Archives de catégorie : Indignés

L’actualité de la crise : PAS DE LANGUE PRIVILÉGIÉE POUR S’INDIGNER ! par François Leclerc

Billet invité

Faudra-t-il attendre le 5éme jour annoncé dans un précédent billet, qui donnait le 3 novembre comme point de départ ? Une sorte de répétition générale a en tout cas eu lieu hier 15 octobre, la suite sera écrite par ceux qui tiennent la plume sur le terrain.

A la manière des manifestations contre la guerre au Vietnam, qui parcouraient la planète dans les années 60, le mouvement des indignés s’est sans attendre donné une stature internationale, à la dimension de la crise dont il dénonce les acteurs et les effets.

Les manifestations de la place Saint-Jean de Latran à Rome, de la Puerta del Sol à Madrid, de Times Square à New York et devant le Parlement à Lisbonne ont prioritairement retenu l’attention, en raison de leur importance numérique. Mais cela serait faire injure aux Canadiens, aux Britanniques, aux Chiliens, aux Grecs et aux Bosniaques, ainsi qu’aux Hollandais, de ne pas signaler leur participation au mouvement. Ainsi qu’à beaucoup d’autres, à Johannesburg, à Mexico, à Bruxelles, à Sydney, à Francfort et à Hong Kong…

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LA « PASSIVITÉ DES GENS » NE DURE JAMAIS QU’UN CERTAIN TEMPS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai beau rechercher l’origine de l’information selon laquelle la police de New York aurait récemment reçu 4,6 millions de dollars de la banque JP Morgan Chase, je ne trouve rien d’autre quant à la date à laquelle ce don aurait eu lieu que ce même mot « récemment », répété de dépêche en blog et de blog en dépêche. Ce qui rend bien entendu l’information éminemment suspecte. Pourquoi le succès de cette « information » fausse ou exacte ? En raison de sa plausibilité dans le climat de polarisation politique qui caractérise aujourd’hui les États-Unis. On aura noté aussi dans la journée d’hier la montée en puissance des « indignés » new yorkais « Occupy Wall Street », dont le mouvement a essaimé désormais à l’échelle du pays tout entier.

L’élément déclencheur de cette montée en puissance a été l’arrestation dimanche de 700 manifestants d’« Occupy Wall Street » et leur transfert vers les commissariats dans des bus réquisitionnés, alors qu’ils occupaient le Brooklyn Bridge. Le syndicat des métallurgistes a été le premier à apporter son soutien, suivi dans la journée d’hier de celui des transports en commun et du personnel paramédical. Ce dernier va apporter un encadrement sur le terrain, les conducteurs de bus s’opposent à leur réquisition dans le transport de prisonniers, et tous ensemble, ils offrent des fonds et l’accès à des équipes d’avocats et de juristes.

La preuve est faite une fois de plus qu’on n’a heureusement jamais l’occasion de se plaindre de la « passivité des gens » très longtemps.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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RADIO SUISSE ROMANDE, Haute définition, dimanche 25 septembre à 12h40

Un entretien en deux épisodes avec Manuela Salvi dans Haute définition, sur le sujet : « Les périodes prérévolutionnaires ».

Deux fois 15 minutes : la première tranche aujourd’hui à 12h40 (l’émission repasse à 22h40), la seconde, dimanche prochain, 2 octobre.

Si vous n’êtes pas Suisse, en direct sur internet.

Le podcast se trouve ici ou si vous préférez sous iTunes, c’est plutôt à cet endroit-ci.

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PREMIERES BRIQUES DE LA PROCHAINE MAISON, par François Leclerc

Billet invité.

Les manifestations les plus exemplaires et massives se poursuivent depuis des semaines en Israël et au Chili. Que peuvent-elles avoir en commun, vu leurs contextes si éloignés, qui fait aujourd’hui écho aux indignés portugais et espagnols ?

En premier lieu, d’exprimer avec persévérance et la force du nombre, sur une longue période, l’exigence d’une justice sociale mise en cause par la logique du capitalisme financier, ses réalisations comme ses promesses réaffirmées.

