Élection présidentielle de 2022 : Nous pouvons maintenant y voir plus clair, par Alexis Toulet

Maintenant que le candidat ou plutôt la candidate LR est connue, tandis que Zemmour a officialisé sa candidature, on peut mettre à jour les compilateurs de sondage. C’est ce qu’a fait le HuffPost ce qui donne un utile graphique de la moyenne pondérée des cinq derniers sondages des principaux candidats, de fin août jusqu’à fin novembre (1)

En arrondissant les chiffres, l’état des forces est aujourd’hui :
– Macron 25%
– Le Pen 19%
– Zemmour 14%
– Pécresse 10%
– Mélenchon 9%
– Jadot 8%
– Hidalgo 5%

Rafio a écrit que Pécresse n’a aucune chance. Je ne suis pas tout à fait d’accord, même si le chemin est très étroit pour elle : son terrain de conquête c’est l’électorat macronien ; ceux de Zemmour, Le Pen et des candidats de gauche lui étant probablement imperméables.

Or, si le président sortant reste à ce jour au-dessus de la mêlée à des hauteurs stratosphériques, il n’est pas impossible qu’il en descende début 2022, lorsque l’on commencera à parler un peu sérieusement de son bilan. Et il y a beaucoup à dire sur le sujet, que ce soit d’un point de vue de gauche ou de droite… Si Valérie Pécresse parvient à convaincre qu’elle est « un meilleur Macron que Macron », c’est à dire un meilleur candidat libéral-européiste-clone-de-Giscard, ou du moins un Macron plus neuf que l’original lequel est marqué par plus d’un échec depuis 2017, elle aura une chance (je n’ai pas dit une grande chance) de le supplanter et le remplacer dans un second tour qui opposerait la candidate LR à un candidat de droite radicale.

Quant à imaginer qu’un autre candidat que les quatre premiers de la liste puisse arriver au second tour, c’est très hasardeux. Il y faudrait sans doute une personnalité neuve, qui devrait émerger dans les quatre petits mois qui restent d’ici le premier tour… une gageure ! L’échec de la primaire populaire semble avoir fermé la dernière possibilité d’une dynamique issue de la gauche : les trois candidats principaux de gauche récusent un processus qui risquerait de réduire leurs partis respectifs à un rôle subordonné (enfin un parti c’est à l’évidence plus important qu’un pays, et concourir sans aucune chance de gagner vaut mieux que gagner sans peut-être avoir concouru !), les trois personnalités alternatives les plus crédibles ont refusé la possibilité de prendre un rôle de premier plan (Giraud, Ruffin et Autain), trois autres du coup se disent qu’ils n’iront pas plus loin, ne reste que Taubira qui est dans une posture « normande » à la ptêt ben qu’oui et ptêt ben qu’non. Quant à une dynamique venue d’ailleurs, d’où viendrait-elle au juste ?

Pour ce que ça vaut – c’est-à-dire pas plus qu’un doigt mouillé dans le vent, certes – je dirais qu’à ce stade, Macron doit avoir 40% de chance de se succéder à lui-même, et chacun de ses trois concurrents Pécresse, Zemmour et Le Pen doit avoir 20%.

Notez qu’en un sens ce serait une bonne nouvelle, puisqu’à ce jour seules cinq femmes ont contrôlé un arsenal nucléaire : Golda Meir, Indira Gandhi, Margaret Thatcher, Benazir Bhutto et Theresa May. Nous aurions donc 40% de chance d’en avoir une sixième dès l’année prochaine… la parité est en marche !

(1) Disponible aussi ici en version image fixe

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61 réflexions sur « Élection présidentielle de 2022 : Nous pouvons maintenant y voir plus clair, par Alexis Toulet »

  1. Intéressant, oui, sauf que Mélenchon sera à 20% plutôt que 10%.
    Il est délibérément et odieusement sous-évalué, depuis 2017, par la gent médiatique, qui sait ce qu’elle fait.
    Dès lors, fort bien, mon cher, mais on spécule, on spécule sur le sexe des anges…

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      1. Oui, c’est çà! 75%… Désolé pour ce manque de précision!

        Je retourne à ma lecture de l’essai de Wittgenstein, intitulé De la certitude…

        Sérieusement, vous valez mieux que cette pirouette éristique, monsieur Jorion (reductio ad conjurationem). Je n’y peux rien si vous refusez d’admettre ce qui frappe le bon sens.

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        1. on verra après le premier tour, mais vous n’aurez plus qu’a pleurer, si Mélenchon fait 10%, et que combiné avec hidalgo et jado, ça aurai pu passer au premier tour avec un ou une candidat(e) neutre représentant les trois composantes (FI, EELV et PS) …

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          1. Je suis évidemment pour une candidature d’union de la gauche, et pas forcément Mélenchon (ni les autres, d’ailleurs!).
            Mais des fois, j’ai la navrante impression qu’on met sur le dos de Mélenchon son échec de 2017, au lieu de l’imputer à cet imbécile d’idiot utile d’Hamon (et je retiens), pour mieux le disqualifier d’avance. Quelle ironie!

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        2. @ Asclépios

          D’après le dernier sondage officiel publié dans l’Observateur, le candidat de l’Action Populaire, M.Mélenchon est à 12 %.

