Archives par mot-clé : réchauffement climatique

L’herbe sera-t-elle encore verte dans le futur ?, par Cédric Chevalier

Billet invité.

Dans la rubrique des « fait divers », de la petite histoire qui nous divulgue les lignes de forces macroscopiques sous-jacentes de notre monde : la terrible sécheresse qui sévit en Californie et la pénurie d’eau qui commence à atteindre la population américaine.

Encore bien loin d’atteindre le besoin en eau destinée à étancher la soif vitale, la pénurie californienne atteint le désir (et non le besoin dans ce cas-ci !) de reconnaissance sociale, qui s’exprime aussi à travers le concept de « consommation ostentatoire », défini par  le socio-économiste Veblen, et dont on taxe plus communément les tenants de snobisme. Ce désir, c’est celui du gazon bien vert et bien tondu de la banlieue pavillonnaire américaine de rêve, qu’on connait bien à travers la production filmographique hollywoodienne. Ce désir est érigé en norme sociale et sanctionné apparemment par des règlements municipaux stupides, en plus de mettre en jeu l’opprobre vicinal informel.

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« EXTRÉMISTE »… COMME VOUS ET MOI

L'insurrection numériqueGuerre Civile - Couverture I

Lorsqu’eut lieu en 2011 la conversation entre Régis Meyran et moi qui déboucha sur mon livre La guerre civile numérique, un différend éclata entre Textuel, l’éditeur, et moi. Dans l’esprit de l’éditeur, le titre de l’ouvrage devait être « L’insurrection numérique », comme en témoigne la première couverture diffusée, que vous trouverez toujours sur Amazon.fr si vous avez l’intention de commander là l’ouvrage. J’avais le sentiment moi que nous nous étions mis d’accord sur « La guerre civile numérique ».

Le titre que j’avais initialement proposé était celui de mon premier billet à ce sujet sur le blog : « La guerre civile techno », consacré au refus par PayPal et Mastercard, le 8 décembre 2010, d’enregistrer désormais les dons faits à Wikileaks. « Techno », m’avait-on objecté, cela fait « musique », et j’avais dit « bon ! ».

Pourquoi ce différend ? Parce que Textuel interprétait les événements en termes d’une insurrection montant de la base, alors que je lisais en eux ceux d’une guerre civile ou s’affrontent deux camps au sein d’une même population et, si l’on suivait mon explication, il était clair que l’initiative de cette guerre civile venait d’en haut, la preuve en étant l’offensive menée contre Glenn Greenwald par une coalition constituée de la Chambre de Commerce des États-Unis et le gouvernement américain. Quand je dis « Chambre de Commerce des Etats-Unis », il ne s’agit pas pour moi d’employer l’expression comme une métaphore pour le big business, non, il s’agit de l’association de ce nom en tant que telle.

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LE PROCESSUS « CULTUREL » DE REPRODUCTION / SÉLECTION « NATURELLE », par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion

Quand Darwin parle de « sélection naturelle », le processus implicite, sans lequel il ne pourrait y avoir sélection de certaines des combinaisons obtenues, est bien entendu la reproduction qui s’opère elle à proprement parler naturellement, c’est-à-dire mécaniquement.

Il en va en réalité de même pour ce que fabrique l‘homme : il ne produit pas véritablement à dessein, il produit au contraire « tout », c’est-à-dire l’ensemble de toutes les combinaisons possibles et, toutes les combinaisons qui « fonctionnent » trouvant nécessairement un acheteur, elles sont reproduites.

L’homme se contente de poursuivre, de manière « culturelle » et il faut entendre par cela, simplement : « au-delà du biologique », la dynamique de la sélection naturelle. Par ailleurs, l’homme se révèle incapable d’exercer le moindre contrôle, la moindre maîtrise, sur ce processus « culturel » de reproduction / sélection « naturelle », l’épithète « naturelle » renvoyant précisément à l’absence de choix, au fait que tout est tenté, et que tout ce qui « fonctionne » est reproduit.

Bien sûr, comme pour notre destin individuel et ses multiples péripéties, nous, êtres humains, sommes toujours capables de produire a posteriori un discours justificatif mettant en scène une intention préalable, un « but », que l’effet produit et constaté aurait en fait « réalisé », et un « choix » opéré entre différents buts possibles (*). Pour vous en convaincre, consultez votre quotidien imprimé ou en ligne, où vous trouverez des justifications érudites des O.G.M., du nucléaire civil, des armes de destruction massive, physique, chimique, et aujourd’hui, biologique, etc. en dépit du fait qu’avec eux le péril pour l’espèce grandit à chaque jour qui passe.

