L’Écho – La peur d’avoir peur, le 11 décembre 2019

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S’il existe une chance de s’en tirer, notre passivité est criminelle. ©Photo News

C’est la peur d’avoir peur, le fléau de notre époque, qui conduit à la paralysie plutôt que la peur elle-même.

Dépêche AFP : « Le Parlement européen a décrété jeudi 28 novembre l’urgence climatique et environnementale, un vote symbolique pour maintenir la pression sur les dirigeants de l’UE à l’approche de la COP25 sur le climat et avec l’arrivée d’un nouvel exécutif européen. La résolution, adoptée à une majorité confortable (429 pour, 225 contre et 19 abstentions), affirme l’engagement du Parlement pour « limiter le réchauffement de la planète à 1,5ºC et éviter une perte massive de biodiversité ».

« Ces décisions auront un impact réel sur la vie quotidienne des Européens. Il y a urgence à agir, mais pas un état d’urgence à déclarer », a réagi Peter Liese au nom du PPE, qui plaidait pour l’utilisation d’un terme qui ne donne pas l’impression de « panique ». »

Celui ou celle qui lance l’alerte aujourd’hui devant la menace d’extinction de l’espèce humaine se voit en effet immédiatement opposer un barrage par les pompiers de l’émotion intervenant en urgence : « Arrêtez! Vous ne vous rendez pas compte que vous allez faire peur aux gens!« , comme si entre le risque de disparition de l’humanité et le risque de faire peur à quelqu’un, le choix était clair. Comme si la peur était juste un résidu d’un autre âge, dénué de la moindre justification, une abomination dont il faudrait débarrasser l’humanité une fois pour toutes! Comme si la peur n’était pas ce qui nous alertait, et mobilisait nos énergies pour tenter de résoudre les problèmes devant nous!

Avoir peur et avoir mal met en marche

Avoir peur et avoir mal, nous alertent au fait que nous devons réagir, qu’il faut que nous sortions d’une situation où notre existence est menacée. Bien sûr, si l’on nous fait peur et qu’on nous fait mal en nous torturant, sans que nous puissions échapper à notre tourment, la situation est horrible parce qu’elle est entre les mains de notre bourreau, c’est-à-dire sans issue. Mais sinon, avoir mal ou avoir peur met en marche notre imagination et nous mène en général droit vers la solution.

Mais l’implication aujourd’hui est que la peur s’assimile seulement à la souffrance, à la paralysie, ou à la panique comme le suggère le parlementaire européen Peter Liese. Nous avons oublié que, comme toutes les espèces autour de nous, nous sommes « résilients », comme l’on dit aujourd’hui, que nous avons la capacité de rebondir devant le danger. Les médecins vont à l’encontre de notre prédisposition à résoudre nos difficultés s’ils disent: « Vous avez peur? Je vais arranger cela avec une ordonnance! »

La peur d’avoir peur est comme la peur de ne pas s’endormir qui est la première cause d’insomnie: elle aggrave les choses, elle est bien plus dangereuse que la peur elle-même car sans la peur au cœur de nous-même, notre espèce, comme l’ensemble des mammifères, des oiseaux et des poissons autour de nous, aurait disparu depuis des centaines de milliers d’années.

C’est la peur d’avoir peur, le fléau de notre époque, qui conduit à la paralysie plutôt que la peur elle-même. Délibérément ou par ignorance, ceux qui nous disent aujourd’hui « Arrêtez! Vous ne voyez pas que vous faites peur aux gens ! » rendent le pire service au genre humain: ils menacent son existence, au contraire des lanceurs d’alerte.

Paradoxalement, les réalistes sont aujourd’hui ceux qui font peur tandis que les apôtres de la peur d’avoir peur sont les nouveaux rêveurs idéalistes. Il y a une dizaine d’années, un collègue me disait à propos de sa meilleure étudiante, dont il était assez fier: « Elle dit que la crise, ça la fatigue, qu’elle préfère ne pas y penser« . Je crains que cette jeune femme n’ait pas tenu les promesses que son professeur voyait en elle.

Passivité criminelle

Le véritable risque est que le monde s’effondre demain pendant que chacun reste vissé devant l’écran de sa télévision, un joint à la bouche et une boisson alcoolisée à la main. Si la question de la survie du genre humain est effectivement insoluble, alors il vaut mieux sans doute qu’il en soit ainsi. Mais s’il existe une chance de s’en tirer, cette passivité est criminelle, car elle laisse passer ce qui est en réalité la seule opportunité qui nous est offerte.

Bien sûr l’émergence d’une espèce (plus ou moins) intelligente comme la nôtre réapparaîtrait tous les 2 millions d’années. Il suffirait de prendre son mal en patience!