          Vous pouvez dès lors si j’en crois votre intuition et votre cohérence personnelle le proposer plutôt à 24 % à quatre mois de la présidentielle de 2022.

          Un très bon début.

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          1. Merci Hervé pour le lien Mediapart: voilà exactement le genre de discussion qui est attendu par les (vrais) gens de gauche!
            Pour ce qui est des sondages, on verra bien, je suis comme la majorité des Français, je ne crois plus à ce genre de fantaisie statistique! Je suis du parti de l’intuition, oui!

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    1. Si les désespérés allaient aux urnes, ce serait jouable mais ça n’en prend pas le chemin. Les médias ont surtout bassiné sur son pétage de plomb « la République c’est moi » (sans doigt d’honneur cher aux grecs) et l’imaginaire d’un Président suppose la maîtrise…

        1. « La république c’est nous » passe encore s’il ne s’agit pas d’un « nous » de majesté, mais qui quelque soit celui qui l’énonce, a pour référent le peuple de la Nation indivisible (indivisible pas pour rien : fiction juridique qui omet lutte de classe et autres inégalités de ségrégation), mais la République « c’est moi » ça ne passe pas, car comme déjà écrit le roi qui se prend pour un roi est aussi fou qu’un fou qui se prend pour un roi.

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          1. @Rosebud1871

            17 perquisitions à 6 heures du matin dans plein de maisons différentes chez des élues et des élus du peuple, les portes qui tambourinent, les familles épouvantées par la police macroniste
            habillée en Robocop, les enfants qui chialent. Tout ça pour intimider l’opposition politique selon le bon vouloir de la ministre de la justice d’alors dans un climat de plus en plus venimeux produit par un gouvernement macroniste qui se croyait tout puissant et qui insultait le peuple français chaque semaine. C’était bien avant la pandémie de Covid 19.

            Avant de citer des sources médiatiques rémunérées par le Cac 40, il faut faire un effort pour s’informer et se remettre mentalement un tout petit peu dans le contexte d’alors
            pour mesurer le traumatisme ressenti. Quand à la tirade fameuse, c’était celle d’un élu du peuple face à l’arbitraire policier qui enfreignait la loi, car au regard de celle-ci, le député Mélenchon était dans son bon droit :

            Oui, la loi dit que le perquisitionné peut librement rentrer chez lui et assister personnellement à la perquisition des lieux.

            Hors, ce jour là deux malabars de la police judiciaire obtus et menaçants et enfreignant la loi interdisaient aux députés élus drapés dans leurs écharpes tricolores , à M.Mélenchon et à son avocat d’entrer chez eux, dans les locaux de la France Insoumise.

            Tout cette affaire montée de toute pièce arriva bien avant les frasques de la garde prétorienne illégale de l’Elysée et de l’Affaire Benalla, ce milicien fascisant aux ordres de l’Élysée.

            Notons une autre entorse à la loi dans l’affaire des perquisitions : l ‘absence de procès-verbal délivré aux témoins. Une gageure !

            Oui, une sainte colère donc, celle d’un député élu face à l’arbitraire jupitérien et qui préfigurait celle populaire plusieurs mois plus tard, celle des Gilets Jaunes.

            Conclusion de l’affaire, un gros  » pschitt  » judiciaire et pour couronner le tout, la cerise sur le gâteau :

            L’on apprendra plus tard que la ministre de la justice, la garde des sceaux, Madame Belloubet avait trafiqué sa déclaration de patrimoine :  » Madame  » Belloubet admet des « oublis » dans sa déclaration de patrimoine – La ministre de la justice avait omis de déclarer ses parts dans trois biens en Aveyron et à Paris  » / (Sources L’Express).

            Comme c’est gentiment bien dit !

            Et aucune perquisition chez madame Belloubet et dans ses différentes propriétés n’a été intenté à son encontre pour voir si elle n’avait pas omis encore d’autres choses.

             » Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » : La Fontaine.

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            1. Bien sûr, les « casse toi pauvre con », le « bruit et l’odeur » sont aussi des dérapages auxquels, c’est humain, personne n’échappe, vous utilisez « traumatisme » et il y a de quoi ! Je défends le « droit » de déconner, hélas les manipulateurs s’en donnent à cœur joie, et pendant ce temps là les vrais débats passent à la trappe.

              1. Au cas où ça intéresserait quelqu’un de « sortir du cadre » caricatural qu’on donne (et donnera « ad nauseam » jusqu’en avril prochain ) aux moments (soigneusement choisis et « montés ») de véhémence de JLMélenchon (et d’autres) dans le courant de cette journée très spéciale :
                Bien (re)lire : …(déjà traité sérieusement dans ce blog.. à l’époque)
                https://www.francetvinfo.fr/politique/la-france-insoumise/recit-la-republique-c-est-moi-retour-sur-la-perquisition-du-siege-de-la-france-insoumise-qui-vaut-un-proces-a-jean-luc-melenchon_3619991.html
                et surtout sa référence sans « coupures » ((émission « Quotidien »)):
                https://www.youtube.com/watch?v=U65CDIO03do

                Tout en se rappelant qu’on regarde ça , bien assis tranqillo dans ses pantoufles , deux jours après la « performance Z » à Villepinte.

