VILLA GILLET, Quand le peuple agit, Lyon, le jeudi 12 janvier à 20h30

QUAND LE PEUPLE AGIT : RÉVOLTES, RÉVOLUTIONS, RÉFORMES

JEUDI 12 JANVIER À 20H30 | Théâtre de la Croix-Rousse

Avec : Sophie Wahnich | Paul Jorion | Nicolas BaverezRencontre animée par Nabil Wakim

Les révolutions arabes ont remis sur le devant de la scène l’image du peuple en action, uni dans un mouvement de libération. Même nos vieilles démocraties aux habitudes réformatrices doivent faire face régulièrement à des mouvements de révolte : indignés, émeutes urbaines, mouvements sociaux.
Ces événements collectifs sont-ils un passage obligé dans l’histoire des peuples ? Que reste-t-il après l’action ? Si ces mouvements interrogent notre projet collectif, ils posent surtout de nouveau la question de l’idéal démocratique auquel chaque citoyen aspire.

 

Spectacle en regard : Tempête sous un crâne (Les Misérables).Victor Hugo, mise en scène : Jean Bellorini

Cinq comédiens et deux musiciens s’emparent du roman mythique de Victor Hugo : il devient un feuilleton vibrant, scindé en deux parties – avant et après Gavroche. Ces jeunes artistes font vibrer les rythmes et les mots d’Hugo comme d’autres enflammèrent des barricades. Et ils semblent parler en leurs noms, en nos noms, d’une intarissable révolte, d’une éternelle soif de justice.
5 €. Gratuit pour les lycéens, les étudiants et les demandeurs d’emploi
Pour réserver, cliquez ici.

Place Joannès-Ambre , 69004 Lyon
0472074949      http://www.croix-rousse.com/

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29 réflexions sur « VILLA GILLET, Quand le peuple agit, Lyon, le jeudi 12 janvier à 20h30 »

  1. Sophie Wahnich « affirme qu’il faut manifester dans l’écriture de l’histoire une dimension sensible qui postule des valeurs politiques communes ». Communes entre qui et qui? Par delà combien de siècles? Sensibilité à quoi? Le choquant d’aujourd’hui n’est peut-être que sensiblerie d’alors?
    Ne s’agit-il pas plutôt de codifier l’incodifiable?

    1. Codifier l’incodifiable? Peut-être qu’il s’agit simplement de mettre en évidence ce que « l’humanité a toujours voulu, mais n’a jamais osé vraiment réaliser  » : L’humanité voulait toujours la liberté, mais voulait toujours qu’une autre instance l’assume pour elle (l’Etat, Dieu, etc). Peut-être s’agit-il d’un essai une restructuration de l’histoire qui, comme la restructuration de la dette, aboutit à la sempiternelle et incontournable question morale à laquelle l’Humanité doit répondre plus que jamais :Quelles sont ces lois morales? Auront-nous vraiment plus de peine à nous y soumettre de plein gré qu’à nous y soumettre de force? Pourquoi avons nous peur de cet effort? À cause de l’autre? c’est à dire nous-même?
      Est-ce l’incodifiable ou le déni de la réalité, de la nécessité, qui nous empêche d’avancer?

      1. Merci, Sylvain, très intéressants, ces écrits, eros et disons « thanatos » comme explication.
        Je vais devoir relire le tout, mais j’ai particulièrement retenu ceci:
        … »Si la propension à la guerre est un produit de la pulsion destructrice, il y a donc lieu de faire appel à l’adversaire de ce penchant, à l’eros. Tout ce qui engendre, parmi les hommes, des liens de sentiment doit réagir contre la guerre. Ces liens peuvent être de deux sortes. En premier lieu, des rapports tels qu’il s’en manifestent à l’égard d’un objet d’amour, même sans intentions sexuelles. La psychanalyse n’a pas à rougir de parler d’amour, en l’occurrence, car la religion use d’un même langage : aime ton prochain comme toi- même. Obligation facile à proférer, mais difficile à remplir. La seconde catégorie de liens sentimentaux est celle qui procède de l’identification. C’est sur eux que repose, en grande partie, l’édifice de la société humaine. »…
        Il faudrait ruminer la dessus…

