Archives de catégorie : Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ?

L’Écho, Le Brexit, le « Peuple » et les parlementaires, le 10 septembre 2019

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Le Brexit, le « Peuple » et les parlementaires

Les États-Unis et le Royaume-Uni se trouvent aujourd’hui en situation périlleuse pour la même raison : les deux nations ont à leur tête un dirigeant décidé à étendre son pouvoir, celui que lui confère le fait d’être le chef de l’exécutif, au détriment du pouvoir législatif traditionnellement réservé aux parlementaires, désignés constitutionnellement comme un contre-pouvoir.

Seule différence entre eux aujourd’hui, Johnson essuie revers après revers, alors que Trump a eu l’habileté de prendre à contre-pied le Congrès, le parlement de son pays, grâce à une tactique dont il fait un usage systématique. Le président américain tire ainsi parti du fait qu’il existe une importante zone de non-dit dans le fonctionnement ordinaire des institutions démocratiques. Cette zone muette doit son existence au présupposé que l’on ne peut devenir Président si l’on ignore la common decency, les bonnes manières. Trump feint l’ignorance et s’engouffre dans la brèche de ce non-dit. Ainsi quand il s’enquiert s’il lui est possible de s’accorder la grâce présidentielle à lui-même. S’entendant confirmer qu’aucun texte n’interdit explicitement une hypothèse aussi loufoque, il laisse entendre qu’il n’hésitera pas alors à s’en faire bénéficier.

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Trends-Tendances, Pour l’humanité, le temps presse, le 22 août 2019

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Pour l’humanité, le temps presse

Steven Pinker, professeur à Harvard, affirme que nous n’avons jamais été aussi riches, nous n’avons jamais été en meilleure santé, jamais la violence dans nos sociétés n’a été aussi faible qu’aujourd’hui.

Tout ce qu’il dit là est absolument vrai.

Mais une fois nous être réjouis de ce constat réconfortant, notons que le fait que nous soyons plus riche qu’autrefois, en meilleure santé, que la violence soit réduite, est sans rapport avec le fait de savoir si nous maîtrisons ou non le risque d’une extinction de l’humanité, à moyenne ou à brève échéance.

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Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », Le transhumanisme – Retranscription

Retranscription de Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », 2eme de six conférences, Le transhumanisme est-il la nouvelle religion d’une technologie triomphante ?, le 11 décembre 2018. Merci à Eric Muller ! Les premières minutes manquent. Le transhumanisme y est situé dans plusieurs traditions de la pensée occidentale, qui se chevauchent partiellement : l’individualisme, l’« esprit des Lumières ». Ouvert aux commentaires

[… ] Parfois, les auteurs renvoient à des penseurs, par exemple Jean-Jacques Rousseau, ou Nicolas de Condorcet sur la notion de perfectibilité, c’est-à-dire de la capacité de l’homme à se perfectionner lui-même – une réflexion qui est parfois fondée d’ailleurs sur un parallèle avec la domestication – nous avons domestiqué certains animaux pour en tirer parti ; les chiens pour le plaisir de les avoir avec nous à la chasse ou défendre nos maisons, les cochons pour les manger et les vaches pour les manger ou en tirer du lait. Ces espèces ont connu une évolution tout à fait particulière : la vache ne ressemble plus fort à l’auroch – sauf par quelques traits extérieurs – le cheval que nous avons aujourd’hui n’est plus le cheval sauvage que nous connaissions autrefois. La domestication est un processus qui conduit à une évolution des espèces, et certains penseurs ont attiré l’attention sur le fait que nous avons produit une sorte d’auto-domestication de notre propre espèce : nous avons créé des caractères chez nous qui ressemblent fort à ceux que nous avons produit chez les animaux domestiques, et on peut imaginer que la perfectibilité, le perfectionnement soit du même ordre chez nous, et que nous puissions continuer à nous développer par les moyens que la technologie nous offre, de la même manière que nous avons pu le faire pour d’autres choses autour de nous. Et là, bien entendu, ma réflexion aujourd’hui sera autour de certaines difficultés, de certains dangers, de certaines questions qui se posent à nous – parfois même dans l’urgence – autour de ces questions.
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La grenouille dans la marmite, le 24 juin 2019 – Retranscription

Retranscription de La grenouille dans la marmite, le 24 juin 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, Nous sommes le lundi 24 juin 2019 et, aujourd’hui, ma petite conférence, mon exposé, s’appellera « La grenouille dans la marmite ». Vous connaissez cette histoire que l’on raconte, je ne sais pas si c’est plausible ou non mais on la raconte et, en tous cas, tout le monde comprend bien de quoi ça parle. On met une grenouille dans une casserole, dans une marmite, et on allume le feu en-dessous. Comme la température ne monte que progressivement, elle ne se rend pas compte que l’eau est trop chaude alors que, si on la plongeait dans une casserole d’eau bouillante, elle pourrait peut-être encore sauter. 

