22 réflexions sur « Trends-Tendances : La vie d’abord !, le 2 avril 2020 »

  1. Merci M. Jorion, pour excellente analyse et appel…

    Quand il est défendu l’idée, ce matin dans « L’heure des pros » sur cnews, « qu’on a trop donné aux prestations sociales et pas assez à l’hôpital », avec en introduction du propos, en substance, que la crise économique pourrait faire plus de dommage encore, que celle sanitaire, qui s’en étonne, qu’il n’y est rien d’exceptionnelle, à l’absence de déroger à la règle de la ligne éditoriale de ce médias privé… ?

    Lorsque cela est tenu, sans que sur le plateau, aucun esprit critique, aucune liberté d’expression du pluralisme des idées, ni de la neutralité de l’arbitrage du débat public, s’indignent, même provisoirement, qu’il soit laissé entendre, comprendre, aux « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer un « culte féroce » aux doutes incertitudes du « ras le bol fiscal », « poujadisme » préférant s’en remettre à la « dictature des émotions » sondées… qu’« un pognon de dingue est mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent » (propos tenu par « Jupiter », notamment pour parler des NON RECOURS), que la mort de SDF par centaines chaque année, les pathologies chroniques respiratoires (facteur à risque pour les complications en cas d’infection au covid-19) touchant particulièrement cette population, précarisée, avec celle survivant au confinement, sous le seuil de pauvreté, dans des logements insalubres, délabrés… justifierait et excuserait presque, que les hôpitaux et leur personnel souffrent actuellement… de manque de masques, de respirateurs, médicaments… qui cela surprend, de ne pas voir les masques manquants, les respirateurs et médicaments absents, sur les pauvres, planqués à leur domicile, où se cachent des stocks énormes qui sont organisés en un trafic en « flux-tendu » de nourritures (coca…?) et où y est spéculé la hausse ou la baisse des prix… ?

    Qui est surpris que « l’art » de « l’exception culturelle à la française », dans ce genre de médias de masse, s’est d’adapter ce que dit Trump, son idéologie magnifiquement dénoncée dans ce billet par notre hôte, en le calquant aux problématiques politiques, « sociétales », nationalistes, de circonstances… ?

    Qui s’émeut, que dénoncer sur le net, sur nos blogs, sur nos comptes des « réseaux sociaux », que les inégalités territoriales, scolaires, « de destin » (ce que dit « Jupiter » des NON RECOURS, impactant 30% des « bénéficiaires » du RSA), et les discriminations (que deviennent les réfugié.e.s, les palestinien.e.s… qui confiné.e.s sont encore bombardé.e.s…? Combien de jeunes des cités subissent les brutalités policières encore commises lors de contrôles aux faciès, et « autorisations » de sortie.. ? Combien d’ados… de familles pauvres, sans connexions internet convenables, sans ordi, risquent d’échouer au bac, études sup, cette année…?) avec cette gestion de la crise sanitaire, « économique », financière… s’aggravent… et pourraient même s’amplifier, et détèriorer plus encore des conditions de vies indignes, précaires… puisqu’elles sont plus révélées que d’habitude, plus que ce que beaucoup le voudraient… mais n’étant que de « destins » par rapport à aux souffrances de « l’économie »… qui s’émeut que dénoncer cela, « c’est pas la France » selon M. Le Gendre, ce matin, interviewé sur la même chaîne, qui pour ce représentant d’un groupe parlementaire majoritaire, range dans « la France », « les premières et deuxièmes lignes », et autres soutiens, ou silences, confinements de la démocratie, parce que « l’Etat d’urgence » agit… ?

  2.  » Il est plus essentiel de gagner de l’argent que d’être en vie »
    En tout cas, sur la tarmac, l’avion rempli de masques se négocie cash… ! 🙂

  3. Message de l’assurance mutualiste MAIF:

    La période de confinement actuelle générant une baisse significative des accidents de la route, nous avons décidé de faire bénéficier l’ensemble de nos sociétaires détenteurs d’un contrat d’assurance automobile* des économies réalisées durant cette période de confinement. Le montant total que nous estimons à date s’élève à environ cent millions d’euros.
    Si vous êtes concerné, vous aurez la possibilité de percevoir la somme vous revenant ou de la reverser :
    au profit des soignants, via la Fondation des Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France,
    au profit de la recherche, via l’Institut Pasteur,
    ou au profit de l’action sociale, via le Secours Populaire.

    1. Idem, la mortalité par accident de la route évitée dans le Hubei faisait, au moins sur quelques jours du début (genre à moins de 10 morts/jour), un solde positif.
      A camarde camarde et demi.

      1. Salut Arkao,

        Ben c’est un peu le pré carré de l’EN quand même, alors pour beaucoup, ça doit en toucher une sans faire bouger l’autre ! En tant que transfuge, j’attends de voir… mais secours populaire en ce qui me concerne : les hôpitaux et la recherche, l’État n’a qu’à faire son boulot, le social peut encore, à la limite, participer de l’initiative individuelle.

