Archives par mot-clé : Travail

Kurt Vonnegut : Player Piano (New York : Scribner 1952) – Extrait

Ouvert aux commentaires.

Pages 18 et 19.

    « Kuppo ! » dit le Shah, secouant la tête.
    Khashdrar rougit, et traduisit mal à l’aise, d’un air de s’excuser. « Shah dit : ‘Communisme’. »
    « Pas Kuppo ! » dit Halyard avec véhémence. « Le gouvernement n’est pas propriétaire des machines. Il taxe tout simplement la part des revenus de l’industrie qui allait autrefois au travail, et la redistribue. L’industrie appartient et est gérée par des personnes privées, et coordonnée – pour éviter le gaspillage qui découle de la concurrence – par un comité de dirigeants du secteur privé, pas par des politiques. En éliminant l’erreur humaine par la mécanisation, et la concurrence inutile par l’organisation, nous avons considérablement élevé le niveau de vie de l’individu moyen. »
    Khashdrar interrompit sa traduction. Il fronçait les sourcils avec perplexité. « S’il-vous-plaît, cet individu moyen, il n’y a pas d’équivalent dans notre langue, je crains bien. »
    « Vous savez », dit Halyard, « l’homme ordinaire c’est, eh bien, ‘tout le monde’ – comme ces travailleurs qu’on a vus sur le pont, le type dans la vieille bagnole qu’on a croisée. Le petit bonhomme, pas une lumière mais le coeur sur la main, sans chichis, ordinaire, une personne dans la vie de tous les jours. »
    Khashdrar traduisit.
    « Aha ! », dit le Shah, opinant du bonnet : « Takarou ! »
    « Qu’est-ce qu’il a dit ? »
    « Takarou », dit Khashdrar. « Esclave. »
    « Pas Takarou », dit Halyard, s’adressant directement au Shah : « Ci-toy-en. »
    « Ahhhhh », dit le Shah, « Ci-toy-en ». Il souriait tout heureux. « TakarouCi-toy-en. Ci-toy-enTakarou. »
    « Pas Takarou ! » dit Halyard.
    Khashdrar haussa les épaules. « Dans le pays du Shah, il n’y a que l’Élite et les Takarou. »

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Formation « LA CRISE DU CAPITALISME : QUELLE ANALYSE ET QUELLES PROPOSITIONS ? » à l’intention de syndicalistes

Voici le texte que j’ai rédigé pour la formation que j’assurerai à l’Institut Régional du travail Occitanie, à l’Université Toulouse Jean Jaurès, les 17 et 18 septembre prochain. Si vous connaissez d’autres syndicalistes que cela peut intéresser, signalez leur que je viendrai bien entendu volontiers également dans leur région.

Présentation de la session de formation

« LA CRISE DU CAPITALISME : QUELLE ANALYSE ET QUELLES PROPOSITIONS ? »

Face aux crises successives du capital, quelles réponses syndicales ? Cette formation vise à fournir aux syndicalistes exerçant des responsabilités des apports théoriques à croiser avec leurs expériences de terrain pour comprendre les possibilités de dépassement du capitalisme et la manière de les mettre en œuvre. La session des 17 et 18 septembre sera consacrée à la présentation / discussion des analyses de l’anthropologue et sociologue Paul JORION, professeur associé à l’Université catholique de Lille.

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Compte rendu de « Fuck Work ! » de James Livingston, par Hubert Guillaud sur internetactu.net

Fuck Work !… Et puis ? par Hubert Guillaud sur internetactu.net

Un extrait :

Sur le fond, Livingston pose des questions qui ne laissent pas indifférent, mais n’y apporte aucune réponse nouvelle. Il a beau répéter Fuck Work en boucle, ça fait un slogan, pas une réponse. En appeler à un revenu universel, à l’heure où les allocations de toutes sortes sont plutôt en péril et à l’heure où le capital ne cesse de s’expatrier, me paraît proposer une solution guère opérante, qui pourrait être remplacée par bien d’autres solutions, comme la gratuité à l’indispensable que propose Paul Jorion (@pauljorion) dans la préface à l’édition française de Fuck Work (et dans l’un de ses derniers livres, Vers un nouveau monde).

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« Fuck Work ! » : un message de l’auteur

Un message de James Livingston :

I just received six copies of the Flammarion translation with your brilliant preface. We need to talk. I’ve commissioned a translation of the preface for my little online magazine, politicsslashletters.org. Maybe we can debate there. Maybe you want to write for us. In any case, we need to talk. Best wishes, Jim

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« Ils viennent voler notre pain ! »

Ouvert aux commentaires.

Rafle de travailleurs immigrés illégaux dans les usines de Cactus au Texas. Depuis, les usines sont vides car personne d’autre n’est prêt à les remplacer dans leurs boulots de merde.

