Lectures essentielles – la « croissance verte » ne repose sur aucun fondement scientifique, par Cédric Chevalier

Le caractère écologiquement insoutenable de la trajectoire sociétale belge, européenne et mondiale, est largement documenté scientifiquement depuis plusieurs décennies. La possibilité de la poursuite de la croissance, impliquée notamment par les politiques régionales, nationales et européennes officielles (qui continuent à en faire l’objectif politique principal dans leurs textes stratégiques), repose sur un mécanisme postulé, le découplage absolu. Avec le découplage absolu hypothétique, on peut rebaptiser la croissance, « croissance verte« , c’est-à-dire une forme hypothétique de « croissance soutenable ». Il est donc essentiel de comprendre les tenants et les aboutissants de ce mécanisme si on veut inscrire la politique dans le réel, et dans l’intérêt général. L’enjeu n’est ni plus ni moins la possibilité de maintenir des sociétés humaines prospères sur la Terre (et dans notre pays). Le découplage absolu est une hypothèse qui exprime la possibilité que le PIB (tel que calculé actuellement) d’une zone géographique puisse continuer à croître tout en réduisant simultanément son empreinte écologique (ou pression environnementale globale), sur une période donnée.

Jusqu’à présent de nombreux découplages relatifs ont été observés, ce qui signifie que les impacts environnementaux croissaient certes, mais moins vite que le PIB. A partir du moment où une économie est insoutenable, un découplage relatif ne ramène pas l’économie sous le seuil de soutenabilité, toute croissance du PIB avec un découplage relatif aggrave la situation écologique. Il faut pour éviter cela un découplage absolu. Si on analyse la situation sous contrainte de maintenir la croissance économique, on comprend dès lors que ce découplage absolu soit vu comme une sorte de « Graal » par de nombreux rapports officiels (Global Resource Outlook 2019 de l’International Resources Panel par exemple).

Si des découplages absolus locaux (de courte durée, pour un nombre limité de variables environnementales et pour certaines entreprises, industries ou économies nationales) ont pu être observés, aucun découplage absolu général (de longue durée, pour un nombre représentatif de variables environnementales et pour l’ensemble de l’économie mondialisée) n’a été observé malgré tous les efforts en ce sens.

Pourquoi contraindre l’observation à l’économie mondialisée ? Tout simplement parce que l’économie est mondialisée, et que l’observation de découplages locaux ne résout pas l’essentiel de la problématique de l’empreinte écologique. Il est de peu d’intérêt de déverser les déchets d’une ville dans une autre ville pour obtenir un découplage absolu local. Le climat, par exemple, est un phénomène qui a un caractère mondial et seul un découplage absolu des émissions de gaz à effet de serre mondiales par rapport à la croissance du PIB mondial peut infléchir le réchauffement climatique, sous contrainte de conserver l’objectif de croissance économique.

L’absence de preuve de découplage absolu général ne prouve pas son impossibilité future (on ne peut jamais prouver que quelque chose est à jamais impossible stricto sensu en logique) mais les faits empiriques actuels ne contiennent aucun élément tangible indiquant le moindre début de possibilité. De la même manière, on ne trouve aucun raisonnement théorique crédible permettant de valider la faisabilité du découplage absolu en principe. Même la fusion nucléaire n’est pas de nature à résoudre le problème de la croissance économique dès lors qu’un bulldozer électrique peut très bien raser une forêt pour y construire un centre commercial. L’absence d’avion avant 1900 ne prouvait pas que le vol était impossible, mais la faisabilité du vol avait déjà été démontrée empiriquement avant 1900, ce qui n’est pas le cas du découplage absolu, dont on ignore par quel mécanisme biophysique réel il pourrait advenir.

Certains diront « oui mais le PIB est une convention, un indicateur construit, changeons de convention et nous pourrons maintenir la croissance ! » Voilà une très singulière conception du langage et des choses. A nouveau, il ne s’agit pas de remettre en question la volonté de croissance économique matérielle et quantitative, mais de formuler une redéfinition du PIB pour qu’on puisse le faire croitre mathématiquement tout en abaissant l’empreinte écologique.

Si un tel indicateur est possible et a le moindre sens pour le gouvernement des sociétés, il n’importera plus qu’il croisse effectivement. Mais cette critique manque son but : le problème n’est pas que les politiques règlent volontairement le thermostat de la croissance économique (ce dont ils rêveraient et ce à quoi ils n’ont pas accès heureusement, vu ce qui précède). Le problème est que l’essentiel de la pensée économique dominante, qui guide la politique actuelle, est fondée sur une démarche qui vise à faire le maximum pour obtenir une croissance du PIB en retour. La croissance du PIB est ardemment souhaitée, voulue, et les politiques sont conçues pour la maximiser. Dès lors ne tirons pas sur l’indicateur mais sur le phénomène qu’il mesure : la croissance matérielle, quantitative, perpétuelle, de la sphère des activités économiques humaines sur la planète. Cette croissance-là ne semble s’accompagner d’aucun découplage, et il n’y aucune raison de croire qu’il en sera jamais autrement.