      2. Un passage intéressant qui devrait nous inspirer :
        « un chemin a conduit de la violence au droit, — mais lequel ? Il n’en est qu’un, à mon avis, et c’est celui qui aboutit au fait que l’on peut rivaliser avec un plus fort par l’union de plusieurs faibles. « L’union fait la force. » La violence est brisée par l’union, la force de ces éléments rassemblés représente dès lors le droit, par opposition à la violence d’un seul. Nous voyons donc que le droit est la force d’une communauté. C’est encore la violence, toujours prête à se tourner contre tout individu qui lui résiste, travaillant avec les mêmes moyens, attachée aux mêmes buts ; la différence réside, en réalité, uniquement dans le fait que ce n’est plus la violence de l’individu qui triomphe, mais celle de la communauté. Mais, pour que s’accomplisse ce passage de la violence au droit nouveau, il faut qu’une condition psychologique soit remplie. L’union du nombre doit être stable et durable. Si elle se créait à seule fin de combattre un plus puissant pour se dissoudre une fois qu’il est vaincu, le résultat serait nul. Le premier qui viendrait ensuite à s’estimer plus fort chercherait de nouveau à instituer une hégémonie de violence, et le jeu se répéterait indéfiniment. La communauté doit être maintenue en permanence, s’organiser, établir des règlements qui préviennent les insurrections à craindre, désigner des organes qui veillent au maintien des règlements, — des lois, et qui assurent l’exécution des actes de violence conformes aux lois. De par la reconnaissance d’une semblable communauté d’intérêts, il se forme, au sein des membres d’un groupe d’hommes réunis, des attaches d’ordre sentimental, des sentiments de communauté, sur lesquels se fonde, à proprement parler, la force de cette collectivité. »

        Un « jeu » qui se répète, n’est-ce pas à cela que l’on assiste ?

        La nécessité d’établir des règles, n’est-ce pas ce qu’on réclame ?

        En maintenir le respect par des organes qui ne servent pas à un moment donné les intérêts particuliers d’un groupe restreint, n’est-ce pas ce qu’il faudrait ?

        Tout est dit, je pense. Reste à « rivaliser avec un plus fort par l’union de plusieurs faibles » …

  2. Bonsoir à tous.

    Révolutions arabes mais de quoi parlons-nous?

    En Egypte et en Tunisie, celles ci sont des coups d’état où intelligemment il a été délibérément laissé à la population l’occasion d’exprimer son insatisfaction de manière à faire croire à une révolution. La population y a cru et le spectateur occidental naïf à l’extrême aussi à grands renforts de médias. Un vent d’espoir est passé au dessus de ces pays, mais très vite et je le déplore d’autant que moi aussi j’y ai cru.

    Lybie: A la belle révolution que voilà.Pitoyable, lamentable, affligeant.

    Une question qui serait intéressante à poser à Monsieur Juppé:
    Monsieur, qui avez- vous rencontré quand vous êtes allés au Canada pour vous refaire une virginité et nous revenir non plus en repris de justice mais en fringant chef de guerre décidé avec l’aide du preux chevalier BHL à bouffer du dictateur?

    Quant à la Syrie, il ne se passe pas une journée sans qu’il soit annoncé( pas dans les médias officiels occidentaux) l’arrestation de mercenaires oeuvrant sur le territoire et avec l’aide de la population en plus. Que dire encore des conclusions journaliéres des observateurs de la ligue arabe qui déplaisent fortement à notre justicier national susnommé?

    Tout cela est de la fumisterie.

    Paul vous représentez maintenant une grande valeur médiatique. Attendez-vous à ce que votre image et votre discours soient instrumentalisés. Vous inviter à une rencontre où il sera fait l’amalgame des Misérables et du printemps arabe comme il est dit poétiquement ( dommage que cela ne soit resté qu’à ce niveau) pue la récupération.

    1. Votre résumé des révolutions arabes est « pitoyable, lamentable, affligeant ». Ainsi que votre propre volonté d’instrumentaliser, ici, Paul Jorion.

