37 réflexions sur « « La gratuité en temps de crise », par Vincent Burnand-Galpin »

  1. ha la la , je vous l’avais bien dit , voilà  » ceux qui veulent profiter de la situation pour ne rien faire et obtenir des avantages  » !…

    1. La version capitaliste de la gratuité de proximité , c’est l’helicopter- money .

      Est ce que la comparaison avec la gratuité authentique est évoquée dans votre livre , avec le rappel du risque de confiscation par le système dans l’option « hélicoptère » ?

      Serait il aussi opportun de rappeler les conclusions ( s’il y en a eu ) de l’approche « nécessaire VS superflu « ?

      1. Les distributions d’argent liquide présentent le même défaut que le revenu universel de base : le commerce et la finance réfléchissent aussitôt aux moyens de le subtiliser aux « amis du plaisir » et autres gogos.

      2. Je m’attendais un peu à ce jugement , mais ma remarque visait plutôt à ce que les tares relevées soient remartelées , dans cette période où l’offre capitaliste va sans doute remettre en avant Rub et helicopter , pour éteindre les incendies . Trump a déjà endossé sa tenue de pilote hélico .

        Dans un contexte d’accélération Rub ou helicopter , la petite voix  » gratuité authentique et structurelle » , risque d’être vite inaudible par les pressés de consommer , , par jouissance ou pour survivre .

  2. Hugo pour la mort de Théophile Gautier

    Passons, car c’est la loi; nul ne peut s’y soustraire;
    Tout penche, et ce grand siècle avec tous ses rayons
    Entre en cette ombre immense où, pâles, nous fuyons.
    Oh! Quel farouche bruit font dans le crépuscule
    Les chênes qu’on abat pour le bûcher d’Hercule!
    Les chevaux de la Mort se mettent à hennir
    Et sont joyeux, car l’âge éclatant va finir;
    Ce siècle altier qui sut dompter le vent contraire
    Expire… O Gautier, toi leur égal et leur frère,
    Tu pars après Dumas, Lamartine et Musset.
    L’onde antique est tarie où l’on rajeunissait;
    Comme il n’est plus de Styx, il n’est plus de Jouvence.
    Le dur faucheur avec sa large lame avance,
    Pensif et pas à pas, vers le reste du blé;
    C’est mon tour ; et la nuit emplit mon oeil troublé
    Qui, devinant hélas! l’avenir des colombes
    Pleure sur des berceaux et sourit à des tombes.

    Joyeux confinement ! 😀

    1. Une pensée d’ailleurs aux petits bébés conçus pendant le coronavirus.
      Et puis aux femmes enceintes ! Ahi c’est pas la joie.

    2. Comme vous avez écrit 9 ou 10 mois, j’ai cru… C’est une idée! Mais au bout de 14 jours en confinement conjoint seulement, pour être sure et encore on peut être asymptomatique. À non c’est la barbe

  3. Bonjour tout le monde,
    Il serait bien de fournir des masques gratuits accompagnés de gants voir du liquide hydroalcoolique aux auxiliaires de vie qui travaillent pour les personnes âgées dans les centres intercommunaux d’action social. C’est la moindre des choses.

    1. D’après ce que je sais d’une personne diabétique dialysée tous les 2-3j etc. en plein Paris, on vient la chercher, une fois un des deux ambulanciers a un masque, mais l’autre l’a enlevé depuis 3h, un seul masque ne fait évidemment pas la journée. Et « on fait avec ».
      Je crois que c’est un ‘best case », en plus, c’est pas Neuilly ou le 16ème, c’est le Paris « moyen ». Dans le 93, ça sera 3 crans en-dessous, « quoi qu’il va en coûter » (comme on a pu dire « à l’insu de son plein gré »)

      1. Il me semble avoir lu quelque part que les ambulanciers, n’étant pas « personnel soignant », ne sont pas prioritaires pour les masques (un comble vu leurs allers-retours entre la ville et l’hôpital).