En second, de faire preuve dans leur soudaineté d’une grande détermination et de mobiliser bien au-delà des frontières de la protestation traditionnelle pour rassembler et unir des foules combatives.

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L’Espagne : maillon faible ou victime d’un transfert de dette et de la conduite scandaleuse des marchés ?, par Sébastien Bano

Billet invité : SPAIN: A WEAK LINK, OR A VICTIM OF DEBT TRANSFER AND OUTRAGEOUS CONDUCT ON THE MARKETS, par Sébastien Bano

Une longue réflexion sur la « crise espagnole », sur le blog en anglais : ses causes et ses responsables.

« L’Espagne : maillon faible ou victime d’un transfert de dette et de la conduite scandaleuse des marchés ?

(Merci aux traducteurs bénévoles !)

Contacté par un ami Néo-Zélandais, préoccupé par les mauvaises nouvelles qui touchent l’Europe et en particulier l’Espagne où je me trouve actuellement, j’ai répondu à deux questions qu’il m’avait posées, en essayant de lui décrire ce qui me semble être le principal problème de cette nation (et de bien d’autres, mais l’Espagne est un exemple flagrant), loin des références faciles aux fameux pays « Club Med » et autres nauséabondes rumeurs. Lecteur régulier du blog, j’ai demandé à Paul Jorion s’il aurait la gentillesse de le lire et de me donner un avis. M’ayant invité à le publier, voici le contenu de cet échange.

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L’actualité de la crise : IL Y A FOULE EN COULISSE ! par François Leclerc

Billet invité

Réservez deux journées pleines de la semaine prochaine, qui va être marquée par des rendez-vous déterminants !

Mardi 23, François Baroin rencontre Wolfgang Schaüble à Paris, pour mettre en musique l’inoubliable sommet d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy et leurs « décisions ambitieuses », selon le ministre français. Vendredi 26, Ben Bernanke prononce un discours très attendu à Jackson Hole (Wyoming), à l’occasion du rendez-vous annuel des banquiers centraux du monde entier, organisé par la Fed de Kansas City (Missouri). « Au rendez-vous des sauveurs » pourrait s’intituler leur réunion.

En Europe, on prétend continuer à serrer les boulons tandis qu’il est spéculé aux États-Unis à propos… d’un nouveau round de libéralités de la Fed. Mais aucune de ces deux stratégies ne contrecarrera le ralentissement économique général en cours, au contraire, rendant encore plus insoluble l’équation de la réduction du déficit public et perturbant davantage la remise sur pied du système financier. Allez comprendre !

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 19 AOÛT 2011

Réflexions et chroniques
Les chefs d’État en vacances
La justice de classe en Grande-Bretagne
L’écoeurement au sommet
Le discours de Toulon doit être mis en application immédiatement

The U.K. Riots And The Coming Global Class War, Joel Kotkin

I’m starting to think that the Left might actually be right, Charles Moore

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REFUSER DE PARTICIPER SELON LES RÈGLES ACTUELLES, par zébu

Billet invité

Je m’apprêtais à transmettre un billet sur une analyse concernant l’impasse actuelle quant aux méthodes utilisées (jusqu’à maintenant) pour transformer la situation économique, sociale, politique, financière désastreuse que nous subissons. Jérome Grynpas et le Yéti m’ont devancé.

J’ajouterais juste à ce tableau quasi exhaustif des méthodes utilisées pour lutter contre les causes et les effets de la crise qu’en France (mais aussi très certainement un peu partout en ‘Occident’) une partie de l’opposition se joint au concert des pleureuses sur le sort de la dette publique et de la croissance, pour entonner in petto le chant de la réduction irréfragable de ces mêmes déficits.