    2. Macron ne sera pas au deuxième tour Pecresse va lui pomper des voix , il y aura un deuxième tour Le Pen /Zemmour ou Le Pen/ Mélenchon ou Mélenchon/Zemmour

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  2. Tant « qu’on » est invité à mettre à disponibilité de la « DICTATURE des émotions », les « peurs d’avoir peur », les doutes incertitudes de la réduction de notre raison à des « temps de cerveaux » cherchant à se « réconcilier avec le « ras le bol fiscal », « poujadisme »… qui couvre les paris que le taux de « non participation » aux deux tours du scrutin présidentiel et des élections intermédiaires allant suivre, sera plus élevé que celui des participant.e.s – toutes coïncidences avec la polémique opposant les vacciné.e.s aux non vacciné.e.s ne seraient-elles vraiment que fortuites…?

    Que restera t-il alors du bien commun démocratique, de l’intérêt général, du « vivre ensemble », pour légitimer : et pareils paris socialisant le moins disant moral, social, fiscal, environnemental… et privatiser, pour ne pas dire priver de sens, du moins optimiser l’immoralité du sens des résultats donnant un taux d’abstention vote blanc, nul, record et majoritaire…?

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  3. Le seul intérêt de cette élection présidentielle – compte tenu du plateau de candidats (franchement à droite) – est de savoir à quel niveau se situera l’abstention et le vote blanc, le « peuple » de gauche étant sevré de candidat crédible succeptible de générer un élan électoral.

    Parce que de ce niveau d’abstention et de vote blanc se dessinera une éventuelle cohabitation au moment des législatives si la gauche ne s’y prend pas de travers pour cette échéance électorale : LREM n’ayant jamais réussi à s’implanter localement, les législatives pourraient réserver des surprises (surtout en cas de réélection de l’actuel locataire de l’Elysée).

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  4. Ce qui reste clair , c’est que la sensibilité de gauche , si les sondages expriment une sensibilité , reste inférieure à un petit tiers aujourd’hui comme hier , et que si on compte sur elle pour prendre en main les enjeux du moment , il faut attendre un petit miracle .

    Quand on croit ,on voit nous disent Stéphanie et le professeur Coué . Pour le moment ,on ne voit rien .

  5. J’ai perdu mon premier pari :  » Zemmour ne se présentera pas… « …!

    Perdrai-je aussi le second..? ..  » Zemmour ne recueillera pas les 500 signatures NON anonymisées  » …!

     » La liste définitive des parrainages à la fin de la période de recueil est également publiée huit jours au moins avant le premier tour du scrutin sur le site du Conseil et au Journal officiel. La publication intégrale des auteurs de parrainages est une préconisation ancienne du Conseil constitutionnel, qui remonte à 1974.  »
    dans : https://www.vie-publique.fr/eclairage/23872-parrainage-des-candidats-la-presidentielle-les-500-signatures

    Quoi qu’il en soit , sauf accident épidémique majeur (et encore..!) la voie royale semble s’ouvrir pour Emmanuel II.

    1. @ Otromeros

      Non, Macron est cuit.

      Il y a douze candidatures de Droite et il n’est plus le seul à l’incarner à grand renfort médiatique plus que complaisant.

      Autant de dispersion des votes le jour du premier tour de l’élection présidentielle, en avril 2022.

      C’est à Gauche que tout se joue maintenant. La Gauche va se reconcentrer sur des objectifs viables, urgents et plus que nécessaires.

      Il va y avoir beaucoup d’écrémages d’ici le mois d’avril 2022 et beaucoup vont jeter l’éponge.

      De nouvelles fédérations vont voir le jour.

      Le boulevard est désormais ouvert à Gauche au vu d’une Droite en décomposition, de plus en plus délirante, fascisante et émiettée.

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      1. …  » C’est à Gauche que tout se joue maintenant. La Gauche va se reconcentrer sur des objectifs viables, urgents et plus que nécessaires.  » …
        Pas d’objection de fond. (( tant qu’on garantisse un volant d’approvisionnement électrique indépendant)). J’essaie de ne pas oublier ma prière journalière..
        Est-ce que François R. était présent cet aprèm..? J’ai bien regardé ( LCI malheureusement , pas d’internet local) ) sans l’apercevoir

      2. J’aime beaucoup ton optimisme sur le blog le plus optimiste du Monde occidental. C’est gratos mais ça fait toujours chaud au cœur !
        Tu n’avais pas un autre pseudo avant ici Hervé ? (disons il y a 5 voir 10 ans)

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        1. @ Cloclo

          Merci à vous, Cloclo.

          Je cherche mais je ne trouve pas. Il me semble avoir conservé le même depuis le début mais le temps passe et il fait sans aucun doute à mes dépends son œuvre. Franchement, je ne crois pas…

          J’apprécie toujours aussi de vous lire. De toutes les façons, nous pouvons peut-être nous retrouver sur un point essentiel :

          La ZAD s’est étendue désormais à la planète entière et ceux qui se croient puissants ne sont plus eux-mêmes qu’ une  » petite épicerie tapie dans l’ombre « .

          Cordialement.

  6. Il y a une donnée dont il n’est pas fait mention ici, et ça m’étonne :

    C’est la situation de l’épidémie en mai prochain.

