Intello n°1. Paul Jorion : « Il nous faut une économie dirigée », par François Ruffin

François publiera ça sur son site facebook lundi ou mardi. Il me permet de le mettre ici également. Ce n’est pas un verbatim de notre conversation mardi (24 mars) : il a monté des choses que nous avons dites avec des passages du livre. Ouvert aux commentaires.

Quand l’heure du confinement a sonné, je lisais justement Comment sauver le genre humain, le dernier essai de Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin. Des tas de passages faisaient écho à la crise que nous traversons. Aussi, depuis ma cuisine, ai-je appelé l’anthropologue de la finance.

François Ruffin : Votre livre, c’est un éloge de l’ « économie dirigée »…

Paul Jorion : Oui, c’est un coup d’Etat qui a eu lieu : l’économie dirige, et on ne dirige plus l’économie. D’un moyen, c’est devenu une fin. Du coup, on fait passer la vie des choses bien avant la vie des gens, la vie des rétroviseurs avant celle des gens qui font les rétroviseurs.

C’est la grande bascule, que l’on peut situer au XIXème siècle. Nous sommes passés d’une rationalité des fins : mobilisons nos ressources pour réaliser tel objectif, pour obtenir tel résultat, à une rationalité des moyens : minimisons nos coûts et nous rebaptiserons ensuite ‘objectif’ ce que nous constaterons avoir obtenu.
Les objectifs qu’il aurait fallu atteindre – ‘en y mettant les moyens’ – ont été, sinon entièrement mis entre parenthèses, du moins subordonnés aux seuls coûts. Il n’a plus été question de « ce qu’il faut impérativement faire », mais de comptes d’apothicaires, précisant « ce que cela coûte au centime près » : « Ceci est moins cher que cela, c’est donc ce qu’il nous faut : privatisons ! sous-traitons au privé ! »

Keynes l’avait dénoncé dans un discours sur « L’Auto-suffisance nationale ». Je le cite : « Le XIXe siècle a promu jusqu’à la caricature le critère que l’on appellera pour faire bref, « les résultats financiers », comme test permettant de déterminer si une politique doit être recommandée. Le destin personnel s’est transformé en une parodie du cauchemar d’un comptable. Au lieu d’utiliser leurs ressources techniques et matérielles désormais beaucoup plus vastes pour construire une cité idéale, les hommes du XIXe siècle construisirent des taudis ; et ils pensèrent que bâtir des taudis était la chose juste et recommandable, parce que les taudis, à l’aune de l’entreprise privée, « cela rapporte », alors que la cité idéale aurait été selon eux un acte fou d’extravagance, qui aurait, dans le vocabulaire imbécile du monde financier, « hypothéqué l’avenir ». » Keynes se fait lyrique : « C’est la même règle de calcul financier autodestructeur qui gouverne chaque domaine de notre quotidien. Nous détruisons la beauté des campagnes parce que les splendeurs inappropriées de la nature sont sans valeur économique. Nous serions capables d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne versent pas de dividendes… Ou encore, nous avons jusqu’à récemment considéré qu’il s’agissait d’un devoir moral de ruiner les cultivateurs de la terre et de détruire les traditions millénaires de l’art de l’élevage, si cela nous permettait de payer la miche de pain un dixième de penny meilleur marché. Il n’y avait rien que nous ne jugions notre devoir de sacrifier à ce Moloch et ce Mammon tout en un… » Et Keynes conclut : « Car aussitôt que nous nous octroyons le droit de désobéir au critère du profit comptable, nous entamons de changer notre civilisation. C’est l’État, plutôt que l’individu, qui doit modifier son critère. C’est la conception du ministre des Finances en tant que président-directeur général d’une sorte de société cotée en Bourse qui doit être rejetée… »

Tout part de là.

Nous avons les moyens. Nous avons les moyens plus que jamais. Simplement, l’Etat se les refuse, en ayant capitulé devant les grosses fortunes, devant la concentration de plus en plus grossière de la richesse en quelques rares mains…

F. R. : Dans cette crise du coronavirus, l’Etat montre que quand il veut, il peut.

P.J. : Oui. Les Etats des pays occidentaux sont comme des lions assoupis. Là, ils se réveillent devant les citoyens, sans doute pour notre bien commun. Mais pour les questions économiques, devant les puissances d’argent, ils ont fait le choix de se retirer.

Ces multinationales bénéficient de droits que les individus n’ont même pas ! Aux Etats-Unis, par exemple, les firmes peuvent financer les campagnes électorales sans plafond, sans limite. Alors que pour les personnes, c’est borné à 8 000 $.

Ou encore, l’abusus, c’est-à-dire le droit d’abuser, le droit de détruire. Dans presque tous les pays, ce droit s’est réduit pour les propriétaires, sauf dans un domaine : celui des entreprises. Les actionnaires peuvent démolir les usines, les collectifs de travail, les savoir-faire, presque sans restriction.

Ce sont ces firmes qui décident des normes comptables, qui choisissent les soi-disants « prix Nobel d’économie », qui dessinent les politiques économiques. Et on devrait compter sur leur bienveillance, sur leur bonne volonté, pour financer le grand tournant écologique !

F.R. : Face à ce péril, vous demandez au contraire leur réveil des Etats.

P.J. : L’avantage de la crise du Coronavirus, c’est qu’elle est subite, soudaine, c’est un fléau, comme dans la Bible. Tandis que le réchauffement climatique, lui, il est en cours, mais au ralenti, à feu doux. A cause de ça, aujourd’hui, notre réponse à la menace d’extinction ne colle pas du tout, elle est absolument inadéquate, en taille et en vigueur.

Puisque Macron a parlé de « guerre », il nous faut une économie de guerre. L’économie doit être dirigée, c’est-à-dire pas nationalisée, mais guidée, vers des objectifs : l’impératif social et l’impératif écologique. L’économie ne peut plus être libre, il faut l’orienter vers des fins, vers des buts, vers un plan général. En 1940, les dépenses militaires ne représentaient que 2% du budget américain, contre 42 % en 1944 ! Cette année-là, l’impôt sur le revenu rapportait vingt fois plus qu’avant le conflit, l’impôt sur les sociétés seize fois plus… En Angleterre, grâce au rationnement, la pauvreté, la malnutrition ont diminué. Le gouvernement a interdit la fabrication d’objets : les pianos, les frigidaires, les tondeuses à gazon, la quincaillerie d’aluminium… Et même après la guerre, pour se reconstruire, pour redevenir puissante, la France s’est dotée d’un commissariat au Plan.
C’est le même effort qu’il nous faut mener. Pour que la transition écologique soit opérée, d’urgence, dans l’énergie, dans l’agriculture, dans les logements, dans les transports, pour que la vie sur Terre se poursuive. Et même, pour que la vie soit meilleure, pour tous, pas seulement pour quelques-uns. Quelles sont nos aspirations profondes ? La sécurité, pas seulement l’intégrité physique, mais matérielle, la faim, le froid, l’assurance d’un avenir, pour nous, pour les nôtres. La justice, qui est une valeur universelle, chez les singes même déjà, alors que notre société est minée par ça, par l’injustice, qui engendre du dégoût, du ressentiment, de l’écoeurement. Enfin, la « bonne vie », comme Aristote appelait ça, « tout ce que je veux, c’est labourer mon champ, jouer après le travail avec mes enfants, aller le dimanche danser ou écouter de la musique », résumait Wilhelm Reich, des choses simples mais pleines de sens.

Nous sommes dans une « économie des désirs », fabriqués en série par les industries, par les publicitaires. Nous devons tendre à une « économie des besoins » : l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement, les transports, instaurer des droits à ça, avec de la gratuité. Qu’on distingue le nécessaire du superflu, qu’on les fasse relever de deux régimes économiques distincts.

F.R. : Et la crise d’aujourd’hui peut aider à ce basculement ?

P.J. : Ça peut. Ça peut aussi faire comme en 2008. On se disait : « C’est pas possible, ils ne vont pas avoir le culot de repartir comme avant. » Eh bien si. Ont-ils interdit la spéculation ? Non. Mais ils n’ont même pas séparé les banques d’affaires et les banques de dépôt !

Cette fois-ci, on est prévenus. D’autant que notre priorité, désormais, c’est la survie du genre humain, rien de moins, et l’échéance n’est pas très lointaine, trente ans, cinquante ans. Alors « les amis du plaisir », comme les appelait Aristote, s’ils ne comprennent pas l’intérêt général, il faudra les arrêter avec la police, les faire venir devant le tribunal… La patience des gens a des limites.

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64 réflexions sur « Intello n°1. Paul Jorion : « Il nous faut une économie dirigée », par François Ruffin »

  1. Comme il semble déjà loin le temps où une poignée de politicards imbéciles voulaient imposer par la force leur réforme des retraites au peuple des travailleurs.

    1. Vu d’ici peut-être. Il suffit d’allumer la télé pour se rendre compte que ce temps n’est pas loin, mais alors pas du tout. Hâte de voir les gilets jaunes ressortir, ce sont les seuls qui m’ont donné vraiment un peu d’espoir depuis 20 ans.

    2. Ne vous inquiétez pas, ils vont essayer d’y revenir. On ne change pas de paradigme si rapidement.
      Imaginez que la réforme soit déjà en application avec un salariat beaucoup plys âge en conséquences.
      Hécatombe garantie.

  2. Bonjour,
    Parlons stratégie : une phrase de Lippmann citée par Barbara Stiegler dans son livre « il faut s’adapter » (Gallimard) page 167 m’a fait sursauter.
    Dans The Good Society, Lippmann déclare en 1937: « Nous devons revenir au premier principe de l’économie dans laquelle nous vivons, et fixer clairement dans nos esprits que son caractère déterminant est l’augmentation des richesses par un mode de production qui détruit l’auto-suffisance des nations, des localités et des individus, et crée entre eux une interdépendance profonde et complexe … Aucun Gandhi ne peut résister à cette marée … Rien ne peut empêcher l’humanité toute entière d’être tirée de son isolement ancestral et entraînée vers l’économie mondiale des spécialistes interdépendants. Car le nouveau mode de production est incomparablement plus efficace dans la lutte pour la survie ».
    Avec la phrase « Aucun Gandhi ne peut résister à cette marée » je voudrais poser la question : quelle attitude adopter, pour les leaders comparables à Gandhi, face au mépris, l’indifférence solide professés à leur encontre par les gens qui se croient sérieux ? Vous nous donnez des pistes et je vous en remercie :
    • Beaucoup d’étude pour connaître le sujet et les thèses des parties en présence
    • Pédagogie, endurance à présenter les arguments quand on est caricaturé
    • Collaboration et intelligence collective plutôt que narcissisme et auto-célébration

    1. C’est aussi le vaste sujet « société et technique ».

      Profusion d’objet, allongement des chaines logistiques.

