La « planification économique » à droite : un retour au gaullisme ?, par Vincent Burnand-Galpin

Ouvert aux commentaires. « Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la…

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28 réflexions sur « La « planification économique » à droite : un retour au gaullisme ?, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. La planification » à la française » des années post guerre mondiale qui s’est échouée sur les années Pompidou , a pu marcher pour deux raisons essentielles :

    – les choix prioritaires étaient simples à faire ,

    – les caisses de l’Etat permettaient d’investir en tant que maitre d’ouvrage d’autant légitime qu’il apportait le financement .

    Au fur et à mesure que les caisses de l’Etat se sont vidées et passées de plus en plus sous les fourches caudines de la dette et de son remboursement , on a pu maintenir un semblant de maîtrise publique en refilant aux CL la majeure partie du gâteau dans les montages financiers ( Etat , Région , communes ), au point que la participation de l’Etat à ces montages est souvent devenu ….20 % … soit le montant de la TVA qu’il récupère à la réalisation des opérations . Le mouvement s’est amplifié sur la fin des années 70 .

    Les élus ont commencé à l’avoir mauvaise de recevoir des consignes et orientations du partenaire qui crachait le moins . Ils ont trouvé une échappatoire avec les PPP pour lesquels l’Etat leur donnait d’ailleurs l’exemple .

    Je vois donc mal comment aujourd’hui l’Etat , dette abyssale et moyens de financement en investissement aidant , pourra être un guide accepté , même si la logique à l’œuvre depuis pas mal d’années est de renforcer le niveau régional de l’Etat pour en faire un outil de « programmation-incitation  » et d’harmonisation de politiques assez largement de fait déterminées par les métropoles riches et par les grandes ambitions entrepreneuriales avec l’argent public des CL ( où il y a pas mal de DGE et c’est là qu’est la tutelle ), des PPP , ou carrément privé ( cf réseau autoroutier ).

    Je vois donc mal comment on pourra garantir par le financement public de l’action , une vraie planification par l’Etat dans une situation de dette catastrophique aussi bien de l’Etat que des CL .

    Mais il y a peut être des sponsors pleins d’idées pour faire leur marché avec ( ou sans d’ailleurs ) une loi 3 D .

    Est on par ailleurs tous si d’accord que ça sur les domaines à mettre sous  » planification nationale  » ?

    Je ne sais pas ce que c’est qu’une planification de droite en France ( la politique de grands travaux sous Napoléon III ?) . Dans l’après guerre j’ai surtout eu la démonstration que la droite porte la ruine de la planification gaullienne .

    Xavier Bertrand serait donc prêt à creuser encore davantage sérieusement la dette , pour emprunter afin de financer les investissement d’Etat ?

    1. 1- Je n’avais pas remarqué qu’on avait réduit la sécurité et la défense à l’état de squelettes .

      2- comment manage-t-on la politique de relocalisation industrielle ?

      3- cohérence d’ensemble avec les politiques européennes ? On y renonce ?( au passage , j’ai omis de les mentionner dans les montages financiers franco-français )

      https://www.europe-en-france.gouv.fr/fr/fonds-europeens

      4- Quid des budgets de fonctionnements à maintenir ? L’éducation nationale , c’est de l’investissement ou du fonctionnement ?

      5 – quels outils et financements pour la politique d’environnement ? ( c’est vrai que si les préfets sont poussés à s’en foutre par voie dérogatoire , le problème est résolu ) .

      1. L’éducation nationale, bon exemple.

        Un prof a un « R0 » de 18 à 22, n’est-ce pas (il « contamine » une vingtaine d’élèves par ses idées, je ne compte pas les 10 « réfractaires ».

        C’est super un gros R0, => il faut investir, c’est pas que du fonctionnement, c’est super-rentable (à 20 ans, 10 fois moins long que la forêt de Tronçay que fit planter Colbert…

      2. Il y a des politiques stratégiques nationales lourdes qui n’ont de sens que si elles sont cohérentes avec les orientations européennes ( et vice versa ):

        – la PAC et la politique baptisée de façon très vague  » alimentation » n’en est pas le moindre exemple .

