoignage montre que l’inertie du système marche plein pot parce qu’il est organisé sur le schéma de la compétition. Le premier qui dévie est assuré de se faire distancer. C’est le problème de la concurrence que l’on ne peut que constater sans pouvoir l’analyser.

    5. ça « sent » la pythie …si ce n’est elle, c’est donc sa soeur …étrange comme toutes ces multinationales
      se ressemblent …et produisent les même effets …quasiment hallucinatoires …(normal pour une pythie, me direz-vous !) et, sous couvert de rationalisme, sont atteintes d’une superstition dévote …
      modernité, qu’ils disaient !

    6. @Loic
      On dirait que votre entreprise utilise la méthode coué.
      En traduisant ce langage patronal on pourrait dire qu’au contraire
      qu’ils sont plutot mal en point:
      La reprise évidente veut dire: Reprise indispensable.
      Les bénéfices en augmentation veulent dire: Necessaire pour combler les trous noirs hors bilan…Sinon dépot dudit bilan…A moins que le Contribuable dans sa grande largesse…
      Si les trous étaient dans le bilan, ils ne pourraient pas s’offir des primes et bonus…
      Le « top management » semble avoir fait un stage chez bernard Madoff…

  22. UTOPIA Europe
    EcoHumanismeRadical pour la France

    en harmonie avec

    UTOPIA Europe

    sauf  Une Europe Ouverte (à revoir en 2050)
    sauf la sortie du nucléaire (pour le nucléaire à thorium,puis à fusion)
    sauf  pour une fédération d’états (pour des état-nations coopérants)

    Les 33 propositions d’Utopia pour l’Europe
    Nous estimons que les dirigeants politiques ont renoncé depuis longtemps à changer radicalement la société et nous appelons les citoyens européens à réagir et à proposer la construction d’une Europe « Sociale, Altermondialiste, Ecologiste ».
    Notre projet appelle à dépasser le système capitaliste et remet en cause ses principaux dogmes :
    * La « religion » de la croissancecomme solution « magique » à tous les maux ;

    * La consommation, quidoit être liée à l’aspiration à une meilleure qualité de vie, et non à une accumulation illimitée de biens matériels ;

    * Le travail érigé en « valeur »: ce n’est pas le travail, mais sa place, comme unique vecteur de droits et de reconnaissance, que nous remettons en cause.
    Utopia met en avant un nouveau projet politique : l’alterdéveloppement, pour changer radicalement de société.
    La planète est un patrimoine commun: nul ne choisit ni le lieu, ni l’époque, ni l’environnement familial, politique, économique et environnemental de sa naissance. Pour la Gauche, seule une politique solidaire, réaliste, ouverte et humaniste est dès lors acceptable.
    Utopia est un mouvement fondamentalement attaché à l’idée d’Europe à plusieurs titres : elle matérialise le rapprochement des peuples et des cultures. Elle est facteur de paix et de stabilité. Elle doit contribuer aussi à donner plus de poids, au niveau international, à la défense de valeurs comme la démocratie, la liberté, l’égalité et la fraternité.
    Tout en reconnaissant certaines avancées dues à l’Union Européenne, en premier lieu la paix à l’intérieur de ses frontières, Utopia est très critique à l’égard de l’Europe qui s’est construite jusqu’ici : néolibérale et peu démocratique, elle est « génétiquement », par les Traités qui l’ont instituée et la régissent, au service de la promotion d’un grand marché fonctionnant sur le modèle d’une concurrence soi-disant « libre et non faussée ».
    Dans cette logique, elle s’active à démanteler la protection sociale et les services publics qu’elle confie, considérablement amoindris et sans réelle garantie, à la sphère privée.
    De plus en plus obsédée par les questions sécuritaires, elle organise le fichage des citoyens et la traque des étrangers. Parallèlement, elle a renoncé à se donner les moyens d’aider véritablement les pays qu’elle a le plus récemment intégrés, refusant de faire avec eux ce qu’elle avait fait avec l’Espagne, la Grèce, le Portugal ou l’Irlande. Ainsi, la construction européenne pervertit aujourd’hui les valeurs humanistes de l’Europe et l’intérêt commun des peuples, plus qu’elle ne les promeut. La « crise », générée par le système, secoue la planète et rappelle les limites d’un modèle fondé sur la finance mondialisée, la loi du marché et l’exigence de rentabilité à court terme. Elle souligne ainsi les limites du système capitaliste et l’urgence qu’il y a à développer et mettre en œuvre un projet alternatif.
    Dans ce contexte, l’Europe doit retrouver un idéal démocratique, redevenir politique et accepter le dépassement des intérêts nationaux. Elle doit aussi prendre ses responsabilités pour sauver le patrimoine planétaire qu’elle a contribué à détruire.
    Elle doit respecter la diversité des cultures qui la composent et, face à l’offensive des intégrismes religieux sur son territoire comme au sein même de son Parlement, elle doit affirmer la laïcité comme principe fondamental garant essentiel de la liberté individuelle et de l’égalité des Droits, fondement indispensable de l’harmonie sociale.
    C’est pourquoi Utopia défend, dans son projet politique d’alterdéveloppement, la construction d’une autre Europe : une Europe sociale, altermondialiste et écologiste.
    Les peuples d’Europe comprennent que les questions liées à la crise sociale, écologique et démocratique à laquelle ils sont confrontés ne trouveront de réelles solutions qu’au niveau de l’Union Européenne et au niveau mondial. Cette situation réclame des mesures qui ne se limitent pas à la correction des dérèglements financiers ; elle appelle des réformes en profondeur prenant en compte aussi bien l’urgence sociale que l’impératif écologique.
    Ces solutions ne répondront aux besoins des peuples que si elles sont décidées démocratiquement, et non par le Conseil européen et par la Commission, qui ne sont pas réellement contrôlés par un Parlement, privé des pouvoirs essentiels.
    Déni de démocratie que vient renforcer l’attitude des dirigeants européens qui cherchent à faire passer en force des Traités pourtant rejetés successivement par les peuples Français, Néerlandais et Irlandais.
    C’est par une Europe des peuples dotée d’institutions réellement fédérales que des solutions pourront être apportées et que pourra se mettre en œuvre une Europe sociale, altermondialiste et écologiste.
    Cette Europe fédérale enfin légitime trouvera alors les moyens d’assurer son indépendance au niveau mondial et de peser sur la nécessaire réforme des institutions internationales.
    Enfin, parce qu’elle doit d’abord être le fruit d’un projet partagé, l’Union Européenne n’a pas vocation, à terme, à se limiter au seul espace géographique européen mais à intégrer, progressivement, des Etats au-delà de ces frontières qui en partagent les valeurs et les objectifs sociaux et environnementaux, pour avancer vers la création d’une fédération mondiale.
    Pour une Europe sociale, altermondialiste et écologiste
    Pour une Europe sociale
    L’économie au service de la société
    Utopia réaffirme que l’économie doit être au service de la société, au sens de l’intérêt collectif, et non l’inverse.
    Loin de permettre le développement d’une Europe sociale, la politique néolibérale en Europe favorise toujours plus les détenteurs du capital. Elle institutionnalise le dumping social induit par l’intégration de nouveaux Etats membres dont les niveaux de salaires et de protection sociale sont bien inférieurs à ceux en vigueur dans l’Europe des 15, sans garantir leur ajustement au niveau des pays les plus avancés socialement.
    Elle institutionnalise également la prise de pouvoir des intérêts privés sur l’intérêt général, au détriment des citoyens européens, mais aussi des citoyens du monde, en particulier ceux des pays dont les ressources, indispensables au modèle de croissance capitaliste, sont pillées.
    Cette institutionnalisation se matérialise :
    * par l’absence d’harmonisation des règles fiscales et sociales et par des aides aux nouveaux Etats membres trop faibles pour pouvoir tirer les normes sociales vers le haut ;
    par une primauté donnée à la libre circulation des capitaux, des biens et des services dans une logique de concurrence soi-disant « libre et non faussée » qui encourage la privatisation des services publics, et par la construction de règles favorables au moins disant social : directive « services » 2, textes sur la durée du travail, sur la flexicurité… La logique d’accroissement de la compétitivité et les exigences de rentabilité élevée et immédiate du capital conduisent ainsi les entreprises à utiliser la concurrence internationale, et notamment intra-européenne, pour réduire la protection sociale et faire pression sur les salaires ;
    par l’abandon d’importantes marges demanœuvres liées aux politiques économiques – monétaires, budgétaires et fiscales 3qui, dans un contexte de pression à la baisse de la fiscalité, conduit naturellement à une réduction des services collectifs, à la modération salariale et à l’enrichissement des créanciers privés détenteurs de la dette publique ;
    par l’absence de transparencedes mécanismes qui président à l’élaboration des directives ainsi qu’aux négociations des accords commerciaux par la Commission. Ce manque de transparence s’accompagne d’un poids croissant des lobbies qui poussent à une libéralisation de plus en plus étendue de secteurs qui, parce qu’ils font partie de la sphère des droits fondamentaux, ont pourtant vocation à être protégés au premier chef des logiques marchandes et capitalistes : éducation, environnement, santé, énergie…
    * par l’impossibilité, du fait de la règle d’unanimité dans ce domaine, de modifier les règles de fonctionnement.
    Face à cette logique, notre projet appelle donc le développement d’une économie fondée sur les principes :
    * de rejet des politiques de libéralisationimposées par l’UE(que ce soit au niveau des nations, de l’Europe ou des échanges commerciaux internationaux) ;
    * de démocratie, pour que les orientations soient décidées par les citoyens et dotées de ressources permettant leur mise en œuvre ;
    * de solidarité, pour que les pays contribuent, à la mesure de leurs moyens, à entraîner l’ensemble des pays européens à la réalisation des orientations décidées collectivement, dans une logique de « mieux disant social » et de développement humain ;
    * de coopération, pour que des logiques de coordination remplacent les égoïsmes nationaux qui participent au gaspillage des ressources et à la destruction de l’environnement ;
    * de relocalisationdes activités économiques pour lesquelles cette pratique est pertinente ou peut le devenir.
    En ce sens, Utopia fait les propositions suivantes :
    Proposition 1:
    Le Parlement européen, en tant qu’instance formée d’élus du peuple, doit pouvoir :
    * Se saisir des questions sociales pour harmoniser les réglementations. Cette harmonisation passera, dans un premier temps, par la suppression des possibilités de dumping social et devra se faire sur la base du « mieux disant » social et de développement humain ;
    * Voter des impôts européens, dont un impôt harmonisé sur les sociétés, contracter des emprunts et définir les dépenses correspondantes, ce qui lui permettra de se doter d’un budget à la hauteur de ses missions ;
    * Définir notamment les missions de la Banque Centrale Européenne (BCE) et en contrôler l’activité. L’indépendance de la BCE sera donc remise en cause. Les objectifs et missions économiques assignés à la BCE devront être au service des différentes dimensions sociales, altermondialistes et écologistes.
    Proposition 2:
    Ce budget lui permettra notamment de :
    * jouer un rôle croissant dans le développement de biens communs(infrastructures, recherche, éducation, santé, environnement…) ;
    * organiser la solidarité avec les nouveaux Etats membres ;
    * construire progressivement les prérogatives d’une Europe fédérale.
    Proposition 3:
    Une harmonisation fiscale doit être imposéeafin de mettre un terme au dumping fiscal et donc à l’assèchement des ressources servant à financer les biens et services collectifs. Cette harmonisation pourra s’organiser à l’aide :
    d’un « serpent fiscal » 4qui définit un taux moyen minimum des impôts directs (impôts sur le revenu, sur les sociétés…) et un taux moyen maximum des impôts indirects ;
    * d’une interdiction aux Etats membres et à leurs entreprises d’utiliser les paradis fiscaux. L’UE devra contraindre les Etats membres dont les pratiques fiscales et bancaires s’assimilent aux paradis fiscaux à y renoncer(avec notamment une levée du secret bancaire) ;
    d’un plafonnement de la rentabilité financière(sur la base du SLAM 5).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Slam_(imp%C3%B4t)

