Archives de catégorie : État-providence

Le capitalisme financier fera-t-il un jour du social pour sauver sa peau ?, par Jean-Paul Vignal

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Ce n’est plus un secret pour personne que les quantitative easing à répétition des banques centrales n’ont pas donné les résultats escomptés sur la vigueur des économies occidentales, qu’ils s’avèrent incapables de restaurer malgré les sommes considérables déversées sur les marchés. Les raisons de cet échec sont multiples, mais elles sont pour l’essentiel liées au courtermisme obstiné des décideurs, qui préfèrent spéculer sur les actifs existants et même les rachats d’actions, que de prendre le risque d’investir dans la création de richesses nouvelles ou la transition écologique.

Les banques centrales savent qu’elles doivent donc trouver autre chose pour combattre l’inévitable prochaine crise, qui sera sans doute au moins aussi redoutable que celle de 2008, car les marges de manœuvre des Etats comme des banques centrales ont beaucoup diminué depuis. Les délocalisations et l’irruption des logiciels et des robots ont certes maintenu ou augmenté les marges bénéficiaires, mais ils ont aussi comprimé le revenu disponible des consommateurs à un niveau tel que la croissance n’est plus guère possible qu’à crédit, que ce crédit soit privé quand les consommateurs s’endettent personnellement, ou qu’il soit public quand les Etats s’endettent pour financer leur système de protection sociale.

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TRENDS-TENDANCES, La nécessité d’une « économie de guerre » ?, le 26 septembre 2019

Merci à Vincent Burnand-Galpin pour le thème et les chiffres. Ouvert aux commentaires.

La nécessité d’une « économie de guerre » ?

Définie dans les termes que les biologistes appliquent de manière générale, l’espèce humaine se distingue par plusieurs traits : elle est sociale, « opportuniste » et colonisatrice.

Contrairement à ce qu’ont imaginé certains penseurs, tels Thomas Hobbes au XVIIe siècle et Jean-Jacques Rousseau au XVIIIe, les humains ne se sont pas un jour rassemblés pour définir un « contrat social » où ils sacrifieraient un peu de leur liberté pour gagner en sécurité. Comme l’affirmait déjà Aristote, l’homme est par nature un « zoon politikon » : un animal social. Le genre humain est aussi « opportuniste » au sens des biologistes : devant l’obstacle, il invente si nécessaire, de nouvelles stratégies. Mais l’être humain est aussi « colonisateur » : il envahit son habitat, qu’il épuise, jusqu’à le rendre inhabitable. 

C’est aux conséquences d’une humanité « colonisatrice » que nous nous trouvons aujourd’hui confrontés et c’est aux ressources d’une humanité « sociale » et « opportuniste » que nous devrons de survivre ou de périr.

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L’Écho, Paul Jorion et Bruno Colmant: « La situation est grave. En l’absence de solutions, c’est la rue qui décidera », le 22 juin 2019

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Paul Jorion et Bruno Colmant : « La situation est grave. En l’absence de solutions, c’est la rue qui décidera »

Paul Jorion et Bruno Colmant évoquent les défis sociaux et climatiques ainsi que la montée des populismes. Et ils parlent d’une certaine urgence.

©Kristof Vadino

Bruno Colmant, professeur de finance et membre de l’Académie royale de Belgique et Paul Jorion, anthropologue et professeur associé des facultés de l’Université catholique de Lille, se sont rencontrés pour la première fois en 2009 lors d’une émission de radio de la RTBF. Depuis lors, ils aiment débattre et échanger leurs idées.  

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« Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Fin du monde ! Fin du mois ! », le 19 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 19 mai 2019 et le thème aujourd’hui, c’est « Fin du monde ! Fin du mois ! ». Vous avez entendu ce slogan qui a été inventé par quelqu’un. C’est une bonne idée. Ça a des allitérations. Ça essaye de suggérer l’idée d’une convergence des luttes, que les gens qui se battent contre la destruction de l’environnement, le réchauffement climatique, etc. et les gens qui vont dans la rue non sans raison aussi, parce que la situation leur est impossible dans le contexte actuel, que ces gens pourraient défiler ensemble et représenteraient à ce moment-là une masse critique de gens qui veulent autre chose.

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Fin du monde ! Fin du mois !

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Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », Les conséquences d’une mécanisation bientôt totale

Retranscription de Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Les conséquences d’une mécanisation bientôt totale, le 2 avril 2019. Merci à Eric Muller !

Je vous demande un peu de générosité, parce que vous entendez sans doute que je suis affecté par un gros rhume et dans ce cas-là, il y a toujours un double handicap parce qu’on essaie de prendre des médicaments qui, en fait, vous abrutissent bien davantage. Mais j’ai ma petite liste, et comme je le disais il y a un instant,
 c’est un sujet que j’ai l’occasion souvent de traiter et que je traiterai dans seize jours à France Culture, dans l’émission Entendez-vous l’éco, dans un débat avec Paul Aries.

La question, c’est celle de savoir dans quel monde sommes-nous maintenant, dans ce monde où la mécanisation a fait des progrès tout à fait considérables, voire un bond a eu lieu avec l’invention de l’ordinateur, d’abord le mainframe, le gros ordinateur, et ensuite par l’intervention, l’irruption de l’ordinateur individuel dans les entreprises, dans le travail. Le nombre de personnes qui travaillent devant un ordinateur évidemment s’est démultiplié très rapidement dans les premières années de la décennie 1980.

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Le programme du Blog de PJ pour les élections européennes, par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

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Quel modèle économique pour une société écologique ?

L’avènement d’une société écologique est impossible sans un changement radical de modèle économique. La politique actuelle du gouvernement en est l’exemple a contrario : concilier, sur le plan politique, libéralisme économique et préservation de l’environnement débouche nécessairement sur l’inaction écologique. L’environnement est sacrifié sur l’autel de la sacro-sainte équation « business + croissance = emploi + élection ».

Ce qui nous conduit à notre perte : le modèle économique capitaliste et néolibéral

Le capitalisme : un rapport de force en faveur du détenteur de capital

Le capitalisme, c’est le système économique qui donne l’avantage sur le plan politique au capitaliste, le détenteur de capital. Or qu’est-ce que le capital ? Ce sont les ressources qui, manquant à la place où elles seraient nécessaires pour permettre la production, la distribution ou la consommation des biens et des services, doivent être empruntées. Si les ressources manquent à la place où elles sont nécessaires, c’est que la propriété privée y fait artificiellement obstacle. Continuer la lecture de Le programme du Blog de PJ pour les élections européennes, par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

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Espaces de liberté, « Raréfaction du travail : réinventer l’Etat-providence du XXIe siècle », par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin, à paraître

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« Raréfaction du travail : réinventer l’Etat-providence du XXIe siècle » – Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

Pour la revue « Espace de Libertés » – 3 février 2019

L’Etat-providence trouve ses racines dans la « question sociale » qui émerge dans le débat public des pays occidentaux au cours du XIXe siècle. On désigne ainsi les problèmes sociaux liés à l’urbanisation et l’industrialisation, qui font craindre des troubles sociaux aux classes dominantes. Celles-ci tendent à considérer la pauvreté comme la conséquence de caractéristiques morales individuelles et non du fonctionnement de la société.

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