      Une réponse de Bernard Stiegler , Gilbert Simondon :

      les « milieux associés », ceux où des formes de savoir circulent dans les deux sens (haut-bas et bas-haut, tout auditeur peut devenir locuteur et être écouté, même si ce n’est pas du même point),

      comme la sève dans les plantes
      (sap en anglais, faudrait passer à un nouveau what-sap, hein…)

      1. Oui, un: Jean-Marie Tjibaou, à lire: « une parole kanak pour le monde » , biographie d’Eric Waddell, éditions « au vent des îles ». Nouméa, c’est à 19 000 km de Paris, mais les lointains se rapprochent, dirait-on.

      2. Parole vraisemblablement peu « coutumière » dans notre monde mondialisé, je n’en doute pas. Mais je crains que cela soit un peu court. En outre, ce leader n’est plus et c’est un détail capital à prendre en considération.

        Ce que je dirais, c’est qu’il y a beaucoup de bonnes choses dans les sociétés tribales et primitives (il n’y a aucune suffisance de ma part lorsque j’emploie ces qualificatifs), notamment la prise en compte du lien constant entre une société et la Nature. Mais aujourd’hui, il s’agit de réinventer le fonctionnement du Monde, sans pour autant couper les liens entre les sociétés qui le composent.

        En tout cas, grâce à votre commentaire, j’ai pensé à un de mes collègues de promo à la « géole » de Nancy, qui fut le premier géologue kanak diplômé de l’Histoire. Il a tant souffert en métropole, qu’il a coupé tous les ponts. Plus de nouvelles. Jamais.

      3. Souvenons nous de Mandela, de Lumumba, de Ben Bella, de Sankara… Souvenons-nous de Chester Himes, de Ahmadou Kourouma en littérature… Nous avons assassiné ces lanceurs d’alerte, nous avons persécuté ces porteurs d’espoir.

  3. La prise en charge politique (législative) de tout cela démarrerait par une nouvelle constitution, il me semble.
    Avec une partie « constitution pour l’économie » (je sais pas si c’est dans le bouquin, c’était dans la besace du blog PJ de longue date, … le bouqin je l’achète bientôt…).

  4. Eh CloClo, tu l’as senti passer le vent du boulet, là ? Rapport à notre discussion de l’autre jour… Finis les p’tits verres dans les trocsons, finies les vacances au Crotoy, fini l’tiercé du dimanche !

    https://www.youtube.com/watch?v=ruv_RiKYrSM

    Toi au tribunal et moi au chômdu. Petit rentier power forever ! 😉

    Les milliardaires, bienvenue dans ma vie…
    Rapide calcul pour vous filer la migraine – hé, hé – le monde consommerait 3.5 planètes par an si on généralisait le train de vie français à la population mondiale. Le revenu moyen par habitant en France est de 2200 euros à la louche (j’en vois déjà deux-trois qui frémissent). On met tout le monde à ce niveau-là (vous aviez raison de frémir) et on divise par 3.5 = 628 balles. Montant du RSA pour une personne seule : 559 euros. C’est à eux qu’on devrait filer une médaille !

    1. le revenu « moyen »
      ça veut dire la moyenne entre des revenus de qq milliards d’euros à 500 euros : une moyenne ça ne veut rien dire
      imaginons 4 personnes dans 1 bistrot : ils ont un revenu de 1000 euros chacun
      le revenu moyen du groupe est de 4000 euros : 4 = 1000 euros
      Donald Trump rentre dans le bistrot avec 1 million d’euros de revenus
      la moyenne sera 1 million d’euros + 4000 euros divisé ensuite par 5 personnes = 201 000 euros
      la classe moyenne française, 80% de la population française, gagne entre 500 euros et 2000 euros
      eux ne consomment pas 3,5 planètes par an

      1. Salut Blaze, Salut Laurent,

        C’est compliqué l’écrit parfois. On croit être clair et en fait, pas du tout.

        Le but de ce petit calcul, c’est juste de donner un ordre de grandeur de ce que l’on devrait consommer (toutes choses égales par ailleurs, ce qui ne prend pas en compte les consommations collectives p.ex. et rend le calcul franchement hasardeux, on est d’accord) en partant de l’hypothèse Global Footprint.

        Donc, selon Global Footprint, si toute la planète consommait comme les mangeurs de grenouilles, il nous faudrait 3.5 planètes (5 pour les Ricains, 0.5 pour l’Ethiopie ou un truc du genre). Et de là, on étend notre mode de consommation à tous les individus sur Terre.

        Le revenu moyen (tous les revenus divisés par toutes les têtes de pipe et pas le revenu médian, qui sépare le monde en deux groupes, ceux qui ont plus et ceux qui ont moins que ce revenu, winners/losers, tu me suis ?) en France varie selon les CSP, mais le moyen-moyen c’est 2200 boules (1800 pour le médian). Ce qui veut dire que saisis d’une soudaine frénésie égalitariste (chars russes dans Paris et tout et tout) on met tout au pot commun et on divise par le nombre de clampins. Ça nous donne 2200 euros (déjà les milliardaires transpirent un peu, c’est le coût moyen d’une soirée au resto…).

        Ces 2200 euros c’est 3.5 fois ce que l’on devrait consommer par individu si on voulait une empreinte carbone nulle. Donc, rigoureux, tu divises par 3.5 et là, paf, devant vos yeux ébahis on obtient (calculette à l’appui) 628 balles. Ce qu’il faudrait, donc, que chaque Français consomme au maximum (hors conso collective, on est d’accord) pour être neutre selon les critères de Global Footprint.

        Ce qui, rapporté au RSA, nous laisse à penser que ceux qui le touchent sont, pour des Français et hors conso collective (infrastructures, institutions, etc), plutôt neutre en carbone et mériteraient à cet égard qu’on leur décerne une médaille pour service rendu à la planète plutôt que de les stigmatiser.

        Est-ce que c’est plus clair ?

        Réserves maintenant, c’est juste pour se faire un ordre d’idée et remettre les trucs à l’endroit. Ça n’a aucune prétention ni à l’exactitude, ni à la scientificité. C’est juste un repère. En plus d’une boutade…

    2. Même pas une mèche qui a bougé. Pourquoi ?

      Je me mets au vert, je ne commente plus pour l’instant. Pas l’envie. Y a bien trop d’inconnues dans cette histoire actuellement. Et si l’issue du voyage que je souhaite faire me paraît toujours évident et clair, je ne sais pas où va le Train pour tout te dire et je me rends compte que plein de passagers ont une araignée au plafond, et pas marrante du tout pour bon nombre, ou bien qu’ils vivent dans un autre monde quand je regarde leurs yeux ou leurs écrits.

      Porte-toi bien, portez-vous bien.

      A un de ces 4, bises

      1. Hou la ! ça ressemble à un syndrome post traumatique lié au confinement …

        Madame Clo Clo , on vous le confie .

      2. Sur le pourquoi :

        Rapport à notre discussion sur nécessaire et le superflu. Ici dans le texte : « Alors « les amis du plaisir », comme les appelait Aristote, s’ils ne comprennent pas l’intérêt général, il faudra les arrêter avec la police, les faire venir devant le tribunal…  » et là-bas : https://www.pauljorion.com/blog/2020/03/22/coronavirus-casse-economique-vs-casse-sanitaire-par-vincent-burnand-galpin/#comment-778441 , notre échange.

        C’est tout !

    3. Faux calculs ! 

      Par exemple le prix de location d’un appartement pour loger une famille ne correspond pas à une « consommation » (un mot qui ne veut plus rien dire ,  à force d’être mis à toute les sauces.)

      Et de toute façon si on persiste à évaluer chaque chose « en fonction de son prix » on ne pourra que rester englué dans la mélasse actuelle. Ceci dit c’est pas facile de changer: tenir compte du prix des choses comme si c’était une nécessité fondamentale et universelle est une des toutes premières choses que nous nous croyons obligés d’apprendre à nos enfants.

      1. Salut Georges,

        Tout-à-fait d’accord !

        (Tu vois CloClo, quand je te dis que tout le monde s’emballe… 😉 )

        C’est avec « annotations » chez youtube que vous repérez les vidéos ?

        Cordialement

      2. Un truc qui m’agace, mais alors qui m’agace vraiment – Bacri, sort de ce corps ! – c’est les pontifiants qui viennent vous lâcher la Vérité du haut de leur Olympe et qui ensuite, ne vous répondent pas. 🙁 Parfois, la longue suite de monologues à laquelle se réduisent les échanges sur le blog me laissent à penser que le medium n’est pas le bon…

    4. Au bout de la discussion, le calcul a donc du sens. Diviser le « revenu moyen par habitant » par 3,5. = 628 euros.
      Disons tout de suite qu’on ne parle pas ici des patrimoines. On les socialise, on les octroie à l’état. On réduit le « salaire universel » à ce montant de 628 euros, et on se demande quelles gratuités (quels services publics on peut offrir pour tenir dans cette allocation une vie décente ? On peut aussi se demander quelles heures de production utile sont nécessaires pour s’assurer ce revenu-là ? Supprimer toutes les taches de marketting et de publicité.
      Bref réduire drastiquement le temps de travail. Là dessus il faut construire des activités qui remontent le « savoir vivre ensemble. Activités symboliques (fêtes) et activités créatives (culture) et activités de lien humain.