    vendredi 23 février 2007, par Frédéric Lordon
    Tout n’est pas dit, loin s’en faut, dans l’article de février à propos du SLAM. Le Diplo n’a pourtant pas manqué de largesse et n’a pas mégoté l’espace — deux pages plutôt bien remplies et pas toujours simples à lire pour le non-spécialiste… Heureusement ses colonnes électroniques sont également largement offertes ; et comme elles autorisent ce que les colonnes-papier ne permettent pas, profitons-en, ceci d’autant plus que bon nombre de précisions doivent encore être apportées et que les objections ne manqueront pas.
    Ce que le SLAM n’est pas — et ce qu’il est vraiment
    Pour procéder par l’arme de l’impôt, le SLAM n’est cependant pas une mesure de politique fiscale. Rapporter des recettes supplémentaires à l’Etat n’est pas sa vocation première — même si on ne crachera pas dans cette bonne soupe. Le SLAM n’est pas davantage un prélèvement de redistribution ou un instrument direct de lutte contre les inégalités.
    Le SLAM est une proposition de transformation des structures de la finance. Il a pour objet premier de modifier les contraintes de rentabilité qui pèsent sur les entreprises — et que les entreprises accommodent en en reportant la charge sur les salariés, c’est-à-dire en réduisant à marche forcée les coûts salariaux, par le licenciement des uns et l’intensification sans fin des efforts productifs des autres. Le SLAM ne vise donc pas en premier lieu l’obtention de recettes fiscales, mais l’allègement des épuisantes contraintes de mobilisation productive que fait naître l’exigence actionnariale sans limite, et sa transmission, sans perte en ligne, via les directions d’entreprises et au travers de l’organisation hiérarchique dont elles ont le commandement. Le SLAM est donc une action sur les structures du capitalisme d’aujourd’hui, et notamment sur celles qui définissent la configuration actuelle du rapport actionnaires-managers-salariés. Il part de la prémisse qu’il n’est pas d’autre moyen que de borner autoritairement l’exigence actionnariale de rentabilité indéfiniment croissante si l’on veut soulager le salariat des insupportables tensions qui lui sont imposées pour convertir son effort en plus-values et dividendes.
    Le SLAM n’est pas non plus un instrument de lutte directe contre les inégalités, mais c’est un effet qu’il pourrait cependant avoir indirectement. Enrayer les mécanismes qui poussent irrésistiblement les entreprises à réduire la masse salariale — licenciements, externalisations, rejet systématique des revendications salariales — ou bien à favoriser « l’ajustement flexible » — recours à l’intérim, multiplication des contrats précaires et des statuts hétérogènes, émiettement des horaires, intensification des cadences, déplacements autoritaires des sites, détérioration générale des conditions de travail, etc. — est le commencement de toute action sérieuse de réduction des inégalités et de restauration d’une condition salariale moins indigne.
    Dans le collimateur du SLAM : les stock-options
    La taxe de SLAM vise les actionnaires de tout poil, c’est entendu. Mais tous ne sont pas également « intéressants », ou prioritaires, à cibler. L’article mentionne les plus importants, ceux qui viennent en premier sur la liste, il s’agit bien sûr des investisseurs institutionnels, fonds de pension, fonds mutuels, compagnies d’assurance, etc.
    Le lecteur perspicace s’avisera sans doute qu’il est une autre catégorie d’actionnaires, qu’on ne rangera ni dans la catégorie des institutionnels ni dans celle des « petits épargnants », et à qui le SLAM ira comme un gant : ce sont les patrons à stock options, bien sûr !
    Il faut peut-être prendre le temps de redire un mot des enjeux stratégiques attachés aux stock-options, bien au-delà du scandale immédiat de l’enrichissement sans borne de quelques dirigeants. Le « capital », en effet, n’est pas cette entité homogène et monolithique qu’on croit parfois. Lui aussi est traversé par ses conflits internes — et notamment celui qui oppose sa fraction « industrielle » à sa fraction « financière ». On peut bien dire que cette conflictualité-là est « secondaire » car elle n’est jamais suffisamment puissante pour remettre en cause l’unité supérieure de l’ensemble dans le conflit « primaire », qui l’oppose au « travail ». Pour autant la « logique actionnariale » de la rentabilité financière intransitive, c’est-à-dire de la rentabilité pour la rentabilité, indifférente aux activités sur lesquelles elle prospère, peut s’avérer antagoniste à la « logique industrielle » du développement, de l’expansion, de la réalisation de choses, dès lors précisément que les normes de rendement exigé deviennent si élevées qu’elles censurent de fait bon nombre d’investissements, ceux que le capital industriel aurait jadis lancés, mais qui maintenant ne « passent plus la barre ».
    L’approfondissement de la déréglementation financière a fait surgir une puissance actionnariale désormais capable de soumettre le capital industriel à ses logiques propres de la « rentabilité indifférente » — mais de la rentabilité demandée toujours plus élevée. Le conflit d’objectifs qui en résulte est suffisamment aigu pour que se soit posée la question de sa « régulation » — interne à l’ordre du capital. Les stock-options en sont la solution de compromis la plus évidente puisqu’elle règle le problème en alignant les intérêts des hommes du capital industriel sur ceux du capital actionnarial. Pour leur faire oublier leurs rêves de grandeur industrielle et brider leurs pulsions d’expansion, rien de tel qu’une rémunération grassement comptée et indexée sur les critères de la performance actionnariale. Les mieux « travaillés » par l’esprit du temps ont fini par intégrer la discipline actionnariale comme une seconde nature et s’y conforment sans même s’en apercevoir ; les autres se sont fait une raison, bien aidés en cela par leurs paquets de stock-options.
    Or, à n’en pas douter, cette composante-là de leur rémunération, le SLAM ne lui fera pas du bien… Ne s’en émouvront que ceux qui persistent dans ce morceau de bravoure idéologique voulant que les gros revenus récompensent les grands mérites — comme si le patron était le seul démiurge d’une performance d’entreprise d’ailleurs évaluée selon les critères les plus douteux, ceux de la valorisation boursière… Pour tous les autres, il y aurait deux motifs d’accueillir le SLAM plutôt favorablement. Le raccourcissement automatique des gains réalisés sur stock-options aura d’abord pour effet de diminuer sensiblement les incitations pour les patrons à conformer entièrement leur politique d’entreprise aux exigences de la finance actionnariale. Il aura également l’honnête mérite de contribuer à ramener la rémunération patronale globale à des niveaux un peu moins obscènes.
    Le SLAM contre le court-termisme
    Le SLAM, rappelons-le, prend pour cible la rémunération actionnariale effective en ces trois composantes : plus-values, bien sûr, mais aussi transferts financiers variés de l’entreprise aux actionnaires (dividendes et buy-back). A chaque actionnaire réalisant une vente de titres dans l’année courante est imputé une quote-part proportionnelle de ces transferts sur la base conventionnelle de leur valeur l’année précédente (en tout cas tant que la politique de dividendes et de buy-back de l’année en cours n’est pas encore connue).
    Mais quid d’un actionnaire qui achèterait et revendrait pendant la même année fiscale et surtout qui revendrait sans avoir touché ni dividende ni buy-back ? N’est-il pas injuste de lui imputer sa quote-part des transferts financiers de l’année passée alors qu’il n’en aura pas vu la couleur (ni l’année passée, ni l’année en cours) ? Cette configuration n’a rien d’exceptionnel, elle est même extrêmement fréquente puisque les opérateurs financiers passent leur temps à effectuer ainsi des mouvements courts d’allers-retours sur des titres. On ne se laissera pas impressionner par les arguments de « justice » ou « d’équité » en général utilisés de manière partielle, ad hoc et asymétrique : ceux qui crieront à l’injustice d’une imputation de transferts non perçus seront probablement les mêmes qui trouvent parfaitement juste et normal qu’on licencie, pressure et précarise pour satisfaire leurs objectifs chéris de rentabilité… Cette injustice qui n’en est pas une a au contraire d’excellentes propriétés d’incitation à l’allongement des horizons temporels des opérateurs boursiers : elle les convainc en effet d’attendre suffisamment avant de revendre leurs titres — « suffisamment », c’est-à-dire d’avoir au moins effectivement perçu les transferts financiers qui leur seront de toute façon imputés ! Se trouve ainsi découragée la multiplication des allers-retours de très court terme qui nourrissent la pression spéculative autour des entreprises.
    Le SLAM sans effet au delà des limites du CAC40 ?
    C’est l’une des objections que j’ai pu lire dans un forum en ligne [1]. L’internaute fait observer que, s’appliquant aux entreprises cotées, le SLAM ne touche que le CAC40 et reste sans effet sur l’essentiel du tissu productif, constitué de PME non cotées. La remarque est loin d’être absurde. Elle manque pourtant de voir que le SLAM aurait un impact de bien plus grande portée qu’elle n’imagine.
    En premier lieu le CAC40 est loin d’épuiser le champ des entreprises cotées, il n’est que « l’indice » c’est-à-dire le sous-ensemble des plus grosses. Il n’en est pas moins vrai que la majorité des entreprises françaises sont des PME, ni dans le CAC ( !), ni cotées à Paris, ni ailleurs. Et pourtant bon nombre de ces PME sont concernées — quoique indirectement — par le SLAM et en connaîtront les effets. C’est que l’exigence de la rentabilité financière, appliquée de première main par les grands actionnaires institutionnels aux entreprises cotées, ne s’y arrête pas. L’obtention des taux de profit requis passe en effet non seulement par la mobilisation productive interne mais aussi par l’obtention externe de prix de fournisseurs toujours plus drastiquement tirés. Ainsi la pression actionnariale se propage-t-elle tout au long de la chaîne de sous-traitance et pénètre-t-elle le tissu industriel dans toute sa profondeur, bien au-delà des seules limites de la « grande entreprise du CAC ». Le meilleur exemple en est donné dans le film de Gilles Perret, Ma mondialisation [2], où l’on voit des PME de décolletage de la vallée de l’Arve, bien loin en apparence de l’agitation de la Bourse de Paris et des investisseurs institutionnels qui s’y ébattent gaiement… et pourtant directement exposées aux pressions croissantes de leurs grands donneurs d’ordre — en l’espèce les constructeurs automobiles qui, eux, sont en première ligne, mais ont les moyens de transmettre la charge d’effort productif à tous ceux qui se trouvent en leur dépendance hiérarchique (salariés) ou commerciale (sous-traitants).
    Ici se noue l’interaction toxique de la financiarisation et de la mise en concurrence généralisée. Soumis aux diktats de leurs donneurs d’ordre, eux-mêmes mis sous pression par leur environnement actionnarial direct, les sous-traitants se battent à mort pour conserver leurs marchés et luttent, parfois désespérément, pour satisfaire les demandes sans fin de baisse des prix, n’ayant guère d’autre solution à leur tour que de faire porter la charge de cet effort à leurs salariés ou bien le cas échéant à leurs propres sous-traitants, et ainsi de suite jusqu’aux couches les plus profondes du tissu industriel dont, nulle, aussi lointaine soit-elle, n’est épargnée par cette mise en tension généralisée qui est le propre du capitalisme déréglementé.
    Proposition 4:
    Le secteur bancaire doit être socialisé et son contrôle rendu aux citoyens. Cette réappropriation se fera dans le cadre d’un pôle public couplé à des mécanismes de gestion coopérative et de mutualisation. Elle sera structurée démocratiquement aux échelons : local, national et communautaire, selon le principe de subsidiarité.
    Des processus seront mis en place, à ces différents échelons, pour définir les règles d’attribution des prêts. Ces règles détermineront notamment, par les taux d’intérêt et la durée des prêts, les secteurs économiques que l’UE souhaite privilégier – liés à l’écologie, au social et au développement des biens communs notamment.
    Dans la même logique, le système financier devra être intégralement repensé.
    Proposition 5:
    Les politiques industrielles visant à soutenir des secteurs jugés stratégiques doivent remplacer les politiques dites concurrentiellesmises en œuvre jusque là par la Commission Européenne. Ces politiques doivent en particulier :
    * favoriser les activités ayant une importance cruciale en matière sociale ou environnementale : logement, rénovation urbaine, éducation, recherche, transports collectifs… ;
    * organiser le développement et la coordination de la recherche à l’échelon européen afin de mutualiser les dépenses.
    Proposition 6:
    L’Union Européenne doit réguler les échanges afin d’une part de s’opposer au dumping fiscal, social et environnemental, et d’autre part de contribuer au progrès social et environnemental des pays partenaires. Dans cette perspective, l’Union Européenne doit dénoncer les politiques de libre échange qui ont été mises en œuvre jusqu’à aujourd’hui par l’UE et l’OMC.
    Proposition 7:
    Les citoyens doivent bénéficier d’un pouvoir de proposition et de contrôle des décisions européennes. Pour cela, la possibilité de référendum d’initiative populaire européen sera mise en place. Les résultats de tels référendums devront avoir une valeur contraignante et non indicative. Le seuil de signatures entraînant le déclenchement du référendum variera selon la nature de celui-ci.
    Notre modèle d’Europe sociale
    Face à la libéralisation et aux privatisations des services publics, face au niveau inacceptable et dangereux de l’inégalité des revenus et des patrimoines,et face à une restriction croissante des services collectifs, Utopia défend un modèle social européen fondé:
    * sur un élargissement des droits fondamentauxet sur une protection des activités liées à ces droits, face aux logiques capitalistes et marchandes. Leur gestion, publique, se fait par des mécanismes démocratiques aux échelons pertinents ;
    * sur la reconnaissance du principe d’égalitéet sur la volonté de lui donner un contenu réel par l’adoption de normes quant aux écarts de patrimoines et de revenus des citoyens. Ces normes seront atteintes progressivement, sur un pas de temps de l’ordre d’une génération, par la mise en place d’une politique de redistribution active s’appliquant aux revenus et aux patrimoines.
    En ce sens, nous devons remettre en cause la notion de « service économique d’intérêt général »telle qu’établie par les textes européens. Cette notion vise en effet au développement d’une concurrence libre et non faussée pour la fourniture des services publics dès lors que ceux-ci sont considérés comme des « activités économiques » (c’est-à-dire offertes sur un marché !). Nous affirmons que les services publics ne constituent pas des activités économiques comme les autres et ne doivent donc pas être soumis aux règles de la concurrence, que ce soit au niveau communautaire ou au niveau international.
    La sphère des droits fondamentaux
    L’ensemble des droits sociaux fondamentaux défendus par Utopia doit évidemment être considéré comme fondamental aussi au niveau européen :
    * Le droit fondamental à un revenu universel d’existence, suffisant pour garantir l’accès aux besoins les plus fondamentaux et, par nature, émancipateur pour l’être humain. Ce revenu pourra être lié au revenu moyen des Etats et aura vocation de converger à terme vers le revenu d’existence le plus élevé de l’UE.
    * Les droits fondamentaux :
    * l’accès à un logement décentpermis par l’instauration d’une couverture logement universelle européenne (CLUE),
    * l’accès à un minimum de ressourcesen nature. Cet accès sera fondé sur la gratuité des premières tranches de consommation d’eau et d’énergie, financée notamment par la surfacturation progressive des tranches de consommations supérieures,
    * l’accès aux soins pour tous, financé par l’impôt, entièrement pris en charge par la sécurité sociale. Le système de santé (incluant les professions médicales et paramédicales ainsi que l’industrie pharmaceutique) devra être entièrement intégré à un pôle public de la santé, contrôlé démocratiquement (par le Parlement et par un organe représentatif de la société civile aux niveaux local, national et communautaire). Devront être redéfinis les principes d’installation et de rémunération des acteurs de santé, constitués en corps de la fonction publique, en fonction de l’intérêt général ;
    * le droit à vivre dans des conditions environnementales préservées.
    * Les droits fondamentaux au vivre ensemble :
    * le droit à la mobilité, rendue possible par une gratuité des transports urbains et périurbains ;
    * le droit à communiquer, avec la gratuité de l’accès à certains services minimum de télécommunications (par exemple, l’accès à des liaisons Internet à 512 kbits, cette disposition étant appelée à évoluer avec les techniques) ;
    * le droit à l’éducationau sein d’un système éducatif public, gratuit, laïque et non confessionnel, favorisant les échanges d’étudiants entre Etats membres. L’éducation est un droit fondamental qui a pour vocation première de former le citoyen en développant ses connaissances, son esprit critique et ses compétences. La culture générale y tient une place importante. Nous nous opposons en cela aux politiques que l’Europe tente de mettre progressivement en œuvre à l’aide des « méthodes ouvertes de coordination » dans ce domaine : nous refusons en particulier les projets de la Commission d’orienter le système éducatif vers une ambition première de développement de l’offre de main d’œuvre, d’« employabilité », d’esprit d’entreprise ou de soumission aux dogmes néolibéraux de flexibilité ;
    * l’accès du plus grand nombre à la cultureet le développement de conditions favorables à un brassage culturel entre les Etats membres ainsi qu’avec les pays extracommunautaires ;
    * l’accès à une information plurielle et de qualité, indépendantedu pouvoir politique et des grands groupes de communication privés ;
    * le droit au respect de la vie privéenotamment en matière de contrôles des libertés individuelles et de fichage ;
    * le droit à l’égalité hommes-femmes et à la dignité de tous;
    * le droit à la migration et à l’installation dans le pays de son choix, quel que soit le pays d’origine.
    Un renforcement des droits des travailleurs
    Le monde du travail doit être régulé d’une manière rigoureuse pour répondre à des exigences sociales et environnementales fortes. Cela passe par un renforcement du droit des travailleurs : syndicats représentatifs, représentation de tous les travailleurs – indépendamment du type d’entreprises ou du statut -, droit de grève, rôle accru des comités d’entreprises et des représentants des salariés aux conseils d’administration… Nous renvoyons au Manifeste Utopia pour plus de détails sur ces propositions.
    Un nouveau rapport au temps au-delà du travail
    Si le travail est, et peut rester, un des vecteurs de socialisation, il ne doit plus occuper une place aussi centrale. L’épanouissement et l’émancipation de l’individu en société résultent d’un ensemble d’activités, y compris d’activités non productrices de richesses matérielles mais porteuses d’un mieux-vivre ensemble.
    Le « temps d’utilité sociale » doit être reconnu comme un temps à part entière. Cette reconnaissance doit permettre à chacun de s’impliquer dans des engagements citoyens, à travers la vie associative, familiale, culturelle, artistique, sportive… Libérer du temps permet de se consacrer plus aux autres, à sa famille, à ses amis, à la société, à soi-même. Il doit pouvoir être géré non seulement au niveau de la journée et de la semaine de travail, mais aussi sur l’ensemble de la vie. Il doit s’accompagner de politiques permettant à chacun d’organiser utilement ses différents temps.
    Ce temps doit être compté comme un temps utile à la société, et permettre l’accès aux droits sociaux au même titre que le travail par exemple.
    Proposition 8:
    La « Charte des droits fondamentaux » doit être réécrite. Elle devra intégrer l’ensemble des droits fondamentaux, sur la base des orientations proposées ci-dessus. Elle devra avoir valeur constitutionnelle6 et conduire à une harmonisation des législations sociales contraignante et respectant un calendrier de convergence des normes sociales et une « clause de non régression sociale ». Des recours pour non-respect de cette Charte pourront être déposés devant des autorités judiciaires compétentes.
    Proposition 9:
    L’Europe doit protéger les citoyens de la flexibilisation et de la précarisation du travail. Le temps partiel et les contrats à durée déterminée ne sauraient être pénalisants.
    L’égalité entre hommes et femmes dans l’organisation de la conciliation des différents temps de la vie (professionnelle, associative, culturelle, familiale, amoureuse …) devra être assurée.
    Proposition 10:
    Les dispositions les plus protectrices entre celles des pays d’accueil et d’origine devront être appliquées lorsque des employés sont détachés dans un autre pays.
    Proposition 11 :
    Utopia se prononce pour une diminution de la durée légale du travail, avec une première étape à 32 heures hebdomadaires, sur le modèle de la semaine des 4 jours ou 185 jours annuels négociés avec les partenaires sociaux. Cette réforme devra s’opérer sans réduction des salaires. Le recours aux heures supplémentaires devra être strictement limité.
    Proposition 12:
    Utopia se prononce pour un aménagement possible de la durée du travail sur l’ensemble de la vie. L’intégration d’activités socialement utiles sera prise en compte pour l’ouverture de droits sociaux indépendamment de l’accès universel aux droits fondamentaux. La liste et les conditions relatives à ces activités seront établies par un processus démocratique qui, suivant les cas, sera de nature locale, nationale ou communautaire.
    Proposition 13:
    Des politiques culturelles et associatives de proximitéseront mises en place pour permettre une utilisation librement choisie et émancipatrice du temps libéré et éviter qu’il ne soit facteur d’inégalité sociale.
    Pour une Europe altermondialiste
    Utopia appelle à la construction d’une Europe des solidarités internationales, participant à l’émergence d’un monde multipolaire organisé autour d’une communauté promouvant activement la paix, les droits de l’Homme, prenant en compte les enjeux sociaux et environnementaux, contribuant ainsi au dépassement des aliénations à la croissance, à la société de consommation et à la centralité de la « valeur » travail.
    Une Europe solidaire