    Je pense que l’électorat quel qu’il soit ne changera pas de président en zone de crise aiguë, et que ce point pesera plus que les autres considérations.

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    1. @ Thomas Jeanson

      Au contraire.

      Après trois ans d’incompétence au plus haut sommet, c’est le contraire qui va se passer.

      Et bien heureusement.

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      1. Il faut que Jadot et Hidalgo jettent l’éponge et se rallient derrière Mélenchon ça fait 22 % et ils sont au deuxième tour , est ce si compliqué à comprendre ? Mais non ils vont nous jouer leur petit cirque , on nous prend vraiment pour des cons

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        1. Mélenchon ne doit pas aussi y mettre du sien ?
          S’il croit qu’on peut rassembler les gens derrière soi, sans qu’une tête ne dépasse, cela ne marchera pas.
          Il doit faire un geste fort qui montre qu’il a la capacité de rassembler, sinon on arrivera à rien.

              1. Un élément de réponse de l’intéressée :
                «Ma vision de l’écologie est totalement au service de cette campagne», réagit Delphine Batho auprès de Libération. La députée des Deux-Sèvres assure n’avoir hésité «à aucun moment» : «Quand Yannick Jadot me demande de l’aide, je réponds présente», poursuit-elle. Dans son nouveau rôle, l’ancienne ministre compte remettre sur la table les questions écologiques alors «que toutes les autres candidatures occultent la seule urgence du moment».

                En deux mots c’est de la bonne volonté.

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                1. De la promotion de la décroissance au soutien au candidat Jadot proche idéologiquement de Macron, ça en dit long sur la profondeur des convictions de Batho !!

  7. Ces affaires de « primaires » importées des USA sont un boulet, ça personnalise la 5ème qui n’en avait pas besoin, et ça masque les programmes qui seuls comptent. À la télé (faut pas croire tout ce qu’on raconte mais…) ça disait que le modèle de Pécresse est Thatcher, du neuf quoi ! Je n’entends pas quiconque évoquer qu’il fera ses valises plutôt que le Zemmouristan, à la différence de 1981 où le péril rouge supposait l’exil des gens, des capitaux etc. donc tout va bien.

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    1. Vous oubliez un détail important. C’est qu’en 1981, Mitterand et son supposé péril rouge avaient des chances de l’emporter. Qui donne aujourd’hui sérieusement une chance à Eric Zemmour de faire de même ?

      1. @ Rafio

        Personne.

        Car personne ne peut confondre comme vous le faites, un maurrassien repenti et au final un vrai résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale et devenu au fil du temps le premier secrétaire du Parti Socialiste Français avec un étrange millionnaire néo-maurrassien de confession juive (!) qui passe son temps d’oisif à se la couler douce dans une brasserie chic du 1er arrondissement de Paris ou à aboyer sa haine sur un plateau de télévision bolloréen quand il ne profite pas hebdomadairement de la piscine luxueuse du Ritz Club.

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  8. J’écoute un débat « La Gauche peut-elle s’effondrer » sur Mediapart (j’ai cessé après 5 minutes). Cela me fait dire ceci (contre l’idée affirmée de la nécessité d’une Union).
    Au fond, 2017 a été pour les gauches un leurre cruel.
    – Les presque 20 % de Mélenchon ont été une réussite, inespérée peu avant, mais pas suffisante pour être au 2e tour.
    – L’implosion du PS est une des causes de cette réussite – et cela fut peu analysé. Hollande, Macron, les Barons ? Ou une fin pour le cycle de la social-démocratie contre le libéralisme ? Ou la fin pour la légitimité de partis politiques (y compris à droite) ? Le sol de cette réussite est-il fait de sable ?
    – Le virage vers une « gauche éthique » plutôt que vers une « gauche populaire » est une évolution collective, où les préoccupations sociétales légitimes (féminisme, climat et planète, laïcité) ont leur part, où les médias et les pressions en réseaux sociaux ont la leur. Ce virage « à bas bruit », antérieur déjà à 2017 (rappelons Manuel Vals et son ‘burkini’), décidé par personne, a introduit des clivages multiples qui ont atomisé la force militante. Et éloigné des gens d’en bas de l’échelle sociale.
    – L’imposition en force par Mélenchon d’un « Mouvement » et le refus de toute ‘alliance’ ou ‘arrangement d’appareil’ avec les partis existants a aussi contribué à une déstructuration profonde de la gauche. Comment donner à chacun sa place et à rassembler dans de telles conditions ? Construire du « rouge-vert » dans le respect s’éloignait davantage. Cette « OPA » sur la gauche n’a pas été une réussite confirmée. Elle a fait du dégât. Mais les forces de Hamon et de Jadot n’ont pas retrouvé de la puissance pour autant.
    Il me semble que 2022 est la conséquence de 2017 et rien de plus. Rien n’a été changé. C’est cette persistance d’une stagnation qui est étonnante.