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27 réflexions sur « L’Écho – La peur d’avoir peur, le 11 décembre 2019 »

  1. Bonjour toutes et tous, et merci Jorion d’ouvrir au dialogue, social, ce thème d’actualité complexe.

    La « peur de la peur » certaines « influenceuses », et d’autres « donneurs de leçons de morales, justices, politiques… » s’en font une profession. Et « de foi » plus mauvaise, que le simple « bon sens » qu’elles et ils professent, leurs polémiques inondent les ondes, ce font « religion féroce », « créent » des remouds sur une surface ou se rajoutent des rides à l’écume, qui masquent trop souvent un « soliton » « destructeur » naissant.

    Un exemple ce matin, dans cnews, en fut donné, dans un domaine qui par son « effet tunnel », donne nausées et mots de têtes à rendre hystériques, nombre de « chiens de garde ». La relation entre « la peur de la peur » du risque d’extinction de l’espèce… et la « peur de la peur » qu’une grève paralyse le pauvre pib d’un pays, tétanise son « économie » en « souffrance », parle d’elle même, il me semble, avec ce qui suit :

    « Un exemple pour illustrer l’adage qui dit en substance, qu’en politique, il y a de quoi rire de celles et ceux « qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »…. ?

    C’est dans « L’heure des pros » qu’il se trouve… Et plus particulièrement sa singularité est dans les débats médiatico-politiques, qui s’épanchent sur les conséquences visuelles montrées de façon non neutre ni impartiale…

    Filmées ces conséquences, ces effets en somme, par la focale de « juge et parti pris », de « donneurs de leçons de morales, de politiques… » du « ras le bol fiscal », du « poujadisme »… est si subjectif, que le respect du pluralisme des idées informant le droit de savoir de la citoyenneté sur les équilibres ou déstabilisations du rapport de force, « abstentionniste » sur le plateau d’aujourd’hui, au sujet de la grève contre la réforme systémique « en même temps » que paramétrique, des retraites… leur donnerait presque la « bénédiction »… du moins « l’extrême-onction ».

    Déplorer que les plus pauvres, comme des femmes de ménages, comme des ouvriers précaires de banlieues parisiennes, images chocs à l’appuie, tournant en boucle, pour attendrir les nœuds neuronaux des « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer un « culte féroce » qu’à la dictature des émotions » sondant que leurs doutes, indécisions, incertitudes… ne puissent continuer d’être enfermés dans le pouvoir accru de subordination qu’acquièrent les propriétaires privés d’actions, d’entreprises, assistés sans contreparties… parce que des grévistes dans la RATP, SNCF, l’éducation nationale, etc, les fonctions et services publics quoi, ne font pas circuler les moyens de transport les conduisant aux chaînes et boulets qui nous asservissent toutes et tous, est déjà assez risible pour ces « influenceurs » qui ne risquent rien de s’appliquer le fait que le « ridicule ne tue pas en politique »…

    Ce que le poids de leurs mots feignant l’empathie, se lamentant sur fond d’images chocs montrant la violence d’individualisme se pressant comme du bétail, parce qu’il manque de métros, trains, etc… ne dira jamais… c’est la peur viscérale qui tétanise collectivement ces employées, ces salariés, pauvres, peur d’être licenciés pour eux, virées du jour sans lendemain pour elles (voir la réforme de l’assurance chômage passée par décrets, sans dialogue social quoi), sans motif économique pertinent par exemple… Est-il utile de rappeler quelles conséquences, cause la gouvernance appliquant le principe de « diviser pour mieux régner »…?

    Ce que ces images choquantes, ne montreront pas plus à « l’opinion » (cette « pute qui prend par la main le juge »… n’est-ce pas M. Pascal Praud) qu’il est appliqué aux mots les commentant la règle « du silence est d’or » (comme pour le « secret d’affaires », chéri par les adeptes des conflits d’intérêts, du favoritisme, clientélisme, carriérisme, pantouflage au verrou de Bercy)… ce sont les discriminations impunies à l’embauche (qui existent pour les deux tiers que des temps partiels contraint, des CDD très courtes durées, de l’intérim…. Soit pour des « carrières hachées » qui font et feront travailler au delà de l’âge, pour obtenir un « taux plein » de cotisations, de « points », alors que le recul d’espérance de vie, arrivée à l’âge de la retraite, en bonne santé, les rattrape « en même temps » qu’explosent les dépenses contraintes, et condamnera plus encore), dans l’accès aux logements, dans les brutalités commises lors de contrôles aux faciès, « manifestations interdites », soit autant de causes d’inégalités territoriales, scolaires, de « destin » (NON RECOURS, impactant plus de 30% des « bénéficiaires du RSA » sur plus de 14% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, qui ne touchent aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent », qui risquent pas conséquence, de ne jamais avoir suffisamment de « points », un « taux plein », arrivé à l’âge légal de départ à la retraite) que chérissent certaines idéologies d’extrêmes droites, de droite extrême, jusqu’à la macronie… Au vu du nombre et de la nature variées des discriminations impunies, faut-il s’acharner à faire croire que le « père Noël » sanctionnera les enfants pas sages, qui ne se privent pas de profiter de ce qui est « qualifiable » de « droit à l’erreur » fiscale, sociale, morale environnementale…?