    L’Europe doit être moteur d’une mondialisation plus juste.L’UE doit dénoncer les politiques néolibérales qui pillent et étouffent les pays du Sud et les contraignent à des « ajustements structurels » qui détruisent leurs services publics. Cette asphyxie est en grande partie organisée par les mécanismes de la « dette publique » et de son remboursement. Or, le co-développement qu’Utopia appelle de ses vœux ne pourra exister qu’avec des mécanismes économiques plus justes, l’annulation de la « dette publique » des pays en développement, dont une large partie est liée aux contraintes imposées par les politiques libérales des pays du Nord, l’indemnisation des préjudices liés aux pillages des ressources naturelles et humaines de ces pays et la mise en œuvre d’outils originaux et différenciés d’aide à ces pays. Il pourra être conditionné au respect progressif de normes sociales et environnementales : interdiction du travail des enfants, respects des libertés individuelles, normes d’émissions de gaz à effet de serre…
    Une mondialisation plus juste passe aussi par une reconnaissance, par les pays du Nord, de leur dette environnementale à l’égard des pays du Sud.
    Proposition 14:
    Utopia appelle à l’annulation de la « dette publique » des pays en développement, l’indemnisation des préjudices liés aux pillages des ressources naturelles et humaines de ces pays, à la mise en place de modes de financement plus justes et à l’accroissement massif de l’aide aux pays en développement. En fonction des besoins et caractéristiques de ces pays, il pourra être fait appel à :
    * une subvention permettant d’abonder les transferts de fondsdes migrants depuis leur pays d’accueil vers une association locale reconnue d’intérêt public local ;
    * des programmes précis et encadrés d’aides au développement de biens et services d’intérêtgénéral : construction d’infrastructures, programmes sanitaires, de scolarisation… Ces programmes définis précisément par les pays concernés avec l’UE s’adresseront en priorité aux pays dont les institutions ne permettent pas une définition et une mise en œuvre autonome de ces programmes (corruption, manque de démocratie…) ;
    * des budgets blancs ou fléchés dans des domaines larges(santé, éducation, infrastructures…) pourront aussi être accordés aux pays offrant les garanties institutionnelles suffisantes pour la définition et la mise en œuvre de projets socialement utiles.
    En solidarité avec les pays du Sud, les pays d’Europe qui en ont bénéficié doivent reconnaître les fautes de leur passé colonialiste. En effet ces européens ont ignoré, voire combattu, les richesses des cultures de ces pays. L’Europe se doit de soutenir cette démarche pour sortir définitivement du néocolonialisme.
    Proposition 15:
    Le co-développement intègrera non seulement les préoccupations sociales mais également écologiques, en reconnaissant officiellement la notion de « dette écologique ».
    Proposition 16:
    Les relations entre pays, dont le niveau des aides ou l’intensité des échanges, pourront être conditionnées aux engagements de respect de normes sociales et environnementales.
    Une Europe pour la souveraineté alimentaire et une nouvelle Politique Agricole Commune (PAC)
    L’UE doit également renoncer à poursuivre une politique agricole commune productiviste qui est destructrice pour l’environnement, dangereuse pour la santé et dévastatrice dans les pays du Sud. Initialement mise en place pour moderniser l’agriculture, réguler les prix et les échanges et garantir à l’Europe une sécurité alimentaire, elle n’est plus adaptée aux enjeux sociaux et environnementaux : elle octroie, en France, 80% des aides à 20% seulement des exploitations, indépendamment de l’évolution des prix, entraînant une baisse ininterrompue du nombre d’agriculteurs, et notamment de petits paysans. Elle permet aux grandes entreprises agro-alimentaires, et à la grande distribution, de bénéficier de baisses de prix sans pour autant que les consommateurs en profitent. Elle déstabilise les cours mondiaux des denrées alimentaires. Elle incite à une course à la spécialisation et à la productivité au niveau des exploitations comme des territoires, détruisant l’environnement, la biodiversité et la fertilité des sols qu’une agriculture paysanne favorisait.
    Cette politique agricole doit être réorientée vers une aide à l’agriculture paysanne et vivrière, favorisant la production locale, naturelle, et en circuit court. De plus, il convient de ne pas abandonner la politique agricole aux lois du marché, car l’agriculture n’est pas une marchandise comme une autre et se nourrir est un droit fondamental.
    Une nouvelle politique doit garantir à l’Europe une sécurité alimentaire pour tous en produisant des denrées saines compatibles avec les exigences de préservation de l’environnement et des ressources naturelles. Elle devra participer de l’aménagement du territoire, être juste au plan intérieur (revenus stables, rémunérateurs et équitables entre agriculteurs) comme au plan extérieur (solidarité avec les pays du Sud). C’est ainsi que les produits subventionnés devront être interdits d’exportation afin de ne pas menacer davantage la souveraineté alimentaire des pays du Sud, c’est-à-dire leur capacité à définir des politiques de développement de l’agriculture paysanne locale.
    L’agriculture européenne devra être sans OGM et sans agrocarburants, dans la mesure où les premiers présentent un danger réel pour la santé, l’environnement et en termes de dépendance face aux grands semenciers, et où les seconds réduisent les terres dédiées à l’alimentation humaine et font subir à la planète les dégâts d’une agriculture productiviste. Cette politique de l’UE devra aussi viser à inciter les pays partenaires à adopter des principes similaires.
    Proposition 17:
    Utopia plaide pour une souveraineté alimentaire des pays. L’UE devra s’engager à ne pas subventionner des produits agricoles destinés à l’exportation. La politique agricole devra également mettre fin aux importations qui participent à la destruction de l’agriculture vivrière des pays exportateurs et détruisent les écosystèmes vitaux.
    Proposition 18:
    La nouvelle politique agricole européennedevra renforcer des normes de protection environnementale applicables à tous et pourra s’appuyer sur des mécanismes de subvention mais aussi de maîtrise de la production, lorsque c’est nécessaire. Cette politique visera le développement d’une agriculture paysanne, nourricière et respectueuse de l’environnement, en agriculture naturelle ou biologique.Les mécanismes mis en œuvre pourront en priorité favoriser la fourniture des cantines scolaires en produits naturels et locaux. Les aides porteront essentiellement sur une agriculture relocalisée participant à l’aménagement du territoire. Elles auront notamment pour objectif de garantir des prix rémunérateurs et stables aux agriculteurs s’engageant dans cette voie.
    Proposition 19:
    Utopia, tout en souhaitant un développement des recherches publiques sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), appelle à l’arrêt des expérimentations en plein champ et à interdire toute production autre qu’à visée thérapeutique et à la seule condition qu’elle soit réalisée en milieu confiné.L’UE pourra conditionner ses aides et relations avec des pays tiers au respect d’une agriculture sans OGM dans ces pays.Parallèlement, des banques publiques de semences devront être constituées pour conserver le patrimoine génétique végétal naturel et des politiques seront mises en place pour réintroduire cette diversité à grande échelle.La liberté de production, d’utilisation, de diffusion des « semences anciennes et paysannes » sera rétablie.
    Proposition 20:
    Utopia appelle à un abandon de la production d’agrocarburants à grande échelle et au développement d’incitations permettant d’en limiter la production dans les pays partenaires.
    Proposition 21:
    L’UE devra dénoncer les accords signés dans le cadre de l’OMC sur la propriété intellectuelle (ADPIC). Les règles de propriété intellectuelle devront clairement revenir sur la brevetabilité du vivant considéré comme patrimoine commun.Les différentes formes de propriété intellectuelle, notamment les certificats d’obtention végétale, devront être révisées dans cette optique. Parallèlement, les efforts de recherche publique en matière agronomique devront être accrus et orientés vers l’essor d’une agriculture respectueuse des enjeux sociaux et environnementaux.
    Une Europe ouverte
    L’Europe est devenue de plus en plus fermée aux immigrations: la directive « retour », adoptée en 2008, s’efforce d’accélérer l’expulsion des clandestins et des déboutés du droit d’asile. Elle participe à l’harmonisation des législations en matière de rétention et d’expulsion sur une ligne dure: 6 à 18 mois de rétention légale selon les cas, possibilité d’expulsion vers un pays par lequel le migrant a transité, interdiction pour 5 ans de la réadmission d’un expulsé, règles applicables aux mineurs (même isolés)… En 2004, une patrouille européenne contre l’immigration clandestine (FRONTEX) a déjà été mise en place. En 2003, entrait en vigueur le fichier des empreintes digitales des demandeurs d’asile et des migrants clandestins (EURODAC)…
    Parallèlement, la doctrine de l’« immigration choisie » s’étend en même temps que le droit d’asile se réduit : division par deux des demandeurs d’asile entre 2001 et 2006, expulsion quasi-automatique des demandeurs d’asile dès lors qu’ils proviennent d’un pays listé comme « sûr » par l’UE ou qu’ils ont transité, pour arriver en Europe, par un de ces pays « sûrs ». Alors que les politiques néolibérales n’ont jamais autant libéralisé la circulation des marchandises et des capitaux, les mouvements de population n’ont jamais été aussi restreints et contrôlés.
    Utopia appelle à renverser cette logique et à établir une politique ouverte, de manière permanente, aux migrations, respectant le droit de chaque être humain à choisir le pays dans lequel il s’établit.Une politique d’accueil doit remplacer une politique répressive et de rejet. Cette option politique humaniste et réaliste est développée, expliquée et justifiée dans le Manifeste Utopia auquel nous renvoyons.
    Une Europe active dans la refondation des institutions internationales
    Les crises sociales, écologiques, géopolitiques, économiques et financières démontrent avec toujours plus d’acuité l’importance de repenser le fonctionnement des institutions internationales.Ces institutions devront promouvoir les solidarités, les coopérations, et la paix, en lieu et place des politiques néolibérales et de leurs conséquences dramatiques au plan humain. Elles devront être démocratiques, multipolaires, et équilibrées. Elles pourront s’appuyer sur une fiscalité internationale dont l’Europe pourrait avoir l’initiative, et sur l’intégration, dans les règles du droit international, de règles écologiques strictes et contraignantes. Nous renvoyons au Manifeste Utopia et à des travaux ultérieurs du mouvement pour des propositions en ce sens.
    Pour une Europe écologiste
    L’Europe écologiste est indissociable de l’Europe altermondialiste.Les grandes questions écologiques ne peuvent en effet être pensées qu’au niveau de la planète : elles ne pourront être résolues que dans le cadre d’un partenariat avec les pays du Sud, dans la remise en cause du dogme du libre-échange, des politiques agricoles productivistes et de l’exploitation et du pillage des ressources naturelles du Sud.
    L’Europe écologiste doit repenser son organisation et son modèle de production pour répondre à ces défis.Les institutions européennes ont un pouvoir aujourd’hui trop limité : si les décisions en matière d’environnement sont censées être prises à la majorité qualifiée au Conseil (sur proposition de la Commission et en co-décision avec le Parlement), de nombreuses exceptions exigent l’unanimité (aménagement du territoire, énergie, fiscalité…). De plus, engagée par des accords signés au sein de l’OMC, l’UE doit, aujourd’hui, respecter les accords sur la propriété intellectuelle (ADPIC) et le brevetage du vivant 7. Ces accords devront être dénoncés.
    Mais, au-delà même de ces difficultés institutionnelles et de ces engagements, c’est bien la volonté politique de porter les questions environnementales qui est en jeu :
    * en conditionnant l’accès au marché européen des pays d’Afrique de l’Ouest à la possibilité, pour les européens, d’exploiter les ressources maritimes de ces pays, et de ruiner des millions de pêcheurs artisanaux ;
    * en amoindrissant, sur injonction des lobbies, la portée de la directive REACH sur le contrôle des produits chimiques ou les contraintes sur l’étiquetage des produits contenants des OGM ;
    * en limitant drastiquement les mesures visant à faire payer les pollueurs ;
    * en distribuant généreusement les « droits à polluer ».
    La transition vers une Europe écologiste passe par de nouveaux choix en matière énergétique, par la construction d’une économie davantage fondée sur des activités socialement utiles et écologiquement propres et par la relocalisation d’une large partie de l’économie.
    Pour une nouvelle politique climat-énergie
    Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, l’ensemble de l’Union Européenne doit s’engager dans la réduction des gaz à effet de serreavec comme objectif de voir chaque pays respecter des normes environnementales strictes et compatibles avec le respect de la planète. La crise climatique impose que les objectifs de réductions par 4 des GES d’ici 2050 fassent l’objet d’échéanciers intermédiaires annuels engageant les politiques européennes de façon prioritaires et impératives.
    Cet engagement doit passer par l’instauration de taxes (pollueur-payeur) et de normes contraignantes (en matière de construction, de niveaux d’émissions des usines et des automobiles, de consommation des appareils domestiques…), par le développement de la recherche (sur les énergies renouvelables, sur l’efficacité énergétique), par des mesures d’incitation et de sensibilisation à la sobriété en matière de consommation énergétique, par le lancement de grands programmes de réhabilitation des logements sociaux, de nouvelles politiques de transport (collectifs, ferroutage…).
    Un tel scénario devra évidemment tenir compte des différences de développement industriel et technologique au sein de l’UE : non pas pour accorder des dérogations aux pays les plus dépendants des énergies fossiles ou les plus soucieux de promouvoir leurs industries polluantes, mais pour favoriser, tout en les réorientant fortement, les trajectoires de développement de chaque pays vers un développement plus respectueux de l’environnement.
    Proposition 22:
    Une politique d’investissements massifs doit être entreprise dans la recherche et le développement publics liés aux questions environnementales. Elle devra se fonder sur une mutualisation (et non un saupoudrage) des ressources européennes. Elle devra également s’engager dans les indispensables transferts technologiques au niveau européen mais également à destination des pays en développement.
    Proposition 23:
    Utopia appelle à la définition d’un scénario européen de type « Negawatt» fondé sur la sobriété et l’efficacité énergétique, ainsi que sur le développement des énergies renouvelables, scénario permettant la sortie progressive du nucléaire. Ce scénario devra tenir compte des spécificités nationales, des politiques de mutualisation technologiques à construire et du développement des besoins énergétiques liés à des usages socialement utiles.
    Utopia appelle également à une extension de ce scénario au niveau international et à une aide active aux pays en développement pour qu’ils adoptent des trajectoires de développement économique à la fois acceptables du point de vue environnemental et socialement justes pour leurs populations. Des mécanismes appropriés (taxes, normes, marchés régulés) réellement contraignants devront être mis en place.
    Proposition 24:
    Utopia appelle à extraire l’« énergie », qui est un droit fondamental, de la logique de marché.Un pôle public européen de l’énergie, géré démocratiquement par les citoyens, doit être créé.Il devra fonctionner de manière largement décentralisée, y compris, lorsque les technologies et les conditions locales le permettent et que ces solutions sont préférables socialement et environnementalement, en produisant le plus localement possible.
    Relocalisation de certaines activités économiques
    La mondialisation néolibérale détruit la planète en multipliant les échanges de marchandises dont le transport est énergétivore. Elle détruit aussi la protection et les liens sociaux en menaçant les salariés de délocalisation, en asphyxiant des régions entières et en réduisant les travailleurs au rang de simple marchandise. Il convient dès lors d’organiser une relocalisation de l’économie au sein des bassins de vie à chaque fois que cela est pertinent comme pour l’agriculture par exemple.
    Face aux politiques agricoles productivistes, Utopia défend une agriculture paysanne et nourricière relocalisée, dans le cadre de circuits courts entre producteurs et consommateurs (AMAP 8…). C’est le sens de nos propositions développées pour une nouvelle PAC.
    Proposition 25:
    La relocalisation de l’économie sera encouragée par une fiscalité et des modes de financement favorables à la production locale.Ceux-ci s’appuieront sur :
    * la restriction de la liberté de circulation des capitaux et des marchandises qui auraient pu être raisonnablement produites localement en utilisant par exemple des taxes sur la spéculation financière et des taxes écologiques ;
    * l’imposition des bénéfices des sociétés en fonction de la proximité entre consommateurs et producteurs. Cette imposition sera différenciée pour tenir compte de cette proximité.
    * des prêts dont la durée et le taux seront différenciés en fonction de critères sociaux et environnementaux, sur la base de priorités démocratiquement définies.
    * L’étiquetage de l’ensemble des produits commercialisés en Europe devra indiquer clairement le bilan écologique du produit, au total et par grande opération (extraction de matières premières, transformation, acheminement, retraitement). Une écotaxe sera mise en place sur la base de ce bilan écologique, pondérée afin de ne pas augmenter le coût des produits « vitaux » de base.
    Pour une Europe politique et démocratique
    Pour une démocratie à toutes les échelles
    La mise en place du projet d’Utopia pour l’Europe ne peut passer que par la construction d’une Europe politique, impliquant l’ensemble de la société civile dans un processus démocratique.Or la construction européenne, pétrie de circonstances historiques et de rapports de force complexes, laisse une maigre place au fonctionnement démocratique dans ses institutions et bafoue régulièrement la souveraineté populaire.
    Le Parlement européen n’a quasiment pas la capacité de proposer des textes législatifs (prérogative réservée à la Commission). Sa mission est restreinte à une activité de contrôle politique des autres institutions et à une activité de codécision législative (avec le Conseil des ministres) sur certaines lois uniquement 9. S’il vote le budget, il n’a aucun pouvoir de décision sur les recettes, prérogative pourtant essentielle d’un Parlement démocratiquement élu…
    De fait, une grande partie du pouvoir est entre les mains du Conseil européen réunissant les chefs d’Etats, du Conseil de l’Union européenne réunissant les ministres compétents et, plus grave encore démocratiquement parlant, de la Commission. Le premier définit les orientations politiques. Le second adopte les principales directives, décisions et règlements. La Commission, nommée pour cinq ans par les exécutifs nationaux, possède des pouvoirs exorbitants pour une instance non démocratiquement élue. Elle travaille, seule, de manière supranationale et sans réel contrôle démocratique. Elle détient l’initiative législative en proposant notamment les directives, met en œuvre et contrôle l’application des Traités, représente l’Union européenne dans les institutions internationales. Il convient également de souligner que la politique monétaire, régalienne par nature, est confisquée par une institution indépendante du pouvoir politique et de réels contrôles démocratiques : la BCE.
    Au final, les pouvoirs exécutifs et législatifs sont largement détenus par le Conseil et la Commission, sans réelle séparation de ces pouvoirs. Or une telle séparation est fondamentale au fonctionnement d’institutions démocratiques. L’absence de démocratie et la concentration des pouvoirs conduit ainsi à une domination des lobbies qui créent un rapport de force favorable aux intérêts privés et à la logique capitaliste.
    Utopia appelle donc à la refondation des institutions européennes. Cette refondation devra s’attacher à introduire la démocratie aux différents échelons de l’UE: du niveau communautaire au niveau local afin de donner un véritable pouvoir de décision et de contrôle aux citoyens. Ces principes démocratiques permettront de fonder une Europe fédérale.
    Pour l’élection d’une assemblée constituante et l’institution d’une Europe fédérale
    Utopia défend le projet d’une Europe fédérale comme celui d’une Europe des peuples,dirigée par un gouvernement émanant des citoyens, plutôt qu’une Europe des Etats Nations. En défendant cette Europe des peuples,Utopia défend l’utopie d’une citoyenneté demain européenne et après-demain mondiale, porteuse de paix, de liberté, d’égalité et de fraternité, et d’enrichissements mutuels.
    Parce que l’Europe des peuples doit être une Europe à la fois de la diversité et de l’ouverture, respectueuse des différences historiques des populations qui la composent, l’UE doit se doter d’institutions fédérales organisant le « vivre ensemble ».
    Aussi convient-il d’établir une constitution pour l’Europe, c’est-à-dire un texte adopté par le Peuple qui à la fois définit le fonctionnement des institutions et garantit les libertés et droits fondamentaux. Ce que ne font pas les traités qui, de surcroît, figent des orientations politiques.
    Une Constitution pour l’UE, au sommet dans la hiérarchie des normes juridiques et qui respecte la séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires doit donc être établie. Elle doit l’être par une assemblée constituante, élue par l’ensemble des citoyens européens qui seront ensuite appelés à ratifier le texte au suffrage universel direct, le même jour, dans l’ensemble de l’UE.
    Ce processus est essentiel d’un point de vue démocratique. Il l’est également dans la mesure où il permettra de susciter et d’organiser un grand débat citoyen sur les orientations qui engagent l’avenir de tous. Enfin, il conviendra de mettre en place des institutions induisant la construction de partis européens et permettant l’émergence d’une opinion publique européenne.
    Parallèlement, toutes les possibilités permettant d’amorcer une construction politique et la mise en œuvre de notre projet doivent rester ouvertes, depuis les coopérations renforcées dans des domaines spécifiques jusqu’à la constitution de noyaux durs d’Etats organisés politiquement.
    Proposition 26:
    Utopia appelle à l’élection d’une Assemblée constituante, à parité hommes-femmes, et à l’organisation d’un débat citoyen, dans l’ensemble de l’Europe.Ce débat devra être organisé, en interaction avec l’Assemblée constituante, à la fois au niveau des Parlements nationaux et à des échelons plus locaux, en int