        – la politique énergétique , en particulier dans le cadre des accords de Paris , c’est pas peanuts non plus ,

        – la solidarité financière des pays de la zone euro , dans le cadre de budgets nationaux de plus en plus chargés par l’explosion creusée par les politiques volontaristes multiples .

        – vocation de la défense nationale française ? qu’est ce qu’on fait avec l’Otan ? avec les britishs ?

        – qu’est ce qui est gratuit , qu’est ce qui est marchand pour Xavier Bertrand et comment s’opère le financement de l’un et de l’autre ?

        De façon encore plus large quels efforts financiers sommes nous prêts à faire ( et pour le coup c’est stratégiquement et géopolitiquement lourd ) pour accompagner les pays africains ?

      3. @Arkao :

        Les russes font effectivement partie ,pour nous , des problèmes et des solutions pour le monde d’après .

      4. Précisions:

        « Ce vol n’entre pas dans le cadre du «pont aérien» lancé entre la Chine et la France pour faire face à l’épidémie de Covid-19, a précisé ce porte-parole. «Il ne s’agit pas d’une commande du gouvernement, c’est une demande d’une société privée française», a-t-il indiqué, sans donner le nom de cette entreprise. »
        Ah! On aimerait bien savoir qu’elle est cette entreprise qui a les moyens d’affréter ce monstre des airs.

    2. La question de la dette est évidemment incontournable. Mais pour bien la poser, il faut commencer par demander de quelle dette on parle.

      S’agissant de la charge que supporte une économie, c’est la dette totale qui compte, non la seule dette publique mais la somme des dettes de tous les agents économiques : Etat + Entreprises + Ménages. La fixation sur la seule dette publique aide à justifier toutes les stratégies de réforme néolibérale par l’austérité, mais seulement en donnant une vue déformée de la réalité.

      La dette totale est effectivement en augmentation marquée depuis au moins 20 ans, elle atteignait en 2018 un total de 188 trillions de dollars soit 226% du PIB mondial, à comparer avec à peine plus de 180% en 2000 (1) Ce ratio promet d’augmenter encore du fait de la crise Covid-19, à cause des dépenses de « relance » alourdissant la dette comme de la diminution du PIB mondial diminuant le dénominateur du ratio Dette / PIB. De plus, à moyen terme, ce ratio ne pourra qu’augmenter encore du fait de la limitation de la croissance par contrainte physique (production de pétrole notamment, avec la question du pétrole de roche mère américain)

      A partir de là, deux attitudes sont possibles :
      1. Le ratio dette / PIB étant trop élevé, il faut rembourser une partie de la dette, ce qui nécessite l’austérité pour tous non seulement publique mais privée avec diminution radicale des budgets de fonctionnement comme des investissements, y compris donc les investissements privés pas seulement les publics
      2. Etant donné qu’une austérité généralisée aurait des conséquences brisantes sur l’ensemble des activités économiques de la planète (imaginons l’extension de la situation grecque à toute l’humanité…) cette stratégie doit être refusée. La question de la dette doit être traitée naturellement, mais pas par l’austérité, ni publique ni privée, dont il est soit dit en passant démontré qu’elle ne mène pas à diminution du ratio dette / PIB parce que le PIB diminue lui aussi en même temps que la dette (voir encore une fois l’exemple grec)

      Je suis pour ma part tout à fait sur l’option 2. L’investissement doit continuer, peut-être même être amplifié. Qui investit, pour faire quoi… ça, on peut et il faut le discuter, mais l’investissement est nécessaire.