Dès lors, une conclusion s’impose : la croyance en le découplage, et donc en la possibilité de la croissance verte, est rationnellement et scientifiquement injustifiable. Ethiquement, sans preuve de découplage absolu, vu notre trajectoire insoutenable et vu les faits empiriques qui démontrent l’étroite corrélation entre croissance du PIB et empreinte environnementale et l’absence de démonstration théorique de la faisabilité du découplage absolu, il semble pour le moins interpellant, si pas criminel, de continuer à ne pas remettre en question l’objectif ultime de la croissance. En histoire et en sociologie, une idée qui ne souffre pas de contestation et qui se maintient face aux démentis du réel est appelée un dogme. Quand un dogme concerne la prospérité et la santé humaine, et qu’il n’est pas fondé sur le réel, il peut provoquer des destructions matérielles et humaines considérables (et ces destructions sont particulièrement bien documentées par la science).

On peut constater que la Commission européenne continue à axer son Green Deal sur cette croissance verte, contre les meilleures données scientifiques, sans parler des autres gouvernements en Europe et dans le monde, et en Belgique.

De facto, la croyance en le découplage et donc la faisabilité d’une croissance « verte » peut s’assimiler à une sorte de théorie moyen-âgeuse de la Terre plate, qui domine notre imaginaire et nous confine dans une impasse… malgré tous les démentis du réel.

Nous continuons à chérir les effets dont nous ignorons les causes en somme…

Mais comme pour Copernic et Galilée, les scientifiques, patients, accumulent les données. De plus en plus de personnes éduquées peuvent observer elles-mêmes les résultats de la science, qui sont réplicables et falsifiables, et en conclure que la croissance verte est une illusion, qui ne permettra pas de sauver le dogme de la croissance.

Des livres entiers ont été écrits sur ces périodes d’aveuglement historique à la science. Il semble que malgré le Siècle des Lumières, nous n’y échappions toujours pas.

Vous trouverez ci-dessous de nouvelles études scientifiques qui actualisent les constats précités.

Je vous en souhaite une bonne lecture,

Cédric Chevalier
Coauteur de Déclarons l’Etat d’Urgence écologique

NB : comme la science est fondée sur le débat contradictoire basé sur les faits, j’invite évidemment chacun à partager toute formalisation théorique ou analyse empirique qui démentirait les constats précités.

Lectures essentielles

Article de vulgarisation

« Les chercheurs du BIOS constatent qu’il y a certainement des cas évidents où l’utilisation des ressources semble diminuer alors que le PIB augmente. Mais ces cas sont limités à des secteurs économiques spécifiques ou à des régions géographiques particulières, et sont toujours liés à une intensification de l’utilisation des ressources ailleurs. Le problème est qu’il n’y a « aucune preuve d’un découplage absolu et continu des ressources au niveau mondial ».

L’étude a passé en revue 179 études scientifiques sur le découplage publiées entre 1990 et 2019 et a constaté, en bref, que : « Les faits ne suggèrent pas qu’un découplage vers la durabilité écologique est en train de se faire à une échelle mondiale (ou même régionale). »

Le découplage n’est donc pas un concept véritablement scientifique, affirment-ils. Il s’agit plutôt d’une simple « possibilité abstraite qu’aucune preuve empirique ne peut réfuter, mais qui, en l’absence de preuves empiriques solides ou de plans détaillés et concrets, repose en partie sur la foi ».»

Les deux articles sources :

« Raising the bar: on the type, size and timeline of a ‘successful’ decoupling »

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32 réflexions sur « Lectures essentielles – la « croissance verte » ne repose sur aucun fondement scientifique, par Cédric Chevalier »

  1. La question de l’indicateur est intéressante. L’idée sous-jacente d’un changement d’indicateur est que nous l’utiliserions comme cible d’une optimisation sous contrainte – parce que c’est ce que nous savons bien faire (maximisation des bénéfices pour une multinationale par exemple). Or telle n’est pas l’utilisation du PIB : c’est avant tout un paramètre d’entrée utilisé dans de nombreux modèles : par exemple avec une croissance du PIB de x%, le déficit public de la France sera de tant, le chômage évoluera de telle façon,… Or nous ne savons pas équilibrer nos modèles sans cette croissance du PIB. Du coup nous recherchons cette croissance. Le PIB est un paramètre d’entrée avec boucle de rétroaction dans nos modèles et non pas une variable de sortie.
    C’est donc bien un changement de modèle -qui passera certainement par l’utilisation de nouveaux indicateurs- et non un simple changement d’indicateur qui est nécessaire. Ceci dit, cela met le doigt sur un critère d’évaluation de l’intérêt d’un indicateur : est-il facilement intégrable et utile dans une grande diversité de modèles. C’est ce qui fait la force du PIB.

    Mais on n’est plus exactement sur le découplage…

  2. La mort de la ville, que la covid-19 vient accélérer, pourrait fertiliser la renaissance du monde rural. C’est l’occasion d’inventer un nouvel indicateur, pendant du PIB qui glorifie la débauche d’énergie que les villes exemplifient, qui serait l’ADN d’une nouvelle croissance selon des critères de « viabillité » locals et globals.

  3. Billet convaincant en ce qu’il dégonfle au bon moment les fausses idées nouvelles à la mode qui tendent à affirmer qu’on a déjà le mécano du monde d’après avec le nouveau dogme de la  » croissance verte « .