  4. Lorsque je vois la corruption chez les politiques de droite comme de gauche, je pense que je vais devoir m’occuper de mes oignons.

  5. Merci, il y a des forces positives dans ce monde, et les idées développées ici en font parties.
    J’entends, les klaxons, et les cris et les applaudissements dehors, (il est 20h, et je n’habite pas une grande ville comme Paris), et décidément, je me dis, il y’a quand même du bon chez les êtres humains.

  6. Services publics réhabilités, nationalisations, défaut sur la dette, rationnement et quotas peut-être, remise en cause de la sacro-sainte propriété sans doute, etc., d’accord, nous allons, espérons-le, vers de tels bouleversements majeurs. Mais gratuité ? Je ne comprends pas. Qui paie pour ce qui est gratuit ?

    1. – fiscalité sur les patrimoines et revenus
      – fiscalité sur le travail ( au moins pour la part des biens jugés « essentiels » pour la ( les ) nations

      Le plus dur est de tomber d’accord sur les  » biens essentiels » . La ressource on la trouvera assez largement en faisant une saignée dans les « biens de profit ou de confort » et leur valorisation .

      Un des impacts majeurs de la crise qui court , c’est d’obliger à se montrer plus concret sur  » l’essentiel  » et sur les solidarités nationales et internationales pour les assurer .

      Accessoirement , relire Paul Jorion , « une utopie réaliste de novembre 2011 « .

      1. Et tout de go interdire, noir sur blanc dans la constitution, la spéculation. Cette mesure d’urgence ne peut trouver échos que dans une situation… de chaos et d’urgence.

