Veille effondrement #78 – Pourquoi nous avons besoin d’énergie, par Alexis Toulet

La raison générale pour laquelle nous avons besoin d’énergie est qu’elle est nécessaire à « faire tourner » la machine économique. Moins d’énergie signifie moins de prospérité matérielle.

Bien sûr, l’efficacité à obtenir le type de prospérité le plus pertinent, et le mieux partagé possible, compte aussi. A cette efficacité contribuent à la fois l’organisation sociale et l’art de l’ingénierie (produits plus efficaces). Meilleur partage de prospérité mieux définie et meilleure efficacité technique… ont cependant leurs limites. A un certain moment, on se retrouve devant le fait brutal que sans telle quantité minimale d’énergie, on aura beau faire, ça ne marchera pas.

La raison particulière pour laquelle nous avons besoin d’énergie, et pas un peu, pour préserver la biosphère et arrêter de scier l’arbre sur lequel nous sommes assis, c’est qu’il s’agit de convaincre l’ensemble de l’humanité (y compris nous convaincre nous-mêmes) de la nécessité d’une démarche d’autolimitation de notre prospérité. Deux difficultés abyssales se présentent :

  • 1. Nous voulons tous la prospérité. Les habitants des pays les plus développés ne souhaitent pas vivre comme l’on vit actuellement dans les pays les plus pauvres. Les habitants des pays les moins développés savent qu’une prospérité bien plus grande est possible, ils désirent améliorer leur vie et celle de leurs enfants
  • 2. Il n’y aura pas d’autolimitation de la prospérité si toute l’humanité ne s’y met pas. Nous sommes divisés en nations, empires, cités… Et c’est l’ensemble de ces groupes humains qui doivent participer à la démarche, sinon elle échouera. Ceci alors que telle nation, groupe de nations ou empire qui s’en extrairait en recevrait un surcroit de puissance relative – donc, prime au « tricheur ». Prime par exemple à celui des deux Grands qui laisserait l’autre s’autolimiter : il en sera d’autant plus facile de gagner le monde à la Chine / ou de le préserver pour l’Amérique. Et alors que l’option de contraindre une nation ou un empire réticent – à supposer encore ce que soit souhaitable – n’existe pas : le réticent augmente justement sa puissance relative, et de toute façon il y a la dissuasion nucléaire

Je n’ai pas de solution complète à ce casse-tête. Je suis convaincu que proposer l’objectif de « stopper » la croissance matérielle serait déjà extrêmement difficile à faire accepter politiquement au bon niveau – c’est-à-dire l’humanité entière ! – mais il me semble au moins avoir une chance. De même, remplacer au bon niveau – c’est-à-dire entièrement ou quasi – nos sources d’énergie actuelles, à plus de 80% carbonées, par des sources non carbonées, quoique seulement « difficile » techniquement, est extrêmement difficile politiquement car il s’agit de convaincre des responsables politiques de voir loin, alors que la mode est de se fixer sur le court terme – mais il me semble qu’il existe là aussi une chance.

Les deux ensemble, et c’est bon. Très facile à écrire certes, extrêmement difficile à réaliser, mais il me semble qu’il y a là une voie.

D’où le « repère » que j’ai utilisé sans l’expliciter dans mes calculs ci-dessus : il s’agit d’obtenir 5 x 10^20 joules par an, et sans émettre de carbone dans l’atmosphère. Ou quasi, le scénario que je présente réduit les émissions à 1 milliard de tonnes annuelles plutôt que 35 milliards, soit 3% de la valeur actuelle.

Un monde qui disposerait de ce genre d’énergie ET qui apprendrait à se limiter de manière coopérative parviendrait à freiner le réchauffement. On pourrait imaginer par exemple un accord limitant la quantité d’énergie globale utilisée, mais laissant la recherche de l’efficacité (sociale, organisationnelle, technique) comme voie ouverte au progrès de la prospérité : « On a tant d’énergie par an, comment faire pour vivre au mieux avec ça ? ».