    1. @bruno frandemiche

      Félicitations. Touffu et impressionnant! Ya de la matière…
      J’aime bien la conclusion, « L’ensemble des orientations et positions d’Utopia énoncées ci-dessus sont incompatibles avec l’essentiel des propositions du Traité de Lisbonne »… 🙂

      @CharlesA

      Respect pour le boulot quand-même! A part le SLAM de Lordon, il s’est tout appuyé tout seul!

    2. @bruno frandemiche : 52 coups de molette ! Si vous croyez que vous allez être lu, vous vous fourrez la souris dans l’œil…

      Monsieur le modérateur : je n’ai rien contre les excès quand ils sont l’œuvre d’artistes de génie, mais là, franchement…

  23. Proposition 26:
    Utopia appelle à l’élection d’une Assemblée constituante, à parité hommes-femmes, et à l’organisation d’un débat citoyen, dans l’ensemble de l’Europe.Ce débat devra être organisé, en interaction avec l’Assemblée constituante, à la fois au niveau des Parlements nationaux et à des échelons plus locaux, en intégrant l’ensemble de la société civile et des mouvements sociaux. Le texte émanant de l’Assemblée constituante devra ensuite être ratifié au suffrage direct, le même jour, par l’ensemble des citoyens européens, à la majorité. Toute modification de la Constitution ou traité de politique internationale devra être soumise à un referendum simultané dans l’ensemble de l’UE.
    Proposition 27:
    Utopia appelle de ses vœux la Constitution d’un Etat fédéral européen, dirigé par un gouvernement émanant des « citoyens européens ».La constitution de cet Etat supranational devra néanmoins conserver le principe de subsidiarité, selon lequel la responsabilité est allouée à la plus petite collectivité territoriale capable de la gérer. Les Etats devront conserver la possibilité de disposer d’un droit social et environnemental plus protecteur qu’à l’échelon fédéral.
    Proposition 28:
    Des lieux de « démocratie participative », animés par la société civile, devront faire vivre, de manière permanente, les débats relatifs aux orientations européennes, en interaction avec les instances de décision et en contribuant au rapprochement des peuples.
    Proposition 29:
    L’Europe fédérale devra s’accompagner de la mutualisation complète des moyens de défense et de leur financement. A vocation pacifique, la défense européenne sera indépendante de l’OTAN, ce qui se traduira par le refus d’abriter le bouclier anti-missiles Etats-Unien, et aura pour principale mission de participer aux opérations de maintien de la paix décidées dans le cadre de l’ONU.
    La démilitarisation devra concerner le désarmement nucléaire progressif et l’interdiction de produire et de vendre des armes de destruction massive, ainsi que des armes de type bombes à sous-munitions ou mines anti-personnel. La réduction tendancielle des dépenses militaires fera partie des objectifs. L’industrie militaire européenne devra être entièrement publique et contrôlée au niveau fédéral. Aucune vente d’armes ne sera autorisée à des nations étrangères.
    Proposition 30:
    Le principe de laïcité – la séparation des cultes et de l’Etat (non-financement public des cultes, respect par ceux-ci de la Constitution et des lois) doit être inscrit dans la Constitution.
    Proposition 31:
    L’accès des citoyens à une information de qualité doit être facilité. Pour ce faire, une loi limitant la concentration des medias détenus par de grands groupes privés devra être adoptée.Les décisions majeures concernant l’Europe devront faire l’objet d’un débat qui sera assorti de garanties (en termes de durée, de médiatisation, de pluralité d’opinions et de participations des autres Etats membres).
    Proposition 32:
    Pour contrer l’influence des lobbies, des règles strictes doivent interdire à un élu ou à un fonctionnaire toute obtention directe ou indirecte de revenus ou d’avantages susceptibles d’être liés à des intérêts privés.La stricte application de ces règles devra s’accompagner de la définition d’un statut de l’élu lui permettant de garantir son indépendance (notamment dans la perspective d’une non réélection).
    Proposition 33:
    Dans la phase de transition vers une constituante et l’établissement d’une Europe politique et démocratique, sociale, altermondialiste et écologiste, Utopia appelle les gauches européennes à s’unir et à favoriser l’émergence de combats politiques communssur des grandes questions transversales fondamentales, sociales et environnementales, et à pousser l’idée d’une autre Europe. Cet engagement pourra aller jusqu’à une désolidarisation de certaines politiques communautaires (règles de la libre concurrence, de la libre circulation des capitaux…) si un assouplissement de celles-ci n’est pas obtenu pour permettre la mise en place de politiques sociales et environnementales démocratiquement décidées.
    L’ensemble des orientations et positions d’Utopia énoncées ci-dessus sont incompatibles avec l’essentiel des propositions du Traité de Lisbonne.

    1. Ce n’est pas de l’utopie, mais de la douce rêverie réformiste…

      De bonnes intentions et aucun moyen pour y parvenir,
      faute de d’exproprier le capital et de mettre en pièce son appareil de répression.

      Voilà qui fera une base de négociation de quelques places dans la nomenclature D$K et cie…

    2. « Utopia appelle les gauches européennes »

      Quelles gauches ?

      Que peut signifier ce mot ?

      Si on appelait les socialistes, au sens ancien mais respectable, comme on peut dire que Jaurès a incarné une idée du socialisme, à s’unir, je comprendrais et j’agirais dans ce sens, mais « les gauches » !

    3. La question numéro 1, à mon humble avis, n’est pas de définir telle ou telle bonne intention.

      Les faits, c’est que tout le monde se fout de la démocratie. Personne ne vote, et peu ont envie de se coltiner leur part de responsabilité. Avec les meilleures intentions du monde, vous re-tomberez dans des systèmes de pouvoir en roue libre comme l’Europe actuellement.

      Pour moi, les systèmes sont trop vastes pour être gérables, ils s’effondrent sous leur propre poids, par leur propre inertie combinée à notre incapacité à considérer ces échelles d’interaction et de temps.

    4. à Thomas,

      « Les systèmes sont trop vastes… »

      Bonne remarque, il faudra absolument tenir compte de cette situation dans la prochaine phase de reconstruction, et cela dans tous les domaines.

      Mais quelle décroissance !

  24. Peut-être que ce que je dis là est une grosse bêtise mais pour imposer l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, ne faut-il pas au préalable prouver « juridiquement »que ces paris causent effectivement des dommages colossaux sur chacun d’entre nous. ( de la même manière que ce qu’essaient de faire les personnes lésées par les crédits subprimes dans le film « Cleveland vs Wall Street)
    L’intention ici n’est pas de remettre en question la mesure que vous préconisez, au contraire, mais d’établir de façon imparable la responsabilité de ces pratiques dans les malheurs qui touchent actuellement la quasi totalité des populations? Comment établir le lien entre le quidam qui se retrouve dans la famine, qui perd son travail, qui se fait saisir sa maison, etc… et ces paris? Bref comment montrer que ces pratiques sont intolérables ?

    1. Je confirme : grosse bêtise.

      Jorion – et d’autres – l’a amplement démontré ici et dans ses bouquins. Et chaque jour sur cette planète le démontre un peu plus cruellement. Suffit d’avoir des yeux, des oreilles et un cortex de 10 ans, pas plus…

    2. @ ledébleu bonsoir,

      Etablir la responsabilité juridique, et/ou pénale des marchés?

      Pour…les exproprier, en dédommagement, au prorata des dommages subis? Par Etat, par personne morale, par individu? La machine à rente multi-nationalisée, joli.

      « Vu » les montages juridico-financiers (transnationaux, « polydroits »), attendu la quantité des transactions (y compris dans leur « simple » différence de « nature »), le tribunal ubuesque se déclare incompétent (ils étaient si riches, si pointus, une « commission » a été chargée d’étudier leur « proposition).

      Les organes de contrôle boursier arrivent à « négocier » des amendes forfaitaires contre non poursuites sur des « bidouillages patents » vieux de quasi « dix ans »…

      Les marchés de la nano-secondes font bien courir les doctes juges et enquêteurs sur les montagnes russes de leurs divertissement, les premiers en fusée, les seconds ont leur pied-de nez pour « marché » à leur pure suite du temps perdu..

      Courage « le bleu », avec un dé sur le marché tu peux aller très loin, « aie confiance ».

    3. @vigneron
      « Suffit d’avoir des yeux, des oreilles et un cortex de 10 ans, pas plus… » Dans ce cas pourquoi avoir attendu P.Jorion si dès vos dix ans vous étiez capable de voir que les paris sur les fluctuations de prix était un noeud essentiel pour le capitalisme ?
      La question ici était : quelle argumentation tiendrait-on devant une cour de justice pour prouver la responsabilité de ces pratiques quant aux dommages causés sur la vie de chacun ?

    4. La question ici était : quelle argumentation tiendrait-on devant une cour de justice pour prouver la responsabilité de ces pratiques quant aux dommages causés sur la vie de chacun ?

      Mais vous êtes juriste ou quoi pour poser des questions aussi saugrenues? Il n’y a pas une argumentation qui tiendrait devant votre chimérique cour de justice. Puisque le scandale est précisément que tout cela est légal, prévu et précisé dans la Loi et la règlementation, et même encouragé!
      Il a fallu un cinéaste, français qui plus est, pour monter un procés bidon des subprimes en Oklahoma! Alors vous pensez! Un petit africain dénutri et squelettique pour démonter les marchés à terme de Chicago, c’est bon pour la télé de vos rêves peutêtre, mais p

    5. Mais la loi n’a rien à prouver face au juridique que je sache?
      Le juridique est la pour faire appliquer la loi.
      De quoi parlez vous? La liberté de circulation du capital comme droit de l’homme? Comme obéissance aux traités européens, obéissance à l’OMC?
      C’est une mauvaise plaisanterie j’espère?
      La Révolution justement, ce serait ne plus leur obéir

  25. Quelque chose m’échappe : le capitalisme est sinon mort, du moins agonisant et il faudrait des lois pour interdire ce qui l’a détruit ?!

    1. Bonsoir M. Jorion,

      désolé de ma misérable question, mais je pensais que capitalisme et finance étaient consubstantiels.

      Sont-ils séparables ?

    2. @xerox: j’ai cru comprendre que le capitalisme est un système à 3 acteurs, dont la finance (en gros). Ce système est kaputt mais la finance est toujours là, essayant de tirer son épingle du jeu, c’est-à-dire de raquer ce qu’il y a encore à raquer avant le prochain grand chadaboum. Enfin, si j’ai bien compris hein, pas clair pour moi non plus cette histoire de mort du capitalisme… D’ailleurs faut que j’aille bosser demain, ce qui m’immisce un doute dans l’esprit.:)

    3. La finance c est le corp et le capitalisme c est là tête. Faudrait couper la tête. On le fesait à une époque. Je crois que le plus dur est de changer la tête en gardant le corp, mais il mourrait très vite sans tête de rechange.

    4. @Paul: si je comprends bien: planche à billets (puisque les taxes c’est pas bien). Mais tout cela fait juste monter le prix de l’or; si les devises chutent simultanément, no problemo pour eux, non?
      Bon ok, on dirait bien que le poulet cours sans tête. N’empêche, il court toujours et c’est ce qui compte pour gagner les jeux olympiques de la volaille face aux pigeons.

  26. Les titres de l’AFP deviennent plus comiques qu’un film de De Funes !!

     »Wall Street finit en hausse, encouragée par des indicateurs aux USA ».

    Les statistiques économiques du jour aux Etats-Unis ont conforté les investisseurs, déjà rassurés mercredi par un bon indicateur industriel, qui a été accueilli par la plus forte hausse du Dow Jones depuis début juillet (+2,54 pc)

    Pire que des moutons …..