  7. Plagiat : « Parler aux représentants des peuples des moyens de pourvoir à leurs subsistances, ce n’est pas seulement leur parler du plus sacré de leurs devoirs, mais du plus précieux de leurs intérêts. Car, sans doute, ils se confondent avec lui.
    Ce n’est pas la cause seule des citoyens indigents que je veux plaider, mais celle des propriétaires et commerçants eux-mêmes.
    Je me bornerai à rappeler des principes évidents, mais qui semblent oubliés. Je n’indiquerai que des mesures simples qui ont déjà été proposées, car il s’agit moins de créer de brillantes théories que de revenir aux premières notions du bon sens.
    Dans les pays du monde où la nature fournit avec encore une certaine prodigalité aux besoins des hommes, la disette et la pauvreté ne peuvent encore être imputée qu’aux vices de l’administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.
    C’est un fait généralement reconnu que le sol de la planète produit beaucoup au-delà de ce qui est nécessaire pour nourrir tous ses habitants, et que la disette et la pauvreté actuelle est une disette factice….
    Citoyens et peuples du monde, c’est à vous qu’est réservée la gloire de faire triompher les vrais principes, et de donner au monde des lois justes. Vous n’êtes point faits pour vous traîner servilement dans l’ornière des préjugés tyranniques et dans la soumission des puissants tracés par vos devanciers. Vous devez soumettre à un examen sévère toutes ces lois factices faites sous un despotisme et sous les auspices d’une oligarchie richissime. J’ai vu les tenants de cette aristocratie accuser le peuple de rien et de fainéants ; j’ai vu les intrigants hypocrites imputer leurs propres crimes aux défenseurs de la liberté qu’ils nommaient agitateurs, anarchistes. J’ai vu des ministres impudents ou des gouvernants notoires dont il n’était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de leur patrie en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale, pour se baigner légalement dans le sang des citoyens démunis. Des milliards aux 1% les plus riches, dont il était défendu de demander des comptes, des primes et des agios qui tournaient au profit des sangsues du peuple, la liberté infinie du commerce et de la finance ; et des baïonnettes pour calmer les alarmes ou pour opprimer les nécessiteux, telle est la politique vantée de nos législateurs.
    La liberté du commerce est nécessaire jusqu’au point où la cupidité homicide commence à en abuser ; l’usage des baïonnettes et des grenades est une atrocité.
    Les erreurs où on est tombé à cet égard me paraissent venir de deux causes principales :
    1° Les auteurs de la théorie n’ont considéré les denrées les plus nécessaires à la vie que comme une marchandise ordinaire, et n’ont mis aucune différence entre le commerce du blé, par exemple, et celui de l’or ; ils ont plus disserté sur le commerce des grains que sur la subsistance des peuples ; et faute d’avoir fait entrer cette donnée dans leurs calculs, ils ont fait une fausse application des principes évidents en général. C’est ce mélange de vrai et de faux qui a donné quelque chose de spécieux à un système erroné.
    2° Ils l’ont bien moins encore adapté aux circonstances orageuses que les révolutions amènent. Et leur vague théorie fût-elle bonne dans les temps ordinaires, de prospérité généralisée et de ressources infinie, ne trouverait aucune application aux mesures instantanées que les moments de crise peuvent exiger de nous. Ils ont compté pour beaucoup les profits des négociants, des propriétaires et des financiers, et la vie des hommes à-peu-près pour rien. Et pourquoi ! c’étaient des grands, les ministres, des très riches qui écrivaient, qui gouvernaient ; si ç’eût été le peuple, il est probable que ce système aurait reçu quelques modifications !
    Le bon sens, par exemple, indique cette vérité, que les denrées qui ne tiennent pas aux besoins de la vie, peuvent être abandonnées aux spéculations les plus illimitées du commerçant et du banquier ; la disette momentanée qui peut se faire sentir est toujours un inconvénient supportable ; et il suffit qu’en général la liberté indéfinie de ce négoce tourne au plus grand profit de l’état et des individus ; mais la vie même des hommes ne peut être soumise aux mêmes chances. Il n’est pas nécessaire que je puisse acheter de brillantes étoffes ; mais il faut que je sois assez riche pour acheter du pain et disposer d’un abri digne, pour moi et pour mes enfants. Le négociant et le financier peut bien garder, dans ses magasins ou dans ses comptes, des marchandises ou des actions que le luxe et la vanité convoitent jusqu’à ce qu’il trouve le moment de les vendre au plus haut prix possible ; mais nul homme n’a le droit d’entasser des monceaux de blé, à côté de son semblable qui meurt de faim.
    Quel est le premier objet de la société des hommes ? c’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? celui d’exister, celui de pouvoir accéder à une vie digne.
    La première loi du monde est donc celle qui garantit à tous les membres des sociétés du monde, quel que soit son origine ou sa couleur, les moyens d’exister dignement auprès de ses semblables ; toutes les autres lois doivent être subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. La propriété ne doit jamais être en opposition avec la subsistance des hommes.
    Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière. Il n’y a que l’excédent qui soit une propriété individuelle, et qui soit abandonné à l’industrie des commerçants et des financiers. Toute spéculation mercantile que je fais aux dépens de la vie et de mes semblables n’est point un trafic, c’est un brigandage, un fratricide, un crime.
    D’après ce principe, quel est le problème à résoudre en matière de législation sur les subsistances ? le voici : assurer à tous les membres des sociétés dans le monde la jouissance de la portion des fruits de la terre qui est nécessaire à une existence digne ; aux propriétaires ou aux cultivateurs le prix de leur industrie, et livrer le superflu à la liberté du commerce et de la finance.
    Je défie le plus scrupuleux défenseur de la propriété de contester ces principes, à moins de déclarer ouvertement qu’il entend par ce mot le droit de dépouiller et d’assassiner ses semblables. Comment donc a-t-on pu prétendre que toute espèce de gêne, ou plutôt que toute règle sur la vente du blé était une atteinte à la propriété, et déguiser ce système barbare sous le nom spécieux de la liberté du commerce ou la libre circulation des capitaux ? Les auteurs de ce système ne s’aperçoivent-ils pas qu’ils sont nécessairement en contradiction avec eux-mêmes ?
    Sans doute si tous les hommes étaient justes et vertueux ; si jamais la cupidité n’était tentée de dévorer la substance des peuples ; si dociles à la voix de la raison et de la nature, tous les riches se regardaient comme les économes de la société, ou comme les frères du pauvre, on pourrait ne reconnaître d’autre loi que la liberté la plus illimitée ; mais s’il est vrai que l’avarice peut spéculer sur la misère, et la tyrannie elle-même sur le désespoir du peuple ; s’il est vrai que toutes les passions déclarent la guerre à l’humanité souffrante, pourquoi les lois ne réprimeraient-elle pas ces abus ? Pourquoi n’arrêteraient-elles pas la main homicide du monopoleur, comme celle de l’assassin ordinaire ? Pourquoi ne s’occuperaient-elles pas de l’existence des peuples, après s’être si longtemps occupées des jouissances des grands, de la puissance des despotes et aux caprices des plus riches ?
    Or, quels sont les moyens de réprimer ces abus ? On prétend qu’ils sont impraticables ; je soutiens qu’ils sont aussi simples qu’infaillibles ; on prétend qu’ils offrent un problème insoluble, même au génie ; je soutiens qu’ils ne présentent au moins aucune difficulté au bon sens et à la bonne foi ; je soutiens qu’ils ne blessent ni l’intérêt du commerce et de la finance, ni les droits de la propriété.
    Que la circulation dans toute l’étendue de la planète soit protégée ; mais que l’on prenne les précautions nécessaires pour que la circulation ait lieu. C’est précisément du défaut de circulation que je me plains. Car le fléau des peuples, la source de la disette et de l’appauvrissement, ce sont les obstacles mis à la circulation, sous le prétexte de la rendre illimitée. La subsistance publique circule-t-elle, lorsque des spéculateurs avides la retiennent entassée dans leurs banques ? Circule-t-elle, lorsqu’elle est accumulée dans les mains d’un petit nombre de milliardaires qui l’enlèvent au commerce et au travail, pour la rendre plus précieuse et plus rare ; qui calculent froidement combien de familles doivent périr avant que la denrée ait atteint le temps fixé par leur atroce avarice ? Circule-t-elle, lorsqu’elle ne fait que traverser des pays qui l’ont produite, aux yeux des citoyens indigents qui éprouvent le supplice de Tantale, pour aller s’engloutir dans le gouffre inconnu de quelque entrepreneur ou spéculateur ? Circule-t-elle, lorsqu’à côté des plus abondantes récoltes et productions, le citoyen nécessiteux languit, faute de pouvoir donner une pièce d’or, ou un morceau de papier assez précieux pour en obtenir une parcelle ?
    La circulation est celle qui met la denrée de première nécessité à la portée de tous les hommes, et qui porte dans les chaumières l’abondance et la vie. Le sang circule-t-il, lorsqu’il est engorgé dans le cerveau ou dans la poitrine ? Il circule, lorsqu’il coule librement dans tous le corps ; les subsistances sont le sang du peuple, et leur libre circulation n’est pas moins nécessaire à la santé du corps social, que celle du sang à la vie du corps humain. Favorisez donc la libre circulation des biens et des capitaux, en empêchant tous les engorgements funestes. Quel est le moyen de remplir cet objet ? Ôter à la cupidité l’intérêt et la facilité de les opérer. Or, trois causes les favorisent, le secret, la liberté sans frein, et la certitude de l’impunité.
