Comment enclencher la dynamique de l’action collective ?, par Vincent Burnand-Galpin

Ouvert aux commentaires. Le système forme ainsi une boucle. D’un côté, le citoyen a besoin de l’État pour lui garantir…

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13 réflexions sur « Comment enclencher la dynamique de l’action collective ?, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Et oui comment ????
    Le comment de cet article n’est que la continuité des articles sur le même thème parus depuis le 9 novembre et de grand nombre d’articles, de vidéos etc. parus sur le blog

    Rien qu’à lire, écouter quelques informations aujourd’hui, les raisons ne manquent pas.

    1 – EDF a décidé lundi de suspendre la production de trois des réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche, à la suite du séisme survenu dans la région, « pour procéder à des contrôles complémentaires et préventifs ».
    Comment croire que le souci n’est pas plus grave tant on nous ment sur le nucléaire et que cette énergie reste l’option du gouvernement. En effet ,même si pour des raisons de com Elisabeth Borne nous annonce avoir demandé à EDF de s’orienter vers du tout renouvelable, 6 EPR sont quand même dans les tuyaux. Personne ne parle plus des réacteurs mis au ralenti cet été à cause de la température des eaux des fleuves utilisés pour le refroidissement, ni du faible étiage de ces fleuves. Pour combien de temps peut-on encore espérer que ces fleuves existent ?

    2 – Ecouté à la radio : https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/lubrizol-rouen-ne-respire-plus – Après l’enfumage de l’incendie, l’enfumage et l’incurie du gouvernement.

    3- lu sur Médiapart : les lobbies pharmaceutiques avancent masqués. Si on ne prend que Bayer, il nous empoisonne avec les saletés utilisées en agriculture puis ils nous vendent des médicaments pour « nous soigner ». Une idée comme ça, je propose une planche savonnée à toutes les sorties de cabinets de kiné pour entretenir la clientèle !

    4 – Entendu à la radio. Noêl. Combien de tonnes de jouets en plastiques vont être vendus ?

    5 – En dehors du cirque trumpien, les élections prochaines sont l’occasion de lire des chiffres surréalistes concernant les frais de campagne. Au fait quand aura-t-on la vérité sur les magouilles financières de Macron pour sa dernière campagne ?

    6 – Et puis la cerise sur le gâteau avec un petit tour sur le site de Reporterre ( https://reporterre.net/)

    Alors, grève générale à partir du 16-17 novembre à l’occasion de l’anniversaire du début des gilets jaunes, du 5 décembre ?

  2. Dans l’hypothèse que des messages ciblés de la catastrophe en cours font basculer la majorité des citoyens du coté lumineux de la force, on peut raisonnablement envisager trois réactions classiques devant le danger.
    a) Fuir, pour ça il faut avoir les jambes et un endroit où aller.(survivalistes et milliardaires)
    b) Affronté, pour ça il faut les armes adéquates. (les courageux)
    c) Capitulé, pour ça il y a plein de raisons dont certaines tout-à-fait justifiées.(la majorité)
    Dans notre situation, a) et c) vont attendre que les b) ouvre la brèche. Puis a) va s’engouffrer tandis que c) attendra la victoire de l’un ou de l’autre en comptant les coups.
    La clé, c’est les b) avec une stratégie et des armes.

    1. @ un lecteur,
      Concernant le point b je pense qu’il ne peut fonctionner seulement avec des « courageux ».
      Les États ont le monopole de la violence légale. Pour surmonter ce « petit » obstacle la solution existe : que les instruments (policiers , soldats …) de cette violence se retournent contre leurs chefs et les donneurs d’ordre. C’est déjà arrivé et de nos jours c’est la seule façon dont des masses immenses dans la rue ont pu finir par abattre des pouvoirs jusque là crus indéboulonnables.
      Mais je reconnais que la conjonction est extrêmement difficile à atteindre : il faut une mobilisation massive plus une prise de conscience chez les forces répressives : perdre son petit job en désobéissant ou se sauver avec les siens à plus long terme… L’Algérie va nous montrer cette voie très bientôt.

