Archives par mot-clé : libéralisme

Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? aujourd’hui 5 mars de 17h30 à 19h00

Paul Jorion, professeur associé à Ethics vous donne rendez-vous pour la 5ème date de son cycle de conférences Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Le 5 mars, de 17h30 à 19h00, dans l’open space de la Maison des Chercheurs.

  • 5 mars : Le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme, face à l’état d’urgence pour le genre humain

-Le profit commercial n’est pas maîtrisé : il est potentiellement illimité
-La finance est prédatrice ; la spéculation était interdite jusqu’en 1885
-Les droits des personnes morales sont aujourd’hui plus étendus que ceux des individus
-Les règles comptables sont définies par des organismes privés : elles mettent en œuvre une philosophie rapace
-La définition de l’abusus (l’une des trois composantes de la propriété, avec l’usus et le fructus) doit être reformulée pour tenir compte de la durabilité, du caractère renouvelable ou non d’un bien

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (X) Libéralisme, libre-arbitre, ultralibéralisme

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : Bonsoir. J’aurais une question pour l’économiste, mais peut-être et surtout à l’anthropologue : vous avez commencé la soirée en parlant de capitalisme et on a très vite glissé sur le libéralisme. Alors, à l’économiste, c’était juste pour avoir peut-être une petite définition : c’est quoi les différences économiques, du point de vue d’un économiste, entre libéralisme et capitalisme ? Et après, c’est une réflexion peut-être plus… parce qu’il me semble, moi, qu’on ne pourra pas faire l’économie de questionner le libéralisme philosophique, anthropologique, si on veut questionner le libéralisme économique. Quels liens vous pouvez faire entre les deux, si vous en avez fait, et notamment sur la question du libre-arbitre qui est, je pense, un héritage des religions ? On a sécularisé nos sociétés, les religions disparaissent petit à petit – encore que ça serait discutable – mais globalement, on a gardé la notion de libre-arbitre – qui est, de mon point de vue, une erreur de raisonnement : on est beaucoup plus déterminé que libre. Est-ce que vous pouvez relier ces deux notions, ou pas ?

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (V) Libéralisme et ultralibéralisme

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : Bonsoir. Tout d’abord, je vais commencer par un petit éloge. En Belgique, il y a pas que la bière, Magritte et Brel. Je lis un peu Chantal Mouffe, Jean-Pierre Lebrun, et avec plaisir je vous lirai. Vous proposez des voies nouvelles, et plus même : au niveau politique, vous avez survécu pas plus mal sans gouvernement. J’espère que l’un de vous, intellectuels, ferez un jour un livre pour confier ce que vous pensez de cette expérience. Je suis béotien dans l’économie, mais je crois qu’Adam Smith, l’un de ses postulats avec le libéralisme, c’était la régulation. Aussi, en même temps que Tocqueville, on voit comment s’en éloigner. Après, quand on voit actuellement dans l’économie ce que j’appelle moi une religion avec le ruissellement, et on voit bien que le ruissellement, un M. Ghosn qui a fait de la rétention, c’est pas bien possible. Par contre, comment on peut revenir aussi – vous les universitaires vous le connaissez – à mieux diffuser, plutôt que la pensée de M. Jean Tirole, la pensée de Steve Keen, qui dans le grand public, en France, n’est pas connue.

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VIII) L’agenda du libéralisme renouvelé selon Walter Lippmann

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

L’agenda du libéralisme renouvelé

Walter Lippmann propose un agenda restant fidèle aux valeurs philosophiques du libéralisme tout en rompant avec les errements des libéraux historiques. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VIII) L’agenda du libéralisme renouvelé selon Walter Lippmann

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VII) La faillite historique du libéralisme selon Walter Lippmann

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

La faillite historique du libéralisme selon Walter Lippmann

Dans la préface à l’édition américaine de 1937, qui ne se retrouve pas dans la traduction française des éditions Médicis, Walter Lippmann expose ses dettes intellectuelles d’une façon qui révèle son projet d’ensemble et ses priorités. On y découvre à quel point c’est une erreur d’affirmer qu’il est l’ennemi juré de Keynes. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VII) La faillite historique du libéralisme selon Walter Lippmann

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VI) Walter Lippmann (1889 – 1974)

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

« L’admirable livre de Walter Lippmann ».