De l’autre côté de l’Océan Atlantique, ceux que l’on dénommait les « indignés » des États-Unis, les ‘révoltés’ du Wisconsin, n’ont pas pu et ne pourront sans doute pas non plus inverser les rapports de force sur la mise en œuvre d’un plan d’austérité par le gouverneur républicain de l’État, Scott Walker, malgré une procédure inégalée de ‘recall elections‘ (élection ‘rappelée’ par les électeurs insatisfaits) par 9 sénateurs de l’État, les républicains étant d’ores et déjà assurés de conserver la majorité au sénat de l’État du Wisconsin. La loi très réactionnaire sur les syndicats publics et le plan d’austérité drastique resteront donc applicables.

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GRANDE CRISE : PASSER DE L’INDIGNATION À LA RECONSTRUCTION, par le Yéti

Billet invité. En ligne également sur Rue89.

Quelle rentrée, mes amis ! Mais il ne suffit plus désormais de constater le commencement de la fin d’un système moribond. Au point de délabrement où celui-ci se trouve, il semble plus judicieux qu’à notre indignation succèdent enfin des préoccupations sérieuses de reconstruction.

Problème : quelles politiques alternatives quand la seule idéologie mondiale, même moribonde, reste aujourd’hui le capitalisme financier effréné ?

Fausses pistes

Écartons tout d’abord quelques fausses pistes qui relèvent de la facilité et d’une certaine soumission à la fatalité :

  • aucun miracle à espérer des élites et des dirigeants en place : émanations d’un système qui conditionne leur propre survie, ils n’auront de cesse d’essayer de le préserver en dépit de tout, s’obstinant dans les mêmes logiques navrantes de croissance et d’une société de plein-emploi illusoire qui n’existe plus depuis plus de quarante ans (cf. les pauvres interventions de Martine Aubry en août dans Libération et le Monde) ;
  • pas de solutions internationales type G truc, pas de nouveau Bretton Wood à attendre de ces gens-là ;
  • pas non plus de réforme possible du système actuel : « on n’aménage pas un système totalitaire, on ne cherche pas à l’améliorer par petites touches, on le combat frontalement jusqu’à ce qu’il s’effondre », déclarait déjà Bernard Langlois en novembre 2005 dans Politis.

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L’actualité de la crise : LES COLOSSES LES PLUS IMPOSANTS par François Leclerc

Billet invité.

Le système financier a beau être secoué par de nouvelles bouffées délirantes, le monde occidental au bord de la récession, il ne perd pas le Nord pour autant. Manifestant contre vents et marées la même constance dans la défense de ses intérêts que ses laudateurs dans la promotion de leur vision biaisée de la société.

Un même discours péremptoire est martelé, qui n’emprunte qu’un seul mot à un vocabulaire ne se renouvelant pas : celui de la rigueur. L’appliquant aux dépenses de l’Etat et non au fonctionnement du système financier, qui en est lui dispensé. Contribuant à une campagne d’intoxication destinée à faire admettre que les coupes budgétaires sont rédemptrices et que le salut de tous est à ce prix. Faisant appel à des réflexes enfouis de bonne ménagère, ou de bon père de famille, selon lequels on ne dépense que ce que l’on possède, assimilant faussement le budget de l’Etat à celui de chacun d’entre nous.

Un mot magique a dès lors fait florès : restructuration. Pas de la dette ni des finances, mais de l’économie ! Car l’économie doit changer pour que la finance se porte bien, curieux retournement. A la faveur des plans d’austérité qui envahissent le paysage comme chardons et épineux au printemps, ce mot se décline dans tous les pays occidentaux. Avec pour unique traduction la privatisation de ce qui peut encore l’être, la suppression des « rigidités » du marché du travail, l’étranglement financier des collectivités locales et leurs services, et la diminution des prestations sociales… Ainsi que, pour accréditer le partage des sacrifices, des mesures toutes symboliques affectant les détenteurs de revenus les plus élevés, quand c’est le cas, afin de faire passer le ragoût. Le plan italien qui vient d’être adopté est de ce point de vue un cas d’école.

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L’actualité de la crise : NO PASARAN ! par François Leclerc

Billet invité.