Ca je peux y croire, politiquement parlant. Convaincre 7 à 9 milliards de personnes d’abandonner leur prospérité ou leurs espoirs de prospérité, avec toutes les différences de toutes les sociétés humaines, et avec une telle « prime au tricheur »… je n’y crois pas.

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42 réflexions sur « Veille effondrement #78 – Pourquoi nous avons besoin d’énergie, par Alexis Toulet »

  1. Cher Alexis, Chères toutes, Chers tous,

    J’ai un grand plaisir renouvelé chaque fois que l’on parle de l’effondrement et de l’énergie.

    Le CO2 c’est bien évidement selon la loi de la thermodynamique l’entropie de l’énergie fossile, plus ou moins un tiers pour le moteur de nos bagnoles.

    Et l’énergie vient à manquer, aujourd’hui c’est Mathieu Azaneau qui en fait un bouquin coef un article de Reporterre.
    https://reporterre.net/Declin-du-petrole-le-compte-a-rebours-est-lance

    Donc l’effondrement et la diminution d’énergie disponible par personne. ouhah quel soliton wouh wouh ca va swinguer grave comme me disent mes enfants qui en ont pris la mesure.

    Un vrai cocktail explosif, donc je me re-pépette, comment allons arbitrer individuellment, collectivement (communs), régionalement, nationalement, internationalement la déplétion d’énergie.

    Et je me repepette, qui est près à la lâcher un peu de ce confort ses esclaves énergétiques plus d’une centaine par jours et par personne pour revenir à la bougie et à puiser au sceau l’eau du puis.

    Je compte sur notre intelligence collective pour dessiner le chemin.

    Allez comme dab avec toute mon humaine tendresse, Pierre de la tribu des Quel’s Art’s.

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    1. Pierre

      Peut-être un piste d’arbitrage avec un quota individuel pour le vital, et tout le reste, non pas sur taxé, mais illégal.

      Fini les bateaux par millions, les gabegies inutiles, tous les sports mécaniques, les résidences secondaires à pétaouchnoc…

      C’est un peu le sens de mon post à propos du dragster. Y en a qui en sont encore tellement loin, de la bonne posture, qu’on a plus le temps d’attendre qu’ils comprennent…

    2. « qui est près à la lâcher un peu de ce confort ses esclaves énergétiques plus d’une centaine par jours et par personne pour revenir à la bougie et à puiser au sceau l’eau du puis »

      MOI !

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      1. Pas si simple au niveau d’une société :
        Vous dans votre case de hobbit, ok,
        Mais
        1) Un hôpital
        2) Une école
        3) Une fromagerie (en France…)
        ça glougloute pas mal et de façon un peu incompressible. Je prends le cas milieu, celui de l’école,
        qui concerne 17% de la population en gros :
        Chauffages + entretiens sanitaires + Fournitures scolaires + éclairages
        Pour la fromagerie (disons dans le Jura ou le Cézallier, pour fixer les idées, et écarter l’argument du changement d’usage facile, à 800-1000 m), faut aller chercher le lait et apporter le foin, sans remettre 50% de la population à la ferme (et faire venir le véto pour les vêlages difficiles etc).

        Si frugalité il y a, elle sera d’abord étagée par les choix d’énergie, et notamment ce qui échappe à l’électrique.
        On va retrouver camions et tracteurs en 1er ligne, et le chauffage, ainsi que les cimenteries, les aciéries, sucreries et papeteries.

        Et surtout on va vers « autre chose » comme technique et comme organisation, pas de retour vers « la bougie » au sens propre ni au sens métaphorique.

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        1. L’école ?

          On peut la supprimer en l’état, elle ne sert strictement à rien.

          L’Hôpital ?

          Mouais, ça sert, c’est vrai, mais en l’état bon va falloir faire sans j’en ai bien peur.