    Que vaudrait leurs « leçons de morales » de « politiques », et autres caricatures, préjugés, ciblant les jeunes des cités sensibles, les « Mœurs » différents… si ce qui justifie et excuse l’idéologie de la nécessité de loi anticasseur plus sévère (donner le doit à la légitime défense et présomption d’innocence, y compris aux policiers suspectés de brutalités commises lors des contrôles aux faciès, d’avoir éborgné, etc), et autres lois d’exceptions, comme de faire la « chasse aux réfugiées et migrants » et aux pauvres aux RSA, de criminaliser les mouvements sociaux de grévistes, ou/et comme XR, les zadistes, les décrocheurs de tableaux… (mouvements en faveur d’action immédiate en réponse aux URGENCES CLIMATIQUES ET SOCIALES de par le monde) donnait à comprendre à « l’opinion », avec des mots et images, relativisant comme si dessus ce que subissent comme injustices quotidiennes les personnes « prises en otage » comme « effets à déplorer », et par la peur du licenciement, d’être remplacés par des logiciels, robots, automates, ou moins moins disant social, fiscal, moral… et la peur de la perte de ses droits à la retraite, au chômage, à la solidarité, fraternité, égalité et liberté, collectivement quoi, « en même temps » que celles peurs du risque d’extinction des des espèces dont la notre, des guerres commerciales, monétaires, « de civilisation »… ? »

    1. Ou est le lien, dans ce tumultueux « effet tunnel », me direz vous, entre « la peur d’avoir peur » (que je trouve similaire à « la peur de la peur ») du risque d’extinction des espèces dont celle humaine, est incarnée par des personnages se gargarisant de corrida avec un ministre de la souffrance animale, et celle « peur d’avoir peur » que le risque de grèves longues durées, qui croit autant que la peur d’être enfumé, d’avoir à subir une asphyxie, à cause des « promesses de justice sociale », et « d’universalité » (n’ayant engagé que celles et ceux ayant y croire) qu’une réforme « immaculée » des retraites est censée faire descendre du ciel, à défaut de déluge imminent…? Vu le nombre de VTC, Bus macron, et autres entreprises, actionnaires, de la « start-up nation », de « l’économie collaborative », qui pollueuse (vu qu’il pleut, les vélos et trottinettes sont « abstentionnistes), paie au moins disant fiscal, moral, social, environnemental, et qui n’a pas peur de profiter de faire exploser les tarifs, « en même temps » que « d’externaliser négativement » la peur (qu’ils n’ont pas) de l’augmentation des émissions de gaz a effet de serre, de particules fines polluantes, comment, qui pourquoi, quand, ou… arriver à faire se soucier « l’opinion », des victimes des inégalités injustices décrites plus haut, dont il est question de se servir en « bouclier… » « humaniste »…?

      1. Désolé, je n’arrive pas à vous lire. Quelques conseils :

        – ne pas utiliser de guillemets,
        – n’exposer qu’une seule idée par commentaire,
        – trouver un cobaye près de vous pour lire votre texte et donner son avis avant publication.

        Ceci dit sans moquerie : j’ai l’impression que vous avez des choses à nous dire, il est dommage que la forme soit dissuasive.

      2. @ Ernisse : Je comprends… On peut néanmoins lire le texte de notre contributeur comme du rap ou du slam : s’attendre à ce que, entre premier sujet et son verbe mis fort loin, soient interjetées des images, comme on le fait dans ces styles de chansons-parlées.

  2. C’est aussi que nos filets de sécurité sont derrière des artefacts techniques : le n° du SAMU, des pompiers, de la police, et tant d’autres systèmes d’assistance (du serrurier au plombier).
    La partie « utile » de la peur, celle de notre « résilience » se construit dans les réponses que nous avons pu nous-même donner aux « claques » que nous avons pu recevoir (les mauvais coups qui nous sont arrivés, pas les claques physiques des proches ou moins proches).
    Le travail de reconstruction de cette résilience passe par des pratiques de « remise en route » de quelque chose, de réparation, même sans lien apparent avec la question climatique (mais avec la question sociale, ce qui est assez … vaste).