      Pour plusieurs raisons, l’investissement public doit être préféré au moins pour une bonne partie si ce n’est le plus clair de l’investissement nécessaire. Notamment parce que ce sont les acteurs publics qui ont la capacité de prise en compte du long terme – pensant à la crise écologique qui ne fait que commencer et à la crise des ressources énergétiques qui n’est pas très loin – des investissements d’ « ensemble » sur le plus grand nombre comme éducation ou santé et encore des investissements de « robustification », la santé bien sûr, et encore l’autonomie au strict minimum européenne et de préférence nationale pour tout ce qui est vital (alimentation, défense notamment)

      Bien sûr, pour ouvrir la voie à de tels investissements publics de long terme, à la bonne dimension qui devrait être grande et avec une stratégie qui se tienne, il y a des conditions et un traitement adéquat de la dette publique en fait partie.

      La question est très vaste. S’agissant d’une forte augmentation des investissements publics, je peux citer plusieurs possibilités, sans prétendre que la liste est complète ce n’est qu’une ouverture de discussion, et sans dire que je les approuve toutes je veux seulement illustrer le fait que l’éventail est grand :
      – Augmenter la fiscalité sur les plus gros pour équilibrer le budget – ce qui supposerait de bloquer d’une manière ou d’une autre le « dumping fiscal » notamment intra-européen afin que l' »optimisation » fiscale n’annule pas tous les effets de cette hausse de fiscalité ?
      – Financer la dette par la création monétaire de la BCE – une révision du traité serait probablement indispensable nécessitant l’accord de tous les pays – voire de la Banque de France – supposant alors la sortie de l’euro) et admettre qu’en matière d’endettement Paris ressemblera de plus en plus à Tokyo (2), et pas seulement Paris ?
      – Réaliser un emprunt national forcé ?
      – Nationaliser les grandes banques françaises et restructurer la dette publique à la hache c’est-à-dire en disant à celui qui a 1 000 obligations d’Etat « tiens j’ai changé le nombre tu en as maintenant 500 », à celui qui en a 10 « voilà tu en as maintenant 9 car tu es un moyen » et à celui qui en a 2 « tu les as toujours car tu es un petit »

      On peut discuter des préférences entre ces différentes options, ou d’autres, certaines me semblent personnellement plus risquées que d’autres.

      Mais il ne faut pas se faire d’illusion. Pour que la crise économique qui ne fait que commencer ne débouche pas sur une dépression d’autant plus violente – menant de toutes façons à la faillite nationale mais après une destruction encore plus poussée du tissu économique ouvrant les portes à tous les profiteurs du genre « capitalisme de la catastrophe » – l’Etat devra prendre des décisions financières FORTEMENT « non conventionnelles ».

      Le prétendu « consensus » des économistes « raisonnables » doit voler en éclats : il est déjà par terre, mais si nous nous laissons impressionner par son zombie, la crise sera encore incomparablement plus destructrice. Même la restructuration brutale et autoritaire de la dette publique que je citais en dernier – et que je perçois personnellement comme trop risquée – serait quand même largement préférable.

      (1) https://blogs.imf.org/2019/12/17/new-data-on-world-debt-a-dive-into-country-numbers/
      (2) https://www.lemonde.fr/economie/article/2017/03/11/l-endettement-a-250-souci-mineur-du-japon_5093026_3234.html

  2. Croyez-vous qu’il y ait urgence à faire valoir et organiser un débat sur les idées de la droite française pour préparer l’après confinement ?
    Je n’ai rien contre l’esprit de salons mais… il me semble que ça bout dans la marmite.

    …………..

    Je corrige mes premiers émois, me disant qu’il faut peut-être d’abord faire tomber la température, puis confinement oblige, respirer un bon coup à la fenêtre.

    1. C’est une reprise des idées qui sont défendues dans « Comment sauver le genre humain ». Appelez-les « les idées de la droite », ou de n’importe quelle autre appellation si vous voulez, mais excusez-nous, Vincent et moi, de dire : ce sont les idées de notre bouquin et bravo, bravissimo, de les reprendre – qui que vous soyez !

      1. D’autant que  » si tu ne t’occupes pas de la droite , la droite s’occupera de toi  » .

        D’autant plus facilement qu’elle n’aura en face que des naïfs .