      1. Salut Chabian,

        Ouais tout-à-fait, cela n’irait pas sans une réforme de la propriété et de sa transmission, et on pourrait considérer les 628 euros comme la part de « superflu » dont chacun disposerait une fois les gratuités essentielles assurées (logement, nourriture, habillement, etc). C’est bien sûr une donnée relative…

      2. Georges,

        Revenant sur votre affirmation et réfléchissant au RSA et à mon calcul, je ne doute pas une seconde que la perception des minima sociaux entraîne en général l’attribution d’un logement social ou d’allocations logements, l’accès à des dispositifs sociaux tels que banques alimentaires ou restos du coeur. On peut donc dire que le RSA prend en charge les gratuités non encore assurées et laissées au privé (connectivité, les transports sont partiellement pris en charge, habillement), ce qui, il me semble, rend caduque votre vision des choses.

        Bien cordialement.

      3. @2Casa 3 avril – Ma réaction était tout à fait basique, mais en même temps tout à fait fondée je crois.

        L’idéal pour les vendeurs opérant sur un marché prétendument libre et non faussé est que ce soit le prix qui détermine l’attrait de la chose ou du service vendu. 

        L’exemple parfait c’est les oeuvres d’art pour lesquelles la règle est que plus une oeuvre se vend cher plus elle devient « importante » et plus son acheteur mérite  notre admiration ou le musée qui l’expose d’être visité (pour ce qui est des musées il serait à mon avis tout à fait logique que la valeur en dollar figure sur le cartel même si personne ne semble avoir osé.) Même chose pour ce qui est vendu dans les boutiques situées au centre des grandes villes et dont le prix se justifie pour une large part par les loyers exorbitants exigés pour ce genre d’emplacements.

        Que les oeuvres d’art (ou les godasses portées par les ministres et PDG ou  même celles vendues par Nike au supermarché du coin) soient de plus en plus souvent appréciées en fonction de leur prix n’a en soi pas vraiment d’importance. À l’inverse, quand on réalise que les prix de ce qui nous est indispensable ou réellement utile reflètent de moins en moins cette utilité, le travail et les ressources nécessaires à les produire, on est en droit de se poser des questions.

        Quand les prix ou les loyers sont totalement arbitraires une revendication aussi évidente qu’un salaire minimum se transforme en attrape nigauds.

      4. Georges,

        Je ne peux pas vous suivre sur l’arbitraire des prix, pour deux raisons :

        1/ ils sont l’expression d’un rapport de force (loi générale) ici entre propriétaires et locataires (offre et demande, cas particulier) ;

        2/ ils ont une fonction précise qui est de reconduire les différences de statut entre les individus et participent de la multitude de distinctions (les 30 centimes en plus des tickets resto de la cheffe de l’anpe locale) qui parcourent chacune des relations de nos sociétés.

        Pour l’art contemporain je préfère renvoyer à Lepage et au rêve capitaliste absolu de production de valeur sans travail, au-delà des distinctions encore, où ça claque grave d’immobiliser quelques millions d’euros sur un mur en dehors du bénéfice secondaire de passer pour un esthète et des avantages fiscaux afférents…

        Dans le cas qui nous occupe, RSA + Logement social + aide alimentaire, n’entre-t-on pas de plain pied dans la gratuité telle que prônée par Jorion et ne sort-on pas sauf pour le superflu (628 euros peu ou prou) des règles du marché ?

        Resterait alors à produire des biens « génériques » sous direction étatique pour fournir une alternative de qualité (i.e remplissant sa fonction, votre utilité + toute norme que l’on jugera bon d’y introduire : de bonnes godasses quoi) à la gabegie consumériste.

        Et en matière de gabegie consumériste de godasses, je sais de quoi je parle…

      5. À la relecture, je me rends compte que les deux derniers paragraphes ne sont pas très clairs, du moins chronologiquement. Les 628 ne peuvent ressortir et du superflu et du domaine de la gratuité. L’idée est la suivante : tenter de les réintégrer par le biais d’une concurrence de qualité (normes sociales, écologiques, etc, intégrées) organisée par l’État dans les domaines du « superflu » puisque le marché n’en est pas capable (but premier : le profit, corrélat : l’externalisation des coûts).

      6. @2Casa 4 avril – Je n’arrive pas à retrouver le post qui m’a fait réagir mais je constate quand même que ma réaction s’insérait mal dans la discussion.

        Pour ce qui est du prix des choses, je suis parfaitement d’accord qu’il dépend en définitive du rapport de force vendeur versus acheteur (pas toujours en défaveur de l’acheteur comme dans le cas où mon arrière-grand-père devait vendre sa très très modeste récolte de blé au marchand – c’était avant que l’Office du blé ne s’en mêle.)

        Ça ne m’empêche pas de faire des bonds sur ma chaise à chaque fois que je constate que c’est le prix élevé de beaucoup de choses (en général pas indispensables sinon pour tenir son rang dans la société) qui les rends désirables. Les gammes de prix extrêmement variables de marchandises à peu près équivalentes ont surtout pour effet de permettre aux acheteurs de se situer sur les multiples degrés de l’échelle sociale (cf Macron: « Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler. »)

        En plus quand on s’abstient de contester les prix on se demande bien à quoi ça pourrait servir de contester les salaires.

  5. Le 28 mars 2020,
    Lettre d’un citoyen concerné à un autre citoyen concerné.

    Alors que le débat a largement été phagocyté par un discours scientifique changeant, des actes politiques incohérents et un débat médiatique sans aucune parole contradictoire.

    Passé la peur, ne serait-il pas temps pour nous citoyen de s’immiscer dans cette crise et faire entendre nos doutes face à des décisions discutables qui pourraient conduire notre société dans un territoire inconnu.

    Cet exposé n’ayant pas été relu par un comité de lecture peut potentiellement présenter des erreurs et ne constitue pas des prédictions mais doit seulement nous encourager, nous citoyen, à nous questionner.

    À la recherche du rationnel

    Un virus n’a jamais décimé une société. Ce sont les conséquences de nos actions qui s’en chargeront. Passé la peur, il faudra tôt ou tard agir de façon rationnelle sous peine de voir cette crise sanitaire évoluer en une crise bien plus mortifère.

    Être rationnelle, c’est envisager que seul un vaccin ou l’immunisation naturelle d’une large part de la population soit en mesure de stopper durablement la pénétration du virus.
    Être rationnelle, c’est accepter que malgré toutes les mesures de confinement on ne gagne que des semaines mais en aucun cas on ne fera disparaitre le problème.
    Être rationnelle, c’est d’envisager face à une situation d’ignorance, la prudence plutôt que l’arrogance.

    Pour aborder les conséquences possibles de cette crise il est indispensable de réfléchir à tous les aspects et pas seulement en se basant sur des études épidémiologiques imparfaites et qui ont conduit de nombreuses nations à être placé en confinement. Ces projections mathématiques sont des représentations simplifiées du “monde réel” qui devraient être plus clairement croisées avec des projections économiques, capables à elles seules d’aggraver le problème sanitaire.

    Une épreuve d’endurance.

    L’étude des précédentes pandémies est indispensable afin d’appréhender la suite des événements. Ces phénomènes épidémiques lorsqu’ils atteignent un niveau mondial dit pandémique frappent le plus souvent pendant de très longs mois et par multiples vagues plus ou moins virulentes.

    Comme la grippe espagnole (H1N1) de 1918-1919, aussi contagieuse et qui fit entre 50 et 100 millions de morts et infecta probablement 30% de la population du fait de l’absence d’immunité face à ce nouveau virus.

    La première vague en mars 1918 due à un virus « père » est très contagieuse mais peu virulente. La mortalité estimée à 0,1% affecte principalement les nourrissons et les personnes âgées.
    La seconde vague en septembre 1918 bien plus virulente et mortelle (2 à 3% de mortalité) est due au même virus « père » qui a muté. À noter que les sujets atteints par la première vague ont développé une immunité qui les protège contre la deuxième vague.

    Après deux mois d’accalmie, une dernière recrudescence importante a lieux durant l’année 1919 mais qui sera moins grave étant donné que les individus atteints par les deux premières vagues pressentent désormais une immunité.

    Cet exemple de la grippe espagnole doit nous inviter à réfléchir à l’importance d’une immunisation progressive de la population qui peut se réaliser de deux façons :
    La mise au point d’un vaccin qui est dans la plupart des cas une version atténuée ou inactivée du virus afin de stimuler le développement d’une réponse immunitaire qui restera en mémoire dans notre organisme.
    Ou bien une première infection naturelle qui va développer, après guérison, les mêmes résultats.

    Bien qu’à ce jour aucune preuve ne permet d’étayer qu’une seconde vague de COVID-19 sera plus virulente, la prudence devrait nous inviter :
    À ne pas écarter un tel scénario.
    Et à nous prémunir d’une situation potentiellement plus tendue économiquement et qui entrainerait un blocage mondial.

    Dans un monde idéal

    La meilleure voie pour lutter contre ce type de pandémie est très probablement celle suivie par la Corée du Sud. Ce pays de 50 millions d’habitants a réussi à ralentir drastiquement la pente épidémique c’est-à-dire a diminuer le nombre de nouveaux cas sans pour autant arrêter complètement le phénomène épidémique. Ce qui permet de construire progressivement une immunisation au sein de sa population sans engorger son système de santé.

    Tout cela a été opéré sans recourir une seule fois à la quarantaine généralisée. Mais globalement dans les grandes lignes :
    Au port obligatoire du masque chirurgical par l’ensemble de sa population dans les lieux publics, qui avec les gestes barrières permet de freiner le rythme des infections.
    Au dépistage a large échelle de l’ensemble de la population (plus de 60.000 tests effectués par jour quand la France en pratique 15.000).
    L’isolation ciblée de toutes les personnes positives symptomatiques ou non afin de limiter la propagation.
    Et enfin le maintien d’une économie productive condition sine qua none pour produire tout l’écosystème nécessaire à la mise en place d’une telle politique (production de masques, de tests …).

    Face à cela, la situation de la France

    Globalement nous sommes en pénurie de tout :

    Une réserve en masque insuffisante (87 millions) et 4 producteurs français actuels capables de produire 8 millions hebdomadaires quand seulement le système de santé en aurait besoin de 24 millions hebdomadaires. Dans l’idéal, et afin de répondre aux besoins du système de santé et à l’équipement de la population c’est d’au moins 150 millions de masques hebdomadaires dont nous aurions besoin. Ce n’est pas un hasard si en 2009 Roselyne Bachelot alors ministre de la santé préconisait de conserver ce stock de 1,7 milliard de masques afin de pouvoir répondre rapidement en cas de risques pandémiques.