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SORTIR DU CADRE ? par Thierry Melchior

Billet invité

Chacun le sait (ou devrait le savoir), nous sommes confrontés à une triple crise.

Celle dont il est le plus question dans ce blog, est, bien sûr la crise économico-financière, qui, dans la foulée de la crise des subprimes est loin d’avoir été résolue.

Elle se conjugue avec deux autres crises qui sont comme les deux faces d’une même médaille, la crise énergétique et la crise climatique. La crise énergétique résulte d’une exploitation toujours plus effrénée des sources d’énergie fossile depuis une centaine d’années, sources qui, en conséquence, commencent à se tarir. L’approvisionnement énergétique n’est pas encore très gravement menacé, mais tout laisse présager qu’il le sera bientôt. La crise climatique est loin d’avoir encore fait sentir tous ses probables effets, mais ils risquent d’être dévastateurs (montée du niveau des océans mettant en péril de nombreuses villes côtières, aridité croissante de nombreuses zones aujourd’hui fertiles, perte massive de la biodiversité, augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes…). Il est extrêmement probable que ce réchauffement global est la conséquence de l’oxydation massive des énergies fossiles et du rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (CO2). Il risque de s’emballer par diverses boucles de rétroaction positives (aggravantes) telles que la diminution de la capacité de réfléchissement des glaces (albédo) du fait de leur fonte, libération massive de méthane du fait de la fonte du pergélisol (le méthane étant un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2), diminution de l’obscurcissement planétaire du fait qu’une diminution de l’émission de poussières industrielles (qui atténuent le réchauffement) sera la conséquence prévisible du ralentissement voire de l’écroulement de la production industrielle consécutive au tarissement des sources d’énergie fossile.

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Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences.

Le débat sur l’origine anthropique du réchauffement climatique prend une tournure de plus en plus surréaliste. Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, la fonte des glaces permanentes, et dans une moindre mesure, par la remontée du niveau des océans. Le débat porte sur la responsabilité de l’homme dans ce réchauffement ; il oppose ceux qui estiment qu’elle est pleine et entière, – l’homme apprenti-sorcier ayant fini par être assez puissant pour perturber la vie de la biosphère -, à ceux qui, sans l’exclure totalement, demandent néanmoins à voir, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la validité des modèles et des données qui ont permis aux tenants de la culpabilité humaine de conclure à l’implication de leurs moyens de transport, de leurs usines et de…leurs vaches.

L’enjeu du débat n’est bien entendu pas futile. Le monde sort à grand-peine d’une terrible crise financière qui a mobilisé des moyens considérables avant d’être enrayée, en attendant l’inévitable rechute. Les raisons profondes de cette crise n’ont en effet pas été traitées ; elles viennent de l’antagonisme irréductible entre le court-termisme ravageur sans cesse amplifié par les progrès des technologies de traitement et de transmission de l’information dans l’univers de la finance, et les besoins financiers du monde réel, confronté à l’épuisement prévisible de ressources minérales et fossiles limitées, et à la pollution des ressources naturelles indispensables que sont l’eau, l’air et les sols, dont les effets négatifs à long terme ne peuvent être combattus que par des investissements à long terme eux aussi, qui ont le mauvais gout d’avoir une rentabilité impossible à garantir dans un monde où le cours des matières premières et de l’énergie sert plus de prétexte à la spéculation sur des cotations qui varient au gré des rumeurs, qu’à ajuster véritablement l’offre et la demande comme le revendiquent haut et fort les théories libérales bien en cour.

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Le capitalisme (II) – Les seuils qui sont franchis

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Une rupture a lieu lorsqu’un seuil est franchi. Repérer de telles limites et observer si elles ont été atteintes constitue la tâche première pour qui veut lire l’avenir déjà inscrit dans le présent.

Avant même que la crise que nous subissons ne se déclenche, une limite avait déjà été atteinte : celle du comportement colonisateur de notre espèce dans le cadre de la planète que le sort lui a offerte. Parmi les choses que notre espèce a inventées figure en bonne place la politique de la terre brûlée. Nous prenons la Terre comme elle se présente à nous : nous en extrayons ce qui nous intéresse, nous l’intégrons dans des objets manufacturés et quand ceux-ci ont cessé de fonctionner, nous les entassons à la décharge.