L’article du Washington Post est ici : Trump says American workers are hurt by immigration. But after ICE raided this Texas town, they never showed up. : « Trump affirme que les travailleurs américains souffrent de l’immigration. Mais après que l’Office de l’immigration et des douanes eut opéré sa rafle, ils ne sont jamais venus ».

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Pékin remporte la bataille pour un ciel bleu – mais les pauvres en payent le prix, par Simon Denyer

Ouvert aux commentaires. Merci à Joel Bomane pour la traduction.

Pékin remporte la bataille pour un ciel bleu – mais les pauvres en payent le prix, par Simon Denyer © The Washington Post, le 13 janvier 2018 

Il y a un an, la capitale chinoise était en proie à un smog étouffant et potentiellement mortel qui rendait la vie pénible avec une pollution dangereuse pour la santé respiratoire. Ce mois-ci, l’air à Pékin est sain et le ciel bleu. Le vent et la météo ont joué un rôle, mais ce n’est pas dû au seul hasard.

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BBTK125 – L’avenir du travail

Wikipedia : « Le Syndicat des Employés, Techniciens et Cadres (SETCa) (en néerlandais Bond van Bedienden, Technici en Kaderleden = BBTK) de tendance socialiste […] Fondé en 1892, le SETCa est également la plus ancienne organisation syndicale d’employés, de techniciens et de cadres de Belgique, la principale centrale professionnelle de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB). »

En attendant le retour de la vidéo corrigée, une autre vidéo de Pieter De Vos.

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À propos de « No More Work. Why Full Employment Is a Bad Idea » de James Livingston, par Madeleine Théodore

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le livre de James Livingston, No More Work * – mais dont il explique dans les premières pages qu’il aurait voulu l’appeler « Fuck Work » – agit sur le lecteur comme une psychanalyse, la question qu’il nous soumet sans ambages étant la raison de notre attachement plein de persévérance à la « valeur travail », alors que nous pourrions et surtout devrions nous tourner vers une autre voie, actuellement, pour répondre à nos aspirations les plus profondes, les emplois disparaissant chaque jour davantage « grâce » à l’automation.

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Le chapitre 10 de Le deuxième âge de la machine de Brynjolfsson et McAfee

Madeleine Théodore nous propose le résumé de plusieurs chapitres du livre d’Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, Le deuxième âge de la machine. Travail et prospérité à l’heure de la révolution technologique [2014] Paris : Odile Jacob 2015.
Ouvert aux commentaires.

  Chapitre 10. Les grands gagnants : stars et superstars.

Le changement technique en faveur du travail qualifié a augmenté la demande relative de travailleurs ayant reçu une instruction supérieure et réduit celle des travailleurs moins instruits. En outre, les changements technologiques en faveur du capital ont accru les profits des propriétaires de capital et réduit la part des revenus allant au travail. Continuer la lecture de Le chapitre 10 de Le deuxième âge de la machine de Brynjolfsson et McAfee

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« Vers un nouveau monde » (à paraître le 23 août) : La gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable

Vers un nouveau monde

Ouvert aux commentaires. Un chapitre de mon nouveau livre-manifeste.

LE MONDE TEL QU’IL DEVRAIT ÊTRE

7. La gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable

La deuxième révolution industrielle a nécessité un très long temps d’attente avant que la collectivité dans son ensemble puisse en bénéficier. À nous, ayant tiré, une fois n’est pas coutume, les leçons de l’Histoire, de pallier les désastres accompagnant un tel tournant et, mieux encore, de les anticiper, afin d’en restreindre les aspects négatifs et de donner toute leur ampleur à ceux qui sont bénéfiques pour assurer à chacun d’entre nous la véritable renaissance qu’ils portent en eux. La chose est possible, les moyens sont à notre disposition, seule manque la volonté, tout est une question de politique.

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Retranscription – « Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi », le 18 août 2014

« Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi », le 18 août 2014. Merci à Marianne Oppitz !

Mais il faut bien voir que si on veut passer d’un monde où nous consommons 1,6 planète par an et, si nous continuons dans la direction où nous sommes sans changer de cap, eh bien, ça va devenir 1,8, ça va devenir 2 etc. Il faut revenir au moins à une. Continuer la lecture de Retranscription – « Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi », le 18 août 2014

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LA LANCINANTE QUESTION DE LA RÉPARTITION DU TRAVAIL (appliquée aux retraites), par Michel Leis