    Les premières références données sont convaincantes en l’état . Elles ne donnent pas encore de clé satisfaisante pour désosser aussi bien la « croissance verte  » que « l’écologie dite punitive » , sans doute parce que l’issue saine ( la survie de l’espèce ) sera plus complexe et tâtonnante si nous parvenons à la construire .

    L’issue nécessite clairement des démarches mondiales ou en tous cas de niveau continental .

    Je ne vois pas , au delà de la multiplicité des analyses et données à recueillir , que l’on puisse  » découpler » éco-nomie et éco-logie , alors que
    « eco  » ( maison , habitat , milieu naturel , lien au réel ) les soude inexorablement même si certains cinglés de toutes nationalités imaginent résoudre l’équation trop gênante pour leur confort , en colonisant Mars .

    La résolution de la difficile équation passe par la fameuse  » fin » humaine ( mondiale aussi ) que Paul Jorion veut substituer à la logique des moyens . C’est dire si la pente est raide sur la route longue ( à moins que les  » choix » n’en soient bientôt plus , par contraintes physiques inarrêtables ) .,

  4. Donc, nous disposons de données accumulées depuis des décennies qui sont autant de preuves que nos modes de vie sont insoutenables.
    Donc, nous n’ignorons certainement pas que nous ne pouvons pas durablement consommer les ressources d’1,7 planète chaque année. ( Bien plus dans certains pays ); Que le jour du dépassement et celui du dérèglement arrivent de plus en plus précocement dans l’année.
    Alors ?
    Alors pourquoi ne parvenons-nous pas, collectivement, à prendre ces informations au sérieux ?
    Pour donner à l’humanité l »impulsion qui permettrait de revenir à la consommation d’une planète ( années 50 pour donner une idée ), où se trouve le maillon faible dans une chaîne humaine constituée des éléments sobriété, justice sociale, localisation des activités, modération, frugalité, partage, gratuité, coopération, renoncement au capitalisme … ?
    Le maillon faible est la classe des dirigeants économiques et politiques, ignorants, incapables, corrompus ou malhonnêtes pour certains, accrochés aux technosciences pour d’autres, sans imagination ni vision etc…
    Ces classes dirigeantes sont incapables proposer le projet qui sauvera l’humanité.
    Alors ? Nous résigner ? Au réchauffement climatique, à un air de plus en plus pollué, à des épidémies non maîtrisables ( ce sont des réalités d’aujourd’hui 31/07/20. ) ?
    Il y a urgence à forger un outil démocratique qui permettra de prendre des décisions efficientes. Qui ne laissera la place ni aux faux-fuyants ni aux manipulations.

    1. Attention: la population mondiale en 1950 c’est 2,5 milliards (dont beaucoup ne mangeaient pas á leur faim alors que l’évolution de l’agriculture qui était encore traditionnelle dans la plupart des pays s’est faite en l’industrialisant à grand renfort de ressources.)

  5. En prolongation de cette lecture « essentielle », je vous propose de visionner une vidéo éclairante d’Arthur KELLER, qui au travers d’un panorama des différents types d’imaginaires et récits gravitants autour de la question de notre avenir, aborde ces notions de découplage relatif, et absolu et déconstruit le mythe de la croissance « verte » : https://www.youtube.com/watch?v=kLzNPEjHHb8

  6. Le découplage personne n’y croit, je pense , même dans les sphères du business; simplement c’est un principe de piraterie qui permet au capitaine de rester le chef en promettant que du butin est encore possible… Cela permet aux grandes fortunes de ne pas dépenser leurs subsides mal acquis (au sens des externalités non assumées) dans des opérations de sauvegarde du genre humain et de redéfinition de sa niche écologique dont la principale conséquence serait l’érosion de leur statut social…
    Mais en parlant de découplage, ne serait-il pas intéressant de jeter un oeil avisé sur la monnaie …Aujourd’hui nous voyons bien que le pot aux roses de la prétendue valeur de la monnaie est tombé … La monnaie est un consensus de puissants, dans un service autocentré d’intérêts bien compris et d’autoredistribution, pendant qu’on demande aux autres moins puissants de la gagner pour soi-disant lui conférer valeur (il faut même prévoir des systèmes générateurs de victimes expiatoires, sorte de martyrs censés vous persuader que l’argent n’est pas une pure fiction, n’est pas qu’une mauvaise blague d’oligarque …)
    Quitte à ce que l’aléa moral soit le socle de la monnaie et que sa valeur réelle soit décorrélée de toute réalité, ne faudrait-il pas concevoir que l’argent magique ou l’argent gratuit soit alloué à solvabiliser des domaines nécessaires à la survie de l’espèce, mais incompatibles avec toute idée de rentabilité? Mais pour enlever la monnaie des mains d’impies morbides (préférant le lucre à la survie), il faudrait que le peuple fasse « puissance », pour reconquérir sa légitime place à donner du consensus et de la valeur à sa monnaie.
    La science économique (toussons beaucoup en disant science!!!) s’est bâtie sur l’étude des flux, du type d’échanges et des médiations (dont les divers types de monnaies) . Ce faisant elle s’est fait la science des marchands de soupe et des voyageurs.. Mais aussi des pirates dont la finance est une forme hardie. Mais elle n’est toujours pas la science du développement et des « possibles », la science d’un cadre humain de solvabilité, de confort et de survie dans une dimension de changement du contexte naturel. Ne faudrait-il pas revenir à certaines des considérations des physiocrates pour permettre aux agriculteurs bio de vivre d’argent magique afin que leur production reste suffisamment accessible (pas chère) pour continuer de promouvoir en parallèle des activités autres que vivrières comme la science et les savoir, le perfectionnement technologique pour brûler moins d’énergie ?
    Les activités vivrières bio et écolos vivant d’argent magique, les autres activités devant toujours gagner leur pitance à l’aulne de la rentabilité…Une sorte de développement du gratuit qui ne dit pas son nom tout en faisant semblant de rester dans du capitalisme …( c’est Paul Jorion qui propose le développement du gratuit ; mais vu qu’il a écrit « l’argent mode d’emploi », il ne serait peut-être pas d’accord avec la faisabilité de décorrélation monétaire proposée, d’autant que je ne vois pas comment le peuple pourrait faire « puissance » sans révolution et que les révolutionnaires ne sont pas toujours sensés…)