  27. EHR
    bon,j’ai intégré iso-26000 à EHR ainsi qu’UTOPIA au « sauf » prés
    si les entreprises se mettaient à l’iso-26000,à part l’immigration donc la démographie en fait et l’énergie bien qu’avec le thorium puis la fusion,cela serait en bonne voie d’étre traité,la boucle serait bouclée
    (pour la démographie,EHR traite le problème,mais cela est apparemment trop radical)
    je pense avoir fait le tour du domaine depuis 3 ans avec EHR
    je vais laisser la place puisque charlesA dit que c’est pas bien (de plus,je l’ai fait avec les yeux,lol)
    je remercie vigneron dont j’ai intégré un texte dans EHR
    je remercie mr alexandre,mr leclerc,et mr jorion et tous les commentateurs (merci,moi,mdr)
    cela a été pour moi une vrai aventure grace à vous mr JORION,merci,merci,merci et excellente santé à votre famille (clin d’oeil à Théodore)
    e-Matrix m’attend @?! et c’est la rentrée des classes
    il se fait tard à 52 ans avec 14 ans de sla (la saloparde)
    il y a 43 ans,je m’étais posé la question comment fonctionne le cerveau
    il y a 32 ans,j’ai commencé un projet personnel d’un interpréteur intelligent « e-Matrix » (agi)
    qui a été mené en parallele du premier L4G (structureen) et du premier L5G (referenciel)
    aujourd’hui,j’ai terminé la partie théorique et je pense commencer une preuve de concept à partir de 2012 (il me faut bien ce temps pour me remettre à la technique) qui devrait me prendre autant de temps que la théorie (optimiste le gars avec une sla,faut bien,ma p’auve lucette et je ne peux etre mieux entouré et plus heureux grace à anne-marie,alexandre,marie-lise,charline,antoine and my family (sister and others) ce qui est la chance de ma vie)
    bon courage pour la suite à tous!

    ps:à charlesA,je blaguais,of course

    ps:à mr jorion,ce commentaire peut rester muet (le troll de l’économie étrange du non-profit ne vous en voudra pas,je lui parlerai et on méditera ensemble comme l’univers,lol)

    allez,un dernier commentaire pour la route

    Responsabilité Sociétale de l’Entreprise

    ISO/DIS 26000 ( version décembre 2009)

    © ISO 2009 – Tous droits réservés

    Termes, définitions et abréviations
    Appréhender la responsabilité sociétale
    Principes de responsabilité sociétale
    Identifier la responsabilité sociétale et dialoguer avec les parties prenantes
    Lignes directrices relatives aux questions centrales de responsabilité  sociétale
    Questions centrales et domaines d’action traité au paragraphe
    Question centrale : Gouvernance de l’organisation 6.2
    Question centrale : Droits de l’Homme 6.3
    Domaine d’action 2 : Situations présentant un risque pour les droits de l’Homme 6.3.4
    Domaine d’action 3 : Prévention de la complicité 6.3.5
    Domaine d’action 4 : Résolution des griefs 6.3.6
    Domaine d’action 5 : Discrimination et groupes vulnérables 6.3.7
    Domaine d’action 6 : Droits civils et politiques 6.3.8
    Domaine d’action 7 : Droits économiques, sociaux et culturels 6.3.9
    Domaine d’action 8 : Droits fondamentaux au travail 6.3.10
    Domaine d’action 1 : Obligation de vigilance 6.3.3
    Question centrale : Relations et conditions de travail 6.4
    Domaine d’action 1 : Emploi et relations employeur/employé 6.4.3
    Domaine d’action 2 : Conditions de travail et protection sociale 6.4.4
    Domaine d’action 3 : Dialogue social 6.4.5
    Domaine d’action 4 : Santé et sécurité au travail 6.4.6
    Domaine d’action 5 : Développement des ressources humaines 6.5
    Question centrale : L’environnement 6.5
    Domaine d’action 2 : Utilisation durable des ressources 6.5.5
    Domaine d’action 3 : Atténuation des changements climatiques et adaptation 6.5.6
    Domaine d’action 4 : Protection et réhabilitation de l’environnement naturel 6.5.7
    Domaine d’action 1 : Prévention de la pollution 6.5.4
    Question centrale : Bonnes pratiques des affaires 6.6
    Domaine d’action 1 : Lutte contre la corruption 6.6.3
    Domaine d’action 2 : Engagement politique responsable 6.6.4
    Domaine d’action 3 : Concurrence loyale 6.6.5
    Domaine d’action 4 : Promotion de la responsabilité sociétale dans la sphère d’influence 6.6.6
    Domaine d’action 5 : Respect des droits de propriété 6.6.7
    Question centrale : Questions relatives aux consommateurs 6.7
    Domaine d’action 1 : Bonnes pratiques en matière de marketing, d’informations et de contrats 6.7.3
    Domaine d’action 2 : Protection de la santé et de la sécurité des consommateurs 6.7.4
    Domaine d’action 3 : Consommation durable 6.7.5
    Domaine d’action 4 : Service après-vente, assistance et résolution des réclamations et litiges pour les consommateurs 6.7.6
    Domaine d’action 5 : Protection des données et de la vie privée des consommateurs 6.7.7
    Domaine d’action 6 : Accès aux services essentiels 6.7.8
    Question centrale : Engagement sociétal 6.8
    Domaine d’action 1 : Ancrage territorial 6.8.3
    Domaine d’action 2 : Education et culture 6.8.4
    Domaine d’action 3 : Création d’emplois et développement des compétences 6.8.5
    Domaine d’action 4 : Développement des technologies et accès à la technologie 6.8.6
    Domaine d’action 5 : Création de richesses et de revenus 6.8.7
    Domaine d’action 6 : La santé 6.8.8
    Domaine d’action 7 : Investissement social 6.8.9
    Domaine d’action 7 : Education et sensibilisation 6.7.9
    7 Lignes directrices relatives à l’intégration de la responsabilité sociétale dans l’ensemble de l’organisation

    la carte freeplane EHR reste à disposition de la communauté BPJ.évidemment

  28. Tain de clavier!

    …c’est bon pour la télé de vos rêves peut être, mais pas pour le monde réel.

    Évidemment que je le vois partout ce scandale maintenant! Parce que je l’ai d’abord suspecté au vu du comportement de certains marchés puis compris ici même dans toute son ampleur.
    Il s’agit juste d’une prise de conscience des tenants et aboutissants, puis de la conviction de chacun qu’il faut bien commencer par briser ce « cercle de jeu » infernal et en interdire l’accés à tout jamais, de façon constitutionnelle si possible, avant d’envisager toute autre réforme fondamentale.

    Et qu’en tout cas tout autre modèle économique à inventer ou à susciter devra s’appuyer nécessairement sur cet interdit économique de base pour ne pas subir les mêmes avanies, produire les mêmes horreurs.
    Il ne s’agit pas de juger, il s’agit de démonter. Si un procès était possible un jour, c’est qu’il ne serait plus utile.

  29. La libre circulation des capitaux est justement une stratégie du capital pour satisfaire sont appétit insatiable. Ou plutot en perpertuelle insatisfaction, comme un véritable manque à jouir qui caractérise la société capitaliste.
    Stratégie qui permet d’asservir le politique pour rassurer son appétit.
    Ce qui gene la circulaton du capital, justement cette poussière d’Etats, gene l’asservissement de ces Etats par la capital.
    Et non pas l’inverse. Désolé, Sarton Du Jonchay se trompe.
    Il y a une solution simple, au lieu de vouloir une constitution mondiale de l’économie, controle irréel qui n’aboutira qu’au controle total de la planéte par la finance. Puisque c’est bien sur la finance qui en arretra les régles, comme les actuelles pseudos et lamentables réformes aux USA ou bientot en Europe, il vaudrait bien mieux simplement:
    Interdire la libre circulation des biens et du capital.
    Ce que commence à faire la Russie avec son blé: L’anti Adam-Smith ou l’antilibéralisme par excellence, et meme ce qui correspond à Saint-Just:
    On ne vends que le surplus. Pas question de spéculer avec le nécessaire.
    L’Amérique du Sud s’éloigne du libéralisme de papa. Méfiance considérale envers le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC. Quand à l’ONU, ce n’est qu’un spectacle au sens de Guy Debord.
    Avec la disparition de la globalisation économique, le controle de la finance redevient secondaire. Les Etats doivent reprendre le controle et la gestion du traffic des marchandises et de la monaie.
    La globalisation n’est nullement un sens inévitable de l’Histoire humaine, c’est un accident qui finalement sera négatif.
    La crise actuelle, c’est le début de la mort de la globalisation, mais par forcement celui du capitalisme. Erreur.
    On s’en sortira, mais sans la globalisation. Il est donc inutile de vouloir la controler, il suffit de l’éliminer. La globalisation est l’arme essentielle de la finance. Il suffit de voir leurs réactions qaund on touche le fondement de leur pouvoir…
    Le Monde a besoin d’une gestion politique et non pas économique. Celle-ci doit rester secondaire et non primordiale.

    1. Merci pour ce lien qui nous offre un avis, une vision essentiels pour l’avenir de l’humanité.
      Un réel document de référence.
      J’applaudis des mains et des pieds, à diffuser largement.

  30. « Machiavel nous a rappelé que l’appétit des plus forts est insatiable et que seules des lois peuvent le contenir. Le monde réclame une constitution pour l’économie. » : ce qui signifie concrètement (cf. histoire) que l’on va replonger « le monde » dans le bain de la grenouille* : on va lui aménager de bonnes petites conditions, bien favorables à la non-prise de conscience. Un déni de crise en quelque sorte : l’éternelle adolescence pour notre civilisation ! Chouette, nan ? Coincés entre l’imaginaire de l’enfance et la spiritualité possible.

    Vive l’égalitarisme ! Vive l’utilitarisme chez les anti-utilitaristes ! Triste à pleurer.

    Pour mémoire : http://www.pauljorion.com/blog/?p=15329#comment-106405

    A lire, sur le sujet de ceux qui empêchent l’homme de s’élever : http://www.page2007.com/news/nietzsche-zarathoustra-des-tarentules

    * On raconte qu’une grenouille plongée soudainement dans l’eau bouillante essaiera vivement de s’extirper, tandis que, placée dans l’eau froide, elle ne bougera pas si la température augmente graduellement, pour finir ébouillantée…

    1. Et bien ça promet !

      La société de consommation et le salariat n’ont pas de qualité humaine. La seule valeur que l’on puisse leur concéder est de fédérer. Ce constat n’est pas difficile à faire, et pourtant en sortir semble être surhumain ! Va comprendre…

      Surhumain…c’est le mot ! Être prisonniers d’un magnifique vaisseau spatial ne nous suffit pas, ou bien est-ce pour ne pas le voir…, nous ajoutons un cadre à notre pensée : nous refusons la conscience de notre existence. Et préférons l’asservissement collectif à la solitude – temporaire – qu’implique notre prise de conscience (Dieu est mort mais on continue à baptiser, au cas où…) : or seule l’augmentation du nombre de ceux qui refusent ce cadre, cet asservissement, permettra aux autres de franchir le pas. Et pour cela il ne faut pas commettre l’erreur-type des révolutionnaires, à savoir vouloir trouver des solutions pour le reste du monde : ça ne marche pas ! L’histoire nous en a suffisamment apporté la preuve : « à chaque fois » la société, le groupe, s’empresse de proposer un refuge, un voile derrière lequel nous pourrons nous cacher, nous et nos peurs primaires. J’aimerais que l’on m’explique comment ces peurs peuvent disparaître de notre quotidien – car au final ce sont bien elles qui font régulièrement resurgir notre mal-être à travers les crises – si notre première et unique réaction face aux crises est de chercher des solutions visant à ce que le groupe retrouve une marche sereine afin que l’individu puisse une nouvelle fois se planquer…

      Pourquoi les formidables capacités du net ne servent-elles pas à faire en sorte que cette prise de conscience puisse se faire ? Pourquoi celles et ceux qui ont un poids médiatique ne cherchent-ils pas à favoriser cette voie ? Pourquoi ne pas tenter maintenant cette formidable aventure ? Il semble d’ailleurs que ce soit le seul espace de découverte qui nous reste dans l’immédiat : le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas : soit nous choisissons la voie de la prise de conscience, soit nous continuons à ne pas être, à subir.

      « l’homme est quelque chose qui doit être surmonté » (Ainsi parlait Zarathoustra, prologue)
      « Le surhumain, c’est le sens de notre existence.» (partie II).
      « La plus grande élévation de la conscience de force chez l’homme c’est ce qui crée le surhumain. » (Fragments posthumes).
      (Cette idée de surhumain chez FN a suivi semble-t-il son questionnement sur un éternel retour de l’homme…Question que nous devrions tous nous poser : comment voudrais-je trouver le monde la prochaine fois, et que dois-je faire personnellement, au quotidien, pour cela..?)

      Une dernière ( De l’homme supérieur ) :
      « Hommes supérieurs, apprenez de moi ceci : sur la place publique personne ne croit à l’homme supérieur. Et si vous voulez parler sur la place publique, à votre guise ! Mais la populace cligne de l’œil : « Nous sommes tous égaux. »
      « Hommes supérieurs, – ainsi parle la populace en clignant de l’œil -, il n’y a pas d’hommes supérieurs, nous sommes tous égaux, un homme vaut un homme, devant Dieu – nous sommes tous égaux ! »
      Devant Dieu ! – Mais maintenant ce Dieu est mort. Devant la populace, cependant, nous ne voulons pas être égaux. Hommes supérieurs, éloignez-vous de la place publique !
      Devant Dieu ! – Mais maintenant ce Dieu est mort ! Hommes supérieurs, ce Dieu a été votre plus grand danger.
      Vous n’êtes ressuscités que depuis qu’il gît dans la tombe. C’est maintenant seulement que vient le grand Midi, maintenant que l’homme supérieur devient le maître !
      Avez-vous compris cette parole, ô mes frères ? Vous êtes effrayés : votre cœur est-il pris de vertige ? L’abîme s’ouvre-t-il ici pour vous ? Le chien de l’enfer aboie-t-il contre vous ?
      Allons ! En route, hommes supérieurs ! Maintenant seulement la montagne de l’avenir humain va enfanter. Maintenant que Dieu est mort nous voulons que le surhomme vive. »

      PS : attention à ne pas commettre l’erreur des spécialistes : se jeter à fond dans l’étude d’un texte ou d’un penseur ou d’une science…en croyant y trouver les réponses. Ça n’a aucun sens, c’est contreproductif : les réponses sont en nous elles n’auront de valeur pour notre futur commun que si elles sont conçues par chacun de nous.

  31. « Comment en est-on arrivé là ?  »
    Une grande partie de la réponse m’a sauté aux yeux, dans l’excellente émission mercredi 1 er septembre sur Arte : les mercredis de l’histoire consacré à : « la face cachée du pétrole » … édifiant !

    1. Encore un document majeur, de référence, à diffuser très, très largement, même à peak-oil.
      Quelle force, quelles révélations, on apprend des vérités cachées durant bien trop longtemps.
      Pourquoi maintenant, que maintenant ? On doit friser le peak oil peut être.
      Juste un exemple : le coup de l’étranglement de l’URSS par Reagan je connaissais, il avait été expliqué par Gorba dans une interview mémorable à l’occasion de l’anniversaire de la chute du mur.
      Ca c’est de la « REAL-HISTOIRE ». Dommage qu’il faille attendre toutes ces années pour découvrir la REALITE.
      Les liens que j’avais diffusés, en complément de celui de subrenat :
      http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Dossier—La-face-cachee-du-petrole/3389636.html
      7 jours pour se rattraper, pour tous ceux qui s’intéressent à la marche du monde, à la géopolitique, ++++
      http://videos.arte.tv/fr/videos/la_face_cachee_du_petrole-3390828.html

      Dans la même soirée on nous a gratifié sur la 3 du déroulé des 3 jours du gouvernement français exilé à Bordeaux après la déroute de 40.
      Edifiant pour séparer le bon grain de l’ivraie et cerner le rôle d’une certaine élite militaire et de l’extrême droite aussi. Encore de l’Histoire.
      Et si on avait continué la lutte avec les anglais ? La faute à qui ?

  32. Pleinchamp.com; 02.09.10

    Jean-Michel Lemétayer a alerté François Fillon, en début de semaine, sur la situation grave que traverse l’élevage français. Lundi prochain, le président du syndicat se rendra sur une exploitation bovine du Maine et Loire, pour évoquer la situation de cette filière mais aussi la sécheresse qui touche beaucoup de régions d’élevage. Une autre réunion est prévue, lundi après-midi, avec les acteurs de la filière porcine pour trouver des solutions à la crise de ce secteur et harmoniser leurs demandes auprès du Gouvernement.

    Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, a en effet promis d’annoncer le 14 septembre, lors du salon de l’élevage à Rennes (Space), une série de mesures pour soutenir la filière bovine et porcine.

    Jean-Michel Lemétayer réclame également des interventions sur les marchés pour calmer la hausse des matières premières agricoles. Il a souligné « le côté insupportable de la volatilité des marchés, à la merci du climat ou des décisions de tel ou tel pays ». La récente envolée des cours a en effet entraîné une augmentation des prix de l’alimentation du bétail et menace de faire «exploser» les coûts de production.Le président de la FNSEA demande à la Commission européenne mais aussi aux chefs de gouvernements du G20 de s’attaquer au problème de la volatilité des prix.

    reuters/yahoo; 06.04.10

    Le Président français a annoncé mardi 6 avril son intention de convoquer l’an prochain une réunion des ministres de l’Agriculture du G20 pour discuter des moyens de lutter contre la trop grande volatilité des cours des matières premières agricoles.

    Sarko en Avril : voir l’an prochain contre la « trop grande volatilité », juste entre « ministres de l’agriculture du G20″…

    Le Métayer et la FNSEA aujourd’hui qui veut, soit-disant pour défendre ses zentils zéleveurs, que les chefs de gvts du G20 « s’attaquent au problème de la volatilité des prix. »…

    Un tout petit progrès sémantique et sur le grade des « négociateurs »…

    Au-delà du fait qu’on ne peut que constater la troublante convergence des discours « amis-amis » d’un point de vue politique, on voit surtout qu’il n’y a toujours aucune critique radicale et réaliste du système de formation des prix agricoles mondiaux par simple paris de purs spéculateurs.

    1. Il me semble que le point essentiel est que les exploitants agricoles ont accepté , via la FNSEA, d’avoir des prix variables à la productions en échange de subventions.