Lorsque en 1938, Louis Rougier publie son nouvel ouvrage aux éditions Médicis, intitulé « Les mystiques économiques. Comment l’on passe des démocraties libérales aux états totalitaires », il tient à évoquer d’autres auteurs convergents, comme Ludwig von Mises et Walter Lippmann. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VI) Walter Lippmann (1889 – 1974)

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Le pouvoir est nu et le vide immense, par Dominique Temple

Billet invité.

Le taux d’abstention de ces dernières élections témoigne de la résistance populaire à la rhétorique libérale : hors le système capitaliste point de salut. C’est le contraire qui est vrai : hors du capitalisme est le salut. L’abstention n’est pas une solution, certes, mais c’est un symptôme de la disposition du peuple à tourner la page aussitôt que le principe d’une économie post-capitaliste sera reconnu de tous, et approuvé par une nouvelle Constitution.

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Réparer la zone euro sans la casser ? Du rêve à la réalité, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’auteur de « Réparer la zone euro sans la casser » ne comprend pas qu’il n’existe pas de dette réelle qui ne soit réciproque en nature et en substance. La réciprocité des dettes entre un prêteur financier et un emprunteur financier se fait sur le terrain du droit qui est la contre-réalité du prix. Le droit est la substance de la dette qui fait créance ; le prix est la nature de la créance qui soit substance de dette. Une dette financière est réelle si son prix en monnaie égale son prix en droit pour le débiteur tout autant que pour le créancier.

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La victoire de David Cameron, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La victoire de David Cameron aux élections en Grande Bretagne est un très mauvais signal adressé au monde politique. Avec la réélection de Merkel en 2013, elle tendrait à servir d’exemple à un personnel politique européen tout entier tourné vers l’accomplissement d’une carrière dans les sphères du pouvoir (je parle ici des partis traditionnels). Il suffirait d’une relative prospérité économique mesurée essentiellement par le taux de croissance (1,6 % en Allemagne et 2,6 % au Royaume-Uni pour une moyenne européenne à 0,9 %) et un taux de chômage (4,8 % en Allemagne et 5,5 % au Royaume-Uni contre 9,9 en moyenne européenne) un peu plus bas que dans le reste de l’Union Européenne pour emporter sinon l’adhésion, du moins le consentement de la majorité de la population et des classes moyennes en particulier. Dans ces conditions, on comprend l’importance de marteler ce discours sur le retour de la croissance en Europe.

Étrange illusion en vérité. Les conditions dans lesquelles ces résultats sont obtenus traduisent le renforcement d’un darwinisme social exacerbé.  Le Royaume-Uni compte près de 5.2 millions de travailleurs pauvres, c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde occidental, tandis que l’Allemagne compte près de 15 % de sa population en dessous du seuil de pauvreté.  Tout se passe pourtant comme si la croissance retrouvée et un chômage bas redonnaient une vigueur apparente à quelques messages pourtant démentis par les faits : cela ira mieux demain, celui qui a envie peut s’en sortir, l’ascenseur social est toujours présent. Ce message de la réussite des individus est entre parenthèses le message de toutes ces émissions de télé qui envahissent nos écrans où l’élimination progressive des candidats donne l’illusion qu’un talent quelconque permet de s’imposer aux autres.

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Keynes : La fin du laisser-faire (III) La doctrine du laisser-faire résulte d’un compromis entre courants de la pensée politique

Keynes : La fin du laisser-faire

(I) Comment les girafes nous font mieux comprendre l’esprit du capitalisme

(II) La rationalité économique et l’éthique sont inconciliables

Mais quelles sont les sources de la doctrine du laisser-faire au sein de notre culture ? En fait, affirme Keynes, qui en retrace alors la généalogie, il s’agit d’un compromis sur lequel sont tombées d’accord deux interprétations de l’histoire humaine a priori inconciliables, c’est le modus vivendi découvert comme une option viable entre la vision héritée d’Aristote qui voit l’homme comme un zoon politikon, comme une espèce sociale par nature, et celle qui découle du contrat social que développèrent Hobbes, Locke, puis Rousseau, qui voit les hommes, lassés de l’insécurité propre à l’état sauvage dans lequel ils vivent isolés, décidant d’abandonner par un pacte certaines de leurs libertés pour que la sécurité soit assurée dans le cadre d’une organisation politique telle qu’un État, le contrat social ayant été conclu par l’accord de tous.