  7. 179 + 1 + 0,1 (ce billet) = 180,1 études qui à elles seules n’ont contribué pour rien au monde à la mise en exergue d’un quelconque découplage absolu !

    D’où vient le problème ?! La foi ?!

    Une fois n’est pas coutume, réponse hélas systémiquement trop « simple » :

    L’ensemble des auteurs de ces 180,1 études se fourvoient lamentablement quant au choix du repère absolu, ce qui de la part de certains ne me surprend aucunement désormais ; chacun son métier ; pour d’autres, l’erreur est due probablement à un « simple » manque de recul, mais passons…

    Je n’en dirai pas plus ici sur ce sujet…

    Par contre, force est de souligner que le jugement de Dieu n’y est donc strictement pour rien dans cette affaire, et que seule la police scientifique a fait preuve jusqu’à présent, d’un manque patent de rigueur systémique, nous conduisant inévitablement dans la situation inextricable que nous connaissons toutes et tous…

    Ce qui me conduit au premier commentaire lumineux figurant sous ce billet…

    @Un autre Paul (un clonage fort utile donc)

    Oui ! Parfaitement, ce qui nous conduira/obligera à réaliser une classification automatique de l’ensemble des indicateurs en présence, dit autrement, un « procédé pour organiser des variables dans une base de données », et ceci notamment afin d’écarter tout risque de biais, tel celui du PIB…

    Tiens donc ! Tout cela me rappelle à peine quelque chose…

    « Bon Dieu… Mais c’est bien sûr… »

    https://www.youtube.com/watch?v=gSBxszwlzoE

    Encore une fois, la recherche d’un optimum environnemental, économique, social, mais aussi moral, doit en passer par là ! Vous n’y échapperez pas, même si je sais pertinemment que les plus réfractaires à ce changement seront hélas ! des scientifiques de tous bords ; le quidam quant à lui, suivra bien sagement le mouvement, le modèle étant toujours dissimulé sous l’enveloppe de la réalité vécue, ce qui sera donc transparent de son point de vue…

    https://www.pauljorion.com/blog/2020/07/21/les-gens-veulent-un-monde-plus-vert-et-plus-heureux-maintenant-mais-nos-politiciens-ont-dautres-idees-par-george-monbiot/#comment-813012

  8. Medellín, le 31 juillet 2020

    @ Cédric Chevalier

    Un probleme qui se présente avec votre analyse, c’est que vous melangez assez facilement plusiers niveaux d’abstraction.

    Ce n’est pas pour vous ¨critiquer¨ aisément, mais plutot pour vous inviter de vous expliquer un peu plus concretement.

    Par exemple:
    Les termes ¨PNB¨ o ¨PIB¨ , et également des concepts/mots comme ¨découplage¨ ou ¨croissance verte¨ se referent a un niveau conceptuel tres abstrait de la réalité ¨touchable¨.
    Ce sont plutot des ¨aggrégats¨ conceptuels, utilisés dans les discussions scientifiques et politiques a plusiers niveaux (local, regional, national, multi-national, international, et ¨world-wide¨.

    Pour ORIENTER la discussion ¨humaine¨ ¨humanisée¨ en ce qui concerne des réponses ¨réalistes¨ aux préoccupations cotidiennes des gens, les ¨aggrégats¨ mentionnés ne servent a rien.
    Puisque, on ne peut pas ¨toucher¨ les termes, concepts, mots, employés a ce niveau d’abstraction.

    De ma part, j’aimerais proposer l’emploi de la langue sectorielle, dans laquelle on pourrait ¨appliquer¨ asses directement des concepts comme ¨greening¨, ¨découplage¨ et lutte contre le gaspillage // mécanismes de production/consommation circulaire.

    Ce n’est pas pour rien, j’estime, que dans les ¨cultures¨ dont on se trouve plus ¨pieds sur terre¨ comme au Finlande, Suede, Danemark et Norvege et Icelande, la discussion scientifique, sociale et politique se base plutot sur de telles analyses, présentant des combinaisons des PRATIQUES sectorielles, avec l’application des innovations // propositions innovatrices en ce qui concerne le ¨greening¨, le ¨découplage¨, et ¨circularité¨.