    Le même problème se pose avec les tests de dépistage, pénurie d’écouvillons permettant le prélèvement, pénurie de réactifs permettant le dépistage. Le seul fabricant français de tests, Biomerieux, étant occupé à concevoir avec le département d’État Américain des tests de dépistage rapide qui seront initialement disponibles uniquement sur le sol américain. Quand notre voisin allemand a par exemple, dès le 23 janvier, lancé sur son sol la production de très nombreux kits de dépistages. L’Allemagne effectue désormais plus de 500.000 tests par semaine (15.000 en France).

    Alors que nous sommes qu’au début de la pandémie le stock des médicaments nécessaires en réanimation devient déjà inquiétant. Curares, hypnotiques, anesthésiants. Médicaments qui pour la plupart nous proviennent d’Inde, désormais en confinement.

    Pour pallier cette pénurie alarmante la France fait appel aux dons des entreprises et compte sur l’importation alors qu’il devient de plus en plus hasardeux de commander à l’étranger. Comme ont pu l’apprendre à leurs dépens l’Italie qui s’est fait détourner par la République Tchèque 680.000 masques en provenance de Chine. Mais aussi l’armée Allemande qui attends toujours une commande de 6 millions de masques volatilisée lors de son escale au Kenya. Ou bien encore la Norvège qui a reçu 600.000 masques FFP2 défectueux d’un fabricant. Ne nous y trompons pas, face à la demande mondiale la fourniture en masque est en train de devenir une denrée rare victime de toutes les spéculations.

    Commander à l’étranger des millions de masques (quand on en aurait besoin de 3 ou 4 milliards) sous réserve que nous les recevions, oui. Mais pas que ça !
    Transformer un maximum de lignes de productions existantes, de façon coordonnée et rapide, en outil de production de masques chirurgicaux est une urgence si l’on ne veut pas remettre entre les mains de facteurs extérieurs le bien indispensable à la résolution de cette crise sanitaire.

    Quelle évolution sanitaire ?

    La stratégie adoptée par la France vise à resserrer l’étau à des périodes multiples afin d’atténuer l’effet de la vague à chaque envolée épidémique. Pour cela le recours a la quarantaine généralisée dès que notre système de santé est débordé (probablement tous les 3/4 mois). Il est donc important de bien étudier plusieurs points.

    Dans sa forme actuelle, le COVID-19 est un virus très contagieux à croissance exponentielle.

    De façon très schématique, un individu infecté ne va déclarer des symptômes qu’au bout de 5 à 10 jours (dans de rares cas jusqu’à 20 jours). L’épidémie se diffuse rapidement du fait que les personnes infectées transportent et propagent déjà le virus durant cette période où ils ne présentent aucun symptôme.

    Passé cette période d’incubation ils présentent classiquement des syndromes grippaux sans gravité qui peuvent les amener à se faire signaler. En France ces personnes la sont invitées à rester chez eux (diffusant par la même occasion le virus à tous les membres du même foyer).

    Au huitième jour de la maladie et donc 13 à 18 jours après l’infection 20% d’entre eux vont développer un syndrome de détresse respiratoire nécessitant une hospitalisation (c’est la forme sévère). Dont 5% qui auront besoin d’être intubé et ventilé artificiellement en réanimation (la forme grave). À l’issue de ce long séjour en réanimation (environ 3 semaines) on observe globalement une guérison chez 60% des formes grave mais aussi et malheureusement la mort d’environ 40% d’entre eux malgré une procédure de réanimation.

    Les déductions que l’on peut émettre de tout cela :

    La plupart des personnes qui décèdent aujourd’hui, ont été infectés il y a plus d’un mois. À une époque où le premier cluster n’était pas mis en confinement ciblé. Une époque où on ergotait encore sur un stade 1 plutôt que prendre les décisions pour limiter sa propagation.

    En l’absence de dépistage et d’isolement des porteurs sains on ne peut que développer les clusters (foyers de propagations) intrafamiliaux. Rendant les effets d’une quarantaine en milieu fermé et confiné encore plus long avant de produire une baisse significative du nombre de nouvelles infections. D’où l’urgence absolue de réquisitionner des structures capables d’accueillir les porteurs sains ou peu symptomatiques ne nécessitant aucun soin (gymnases hôtels…).

    Autre probabilité le taux de mortalité peut en partie être corrélé avec le niveau d’équipement sanitaire que possède un pays. D’où l’écart de mortalité entre un pays comme l’Allemagne (1%) qui dispose de plus de 20.000 respirateurs artificiels et l’Italie (7% à 9%) qui n’en dispose que de 5.000. Ou bien la France (autour de 4%) qui a pour le moment réussi à en mobiliser environ 8.000.

    Les respirateurs l’autre nerf de la guerre ?

    Si on se projette un peu plus loin, sachant qu’environ 5% des patients atteints du COVID-19 auront besoin d’être mis sous respirateur afin d’éviter les pertes de chances (des personnes qui décéderont du fait de l’indisponibilité de respirateur).

    La France possède actuellement 8.000 respirateurs, chacun ayant besoin d’être mobilisé sur un patient COVID-19 sévère pendant 3 semaines. En admettant que tous ces respirateurs soient disponibles uniquement pour les malades de COVID-19 (ce qui n’est pas le cas). La France serait alors en mesure de traiter 140.000 patients par an victime d’une forme grave. ( 52/3 x 8.000 )

    De façon simplifiée si la maladie se diffusait à seulement 30% de la population française (hypothèse basse) de plus de 30 ans, environ 37 millions d’habitants. Il faudrait pouvoir traiter 550.000 potentielles formes graves (37 x 0,3 x0,05). Autrement dit même en comptant sur un accroissement progressif du nombre de respirateurs il faudrait arriver à étaler la période pandémique sur une période minimale de 3 à 4 ans pour pouvoir traiter toutes les formes graves.

    Tous ces chiffres non pas pour but d’alarmé mais de prendre conscience que sans une mobilisation générale, immédiate et bien plus pertinente, afin de pouvoir produire en quantité suffisante tout ce dont nous avons besoin et de façon urgente, le combat sera compliqué.

    On ne pourra plus longtemps se permettre d’agir avec 3 semaines de retard sur tout. Il suffit de regarder notre journal télévisé d’il y a 3 semaines pour constater que face à une telle crise, 3 semaines c’est une éternité.

    Les risques d’une quarantaine prolongée.

    On ne peut pas se résoudre à combattre au 21e siècle une pandémie avec les moyens du 19e siècle. La quarantaine généralisée n’est bénéfique que si momentanée. Afin de ralentir provisoirement la propagation mais surtout à mobiliser de façon coordonné notre appareil productif.

    À long terme une quarantaine généralisée risque même d’avoir un effet bien plus pernicieux nous amputant drastiquement d’une force productive indispensable à la résolution de cette crise. À savoir la production massive de masques, tests de dépistage, appareils respiratoires, hôpitaux mobiles et aménagements de structures de confinement. Mais aussi tout l’écosystème nécessaire de la chaine logistique aux matières premières.

    La Chine a mis c’est vrai la région du Hubei en quarantaine stricte afin de limiter sa propagation aux autres régions. Mais cela représente 50 millions de personnes sur le 1,3 milliard de personnes que compte la Chine. Tout en élargissant progressivement la quarantaine à d’autres provinces elle a réussi à conserver à plus de 70% son niveau de production nationale. Comprenant que la mise à l’arrêt quasi complet de son économie serait en définitive un frein à la production des outils indispensables à sa survie.

    Pouvons-nous réellement nous permettre de mener une guerre sans mobiliser au plus vite son pendant, à savoir une économie de guerre ?

    Mais la Chine viendra à notre secours

    Subjuguez devant les résultats officiellement spectaculaires de ce régime autoritaire, la plupart des gouvernements se sont précipités vers la voie du confinement global qui pourrait être létal.

    En oubliant bien vite que la Chine à appliquer le confinement mais pas que le confinement. Mais c’est surtout mépriser que d’autres démocraties avaient obtenu des résultats aussi encourageants tout en restant des démocraties et productives (Corée du Sud, Taïwan, Singapour et l’Allemagne).

    Alors oui on pourra toujours argumenter sur le fait que ces pays ont réagi plus vite, mais ils se sont surtout adaptés. Quand d’autres ont préféré sombrer dans une voie autoritaire plutôt que visionnaire.
    Par ailleurs beaucoup de signaux donnent l’alerte sur une soie disante guérison qui pourrait être bien plus politique que clinique. Laissant redouter une situation qui pourrait à nouveau se tendre en Chine dans les prochains mois. Malgré tous les moyens déployez le système n’est pas étanche. Le seuil d’immunisation acquit au sein la population étant encore bien trop faible pour les protéger durablement.

    Mais qu’importe entre temps l’ours d’argent aura eu le temps d’exporter son modèle de confinement sur tout les continents.

    Les incertitudes concernant l’approvisionnement mondial

    Les frontières se ferment inexorablement dans un monde où tous les pays fonctionnent à flux tendu avec un stock limité sur beaucoup de produits et matières premières. Que ce soit pour les produits sanitaires comme les matières premières les voies d’acheminements sont de plus en plus perturbées par des obstacles douaniers ou bien des mesures protectionnistes déstabilisantes.

    Le Kazakhstan un des premiers exportateurs mondial de blé a mis fin à ces exportations tout comme la Russie ou encore le Vietnam qui n’exporte plus de riz. La course des états vers un approvisionnement effréné est lancée et va créer rapidement les futures pénuries. La Chine qui a déjà des réserves de farine pour plus d’un an achète de façon frénétique sur les marchés aggravant encore plus la hausse des produits agricoles.

    Alors que tous les facteurs d’alarmes nous appellent à une plus grande coopération entre les pays, à une fluidité des échanges et au maintien d’une production mondiale pour appréhender le problème sanitaire, le monde se lance progressivement dans une course isolationniste folle, capable à elle seule d’entrainer encore plus de victimes que le problème d’origine.