    J’ai dit que les autres causes des opérations désastreuses du monopole et de la spéculation étaient la liberté indéfinie et l’impunité. Quel moyen plus sûr d’encourager la cupidité et de la dégager de toute espèce de frein, que de poser en principe que la loi n’a pas même le droit de la surveiller, de lui imposer les plus légères entraves ? Que la seule règle qui lui soit prescrite c’est le pouvoir de tout oser impunément ? Que dis-je ? Tel est le degré de perfection auquel cette théorie a été portée, qu’il est presqu’établi que les accapareurs et les spéculateurs sont impeccables ; que les monopoleurs sont les bienfaiteurs de l’humanité ; que, dans les querelles qui s’élèvent entre eux et les peuples, ce sont les peuples qui ont toujours tort. Ou bien le crime du monopole est impossible, ou il est réel ; si c’est une chimère, comment est-il arrivé que de tout temps on ait cru à cette chimère ? Pourquoi avons-nous éprouvé ses ravages dès les premiers temps de notre révolution ? Pourquoi des rapports non-suspects et des faits incontestables nous dénoncent-ils ses coupables manœuvres ? S’il est réel, par quel étrange privilège obtient-il seul le droit d’être protégé ? Quelles bornes les vampires impitoyables qui spéculeraient sur la misère publique mettraient-ils à leurs attentats, si, à toute espèce de réclamation, on opposait sans cesse des baïonnettes et l’ordre absolu de croire à la pureté et à la bienfaisance de tous les accapareurs ? La liberté indéfinie n’est autre chose que l’excuse, la sauvegarde et la cause de cet abus. Comment pourrait-elle en être le remède ? De quoi se plaint-on ? Précisément des maux qu’a produits le système actuel, ou du moins des maux qu’il n’a pas pu prévenir.
    Je sais bien que quand on examine les circonstances de telle émeute particulière, excitée par la disette réelle ou factice des blés, on reconnaît quelquefois l’influence d’une cause étrangère. L’ambition et l’intrigue ont besoin de susciter des troubles : quelquefois, ce sont ces mêmes hommes qui excitent le peuple, pour trouver le prétexte de l’égorger, et pour rendre la liberté même terrible aux yeux des hommes faibles et égoïstes. Mais il n’en est pas moins vrai que le peuple est naturellement droit et paisible ; il est toujours guidé par une intention pure ; les malveillants ne peuvent le remuer, s’ils ne lui présentent un motif puissant et légitime à ses yeux. Ils profitent de son mécontentement plus qu’ils ne le font naître ; et quand ils le portent à des démarches inconsidérées, par le prétexte des subsistances, ce n’est que parce qu’il est disposé à recevoir ses impressions, par l’oppression et par la misère. Jamais un peuple heureux ne fut un peuple turbulent. Quiconque connaît les hommes, sait qu’il n’est pas au pouvoir d’un insensé ou d’un mauvais citoyen de le soulever sans aucune raison, contre les lois qu’il aime, encore moins contre les mandataires qu’il a choisis, et contre la liberté qu’il a conquise. C’est à ses représentants à lui témoigner la confiance qu’il leur donne lui-même, et de déconcerter la malveillance aristocratique, en soulageant ses besoins, et en calmant ses alarmes.
    Les alarmes même des citoyens doivent être respectées. Comment les calmer, si vous restez dans l’inaction ? Les mesures mêmes qu’on propose, ne fussent-elles pas aussi nécessaires que nous le pensons, il suffit qu’il les désire, il suffit qu’elles prouvent à ses yeux votre attachement à ses intérêts, pour vous déterminer à les adopter. J’ai déjà indiqué quelle était la nature et l’esprit de ces lois, je me contenterai ici de demander la priorité pour les projets de décrets qui proposent des précautions contre le monopole, en me réservant de proposer des modifications, si elle est adoptée. J’ai déjà prouvé que ces mesures et les principes sur lesquels elles sont fondées, étaient nécessaires au peuple. Je vais prouver qu’elles sont utiles aux riches et à tous les propriétaires.
    Je ne leur ôte aucun profit honnête, aucune propriété légitime ; je ne leur ôte que le droit d’attenter à celle d’autrui ; je ne détruis point le commerce et la finance, mais le brigandage du monopoleur et de spéculateur ; je ne les condamne qu’à la peine de laisser vivre leurs semblables. Or rien, sans doute, ne peut leur être plus avantageux ; le plus grand service que le législateur puisse rendre aux hommes, c’est de les forcer à être honnêtes gens. Le plus grand intérêt de l’homme n’est pas d’amasser des trésors, et la plus douce propriété n’est point de dévorer la subsistance de cent familles infortunées. Le plaisir de soulager ses semblables, et la gloire de servir sa patrie, valent bien ce déplorable avantage. À quoi peut servir aux spéculateurs les plus avides, la liberté indéfinie de leur odieux trafic ? à être, ou opprimés, ou oppresseurs. Cette dernière destinée, surtout, est affreuse. Riches égoïstes, sachez prévoir et prévenir d’avance les résultats terribles de la lutte de l’orgueil et des passions lâches contre la justice et contre l’humanité. Que l’exemple des nobles et des rois vous instruise. Apprenez à goûter les charmes de l’égalité et les délices de la vertu ; ou du moins contentez-vous des avantages que la fortune vous donne, et laissez aux peuples du pain, du travail et des vies dignes.
    C’est en vain que les ennemis de la liberté s’agitent pour déchirer le sein de leur patrie ; ils n’arrêteront pas plus le cours de la raison humaine que celui du soleil ; la lâcheté ne triomphera point du courage ; c’est au génie de l’intrigue à fuir devant le génie de la liberté. Et vous, législateurs, souvenez-vous que vous n’êtes point les représentants d’une caste privilégiée, mais ceux des peuples qui vont ont désignés ; n’oubliez pas que la source de l’ordre, c’est la justice ; que le plus sûr garant de la tranquillité publique, c’est le bonheur des citoyens, et que les longues convulsions qui déchirent les États ne sont que le combat des préjugés contre les principes, de l’égoïsme contre l’intérêt général, de l’orgueil et des passions des hommes puissants contre les droits et contre les besoins des plus faibles. »