    2. d) se quereller. Je suis étonné que cette hypothèse n’est pas sérieusement envisagée dans nos discussions. Un sentiment de frustration amène au pire du racisme, nationalisme, etc. Parce qu’il faut un bouc émissaire, un coupable… Des dirigeants pourraient choisir l’aventure de la guerre pour nous occuper, nous montrer qu’ils savent faire quelque chose de classique et de techniquement maîtrisé plutôt que d’affronter le changement de société. Ou en estimant que c’est le premier stade de réponse aux urgences. Les exemples historiques ne manquent pas. Et dans une prospective des années 80 de la Commission Européenne (introuvable aujourd’hui ?), c’était le plus convainquant de quatre scénarios envisagés. Et les boutefeux et les détonateurs ne manquent pas non plus aujourd’hui !

      1. Oui, un certain PJ parlait d’ailleurs de « minimiser le dissensus », avec une inspiration d’un certin J M Keynes.

  3. Le problème est simple – simpliste:
    1) Destruction = PIB:
    2) PIB= POPulation*Pouvoir d’Achat Moyen. Car Pouvoir d’Achat Moyen (PAM) = PIB/POP.
    La solution implique comme condition nécessaire (mais loin d’être suffisante) de casser les 2 principaux tabous (POP & PAM) auprès d’un nombre suffisant d’humains.

    1. Là aussi, le monde tel qu’il va fait des inégalités importantes : fertilité des femmes d’à peine plus de 1 enfant depuis 15 ans à Taiwan (survenue assez brutalement). C’est de la décroissance claire.
      Bon, l’Afrique continue à croitre, le Vietnam ne ralentit pas beaucoup, ce n’est pas tout simple, mais l’idée d’une « bombe de population » quand on prédit qu’elle aura son max vers 10-11 milliards et qu’on en est déjà à 7,5, c’est pas tenable. Certes la prévision à 11 milliards peut être contredite, mais pour l’instant, c’est une des vertues cachées du CO2 que de limiter la population (dans le confort douillet, on ne fait pas plus de 2 enfants, car on croit qu’il n’y a pas besoin d’en avoir 6 pour s’occuper des vieux sur leurs vieux jours, c’est en gros le fait que le confort douillet reflète, by and large, un confort sociétal… c’est vrai qu’écrire social-démocrate comme fin de phraseau lieu de « sociétal » est devenu un brin exagéré, hélas).

      1. N’est-ce pas surtout le progrès en hygiène de l’eau et en système de santé, écartant les morts en bas age et par n’importe quelle maladie, qui réduisent la natalité ? A Cuba, il y a un progrès de ce type (chiffres de survie à la naissance et avec l’âge meilleurs qu’aux USA), sans confort douillet autre que le rhum !

  4. @ Vincent,
    Parler de l’État ou des citoyens d’une façon aussi générale et abstraite empêche selon moi de bien comprendre ces concepts sans les écraser, d’analyser leurs contradictions accumulées depuis leur construction historique et finalement d’offrir des perspectives concrètes d’action, dépassant les yaka ou ifokon.
    Prenons l’État. Il y a des « appareils étatiques », des administrations étatiques, des gouvernements et des lobbies proches de l’État (cf. EdF). On ne doit pas tout confondre sous peine de confusion.
    Les ministres ont ainsi des cabinets et une haute administration qui dépend d’eux : on sait depuis longtemps ce que ça suppose comme contradictions. Par exemple le corps de X-Mines en France a su imposer une marche forcée vers le tout nucléaire et que pouvait peser un ministre ?
    Il faut également souligner qu’au plus haut de l’État l’idéologie ultralibérale s’est infiltrée grâce à une reproduction sociale formatée de nos « élites ». Bercy en est un parfait exemple. La très haute administration des Finances composées de techniciens très experts et très capables n’a qu’une vision, celle de l’idéologie dominante vue comme insurpassable. Les ministres passent et ils suivent les règles. Il faut noter que de droite ou de « gauche » type DSK, ils sont eux aussi entièrement alignés sur la « Religion féroce » telle que décrite par P. Jorion.

    Quant au concept de « citoyen » que signifie-t-il ? Le consommateur que l’on voit isolé dans le métro ou à la terrasse des cafés, obnubilé sur son smartphone, le conducteur fier de son SUV, l’étudiant, le flic ou l’infirmier au bord du suicide, les rares éveillés, les militants de la survie ?