    Un tiers de la population mondiale (et le plus productif) est en confinement entrainant un manque de main-d’œuvre considérable à tous les niveaux. Dans toute l’Europe les fraises et les asperges qui lancent le début des récoltes sont en train de pourrir. Au Portugal le prix de la viande a déjà augmenté de plus de 30 % conséquences de la diminution drastique de l’approvisionnement via l’Espagne.

    Les risques d’une pénurie alimentaire (mais pas seulement) sont bien réels tant que les gouvernements mondiaux n’appréhenderont pas la crise avec plus de rationalité. Pour s’en prémunir, sur le plan alimentaire, l’heure devrait être à la mobilisation générale afin de produire le plus rapidement au niveau local.

    Configurer nos lignes de productions de manière organisée et coordonnée ne devrait-il pas être une priorité ? Avant que ce ne soit plus une option mais une obligation du fait de l’arrêt brutal de toutes les importations.

    Face à la peur le pragmatisme

    Et si pour sauver nos personnes les plus fragiles l’important n’était pas de rien faire mais de vite faire.

    Dans sa forme actuelle le COVID-19 est bien plus mortel avec l’âge. Quand en dessous de 44 ans la mortalité est de moins de 1%, elle augmente graduellement à 7% chez les 45/64 ans et 15% chez les 65-74 ans. Les formes graves sont également plus fréquentes chez les personnes fragilisées par une immunodéficience, obésité, diabète, insuffisances cardiaques ou pulmonaires.

    Être pragmatique c’est accepter que le taux de mortalité des moins de 25 ans est très faible (moins de 0,5%) et chez les moins de 40 ans le risque est toujours faible (moins de 1%). En prenant en compte notre besoin urgent de maintenir un appareil productif capable de fournir les éléments indispensables à la résolution de cette crise ne serait-il pas rationnel de tirer profit de cette très faible mortalité du COVID-19 sur des individus plus jeunes et en bonne santé.

    Un service civique de plusieurs millions de jeunes entre 18 et 25 ans (hors facteurs de risque) qui pourrait participer à créer cette économie de guerre qui nous sera précieuse pour lutter contre ce virus (production massive de masques, de kits de dépistages, solutions hydro-alcooliques, respirateurs artificiels). Mais également indispensable pour nourrir 67 millions de Français.

    Effectivement cela représente forcément un risque, bien que très faible, mais également une possibilité de développer progressivement une immunité naturelle face au virus chez 10% de la population. La seule solution en l’absence de vaccin qui sera capable de bloquer durablement la pénétration du virus au sein de la population. Il ne faut pas négliger que les personnes immunisées d’aujourd’hui seront notre seul rempart demain si la deuxième vague devait être plus virulente.

    Il est illusoire de croire que nous puissions mener une guerre contre ce virus sans faire aucun sacrifice. Une guerre dont on a désigné bien rapidement uniquement les soignants et les caissières comme étant le seul soldat oubliant entre-temps que toute guerre nécessite évidemment un effort de guerre.

    N’y aurait-il pas un sens à amener des jeunes gens qui évoluaient déjà dans un avenir anxiogène à s’engager dans un service civique. Une génération qui va au front pour préserver 3 autres générations dont une qui s’est battue pour notre liberté. Une chance unique de mélanger les jeunes de toutes les couches sociales de notre nation dans un objectif commun.

    Les bienfaits du bien chez soi ?

    Face à cette crise on peut bien entendu choisir la voie de l’isolement, l’entre soi. Tous se claquemurer derrière d’épaisses façades, que l’on soit une personne fragile ou non et attendre que la science trouve enfin le vaccin qui nous libérera tous. Un vaccin il faut le rappeler qui s’il devait être trouvé ne serait pas accessible avant 12 à 18 mois donc probablement trop tard.

    On peut également suivre la voie de l’indifférence, assister derrière le confort de notre télé à l’effondrement de notre système de santé. Regarder méduser de notre canapé la mort par milliers de personnes isolées dans des Ehpad (dont les équipes sont surmenées).

    N’est-ce pas étrange qu’au moment où l’on a le plus besoin de bras dans nos hôpitaux, nos maisons de retraites, dans nos champs et nos usines, 80% de la population soit invitée à patienter chez soi.

    Les mêmes qui ont fait les guerres du passé, qui ont connu mobilisation générale, effort de la nation, nous voit mener dans un isolement le plus complet une toute nouvelle forme de guerre pour les protéger qui consiste à ne rien faire. Ne rien faire et espérer que les jours prochains seront meilleurs, ne rien faire et espérer que dans l’inaction la plus complète nos frigos seront toujours remplis. Beaucoup de ces mêmes personnes fragiles nous diraient probablement que mourir est une chose, mourir seul dans la solitude et l’isolement en est une autre.

    Dans une période de crise grave ou la nation devrait pouvoir se retrouver vers des valeurs d’entraide, on ne peut se permettre d’exacerber encore plus cet intérêt individuel déjà trop fort au détriment du collectif.

    Il n’y a aucune gloire à rester confiner chez soi en temps de guerre. Aucune gloire à regarder de manière interposé la bataille se jouer. Aucune gloire à mettre à l’arrêt un appareil productif quand notre pays est en pénurie de tout ce qui lui permettrait de gagner cette guerre.

    Grâce au service civique, tous ces jeunes d’une même nation quelque soit leurs origines sociales qui se battent unis, dans les champs, les usines, les maisons de retraite, les hôpitaux, afin de sauver notre nation ne serait-ce pas la plus belle des résiliences ?

    Face à un risque d’explosion sociale.

    Cette crise survient dans un contexte déjà très épineux. Dans une France toujours marquée à vif par le mouvement social des gilets jaunes, la réforme des retraites ou bien la crise des hôpitaux.

    Un moment de doute aux niveaux national et mondial où les questions de l’accroissement des inégalités, la répartition des richesses et de l’équité devant l’impôt sont régulièrement mises en avant.

    Dans cette France au bord de l’ébullition, combien de temps encore pourrons-nous expliquer à une partie seulement de la population (et bien souvent les emplois les moins valorisés) de continuer à travailler pour l’effort de la nation. Quand les plus privilégiés peuvent se contenter d’un confinement rémunéré.

    Non nous ne sommes pas tous égaux face au confinement. Devrions-nous plus blâmer ses plus riches franciliens qui dans leurs exodes ont permis au virus de se répandre équitablement dans toute la France ? Ou les moins chanceux qui confinés à 4 dans des appartements minuscules sont stigmatisés à la moindre incartade.

    Ne devrions-nous pas plutôt mobilisé au sein d’un service civique, les plus téméraires qui ne supportent pas ce confinement ? Afin de renforcer l’appareil productif qui nous sera bientôt indispensable.

    Dans un contexte ou de nombreuses familles se trouvent avec moins de revenus, où leur situation précaire va rapidement se retrouver fragilisée par la pénurie et l’inflation du prix des denrées alimentaires, la bombe sociale ne pourra qu’exploser.

    Comment une société élevée dans l’abondance et la croyance d’un état-providence, résistera face à la carence ?

    Les risques de rébellion et de révoltes seront d’autant plus facilités par un état en déperdition qui face à la crise n’aura su mobiliser que son appareil répressif au lieu de mobiliser l’appareil productif.

    Non pas une récession mais une dépression

    On peut aujourd’hui redouter que cet arrêt complet de la production au niveau mondial va très rapidement nous amener vers une dépression mondiale qui en comparaison reléguera la grande dépression de 1929 au rang des petites crises.

    Pour le commun des mortels c’est un chômage de masse, des faillites en cascades, des états endettés, des pensions sociales qui chutent, une inflation et une exacerbation encore plus brutale des inégalités économiques et sociales. Car comme dans toute crise c’est irrémédiablement et inlassablement toujours les plus pauvres et les derniers de la chaîne qui paient le plus lourd tribut.

    Depuis la grippe espagnole de 1918 le lien important entre la mortalité due à une épidémie et la pauvreté fut établi. Une fragilisation de la réponse immunitaire, en cas d’affaiblissement par sous nutrition, tout comme un effondrement du système de santé entraine immanquablement une augmentation de la mortalité.

    Alors que certains modèles essayent de prédire la létalité de cette pandémie, aucun scénario de calcul ne nous permet encore de chiffrer le nombre de victimes collatérales que les conséquences de cette crise économique mondiale ne manqueront pas de laisser dans son sillage.

    Avant que la peur ne paralyse encore plus notre société, il est urgent de reconsidérer l’impact potentiellement contre-productif d’une mise à l’arrêt total, quasiment mondiale, pour l’avenir de notre nation et la résolution de cette crise.

    Et dans tout cela l’Europe ?

    Dans ce contexte géopolitique incertain, marqué par une tension internationale, incarnée a elle seule par la course à la première place entre la Chine (en passe de gagner son pari bien que toujours pas tirée d’affaire) et les États-Unis. Mais également par une tentation grandissante de plusieurs États d’aller vers un plus large protectionnisme et un repli sur soi.

    L’absence de coordination sanitaire entre les différents pays de l’UE durant cette crise ne manquera pas de mettre à mal la cohésion d’une union déjà effritée.

    Au sortir de cette crise pouvons-nous imaginer une seule seconde que des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas qui ont refusé de mettre a l’arrêt leurs économies, fait appel au civisme et au confinement volontaire de leurs populations, acceptent de se tenir solidaire des dettes abyssales contractées par la France et les états du sud.

    Que les pays du nord acceptent sans rechigner une dévaluation de notre monnaie commune plutôt que la mise en place individuelle de politiques d’austérité pour revenir à un niveau plus acceptable d’endettement.

    Cette même austérité qui nous a menés vers l’état actuel d’effondrement de notre état providence, d’un sous-investissement dans notre santé, d’une faillite de notre armée incapable de nous épauler par manque de moyens.

    Malheureusement plus la crise dure et plus cet éclatement de l’union européenne paraît inévitable. Cette même union européenne qui avait au moins réussi le pari surprenant de taire la plupart des conflits sur une partie de ce vieux continent habitué depuis des siècles à ne connaitre que la guerre.

    Vers un monde nouveau ?