      1. @Francois Corre
        Oui, effectivement, l’on peux considérer que le peuple cubain est résilient, il doit faire face au blocus économique de son pays de la part des USA, depuis 1962 en réaction aux nationalisations des intérêts américains.
        Blocus économique, il ne pouvait en être autrement, sachant qu’au 1er janvier 1959, 90% de l’activité économique de l’Île était contrôlée par des compagnies américaine, ensuite, l’aveu du caractère ‘socialiste’ de la révolution (lors d’une conversation de Che Guévara en 1960 avec J.P. Sartre et S. de Beauvoir), affirmé de manière officielle en avril 1961 par Fidel Castro ; ajoutez à cela l’échec de la contre-révolution fomentée par le grand voisin lors du débarquement de la « baie des cochons », et le maccarthysme toujours très prégnant à l’époque.
        Le résultat a été la création de liens très étroits avec l’URSS et le COMECOM, Cuba y a trouvé son intérêt durant de longues années. Puis vient la chute du mur de Berlin en novembre 1989 et subséquemment l’écroulement du camps communiste : la répercussion a été sévère, perte de 36% du PIB durant la période 1990-1993, le plus dur à supporter fut certainement le manque de pétrole qui induisait un manque de carburants pour les transports publics et les transports de marchandises, le carburant pour les tracteurs dans l’agriculture, la productions d’engrais, la génération d’électricité, etc..
        Il a donc fallu adopter une économie de guerre en temps de paix qui a été intitulée ‘período especial en tiempos de paz’, cela s’est traduit par de grandes restrictions dans les transports, l’apparition des ‘camelos’ qui étaient des semi-remorques transformés en métro-bus, la permaculture au sein des villes et proche des villes, le retour de la traction animale dans l’agriculture et les transports, l’ouverture du pays au tourisme pour obtenir les devises nécessaires aux achats extérieurs.
        La récupération du niveau de PIB atteint en 1990 n’a pu avoir lieu qu’en 2007, chose qui laisse entrevoir la hauteur des efforts consentis par la population de ce pays.
        Les riches cubains exilés en Floride, pensant et espérant que le moment soit venu de voir le ‘régime cubain’ tomber comme un fruit mûr, ont fait pression sur le gouvernement américain de l’époque en vue d’aggraver l’embargo, ce qu’il fit en 1992 sans résultat positif quant à ce qui était attendu.
        A noter que l’on joue un peu sur les mots car l’on a plutôt adopté le terme plus doux d’embargo qui n’est pas un acte de guerre au contraire de ‘el bloqueo’ qui lui est considéré par les autorités cubaines comme un acte de guerre économique.
        En août 1994, le peuple a faim et une grande manifestation a lieu sur le front de mer à La Havane (Malecón), des incidents avec la police, des vitrines brisées, etc.., Fidel Castro, à cette occasion a montré qu’il avait des ’cojones’ et est allé en personne discuter avec les manifestants, ramenant ainsi le calme ; j’imagine mal voir notre Manu., se munir d’un porte-voix et aller haranguer la foule des manifestants le prochain 17 décembre… 🙂
        Pour en revenir à Cuba, il est déplorable de constater que les avancées obtenues par J. Carter et B. Obama sont foulées au pieds par le locataire actuel de la Maison Blanche ; espérons que son bail locatif soit annulé prochainement car le maccarthysme réapparaît, notamment sous la forme de prise à partie dans la presse et les réseaux sociaux des artistes cubains ainsi que la prise de mesures visant à limiter les voyages touristiques vers La Havane, des restrictions concernant l’affrètement de pétroliers pour le transport du brut vénézuélien vers Cuba, etc..
        L’ensemble de ces mesures sont non seulement vexatoires, mais concourent à un appauvrissement de la population, à de grandes difficultés concernant l’approvisionnement en denrées alimentaires et médicaments ; certains dans le pays disent qu’ils vivent une situation proche de celle vécue durant la décennie 1990.
        Ce pays est loin d’être parfait mais il tente de tracer sa voie entre ce qui était l’option soviétique et l’option chinoise préférée de Che Guévara, quoique, j’imagine mal – lui en vie, encore soutenir la Chine des nouveaux milliardaires (Jack Ma et consorts…).
        Pays atypique donc, qu’il conviendrait de libérer des contraintes actuelles qui entravent son développement, tout en espérant qu’il ne tombe point dans les mêmes travers qu’observés en Chine.

    1. Je suis tout a fait d’accord avec votre approche timiota (et vous remercie pour votre soutien dans le commentaire suivant « timiota 12 décembre 2019 à 0 h 17 min », adressé à Ermisse).

      J’avais réfléchi à une époque, à lier ces deux URGENCES, SOCIALES et CLIMATIQUES, en approfondissant l’adage qui dit que pour aider un pauvre, mieux vaut lui apprendre à pécher, que de lui donner de l’argent, ou autres denrées alimentaires, ponctuellement. Selon moi, il ne vaut plus au temps disruptifs actuels. Il me semble encore que cette approche est d’intérêt dans le fait qu’elle corrèle le problème de perte de biodiversité, de dérèglement climatique, à celui du développement exponentiel d’inégalités, de précarités et pauvretés, nouvelles, d’un « nouveau monde » quoi, dira t-on.