          La fromagerie ?

          Si faut remettre 100 % à la ferme, ça se fera.

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        2. Je reviens sur les sports mécaniques :
          – Auto, moto, bateau, avion
          Des dizaines de milliers de licenciés en France, des dizaines de millions de fans, attirés par une culture de la vitesse et de la compétition individuelle. Pédagogie de mort à grande échelle.
          – une influence déterminante sur le véhicule de monsieur tout le monde, quête de puissance, de vitesse. La compétition donne le La.
          – un vecteur de conquête des pays qui sont en train d’accéder à la mobilité, à travers les rallyes grand raid, comme au temps de la croisière jaune.
          – banalisation d’un rapport plus que violent avec l’environnement.
          – une voiture qui va vite, c’est la négation de l’environnement, par ses impacts collatéraux et bien sur directs.

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          1. « – une voiture qui va vite, c’est la négation de l’environnement, par ses impacts collatéraux et bien sur directs. »

            Il en va de même des cyclistes, très souvent désagréables sur les voies partagés avec les piétons. On peut y rajouter les trottinettes et autres skate électriques.

            En fait celui qui va plus vite est très souvent un malotru. le souci c’est bien souvent la vitesse.

            Quel plaisir la marche, la simple marche, et quel bénéfice pour la santé physique et mental !

  2. Bien entendu le seul vrai problème concerne le savoir vivre ensemble. Les discussions sur l’énergie, la thermodynamique ( je me souviens très bien des exposés de François Roddier ) ne font que dissimuler le vrai problème : l’absence de fraternité humaine concrète.

    Celui Qui Sait a dit :
    « Comment pouvez-vous, vous satisfaire de votre manière de vivre actuelle, quand des millions d’êtres ont faim et meurent dans la misère, quand les riches font étalage de leur fortune devant les pauvres, quand chaque homme est un ennemi pour son voisin, quand nul ne fait confiance à son frère ? Combien de temps devrez-vous vivre ainsi, mes amis ? Combien de temps pourrez-vous supporter cette déchéance ? »

    Les économies réalisées sur la surveillance, la militarisation, la police seraient largement suffisantes pour que le niveau de vie devienne raisonnable partout et en plus la peur et la tension quotidienne diminueraient d’une manière difficile à mesurer. La créativité pourrait s’exprimer à une échelle inimaginable à l’heur actuelle.

    Combien de temps l’humanité va-t-elle devoir encore subir cette tension insupportable, combien de temps pourra-t-elle le faire ?

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    1. Vous parlez de Maitreya, qui « entre 1977 et 1982 (…) a communiqué de manière télépathique des fragments de ses enseignements à Benjamin Creme, au cours de conférences données par ce dernier à Londres » (1)

      Il s’agit donc de religion.

      Mon avis personnel, c’est que toutes les ressources de l’humanité qui tendent à convaincre que la solidarité envers tous est un devoir sont et seront utiles, qu’il s’agisse de religions, de philosophies athées ou d’autre chose.

      Cependant, je me garderais d’espérer en un « chef », « prophète » ou « inspiré » qui donnerait à l’humanité des instructions directes qu’il suffirait de suivre. Tous tant que nous sommes, il me semble bien que nous aurons à inventer tous seuls des voies de fraternité.

      Si certains de nous prient en le faisant, tant mieux. Mais s’ils pensent recevoir des instructions directes d’un maître dont il suffirait d’appliquer les ordres, le risque d’égarement me semble grand.

      (1) https://partageinternational.org/maitreya-maitres-de-sagesse/priorites-de-maitreya/

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    2. Je vois que Maitreya est un concept bouddhiste, même s’il semble aussi y avoir une tendance syncrétiste.