    Il ne fait plus aucun doute que cette belle musique, du capitalisme débridé n’a pas seulement ralenti, elle va brutalement s’arrêter. Continuer de regarder cette crise à travers le spectre de notre ancien paradigme ne fera qu’accélérer la rupture brutale et chaotique de la symphonie.

    À nous tous désormais, de composer au plus vite, une nouvelle partition, en tirant le meilleur des bonnes notes. Mais surtout en épurant toutes ces fausses notes qui ont jalonné cette brutale symphonie des 60 dernières années.

    Et nous devons le faire vite car quand les partis extrémistes (galvanisés par l’échec cuisant de ce système qu’ils méprisaient tant) sont partout au pouvoir, il est déjà trop tard.

    Eric Sposito

    1. 1/ L’Allemagne n’a un taux de mortalité en apparence inférieur que pour la bonne et simple raison qu’ils testent massivement (500.000 par semaine). Rien de plus, rien de moins.

      2/ Le service civique pour les plus « téméraires », très bien en apparence, mais cela veut dire autant d’agents contaminants potentiels en liberté pour continuer à répandre l’infection, à commencer par leurs proches.

  6. @Paul Jorion :

    Parler d’économie dirigée sans se montrer plus précis sur le détail des domaines du « nécessaire » ( associé à l’idée de gratuité structurelle et d’intervention de l’Etat), sur les sommes en jeu ,et surtout sur le type de gestion marchande par l’Etat de ces activités , peut rapidement être étouffé par les petits malins bien intentionnés qui se gausseront des modes d’agir déjà historiquement tentés par les Etats ( ou les collectivités )

    Où l’on reparlera de Société d’économie mixte ( coucou Mitterrand et l’Alsace ), de PPP , de gestion en régie directe…

    Si vous avez dans vos relations un bon universitaire capable de faire un billet sur cette histoire et les avatars de l’économie plus ou moins dirigée , c’est le moment !

    Second point : pour avoir pendant un temps , dès le milieu des années cinquante , été à la manœuvre en France pour « gérer » de l’action et des budgets consacré à la chose publique par l’Etat , au titre des plans quinquennaux , j’ai ressenti que les grands coups portés à notre capacité d’action sont venus :

    – de l’assèchement des ressources de l’Etat pour investir ( causes multiples : fiscalité insuffisante , réorientation des priorités de besoins des français vers des choses plus futiles et moins durables , poids croissants des intérêts de la dette utilisée mondialement comme une mise à genou des états …)

    – de l’assaut idéologique du libéralisme des années Thatcher -Reagan : l’Etat ne doit se soucier que de ses dépenses de fonctionnements dont régaliennes et surtout pas d’investissements qu’il ne sait pas faire ( tu parles !)/ la sacro sainte « règle » de concurrence libre et non faussée ( alors que la contrainte publique et l’obligation de continuité de service public et le calibrage nécessaire par le haut ( et non pas en flux tendu ) s’impose..

    – du désintérêt pratique des français pour la chose publique en dépit des alertes syndicales ou de quelques politiques plus altruistes que les autres . Ha , saint pouvoir d’achat surtout au prix facile de l’endettement personnel ou national !

    Ces trois chausse -rappes me semblent potentiellement toujours à redouter indépendamment de ceux que vous révéler depuis 12 ans .

    PS : je me demande ce qu’on va faire dire ( en termes d’économie ) , à la sortie du tunnel s’il y en a une , au constat de la bonne association de fait qui s’opère entre hôpital public et clinique privée aujourd’hui face à la cata , au moins jusqu’à maintenant .

    1. Salut juannessy

      Il est bien rudement bon, votre commentaire.
      Je dirais que les haut-fonctionnaires d’aujourd’hui ne sont plus des fonctionnaires tant ils pantouflent. Il serait donc bien de faire rajouter dans la loi, avec effet rétroactif, le crime de pantouflage, très facile à prouver, avec des punitions équivalentes à celles encourues pour haute trahison. Et ne pas dire que ce n’est pas possible ! Macron nous a déjà fait passer une loi avec effet rétroactif, par 49.3, à la mi-juillet d’une année durant laquelle il était ministre, concernant la prolongation des permis de construire contestés par des ZADs (pour le Center Park de Boiron en l’occurrence).
      Il y aurait là le moyen de faire un gros ménage, favorisant les conditions pour la renaissance de l’Etats – et des Etats en général.

      1. Y a pas besoin de criminaliser quoi que ce soit , il suffit de l’interdire dans le statut de la fonction publique ( en fait , l’expurger de ce qui s’y est glissé petit à petit depuis 50 ans ) .

        Mais le principal , nécessaire et plus opérationnel , , c’est le grain à moudre .

      2. Juannessy,
        En 2008-2009, on a pas criminalisé les banquiers… et on voit le résultat.
        Il faut des sanctions, sinon tout continuera. C’est la dernière chance que nous avons de sauver la Planète – avec sa biodiversité actuelle – et l’Humanité.

      3. Criminalisez qui vous voudrez , si vous ne purgez pas le statut de la FP vous n’aurez rien fait .

      4. Cher juannessy,
        Bien sur qu’il faut purger le statut ! Mais il ne faut pas oublier de criminaliser les pantoufleurs.
        En fait, il faut juste faire du « en même temps » ! Ouais ! Nne surtout pas oublier de faire du « en même temps » sur ce sujet.

      5. Je me méfie des coupeurs de têtes qui ne connaissent pas leurs dossiers , car c’est toujours leur seul talent .

      6. Vous avez raison juannessy : Il ne faut surtout pas risquer de voir exposée la réalité sur la place publique. Souffrons seulement d’y voir la vérité qui vient d’en haut, celle rédigée en « novlangue qui dédouane », écrite par ceux-là même qui ont pantouflé.
        D’ailleurs, n’hésitons pas : Que soit créée une nouvelle cellule type « demeter » pour protéger les énarques de la critique, tout comme on protège avec « demeter 1 » ceux qui nous gazent, chaque nuit en ce moment, en toute légalité « lobbiiste », avec des quantités croissantes de produits de plus en plus toxiques , tels les SDHI. C’est vrai ça ! Pourquoi faudrait-il qu’il y est une justice qui soit juste ?

    2. Si vous avez dans vos relations un bon universitaire capable de faire un billet sur cette histoire et les avatars de l’économie plus ou moins dirigée , c’est le moment !

      Oui, il s’appelle Vincent Burnand-Galpin, et c’est pour cela que cela se trouve déjà dans Comment sauver le genre humain aux pages 183 à 200 😀

      1. S’il a fait ça en 17 pages , il mérite le respect . J’espère que ses profs étaient bons ainsi que ses lectures .

      2. Il y a plus que ses profs à l’ENSAE et à Sciences Po, il y a les citations de quelques dizaines de personnes ayant écrit des livres, des rapports, et des articles sur les questions soulevées. (Il y a même quelques petites choses que je sais personnellement 😉 ).

    3. Vous avez raison juannessy : Il ne faut surtout pas risquer de voir exposée la réalité sur la place publique. Souffrons seulement d’y voir la vérité qui vient d’en haut, celle rédigée en « novlangue qui dédouane », écrite par ceux-là même qui ont pantouflé.
      D’ailleurs, n’hésitons pas : Que soit créée une nouvelle cellule type « demeter » pour protéger les énarques de la critique, tout comme on protège avec « demeter 1 » ceux qui nous gazent, chaque nuit en ce moment, en toute légalité « lobbiiste », avec des quantités croissantes de produits de plus en plus toxiques , tels les SDHI. C’est vrai ça ! Pourquoi faudrait-il qu’il y est une justice qui soit juste ?

      1. Justice , Juge , Justicier , droit romain , Common Law , juge qui fait le droit ou juge qui applique la loi sociale ( les grecs eux mêmes avaient deux écoles sur le thème ) ….

        La justice internationale se cherche . Là aussi , il faut qu’oncle Sam descende de son piédestal .

        J’aime la Justice quand elle se réfère à la Loi sociale , objective les faits , définit les coupables , le s sanctionne , donne surtout des amorces de solutions pour un monde social plus juste de fins et de moyens .

        Je n’aime pas trop la justice spectacle , même si l’anthropologue Paul Jorion peut me rappeler que beaucoup de sociétés dites primitives ont associé et associent encore le « procès » et le spectacle .

        Même si je ne réfute pas la valeur éducative et pédagogique de la justice spectacle , j’attends en fait de préférence se « servie » de la pratique démocratique dans tous ses états .Car on ne peut pas rendre justice sereine et progressiste , si un projet positif et neuf ,en germe consensuel de sous tend pas la décision.

        Je réfute la justice spectacle quand la société demande vengeance plus que justice et progrès , car c’est la meilleure façon de tuer la justice .. au moins pour un temps , et après quelques morts justes et beaucoup d’injustes .

        Et que renaissent des justices parallèles ou de l’ombre ( OMC par exemple …)

  7. Sinon, il y a l’option Comité invisible…

    Tendance anarcho-aristotélisme (amitié, dissolution de l’état, agrégation des solidarités, toussa…)

  8. Je soupçonne que le plan des maîtres du monde, au sortir de cette économie de guère (bien plus que de guerre), doit ressembler à : « les banques centrales fabriquent pour les institutions financières tout le fric qu’il faut pour que ça reparte comme avant, et l’inflation s’occupera des dettes ».

    Qui ou qu’est-ce qui, et comment, va pouvoir empêcher ça ?

    À mon avis, rien ni personne dans l’immédiat. Et en voiture Simone, jusqu’à la crise suivante ! Mais la crise climatique, elle, ne fera pas de pause, elle s’aggravera inexorablement (sauf miracle) jusqu’à l’effondrement du système.

    La malédiction de Cassandre est implacable, les avertissements n’intéresseront que les historiens. Même quand les armes des guerriers d’Ulysse s’entrechoquent dans le cheval de bois, les Troyens persistent à le faire entrer dans leur ville.

    Après, cap au nord-est pour les survivants : si vous êtes un peu jeunes, apprenez le russe !

    1. Il n’y aura pas de crise suivante : Celle du réchauffement climatique a commencé et ce sera la dernière. Les crises économique à venir ne seront que des péripéties dans la tera-crise climatique.
      Au revoir les Humains.
      Les Cassandres sont surtout fatiguées d’être déçues de n’avoir jamais été entendues.
      Je me demande d’ailleurs ce que devient Peack Oil 2008 ? J’aimais bien Peak Oil 2008 ! Qu’est qu’il (ou elle) doit être fatigué(e) !