      Car avec la raréfaction des ressources et sur-concentration des richesses (d’autant plus conséquente après le crack financier de 2007/8 , et les socialisations massives de dettes privées privées, pertes casinos avec en conséquences l’explosion des dettes publiques, des déficits combinés aux politiques d’austérité) qui devrait s’opposer logiquement au productivisme déraisonné (« externalités négatives » polluantes,comme le fait d’envoyer nos déchets – ménagers etc – soit disant recyclés dans des conteneurs colorés, ailleurs, vers des pays pauvres les refusant désormais parce que toxiques, etc), au consumérisme irrationnel de plus d’1,7 planètes par an (en moyenne, soit les pays pauvres en sont si loin, que les 6 planètes par an, du modèle des USA à de quoi déclencher une peur d’avoir peur de le choisir) et à la problématique de la « compétitivité » de croissance démographique, de guerres commerciales, monétaires de « civilisation », dont les puissances occidentales ont le secret (« d’affaires » de vente « d’armements patriotiques », de conflits d’intérêts…), il semble qu’il n’y a déjà même plus de « bassin », pour apprendre à pécher aux plus pauvres…

      A notre échelle. Le cas des NON RECOURS est illustratif en ce sens, ou, l’apprentissage qu’est censé être donné par « l’État providence », dissuade, décourage, ostracise, culpabilise, plus, les plus démunies des mères isolées, jeunes filles « actives », et les plus modestes des travailleurs précaires, jeunes hommes des cités… à faire valoir (en terme de « représentativité »), qu’elles et ils ne sont pas plus en tant « qu’élèves », des « fainéants et faignantes », « rien », « alcooliques », « drogués » et que sais-je encore, « assistés », touchant un « pognon de dingue »… que responsables de ne pas comprendre la complexité et complexification du « nouveau monde » du travail (ordonnances, 49.3 décrets, etc) et de la restriction des critères d’aides sociales ouvrant aux droits (Voir les décrets de la réforme de l’assurance chômage. Par analogie entendez : carte de pêche, comme permis de chasser).

      D’autant plus que si le « bassin » ou la pèche s’ouvre… est toujours plus réduit, et « pollué » (Pour les chasseurs : hausse de la prime d’activité de 90 euros/mois, qui exonérant comme source de financement le patronat et l’actionnariat assistés sans contreparties, pose un problème de déficits et d’arbitrage déjà pesant sur les dépenses sociales. Suspicion généralisée de « fraudes sociales » et flicage systématique) la question n’est plus de leur apprendre à se responsabiliser « écologiquement » dans la priorisation des besoins vitaux qu’elles et ils ne peuvent satisfaire (explosions des dépenses pré-engagées, désertification des services publics et privatisations rampantes de certains d’eux….), mais semble t-il, elle devrait se préoccuper du risque de les faire passer pour des bouc-émissaires du consumérisme, parce qu’elles et ils seraient les otages pratiques, des « peurs d’avoir peur » d’autres plus nantis…

      1. Pour parler de « valeur » que la droitisation de la société chérie, aime à entendre pour se rassurer. Si l’Etat faillit dans son « devoir » de porter assistance aux personnes les plus en danger, comment et pourquoi voudriez vous que le public concerné par les NON RECOURS, discriminations impunies, etc, abstentionniste avec d’autres publics, consente d’avoir la responsabilité d’un quelconque devoir… ?

  3. Les mesures à prendre pour freiner le système ne vont pas faire les affaires de ceux qui jusqu’alors en tiraient les bénéfices. Il se trouve qu’il existe une forte consanguinité de pensée et une réelle parenté de vue entre ceux qui tiennent les manettes et ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Ce constat laisse planer un doute sur la partition qui doit être mise en musique et son orchestration.
    Quelle assurance par points garantie pour la survie sur terre ?
    « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »
    Bien le bonjour de Charles le téméraire, duc de Bourgogne
    ):-))

  4. La peur va se nicher à bien des endroits, dans le déni certainement. Ma boulangère qui m’affirme qu’elle ne trouve pas qu’il fait plus chaud qu’avant parce qu’elle ne sent rien, alors que j’habite dans le sud-est de la France et que l’on a eu en trois ans : La sécheresse la plus importante jamais mesurée, le record de canicule puis le record absolu de température mesurée. Elle a eu l’air contrarié quand je lui ai dit que le thermomètre qui a mesuré 46 degrés n’était pas d’accord avec elle. A quoi s’accroche cette dame ? Elle ramène le réchauffement global à ses sensations. Peut être une incompréhension de la capacité humaine à prendre des mesures sur toute la planète à chaque moment et à les relier entre elles.
    D’autre part l’on sait que les gens exposés aux images d’attentats en boucle sont souvent plus choqués que ceux à proximité. Les médias jouent continuellement de la peur en mettant en avance la violence à tout moment. Peut-être les gens saturés ne peuvent ils pas en prendre une supplémentaire ?
    D’autre part une dame de mon village m’a parlé de la série effondrement sur canal+ qui du coup fait très peur en montrant des gens réduits aux extrémités les plus affreuses pour leur survie. Je n’ai vu que le premier épisode, mais elle m’a évoqué le meurtre d’un groupe de personnes âgées à l’aide de gaz pour leur éviter des souffrances liées à la faim et autres problèmes. De telles séries jouent elles un rôle positif, j’ai des doutes. Elles enferment l’imaginaire et évitent de se projeter dans un monde plus juste.
    Celle de Cyrille Dion était sans doute un peu plus juste dans le propos et le ton.
    Comme dit l’abbé Pierre le contraire de la misère ce n’est pas la richesse, c’est le partage !
    Ce que devrait méditer les ultras-riches, prisonniers de leurs peurs eux aussi avec leurs bunkesr, leur volonté de privatiser le monde, leur peur de la mort qui les transhumanise. Leur incompréhension totale des Lois de la Vie pas celle des hommes, les grandes lois ontologiques qui sous tendent la manifestation et dont nous parle les grandes traditions à leur manière et aussi le vivant par son interdépendance totale.
    Cette discussion entre Gaël Giraud et Vandana Shiva m’a semblé très riche pour imaginer des solutions :
    https://www.youtube.com/watch?v=Gnx6kkF8WkQ