La chose importait peu tant que la Terre était si vaste qu’elle nous semblait illimitée et ses ressources, inépuisables. Le moment est venu hélas où elle commence à nous gêner aux entournures. Avons-nous endommagé de manière irréversible son climat-même ? La preuve n’en a pas été apportée de manière formelle mais qu’importe puisque nous en sommes capables et si nous ne l’avons fait déjà, nous le ferons sans aucun doute demain. Quelles mesures avons-nous prises pour conjurer ce danger ? La réponse prêterait à rire si elle ne prêtait à pleurer : celui qui pollue trop achètera le droit de le faire à celui qui pollue moins. Et pour faire bonne mesure, ce seront les banquiers qui veilleront à ce que les choses se passent comme il faut – pour un prix raisonnable.

Mais d’autres limites ont également été atteintes. Quand la part principale du Produit Intérieur Brut (PIB) des nations s’obtient par des paris portant sur les fluctuations de prix, la part devient au contraire congrue pour tout ce qui présenterait une fonction « socialement utile », pour reprendre les termes utilisés par Lord Adair Turner, président de la FSA (Financial Services Authority), le régulateur des marchés britanniques. Mr. Mervyn King, président de la Banque d’Angleterre, paraphrasant Churchill, déclare de son côté que « Jamais tant d’argent ne fut dû à tant par un si petit nombre ». Quand des financiers s’indignent du comportement de la finance, il devient clair qu’un seuil dans l’indécence a été franchi.

L’intermédiation était le rôle traditionnel de la finance : mettre en présence celui qui a besoin d’avances et celui qui, disposant d’argent en quantité plus grande que ce dont il a un usage immédiat, est disposé à le prêter contre rémunération. Mais elle ne s’en tint pas là : elle découvrit le pouvoir de l’effet de levier : qu’il en coûte beaucoup moins, et qu’il en rapporte bien davantage, de faire des paris sur les fluctuations de prix à l’aide d’argent emprunté.

Parier avec de l’argent emprunté démultiplie le profit potentiel et démultiplie bien entendu la perte potentielle exactement dans la même proportion. Mais qui s’en soucie ? D’abord, les joueurs déjà en place bénéficient d’un avantage considérable sur les nouveaux entrants, et ce sont eux qui perdent des plumes en quantité disproportionnée. Ensuite, eh bien : « Vae victis ! », malheur aux vaincus !

À cette réserve près que les vaincus doivent en général de l’argent à d’autres… qui doivent eux-mêmes de l’argent à d’autres encore. Si bien que le système tout entier se fragilise inexorablement. Et qu’à la place du risque couru par des entités isolées, on voit apparaître le risque du système tout entier, réalité qui devint familière à partir de 2007 sous l’appellation de « risque systémique », une expression jusqu’alors inédite mais que l’opinion publique à l’échelle du globe apprit rapidement à connaître, à ses dépens.

La finance a toujours été la puce qui sur le dos de l’économie s’abreuve de son sang. Mais comme nul ne l’ignore, quand un animal est devenu un « sac à puces », c’est sa santé-même qui est en danger. Et le parasite peut désormais tuer la bête.

(à suivre…)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Tout est lié, par Corinne Lepage

Billet invité.

Peut-on rapprocher la polémique sur le GIEC et les perspectives climatiques et le renforcement de la prise de pouvoir par le système financier du reste du monde ? A mon sens, oui. Ce rapprochement ne s’impose pas dans la mesure où les climato-sceptiques semblent tirer leur force des « erreurs » du GIEC, ce qui prouverait que le problème est endogène au GIEC. Je ne le crois pas un instant. Sans doute, des erreurs ont été commises par le GIEC sur la date éventuelle de disparition des neiges éternelles ou sur la reprise comme argent comptant des évaluations du gouvernement des Pays Bas lui-même quant au risque de submersion de son territoire. Mais cela ne change rien au problème de fond. De plus, les climato-sceptiques n’ont à aucun moment produit des documents présentant une explication crédible des phénomènes constatés et de surcroît, en toute hypothèse, chacun ne peut qu’admettre que la sortie de l’économie pétrolière est inévitable en raison de la réduction des réserves disponibles.

Dès lors, l’emballement médiatique climato-sceptique a d’autres origines évidemment qu’une discussion honnête sur les changements climatiques. Ils traduisent la reprise en main, après l’échec de Copenhague auquel ils ont très largement contribué, du lobby pétrolier (étatique via l’Arabie saoudite qui comme par hasard a « sorti » le « climategate » à Copenhague en privé) et de tous ceux qui ont spéculé et continuent à le faire sur le pétrole. De plus, les Etats, pour cacher leur incompétence, ont tout intérêt à réduire aujourd’hui l’importance du sujet, d’où le gain en terme d’image du débat sur la réalité d’un phénomène qui a mobilisé toute la planète voici 2 mois.