Billet invité

Avec un système de retraite construit sur la répartition, chaque nouvelle réforme donne lieu à un discours stéréotypé qui aborde le problème sous l’angle comptable et met en avant le déséquilibre né du ratio entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités. À part quelques questionnements sur le taux d’activité des seniors et l’idée d’une intégration massive des immigrés dans le circuit officiel du travail, les hypothèses retenues dans les différents scénarios du Centre d’Orientation des Retraites présupposent une continuation des tendances antérieures en matière de répartition du travail. Beaucoup de commentateurs ont pointé les hypothèses de taux de chômage (entre 4,5 et 7 % suivant les scénarios), il y a là une simplification excessive puisqu’une grande partie de la population issue du baby-boom sera alors en retraite et la diminution du taux de chômage dans ces scénarios résulte avant tout de la diminution du nombre d’actifs. Par contre, ce chiffre comporte bon nombre d’hypothèses sous-jacentes qui sont sujettes à caution et qu’il convient d’expliciter.

L’hypothèse basée sur une croissance régulière des gains de productivité me paraît être l’un des exemples les plus frappants. Dans les documents du Centre d’Orientation des Retraites (C.O.R.), la répartition du travail dans des conditions actuelles semble aller de soi sans que cette hypothèse ne soit jamais remise en cause. Considérer l’état actuel de la répartition comme stable me semble pourtant extrêmement aléatoire : il y a une dynamique à l’œuvre dont les effets sont tels qu’ils posent la question du sens et de la nature du système de retraite ainsi que de sa soutenabilité dans le temps. Pour poser les termes du débat, il faut aborder les différentes dimensions de cette répartition, entre machines et êtres humains, entre pays, par secteurs, qualifications et statuts du travail offerts aux individus, par tranches d’âges ainsi qu’entre hommes et femmes.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : travail, par Michel Leis

Billet invité.

Activité de transformation de la matière, de l’information ou de la pensée exercée par l’homme. Considéré sous l’angle de la transformation, voire de la création, le travail peut être porteur de réalisation de soi mais le plus souvent, il est exercée par l’homme dans le cadre d’une activité de production contre rémunération* (indispensable à la survie dans les économies soumises à la marchandisation) ou par une machine (le travail de la machine) mise en œuvre par un investisseur. Le travail nécessite des savoir-faire plus ou moins complexes qui sont remplacés par l’automation si la tâche est exercée par une machine. Le travail est l’un des principaux facteurs de production. Il est l’un des enjeux majeurs des stratégies d’entreprise mises en œuvre par les entrepreneurs ou les dirigeants d’entreprise (représentant les intérêts des actionnaires) et visant à augmenter la marge et la rentabilité dans un contexte d’élévation générale des attentes de profits.

Si l’on se réfère à l’augmentation de la production de biens et services dans le monde, à la complexité croissante des processus de fabrication et à la stratégie d’augmentation de la valeur des biens et des services produits qui requièrent toujours plus de traitement de l’information et plus de technologies, il est raisonnable de penser que la quantité totale de travail ne diminue pas. Les gains de productivité réalisés reposent en partie sur une efficacité plus grande des processus de production et en partie sur l’augmentation de la valeur des biens vendus, mais pas sur une diminution du travail incorporé dans la fabrication.

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COMMENT ORGANISE(RA)-T-ON LE TRAVAIL ?, par zébu

Billet invité

La question du salariat s’est souvent posée comme un marqueur important dans les débats politiques et philosophiques concernant le travail et plus largement l’économie. Marx considérait que ce type de statut social devait disparaître, au même titre que les classes sociales. Car il considérait que le salariat était une institution créée afin de rendre subordonnés les travailleurs (du moins les prolétaires, ceux qui n’ont que leur travail comme source de revenus) aux propriétaires du capital ou des entreprises (les entrepreneurs). Le travailleur, comme salarié, abdiquait en quelque sorte une partie de ses droits de citoyen dans le cadre du travail organisé dans un espace économique conçu comme dissocié de l’espace politique, espace économique qui s’organisa ensuite politiquement, d’abord sous forme de contractualisation puis ensuite de droits bientôt recensés dans des conventions collectives et un code.

Pour autant, la question de la subordination du salarié ne disparaissait pas avec l’émergence de ces droits collectifs et restait toujours pendante cette question de subordination du travailleur à l’entrepreneur, dans le cadre de son contrat passé avec lui, l’entrepreneur étant lui-même subordonné aux apporteurs de liquidités et de capitaux mais dans un rapport de force néanmoins bien plus favorable, avec ou sans code du travail par ailleurs : preuve s’il est en que la question du rapport de force dépasse la seule question de sa formalisation en code et conventions, quand bien même collectives. Le salariat reste donc marqué de manière indélébile par cette relation de subordination au sein du travail, à l’envers des droits politiques pourtant proclamés. D’où la nécessité, notamment pour les marxistes, de dépasser ce statut du travailleur afin de lui rendre sa pleine et entière liberté.

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