      Accepter ça, c’était se condamner à mort dés le départ, se livrer pieds et mains liés aux intermédiaires sans scrupules . Les prix à la production devaient être invariants ou indexés, mais surtout pas variables.

    2. @lulu

      La FNSEA, et les gros céréaliers de l’ONIC, qu’elle représente aurait bien aimé, au contraire, préserver les prix subventionnés et la préférence communautaire stricte originel de la PAC. Le découplage des aides et des prix dans sa logique « libéraliste » et libre-échangiste dans le cadre du Gatt puis de l’OMC a été subi plus que promu par le syndicat paysan « tout puissant ».
      La position simultanément protectionniste et productiviste n’était de toute façon plus tenable, tant elle était ultra favorable aux plus « performants » (favorisés), au niveau national, comme européen et mondial.
      Cette logique protectionniste et agressive à l’export avait de toute façon des conséquences au moins également dramatiques pour les économies agricoles des pays sous-développés.

  33. « Ou serait-ce que les atermoiements visent plus prosaïquement à vider la caisse avant fermeture définitive ? »

    Franchement je crois que c’est l’état d’esprit qui anime les spéculateurs !
    Après nous le déluge, gavons nous autant que l’on peut et le reste on en a rien à faire!
    Le capitalisme n’a jamais été affaire de philanthropes, mais de prédateurs aux crocs redoutables et à la conscience nulle.

  34. Pour l’anecdote, Jean-Marie Colombani – le copain de JCC 😉 – a affirmé ce matin sur France Inter que ce qu’on retiendra de la crise – car elle se termine et car les gens de peu trop occupés à survivre n’y comprennent rien -, c’est – au bord du gouffre – la réponse coordonnée et efficace des grandes puissances mondiales. Toujours marrant à entendre…

    1. L’éloge de Trichet par Colombani pourrait effectivement être attaquée en justice pour le danger qu’elle représente pour la circulation routière. Mais lors de la même émission, on a également entendu que les problèmes étaient posés par des hyper-riches, termes qu’on n’attendait plus sur une radio de grande écoute muselée par le pouvoir.

  35. @VB

    Bonjour ma juriste préférée.

    Pardonnez moi, mais je trouve que vous défendez bien mal votre profession et l’État de droit de façon plus générale.

    Parce que l’ONU, tout « machin » qu’il soit, ne fixe pas un certain cadre juridique applicable à tous les États reconnus par lui?

    Parce que, par exemple, les crimes contre l’humanité ou la condamnation des génocides ne seraient pas des Lois applicables universellement sans contrarier les « particularismes »?

    Parce que les accords de Genève ou les Lois sur la guerre, même si très imparfaitement appliqués (c’est un peu la « loi » du genre pour toute Loi nécessaire, vous en conviendrez aisément!), ben ça n’a absolument pas constitué un quelconque progrès pour l’humanité ou le Droit international?

    Parce que le Tribunal Pénal International, là encore très perfectible, pas insoupçonnable et même pas reconnu par les US ou Israël, c’est pas toujours une tentative louable d’universalisation du Droit?

    Parce que les accords de l’OMC ou les Constitutions de groupe de Nations comme celle de l’Europe, ne sont pas assimilables à des Lois économiques appliquées de façon internationale?

    Parce que des Constitutions nationales comme celles des US, de la GB ou de la France n’ont pas « constitué » des références pour des dizaines de pays et d’activistes « idéalistes »?

    Parce que la Déclaration d’Indépendance des US ou d’Haïti, les Déclarations des Droits de l’Homme et du Citoyen n’ont pas représenté des avancées signifiantes, sinon significatives, dans le progrès humain?

    Et donc l’Économie ne saurait pouvoir autoriser un nouveau progrès de l’humanité quant à la définition d’un Droit constitutionnel ou fondamental applicable à terme à l’humanité, en passant par une étape intermédiaire, nationale ou d’Union régionale de Nations?

    Je suis assez surpris par votre intense relativisme juridique, et sans le moins du monde vouloir faire de « l’ethno » ou « occidentalo-centrisme », il me semble que l’histoire du droit, et du droit international particulièrement, contredit quelque peu votre approche.

    Que vous nous parliez de limites politiques, stratégiques ou économiques, soit.
    Mais de limites « juridiques », alors que pour moi, précisément, le Droit n’a que les limites de la volonté humaine, au moins dans sa création, je reste interloqué…

    1. @ vigneron,

      Vous qui vous y connaissez en rapport de force, comment ne le reconnaissez-vous pas dans les institutions internationales, qui toutes internationales qu’elles sont, sont tout de même imposées par « la loi du dominant », c’est-à-dire, pour être plus précis, l’occident, dominée par les USA au XXème siècle.
      Si vous aviez suivi peak oil 2008 et les informations qu’il diffuse, vous auriez compris que sans pétrole, peu (pour ne pas dire pas) d’avancées technologiques, beaucoup moins de commerce international, beaucoup moins de flux de personnes marchandises et capitaux et, au final, beaucoup moins de « droit international ». Le droit international n’existe que parce qu’il y a un intérêt de tous à réguler des échanges, qui existent, soient 2 critères cumulatifs :
      1) un intérêt commun (le plus commun possible),
      2) l’existence d’échanges très nombreux.

      Mon « relativisme juridique » comme vous dites vient précisément d’une tendance prospective : j’ai la certitude (et oui, cela m’arrive) que demain ne ressemblera en rien à hier. J’estime plus important de se projeter à demain pour en anticiper les difficultés et y trouver un semblant de parade (ne me faisant pas trop d’illusion néanmoins) que de s’appesantir sur les contraintes d’hier et de les imaginer pour demain. Tout est une question de point de vue, comme vous voyez ; je crains que nos points de vue ne divergent à l’infini (vous, dominateur, figé dans un passé dominateur, moi, modérée, projetée dans l’avenir).

    2. @VB

      🙂 Si vous saviez quel « dominateur » je fais, vous trembleriez derechef…

      On sait bien, et Paul le dit encore ouvertement aujourd’hui vendredi, que la partie est perdue. Mais que pour après, dans une vision prospective, ou à tout le moins optimiste ou progressiste, vous, une, juriste, posiez comme préalable, sans même préjuger des nouvelles conditions politiques ou des rapports de force qui résulteront de l’effondrement, que la voie proprement juridique d’une interdiction constitutionnelle des paris sur les prix soit nulle et non avenue, admettez que ça m’en bouche un coin de dominateur!

    3. @ vigneron,

      et puis, je n’ai jamais dit ou écrit que je ne voyais pas d’avenir, au moins à court ou moyen terme, à
      une interdiction constitutionnelle des paris sur les prix ! Où avez-vous été chercher une telle idée ?
      Vous interprétez trop loin et mal mes pensées.

    4. @VB: « Vous qui vous y connaissez en rapport de force, comment ne le reconnaissez-vous pas dans les institutions internationales, qui toutes internationales qu’elles sont, sont tout de même imposées par « la loi du dominant », c’est-à-dire, pour être plus précis, l’occident, dominée par les USA au XXème siècle. »

      D’accord avec le constat. Mais quelle est la différence sur ce point d’avec les lois et les institutions nationales?

    5. @ Moi,

      Aucune différence à la restriction que des institutions viables (reflétant la volonté dite majoritaire), voire nécessaires ou même indispensables, sur un territoire limité avec une population limitée n’ont pas nécessairement les mêmes caractéristiques sur « toute la Terre » ; je vous répète que je ne crois définitivement pas, s’agissant d’institutions politiques, à l’universel.

      Cdt,

    6. @VB: l’ONU est une institution politique « universelle », non? La Terre est un territoire limité avec une population limitée, non? En ce qui me concerne, j’admets qu’il n’y a pas actuellement réellement de droit universel (l’ONU n’étant pas sujet de droit). Pour le reste, je ne vous suis pas bien. Je n’arrive pas à bien comprendre où porte votre critique. Essayez-vous de dire qu’il n’y a que des cultures totalement différentes sans aucun point commun entre elles? Je ne pense pas, c’est une position indéfendable (vous dites vous-mêmes qu’il y a des intérêts communs, marchands). Donc quoi? Comment démontrez-vous l’impossibilité d’un véritable droit universel dans le futur? Pour être plus précis, comment démontrez-vous l’impossibilité d’un sujet de droit universel capable de prendre la place des Etats?

    7. @ Moi,

      l’ONU est une institution politique « universelle », non? La Terre est un territoire limité avec une population limitée, non? En ce qui me concerne, j’admets qu’il n’y a pas actuellement réellement de droit universel (l’ONU n’étant pas sujet de droit). Pour le reste, je ne vous suis pas bien. Je n’arrive pas à bien comprendre où porte votre critique. Essayez-vous de dire qu’il n’y a que des cultures totalement différentes sans aucun point commun entre elles? Je ne pense pas, c’est une position indéfendable (vous dites vous-mêmes qu’il y a des intérêts communs, marchands). Donc quoi? Comment démontrez-vous l’impossibilité d’un véritable droit universel dans le futur? Pour être plus précis, comment démontrez-vous l’impossibilité d’un sujet de droit universel capable de prendre la place des Etats? »
      =>
      Il n’y a rien à comprendre et je ne critique rien :
      1) L’ONU institution politique universelle : c’est discutable, plutôt diplomatique que politique à mon sens ;
      2) En effet il y a des cultures très différentes et qui devraient, de préférence, rester différentes ;
      3) Les cultures ont pour point commun d’être des organisations d’individus ;
      4) Qu’il existe un intérêt marchand commun ne justifie pas que le droit soit commun ; une organisation politique ne devrait pas s’occuper que de commerce (regardez comme l’Europe du commerce fonctionne bien !)
      5) Je ne démontre pas l’impossibilité d’un droit universel pour l’avenir mais je prétends qu’un tel droit n’est pas souhaitable, et qu’au surplus il n’est pas souhaité : croyez-vous, pour prendre un exemple, que la Chine s’accomoderait d’un droit dans lequel elle perdrait ses prérogatives décisionnaires ? A moins de décider de ce droit, personne ne sera prêt à se le voir imposer (nous connaissons ce problème avec les Nations européennes) ;
      6) Je ne démontre pas l’impossibilité d’un sujet de droit universel : d’une certaine façon, l’entreprise est un sujet de droit universel. Il y a des sujets de droit privé, et des sujets de droit public, un Etat universel, s’il existait perdrait sa prérogative de sujet de droit public puisque n’existerait plus rien d’autre au-dessus, aucune nécessité de le qualifier de sujet de droit.

    8. Si vous saviez quel « dominateur » je fais, vous trembleriez derechef

      @ Vigneron,
      Vos arguments dominent soit ! Ceux qui se sont établis de tous temps l’ont été par la force, puisque l’autre partie résiste ! La force de conviction à l’occasion est l’argument du plus fort.
      Dans ce qui fait hiérarchie, opère le formel soit ce qu’on désigne comme articulation des pouvoirs en exercice et soumission aux autorités désignées, et puis l’informel à savoir ce qui fait autorité pour un quidam mais ne recouvre pas systématiquement l’autorité dite légitime. Deux formes de « domination » très distinguables.
      Pour faire vite disons que le formel tient au système symbolique mis en place, nos trois fictions, l’État cette personne morale de droit public esseulée représentée par un gouvernement et son chef qui l’agit, la Nation dont le parlement se fait la voix, le Peuple au nom duquel le droit s’exerce et la justice est rendue. L’informel – soit ce qui échappe à cette construction mise en scène – est le phénomène du transfert mis en scène plus « sauvagement », ou celui qui transfère instaure par l’autre une forme de pouvoir sur lui-même.
      Des théâtres conflictuels ont émergées quelques stratégies.
      La solution duelle, ou duel, règlement de compte sans règles établies, dite loi de la jungle.
      La dite loi du talion, (voir l’excellent « L’héritage » des Babluani) ou un code (à l’occasion de l’honneur) définit le registre de la sanction.
      La stratégie du « on oublie tout, on en parle plus et on recommencera plus ».
      Et les constructions issues du droit romain qui perdurent.
      Et quelque soit la sauce locale à laquelle on l’accommode, ces constructions sont bien installées via les rapports de forces économiques et militaires qui les ont exportées, et visent l’universalité.

      Il y a eu une sorte d’accroc à cette toile universelle, une curiosité, à la fin de l’apartheid avec la commission vérité et réconciliation. Cette idée serait venue des traditions de justice indigène d’une des ethnies de la RSA. Curieusement le modèle a depuis été exporté et adapté en Amérique latine. Même chapeautées par un système juridique anglo-saxon, elles introduisent par la confession publique sous bénéfice d’amnistie, le pardon, la demande de dédommagements, bref des formes inédites de règlement des conflits avec une mise en scène où catharsis et abréaction semblent de mise.
      Inimaginable à Nuremberg.

      C’est votre phrase « Le Droit n’a que les limites de la volonté humaine » qui m’a fait penser à cette création en RSA. Un des buts de ce traitement est de maintenir les liens du vivre ensembles, au contraire de nos débats sur l’incompressibilité des peines et projet de rétroactivité etc. Vérité et réconciliation inspirent ce qui fonctionne pour le génocide agricole au Rwanda. De là à ce que ça passe en Bosnie et à l’universalité…

    9. @VB: « 1) L’ONU institution politique universelle : c’est discutable, plutôt diplomatique que politique à mon sens »

      Cela se discute. Si vous considérez l’ONU comme une coquille vide, juste un endroit où l’on se rencontre, vous avez raison. Si vous considérez que l’ONU a un avis qui ne peut se réduire à l’un de ses membres, ce qui me semble être le cas (même si elle est souvent un instrument américain, ce n’est pas toujours le cas), vous avez tort.

      « 2) En effet il y a des cultures très différentes et qui devraient, de préférence, rester différentes »

      On peut être très différents et avoir des points communs. Mêmes les opposés ont au moins un point commun sans quoi il n’y aurait pas d’opposition mais de l’indifférence absolue.

      « 3) Les cultures ont pour point commun d’être des organisations d’individus »

      Les cultures ne sont pas des organisations d’individus. Les cultures sont des ensembles de valeurs portées par des communautés humaines. Les individus n’ont rien à voir ni dans les cultures ni dans les communautés. Les communautés et les cultures existaient bien avant que l’on ait pu même concevoir ce qu’était un individu. L’individu est un artefact idéologique, le produit d’une culture bien spécifique.
      Et il y a des points communs entre les cultures et les communautés, sans quoi aucun contact ou dialogue ne pourrait s’établir entre elles.

      « 4) Qu’il existe un intérêt marchand commun ne justifie pas que le droit soit commun ; une organisation politique ne devrait pas s’occuper que de commerce (regardez comme l’Europe du commerce fonctionne bien !) »

      Je ne voulais pas dire qu’il y avait un droit commun puisqu’il n’y a pas de communauté universel. Je voulais juste vous dire qu’il y avait des points communs, voire des intérêts communs entre communautés, sans quoi il n’y aurait pas commerce.

      « 5) Je ne démontre pas l’impossibilité d’un droit universel pour l’avenir mais je prétends qu’un tel droit n’est pas souhaitable, et qu’au surplus il n’est pas souhaité : croyez-vous, pour prendre un exemple, que la Chine s’accomoderait d’un droit dans lequel elle perdrait ses prérogatives décisionnaires ? A moins de décider de ce droit, personne ne sera prêt à se le voir imposer (nous connaissons ce problème avec les Nations européennes) »

      Je n’ai pas d’avis définitif sur la question. Mais il me semble que l’évolution va vers la constitution de ce droit universel.

      « 6) Je ne démontre pas l’impossibilité d’un sujet de droit universel : d’une certaine façon, l’entreprise est un sujet de droit universel. Il y a des sujets de droit privé, et des sujets de droit public, un Etat universel, s’il existait perdrait sa prérogative de sujet de droit public puisque n’existerait plus rien d’autre au-dessus, aucune nécessité de le qualifier de sujet de droit. »

      L’entreprise n’est pas plus sujet de droit que l’individu. C’est une illusion juridique. Ce que j’appelle « sujet de droit » ce n’est pas quelque chose qui est sujet au droit mais qui est sujet de droit, c’est-à-dire la source du droit (qui n’est donc jamais sujet au droit). L’entreprise et l’individu sont déterminés par le droit. C’est le droit qui fonde leur existence (et celle-ci n’est que juridique).
      Ce que vous devez donc démontrer c’est qu’un sujet de droit universel, c’est-à-dire une communauté universelle (un Etat universel si vous préférez, bien que cela n’en soit qu’une forme), ne peut exister. Sans cela, un droit universel est possible.

    10. @ Moi,

      Vous parlez « dans l’absolu », je vous parle moi de concret, de ce qui se passe dans la vraie vie, avec les rapports de force qu’elle engendre, les imperfections des institutions et des hommes. Je ne prétends rien démontrer et n’oblige personne ni à me croire ni à me suivre : chacun se fait son idée.