Le rapprochement entre la tentative, assez bien réussie, de déstabilisation des efforts en faveur d’une économie sobre et l’aggravation de la crise économique sous l’effet de la rapacité et de la perversité de certaines banques, agences de notation et autres acteurs du système financier est à opérer sous plusieurs angles :

• D’abord, la faiblesse des Etats qui sont, dans un cas comme dans l’autre, « baladés » par ceux qui, sans aucun état d’âme, – à l’instar de Hugh Hendry, gestionnaire du fonds Eclectica claironnant à propos de la spéculation de la Grèce : « nous allons gagner des millions ». Et, alors parient sur la ruine et la disparition des autres comme s’ils n’étaient pas concernés.

• Les liens croissants entre les politiques climatiques et le système financier, que ce soient les dérives du marché des quotas, la spéculation sur le prix du pétrole ou l’utilisation des fonds souverains d’origine pétrolière et des pétro-dollars.

• Le maniement de la presse comme outil de désinformation autant que d’information en l’absence de la capacité réelle de disposer d’outils efficaces assurant l’indépendance politique et économique des médias.

Cela signifie que si la crise est systémique, la réponse doit l’être également. Nous n’en sortirons qu’en rassemblant des sujets apparemment sans rapport entre eux mais qui traduisent la même prise de pouvoir et les mêmes conséquences pour l’immense majorité.

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Bien fait pour leur pomme !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vous avez dû suivre cette affaire : un ou plusieurs hackers sont parvenus à pénétrer les archives du CRU (Climate Research Unit) à l’Université d’East Anglia à Norwich en Grande-Bretagne. Le CRU, je vous le rappelle, est un groupe de travail qui affirme avoir mis en évidence le réchauffement climatique et la responsabilité « anthropique » dans ce réchauffement.

Qu’a-t-on découvert dans ces archives ? La preuve apparemment que ce groupe a trafiqué / falsifié sa recherche. On y trouve en effet la trace de quantité de sous-entendus, de manœuvres douteuses et autres coups tordus.

Les hackers affirment qu’ils ont ainsi apporté la preuve que le réchauffement climatique et son origine anthropique sont un faux, une machination. Est-ce bien le cas ? Difficile à dire, mais probablement non : ce que l’on découvre en réalité dans ces messages piratés, c’est la pratique quotidienne des scientifiques, à savoir, et dans le désordre : « cliquisme », mauvaise foi systématique, barrage corporatiste contre les idées hétérodoxes, clientélisme, etc. etc. Rien de plus en réalité que l’ordinaire des milieux universitaires.

Durant ma carrière dans la finance, on m’a souvent dit : « Vous avez dû être choqué par la manière dont on se conduit dans les milieu des affaires ! » Et ma réponse a invariablement été : « Hélas non : c’est bien pire dans l’université ! »

Une anecdote datant d’il y a bien longtemps (1979). J’avais écrit un article où je comparais les conceptions de W.H.R. Rivers, l’un des pères fondateurs de l’anthropologie de la parenté, à celles de Claude Lévi-Strauss, sur les implications pour les cultures des contacts qu’elles ont entre elles. J’avais soumis mon texte à la seule revue d’histoire de l’anthropologie qui existait à l’époque (il s’agissait d’une revue anglophone). J’avais essuyé un refus. La lettre anonyme (une pratique courante – censée garantir l’objectivité des opinions émises !) qui me l’annonçait offrait une explication vaseuse, où se reconnaissait par ailleurs facilement le style de celui qui dominait alors la discipline « histoire de l’anthropologie » et y bénéficiait en réalité d’un quasi-monopole. L’identité de l’auteur ne faisait aucun doute pour moi et je lui écrivis directement. Je lui dis qu’il était injuste qu’il barre ainsi l’accès de la discipline à de nouveaux auteurs. Il me répondit très brièvement avec une phrase du genre : « À la guerre comme à la guerre ! » Trente ans plus tard, mon article est toujours inédit : je l’ai retrouvé dans une caisse il y a quelques semaines.

Seulement, ce genre de pratiques universitaires, quand d’autres tombent dessus accidentellement, n’apparaissent pas à leurs yeux pour ce qu’elles sont avant tout : pour de la simple bassesse, mais pour ce qu’elles sont aussi, à savoir de la malhonnêteté. Et l’on crie alors au scandale.

C’est fou ce que l’on découvre ces jours-ci de monde – et cela va de Goldman Sachs à Wall Street au CRU en East Anglia – qui ont pris un malin plaisir à creuser leur propre tombe.

Qu’on ne compte pas sur moi pour pleurer sur leur sort : bien fait pour leur pomme !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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