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    1. Jamais compris pourquoi il aurait fallu une alliance entre Mélenchon et les socialistes alors qu’il n’y a rien de commun entre eux, l’un à gauche, la plupart des autres de Fabius à Valls en passant par hollande situés à droite. Hamon aurait pu rompre les amarres avec le PS pour rejoindre la gauche mais il était trop médiocre pour cela

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      1. Ce n’est pas tout à fait ainsi que les choses se sont passées.
        Hamon gagna la primaire du PS, mais le président et son premier ministre n’ont pas joué le jeu. Hollande encore aujourd’hui ne rate pas une occasion de dire que les frondeurs, dont était Hamon, ont causé la ruine du PS. Bref Hollande et Valls n’ont pas respecté la démocratie interne. Il y avait là une chance que le PS évolue, d’ailleurs certaines des idées à l’époque portées par Hamon ont été remarquées. La question n’était pas de savoir s’il fallait rompre avec le PS, mais si le PS était capable d’évoluer ou pas. Hamon a tenté quelque chose, cela n’a pas fonctionné, mais au moins il a essayé.

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  9. Bonjour à tous,

    Je voudrais revenir sur un point important souligné ici par Alexis, à savoir l’échec (annoncé) de la primaire populaire ne rassemblant que 3 candidats pour 210.000 signatures…

    Il s’agit ici de la conséquence découlant d’au moins quatre échecs antérieurs parfaitement ancrés dans la mémoire collective concernée, que ce soit de près ou de loin, par toutes ces initiatives :

    1- l’échec du collectif Roosvelt,

    2- l’échec de la primaire.org,

    3- l’échec de la France Insoumise,

    Rq. Je peux en parler, puisque j’ai pris part de près ou de loin à ces trois mouvements…

    Puis plus récemment,

    4- l’échec de Place Publique…

    Rq. Mouvement auquel Paul a pris part avant l’implosion, plus de loin que de près il me semble…

    Et le seul fait de manipuler tous ces mouvements, ne serait-ce qu’en changeant leur nom (Nouvelle Donne, Union Populaire, etc.) n’y change absolument rien. Pire, cela agrave même une situation ne faisant que confirmer cet échec ; d’où l’échec évident de cette primaire populaire, mais aussi celui de l’union populaire à venir, puisque dans les deux cas, les conditions d’organisation de ces deux mouvements ne trahissent en aucun cas cette triste réalité, à savoir qu’il s’agit dans les deux cas des mêmes candidats se retrouvant finalement en lice !

    Rq. Les militants font peut-être des erreurs de jugement une ou deux fois (on en revient ici au piège de la croyance – voir mes commentaires sous Paul & Stéphanie), ils ne demeurent pas dupes éternellement pour autant…

    Aussi, qu’est ce qui permettrait de sortir de l’ornière à gauche, et ceci d’ici au 4 mars 2022 (ce qui au passage, fait plus trois mois que quatre mois cher Alexis) ?

    Eh ! bien (systémique oblige) plus « difficilement » que tout « simplement », le seul fait qu' »une personnalité neuve » soit ENFIN appelée à gouverner, et aussi que cet appel soit suffisamment FORT pour que cette « personnalité neuve » puisse d’abord très clairement l’entendre pour pouvoir ensuite y répondre d’ici au 4 mars prochain !

    Dans la vie, on n’a rien sans rien…

    Amitiés,

    Philippe

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    1. @ Philippe Soubeyrand

      Une personnalité neuve ?

      Vous faire dans le commercialisme politique enfiévré où un produit électoral chasse l’autre.
      Bizarre votre hantise du vedettariat et de la personnalisation à outrance comme l’idée impossible à trouver d’un « sauveur suprême ».
      Non, ce qu’il nous faut, c’est une force politique populaire puissante, une volonté chevillée au corps et un programme politique digne de ce nom.
      Rien de plus.

      A part bien sûr, le travail sur le terrain.

      Et non pas les éternelles  » gloseries  » virtuelles sur la toile et la joie lubrique écumante de couper les cheveux en quatre en voyant passer les trains.

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    2. Là je suis d’accord avec Hervé. Qu’entendez-vous par « personnalité neuve » ? De quelle nouveauté s’agirait-il ? Et une personnalité neuve appelée à gouverner par qui ? Et pour quoi faire ? On dirait l’intransitivité du vocabulaire macronien : la République en Marche… Mais en marche vers où ? La France qui ose… Mais qui ose quoi ? C’est très flou.

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    3. Philippe Soubeyrand
      Être candidat à une fonction en suppose le désir et quand la fonction dans la pyramide publique ou privée est à la pointe des pyramides de pouvoir, mieux vaut que la pratique soit éclairée dans ses ressorts et objectifs. Le pouvoir en soi est masturbatoire, rien de plus, mais il sert des objectifs très variés dans sa finalité.
      « une personnalité neuve » soit ENFIN appelée à gouverner, et aussi que cet appel soit suffisamment FORT pour que cette « personnalité neuve » puisse d’abord très clairement l’entendre pour pouvoir ensuite y répondre »
      c’est ce qui arrive quand face au bordel « On » cherche un sauveur, en général un militaire se dévoue…

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    4. Je crois que l’échec est dû au quasi anonymat de ce mouvement « primaire populaire » qui devait rassembler des choux et des carottes. J’avoue n’avoir été au courant que récemment. Je n’ai toujours pas compris l’intérêt d’une candidature regroupant des partis politiques aussi éloignés idéologiquement que LFI et le quasi-défunt PS