      1. temporairement stabilisé par le fracking. C’est un cas où les réserves augmentent quand le prix est > 60 $ ; puis diminuent quand il est plus bas car le fracking se fait petit à petit à l’échelle locale tout en permettant aux USA d’être devenu autosuffisant et même plus. On n’avait pas prévu qu’une logique de fracking effacerait le peak oil.

        À Gaia, Gaia et demi (proverbe en langue… d’oïl).

        Au fond l’homme considère la croûte terrestre comme son « biofilm ». Il n’est pas inenvisageable que, du fait que le plus gros réservoir de carbone de très loin c’est les carbonates dissous dans les océans, on ait l’idée de gaver une ou deux mers fermées de CO2 (la mer noire p ex), avec un poil de potasse pour que ça ne fasse pas pschitt (équilibre acide base).
        C’est pas très loin des scénarios uto-dystopiques écrit à 2 mains par le pan-globin Servigne dans une version avec algues si j’ai bonne mémoire.

  9. L’urgence est telle, par rapport aux problème que posent le « dirigisme », et « l’économie », tellement virale même pourrait-être résumée de façon simpliste, la situation vue de deux cotés d’un prisme, voire de plusieurs dimensions – « économie » et sociale, environnement, d’une part, et crise sanitaires et bénéfices/risques par rapport à la « compétitivité de croissances démographiques, des faiblesses des Etats… – qu’il ne faudrait que sa tendance naturelle à choquer, à tétaniser, à paralyser, à confiner au moins disant moral… la perceptive de trouver une solution seulement court-termiste, et fasse croire aux morts… qu’ils sont décédés guéris… Dans cette perspective j’ai écrit cela aujourd’hui en revoyant le documentaire de « La stratégie du choc ».

    « Pourquoi il serait suspect, dangereux même, de douter que la pandémie du Covid-19 ne soit pas une énième « aubaine » pour l’ultralibéralisme, de contraindre un besoin de refaire de l’avenir, une communauté de destins de l’espèce humaine (par rapport aux risques de dérèglement climatique, perte de biodiversité, « crises des réfugié.e.s », tensions géopolitiques, « sociétales »…) de restreindre l’essentiel voir l’existence des exigences démocratiques, écologiques, environnementales, sociales, « sociétales »(austérité « réformes structurelles » du modèle social…), au plus petit dénominateur aussi amoral et immoral soit-il optimisé… ? Cela dit ne suspecte pas non plus derrière la pandémie que provoque ce coronavirus, une conspiration ou un complot fomenté par l’ultralibéralisme, pour infecter les populations, etc… puisqu’il peut être suffisant pour lui d’influer par tous ses moyens, sur la gestion des crises sanitaires, financières économiques, politiques, et qui sait après ce ne sera pas, comme avant, la crise des dettes publiques…? pour arriver à ses fins…

    Jamais l’assistanat sans contrepartie des propriétaires privés des rênes du capitalisme ultralibéral, et son non consentement croissant (Les 8 plus grosses fortunes mondiales possèdent plus que ce que la moitié de l’espèce humaine, peine à mettre de coté, pas de la rue, mais hypothéquer l’avenir des futures générations, pour consumer – ou survivre – plus d’1,7 planètes par an) à contribuer au financement (Avant la crise sanitaire : immorale optimisation flat tax, baisses des impôts sur société, suppression des cotisations sociales patronales sur la bas salaires, suppression partielle de l’ISF, etc. Après le début de l’épidémie : suspensions, exonérations de tout impôts, « charges » sur « l’économie », voir paiements des loyers, factures… des propriétaires privés d’entreprises… mais pas des pauvres, vivant dans l’insalubrité et insécurité sanitaire, qui pourraient devenir SDF – amendes leurs étant infligées pour non respect du confinement) des services publics (dérégulés, libéralisés, en partie privatisés, digitalisés « ubérisés »), des dépenses sociales (croissance des inégalités, de la précarité et des disparités « sociétales » – brutalités policières commises lors des contrôles aux faciès, « manifestations interdites » et maintenant « des sortis de confinement », discriminations impunies à l’embauche dans l’accès aux logement, dans l’accès aux protections sociales, pour 30% des bénéficiaires » du RSA qui ne touchant aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent » NON RECOURS quoi, u dit aussi « inégalités de destin ») à l’intérêt général et ses biens communs quoi, assistanat avec un endettement public dépassant le montant du pib annuel, jamais cet assistanat et le sécessionnisme n’ont été aussi conséquents, que présentés comme « prioritaires » pour mener la « guerre » contre cet ennemi viral, invisible aux JT à « sensations fortes », des chaînes d’info en continue…

    Le choc, « économique », est même poussé jusqu’à casser encore plus le code du travail (la suspension des « réformes structurelles » n’étant qu’exception, une fois n’est pas coutume) à faire travailler 60 heures par semaines, le dimanche, accroitre le pouvoir de subordination (déjà conséquent avec des 49.3, ordonnances scélérates) du patronat en lui donnant le droit de décaler des RTT, congés payés… Ce choc de plus de flexibilité pour une sécurité ridicule (« prime de risque » alors que le manque de masque, et autres protections sanitaires ne touche pas que le personnel médical, hospitalier pourtant prioritaire) que la pénurie d’inspecteur du travail, dans la médecine du travail et pour « après » dans le Conseil prud’homal, promet au « rebond de la croissance », à la « reprise », est l’insécurité sanitaire, « sociétale », que le corps et dialogue social, supporte, confiné au silence, ou à l’oublie… Et rien ne semblant plus choquant, que les « marchés » profitent de privatiser les profits et bénéfices faits (entre autres « paris à découvert » faits à la hausse ou à la baisse des stocks et prix, pile les spéculateurs gagnent face les consommateurs à bas salaires perdent ) sur la hausse des ventes de denrées alimentaires, le risque de pénurie et hausse des prix, denrées alimentaires qu’ingurgitent les enfants confinés… qui avant étaient distribuées gratuitement pour ceux de familles pauvres, dans les cantines scolaires… lorsqu’il est essayer de faire socialiser des pertes casinos, dettes privées pourries, de grandes enseignes, etc…

    Et comme le souligne le raisonnement de Naomi Klein dans ses conclusions dictées à la fin de « La stratégie du choc » (Franklin Delano Roosevelt à dit en substance, aux forces syndicales, sociales… qu’il recevait afin qu’elles lui exposent leurs revendications à inscrire dans le New-deal qu’elles le convainquent, et au delà de lui… en mobilisant dans les rues le plus grand nombre) si comme en 2008/9/10, etc après les subprimes et la crise financière, économiques, politiques, qui s’en suivirent, il y eu aux USA, mais pas que… un pourcentage de mobilisation, dans les rues, pour s’opposer aux sauvetages des banques, actionnaires, etc, aux décisions politiques néolibérales, austéritaires… mais surtout aux sauvetages de celles et ceux ayant provoqué directement ou indirectement ces crises, en tout impunité… une proportion presque 200 fois moindre que lors du New-deal… aujourd’hui, il est a craindre qu’il soit profité de l’occasion de confiner… d’isoler… « d’éparpiller façon puzzle »… les citoyen.e.s (syndicalisé.e.s, gilets jaunes…)… les résistances (politiques de gauche…)… les rebellions (eXtinction Rébellion, Zadistes)… au silence… à l’inaction… à la paralysie par invisibilité… à l’asphyxie par état de choc… voir à l’oublie… à un terme encore inconnu…

    Le pire serait alors, que dénoncer cela, dans un tel contexte « d’État d’urgence », n’assumant pas un « Etat de guerre » dans le sens d’un « État de siège »… même s’il en emprunte tout le champ lexical… dénoncer en ces termes… ou dans d’autres… en critiquant « l’unanimisme », en reprochant aux discours « d’unité », de « solidarité » (des bo-bos parisiens, dans leurs immeubles cossus, quartiers friqués, ou location Airbnb, applaudissant le personnel de santé publique et hospitalier par exemple, quand d’autres bo-bos se « réfugièrent » en province, au risque de contaminer des populations, affaiblies et déjà infectées par des inégalités territoriales, scolaires, « sociétales », les déserts médicaux…) et autres « promesses » gouvernementales et présidentielles, de changements… en reprochant à tout cela donc « de ne pas manger de pain »… dénoncer comme cela, au mieux vous vaut l’accusation de faire un « procès de mauvaises intentions » à qui s’engage (au sens court-termisme d’un mandat, qu’elle responsabilité est réellement assumée…?) ou à qui veut y croire, et au pire, vous vaut l’exclusion, l’isolement, l’insulte d’incivilité… de la traîtrise du corps social, de « l’effort de guerre », y compris des mouvements sociaux cités plus haut, qui confinent eux même leurs convictions, réflexions, à se mordre la queue… à ronger leur frein…

    L’ultralibéralisme ne pourrait rêver meilleurs opportunités que des populations, le dialogue social et démocratique (des « États providences » encore vigoureux), s’infligent à elles et lui même, le choc d’un long et inquiétant isolement, les auto-mutilations de la fébrilité des êtres (les plus fragiles vulnérables sur-exposés à la létalité du virus, ou derrière le tri sélectif, darwinisme social, de pathologies non soignées à temps) et des raisonnements tortueux, relativistes, face à la torture de la peur de la mort (« la peur d’avoir peur » de la mort), face à une vie familiale réduite à l’exiguïté de petit logement (insalubres délabrés et dangereux pour la santé des pauvres. Craintes de que les femmes battues, violées, et les enfants abusés – sexuellement, harcèlement morale, violences parentales etc – subissent plus de sévisses durant ce confinement forcé), et la perte d’intimité, d’espace personnel (fermeture des associations et disruption du monde associatif, virtualisé, centralisé)… face à la peur des « autres » qui ne respectent pas le confinement, « vident les rayons de supermarchés », face à la peur des erreurs politiciennes, et/ou administratives… et à l’incompréhension des stratégies sanitaires différentes entre États pour protéger les populations.