    Avec le rôle des représentations et notamment celles issue de l’histoire européenne et du rôle qui a joué l’église catholique (Un jésuite connaît bien le sujet…) et la aussi l’idée qu’une solution passe par la remise en cause de la propriété privée comme valeur absolue fondamentale de notre société avec les communs comme premier horizon. Notion de propriété privée que Thomas Piketty remet aussi en cause, et, si je me souviens bien, ici même, de riches échanges avaient eu lieu autour de ce thème.
    Je crois à une sortie par le haut, il n’y a pas d’autres issues.

    1. OK « le réel c’est quand ça fait mal. »
      Peut-on en déduire que quand ça ne fait « même pas mal », ce n’est pas le réel car on n’a pas touché les limites de l’écosystème ? Et que quand ça fait mal, elles se sont enfin manifestées ? Car prendre cons-cience de ces limites qui sont aussi nos limites est également douloureux !
      Est ce que cela suffit à expliquer qu’une majorité rêve de revenir à une époque où tout allait mieux car ça ne faisait pas mal ou moins mal ?
      Et que « quelqu’un » semblait mieux s’occuper de tout alors qu’en fait, lui et ses équipes faisaient sem-blant d’en être les organisateurs en espérant que cela dure au moins le temps de leurs mandats ! Et ceci ne semble plus être le cas !
      Dur, dur de constater le retour à des limites d’une terre qui a rétréci et où tout va plus vite, trop vite par rapport aux mauvaises habitudes accumulées précédemment. Il faut apprendre à survivre dans des conditions dont nous sommes quand même responsables, passivement ou activement.
      Et que cela n’empêche pas un optimisme raisonné !
      « La loi de la pesanteur est dure mais c’est la loi » ( G. Brassens, Vénus callipyge)

  5. La peur detourne l’inconscient de nous même.
    Connaissez vous l’application Helios mise en place par la comptabilité publique des communes dans le cadre de la dématérialisation de son application de gestion ?
    Je ne comprends pas pourquoi les communes ou tout au moins la commune sur laquelle je vis adresse l’augmentation du loyer a compter du 1/1/2020 à une personne de 90 ans qui ne comprends pas le sens du courrier. Il n’y a que le personnel sympathique de la banque qui peut apporter une aide mais qui n’ont pas le droit de le faire selon les dires de la conseillère bancaire.
    A cet effet et au vu d’un déni de gestion de l’application Helios je demande un conventionnement pour éviter tout courrier malencontreux jusqu’à la poursuite judiciaire par un cabinet privé nommé par le préfet.
    Pour éviter tout désordre c’est au fonctionnaire comptable de revoir le fonctionnement de son système.
    Il pourrait également se faire un conventionnement entre la banque et la commune pour régler le paiment du loyer. Quel honte de faire rédiger à une personne âgée par un cabinet de recouvrement un tel courrier. Trop d’erreurs tue les erreurs et aiguille la victime vers un autre intervenant comme la banque

  6. Que peuvent craindre les autorités de la peur ?

    Probablement de perdre le contrôle de la population, celle-ci pouvant réagir de diverses façons brutales : colère, émeutes, boycott de certains produits, retraits rapides d’épargne, d’où déstabilisation de l’économie par effet domino…

    L’opinion n’ayant pas été préparée quand il en était temps (avant l’an 2000), ces craintes ne me semblent pas infondées, mais, foutu pour foutu, j’aimerais voir les climatologues oser enfin dire leur propre peur et la communiquer. Au moins, il se passerait probablement quelque chose.

  7. @ Ermisse
    11 décembre 2019 à 18 h 59 min

    Bien que soit d’accord avec le reste de votre propos, sans en avoir les moyens pour la troisième.