      2. Il est sans doute hélas symptomatique de la triste époque que nous vivons que l’on appelle une idée « de droite » ou « de gauche », non pas en analysant ce qu’elle est mais en fonction seulement de l’identité de la personne qui la profère.

      3. J’attends chaque jour « Comment sauver le genre humain » en regardant la boite aux lettres sans penser que ça puisse être des idées de droite, du centre ou d’ailleurs mais vous avez raison, je ne l’ai pas lu et suis un vilain petit canard.
        (:-))

  3. Sauf que ça voudra quand même le coup d’asticoter Xavier Bertrand, grand ami des chasseurs et de la FNSEA, sur l’écologie et la biodiversité !

    1. Il faut tuer les cerfs s’ils sont trop nombreux, ainsi que les sangliers, un écologue vous le dira, il faut des « grands prédateurs » inefficaces et des fois scandaleusement paresseux en bout de chaine.
      Pour les cerfs : ils bouffent trop de bois de jeunes arbres, les forêts crèvent, les castors ne font plus de barrages, la cata… (par exemple). Donc les chasseurs en « régulateurs annexes quand les grands prédateurs sont insuffisants », si Bertrand a potassé, c’est OK.

      1. @timiota
        Sangliers tellement nombreux dans les Ardennes belge que des sociétés de chasse en ont importé de Pologne, amenant ainsi la peste porcine africaine…
        Non timiota, ce sont les chasseurs par des pratiques de nourrissage qui entretiennent l’abondance afin de les dézinguer facilement quand la saison vient.

      2. @arkao
        Ah oui, tout à fait d’accord avec ça, constaté plusieurs fois de la bouffe dans les ‘soues’ en forêt, pour ‘fixer’ le bestiaux ici ou là et pas ailleurs, bref pas trop loin du 4×4 dans le chemin.
        Prédateurs ? Photos et témoignages signalent pour la première fois depuis un siècle la présence d’un loup en Seine-Maritime, à confirmer mais c’est une bonne nouvelle, en espérant dans un futur plus ou moins proche qu’ils préfèrent les marcassins aux brebis / moutons, les vaches trop balèzes… 🙂

      3. On est d’accord @arkao, il faut connaitre la dynamique de population, et si la chasse ne jouait pas avant tout (e, Ardennes, grande Est, Corse, et bien ailleurs) le rôle de « système de reconnaissance sociale » (*), je suggère juste qu’elle peut exister « en tant que de besoin’, là où les proliférations de « bout de chaine » en réalité de bout de chaine tronquées dépassent certains seuils.
        L’équivalent de la logique du bocage pour les plantes, « dynamique de population » => « une bonne distribution des espèces » . (Bocage => herbes, haies, arbres, et du coup l’eau et une bonne partie de la faune (oiseaux, rongeurs) ne se porte pas si mal).

        (*) Cf. par exemple le « Ceux qui restent » de Benoit Coquard, enquête sur 10 ans dans le grand Est « ruralisé », entre autres un des terreaux des Gilets Jaunes. Les petits entrepreneurs ont besoin de gens fiables (donc co-optés par un réseau de fiabilité locale) et ont adopté la chasse comme pratique sociale « intégrative », l’employé pouvant chasser avec son (assez petit) patron.
        Si c’est trop « intégratif », le préfet local se croit assez malin de dire aux chasseurs de dénoncer les dé-confinés en forêt. Le port de la carabine ne se corrèle pas avec l’étendue du neurone dans le cerveau.

      4. P.S. sans trop s’éloigner du sujet du billet, le cas Bertrand est surtout lié à l’avifaune, la chasse au gibier d’eau, pratique répendue dans la région des Hauts-de-France. Son radar à « compter » les oiseaux migrateurs offert aux chasseurs (dans le but de savoir combien ils vont pouvoir en dessouder) est un pied de nez aux associations locales et leur réseau d’observateurs qui savent bien mieux faire que ce machin coûteux (dixit les services de l’Etat compétents en la matière). Bref, une petite manoeuvre électoraliste aux frais des contribuables.
        Mais il va certainement nous dire bientôt « j’ai changé ».