    Ainsi, j’en suis sur, on touche beaucoup PLUS aux coeurs des gens, et on évite de se perdre dans des discussions abstraites.

    Une ¨perte¨ qui se présentait dans les années 1960 – 1970 avec les propositions que venaient d´un TRES bon coeur, d’un homme super-intelligent comme Jan Tinbergen, mais qui s’est perdu totalement dans un désert absolu d’emploi de termes que personne ne suivait plus, et ne SUIT plus.

    Pieds sur terre, je propose, alors, analyses SECTORIELLES et THEMATIQUES, une pratique cotidienne au sein de l’OCDE comme vous le savez sans doute.

    Exemples des présentations de plusiers analyses sectorielles au sein d’un seul pays:

    https://enrd.ec.europa.eu/sites/enrd/files/case-study_green-economy_finland.pdf

    https://www.oecd.org/environment/finlandhasreducedpollutionbutmustnowgreentheeconomy.htm

    etc.

    1. Je plussois…

      Ce n’est pas pour rien que Greta Thunberg est suédoise, et en aucun cas française et encore moins belge…

      Sur ce terrain là des abus de langage, nos jeunesses respectives font hélas ! partie des plus mal loties sur Terre…

      A bon entendeur….

      1. Quelques antécédents de cette problématique me paraissent à rappeler, pour les plus jeunes (?). En 1987 (il y a 33 ans), une commission de l’ONU présidée par Gro Brundtland, née Harlem, 1ere ministre de Norvège rend un rapport « Notre avenir en commun ». Il est nourri surtout par les préoccupations de la protection de l’océan et de sa biodiversité (objectif fondateur de Greenpeace), celle de la vie sauvage (World Widlife Fund est la première appelation du WWF), et par l’impact des activités humaines (préoccupation centrale de Friends of the Earth, qui va produire de nouveaux indicateurs tels que le Footprint, l’empreinte écologique), et avec l’apport essentiel du rapport Meadows de 1972, dans le cadre du Club de Rome qui posait la question des limites de la croissance dès 1960. Ce Rapport Onusien va déboucher sur le compromis du « Sustenable Development » qui sera (encore plus mal) traduit par le concept de « Développement durable ». Ces concepts seront repris et adoptés comme ligne politique par le « Summit of the Earth » (Rio 1992). Sustenable (qui peut être soutenu) était un adjectif qualifiant une thèse, et, par extension, qualifiant une activité qui peut se poursuivre sans dommage. La notion en français de durabilité était encore plus vague : qui peut se maintenir indéfiniment. C’est sur ces bases floues (et dénoncées dès la fin du sommet de Rio) que furent adoptés des instruments de protection de la biodiversité et de l’environnement humain dont les « fameux » (qui s’en souvient ?) « Agenda 21, agendas d’actions à définir et adopter pour entrer dans le XXIe siècle de manière durable — qui devinrent des agendas à mette en oeuvre au XXIe siècle. De même les « objectifs du millénaire » visant par exemple à éradiquer « la plus grande pauvreté » pour l’an 2000 ont disparu corps et biens. Mais c’est surtout en 1997 que le libéralisme va détricoter fortement toute perspective « soutenable ». Le protocole négocié à Kyoto doit donner une perspective d’action au Rapport du Giec (créé en 1988) pour réduite les gaz d’effet de serre et notamment le CO2. Mais bientôt « les États-Unis tentent d’accélérer la mise en œuvre des permis d’émission négociables. Ils s’opposent à tout compromis, et signent mais ne ratifient pas le Protocole de Kyoto » (selon la Documentation Française citée par Wikipedia). Tout ceci pour rappeler combien les concepts de Sustenability et de Durabilité étaient corrompus à la base et ont permis de ne rien faire ou de mal faire durant 30 ans. Ce principe de marché (marché des permis d »émission, marché des compensations équivalentes et des « certificats verts » nous empoisonnent encore aujourd’hui alors qu’ils sont les enfants de la doctrine Reagan-Tchatcher et de l’école des Chicago Boys. Le négociateur US à Kyoto était un professeur de Standford qui ne déméritait pas par rapport à eux ! mais dont j’ai oublié le nom (entendu à Louvain à l’époque).
        Ces quelques souvenirs pour rappeler que la question de la « croissance verte » fleurit sur un terrain toxique au plus haut point. Quels que soient les quelques reflets vertueux qu’on nous fait parfois miroiter… (économie circulaire, etc.).

    2. @Johan :

      Serait il faux de dire que l’OCDE aligne en fait deux « séries » :

      – une série d’indices de performances  » écologiques » ?
      – une série d’indices de performance  » économiques  » ?

      Comme vous je pense qu’on a plus de chances de progresser en définissant ensemble une panoplie d’indicateurs de différentes natures sans forcément chercher d’abord la pierre philosophales qui va unifier harmonieusement les préoccupations contraires , même si on pressent qu’elles sont  » liées » .

      Je note d’ailleurs qu’on associe fréquemment en France comme ailleurs et ailleurs comme en France , plutôt trois niveaux de préoccupations de la vie des peuples :
      – économie ,
      – social,
      – écologie depuis quelques décennies .