Dans un premier temps, après une longue occupation, ils ont crée des assemblées de quartier, puis engagé au départ des grandes villes des marches qui convergeaient vers la Puerta del Sol, point de ralliement à Madrid des indignés. C’est la venue prochaine du Pape qui les en aura ce matin chassé, afin de faire place nette. Le même sort a été réservé à Athènes aux indignés de la place Syndagma, ainsi qu’à ceux de la place Tarhir au Caire.

Est-ce que même l’indignation serait désormais proscrite ? Que l’ordre, présenté comme la défense de la propreté, doit régner et que ces places symboliques doivent être réservées aux touristes de l’été  ? La « révolte des tentes » a pris la relève en Israël, cristallisant à propos du prix du logement un mouvement social de protestation multiforme. Un même cri sert de ralliement  : « Bibi [le premier ministre Benjamin Netanyahu], c’est fini  ! Nous en avons plein le dos ».

Six colonnes ont traversé en deux mois l’Espagne dans tous les sens et organisé des assemblées populaires dans chaque village. Deux Espagnols sur trois soutiennent les indignés d’après les sondages. La Puerta del Sol s’est élargie au pays entière et les clameurs qui y ont retenti ont été entendues de partout.

Les arroseuses municipales ne passeront pas !

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CQFD, « Le capitalisme est à l’agonie », N°91, juillet-août 2011

À propos de la sortie de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011) et de La guerre civile numérique (Textuel 2011), un entretien avec Gilles Lucas.

L’entretien complet se trouve ici.

Wikileaks, dont vous parlez beaucoup dans votre dernier ouvrage, prétend vouloir révéler les dissimulations et mensonges des gouvernants. Pensez-vous que la vérité, dans le monde dans lequel on vit, à une force pratique ?

La vérité a toujours eu une force pratique. Elle offre le moyen de construire des arguments qui soient à la fois cohérents et maîtrisés dans un environnement particulier. Il s’agit cependant d’une construction culturelle à partir d’arguments polémiques, et dont on peut dater l’émergence comme je l’ai expliqué dans mon ouvrage Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009). Avec la vérité, on ne se situe ni dans l’absolu, ni dans le n’importe quoi. Bien qu’elle puisse être critiquable parce qu’elle est un produit social et historique, l’exercice de la vérité par la raison (l’enchaînement contrôlé de propositions vraies) a produit d’une manière globale un mieux.

Il y a des périodes où un seuil psychologique est atteint pour les populations. Il n’est pas simplement dans l’imagination, mais lié à des réalités qui font que des choses qui ont été jusqu’alors tolérables cessent de l’être. Par exemple, des activités financières comme la spéculation passent relativement inaperçues tant que tout le monde gagne de l’argent, chacun à son échelle. Au moment où la spéculation est devenue la seule source d’enrichissement, un seuil est atteint et le niveau de tolérance baisse. C’est à ce moment-là que la vérité sur la spéculation réalise son potentiel. Seul le contexte la rend cruciale ou non.

La suite, dans le magazine.

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LE GRAIN DE SABLE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il est difficile de savoir quelles seront les conséquences ultimes de l’affaire des écoutes de News of the World, l’hebdomadaire à sensation appartenant à la branche britannique de News Corporation, l’empire de presse de Rupert Murdoch, mais si un diagnostic devait être posé à l’instant-même, ce serait celui de la fin prochaine de cet empire, emporté par la tourmente, et la mise à jour en parallèle d’un torrent d’informations révélant les relations « cosy », comme disent les Britanniques, « de copinage », qu’entretiennent de grandes entreprises jugeant que la loi, c’est pour les autres, avec la classe politique et les milieux policiers, qui obtempèrent en échange de privilèges et avantages divers.

La vague de démissions et d’arrestations au sein-même du groupe Murdoch, s’accompagne depuis deux jours de démissions au sommet de l’appareil policier, dont celle du chef de Scotland Yard lui-même, qui n’hésite pas à mouiller le premier ministre David Cameron dans une lettre trop détaillée pour ne pas laisser percer une tonne de ressentiment.