  10. Cher Alexis,

    Vous avez raison lorsque vous écrivez : « un parti c’est à l’évidence plus important qu’un pays, et concourir sans aucune chance de gagner vaut mieux que gagner sans peut-être avoir concouru ! »

    Il me semble que nous ne regardons pas les politiciens avec les bonnes lunettes. Nous les considérons comme des êtres à la psyché ordinaire, i.e. comme des M. Tout-le-monde, capables de prendre des décisions pour le bien commun. La réalité est tout autre. Ce sont des gens hantés par la quête du pouvoir, a-empathiques, prêts à toutes les trahisons, tous les assassinats. Mon hypothèse, une philia altérée. Malheureusement, la gauche n’est pas plus épargnée que la droite par cette « phagocytation ». Et malheureusement bis, le cadre actuel ne permet de faire émerger que ce genre de profile.

    Mon sentiment pour la prochaine présidentielle, une forte abstention. D’abord parce que les sujets abordés ne sont pas ceux qui intéressent les gens et ensuite parce que beaucoup de monde à tirer, avec un peu de délai, les leçons de 2005. Votez à droite ou à gauche, vous aurez les mêmes politiques économiques. Les différences se font sur des sujets périphériques, « sociétaux » diront certains (mariage pour tous, écriture inclusive, me too…) dont les citoyens se moquent dans les circonstances de crises économiques, sociales et environnementales que nous traversons en ce moment.

    L’horizon est bouché mais une solution existe. Trouver 577 personnes prêtes à se présenter aux élections législatives qui suivront les présidentielles, il suffit de remplir un cerfat, pour mettre en oeuvre « Vers un nouveau monde ». Des personnes ordinaires, prêtes à donner 5 ans de leur vie pour changer les choses. Le principe serait de conserver ses activités courantes et d’y ajouter, pendant 5 ans, le travail de député. La victoire ne serait pas nécessairement là dès 2022 mais cet engagement permettrait de faire émerger d’autres idées que le Chiottisme et assimilé (désolé, je n’ai pas pu rester 😉 ). Qu’en pensez vous ?

    Une dernière chose, je me demande ce que va faire un président dans des pétromonarchies à quelques mois de la présidentielle ? Quelqu’un me souffle qu’il est revenu ses valises pleines (de souvenirs)…

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    1. Supposons que vos hypothèses de départ soient justes. Si les 577 personnes trouvées ont un profil différent du seul profil (sociopathe) que le cadre actuel permet de faire émerger, alors elles n’émergeront pas. Si le cadre actuel ne permet de faire émerger que des sociopathes, alors changer le profil de vos 577 candidats ne suffira pas. Il vous faut d’abord changer le cadre.

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        1. Je ne vous propose aucune méthode pour changer le cadre parce que ça n’est en fait pas nécessaire. Le profil, la personnalité, les motivations profondes de vos candidats n’ont en réalité aucune importance, et je vais essayer de vous le montrer par un exemple (fictif). Imaginez que se dessine en, heuuuu…, mettons en Belgique, une solide majorité favorable à ce que la Belgique sorte de l’Union Européenne. Par « solide majorité » j’entends non pas une majorité écrasante genre 75/25, mais une majorité qui dure dans le temps. Pas juste un sondage qui vous donnerait ponctuellement cette courte majorité, résultat vite corrigé le mois suivant par le sondage suivant. Les élections porteront au pouvoir un homme (ou une femme peu importe) politique favorable à cette sortie et qui mettra ou tentera de mettre en oeuvre cette sortie. Soit parce qu’il s’agit d’un politicien honnête, convaincu de la nécessité de la chose et soucieux de respecter le mandat pour lequel il a été élu. Soit parce qu’il s’agit d’un sociopathe qui une fois le pouvoir conquis n’aura plus qu’une seule idée en tête : le conserver. Dans les 2 cas le résultat est le même : la Belgique sortira ou tentera de sortir de l’Union Européenne. Et vous voyez là que le profil et les motivations de votre élu n’y changent rien. La seule chose importante, la seule chose qui a modifié la donne et changé le cap politique belge, c’est l’apparition d’un nouveau rapport de force : « une solide majorité favorable à ce que la Belgique sorte de l’Union Européenne ». Ce ne sont pas les personnalités, mêmes « neuves », qui modifient les rapports de force. Ce sont les modifications des rapports de force qui font émerger les personnalités, « neuves » éventuellement. Il n’y a pas Napoléon s’il n’y a pas d’abord la révolution française. Il n’y a pas de Gaulle s’il n’y a pas d’abord la guerre. Oubliez ces histoires de personnalités, c’est secondaire. Ne vous intéressez qu’aux rapports de force.
          J’ai le regret de vous informer que le rapport de force, en France et presque partout en Europe, est très défavorable à la gauche. Depuis plusieurs décennies, et probablement malheureusement pour encore un bon moment. Personnellement je ne vois qu’une chose susceptible de le modifier, à un terme que j’espère le plus court possible : c’est la dérive climatique. Quand les classes dominantes, celles qui font la politique, en France et en Europe, seront petit à petit convaincues que la société capitaliste, les flux financiers et les échanges marchands mondialisés, la consommation et le tourisme de masse, le productivisme agricole et la viande à tous les repas, tout ça tout ça, finalement, ça va pas le faire. Que c’est au bout du compte plus nuisible que favorable à leurs intérêts. Et qu’il convient peut-être de renverser ses alliances. Je vous souhaite d’être encore vivant quand ce point de bascule se rapprochera. Et je vous souhaite d’être prêt.
          Salvador Allende est mort le 11 septembre 1973 au palais de la Moneda, à Santiago du Chili. Il n’était pas prêt.