      Je trouve intéressant de noter que Jésus a prévenu dans des termes très clairs ses disciples que si tel ou tel annonçait son retour, inutile de le suivre, car ce serait forcément un mensonge, étant donné que le retour de Jésus sera perçu « par toute chair en même temps ». Donc : si quelqu’un a besoin de vous le dire, si chaque être humain ne l’a pas vu en même temps, c’est que c’est faux, et des illusions et des prestidigitateurs il y en aura (1)

      Je ne connais pas les écrits et enseignements du Bouddha historique Siddharta Gautama. Peut-être a-t-il averti dans le même sens contre de faux bouddhas ?

      (1) Voir Matthieu, 24, 23-27 https://www.aelf.org/bible/Mt/24

  3. Je retiendrai de vos recherches désespérées , que le plan A , s’il veut éviter la faillite par compétition à couteaux tirés généralisée , et se donner une chance d’au moins limiter les dégâts , sera forcément un scenario à quotas généralisés , concernant tout ce qui participe de notre maintien en vie . Les chinois pourraient défendre cette option mais leur surarmement naissant n’inspire pas trop confiance .Ce qui pourrait être cohérent de leur point de vue , c’est qu’ils se dotent ( ça fait encore 1,4 milliards de paires d’yeux bridés ) de ce système de quotas universel, en exterminant tous les autres aux yeux pas bridés ou salopettes bleues .

    Sans queue ni tête :
    – Energie c’est une force en action , le « travail  » ( c’est pour ça qu’existait « l’erg » dans l’ancien système CGS ) que les grecs distinguaient de la « force en puissance  » , dunamis ( qui a donné dynamique) .Pas cons ces grecs .( en arrière plan et pour faire suite aux interrogations métaphysiques de Clo Clo : quel pourquoi à l’utilisation de l’énergie disponible , « en puissance » ou potentielle )
    – E=mc2 . on n’aura pas trop de la vitesse de la lumière pour déterminer s’il vaut mieux que la masse se transforme en énergie ou si la sagesse ne serait pas de transformer l’énergie en masse .

  4. Chères toutes, chers tous,

    Il se peut que la solution sera dans une somme d’actions mais elle devra comme le dis Alexis Toulet tous nous concerné.

    Bon pour rejoindre le débat deux bon article du site sur l’énergie 2000Watts.org

    Deux aspect du soliton : Climat et Energie.
    Le GIEC face à l’IAE (Agence Internationale de l’Energie) et pas de pont entre ces deux grandes institutions, Sic !!!
    Surtout quand les chercheurs et scientifiques fonctionnent en silo.

    https://www.2000watts.org/index.php/home/reflexion/1223-qui-remplacera-les-specialistes-du-climat-et-des-energies.html

    Le point mensuel sur l’Energie et le peak oil vu de 2000Watts

    https://www.2000watts.org/index.php/energies-fossiles/peak-oil/1222-energies-economie-petrole-et-peak-oil-revue-mondiale-aout-2021.html

    Bien à vous toutes et tous.