    Que vaudrait la « pensée unique » exprimant que la peur d’avoir peur n’existe pas que par rapport aux risques de dérèglement climatique, de la perte de biodiversité, (les fameux « solitons » que M. Jorion a si bien su détailler, ne le sont-ils pas au travers d’une complexités d’idées différentes ? D’ailleurs dans ce billet l’idée différente de la peur d’avoir peur de s’endormir, amplifiant de fait la spirale infernale de l’insomnie, ne vient-elle pas appuyer le propos ?) et qu’elle se traduit dans la peur d’avoir peur d’informer objectivement, d’humaniser et de sensibiliser « l’opinion », au sujet des personnes vivant la pauvreté, les inégalités, la précarité, les injustices, « crises… », premières victimes collatérales des risques de dérèglement climatique, etc, si d’autres idées dans le commentaire ne venaient étayer le raisonnement… ? Ne serait-ce pas prendre le risque de raisonner en silo, segmenter la complexité d’une information, idée, la fragmenter au point de la désensibiliser, déshumaniser… ?

    1. Pour finir.

      J’aurais très bien pu me contenter, de prendre en exemple de « pensée unique », d’une idée par commentaire comme vous suggérez, l’accueil hystérique, que réserva cette émission de cnews, ses invités, son arbitre, à Claire Nouvian qui combat contre l’inaction politique… face aux URGENCES CLIMATIQUES et SOCIALES, par rapport à la perte de la biodiversité… et qui fut déjà débattu sur ce blog (il me semble), mais n’aurait-on pas eu l’étrange sentiment désagréable, d’une impression de tourner en rond ?

  8. Un petit feedback, cette opinion de Paul me semble une des plus importantes de ces dernières semaines/mois.
    Ce qui me fait le plus peur n’est pas l’absurde du Cosmos, la tragédie de la condition humaine, les petites misères de l’existence, mais plutôt le silence, le déni et l’inertie ahurrissants de nos sociétés face à l’énormité de l’urgence écologique. 
    J’avais écrit un petit texte sur le blog à ce sujet : cette paralysie ébranle les fondations humanistes de la pensée, comme la Shoah : il y a là un échec qui met en péril le sens tout entier de l’aventure et de l’existence humaine.
    Il y a ce discours de « ne pas faire » peur chez les écologistes et les environnementalistes qu’ils justifient par les recherches scientifiques en psychologie sociale.
    Je ne crois pas que ces recherches puissent avoir clos le débat sur la nécessité vitale de la peur dans l’existence.

    Je serais très intéressant qu’on puisse exhumer toute la recherche qui appuie l’importance de la peur dans le fonctionnement de la vie et des sociétés humaines, comme mécanisme sain et adéquat.

    J’ai déjà démontré pour ma propre gouverne l’importance de la colère comme mécanisme de protection de son intégrité, qu’il s’agit de comprendre pour aller mieux et agir adéquatement.

    Je suis convaincu, sans avoir encore fait cette démonstration dans mes réflexions personnelles, qu’il en est de même pour la peur.

    J’irais presque jusqu’à dire que l’Humanité doit dépasser cette peur de la peur pour survivre, vivre et exister pleinement, une bonne fois pour toute (Nietzsche, Castoriadis, etc.).

    Je serais très intéressé par ce qu’on à dire les psychanalystes de la peur de la peur.

    J’ai appris à me fier à mes intuitions éthiques et ici, je suis parfaitement aligné avec ton propos Paul : il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le fait que tant de gens « qui clignent de l’oeil » pour reprendre Nietzsche, critiquent la notion de « faire peur aux gens », en s’enveloppant de la toge du réalisme, du pragmatisme, avec un sourire béat et commisératif.

  9. Le mot « peur » peut recouvrir différentes significations dans une hiérarchie des sentiments et susciter en face de ceux-ci différents types de réactions, depuis la plus basique lorsque le corps est confronté à une agression et doit agir rapidement, soit faire face ou fuir, et, en dehors de toute réflexion rationnelle, c’est le corps qui enclenche l’une des deux options basiques et active rapidement tout le processus (via la production d’adrénaline et d’autres hormones, etc..), cela est inné ; pour ceux qui ont fait de la programmation informatique, c’est à rapprocher du traitement d’une ‘interruption’ : elle survient et n’est pas conditionnelle, son traitement est prioritaire et prend le pas sur la tâche en cours !
    « Peur » dans le sens de crainte d’un évènement très éloigné qui serait porteur de menace n’agit pas de la même façon : le corps dominé par la réflexion et les acquis culturels, se place en position d’attente de la survenance de l’évènement d’où le peu de réactions concertées. Pour illustrer cela : la guerre et l’invasion (1914 par ex.), le bruit court de l’arrivée de l’ennemi, la peur est encore diffuse, il est encore loin, va-t-on fuir ? Notre armée va-t-elle résister ? l’ennemi est à proximité, le canon tonne et la peur se transforme en panique ; il faut fuir…
    La grande difficulté, concernant le réchauffement climatique et ses conséquences, sera de convaincre les pays hors Europe, de la justesse de prendre des décisions contraignantes alors qu’ils ne rêvent que d’atteindre le niveau de confort européen ; encore faudrait-il que tous les pays européens montrent l’exemple, ce qui est loin d’être assuré : attendons la panique, mais où faudra-t-il fuir ?