      En France c’est le CESE ( Conseil Economique , Social et Environnemental ) qui est censé avoir ces trois cadrans en observation et proposition : ce qu’il a fait d’ailleurs à la fin 2019 , mais de façon encore un peu artisanale et sans grands moyens d’ailleurs :

      https://www.temoignages.re/politique/actualites/le-cese-prone-un-pacte-economique-social-et-ecologique,96213

      Cela confirme que  » découplage » ne veut rien dire et qu’en fait , l’issue politique , c’est le social (  » la Fin  » souhaitable normalement ) qui doit assurer le bon couplage et donner le volant de réglage à l’économie et à l’écologie dans les limites permises par le réel .

      La bonne question est alors de préciser qui est fondé à définir les critères de performance dans les trois niveaux , et , pas le moindre , le bon niveau territorial ( selon moi a minima continental ) pour que les arbitrages soient en prise avec le réel requis par les enjeux .

      1. l’OCDE n’est pas imperméable à ce triptyque d’ailleurs , mais je suis un peu inquiet quand j’entends parler ‘ d’économie plus humaine  » , comme l’on parle  » d’économie écologique » .

        http://www.oecd.org/fr/social/la-nouvelle-frontiere-de-la-performance.htm

        C’est donner à l’économie la préséance sur le social , au marché la préséance sur la démocratie , à la Liberté la préséance sur la Fraternité (étendue au vivant ).

        Pour le coup , l’OCDE comme l’OMC , ou la Banque mondiale , ou le FMI , ou la Bourse , ou les Règles comptables ….font la politique à la place de la politique : le social à la place des sociétés , l’écologie à la place de tout le monde .

      2. Et hop la !

        La fameuse question de Paul qui revient et qui s’applique à tout, je cite : « Mais comment allons-nous faire ? »

        Et pourquoi voudriez-vous le faire en les définissant ? C’est ce que nous faisons depuis des décennies sans le moindre résultat ; normal si j’ose dire…

        Alors qu’il faut tout « simplement » le faire en les déterminant via l’IA…

      3. Que dalle !

        C’est la méthode de l’OCDE que je conteste .

        Sauf si c’est moi l’IA , ou qu’elle me parle gentiment dans un langage compréhensible par tout le monde .

  9. L’IA me susurre à l’oreille :

    « Individu masqué réfractaire à tout et voulant toujours avoir le dernier mot, ne perdez pas plus de temps avec lui. Dois-je poursuivre l’analyse des données du jour ? »

    Moi :

    « Vas-y ! Fonce ! »

    1. Moi pareil , mais je me susurre tout seul !

      Mais si l’IA susurre , elle finira bien par parler gentiment aussi , à haute et intelligible voix.

      Ou elle va recevoir une bonne correction .

  10. On prend le problème a l envers , controle mondial des naissances jusque a ce qu on soit revenu a un peu moins d un milliard !
    De force bien sur , quand l espece est en danger l’individu doit s incliner !
    Après on pourra croitre matériellement , on aura de la marge !
    Visons quelques centaines de millions d humains sur la planete , en douceur , par le non remplacement d un cheptel totalement irraisonnable !

      1. Le monsieur dit « contrôle mondial des naissances », vous lui faites dire « génocide mondial »…
        Pas mal comme illustration de la technique de l’homme de paille !
        Sinon sur le fond, comment on explique à l’homo pas sapiens que son atavisme pour la réplication de son génotype est désormais mortifère pour la survie de l’espèce ?

  11. Certains commentateurs reprochent le caractère abstrait de l’approche de Cédric Chevalier.
    Je pense au contraire que rien n’est plus concret parce c’est ce PIB qui nous empoisonne l’existence et menace la survie de l’espèce. La moindre action mobilisant l’argent s’y réfère au moins implicitement. C’est en son nom qu’on justifie l’austérité, les inégalités et le passage par pertes et profits de la destruction de notre biosphère.
    Le concept à la base est abstrait mais il renvoie directement au concret parce que cela nous impacte dans pratiquement tous les aspects de nos existences , et il menace la survie de l’espèce. C’est bien entendu aussi bien un paramètre d’entrée qu’un indicateur de sortie et en globalité le repère absolu qui définit un modèle, celui de la croissance. Le PIB devrait donc être notre adversaire, notre ennemi.
    IL est assez facile de critiquer les fausses évidences locales, mais beaucoup plus difficile de faire la critique de quelque chose qui sous-tend l’existence d’un modèle global, mondialisé qui nous concerne et nous cerne tous. . Greta Thunberg est suédoise, mais elle ne s’adresse pas au monde en tant que suédoise, en tant que communicante d’une expérience locale, mais en tant que représentante de l’espèce humaine pour une cause universelle et en se basant sur la science.

    Les scientifiques peuvent débattre de tout, critiquer tout raisonnement qui leur semble critiquable, c’est le principe même de la démarche scientifique, alors effectivement si certains scientifique encore bien trop nombreux n’interrogent pas la croissance, et son indicateur cardinal, le PIB, c’est que face à cet indicateur, autrement dire face à la croissance, ils cessent d’être d’avoir une attitude de scientifique. Ou plus grave, concernant les économistes, ils font de la pseudo-science en pensant faire de la science. (IL y a aussi bien entendu l’aspect conflit d’intérêts qui entre en ligne de compte pour expliquer l’attitude de nombre de scientifiques.)