  5. « Moins d’énergie signifie moins de prospérité matériel. »
    Mais c’est quoi cette put… de prospérité matériel ?
    L’accumulation de tas de trucs inutiles ? SUV, cars bondés de touristes plein de crème solaire dans la baie D’Along, un écran plasma de 2m sur 3, changer de smartphone tous les 3 mois, l’obsolescence programmée, 50% de la population des USA obèse, de l’eau potable dans les toilettes, chacun sa piscine, manger des fraises à Noël, faire une heure de bouchon chaque jour chacun dans sa bagnole avec la clim ….
    C’est quoi la prospérité matériel dans un pays comme la France dont la population se gave d’anxiolythique et laisse sur le carreau 10% de sa population ?
    Ça fait plus de 100 ans qu’on nous revend le bonheur emballé dans de la prospérité matériel alors que plus de 50% de ce qui fait tourner la machine économique c’est du vent !
    Les plus gros marchés sont ceux du luxe (même à 50€ le Tshirt racheté tous les ans, c’est du luxe), de l’armement, du médicament, du pétrole et de la spéculation financière.
    Quand est ce qu’on va lâcher cette croyance digne d’un Paradis matérialiste, de la pire propagande, qui fait de nous des terroristes écocidaires ?
    Un peu de prospérité spirituelle nous serait bien plus nécessaire pour retrouver la vraie place qui est la nôtre, bien loin de ce misérable orgueuil qui nous fait nous auto proclamer « sapiens sapiens « . Quelle foutaise !
    Placez vous à l’échelle de la Vie sur Terre dans son ensemble, qu’est ce que l’humanité sinon qu’une maladie auto-immune ?
    Croyez moi, un peu de prospérité spirituelle ou éthique si vous préférez, ça coûte rien en énergie cartonnée et je suis sûr qu’en un siècle on change de cap.
    La prospérité matériel a fait de nous des boulimiques de trucs à la con (Tshirt de joueurs de foot, banane scotchée sur un mur, toutes les dernières conneries à la mode… ) qui nous enferme dans un sarcophage matérialiste et qui nous coupe de notre rapport direct avec la nature dont nous ne sommes qu’un fruit parmi d’autres.

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      1. Je ne suis pas certain qu’une majorité de mes concitoyens aimerait ce type de discours 😊.
        Par ailleurs, même si c’était le cas, l’institution telle que configurée aujourd’hui n’en voudrait pas et comme je souhaite vivre le plus longtemps possible, je ne prendrai pas des raccourcis 😄

    1. @ Pascal

      La société de consommation a reproduit à sa façon la prospérité de la vie.

      1) Prenons comme base, supposée connue, la diversification évolutionniste des « pools de gènes » et des êtres vivants que si le les partagent par tous les chemins de l’évolution.
      Chaque espèce s’essaye à en fournir 1 ou plus de nouvelles de temps à temps (je saute les étapes « micro ») et la plupart du temps ce n’est pas viable, et quand ça l’est ça prend une place mineure mais exceptionnellement une place majeure (la ronce, le criquet,…).

      2) Alors notre évolution depuis le paléolithique est de gérer un « pool d’objet » pour en faire de nouveaux, par combinaison intelligente des existants. La plupart du temps ce n’est pas un succès (comme dans l’énoncé des robots improbables de la « complainte du progrès » de Boris VIan : la tourniqueeeette… pour la vinaigreeeette). Mais de temps en temps, certains objets s’imposent et se multiplient (locomotives, voitures, smartphones, sac à dos), chacun ayant une relation à un « pool d’objet élémentaires » qui en constituent comme les gènes (pièces de tissu, de métal, de plastique,…).
      Je ne serais par surpris que déjà au néolithique, un processus de cet ordre fournissait des objets d’utilité variable, qui pouvaient n’exister que comme « mode ». De toute façon, l’idée est surtout que nous sommes créateurs et consommateurs d’objets d’une façon assez principielle, notre capacité à accumuler le savoir et corriger (certaines) pannes nous guidant (ie nous contraignant) toujours beaucoup.
      Ce qui nous arrive maintenant est une sensation de « trop d’objets », mais à quelques mécanismes de saturation près, je pense qu’elle n’est pas due à une dérive récente au niveau du principe, mais seulement au niveau de la hauteur qu’on a pris dans l’exponentielle de ce type de développement, pas toujours contrarié par d’autres logiques, comme les logiques « proies-prédateurs » (Lotka-Volterra)

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      1. « Ce qui nous arrive maintenant est une sensation de “trop d’objets” »

        Une sensation ? Mais ça déborde des poubelles Timiota enfin.

        1. L’art? Ça sert à rien, qu’ils disaient, à Chauvet. Mais Chauvet, c’est pas de l’art, c’est vrai.
          En gros, ce qui est utile, c’est ce qui peut se vendre (et/ou s’acheter).
          Pas de chance pour le chant de la fauvette à tête noire qui m’éblouit encore, gratuitement.