      1. Bonsoir Nerima-Kun.

        Vous faites fausse route en ce qui concerne ma façon de voir les choses. Ce que l’on a qualifié de révolution arabe ou de printemps arabe, cela sonne mieux, c’est plus vendeur, c’est le fait que les populations de ces pays ont été instrumenlatisées et abusées et je le déplore croyez-le bien d’autant que le monde occidental y est pour quelque chose, pas par grandeur d’âme mais parceque c’était utile.
        Il était nécessaire pour pouvoir justifier une action militaire en Lybie et bientôt peut être en Syrie de donner le spectacle d’une prise de conscience populaire de grande empleur dépassant les frontiéres et embrasant le monde arabe dans son ensemble. Vous ne savez pas lire entre les lignes.
        Il faut être réaliste. Qu’ont-elles obtenues ces populations en Tunisie et en Egypte à part des coups, des morts et un grand foutage de gueule dit démocratique. Ceux qui sont maintenant au pouvoir sont ceux choisis ou acceptés par le monde occidental, comme avant, la lessive est la même c’est l’emballage qui a changé.
        Je ne critique pas ces peuples, ce sont des victimes, nos victimes, nous paierons peut être un jour pour cela et de grâce, n’allez surtout me faire croire qu’en Lybie vous avez assisté à une révolution car auquel cas il faudra donner le prochain prix Nobel de la Paix à Messieurs Juppé, BHL et Sarkozy pendant que nous y sommes. Le pétrole, cela ne vous dit rien et le futur projet de création de la banque centrale africaine non plus.
        Ce qui se passe en Syrie risque aussi de devenir pitoyable, lamentable, affligeant et ce dans l’unique but de contrer l’Iran. Pour cela il faut que des gens sincères qui croient agir pour le bien de la nation et leurs proches, pour bâtir un monde meilleur meurent quand ce ne sont pas directement des mercenaires qui mettent de l’huile sur le feu.
        Je ne cautionne pas, cela ne passe pas.
        Contrairement à ce que vous insinuez, je n’ai moi pas l’intention d’instrumentaliser Paul.

    2. Quelle arrogance et quel mépris pour tous les millions de citoyens arabes qui ont enclenché, au péril de leur vie, un processus révolutionnaire absolument irréversible. Quelle vision dramatiquement simpliste que de ramener ces révolutions à des productions hollywoodiennes où tout doit rapidement finir en happy end. Comment peut-on mettre dans le même sac les processus lybien et tunisien ? Dans un cas, vous avez une béance, un désert institutionnell néantisé durant 42 ans par ce psychopathe de Kaddafi et dans l’autre une organisation étatique complexe, mise au service d’une équipe dictatoriale. Les niveaux d’instructions et la sensibilité au statut d’individu-citoyen, sont très différents entre ces deux sociétés. Dans ces processus, se produisent et surviennent des faits, des actions simultanées, des orientations politiques, imperceptibles par l’épouvantable spectacle médiatique qui nous lance à la gueule: l’islamisme, le complot de BHL ou la main mise du pouvoir militaire, dans une optique dramatiquement linéaire, fatale et figée. Ayez juste un peu d’humilité analytique pour approcher la complexité de ces processus qui ne sont vraiment qu’au tout début. Oui, le CSFA en Egypte avec ses dynosaures a pris le pouvoir et noue une complicité avec les Frères Musulmans (ceci aussi est imperceptibles pour beaucoup), mais pourquoi diable oublier que de nombreux egyptiens de toutes origines sociales continuent à manifester, à créer des outils pour s’opposer à cette action contre-révolutionnaire ? Ouvrez vos yeux et sortez du spectacle médiatique pour vous interroger sur ces aspects. Et je ne peux qu’exprimer mon admiration pour Paul Jorion qui a parfaitement compris ce kaléidoscope des révolutions arabes qui sont dans leur phase inaugurale et se conjuguent aux autres mouvements d’indignés dans une action mondialisée dont l’issue est totalement inconnue.

      1. Bonsoir djadouri.

        Monsieur il ne s’agit de ma part ni d’arrogance et surtout pas de mépris d’autant que je vais vous faire une confidence: 50% de ma famille est musulmane, j’ai la chance d’avoir une famille très cosmopolite et vous imaginez bien que nous discutons de ce sujet.