      2. En tant qu’entreprise mutualiste, la MAIF repose sur le principe du profit collectif : suppression des profits individuels, redistribution des bénéfices par la ristourne.

        Pas d’actionnaires à rémunérer, l’organisation appartenant à l’ensemble des sociétaires (sur décision de l’assemblée générale, les excédents réalisés sont répartis entre les sociétaires sous la forme d’une ristourne ou affectés au renforcement de l’assise financière de la mutuelle).

        Dans un premier temps, la MAIF était réservée aux seuls instituteurs, puis a ouvert ses portes aux autres membres de l’Education Nationale, puis à ceux de la recherche, de la culture, ainsi qu’aux associations et collectivités. Aujourd’hui, elle est ouverte à tous (ce qui tend à éliminer l’aspect un peu gênant « c’est moins cher parce que les enseignants ont moins d’accidents que les autres. » )

        En plus (mais je sais pas si c’est encore vrai) en cas de problèmes personnels on peut (pouvait) obtenir une aide exceptionnelle.

      3. @Arkao :

        les vraies mutuelles ( il y en a qui à moindre échelle et pour d’autres motifs , ont dans leurs habitudes de faire bénéficier leurs adhérents d’un moindre risque constaté assez vite ) avaient déjà de bonnes raisons d’être louées .
        Mais elles sont d’autant plus susceptibles d’être louées qu’elles ne cèdent pas aux facilités des assurances privées , ce qui leur est beaucoup plus facile quand elles ont des adhérents nombreux , couvrant l’éventail des tranches d’âge et , sinon captifs , formant une population homogène .

        Mais saluons e, pourvu que ça donne des idées « généreuses  » à d’autres .

  4. Le monde tel qu’il est n’est pas amical
    et les biches se font dévorer
    Alors essayons de pas entrer dans la mignonnerie mignonnette
    et mettons des Cerfs ( debouts ) pour surveiller les petits renards.

  5. Je suis plus que sceptique sur la propagande politique appuyée sur ce covid-19.
    Un virus n’est ni de gauche, ni de droite. Nos gouvernants me semblent moins incompétents que proclamé ici.
    En particulier je ne crois pas qu’un état « néo-ultra-libéral » aurait diminué le budget public de la santé – je n’ai pas trouvé d’étude scientifique en la matière et suis tout à fait prêt à changer d’avis, mais pas sur de simplistes slogans.
    Inscrire la sécurité sociale dans la constitution ? OUI ! mais le problème n’ est guère juridique, il réside dans le rapport de force entre les innombrables et insatiables appétits. En témoignent les débuts de grèves chez certains travailleurs qui se sentent en position de réclamer.
    En 2009, de grands personnages promirent monts et merveilles. Après la pandémie, nous nous re-précipiterons dans l’hyper consommation. On peut toutefois craindre un renforcement des chauvinismes.

    1. Les chauvinismes ? Après passage chez le coiffeur en fin du confinement, il ne manipulera que la tondeuse ?

      Pour les études scientifiques, les états les plus libéraux ne diminuent pas vraiment le « budget public de la santé ».
      Il leur suffit de laisser augmenter le « budget privé de la santé », puis de dire « regardez tout ce que le public n’arrive pas à bien faire » (et une fois sorti du studio télévisé : et qui va enrichir les 0,1% si c’est pas nous les big pharma, les constructeurs de cliniques pour stars, etc.).
      Il a fallu du Obama et pas mal de Lula pour contrer (un peu) ces tendances là dans les deux Amériques.

      Certes l’Eurasie ne donne pas d’exemple tout cuit (Portugal contre Hongrié , 1 partout balle au centre ?) , mais je voudrais bien aller voir l’évolution récente (1990-2020) en Suède par exemple.

    2. Coïncidence !
      Je tombe sur ceci valable en Belgique:
      https://plus.lesoir.be/291989/article/2020-04-02/comprendre-les-economies-dans-les-soins-de-sante

      Conclusions:
      1) Pas de DIMINUTION des dépenses publiques;
      2) Insuffisance de l’augmentation.

      Pour le lecteur non-belge:
       » ….trains d’économies qui ont fait très mal : 547 millions sous Demotte en 2005, 425 millions sous Onkelinx en 2012 et, évidemment, 900 millions d’euros sous Maggie De Block sur le budget 2017…. »
      Demotte et Onkelinx sont socialistes ; De Block une libérale.

      Autre article, français:
      https://www.atlantico.fr/decryptage/3588000/le-grand-gachis-a-qui-la-faute–non-la-sante-n-est-pas-geree-en-france-selon-les-lois-du-marche-ni-sous-la-pression-des-ultra-liberaux–eric-verhaege-jacques-bichot

      Dans les deux articles, on met en évidence des problèmes d’organisation, liés à la bureaucratisation et politisation.