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          1. Le cas du prochain second tour de l’élection présidentielle au Chili sera intéressant à analyser : comment va se comporter la fraction de l’électorat (47%) qui s’est abstenu de voter lors du premier tour et qui a vu une légère avance du candidat d’extrême droite sur le candidat de la gauche, cela est assez étonnant dans une ambiance de population plutôt à gauche, du au traumatisme de la dictature A. Pinochet ?
            La forte abstention en France pourrait déjouer également toutes les prévisions des sondeurs lors du prochain scrutin…

    2. @ Manuel

      Vous retardez de dix ans.

      Ne restez pas scotché sur les médias « mainstream » et ne restez pas seulement abonné au magazine  » Marianne  » qui est la propriété d’un milliardaire tchèque ayant fait fortune dans le domaine de l’énergie d’origine fossile.

      Recoupez l’information !

      1. Si vous recoupez l’information comme vous recoupez l’information sur moi, ça va être difficile d’argumenter avec vous. Je vous laisse dans le futur.

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  11. A mon avis, Zemour sert, malgré sa volonté, comme tambour de Le Pen. Il reveille tous ceux qui habituellement ne votent pas, par résignation ou par répulsion face aux tendences de dystropie légitimées par le gouv. Marcon et par ceux qui étaient au pouvoir avant lui.

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  12. Puisqu’on est dans les paris, Pécresse va prendre des voix sur Macron et sur sa droite, donc, pour moi, je parie sur un pronostic beaucoup plus serré que celui affiché. Le discours qu’elle a prononcé à sa désignation comme candidate LR montre qu’elle a bossé. Est-ce que cela changera quelque chose à la fin des fins : sûrement pas.

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  13. Meeting E. Zemmour / Parc des expositions à Vile Pinte :

    Journal  » Libération  » : (…)  » Un brun flippant  » :

     » Tout le monde n’écoute pas Zemmour. A l’arrière, le meeting se transforme en baston générale. Plusieurs membres de SOS Racisme sont venus pour tenter un happening, vêtus de tee-shirts noirs «non au racisme». La chose dure moins de 5 secondes. Des nervis pro-Zemmour n’attendaient que ça : tabassage immédiat, une femme est rouée de coups, jets de chaises, course-poursuite. Cohue indescriptible. Les militants antiracistes sont évacués, plusieurs blessés. A trois reprises avant cela, des nerveux en bombers s’étaient rués par dizaines vers la sortie après des rumeurs sur la présence d’antifas infiltrés. Une fois l’incident terminé, un groupe compact, composé d’hommes cagoulés, revient crânement dans la salle, certains le bras tendu. Un jeune, BCBG, sweat à capuche de sa prépa Saint-Cyr, gants en cuir, regrette de n’avoir pu en découdre (…).

  14. Jadot n’aurait-il pas peur du fantôme de Taubira?
    Bande de moules à gaufres, si vous continuez comme ça vous n’aurez même pas un groupe à l’assemblée!
    Désolé mais ça défoule, ras le bol de ces nombrils arrivistes…

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  15. Sans prétention excessive, voici ma contribution sur Mediapart à ce qui nous travaille tous tant que nous sommes.
    https://bit.ly/3IEDqaH

    Dario CIPRUT
    Retraité militant antiraciste et du droit des étrangers
    Abonné·e de Mediapart

    2Billets

    BILLET DE BLOG 10 DÉC. 2021

    Gauche présidentielle 2022 – Bal des perdants ou échappée victorieuse ?

    Malgré le refus des candidats déclarés Jadot et Mélenchon de se soumettre au verdict de la Primaire Populaire, le nombre d’inscrits potentiels à ce scrutin et la candidature en suspens de C. Taubira devrait les faire réfléchir à ne pas les décevoir.

    La volte-face de Montebourg suivi par Hidalgo fait le buzz depuis midi 8 décembre. Cette initiative de candidats dont les chances tenaient de la peau de chagrin paraîtra dérisoire à tout français conscient du désastre programmé des 7 écuries en lice, laissant le champ libre à Macron, Pécresse, Zemmour ou LePen. Cependant on aurait tort de n’y pas voir une forme de lucidité utile à dessiller les yeux des Jadot et Mélenchon, qui flirtent péniblement pour l’heure avec les 10%.

    Stagnation des déclarés

    Une chose est claire. La présentation que donnent les médias officiels de la déroute prévisible, en rapportant presque quotidiennement les résultats de sondages de leurs échantillons respectifs de l’électorat, occulte la dynamique inverse incarnée par des citoyens se situant à gauche et demandeurs persévérants d’unité dans les rangs des papables.

    Le dernier en date de ces sondages, tiré du malaxage que leur fait subir l’ingénieuse méthode comparative du Huffington Post (voir sous https://bit.ly/3osxObm et appuyer sur « Relancer » pour la mise à jour), donne ce jour le tableau suivant.