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QUI EST KEYNES ? (II) EST-IL UN SOCIALISTE (ÉLECTRON LIBRE) ?

QUI EST KEYNES ? (I) EST-IL UN LIBÉRAL (D’EXTRÊME-GAUCHE) ?

Dans « Am I a Liberal ? », allocution prononcée à l’université d’été du parti Libéral en 1925 et publiée la même année, John Maynard Keynes explique son appartenance au parti Libéral britannique.

L’étonnante forme interrogative qu’il donne au titre de son exposé s’explique par le fait que s’il s’affirme libéral, il est, selon ses propres termes, un libéral d’« extrême-gauche », le représentant d’une tendance assez inattendue au sein d’un parti dont l’ambition est de se situer au centre de l’échiquier politique.

La perplexité grandit encore lorsqu’on lit le compte-rendu qu’il publie l’année suivante d’un ouvrage de Trotski consacré à la Grande-Bretagne, où l’on constate que s’il réfute le bien-fondé d’un projet révolutionnaire, il présente la thèse du Russe en manifestant à son égard une telle considération qu’il paraît bien difficile d’imaginer qu’il n’ait pas pour celle-ci une certaine sympathie (Keynes [1926] 1933).

Aussi, après avoir expliqué de manière quelque peu paradoxale pourquoi il est un libéral, Keynes entreprend de répondre dans cette même allocution à la question que tout contemporain se pose légitimement : « Étant aussi socialiste que vous affirmez l’être, pourquoi n’êtes-vous pas plutôt membre du parti Travailliste ? »

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CE QUE LE LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE DOIT AU JANSÉNISME, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

À l’heure où les libéraux de droite et de gauche font assaut de jésuitisme pour célébrer en Stéphane Hessel l’indigné prenant ses distances avec les indignados et vilipender l’indigné s’indignant de la poursuite de la colonisation israélienne de la Palestine, à l’heure où d’aucuns, dans une surenchère suspecte, parlent de transférer les restes encore tièdes du résistant au Panthéon, ce dépotoir pompeux des grands hommes qu’on se croit dispensé d’imiter parce qu’on les a statufiés, il me paraît salutaire d’évoquer un hommage inattendu de la vertu au vice, celui qu’a rendu Pierre Nicole (1625-1695), l’une des principales plumes de Port-Royal, à la cupidité providentielle, dont la « main invisible » d’Adam Smith (évoquée dans Théorie des sentiments moraux en 1759 et dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations en 1776) reste l’émanation la plus commentée et la plus discutée.

Je ne vais pas refaire le procès d’Adam Smith. Je conseillerai simplement aux manucures du libéralisme moderne de relire les passages où apparaît cette main d’escamoteur. Ils y verront que Smith ne dit pas qu’à tout coup l’intérêt particulier contribue au bien public :

« Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, [l’individu] travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Je n’ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n’est pas très commune parmi les marchands, et qu’il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir. » (Recherches sur la nature…, livre IV, chap. 2)

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UNE « DÉMARCHE CAPITALISTE », par Tigue

Billet invité. Son auteur est chirurgien.

Parmi les deux gels utilisés dans la fabrication des prothèses PIP (voir par exemple, ici et ), l’un, « il est vrai, n’a pas reçu l’agrément des normes françaises », explique Me Yves Haddad. « Le problème est un problème de prix de revient et de coût, donc de bénéfice. C’est une démarche capitaliste, et c’est comme ça. » L’avocat a ajouté pour la défense de l’entreprise qu’il n’est pas démontré scientifiquement, à ce jour, que ce produit ait un caractère de dangerosité. « Le reste, c’est de la philosophie. Ce n’est pas bien (…) mais c’est comme ça », conclut-il.

Le philosophe peut il parler du reste ?

La pose d’implants mammaires est une intervention chirurgicale, et à ce titre comporte des risques pour la santé. Les bénéfices et les risques sont discutés au cas par cas et peuvent donner lieu à la réalisation de l’intervention moyennant un prix.

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