          1. Et le chant du rouge-gorge l’automne qui moi me déchire le cœur.
            Pour reprendre une pensée de Rosa Luxemburg, en la caricaturant un peu : trop de livres, pas assez de mésanges.

            1. Honte à moi, je ne connaissais pas.
              Livres ou mésanges, qu’est-ce qui me manquerait le plus?
              Cornélien.
              Mais les mésanges (combien d’espèces jadis communes ne vois-je déjà plus depuis belle lurette? -des dizaines!-) peuvent disparaître bien avant les livres.
              Le rouge-gorge à l’automne: oh oui! Comme le mélancolique grillon tapis dans les talus.

    1. Moi je veux bien, mais la version de « plan A » que je décris est incomparablement plus réaliste techniquement parlant que le « plan C », pour ne rien dire du « plan B ».

      Je préfère le plus faisable à ce qui l’est moins 🙂

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  6. Belle tentative de rationalisation Timiota.
    Si l’exponentielle appartient bien aux mécanismes du vivant et de l’évolution, c’est plutôt pour moi à l’image du cancer. Car notre production exponentielle ne produit pas de la diversité, contrairement au processus évolutionniste du vivant, mais bien au contraire cette productivité délirante est la source d’une extinction de masse.
    « La société de consommation a reproduit à sa façon la prospérité de la vie  » me semble assez contradictoire avec le constat que chacun fait aujourd’hui.

  7. Pour les autres je ne sais pas mais pour moi la « prospérité matérielle » c’est (pas d’ordre particulier) :
    – Une maison bien isolée (le solaire ne produit que 3kwh en crête et le bois de chauffage va se faire rare),
    – Sur un terrain de taille raisonnable doté d’un puits (faut des poules et un potager),
    – A manger dans mon assiette 3 fois par jour (et pas que du boulgour),
    – De quoi se couvrir le dos (mais du solide et qui dure),
    – Une certaine autonomie de déplacement (pas trouvé mieux que la moto),
    – Une connexion Internet fiable pour apprendre (je ne saurai jamais assez de choses) et se distraire (important ça),
    – Une bibliothèque pleine de livres de SF (Asimov en tête),
    – Un télescope pour profiter du spectacle de l’univers (souvent placé trop loin pour mon regard myope),
    – Et, luxe suprême, pas trop de voisins à proximité (surtout ceux qui pondent encore dans ce monde finissant).

    Ar c’hazh du (misanthrope assumé).

    1. hello my dear,

      Ca va plutôt être du collectif généralisé majoritairement.

      Internet… Va falloir se limiter à de l’écrit et de la vidéo dégradé massivement.

      2 repas par jour c’est déjà vachement bien !

      Le déplacement 99% à pieds !

      Le soir tu auras un beau ciel étoilé, car plus aucune pollution lumineuse.

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  8. Et si la limitation drastique de la consommation énergétique était imposée de force par un effondrement global (ou au moins au niveau de grandes régions) ? Avez vous envisagé cette possibilité ?

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    1. Effondrement au niveau de grandes régions. Si vous appelez l’Europe une grande région…
      (Dans « tous nos travaux », le PDF sur les approvisionnements pétroliers). Préparez vos jerricans.
      https://theshiftproject.org/petrole/
      Le pétrole et l’Europe, un problème? Quel problème? Vous en entendez beaucoup causer?

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      1. Ben oui, par exemple ! En cas d’approvisionnement deficient en petrole au niveau de l’europe, les consequences en chaine sont innombrables (rupture des flux d’approvisionnement en nourriture, en materiaux, etc..). Dans ce cas, aurait on le choix comme semble le suggerer Mr Toulet de tranquillement debatre sur la pertinence de limiter la quantite d’energie disponible ?…Cela serait imposé par la force des choses.