Effractions au fil des ans des boîtes vocales de personnalités et de victimes de faits divers, dont le nombre pourrait s’élever à 4.000 personnes, suivies de corruption de la police à grande échelle, chaque fois que des plaintes étaient vainement déposées. Soulignant l’existence de la « revolving door », la porte tournante entre emplois au sein du groupe Murdoch et dans les instances gouvernementales et administratives. Un phénomène déjà observé aux États-Unis dans le cas de « Government Sachs » au moment-même où la firme – on le sait maintenant – mobilisait son inventivité dans des paris pris sur l’effondrement du secteur immobilier américain, qu’elle ne manquait pas de précipiter du coup.

Méfaits d’un côté, autorités étouffant les affaires de l’autre : la machine était bien huilée. Ce qui l’aura grippée, c’est une notion dont on parle beaucoup en ce moment : l’indignation. On trouve celle-ci présente en effet dans des propos, dans des livres, sur des places publiques, etc. Elle est malheureusement largement absente au contraire dans l’esprit du public quand il s’agit de la finance, ce qui explique pourquoi aucun véritable progrès ne s’accomplit là en ce moment.

News of the World aurait piraté les boîtes vocales de soldats britanniques morts en Irak et en Afghanistan, ainsi que de victimes des attentats sanglants de Londres en 2005, mais le véritable grain de sable, c’est l’affaire Milly Dowler, du nom d’une adolescente disparue en 2002 et dont le corps fut retrouvé six mois plus tard. News of the World avait chargé un détective de s’introduire dans la boîte vocale du téléphone de l’adolescente. Celle-ci étant pleine, il avait effacé certains appels « pour faire de la place », espérant bénéficier de l’ajout de nouveaux messages. La disparition de certains enregistrements convainquit la police ainsi que la famille que la jeune fille était encore en vie. Jusqu’à ce qu’ait lieu la découverte macabre de ses restes dans un bois.

Les révélations au fil des années des exactions de News of the World tombaient dans le ronron du « business as usual », ce qui permettait à la collusion du mauvais côté de la loi entre grands de ce monde, toutes catégories confondues, de se poursuivre. C’est une colère rentrée, qui ne s’était pas éteinte, malgré les neuf années qui s’étaient écoulées depuis le meurtre d’une adolescente, qui aura constitué le grain de sable fatal. Le grand débat intérieur qui agite constamment chacun de nous entre le « Juste » et l’« Injuste » a été soudain ravivé. L’indignation a fait le reste.

Grands de ce monde, méfiez-vous du peuple et de sa mémoire d’éléphant.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : LE RÉALISME A CHANGÉ DE CAMP, par François Leclerc

Billet invité.

« En Europe, nous avons un rendez-vous avec le destin. C’est la politique et non plus la finance dont nous pouvons attendre le salut. Les politiciens ne peuvent plus commettre d’erreurs. Comme sur le Titanic, même les passagers de première classe ne sont pas à l’abri. »

Les commentateurs ont vu dans cette déclaration dramatisée de Giulio Tremonti, ministre des finances italien – et dont le propos rejoint celui de Paul Jorion dans sa vidéo ce matin – une allusion à Angela Merkel et à l’Allemagne, accusés de bloquer l’adoption d’un nouveau plan de sauvetage grec et de risquer de précipiter l’Europe entière au fond. Allusive, elle est aussi une critique de Silvio Berlusconi, mis en cause pour sa passivité. Mais elle est surtout un appel un peu désespéré à ce qu’un sursaut politique intervienne, venant d’un pays au bord de la zone des tempêtes. Enfin, elle reconnaît dans la bouche d’un ministre des finances, qui aspire à devenir Calife à la place du Calife, que celle-ci n’est pas la planche de salut.

Il y a dans cette crise un problème de clés. Clé pour la comprendre et clé pour la résoudre.

Vieux réflexe, il est tentant d’utiliser comme grille d’analyse l’affrontement entre les pays, porteurs d’intérêts divergents. Les méchants ceux-ci, les méchants ceux-là. Avec comme corollaire une meilleure défense des intérêts de celui auquel on appartient préconisant le repli dans ses frontières.

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