    Compilation sondages présidentielle 2022 du 9 décembre 2021 © Huffington Post

    Les candidats « de gauche » se traînent à l’étale au bas du tableau, Montebourg ne l’atteignant même pas. On peut, en incorrigible optimiste, remarquer que seul Mélenchon aboutit à un score supérieur à celui qu’on lui donnait au début et qu’il se porte un peu mieux que Jadot, quoi qu’en disent les émules du dernier guettant tout frémissement de sa cote sur leur sondeur favori. Il est vrai que celle-ci doit probablement son récent recul aux contrecoups de l’affaire Hulot.

    Envolée de la primaire populaire

    Nous n’avons pas de graphique représentant l’avance des suffrages des partisans de la Primaire Populaire, parmi lesquels nous nous inscrivons (aussi, car nous avons participé aux deux autres scrutins). Il n’est pourtant pas sorcier de voir qu’à l’inverse de celle des sondages des candidats avérés, elle suit bien une courbe ascendante. Les 83’000 inscrits du 11 septembre, étaient devenus 130’000 le mois suivant (à la fin des parrainages). Ils comptent 240’000 aujourd’hui, gagnant 110’000 partisans (identifiés comme citoyens français âgés de plus de 16 ans via numéro de mobile) en deux mois. Ils  flirtent avec le score de Jean-Luc Mélenchon, parti lui des 150’000 parrainages citoyens (moins sévèrement recensés) visés le 12 novembre 2020, pour tourner autour des 260’000 plus d’un an après selon melenchon2022.fr. EELV se félicitait d’avoir atteint 122’670 inscrits à la primaire écologiste ayant désigné au scrutin uninominal Yannik Jadot d’une courte majorité pour porter les couleurs du parti.

    Ces scores ne sont pas directement comparables, car les inscrits à la Primaire Populaire avaient jusqu’à la fin des parrainages la possibilité de parrainer simultanément plusieurs candidats·es de la liste paritaire des top 10, sans avoir à choisir l’un d’entre eux. Les mieux classés de ce round ne totalisent donc les suffrages que d’une fraction des inscrits, les deux têtes de liste, Christiane Taubira et François Ruffin, en collectant respectivement 34’635 et 25’949, soit moins du tiers. Il faut néanmoins partir du fait que le gagnant final de la Primaire Populaire pourra compter sur la totalité des voix des inscrits, donc sur un score supérieur aux 240’000 déjà atteints.

    La représentation médiatique des scores décourageants de candidats déclarés occulte la vigueur croissante qui anime la candidature encore virtuelle du ou de la gagnante de la Primaire Populaire. D’ailleurs, on peut noter un frémissement d’audience auprès de médias qui n’en ont eu jusqu’ici que pour Zemmour. L’agitation s’empare des rangs des prétendants et les interrogations pullulent autour d’une éventuelle candidature de Christiane Taubira, qu’un sondage du Nouvel Observateur couronne comme la plus crédible et désirée du peuple de gauche. Le score de 240’000, pourtant tellement en retrait des ambitions initiales des promoteurs, pourrait bien s’accroître notablement d’ici l’échéance du vote fixé du 27 au 30 janvier. Ce vote est censé départager définitivement les rescapés et investir, même contre leur gré, celle ou celui qui passera en tête. Jointe à un score canon, il n’est pas déraisonnable de conjecturer qu’une candidature de Taubira en outsider devrait contribuer à convaincre Jadot ou Mélenchon de mettre fin à leur course solitaire nous entraînant vers une défaite certaine. Rejoindre la campagne du ou de la candidate qui aurait engrangé ainsi par anticipation l’onction du vote populaire n’aurait aucune raison d’humilier des compétiteurs à la loyale, et ne signerait que l’acceptation d’un verdict imposant le ralliement.

    On vient d’apprendre que les deux candidats princeps n’entendent pas céder sans résister à la pression intéressée de Montebourg ou Hidalgo. Jadot, Mélenchon, comme le communiste Roussel du haut de ses deux pourcent, proclament à l’envi que ce qui compte c’est le programme auquel ils ont travaillé et non une n-ième tentative de parier sur une personne. Sans doute la version mise à jour de l’Avenir en Commun de la France Insoumise est-elle plus aboutie et libre de certaines ambiguïtés du Socle Commun, négocié au printemps comme dénominateur commun des plateformes partidaires. Ce programme offrirait notamment de meilleures garanties de remise à plat constitutionnelle ou d’abandon progressif du nucléaire. Mais il faut une solide dose de mauvaise foi pour prétendre à quelque incompatibilité d’alliance plutôt qu’à une saine émulation en campagne présidentielle. D’ailleurs il ne s’agit pas d’un programme ficelé de législature, lequel serait de toutes façons emporté comme fétu de paille si la présidentielle était perdue, mais d’accepter un pré-verdict populaire permettant d’augurer d’une confrontation de 2èmetour entre gauche et droite plutôt qu’entre droite et extrême-droite.

    Nous soutenons donc sans hésiter la marche en avant proposée par la Primaire Populaire. Fonçons !

    Dario Ciprut, 10 décembre 2021

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