    1. Un immense problème est qu’on n’apprend jamais vraiment à utiliser notre cerveau, tel qu’il fonctionne, avec ses forces et ses faiblesses. Moi je n’ai eu aucun cours de « fonctionnement cérébral » à l’école, alors que c’est l’organe dans lequel nous passons toute notre existence de la naissance à la mort, là que se concentre notre expérience existentielle.
      L’Occident (qui a colonisé le monde ou presque) a dramatiquement augmenté la puissance technologique sur l’environnement extérieur (sans parvenir à contrôler les effets, on le voit aujourd’hui avec l’urgence écologique). Mais l’Occident est dramatiquement en retard sur le développement de sa puissance sur l’intérieur des humains : leur âme, leur esprit, leur cerveau, leurs pensées.
      Daniel Kahneman, un des seuls prix dit « Nobel d’économie » mérités de l’histoire, a montré que le cerveau fonctionnait selon deux systèmes : système 1 et système 2. L’un est intuitif, rapide, instinctif, automatique, l’autre est analytique, lent, appris, forcé. On fonctionne 90% du temps en système 1, qui suffit amplement à la survie. Car le cerveau est l’organe le plus consommateur d’énergie chez l’humain. Comme toute consommation d’énergie est un problème pour l’évolution de la vie, la vie minimise la consommation d’énergie au strict nécessaire pour la survie : d’où que 90% du temps, on tourne en mode « instinctif », en système 1.
      Il faut faire un effort considérable pour fonctionner en système 2. Rappelez-vous vos examens de mathématiques ou de physique.
      Pourtant, l’Orient a développé depuis des millénaires via la méditation notamment, et l’Occident, via la philosophie classique et d’autres exercices et pratiques, la capacité à modérer l’instinct du système 1 et à explorer davantage le système 2.

      Effectivement, le système 1 ne répond qu’à la menace immédiate, et encore, elle doit ressembler à un lion furieux.
      Pour que l’Humanité survive, nous allons devoir apprendre à connaître et utiliser notre cerveau, tel qu’il est, et davantage exploiter le système 2.
      Seul le système 2 permet de faire face à une menace non immédiate, non directe. C’est le système 2 qui a permis de créer les assurances, la ceinture de sécurité, les passages pour piéton, les alarmes incendies.
      Le système 1 peut prendre le relais en faisant de ces acquis des normes sociales (le système 1 veille à préserver le lien social de l’individu).

    2. Tant que chaque individu occidental produit plus d’émission que 90% des autres individus de la Terre, nous n’avons aucune leçon à donner aux pays hors Europe.
      On doit se regarder dans le miroir, et réduire nos émissions à zéro avant les autres, après on pourra se permettre.
      Rappelons que c’est l’Occident qui a foutu le bordel intégral sur la planète : impérialisme, colonialisme, extractivisme, productivisme, consumérisme, croissantisme, mondialisation, etc.
      Les émissions historiques de l’Occident restent encore de loin les plus élevées.

      Oui les autres pays doivent faire quelque chose mais il y a quelque chose d’obscène à leur dire « ne faites pas ce que nous faisons depuis 3 siècles et qui nous a rendu si riches et si puissants s’il vous plaît, pour que nous puissions encore rester les plus riches et les plus puissants ! »

      1. Et l’Occident a tellement bien réussi à imposer sa vision et son système destructeur au reste du monde qu’aucune société humaine ne semble plus capable de dire « tirons les leçons de ces erreurs et construisons différemment »…..tous ont les yeux rivés sur cette folie qu’est la croissance économique sans fin et tentent vaille que vaille de se couler dans ce système délétère…

  10. Pour prendre l’exemple de la manif de mardi 10 décembre, dûment photographiée par X (il était au niveau d’un paquet CGT, j’ai circulé plutôt derrière FO sans aucune raison particulière), voici la tension qu’on y sent :
    on voit bien qu’on est « nassable » (toutes les rues latérales sont bouchées sur des km, sauf pour les bourgeoises de la rue de Sèvres, qâmême).
    Du coup on surveille tout ce qui ressemble à des lacrymo en choisissant un peu à l’avance de quel côté on trouvera un abri assez neutre (porches, impasses, pas de façade en verre). Les fumigènes chers aux animateurs de défilés sont donc regardés avec ambiguïté.
    La peur est juste au niveau « second sous-sol », attendant son ascenseur.

    Pour ce qui est du climat, la variété des abris imaginables semble grande dans l’hexagone (comment diable ma tante dans la Nièvre serait-elle impactée à ce point ?).

    La peur ne se manifestera « en grand » que lorsque nos réactions collectives (« tiens je vais aller dans la Nièvre chez ma Tante pendant que ça déconne grave à Lyon ») feront elles-mêmes des effets qui font peur : des bousculades ou des disputes pour ressources rares (transports, énergies, eau, nourritures).

    C’est une base de raisonnement du moins, à discuter…

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