      5. D’autant que dans la région, un p’tit cadeau aux chasseurs a des échos auprès des électeurs RN:
        https://www.hautsdefrance.fr/elu/hansen-cata-paul-henry/

        Paul-Henry Hansen-Catta est l’un des auteurs du Larousse de la chasse.
        Ancien président de la fédération départementale des chasseurs, ex-journaliste et ancien directeur d’une édition départementale de l’Union de Reims.
        Il a travaillé comme journaliste à Valeurs Actuelles puis au Figaro Magazine avant de diriger le journal l’Union. Proche de CPNT, il dirige aujourd’hui la luxueuse revue de chasse « Le Saint-Hubert ».

      6. Le pire de Bertrand c’est le radar à plus de 300 000 € , si mes souvenirs sont bons, qui permet de chasser jour et nuit des espèces en migration voire des espèces protégées. Ces espèces que des arrêtés remettent chaque année en chassables le temps que la LPO fasse de nouveau des démarches auprès du conseil d’état et du conseil européen…

  4. « LA « PLANIFICATION ÉCONOMIQUE » À DROITE »
    Une planification économique par la droite et pour les intérêts de la droite NON MERCI!

    1. C’est pourtant ce que vous avalez depuis près de cinquante ans .

      Et pour y échapper , il ne suffit pas de dire non , il faut construire les conditions pour y échapper , avec ou sans exemple chinois .

  5. J’adhère entièrement à ce que dit P. Jorion : « Il est sans doute hélas symptomatique de la triste époque que nous vivons que l’on appelle une idée « de droite » ou « de gauche », non pas en analysant ce qu’elle est mais en fonction seulement de l’identité de la personne qui la profère. »
    Juger sur les actes.
    De manière concomitante avec l’instauration mondiale de l’ultralibéralisme, on a vu une trahison (en était-elle une condition nécessaire ?) de l’immense majorité des forces de gauche, celles qui étaient en capacité de gouverner : les social-démocraties. En France, on le sait, ça s’est fait après une victoire en 1981 puis LE fameux tournant en 1983.
    Il aurait donc fallu juger sur les actes mais en surmontant nos préjugés, nos réflexes politiques conditionnés, presque comme un travail de deuil. Tel qui se faisait élire « à gauche » avait ensuite une politique « de droite » inutile d’y revenir mais on peut illustrer la proposition de P. Jorion.
    Mitterrand écrivit contre de Gaulle un livre « le Coup d’État permanent ». Quand de Gaulle perdit son referendum en 1969, il ne barguina pas : il démissionna. Quand Mitterrand perdit sa majorité, il installa la cohabitation. Mais pire, il choisit à dessein la proportionnalité pour les élection législatives sachant que Le Pen en profiterait contre le RPR. Pour son confort à court terme, il favorisait ainsi à long terme l’extrême-droite.
    (Quand j’étais jeune « électeurdegauche », restant affectivement gaulliste, je n’osais pas le formuler à des gens degauche : j’ai enfin compris que je n’étais donc pas degauche.)

    Quand Chirac (« dedroite) nous évita la guerre en Iraq, il fit une action que l’on pourrait qualifier de gauche, mais que je définirais comme action pour le Bien commun et c’est là que je voudrais en venir.
    Quand Hollande (« degauche ») et toute son équipe, de Valls à El Khomri (et tous les recyclés LaRM), mettent en place des politiques hystérico-austéritaire, où est le Bien commun ?
    Nous avions lu Orwell mais nous n’avons pas su déceler la naissance d’une nouvelle novlangue (ou néoparler) : celle qui par exemple renverse la « libération des individus » en « l’asservissement collectif aux intérêts privés », la pensée degauche inversée en doxa dedroite (quel beau travail DSK !)…