      Lorsque vous dites que les cultures sont des ensembles de valeurs portées par des communautés humaines, il faut aller plus loin et expliquer pourquoi ces « cultures » ont existé, et à ce moment là vous découvrirez que c’est justement pour organiser, hiérarchiser etc, les groupes d’individus.

      Ergoter sur les termes de différences et de points communs : je n’en vois pas l’intérêt, on est bien d’accord que les différences existent.

      L’ONU est la juste descendante de sa mère, la SDN, dont vous savez le sort que l’histoire lui a réservé ; si vous l’ignorez, je vous engage à vous renseigner.

      Quand je parle d’individu, je signifie l’Homme, mais je voulais distinguer de la notion de « Droit de l’Homme », il faut bien mettre un mot, un terme, sur le fait, la notion ; aucun sous-entendus idéologique ou philosophique derrière, juste la nécessité de nommer.

      Ne vous en déplaise, la société (que j’ai nommé entreprise pour être plus large), comme l’individu, sont des « sujets de droit », juridiquement parlant. Que se soit une illusion juridique, libre à vous de le penser (il faudrait alors plutôt parler de fiction juridique), il n’en reste pas moins que la réalité du droit est là.La réalité de la personnalité juridique de l’entreprise est une réalité en occident, mais également en Asie, qui peut être déduit de vitesse à laquelle l’économie s’est développée et les entreprises étrangères implantées (si elles n’y avaient aucune reconnaissance politique, juridiquement traduite, parions que les entreprises occidentales ne seraient pas allées aussi joyeusement s’installer en Chine).

      Quant à l’éventualité d’un droit universel : je vous laisse avec vos idéaux (illusions), sachant que la réalité, contrairement à ce que l’on voudrait vous faire croire, n’est pas si simple que ce que vous voulez bien penser : seule la politique (régit par la loi du plus fort) a le dernier mot.

      Mais vous pouvez toujours rêver à un monde meilleur, ne n’oubliant pas, cependant, que l’enfer est pavé de bonnes intentions ; en fin de parcours, le réalisme vaut toujours mieux que l’utopie.

      Cordialement,

    11. @VB

      Conclusion du débat :

      Les gens de Droit ne sont et ne doivent rester que des petites mains, des « techniciens de surface » du Politique, invités à venir constater et traduire en termes précis les progrès ou les régressions des normes nouvelles de la vie sociale imposées brutalement ou émergeant peu à peu des rapports politiques et sociaux.
      Attendre d’eux tout embryon de nouveauté ou de simple création est vain et sans fondement. Il ne savent que constater. Ils ne peuvent avoir droit au chapitre, ne sachant que répéter de soi-disant « leçons » du passé ou du présent et dire l’inanité du droit positif qu’ils ont pourtant eux même participé à édifier, à leur corps défendant si l’on pousse, à peine, le raisonnement de VB.
      Les juristes désenchantés et destructeurs de droit ou d’idéal légaliste ne sont qu’oiseaux de mauvais augure et mauvais conseillers pour le peuple souverain ou le politique véritablement progressiste.

      Jeter aux oubliettes de l’histoire les grandes tentatives de légitimation et « d’adoucissement » – pascaliennes avant que d’être celles des Lumières de la Raison – des pouvoirs intrinsèquement illégitimes et violents inscrites dans les constitutions modernes, les Déclarations universalistes ou les organisations supra nationales tout en prétendant simultanément s’attaquer au Droit de l’entreprise pour en extraire, dans un geste ou une volonté de nature quasiment de »droit divin », les racines substantiellement corrompues me parait relever de l’aveuglement ou de l’errance juridique la plus paradoxale qui soit.

      Sur quels autres principes de Droit que des principes de Droit Constitutionnel préalablement refondés pouvez vous donc bien vous appuyer pour mener à bien votre grand-œuvre? Puisque tout le Droit et la règlementation existant aujourd’hui sur le sujet a toujours passé le filtre de la Constitution existant ici et maintenant? Constitution largement inspirée des valeurs issues des Lumières et de la révolution française pour ce qui concerne la France, et plus largement pour l’immense majorité des droits nationaux.

    12. @VB: « Vous parlez « dans l’absolu », je vous parle moi de concret, de ce qui se passe dans la vraie vie, avec les rapports de force qu’elle engendre, les imperfections des institutions et des hommes. »

      Vous m’avez mal compris. Je vous parle de la réalité. C’est vous lorsque vous parlez de droit privé et public qui n’êtes pas dans la réalité mais dans des fictions juridiques.
      Pour le reste, les rapports de force, etc, j’ai dit que je partageais votre constat. La question ne portait pas sur ce point.

      « Lorsque vous dites que les cultures sont des ensembles de valeurs portées par des communautés humaines, il faut aller plus loin et expliquer pourquoi ces « cultures » ont existé, et à ce moment là vous découvrirez que c’est justement pour organiser, hiérarchiser etc, les groupes d’individus. »

      Je ne nie pas que les valeurs organisent la société. Mais avez-vous déjà vu des groupes d’individus sans culture? L’Histoire ou l’archéologie en rapportent-elles des traces?
      D’où tirez-vous que la culture a pour fonction d’organiser les individus alors même que les individus n’existent pas, sauf comme fiction culturelle assez récente? C’est là mettre l’histoire et la réalité sens dessus-dessous.
      Toujours est-il que ma question est: pouvez-vous démontrer l’impossibilité d’une culture universelle capable d’organiser les diverses communautés humaines actuelles?

      « Ergoter sur les termes de différences et de points communs : je n’en vois pas l’intérêt, on est bien d’accord que les différences existent. »

      Oui, mais sommes-nous d’accord que les points communs existent aussi? Si des points communs existent, comment démontrez-vous l’impossibilité d’une communauté universelle?

      « L’ONU est la juste descendante de sa mère, la SDN, dont vous savez le sort que l’histoire lui a réservé ; si vous l’ignorez, je vous engage à vous renseigner. »

      Je ne vois pas le rapport avec la question posée.

      « Quand je parle d’individu, je signifie l’Homme, mais je voulais distinguer de la notion de « Droit de l’Homme », il faut bien mettre un mot, un terme, sur le fait, la notion ; aucun sous-entendus idéologique ou philosophique derrière, juste la nécessité de nommer. »

      L’Homme est une fiction philosophique. Bien sûr qu’il y a des sous-entendus philosophiques derrière.

      « Ne vous en déplaise, la société (que j’ai nommé entreprise pour être plus large), comme l’individu, sont des « sujets de droit », juridiquement parlant. »

      Oui, juridiquement parlant. C’est-à-dire dans une certaine culture, pas dans la réalité.

      « Que se soit une illusion juridique, libre à vous de le penser (il faudrait alors plutôt parler de fiction juridique), il n’en reste pas moins que la réalité du droit est là. »

      On est d’accord. Mais la réalité du droit n’est pas la réalité sauf peut-être pour les avocats, par déformation professionnelle.

      « Quant à l’éventualité d’un droit universel : je vous laisse avec vos idéaux (illusions), sachant que la réalité, contrairement à ce que l’on voudrait vous faire croire, n’est pas si simple que ce que vous voulez bien penser : seule la politique (régit par la loi du plus fort) a le dernier mot. »

      Vous décrivez là l’état de nature. La politique n’est pas la loi du plus fort. Ce n’est pas aussi simple justement. Si c’était la loi du plus fort, il n’y aurait pas débat politique mais tout au plus de la diplomatie, il n’y aurait pas d’avocats mais juste des soldats et des policiers, il n’y aurait pas de lois mais uniquement des décrets du pouvoir en place.
      Cela dit sans nier les rapports de force dans la politique.
      Pour en revenir à la question, je vous demandais de démontrer l’impossibilité de la politique à un niveau universel (qui n’en est actuellement qu’à la loi du plus fort).

      « Mais vous pouvez toujours rêver à un monde meilleur, ne n’oubliant pas, cependant, que l’enfer est pavé de bonnes intentions ; en fin de parcours, le réalisme vaut toujours mieux que l’utopie. »

      Je n’ai pas dit qu’un communauté universelle serait un monde meilleur. Je n’ai même pas dit que c’était souhaitable. Je n’ai pas de position arrêtée sur ce point.
      Je vous demande juste de démontrer son impossibilité puisque vous prétendez que c’est irréaliste.

    13. @ vigneron,

      Vous faites semblant de constater que les « gens de droit » ne font pas le droit : je vous rappelle que dans l’organisation politique résultant de la séparation des pouvoirs, ce sont les parlementaires qui font le droit. Alors que vous soyez outré de ce phénomène ne devrait aucunement remettre en cause le fait que certains juristes agréés à toute évolution dudit droit, voire en profite (comme une partie, grande partie ?, de la population tout court agréée à toute politique) tandis que d’autres le déplorent et que d’autres encore font campagne pour un changement.
      Voilà pour vos propos outranciers et malvenus. Vous critiquez tout et sans relâche, mais vous personnellement, êtes vous quelqu’un de constructif ? Par exemple, vous êtes-vous fendu d’un seul petit texte proposant une solution (le moins radical possible), ou expliquant les tenants des aboutissants des évolutions que nous connaissons ? Une telle approche vous paraît-elle trop relever de la « technicité de surface », pour reprendre vos propres termes non seulement irrévérencieux mais quasiment insultants.

      Sur le fond du problème, j’ai toujours pris position pour un retour de la spiritualité et une régression du positivisme exacerbé que nous connaissons = un droit naturel revisité.
      J’ai souvenir que cette approche vous hérisse, mais que voulez-vous, nous ne sommes pas forcés d’être tous d’accord, et puis : qu’est-ce qui ne vous hérisse pas, mis à part vos propres idées ?
      Quant aux lumières, elles ont été mise en musique juridique qu’à la faveur de l’émergence sociale de la classe marchande, que vous pouvez appeler bourgeoisie ou encore classe moyenne… Que cela vous déplaise ne changera pas les événements ; tout n’est que rapport de force politique et sociale dans les évolutions du droit, on peut le déplorer mais a-t-on le droit de l’ignorer ?

      Cdt,

    14. @ moi,

      D’où tirez-vous que la culture a pour fonction d’organiser les individus alors même que les individus n’existent pas, sauf comme fiction culturelle assez récente? C’est là mettre l’histoire et la réalité sens dessus-dessous. »
      =>
      Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Evidemment qu’il n’y a pas de culture sans individus, je ne comprends ni votre logique ni où vous voulez en venir.

      « Toujours est-il que ma question est : pouvez-vous démontrer l’impossibilité d’une culture universelle capable d’organiser les diverses communautés humaines actuelles? »
      =>
      Je vous répète que je ne prétends pas démontrer quoi que ce soit, ma position est que je pense qu’une culture universelle n’est pas souhaitable ; je préfère la diversité à l’uniformité, c’est une question de point de vue. Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec moi. Vous confondez « non souhaitable » et « impossible » : tout est possible, mais à quel prix ? Encore une question de prix à payer…

      Pour le reste, je vous renvoie à la réponse que je viens de faire à vigneron : les changements juridiques profonds ne sont issus que de bouleversements profonds dans l’organisation sociale : le droit entérine ces modifications et, de préférence, ne les initie pas. Je dis de préférence, car le positivisme se permet tout, et les exemples selon lesquels le droit prétend et prétendait orienter la société ne manquent pas plus que leurs résultats sont et furent malheureux (pensez aux dictatures où le « droit » régente tout et tous).

      Sur le fait de savoir si la réalité du droit est ou non la réalité : d’une part, en tant que droit positif il s’impose à vous et donc il est très certainement la réalité de ce point de vue ; quant à savoir si, sur le fond, le droit correspond à votre réalité sociale, spirituelle ou autre, là on peut en effet discuter mais il est alors question de subjectivité et non d’objectivité.

      Le cadre juridique s’impose à tous, la corrélation des faits avec la règle édictée est affaire d’interprétation, d’où l’intervention d’avocats ; cela ne change rien au fait que le cadre juridique est imposé par la « loi du plus fort », et relève de la politique.

      Quant à votre assertion selon laquelle : « L’Homme est une fiction philosophique…  » = je vous la laisse, et je vous laisse également la joie de trouver le terme linguistique plus approprié, ou en tout cas qui vous convient mieux, qu’individu, homme etc. Bonne chance dans vos recherches linguistiques et philosophiques, veuillez nous tenir informé de l’heureux résultat de vos recherches.

      Cordialement,

    15. erratum : @ vigneron : dernier §
      lire « elles n’ont été mise en musique juridique » au lieu et place de « elles ont été mise en musique juridique « 

    16. @ma « technicienne de surface juriste et jusnaturellement spiritualiste » préférée,

      Ne vous braquez pas ma chère, je connais des agents d’entretien qui valent plus, bien plus, que d’éminents gens de droit. Vous insultez par contre textuellement et formellement les membres de cette très respectable corporation par votre répartie mal venue. Un peu de tenue que diable… Ne vous faites pas pire que ce que je refuse de croire que vous seriez.

      Je vous remercie de démontrer si élégamment, tout en ne tentant jamais d’y répondre, la pertinence de mes remarques par l’étalage sincères de vos limites et de vos vanités indistinctes.

      Quant à votre saillie bien mesquine – mais toute excusable au vu de votre extrême susceptibilité bien légitime de juriste jalouse de ses prérogatives, de son statut et de son savoir – au sujet de mon peu d’empressement à l’élévation de mes bouffonneries au statut glorieux et enviable de billet invité, demandez vous simplement si ce n’est pas parce que mes pauvres idées n’ont guère plus de chance de passer le cap de mon « hérissement » que celles que vous vous autorisez, très humblement je n’en doute pas, à promouvoir ici.

      J’ai bien peur également, si par malheur je devais un jour trouver une pauvre idée digne de figurer en haut de page, que son ton comme son fond n’auraient pas obligatoirement l’heur de se conformer à votre impératif catégorique de, comment dites-vous?, ah oui!, « moins radical possible »…

      Et la lecture de votre prose ne m’encourageant pas le moins du monde à ce « moins radical possible », je pense laisser encore longtemps ce haut de page à plus fou, ou plus modéré, que moi.

    17. @VB: « Vous faites semblant de constater que les « gens de droit » ne font pas le droit : je vous rappelle que dans l’organisation politique résultant de la séparation des pouvoirs, ce sont les parlementaires qui font le droit. »

      Sur ce point qui était adressé à vigneron, je me permets de répondre.

      C’est la communauté qui fait le droit, pas les parlementaires. Ceux-ci ne sont que des représentants, un corps intermédiaire. Dans les faits, je vous l’accorde, ils travaillent plus dans leurs intérêts propres qu’à l’intérêt général (je ne parle pas de tel ou tel mais de la corporation). Ce sont donc des imposteurs. Malgré tout, ils ne peuvent exagérer et trop s’écarter des intérêts de la communauté. C’est malheureusement pour eux ce qui arrive à présent et je pense que la communauté leur rappellera bientôt qui est le sujet du droit.

      « Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Evidemment qu’il n’y a pas de culture sans individus, je ne comprends ni votre logique ni où vous voulez en venir. »

      Ce que je veux dire c’est qu’il y a de la culture sans individus, pas l’inverse. La culture n’a donc pas pour fonction d’organiser les individus, qui ne sont d’ailleurs qu’une fiction culturelle. Si par « individu », vous entendez juste « ce qui compose la communauté » (personnes ou pas), alors oui la culture organise les membres de la communauté.
      Encore une fois, vous pourriez penser que je chipote sur les termes. Je pense moi que l’utilisation de ces termes n’est pas gratuite car le terme « individu » connote quelque chose qui existe de lui-même, préalable à la communauté, etc. Ce terme a été inventé dans un certain but politique et il est donc chargé d’une position politique. L’utiliser vous entraîne parfois dans un certain sens, même à votre corps défendant.

      « Je vous répète que je ne prétends pas démontrer quoi que ce soit, ma position est que je pense qu’une culture universelle n’est pas souhaitable ; je préfère la diversité à l’uniformité, c’est une question de point de vue. »

      Certes. Mais j’avais cru comprendre que vous disiez qu’une communauté universelle et donc un droit universel étaient impossibles. Autant pour moi.

      « Pour le reste, je vous renvoie à la réponse que je viens de faire à vigneron : les changements juridiques profonds ne sont issus que de bouleversements profonds dans l’organisation sociale : le droit entérine ces modifications et, de préférence, ne les initie pas. »

      C’est exactement ce que je dis: la communauté fait le droit.

