Archives par mot-clé : élection présidentielle US 2020

Paul Jorion débat avec Susan George à propos de Donald Trump – Première partie, le 20 novembre 2020

Arnaud Saint-Martin : 

Ce vendredi, webinaire comme on dit maintenant, en distanciel, faute de pouvoir organiser des rencontres dans la vraie vie, in real life, comme au bon vieux temps du monde d’avant. Donc moi, je suis cogérant des Editions du Croquant, Arnaud Saint-Martin. Je vais animer – enfin, c’est vite dit – je serai là pendant cette rencontre. Ce soir, nous avons le plaisir d’écouter Paul Jorion et Susan George échanger à partir du nouvel opus que Paul vient de faire paraître au Croquant qui s’intitule « La chute de la météorite Trump tome 2 – « Haute trahison » » qui couvre la période qui va de mai 2018 à octobre 2020 et qui prend la suite d’un premier tome qui était sous-titré « Un objet populiste mal identifié ». On verra s’il est mieux identifié maintenant, consacré aux premiers temps chaotiques de la présidence Trump. Cette chronique des agissements de Trump et ses sbires entre la tour éponyme de Manhattan et la Maison Blanche est précieuse, on va le voir et on l’illustrera, car elle permet de prendre toute la mesure des dégâts. Il est arrivé tellement de fracas. Il y a eu tellement de bruit et de fureur que l’on en viendrait presque à oublier certains épisodes, d’autant plus que nous sommes nombreux à suivre, médusés, tétanisés, l’entêtement du président déchu, déçu face à une défaite qu’il n’est viscéralement pas disposé à reconnaître car ce serait reconnaître une faillite et une faillite, c’est humiliant pour un homme d’affaires rompu à l’art de la négociation. 

Je rappellerai que Paul Jorion est anthropologue, sociologue, psychanalyste et, à l’occasion, romancier. Il a vécu 12 ans aux Etats-Unis. Il tient à jour une veille précieuse sur son blog. 

Je remercie vivement Susan George d’avoir accepté d’échanger avec Paul à partir de l’ouvrage qu’elle a lu pour préparer l’émission. Je rappelle également que Susan est politologue, écrivaine, présidente d’honneur d’ATTAC et autrice de 17 livres, y compris le dernier : « Je chemine avec » qui vient de paraître au Seuil. 

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Joe Biden, Président des États-Unis ; un rat quitte le navire

Il y a 538 Grands électeurs pour les 50 états des États-Unis d’Amérique : 306 ont voté Biden, 232 ont voté Trump. Il n’y a pas eu de surprise : les Grands électeurs de chacun des états ont voté en conformité avec le suffrage universel dûment constaté dans leur état. Le Maine et le Nebraska ont une vote proportionnel, il est majoritaire dans les 48 autres.

Pendant ce temps, un rat a quitté le navire : William Barr, ministre de la Justice, a démissionné. Il était temps pour lui, il a sans doute trouvé le moyen d’échapper de justesse à la prison (voir mon billet du 10 juillet : « Comment éviter la prison », où je rapporte que John Bolton, ancien ambassadeur, conseiller à la Maison-Blanche, dans ses mémoires, The Room Where it Happened, explique qui dans l’entourage de Trump fera de la prison).

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Trump : Pour ne rien arranger, le pont sur la Bérézina s’effondre

Un excellent résumé par Gilles Paris des tribulations récentes du président Trump dans le quotidien Le Monde est intitulé « La bérézina judiciaire de Donald Trump ». Ajoute un élément de plus à la déroute présidentielle, la nouvelle hier dans le soirée que Rudy Giuliani (76 ans), autrefois maire exemplaire de New York lors des attentats de septembre 2001 mais plus récemment avocat rocambolesque de Trump, avait contracté la Covid-19 et était hospitalisé.

Je vous rappelle que la quarantaine de plaintes visant à renverser la victoire électorale de Joe Biden par une majorité confortable (306 – 232) en raison de, dixit Trump : « l’élection la plus corrompue (et de loin !) de l’histoire des États-Unis », n’a encore débouché, la quasi totalité ayant été déboutée,  que sur un gain supplémentaire de 87 voix  pour … son rival Joe Biden.

L’Arizona ferme aujourd’hui lundi son administration gouvernementale pour une semaine en raison du grand nombre de contacts de ses officiels avec Giuliani ces jours derniers, lequel avait bien entendu refusé de porter le masque dans ses pérégrinations récentes, insistant même lors d’une déposition pour que son interlocutrice retire le sien « parce que je vous entends mal », ce qu’elle refusa de faire. Toujours dans le sillage de l’avocat présidentiel, la fureur des représentants Républicains en particulier avec qui il s’est longuement entretenu dans le Michigan et en Géorgie (essentiellement pour les enguirlander de ne pas tenter de  renverser le résultat des urnes). Jen Jordan, sénateur Démocrate de Géorgie a twitté : « Je ne me doutais pas que la menace de mort la plus sérieuse à laquelle je serais exposé la semaine dernière serait le propre avocat de Trump. Giuliani – sans masque – dans une salle d’audience comble pendant 7 heures. Dire que je suis révulsé serait trop aimable. »

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États-Unis : La transition a débuté

Emily Murphy, l’officielle en charge de lancer la procédure de passation des pouvoirs, qui refusait jusqu’ici de reconnaître la victoire de Biden, a amorcé la transition.