    Mais trêve du passé : soyons vigilants pour le présent. Apprenons de nos funestes erreurs.
    M. Macron, l’homme-de-droite-et-de-gauche-en-même-temps, nous dit qu’il va modifier sa trajectoire, je dis : Très bien. J’admets en outre que les choses ne peuvent se faire en un clic (comme nos contemporains aiment à le croire si souvent) mais certaines décisions n’attendent pas.
    On le vérifie avec les soutiens urgents (et normaux) pour les entreprises, pour les empêcher de couler. Mais il semble qu’on nous refait le coup du sauvetage des banques : aucune contrepartie, aucun engagement écologique pour leur avenir (M. Villani en est bien déçu : https://www.actu-environnement.com/ae/news/aides-entreprises-difficulte-contreparties-environnement-climat-plfr-35346.php4).

    Plus anecdotique mais si caractéristique : LUXFER (cher à notre ami Ruffin). Sa nationalisation qui serait si simple à effecteur et si nécessaire, est toujours impossible, bloquée, refusée ─ et en particulier par l’inénarrable groupie du Medef (« aux futurs déconfinés => bossez plus ») et du CAC 40 (« la bourse plonge => le moment d’acheter »), Mme Pannier-Runacher, la bonne élève toujours en première ligne d’un ancien monde qui refuse de mourir.
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/180420/luxfer-cette-nationalisation-dont-le-gouvernement-ne-veut-pas?onglet=full

    M. Macron : soyez gaullien, prenez vite de la hauteur, changez votre gouvernement, choisissez des gens qui veulent travailler pour le Bien commun ! Ni « dedroite », ni « degauche », des gens qui auront des actions que nous qualifions autrefois de gauche, quand les mots avaient du sens, ceux utilisés par V. Hugo, J. Jaurès, ou K. Loach.
    Des actes et vite !

  6. Un autre pote de Xavier Bertrand, Guy Harlé d’Ophove, chasseur ex FN devenu Républicain et président de la commission environnement (!) du conseil régional Hauts-de-France.

    https://www.hautsdefrance.fr/commission/commission-2/

    Eh Julien, tu dors ?
    https://lahorde.samizdat.net/2018/04/13/oise-le-prefet-demande-aux-chasseurs-de-passer-a-laction/

    Dans l’Oise le préfet Louis Le Franc déclarait devant les chasseurs, ce 6 avril, « Messieurs les chasseurs, ne subissez pas, passez à l’action, mais pas de façon agressive ». Dans ce département il prend clairement position en faveur des chasseurs face aux militant-e-s anti-chasse, aux cotés du président de la fédération des chasseurs de l’Oise Guy Harlé d’Ophove, ancien vice président Front National de la région Picardie et actuel président de la commission environnement de la région Haut de France. La préfecture avait déjà signé une convention de partenariat avec les chasseurs pour la mise en place de « chasseurs vigilants », qui auraient pour but de fournir des renseignements sur les « incivilités ». Outre Harlé d’Ophove, on retrouve un autre conseiller régional ancien président de la fédération des chasseurs de l’Aisne, Paul Henry Hansen-Catta élu FN et lui aussi dans la commission environnement de la région Hauts de France, dans cette commission parmi les 19 membres 5 sont au FN.

    @Jacques Seignan
    Vous avez raison, jugeons sur les actes. XB a déjà un beau passif (et j’ai encore d’autres trucs dans ma besace)
    @Timiota
    Là on n’est plus dans la pratique sociale intégrative entre petits patrons et employés. De l’aristo et des gueux qui se la joue privilégié en larbinant pour Monsieur.

  7. Au sujet des doctrines économiques prépondérantes dans telle ou telle époque, j’ai trouvé cet essai sur le site de l’American Conservative (1) (« Le Conservateur Américain ») assez instructif.