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Malmédy, « Faut-il déclarer l’urgence pour le genre humain ? », le 3 juin 2019

Comme vous semblez avoir été découragés par la très longue introduction par mes hôtes [près de 10 minutes] due au fait qu’ils lançaient leur mouvement, je reposte la vidéo, la faisant débuter au moment de ma propre intervention. Ouvert aux commentaires.

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » (1 de 6), Quel scénario pour les années qui viennent ? – Retranscription

Retranscription de Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », première de six conférences, le 6 novembre 2018. Merci à Eric Muller ! Ouvert aux commentaires.

Je précise que, de formation, je suis anthropologue et sociologue et que j’ai acquis ensuite, sur le côté – vous savez que ça prend un certain nombre d’années – une formation de psychanalyste. J’essaye de faire bénéficier mes analyses de l’ensemble de ces éclairages. Il y a un éclairage supplémentaire, c’est le fait que j’ai fait carrière pour la plus grande partie de ma vie dans le secteur privé, à l’intérieur de la vraie vie, tout d’abord en étant pêcheur en mer pendant une petite période – pendant une période de dix-huit mois – et ensuite en travaillant pendant dix-huit ans dans le secteur de la banque, dans de nombreux pays : j’ai commencé en France, ensuite en Angleterre puis aux Pays-Bas, et ensuite douze ans aux États-Unis. Une multitude d’éclairages qui, j’espère, permettent que j’aie une boîte à outils peut-être un peu plus vaste que la plupart des gens qui posent le regard sur des problèmes particuliers. J’espère que cet ensemble d’outils possibles, d’éclairages dans plusieurs directions, permette de donner à certains phénomènes toutes leurs dimensions, de les prendre par tous les bouts où ils se posent.

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L’ADN, Pour survivre, il va falloir repenser notre économie, le 20 mai 2019

Propos recueillis par Jeremy Lopes. Ouvert aux commentaires.

Pour survivre, il va falloir repenser notre économie

Paul Jorion est un anthropologue, sociologue et essayiste belge. Parmi ses sujets de prédilection : la finance et l’avenir de l’humanité. Un avenir qui, pour aboutir selon lui, doit revoir sérieusement ses priorités. Interview.

Nous souhaitions aujourd’hui aborder avec vous la notion de patrimoine, quel futur imaginez-vous pour la transmission de biens à l’heure où l’idée même de possession est remise en cause ?

Paul Jorion : En introduction, j’aimerais rappeler que la plus grande part de la transmission n’est pas matérielle. Elle est de l’ordre du savoir, ce qui signifie qu’elle s’est principalement effectuée dans une culture de l’oral, même si l’écriture a rendu cette transmission plus pérenne par la suite. Aujourd’hui, nous sommes tombés d’accord sur un langage commun pour pérenniser cette transmission : celui de la science. Au-delà des biens matériels, il est donc important de rappeler la place de l’immatériel dans ce questionnement.  

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« Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 19 mai 2019 et le thème aujourd’hui, c’est « Fin du monde ! Fin du mois ! ». Vous avez entendu ce slogan qui a été inventé par quelqu’un. C’est une bonne idée. Ça a des allitérations. Ça essaye de suggérer l’idée d’une convergence des luttes, que les gens qui se battent contre la destruction de l’environnement, le réchauffement climatique, etc. et les gens qui vont dans la rue non sans raison aussi, parce que la situation leur est impossible dans le contexte actuel, que ces gens pourraient défiler ensemble et représenteraient à ce moment-là une masse critique de gens qui veulent autre chose.

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Fin du monde ! Fin du mois !

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Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », Les conséquences d’une mécanisation bientôt totale

Retranscription de Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Les conséquences d’une mécanisation bientôt totale, le 2 avril 2019. Merci à Eric Muller !