    1. Oops, je découvre que < > ne donne rien.

      America is in crisis. We need universal basic income now

      No one knows how bad coronavirus or a recession might get. People shouldn’t have to worry about how they’ll pay rent

  8. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, en tombant sur la vidéo de Vincent,
    j’ai eu une sensation visuelle immédiate, à la fois évidente et assez étrange, d’être dans un film de F. Truffaut :
    Les deux anglaises et le continent !

  9. Communiqué de Gaïa :

    Après des décennies de mauvais traitements, de sévices, de harcèlements et d’agressions diverses, de dégradations et de pollutions infligés par l’espèce humaine.

    Après des décennies de compréhension bienveillante et de mansuétude, Gaïa – Dame Nature – a fini par se mettre en colère et se résoudre à frapper très fort pour protéger la vie et venir à bout de ses souffrances.

    Elle a imposé aux humains ce qu’elle pense être le seul remède efficace pour préserver tout ce qui vit sur la Terre : soumettre l’espèce humaine à une cure de désintoxication au capitalisme jusqu’au retour à la raison.

    Elle espère que de cette période difficile subsisteront des comportements nouveaux adossés à des valeurs nouvelles : la sobriété, l’entraide, la gratuité des biens communs indispensables  à l’humanité et l’amour des autres.

    Elle espère que chacun se mettra en chemin pour retrouver la paix intérieure et pour croire enfin qu’il peut être heureux.

    1. Mais maman tu sais c’est comme les criquets, si ils appauvrissent des régions entières c’est qu’ils ont le ventre vide. La paix intérieure commence par là !

  10. A part l’éducation et les recharges des véhicules électriques Tesla , qu’est ce qui est gratuit actuellement en Chine , que Paul Jorion nous annonce souvent comme avenir proche ( ce qui ne semble pas le cas de Pierre Rosanvallon ) ?

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