    L’auteur commence par rappeler que les doctrines économiques prépondérantes n’ont pas toujours été les mêmes au fil des époques, et que ce sont des crises qui ont marqué et provoqué le basculement d’une doctrine à une autre :
    – La crise des années 1930 a débouché sur Roosevelt et le keynésianisme. Et certes Roosevelt était démocrate, mais le Républicain Eisenhower dans les années 1950 et même Nixon un peu plus tard ne se sont pas écartés du consensus de l’époque, y apportant seulement des nuances
    – La stagflation des années 1970 a débouché sur Reagan et la préférence pour le marché plutôt que l’Etat. Et certes Reagan était républicain, mais les Démocrates Clinton ou Obama ne se sont guère écartés du consensus, n’y apportant que des nuances

    La crise Covid-19, venant après la crise financière de 2008, ne peut suivant l’auteur que déboucher sur un nouveau virage idéologique en matière de doctrine économique. Prenant le point de vue du Parti Républicain qu’il soutient, l’auteur critique durement le manque de réactivité de ceux qui s’accrochent aux solutions du passé et met en avant Josh Hawley le jeune sénateur du Missouri qui défend une forte intervention de l’Etat dans l’économie, jusqu’à ce que ses propositions soient comparées à ce que fait le Danemark 🙂

    Voici quelques extraits, pour donner le ton.

    Hawley en novembre dernier :
    « Nous vivons une nouvelle ère d’inégalité. Le fossé entre les riches et les travailleurs américains est large, et il ne cesse de s’élargir… Les 10 % les plus riches du pays contrôlent 77 % de la richesse totale du pays. Quant aux salaires : Au cours des dernières décennies, les salaires ajustés en fonction de l’inflation pour la classe ouvrière ont à peine bougé, tandis que les revenus des personnes les plus riches ont grimpé en flèche »
    (Pas la peine de vous pincer 🙂 … il s’agit bien d’un Républicain, pas de Sanders ni Warren !)

    L’auteur appelant de ses vœux la mutation de la doctrine économique républicaine :
    « Mais cet avenir n’est pas encore arrivé et l’orthodoxie décrépite, ce que l’on appelle souvent le « reaganisme zombie », ne mourra pas sans combattre »
    « Affichant l’arrogance des Bourbons de l’ère de la restauration, la rigidité des liquidateurs de l’ère Hoover et la malchance des libéraux de l’ère de la stagflation, ces gardiens de la foi dans le marché libre ne sont que trop désireux de diriger le pays comme pour la guerre d’avant. Ils n’ont rien appris et – en raison de leur caractéristique myopie historique – ont tout oublié, y compris les circonstances de leur propre montée au pouvoir il y a quarante ans, elle-même née d’une réaction pragmatique à une crise exogène et construite sur l’épuisement du statu quo précédent.
    Ici, ils ne font que jouer le destin tragique de toute classe dirigeante prise dans un interrègne idéologique alors que l’ancien se meurt mais que le nouveau n’est pas encore né »

    Les choses bougent ! Un peu partout dans le monde. Y compris là où on ne s’y attendrait pas nécessairement. Il n’y a pas encore de nouveau consensus économique, mais il se construira probablement à brève échéance, sous quelques années.

    En ce qui concerne les Etats-Unis, ce n’est évidemment pas d’un Trump qu’on peut l’attendre. Un Biden saurait-il se mettre au niveau de l’Histoire ? Peut-être, et de toute façon son élection – très incertaine il ne faut pas le cacher – serait clairement un risque moins grand que la prolongation de l’ère Trump. Mais le plus probable est qu’il faudra attendre un autre président, probablement pas avant 2024, faisant suite à un renouvellement profond de l’un voire des deux partis.

    En ce qui concerne la France, je pense que le « peut-être » doit être accordé à Macron, du moins si on est prêt à l’accorder à Biden. Mais il est à l’évidence possible que Macron ne soit que velléitaire, voire insincère. La question de 2022 ne tardera pas à commencer à se poser.

    (1) https://www.theamericanconservative.com/articles/conservatism-in-three-crises-and-their-lessons-for-covid-19/

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