      Si intéressés….

      1. Pour rester précis, les économies en question sont des diminutions de l’augmentation !
        Autrement dit, on remplace une augmentation de 100 par une augmentation de 70 (par exemple).

      2. Oui
        La question est équivalente au « GVT » pour les salaires : Glissement Vieillesse Technicité.
        Les employés deviennent plus vieux (du moins tant que les baby boomers ne sont pas encore partis à la retraite, et tant que la démographie du chômage ne donne pas d’embardée pro/anti jeune par-dessus).
        Les jobs qui restent sont des bons jobs (les autres sont uberisés et disparaissent peut-être des écrans de contrôle, à voir).

        Donc la masse salariale augmente , et ce sans toucher « l’indice », la grille de salaire, (ou hors fct publique : combien on paye un OS, un technicien, un technicien sup, un cadre, un employé avec tel BAP, etc.).

        Pour la santé, c’est un peu pareil:
        /// Vieillesse : glissement évident (El Karoui , un temps acolyte de Todd, je crois, avait attiré l’attention sur le +20% que devait se prendre la sécu du fait du passage massif de la génération des baby-boomers à la situation « vieux qui coûte cher » (pour mémoire, ~ 50% des frais de sécu apparent d’un adulte (ou de toute la vie je sais plus ) sont regroupés dans sa dernière année de vie. Il n’y a pas assez de gens qui se décident à mourir soudainement sans impliquer personne, zut quoi).

        /// Technicité : je fais pas de dessin, mais la bio moléculaire, c’est pus d’appareils que les boites de Petri (et pas forcément moins de main d’oeuvre si on le massifie). Plus les scans, les tomo et CT scan, IRM, échographies, tout l’appareillage spécialisé (qui permet aussi bien de laisser des chances pendant de longues périodes aux malades graves ou ceux du type dialysés, que de faire plus d’ambulatoire, ou les appareils anti-apnées du sommeil, les Holder etc.).
        Donc forcément, ça augmente dans la part du PIB.

        Et c’est parce que c’est « public » que les idéologues veulent brider ça. En rendant malheureux les gens les plus dévoués (infirmières/infirmiers bien sûr).

        Groumf.

      3. « …Et c’est parce que c’est « public » que les idéologues veulent brider ça… »
        On peut aussi dire:
        Et c’est parce que c’est « public » que d’autres idéologues veulent favoriser ça.

        Si on veut résoudre un problème, la première condition est de mettre les idéologies de coté.
        Si une firme capitaliste met au point un remède, je ne crois pas que les anti-capitalistes le refuseront.

  6. l’opposition VIe vs accumulation capitaliste me rappelle une joute que j’avais pu avoir avec Jducac à propos de la transmission d’héritage , où j’expliquais comment toute ma vie je me suis appliqué à ne rien transmettre d’autre à mes enfants et petits enfants , que ce que je pouvais les aider à développer eux même .

    Patrimoine , niet . Assurance vie , niet . Dettes , niet ( a contrario). Terre en état d’abriter la vie , da .

    Je n’avais pas réussi à convaincre son spermatozoïde capitaliste , en lequel résidait pour lui toute la vie .

    Jducac , c’était ( ou c’est , je lui souhaite d’avoir le temps de changer de vision ) notre Trump avant l’heure .

  7. @ Hadrien 4 avril 2020 à 8 h 53 min.

    Si tout est autant idéologique d’un coté comme de l’autre… N’y aurait-il rien à redire, si la firme privée, capitaliste, mainte fois sauvée de pertes casinos, dettes privées pourries, jamais inquiétée par des redressements fiscaux, et autres « immorales optimisations »… obscurément protégée de « secrets d’affaires » douteux concernant des résultats fraudés de tests, d’essais opaques et controversés sur des populations pauvres… si cette firme donc finit par réussir à « convaincre » (qui…?) qu’elle a trouvé un remède avant des instituts publiques de recherches médicales, scientifiques, abandonnées par des chercheurs.e.s qui après des années de formations, dispensées et payées par l’État, l’espérance d’un intérêt général et son vivre ensemble, préfèrent la loi du plus fort (l’argent), la recherche motivée par le profit et l’avancement immédiat, des instituts sans dotations publiques pour cause d’austérité, dénigrées en conséquences de scandales internes (misogynie, harcèlement, discriminations, etc) …croyez vous vraiment qu’il n’y aurait que les anticapitalistes pour suspecter, d’une part, de l’efficacité du remède, sans qu’il soit approuvée par la plus grande indépendance et fiabilité qu’il puisse exister, et d’autre, qu’il faudrait peut être réfléchir, au vue des doutes pesant sur celle ci et sa proposition, dans un contexte de telles urgences soucieuses de l’intérêt général, des vies à sauver, pourquoi pas la nationaliser et rendre public le brevet, s’il est confirmé efficace…?

Les commentaires sont fermés.