    Constater que les commentateurs, « influenceurs », « donneurs de leçons de morales… et d’esthétisme… de beauté… » des médias de masse, se réjouissent des rues de capitales, grande agglos, presque aussi vides que certains rayons de supermarchés, en tout cas en magnifiant ce qu’ils estiment être la splendeur d’un matérialisme de l’urbanisme, de l’art architectural mélangeant l’avant à l’après, rues désertifiées de toute vies humaines, vidées des mouvements sociaux, gilets jaunes, banderoles rouges, etc n’est-il pas illustratif en ce sens, quand en contre point de vue, il n’est proposé que des vidéos de people, d’individualisme inventant le « nouveau collectivisme virtuel », et autres initiatives du genre « like à chat », ritournelles… ?

    Le repli sur soi, attend lui, tapi dans l’ombre des moindre interstices de la complexité de notre cortex cérébral… Surtout lorsqu’il est en compagnie « des marchands de doutes »… »

  10. La version « centre gauche » du « Project Syndicate » … pas la révolution, mais les plaques tectoniques entament leur mouvement :

    https://www.theguardian.com/business/2020/mar/30/coronavirus-forces-economics-profession-to-leave-comfort-zone

    Project Syndicate economists
    Global economy
    Le Coronavirus force les professionnels de l’économie à quitter leur zone de confort
    Coronavirus forces economics profession to leave comfort zone
    Mohamed El-Erian

    Avec le coronavirus qui dévaste une économie après l’autre, la profession économique – et donc les fondements analytiques d’une politique et d’une gestion de crise saines – doit rattraper son retard. L’économie de la contagion virale, de la peur et des « coupe-circuits » est particulièrement préoccupante. Plus la réflexion économique progressera pour répondre aux réalités changeantes, meilleure sera l’analyse qui éclairera la réponse politique.

    Cette réponse sera à la fois nouvelle et inévitablement coûteuse. Les gouvernements et les banques centrales prennent des mesures sans précédent pour atténuer le ralentissement mondial, de peur qu’une récession mondiale désormais certaine ne cède la place à une dépression (qui constitue déjà un risque inconfortablement élevé). Ce faisant, nous assisterons probablement à une nouvelle érosion de la distinction entre l’économie dominante dans les économies avancées et dans les économies en développement.

    Un tel changement est absolument nécessaire. Face aux preuves accablantes d’une baisse massive de la consommation et de la production dans les différents pays, les analystes des économies avancées doivent avant tout tenir compte d’un phénomène qui n’était jusqu’à présent connu que des États fragiles/en déliquescence et des communautés dévastées par les catastrophes naturelles : un arrêt économique brutal, avec la cascade de dévastations qui peut en découler. Ils seront ensuite confrontés à d’autres défis qui sont plus familiers aux pays en développement.

    Considérez la nature de l’économie pandémique. Indépendamment de leur désir de dépenser, les consommateurs ne peuvent le faire parce qu’on leur a demandé ou ordonné de rester chez eux. Et quelle que soit leur volonté de vendre, les magasins ne peuvent pas atteindre leurs clients et beaucoup sont coupés de leurs fournisseurs.

    La priorité immédiate, bien sûr, est la réponse de santé publique, qui appelle à l’éloignement physique, à l’auto-isolement et à d’autres mesures qui sont fondamentalement incompatibles avec la façon dont les économies modernes sont câblées. Il en résulte une contraction rapide de l’activité économique (et donc du bien-être économique).

    Quant à la gravité et à la durée de la récession à venir, tout dépendra du succès de la réponse de la politique de santé, en particulier des efforts déployés pour identifier et contenir la propagation du virus, traiter les malades et renforcer l’immunité. En attendant que des progrès soient réalisés sur ces trois fronts, la peur et l’incertitude s’accentueront, ce qui aura des conséquences négatives sur la stabilité financière et les perspectives de reprise économique.

    Lorsqu’ils seront expulsés de leur zone de confort de manière aussi soudaine et violente, la plupart d’entre nous succomberont à un certain degré de paralysie, de réaction excessive ou aux deux. Notre tendance à la panique se prête à des perturbations économiques encore plus profondes. Lorsque les contraintes de liquidité s’installent, les acteurs du marché se précipitent pour se retirer, vendant non seulement ce qu’il est souhaitable de vendre, mais aussi ce qui peut être vendu.

    Lorsque cela se produit, le résultat prévisible est un risque élevé de liquidation financière en gros, qui, en l’absence d’interventions politiques d’urgence intelligentes, menacera le fonctionnement des marchés. Dans le cas de la crise actuelle, le risque que le système financier fasse marche arrière, c’est-à-dire infecte l’économie réelle et provoque une dépression, est trop important pour être ignoré.
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    Cela nous amène à la troisième priorité analytique : l’économie des disjoncteurs. Ici, la question n’est pas seulement de savoir ce que les interventions politiques d’urgence peuvent réaliser, mais aussi ce qui est hors de leur portée – et quand.

    Certes, étant donné que le désendettement économique et financier simultané aurait des conséquences désastreuses pour le bien-être de la société, le moment actuel exige clairement une approche politique « quels que soient les enjeux », « tout compris » et « pangouvernementale ». La priorité immédiate est d’établir des disjoncteurs qui peuvent limiter la portée des dangereuses boucles de rétroaction économique et financière. Cet effort est mené par les banques centrales mais implique également les autorités fiscales et autres.

    Mais il y aura des compromis délicats à faire. Par exemple, les propositions de transferts d’espèces et de prêts sans intérêt visant à protéger les segments vulnérables de la population, à maintenir les entreprises à flot et à sauvegarder les secteurs économiques stratégiques sont en plein essor. À juste titre. L’idée est de minimiser le risque que les problèmes de liquidité se transforment en problèmes de solvabilité. Et pourtant, un programme d’injection de liquidités et de prêts se heurtera à des difficultés de mise en œuvre immédiates. Outre les conséquences imprévues et les dommages collatéraux qui accompagnent toutes les mesures générales, l’inondation de l’ensemble du système dans la crise actuelle nécessiterait la création de nouveaux canaux de distribution. La question de savoir comment faire parvenir l’argent aux bénéficiaires visés n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

    Les difficultés sont encore plus grandes lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des programmes de renflouement direct, qui sont de plus en plus probables. Loin d’être des cas isolés, les compagnies aériennes, les compagnies de croisière et d’autres secteurs gravement touchés sont des indicateurs avancés de ce qui reste à venir. Des multinationales industrielles aux restaurants familiaux et autres petites entreprises, la file d’attente pour les sauvetages gouvernementaux sera très longue.

    En l’absence de principes clairement énoncés quant au pourquoi, au comment, au quand et aux conditions de l’aide gouvernementale, il y a de fortes chances que les sauvetages soient politisés, mal conçus et cooptés par des intérêts particuliers. Cela compromettrait les stratégies de sortie visant à remettre les entreprises sur pied et risquerait de répéter l’expérience de l’après-2008, lorsque la crise a été mise à mal, mais sans jeter les bases d’une croissance forte, durable et inclusive par la suite.

    __________________________

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

      1. Ah, les bonnes questions que ces canaux.

        Alors, euh, pour les histoires d’inondation (« l’inondation de l’ensemble du système dans la crise actuelle nécessiterait la création de nouveaux canaux de distribution »), de canaux, et bien sûr de carnaval (https://www.youtube.com/watch?v=V3IGVFVbE9k … Vai passar…), ce seront les vénitiens qui décideront des canaux de distribution, c’est clair comme de l’eau de la Giudecca privée de paquebot, et tant pis si on médit au Fondaco dei Tedeschi.

        Plus sérieusement, s’il existe des décomptes à l’échelle municipale (ou cantonale, unités > 5000 hab) donnant le profil des revenus locaux (une dizaine de chiffres tout au plus : revenus locaux en 3ou 4 catégories, taille TPE/PME/auto des employeurs majoritaires (les deux déciles les plus forts suffisent à caractériser), nb de retraités et d’enfants, deux ou trois éléments de structure des taxes foncières) cela donnerait une idée de combien on doit inonder, et pour les canaux, je verrais bien en France d’utiliser les CAF (familles), les mairies (auto-entrepreneurs dans le domaine des services p ex, + nounous, etc.), et de mettre ce qu’il reste de taxe professionnelle en mode « pompe à refoulement » en se basant sur les deux déciles mentionnés plus haut, conditionné au maintien de tous les effectifs domiciliés dans le coin (< 50 km) sur 6 mois.

      2. @Chabian :

        Si j’ai fait tilt sur les « canaux de distribution » , ça n’est pas tellement que ça m’a paru tactiques en fonction de mes vieilles expériences , c’est parce qu’il m’a paru qu’en l’état , mondialement ( cf les 5000 milliards du G20 ) ou plus « régionalement » , c’est le seul segment où les observateurs pourraient pister la manne .

        Mes propres expériences de tuyauteur ( déjà un peu à l’aval des décisions politiques stratégiques , m’ont cependant laissé sur la conviction que ce réseau de distribution devait être aussi partie prenante de l’exécution , pour être efficace et responsable . Bref vecteur ET opérateur : une horreur pour la doxia anglo-saxonne et les chantres de l’état réduit à ses fonctions strictement régaliennes .

        Sur le fond , si on parle de planification telle que je l’ai vécu un temps à mon niveau , cet article sur les plans quinquennaux me parait assez bien foutu . Où l’on connait un certain belge ( Henri de Man) , et un certain Pierre Massé ( voir 4ème plan ) avec son « partage du surplus  » .Les choses se gâtent après 1968 , l’éclosion d’un certain Raymond Barre , les Pompidou , Giscard et même Mitterrand ( Hollande , finalement sera à la même enseigne ) …. jusqu’à une forme de nouveau Mai 68 économique mondial qui est l’actualité .

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Planification_en_France

        Je cherche un Pierre Massé européen éclairé par les enjeux climatiques , sociaux , écologiques , pour ne pas laisser aux seuls deux grands l’issue de sociale , économique, écologique du chaos actuel .

        https://fr.tradingeconomics.com/country-list/gdp?continent=g20

        Mais je vais peut être retrouver tout ça et plus ,dans un certain livre qui essaie de se faire un passage dans les canaux de distribution .

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