    L’économie circulaire c’est bien gentil au niveau local, mais si elle ne peut s’appliquer partout dans le monde parce que le modèle capitaliste rend impossible toute extension globale, le concept est inopérant. D’où la nécessité de s’attaquer aux catégories qui sont au fondement de notre représentation du monde économique. Il se trouve que le PIB en fait partie et qu’elle occupe une place centrale. Ne jouons pas sur les mots, le PIB c’est la croissance. S’attaquer à la croissance c’est de même s’attaquer au PIB. Ce mécanisme par lequel il faut produire toujours pour rembourser les intérêts sur les avances qu’ont consenti les investisseurs. Ce mécanisme qui définit le système capitaliste n’a pas toujours existé, mais beaucoup de nos contemporains, y compris des scientifiques, l’acceptent comme un dogme, par manque de réflexion, à cause des spécialités trop étroites donc par manque de curiosité, en raison de l’idéologie dominante, ou par intérêt personnel, les trois facteurs pouvant d’ailleurs parfaitement se combiner..

    1. PIB : « Le concept à la base est abstrait »

      PIB = Somme de tous les (Prix de vente – Prix de revient) pour le pays sur un an

      Hum… si ça c’est abstrait, qu’est-ce qui est concret ?

      1. C’est donc sur le prix ( « économie » ) et sur le rapport de force qui lui est lié ( « social » ) , qu’il faut travailler pour faire la place qu’elle nécessite urgemment à « l’écologie ».

        Où l’on reparle de nécessaire , de superflu , de gratuités et de travail .

        Et d’indicateurs .

    2. Pierre-Yves, ni ta famille, ni ma famille, ni celle de Paul ou Cédric, voire celle de Juannessy ne raisonnent PIB en faisant leurs achats divers et variés… Et quelle que soit la formule économique employée, l’ensemble des robots humanoïdes mal conditionnés/programmés que nous sommes, agira de la même manière, loin de toute forme d’abstraction…

      Chaque maison, chaque appartement est un stock concret de déchets potentiels en attente, et qui seront tôt ou tard pour certains, déversés en pleine nature à défaut de pouvoir être réutilisés/recyclés, par un biais ou un autre ; il suffit d’ailleurs de regarder le parcours des biens des défunts (ce dont la plupart des héritiers se fichent royalement au moment de leurs décisions, leurs bonnes intentions écologiques s’effaçant spontanément – on réserve une benne et on met tout dedans) pour comprendre où se situe réellement l’ensemble de notre problème passé, présent et futur…

      Et tant que ces fichus indicateurs seront définis et non déterminés par une intelligence suffisamment bien câblée, la situation de l’Humanité demeurera hélas ! inchangée ; du déterminisme terrestre donc, ou disons plutôt du déterminisme local à l’échelle de l’univers…

      Il en découlera de nouveaux plans et programmes d’éducation en vu d’un changement certes radical, mais éclairé et consenti de notre part à tous ; et de toute façon, le quidam suivra sagement le mouvement… Parmi ces changements, il est fort probable en effet que nous admettions, non pas « un contrôle mondial » (je laisse ça à l’autoritarisme du Kremlin), mais bel et bien une sensibilisation mondiale en faveur d’un seul enfant, voire deux par couple maximum ; après, chacun doit demeurer libre aussi…

      Voilà ce qu’il faut faire, et les réfractaires scientifiques n’auront pas d’autre choix que de devoir s’incliner au regard de notre situation inextricable…

      Dommage qu’il faille attendre qu’ils aient eux aussi le nez dans le mur, pour pouvoir espérer un tel sursaut de bon sens et de raison de leur part…

      Moi j’y crois encore…

  12. Mauvaise pensée: je suis en train de lire quelques morceaux de « Slavery : Hundreds of Documented Testimonies of Former Slaves », recueil de témoignages de vie de contemporains de l’abolition de l’esclavage aux USA (années 1860), sous l’invocation de Frederick Douglass (livre numérique Amazon ref B076JG48DW, presque gratuit). En vous lisant je me dis que l’économie du Sud esclavagiste était parfaitement « durable ». Pas ou très peu d' »énergies fossiles », la terre agricole d’abord abondante était maintenue en état de fertilité par de bonnes pratiques, la production agricole et celle de l’outillage de la plantation était assurée par les esclaves maintenus au niveau de subsistance (nourriture, vêtement, logement, presque tout produit sur place) pour qui les idées de « consommation », « augmentation du bien-être » n’avaient pas de sens. Ils essayaient pourtant de vivre le mieux possible et y arrivaient. Les maîtres des plantations avaient le pouvoir, la satisfaction sociale, le bien-être, avec un niveau de consommation matérielle très modeste (les témoignages des anciens esclaves sont précis sur la grandeur des habitations, les chevaux, les beaux vêtements, les fêtes et festins, presque tout assis sur les ressources locales). C’était la démographie des esclaves, parfaitement tenue par les maîtres, qui régulait la « croissance » (l’expérience n’a pas duré assez longtemps pour que l’avènement d’un « monde plein » l’arrête).