    Je voudrais prendre dans l’actualité un exemple qui résume toutes ces problématiques.
    A Venise les acque alte sont plus fréquentes et plus intenses (effet direct du réchauffement climatique). Un projet de barrage sera mis en œuvre mais il semble subir le syndrome EPR… Sera-t-il efficace ? D’autre part on a ce problème incroyable des navires de croisière. Officiellement ils vont un jour être détournés du centre historique car tout le monde en connaît les risques inacceptables qu’ils font courir sur ce bijou de l’Humanité.
    Or que s’est-il passé hier ? Voir cette vidéo :
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/venise-le-paquebot-costa-deliziosa-frole-laccident-pris-dans-une-tempete_fr_5d230927e4b0f3125686b41a

    Une catastrophe a de nouveau été évitée in extrémis. Pourquoi l’État italien ne peut-il imposer des règles et sa volonté ? Pourquoi localement la municipalité joue aux imbéciles ? Pourquoi sachant les risques, le fric et la pure cupidité dominent-il toujours à ce point ? Pourquoi les citoyens vénitiens sont-ils à ce point impuissants ?

    Quel est de nos jours le rapport de force interne dans l’État entre ses serviteurs républicains et les couches supérieures des appareils étatiques, les dirigeants et les gouvernements successifs de Sarkzy à Macron en passant par Hollande ? Quel est l’état général de consciences des citoyens et quels affects pourront-ils les persuader d’une urgence à réagir ? Quel sera le rapport de force entre ces derniers et le sommet d’un État pratiquement corrompu par les intérêts privés ?
    Je pose beaucoup de questions (mais je ne suis pas le seul ici, Dominique-e dit : « comment ???? ») mais je sais que poser les bonnes questions est l’étape primordiale pour trouver les bonnes réponses.

    1. Bien sûr, l’Etat est infiniment plus complexe que la présentation que j’en fais. Mais ces différents lobbies et idéologies internes ne tiennent tant que le citoyen se désintéresse du fonctionnement de l’Etat. La crise climatique, l’urgence la crise et la gravité de la crise fait trembler les murs. Les citoyens aujourd’hui se réveillent (du moins une partie d’entre eux), le mouvement s’amplifie progressivement, même s’il peut demeure contradictoire à certains égards. Mais, il va bien y avoir un moment de rupture, un événement, un accident qui fera office de « moment Pearl Harbour » : l’appel des citoyens à une action forte de l’Etat sera tel que l’Etat sera bien obligé de mettre ses diverses idéologies de côté pour mener un effort de guerre contre le dérèglement climatique et la perte de la biodiversité.

      Un sondage (https://www.liberation.fr/france/2019/09/20/dans-la-lutte-climatique-les-francais-poussent-a-des-contraintes_1752640) mené en septembre pour Libération indiquait que « 61 % des sondés aspirent à un rôle «beaucoup plus autoritaire» de l’Etat en matière environnementale, imposant des «règles contraignantes», par opposition à la simple «incitation». L’opinion d’une majorité de citoyens semblent de plus en plus converger.

      1. @ Vincent,
        Merci de me répondre (je suppose que vous êtes bien plus occupé qu’un retraité 🙂 ) et je me doute que votre conception de l’État est largement plus complexe que vous ne l’exposez ─ et probablement plus profonde que la mienne.
        Cela posé, je ne pense pas qu’il soit très utile de faire des billets « simplificateurs » où des concepts généraux sont employés, un peu hors sol selon moi, ce qui entraine logiquement des pétitions de principe sur ce qui serait souhaitable et urgent. Je suppose que le livre sera plus efficace…
        Par exemple : le dit citoyen. Je ne vois pas ce qu’il signifie en fait. Le citoyen, l’individu lobotomisé par une idéologie dominante, n’est pas désintéressé par le fonctionnement étatique, non, tout est fait pour qu’il ne puisse s’y intéresser et ensuite comprendre.
        Aujourd’hui les « citoyens » qui font des études ou vont se soigner commencent à comprendre…
        Au fond, pour ma part, je pense que Frédéric Lordon a fourni une excellente boîte à outil (cf. les affects) sur comment et pourquoi des individus deviennent des masses agissantes et dans le monde entier ça opère sous nos yeux
        La prise de l’État (c’est-à-dire à travers des différents appareils étatiques) est secondaire.

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