Je vous demande un peu de générosité, parce que vous entendez sans doute que je suis affecté par un gros rhume et dans ce cas-là, il y a toujours un double handicap parce qu’on essaie de prendre des médicaments qui, en fait, vous abrutissent bien davantage. Mais j’ai ma petite liste, et comme je le disais il y a un instant,
 c’est un sujet que j’ai l’occasion souvent de traiter et que je traiterai dans seize jours à France Culture, dans l’émission Entendez-vous l’éco, dans un débat avec Paul Aries.

La question, c’est celle de savoir dans quel monde sommes-nous maintenant, dans ce monde où la mécanisation a fait des progrès tout à fait considérables, voire un bond a eu lieu avec l’invention de l’ordinateur, d’abord le mainframe, le gros ordinateur, et ensuite par l’intervention, l’irruption de l’ordinateur individuel dans les entreprises, dans le travail. Le nombre de personnes qui travaillent devant un ordinateur évidemment s’est démultiplié très rapidement dans les premières années de la décennie 1980.

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Fin du monde : l’appel d’Aurélien Barrau – Qu’en penser ?

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Bon, tout ça est très juste, tout ça est très bien dit : il n’y a rien que j’aurais voulu dire autrement, mon seul souci, c’est que j’aurais situé mon analyse dans un cadre socio-économico-politique, pour dire ce qu’il faut faire collectivement pour que ça change, pas seulement ce qu’on peut changer chez soi, comme ce qu’on met dans son assiette ou qu’on jette dans sa poubelle.

En restant muet sur le capitalisme, sur l’économie de marché, et sur le libéralisme, en ne disant pas qu’il est impératif de les changer, Barrau s’expose au même reproche qu’il fait aux jeunes de la Rébellion contre l’extinction, que leur rébellion ne les empêche pas de manger de la viande ou de prendre l’avion pour un weekend : sa rébellion ne l’empêche pas de cautionner le cadre socio-économico-politique existant, non pas en le soutenant explicitement mais en laissant entendre par son silence à son propos, que le problème n’est pas là. Alors que c’est là que l’obstacle se situe.

On ne préviendra pas l’extinction « en changeant un peu ses habitudes », il faut prendre le problème à l’envers : il faut d’abord éliminer la logique prédatrice de la recherche du profit, et du versement d’intérêts pour les ressources qui manquent là où elles sont indispensables. C’est cela qui détruit notre monde jour après jour et le rend invivable. Quand cela aura été résolu, chacun aura son jardin sans pesticides, mangera moins de viande et pourra se déplacer à vélo, pas avant. C’est dans cet ordre là que le changement peut se faire et doit se faire – sans tarder.

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Notre-Dame de la Vie, par Cédric Chevalier

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Pour quoi pleurons-nous ? L’œuvre humaine et l’œuvre d’art

Pourquoi pleurons-nous d’avoir vu brûler Notre-Dame de Paris ? Pourquoi s’émouvoir pour de vielles pierres et d’antiques charpentes, si vénérables soient-elles ? Quel sens donner à l’émotion qui nous étreint dans une sorte de communion internationale ? Qu’est-ce qui est affecté en nous exactement ?

On a vu le spécialiste de l’histoire et du patrimoine Stéphane Bern très ému à la télévision. Est-ce indécent ? J’ai pour ma part du mal à cerner cette grande tristesse qui m’affecte. Quand des êtres humains sont touchés dans leur chair, la légitimité de notre détresse est évidente. Quand il s’agit de dégâts matériels sur des objets, si précieux soient-ils, j’ai ressenti une gêne d’être si affecté, je l’avoue.

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Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? mardi 2 avril de 17h30 à 19h00

Paul Jorion, professeur associé à Ethics vous donne rendez-vous pour la 6ème et dernière date de son cycle de conférences Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Le 2 avril, de 17h30 à 19h00, dans l’open space de la Maison des Chercheurs.

  • 2 avril : Les conséquences d’une mécanisation bientôt totale

    -Le travail disparaîtra entièrement en raison de l’automation : robotisation, logicièlisation et Intelligence Artificielle
    -Il convient de séparer une fois pour toutes l’obtention de revenus par les salariés d’aujourd’hui du travail effectué en échange
    -Ma proposition (2012) d’une taxe Sismondi : la mécanisation est un gain pour le genre humain tout entier, à partager entre tous
    -Deux approches possibles : soit le revenu universel de base, soit le « service universel de base » assurant à chacun la gratuité pour l’indispensable

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