        1. Je ne vois pas pourquoi les pays consommateurs de pétrole n’auraient pas déjà depuis une ou deux décennies , des scenarii de pénurie dudit pétrole , alors que les pays producteurs ( du type Qatar par exemple) paient déjà depuis longtemps des grosses têtes occidentales ou pas pour préparer l’après pétrole . Et même plus que le préparer .

            1. Ne pas confondre , fournir des options d’actions pertinentes ( et c’est le cas ) , avec prise en compte politique . Chaque état ou pôle géopolitique fait actuellement un peu « ses courses » dans ces matériaux intéressants ( et shifts Project est un think tank sérieux parmi d’autres) .

              Mais les états ont dores et déjà des équipes de réflexion qui travaillent avec plus ou moins de bonheur et de clarté de mandat sur le sujet .

              On a progressé sur la clarté et légitimité de la source de l’info ( GIEC ) qui donne maintenant le cadrage des problèmes à résoudre par les think tanks . Les états connaissent leurs travaux . Ils ont la trouille de ne pas savoir et pouvoir manager les bouleversements comportementaux , économiques et sociaux nécessaires . Ils ne sont pas tous , loin s’en faut , à la bonne échelle territoriale et économique .

              Et surtout , quoi qu’on en dise , ( cf le film en promo du jour ) , les populations ne sont toujours pas mures pour s’engager rapidement , les yeux ouverts , dans les transformations de tous ordres nécessaires . C’est une partie de l’explication du pusillanisme des démocraties ( au delà de l’héritage « libéral et capitaliste  » plusieurs fois séculaire ) devant les pas à accomplir , là où les régimes totalitaires ne sont pas encombrés par l’avis et le vote de leurs  » citoyens » . Remarque faite que les régimes totalitaires n’ont pas forcément le souci de la planète et du climat .

              Les solutions potentielles sont souvent déjà connues . Je vois mal qu’elles puissent être efficacement être prises en compte dans un contexte géopolitique éclaté et de tension internationale . Localement ( l’Europe pour ce qui nous concerne ) ce sera toujours bon à prendre , mais réduit à ça , ça ne pourrait être qu’un peu de temps et de douleurs gagnés .

                  1. Les maquis de Paul me sont hélas impénétrables. Je pense néanmoins avoir trouvé. Dans leur immense sagesse, nos gouvernants on tiré la leçon de la pénurie de masques au début de la pandémie. En prévision d’une crise de l’offre de pétrole, laquelle peut survenir à tout instant, ils ont fait imprimer des centaines de millions de tickets de rationnement. Stockés dans un lieu classé Secret défense. Distribués dès les premiers symptômes de la crise. A tous les automobilistes, à l’exception des heureux possesseurs d’une Tesla électrique à 80000 euros.

                    1. Le rationnement du carburant et les process qui vont avec sont prévus et structurés dans presque tous les pays ( et spécialement en France sérieusement depuis 1941 ) de toute éternité , ou du moins depuis que le pétrole alimente nos bagnoles et les engins militaires . Actuellement de par chez nous , on doit trouver ça maintenant dans les DIDPC des préfectures .

  9. Chères toutes, chers tous,

    Vu les investissements de Total en Irak c’est la fin du tonneau qu’on gère avec des investissements de 3 milliards pou injecter de l’eau de mer.

    Bon c’est la pente le plus important.

    Quelle pente vont ils arriver à suivre sans gilet-jaunisation, sans perte de l’ordre social. A moins que la pandémie et sa notion d’ESSENTIEL ait permis à tout un chacun de comprendre que la décroissance sera pour tous dans tous les cas.

    J’espère que l’on gardera assez de pétrole pour nos tracteur car il faut beaucoup de temps pour transformer le système mondial agricole en agroécologie.

    Il semble manquez de charbon en Inde et en Chine pour faire tourner les centrales.

    Ben ma brave dame, tout fou le camp.

    Allez bises et à la prochaine.

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