Trump venait de subir dans le Michigan une défaite de plus dans ses combats d’arrière-garde, quand un assesseur Républicain vota avec les Démocrates pour reconnaître la victoire de Biden dans l’état, lui assurant officiellement les voix des 16 grands électeurs du Michigan, et ceci malgré les coups de fil pressants et la récente invitation à la Maison-Blanche des officiels Républicains de l’état.

Le camp Trump venait également d’être débouté dans sa contestation des votes en Pennsylvanie, où un juge nommé par les Républicains avait jugé sans mérite aucun la plainte déposée.

Hier 100 experts Républicains des questions de sécurité nationale avaient adressé à Trump une lettre ouverte lui demandant d’amorcer la transition dans l’intérêt du pays.

L’équipe des juristes de Trump était par ailleurs en train de se déliter : l’avocate Sidney Powell l’a quittée, son affirmation que les votes étaient truqués à l’initiative de … l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez s’est avérée trop, même pour le leader de l’équipe, Rudy Giuliani, pourtant peu regardant en matière d’affirmations tonitruantes.

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La situation aux États-Unis ? Comme prévu le 27 juillet !

Le 27 juillet, je publiais ici un billet intitulé « Présidentielle de novembre : le spectre du pat de 1876 » qui décrit parfaitement la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Je ne suçais pas cela de mon pouce : je me contentais en fait de vous communiquer l’analyse faite par Lawrence Douglas, professeur de Droit à Amherst College dans le Massachusetts.

Petite valeur ajoutée tout de même de ma part, la dernière phrase de ce billet : « Tout ça est trop machiavélique pour un crétin comme Trump me direz-vous ? Pour un crétin comme Trump, oui, mais pas pour un conseiller de Trump aussi avisé que Steve Bannon. » J’ai donc été conforté tout à l’heure de lire dans The Washington Post : « De plus en plus, Trump n’entend que des aides qui soutiennent que l’élection n’est pas terminée. Il garde espoir pour le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, en grande partie grâce aux conseils de Giuliani, qui est proche de Bannon, et Trump a exhorté Giuliani à poursuivre le combat, ont déclaré plusieurs responsables. Giuliani « est fou et croit réellement Bannon », a déclaré un conseiller républicain de haut niveau. »

On entend beaucoup parler de 1876 ces jours-ci aux États-Unis. La raison en est la suivante : cette élection présidentielle déboucha, non pas sur un match nul entre les deux candidats mais sur l’équivalent d’un pat aux échecs : un blocage obligeant à annuler la partie… ce qui n’est pas une option dans une élection présidentielle, aussi, le président sortant : le général Grant, envisagea de confier le pouvoir aux militaires. On s’en sortit de justesse par un marchandage entre les deux candidats.
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Pendant que Trump prépare son putsch, l’Establishment Démocrate se voit cohabiter avec les Républicains et attaque… la Gauche ! par Yorgos Mitralias

USA president for life

Tandis que les préparatifs putschistes de Trump vont désormais bon train, les États-Unis commencent à faire connaissance avec les prémices d’une situation de double pouvoir aussi inédite que prometteuse de grands chambardements. En effet, fort de l’appui de 72 millions d’Américains qui ont voté pour lui, Trump qui tient toujours le parti Républicain d’une main de fer, montre clairement s’en foutre éperdument des soucis légalistes de ses adversaires Démocrates, et préfère organiser sa propre “légalité” étatique fondée non pas sur des vœux pieux démocratiques mais sur des « arguments » bien plus musclés et matériels. En somme, pendant que ses adversaires pérorent sur « la force de la démocratie américaine », Trump est aujourd’hui en train d’achever ses préparations dictatoriales poursuivies d’ailleurs fébrilement durant toute sa présidence depuis son élection en 2016…

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La chute de la météorite Trump. Tome 2 : « Haute Trahison », paraît aujourd’hui le 5 novembre

Ça s’achète ici. Excellent rapport qualité / prix !

Mesdames et Messieurs de la presse, pour un exemplaire, cliquez ici. Merci d’avance !

Bonnes feuilles (pages 205 à 208 ) :

Conclusion

Les élections du 3 novembre 2020 verront la victoire soit du sortant, Donald Trump, représentant du Parti républicain, soit de Joe Biden, le candidat du Parti démocrate.

Les pages qui précèdent ne devraient laisser aucun doute : les choses se présentent au mieux pour une réélection de Donald Trump, qui joue sur la peur et a utilisé les quatre années de son premier mandat pour linstiller sciemment. Trump dispose par ailleurs des pouvoirs présidentiels quil a su distordre dans le sens dune dérive régalienne, ne rencontrant quun semblant dopposition. Robert Reich, ministre du Travail au temps de Bill Clinton, dit à très juste titre : « La chose est plus évidente chaque jour qui passe : le choix en novembre nest pas Démocrate ou Républicain mais démocratie ou fascisme ». Ma propre analyse était déjà formulée en des termes identiques le 9 novembre 2016, jour où la victoire de Trump fut officiellement déclarée, puisque je titrais mon billet : « Un proto-fasciste va diriger la plus grande puissance mondiale » (Tome 1 p. 45).

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