    Transposons dans un futur monde écologiquement équilibré le contrôle social féroce qui permettait à la société sudiste de durer (et quand elle s’est effondrée ce fut la misère qui remplaça la servitude). Comme l’existence d’un collectif des « maîtres » est inévitable (dès le néolithique, quand la société a eu les moyens de nourrir des rois et des prêtres, ils sont apparus), j’ai bien peur que la société non-croissante et garante de la pérennité de l’espèce humaine ressemble assez bien à celle du Sud esclavagiste, avec des ajustements dus au progrès des outils depuis ce temps-là. Mauvaise pensée, disais-je.

    Une autre fois, je relirai « La Chute finale » (Emmanuel Todd, 1976), une autre société qui se voulait « durable », et où l’appareil de répression de l’initiative productive a fini par tout envahir.

    1. Il y a des suggestions un peu analogue chez Kenneth Pomeranz, c’est « soutenable », mais avec une intensification de l’exploitation locale du sol. En Chine, c’est ce qu’il documente. Le plus proche équivalent en Europe est le Danemark, où la population reste rurale assez tard faute d’avoir d’autre choix pour survivre (cf. le film Le festin de Babette ). Je lis aussi Polanyi (enfin), et ses analyses des erreurs des Adam Smith etc., et entre autre des conjonctions d’effets qui maintinrent autant les petites gens des paroisses rurales que les ouvriers des villes dans la pauvreté crasse alors que l’effet d’enrichissement de la révolution industrielle émergeait nénamoins sans aucun doute. C’est en gros la « loi du salaire ». Soit le maintien dudit salaire au minimum de subsistance (situation évoquée par PJ pour les pêcheurs … et plus).

      Mais l’élément commun à toutes les situations d’enkystement de la pauvreté, c’est l’impossibilité de se réunir autour d’un noyau de savoir-faire. Pour l’Angleterre de 1795 à 1832, c’est l’étrange système de Speenhamland qui fabrique des « pauvres oisifs » du fait qu’ils sont « allouées » par paroisse et ne peuvent trouver des jobs ailleurs, avec un « revenu minimum » fonction du cours du pain et de la famille qui est payé par les impôts des petits propriétaires (squires). Sans le savoir, ceux-ci évitent ainsi la révolution sociale qui filtrait de France. Mais ils gèlent toute possibilité de marché du travail adapté au monde en transformation. Et ce « revenu universel », qui semble une bonne idée, s’établit est au prix d’un avilissement collectif, on « fabrique » du pauvre oisif à la pelle, et les salaires sont si bas (ville ou campagne) que la dignité du travail ouvrier est au plus bas. S’en suivront des décennies d’affirmation du besoin de dignité du travail chez nos voisins anglais (jusqu’aux grèves des mineurs de 1984 sous Thatcher, à la limite).

      Bref, laissez les savoir-faire se brasser et s’assembler, et, corollaire important, ne laissez pas les profits s’en emparer, pour obtenir des sociétés plus durables (mais pas figées, ça n’a pas plus de sens que lq durabilité des zones humides, qui ne sont guère pérenne dans la nature, elles bougent parce que tout cours d’eau de petit débit s’envase ici, se fait plus vif là et reste « vivant »). C’était une des dimensions du saint-simonisme, à revoir dans un mode « Sismondi » et « constitution pour l’économie ». Mais ma petite idée est que l’usage du savoir-faire est bistable. Soit on le refuse comme « mode de vie/mode de faire » et on dérive entre esclavage ou usine-robot, soit on l’accepte (la Huelva de Valencia est peut-être un exemple) et il n’est pas impossible de dépasser alors une bonne partie des contradictions entre croissance et environnement… (toutes .. non !)

  13. « …Ne jouons pas sur les mots, le PIB c’est la croissance… »
    « …PIB = Somme de tous les (Prix de vente – Prix de revient) pour le pays sur un an

    Hum… si ça c’est abstrait, qu’est-ce qui est concret ?.. »
    « … une sensibilisation mondiale en faveur d’un seul enfant, voire deux par couple maximum … »
    « … C’était la démographie des esclaves, parfaitement tenue par les maîtres, qui régulait la « croissance » … »
    Je cite ces 4 extraits qui semblent mener à une meilleure définition de notre problème d’effondrement en cours.
    Or un problème mal posé ne peut se résoudre. Les deux erreurs les plus fréquentes sont d’accuser le capitalisme et l’injustice sociale.
    Le passé nous montre moult exemples de société plus durables que la nôtre mais totalement injustes et capitalistes (le Sud esclavagiste etc..).
    Je répète comment je pose le problème en ayant l’impression de n’être plus seul:
    1) Notre effondrement en cours résulte de la destruction / dégradation des ressources naturelles gratuites.
    2) La destruction / dégradation des ressources naturelles gratuites c’est ce que nous appelons la richesse matérielle.
    3) Cette richesse matérielle nous la mesurons par le PIB et nous en voulons la croissance.
    4) Une identité de Kaya pose que PIB= POP*PIB/POP, où POP est le nombre des individus et PIB/POP est la richesse moyenne par individu.
    Sommes-nous d’accord ?

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