      « Je dis de préférence, car le positivisme se permet tout, et les exemples selon lesquels le droit prétend et prétendait orienter la société ne manquent pas plus que leurs résultats sont et furent malheureux (pensez aux dictatures où le « droit » régente tout et tous). »

      Même dans le cas de dictatures c’est encore la communauté qui fait le droit. Elle est dévoyée par des intérêts particuliers mais elle continue à faire le droit. Qu’il y ait changement dans le rapport de forces et le droit changera, même sous une dictature (cette dernière disparaîtra peut-être même suite à ce changement dans le rapport de forces).
      Il est impossible que le droit oriente la société puisqu’il en est l’émanation. S’il y a une école de pensée qui dit cela, il faut vite s’en éloigner. 🙂

      « Sur le fait de savoir si la réalité du droit est ou non la réalité : d’une part, en tant que droit positif il s’impose à vous et donc il est très certainement la réalité de ce point de vue »

      Ce qui s’impose à moi c’est la communauté et en particulier le policier, pas le droit.
      Lorsque le droit disait que le diable et les possédés existaient, c’étaient là des fictions juridiques, vous en conviendrez. Les gens y croyaient ou n’y croyaient pas. Par contre l’Eglise, l’inquisiteur et ses sbires étaient bien réels. 🙂
      Là aussi, si les juges de nos jours s’imaginent qu’en disant le droit ils imposent eux-mêmes quelque chose aux gens ou décrivent la réalité, ils sont mal barrés…

      « cela ne change rien au fait que le cadre juridique est imposé par la « loi du plus fort », et relève de la politique. »

      Le cadre juridique relève de la politique et par conséquent n’est pas imposé par la « loi du plus fort ». Il n’y a pas de cadre juridique lorsque c’est la loi du plus fort, il y a juste la loi du plus fort. Vous confondez le rapport de forces du jeu politique avec la loi du plus fort, or ce sont deux choses bien différentes et même antithétiques.

      « Quant à votre assertion selon laquelle : « L’Homme est une fiction philosophique… » = je vous la laisse, et je vous laisse également la joie de trouver le terme linguistique plus approprié, ou en tout cas qui vous convient mieux, qu’individu, homme etc. Bonne chance dans vos recherches linguistiques et philosophiques, veuillez nous tenir informé de l’heureux résultat de vos recherches. »

      Je dis homme, être humain, personne, etc, qui sont aussi des concepts mais moins connotés politiquement. J’évite de mettre une majuscule à homme, sauf pour parler du concept philosophique en question.
      Je ne résiste pas à la tentation de vous raconter (ou répéter) l’anecdote de Diogène et Platon sur cette question. Platon avait essayé de définir l’homme et après avoir déclaré que c’était « une bête à deux pattes et sans plumes », Diogène jeta un coq plumé dans l’assemblée de l’Académie et dit « voici l’homme selon Platon ». Platon changea paraît-il ensuite sa définition en ajoutant « et qui a des ongles plats et larges ».

    18. @ Moi

      Sur un autre fil, vous aviez écrit :

      l’individu n’existe pas. Comment pourrait-il être auteur d’une oeuvre?

      Vous m’aviez également reproché mon manque de logique dans mon analyse. A mon tour de vous poser une question de logique : si vous étiez cohérent avec vous-même, ne devriez-vous pas bannir de votre langage le « JE » ? Si vous n’existez pas comme individu, comment pourriez-vous vous exprimer à la 1ère personne du singulier et exposer des théories qui ne vous appartiennent pas? Vous devriez dire « NOUS » puisque selon vous, personne n’est l’auteur de sa pensée ou de son œuvre, et que tout procède de la communauté. 🙂

      Cordialement.

    19. @Jean-Luc D.: « si vous étiez cohérent avec vous-même, ne devriez-vous pas bannir de votre langage le « JE » ? »

      Le langage est symbolique, il ne reflète pas le réel. Pourquoi supprimerais-je le mot « je »? Parce que « je » n’existe pas? Dois-je supprimer aussi de mon langage toutes les mots dont il n’y a pas de correspondant réel? Je finirai ainsi par ne rien dire. Je crois que c’est ce que vous aimeriez. 🙂

      « Si vous n’existez pas comme individu, comment pourriez-vous vous exprimer à la 1ère personne du singulier et exposer des théories qui ne vous appartiennent pas? »

      Il y a des fous qui s’expriment à la troisième personne du singulier, parfois même du pluriel. Qu’en concluez-vous?

      « Vous devriez dire « NOUS » puisque selon vous, personne n’est l’auteur de sa pensée ou de son œuvre, et que tout procède de la communauté. 🙂 »

      Nous pensons que ce serait plus exact en effet. 🙂
      Nous demandez-nous de changer aussi notre pseudo? 🙂

    20. @ moi,

      « Même dans le cas de dictatures c’est encore la communauté qui fait le droit. Elle est dévoyée par des intérêts particuliers mais elle continue à faire le droit. »
      =>
      Dans le cas des dictatures, un groupe de pensées et d’actions, prend le pouvoir sur tous les autres, on est absolument et irrémédiablement dans le rapport de force.
      Quoi que vous disiez, il est possible que le droit prétende orienter la société (les exemples sont nombreux) lorsqu’il n’est une émanation que d’un groupe particulier d’intérêt ; dire que le droit est alors l’émanation de la communauté est faux, il n’est alors l’émanation que d’une communauté particulière. Je pense qu’il importe, malgré les problèmes posés (rien n’est parfait) de conserver le principe majoritaire.

      « Ce qui s’impose à moi c’est la communauté et en particulier le policier, pas le droit. »
      =>
      Le policier n’existe que parcequ’il est habilité par le droit, c’est donc bien le droit qui s’impose à vous par l’intermédiaire de la force publique (forces de l’ordre). Les forces de l’ordre ne tirent leur pouvoir que du droit.

      Le cadre juridique est imposé par la loi du plus fort, par la majorité (critère quantitatif), par la force brutale (critère qualitatif) ou par toute autre forme de force (mélange des deux critères ci-dessus), rien ni personne n’a à ce jour démontré le contraire.

      Remplacez « individu » ou « homme » par « personne » ou « être humain » si cela vous convient, la problématique n’en est pas changée pour autant.

      Cordialement,

    21. @VB: « Dans le cas des dictatures, un groupe de pensées et d’actions, prend le pouvoir sur tous les autres, on est absolument et irrémédiablement dans le rapport de force. »

      Rapport de force, oui. Loi du plus fort, non.

      « Quoi que vous disiez, il est possible que le droit prétende orienter la société (les exemples sont nombreux) lorsqu’il n’est une émanation que d’un groupe particulier d’intérêt ; dire que le droit est alors l’émanation de la communauté est faux, il n’est alors l’émanation que d’une communauté particulière. Je pense qu’il importe, malgré les problèmes posés (rien n’est parfait) de conserver le principe majoritaire. »

      Lorsque la communauté est dévoyée par des intérêts particuliers, elle n’en reste pas moins une communauté et est seule source du droit. Ce droit sera injuste et non dans l’intérêt général mais il n’en reste pas moins le droit de la communauté. Qu’il prétende orienter la société, c’est son affaire, pas la réalité. Il ne peut pas édicter n’importe quoi car sinon le groupe d’intérêts au pouvoir perdra ce pouvoir par des révoltes. C’est bien la preuve que ce n’est pas la loi du plus fort mais seulement la loi favorisant les intérêts des plus influents du moment (un rapport de forces). C’est aussi pourquoi les dictatures fondées uniquement sur la force ne tiennent pas très longtemps, il leur est impossible de contrôler une société entière par la seule force. Pour durer et garder l’avantage dans le rapport de forces, il leur faut des théologiens, des économistes, etc, qui légitiment leur pouvoir et trompent ainsi la société pour arracher l’assentiment d’une assez large partie de la population.
      Le principe majoritaire n’évite pas à lui seul le dévoiement de la communauté dans le service d’intérêts particuliers. L’intérêt de la majorité, cela reste encore un intérêt particulier et non l’intérêt général.

      « Le policier n’existe que parce qu’il est habilité par le droit, c’est donc bien le droit qui s’impose à vous par l’intermédiaire de la force publique (forces de l’ordre). Les forces de l’ordre ne tirent leur pouvoir que du droit. »

      Le droit et le policier tirent leur pouvoir de la communauté. Dans une guerre civile, ni le droit ni les policiers ne sont respectés parce que la communauté se désagrège. Dans une dictature brute, seuls les policiers sont respectés. Dans une société régie uniquement par l’intérêt général, il n’y a pas besoin de policiers, le droit est unanimement respecté.
      Ce que les policiers tirent du droit, c’est une légitimation juridique de leur pouvoir, pas leur pouvoir (qui lui dépend de la force et de la communauté).
      Comment expliqueriez-vous un coup d’Etat réussi et fomenté par la police (ou l’armée) si ces derniers ne tirent leur pouvoir que du droit? Le droit aurait-il la capacité de s’autodétruire?

      « Le cadre juridique est imposé par la loi du plus fort, par la majorité (critère quantitatif), par la force brutale (critère qualitatif) ou par toute autre forme de force (mélange des deux critères ci-dessus), rien ni personne n’a à ce jour démontré le contraire. »

      Un cadre juridique ne peut être imposé par la loi du plus fort. Tout les penseurs politiques ont déjà démontré ce point et même dans une communauté dévoyée (contrôlée par des intérêts particuliers) personne n’a jamais édicté des lois en disant « c’est la loi du plus fort » (même Hitler ne l’a pas fait, il parlait au nom du peuple allemand; même Louis XIV ne l’a pas fait, il parlait en tant que représentant du pouvoir divin). Il se ferait vite virer, ce qui est bien la preuve que ce n’est pas la loi du plus fort mais du plus influent du moment.
      Lorsqu’il y a loi du plus fort, il n’y a pas de cadre juridique. C’est l’état de nature.
      Vous continuez à confondre rapport de forces politiques et loi du plus fort.

      « Remplacez « individu » ou « homme » par « personne » ou « être humain » si cela vous convient, la problématique n’en est pas changée pour autant. »

      La problématique est changée. Si l’individu n’existe pas et n’est pas source du droit (comme c’est le cas dans la réalité), la théorie libérale s’effondre. Que cela soit admis par tous et vous verrez bien vite les changements juridiques que cela induit. Certains intérêts particuliers qui actuellement contrôlent la communauté se retrouveraient bredouille de légitimité.

    22. @ moi,

      La loi du plus fort impose le cadre juridique qui, effectivement, ne peut perdurer que soutenu par une légitimité (philosophique, économique, spirituelle etc.), plus ou moins réelle. En effet les dictatures (pouvoir par la seule force) ne durent pas lorsque leur assise idéologique est faible ; on peut également raisonnablement penser que les prises de pouvoir forcées (et maintenues par la force) sont très affaiblies et ne durent pas lorsque leur efficacité en terme de bien être pour la population est faible.
      Que la légitimité d’une situation soit douteuse ne l’empêche pourtant pas d’exister à un moment donné, la question de savoir si elle sera pérenne (du point de vue d’une vie humaine ou de la civilisation ?) est une autre histoire.
      Votre approche ne modifie en rien l’existence du rapport de force politique et le fait que ce dernier est généré par la loi du plus fort, qui en est toujours le moteur.

      Je commence à comprendre votre point de vue, qui ne me semble toutefois pas satisfaisant. Si vous remplacez l’individu par la collectivité (en tant que source du droit), vous pensez supprimer le libéralisme, mais, à l’opposé on peut vous rétorquer (en utilisant votre conception des choses), que les dérives de tout système (y compris du libéralisme) sont imposées par la collectivité, au même titre que les dictatures sont imposées par la collectivité : la réalité du moment est donc ainsi toujours justifiée par le fait même de son existence objective.
      En réalité je pense que prétendre que seule la collectivité est source du droit ne change rien car dans les faits, toutes les prises de positions violentes sont toujours issues d’un groupe d’individus et non d’une seule et unique personne.

      Cordialement,

  36. Parfait ‘enfumage’ de la rentrée parlementaire européenne, plus ça change, moins ça change.

    Où l’on apprend via De Tijd l’existence d’un projet belge, baptisé « Twinpeaks », où, en parralèle au régulateur local, aurait été mise en place une structure parralèle pour la supervision du risque systémique. Les euro-parlementaires voteront le 21 Septembre. L’expérience américaine devrait les
    inciter à réfléchir sur la véritable utilité de l’ESRB, European Systemic Risk Board, présidée par le
    président de la BCE….

  37. Suggestion peut-être idiote:
    Et si on obligeait les parieurs sur évolution du cours des actions ou autre à investir dans l’économie réelle à proportion de plusieurs fois les bonus distribués??
    Et si ils renaclent, on ré installe la guillotine (ou tout autre dispositif approprié!): c’est mon coté Saint Just/Robespierre….

    1. Pas besoin d’obliger à investir, et encore moins de guillotiner qui que ce soit.
      Le premier est vain, le second est inutile.

      Il faut seulement mettre les rapports sociaux en accord avec l’évolution de l’humanité:
      supprimer l’appropriation privée de l’outil de production,
      produire désormais pour les besoins durables, et pas l’accumulation privée.
      Elle a été très utile. Elle est devenue un obstacle conduisant à la barbarie.

    2. C’est raté! J’avais cru faire un peu d’humour… Souriez quand même!
      Quant aux vieilles lunes pontifiantes et moralisatrices… Mais peut-être était-ce aussi de l’humour?

    3. Merci de nous expliquer en quoi la fin de l’appropriation privée des moyens de production relève de la morale.

    1. Considérations du Sieur Attali dans un chat du Mondefr du 08.06.10 sur la flambée des matières premières qui s’annonçait…

      Nicolas : Dans quelle mesure doit-on craindre une nouvelle flambée des matières premières provoquée notamment par la solide croissance chinoise ? Cette flambée pourrait-elle briser les espoirs de reprise à moyen terme en Occident ?
      Attali : Si cette flambée a lieu, elle est largement compensée en Europe par la baisse de l’euro. Et elle aurait l’avantage de solvabiliser ceux qui achètent nos produits en même temps que nous pousser à faire des économies de matières premières. Elle n’aurait donc pas que des inconvénients.

      Déconnexion Monsieur le visionnaire? Ou déréliction et confusion fatales? Un si brillant sophiste…

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/06/08/jacques-attali-il-faudra-trouver-entre-20-et-30-milliards-par-an-a-partir-de-2011_1369725_3234.html

  38. Hmmm,
    Voila deja 13ans, Frederic Lordon avait anticipe cette situation intenable pour la politique economique dans: »Les Quadratures de la politique économique. Les infortunes de la vertu ». Je viens de finir cet ouvrage tres interessant, meme s’il fut redige avant le passage a la monnaie unique!

  39. DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

    Argonay (Haute-Savoie) — Jeudi 23 octobre 2008

    (….)Cette crise n’est pas une crise française. Ce n’est pas une crise européenne. C’est une crise mondiale. Cette crise, ce n’est pas une crise conjoncturelle. Ce n’est pas un accident. C’est une crise structurelle. Cette crise n’est pas une parenthèse qui sera bientôt refermée. Et je veux affirmer que désormais plus rien dans l’économie mondiale ne sera comme avant. Vouloir continuer avec les mêmes idées, les mêmes habitudes, les mêmes pratiques qu’auparavant serait une erreur fatale. S’il y a bien un fait majeur qui émerge de cette crise, c’est le retour de la politique. Cette crise dont il est clair désormais qu’elle ne peut se résoudre sans une intervention massive des États, cette crise qui appelle d’urgence un nouvel ordre économique, financier, monétaire, cette crise exprime au fond un besoin profond de politique.

    Le politique, on avait cru pouvoir s’en passer. On avait cru que tout allait pouvoir être résolu par l’autorégulation, par les experts, par la libre concurrence et par le marché. Désormais, il y aura plus de politique parce que l’idéologie de la dictature des marchés et de l’impuissance publique est morte avec la crise financière. Elle avait d’ailleurs déjà été remise en cause par la prise de conscience de la montée de la rareté, par le réchauffement climatique, par les catastrophes écologiques que seuls les États peuvent essayer de conjurer. La crise financière, la défaillance des marchés, les interventions des États pour sauver les banques, les nationalisations totales ou partielles d’institutions financières et de compagnies d’assurance, y compris en Grande-Bretagne, le recours aux banques centrales et aux États pour faire l’intermédiation financière que le système bancaire mondial ne parvenait plus à faire, tout concourt à ce que nous nous interrogions sur la redéfinition du rôle de l’État dans l’économie.

    Et c’est au fond un nouveau rapport entre la démocratie et l’économie qui se dessine. C’est une révolution intellectuelle et morale qui est en train de s’opérer et qui va continuer. On ne pourra pas, après cette crise, continuer de gouverner le monde avec les outils, les institutions, les idées du passé. Je vous le dis : cette crise marquera sans doute pour l’Histoire le commencement véritable du XXIe siècle, le moment où tout le monde aura compris qu’il était temps de changer, temps de donner un nouveau visage à la mondialisation, temps de construire un nouvel ordre mondial, politique, économique, social, assis sur de nouveaux principes et de nouvelles règles.(….)

    Le texte n’est pas mal, c’est l’acteur qui n’en prend pas la mesure
    La suite ;
    http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2008/mesures-de-soutien-a-l-economie.5198.html

    1. Où est l’homme derrière ce fatras de phrases ?
      Donner un visage à la mondialisation et renvoyer les peuples dans l’invisible. Ça n’a aucun sens.

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