        Ce que j’en ai retiré est le fait que la révolution, la vraie révolution que ces gens voulaient mener, puisqu’on leur en donnait l’occasion et j’insiste parceque si cela n’est pas compris on ne peut pas comprendre la dynamique du processus, puisqu’on leur en donnait l’occasion leur à en fait été volée par leurs généreux donnateurs (cherchez bien) pour les mettre sous la tutelle des frères musulmans et pas imperceptiblement comme vous le dites.

        Si vous me relisez, vous conviendrez que je ne met pas dans le même sac les cas de la Tunisie, de l’Egypte et de la Lybie. Je m’en explique dans la réponse que j’ai faite à Nerima-Kun.
        Je vais vous faire une autre confidence, quand le monde occidental aura réglé le cas de la Syrie?, vous n’entendrez plus parler de révolution arabe ou si peu, de terroristes ou d’extrémistes à la rigueur. Il ne restera de tout cela pour le spectateur occidental que la vision d’un monde arabe incapable de se gerrer et peuplé de sauvages prêts à s’entretuer.

        Les choses ne sont pas aussi simples je suis d’accord avec vous, le spectacle médiatique nous pousse à l’émotionnel et joue avec de manière à obtenir des populations occidentales le feu vert pour une autre grosse intervention: La destruction de l’Iran à la mode irakienne.

        Pour finir, oui les révolutions arabes restent à faire comme chez nous d’ailleurs mais cela c’est une autre histoire.

        Amicalement.

  3. Voici ce que Bourdieu apporterait à ce débat :

    Les mouvements sociaux ont fait exister des objectifs politiques que les syndicats et les partis avaient abandonnés, ou oubliés, ou refoulés. D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2002/02/BOURDIEU/16120
    Un article qui a 10 ans et qui garde toute sa fraîcheur!

    Et d’ajouter:

    Le mouvement de résistance à la politique néo-libérale est globalement très faible et il est affaibli par ses divisions : c’est un moteur qui dépense 80 % de son énergie en chaleur, c’est-à-dire sous forme de tensions, de frictions, de conflits, etc. Et qui pourrait aller beaucoup plus vite et plus loin si…

  4. Je viens à l’instant de finir « Le capitalisme à l’agonie »: « bravo l’artiste », finir sa conclusion sur Cantona, il fallait le faire! 🙂

    Trêve de plaisanterie: j’en conseille tout simplement sa lecture, éclairante.


    1. Toi qui vient en ce blog
      Oppressé par ta bile
      Imprécateur si rogue,
      Méprisant et hostile,
      Espérant, en pastiche
      Manier l’acrostiche
      Ecris au moins en vers!

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  6. Concrètement c’est quoi les indignés ? Des hippies ? Même pas ! Des loqueteux ou des bobos superrevoltés par leur assistanat ou leur oisiveté et qui voudraient les voir se renforcer. Leur retentissement politique est nul et au final ils ne servent que de masque aux manoeuvres américaines pour embraser le proche orient. Je ne crois absolument pas à l’innocence de M. Hessel, ancien gaulliste devenu subitement socialiste.

    1. Corinne Lepage: L’incidence des leucémies en augmentation d’un facteur 1,9 pour les enfants de moins de 15 ans dans un rayon de 5 km autour des centrales nucléaires.
      Corinne Lepage demande au ministre de la santé de mettre en place un suivi épidémiologique.
      ….Il est par ailleurs indispensable que les coûts engagés par les incidences sanitaires qui seraient relevés soient prises en compte dans l’évaluation globale du coût du nucléaire.

    1. @ Julien Alexandre 12 janvier 2012 à 11:32

      « Contrairement à Paul Jorion, je crois au Politique… sinon qui aurait la légitimité pour décider de mesures difficiles à mettre en œuvre sur le plan économique, social, fiscal, environnemental… ?

      Comment ne pas donner raison à Paul Jorion ? Le député qui fait cette déclaration veut nous faire croire que « le politique » prime sur toute autre considération parce qu’il détient seul la légitimité. Quelle prétention, quelle arrogance, quelle suffisance ? La légitimité est une des conditions pour agir, l’autre, qui à mon avis prime sur la première, est la compétence économique dès lors qu’elle est libérée de toute emprise dogmatique, portée par d’autres considérations.

      Un excellent exemple nous est donné par la différence de comportement entre G.Schröder en Allemagne et ses homologues socialistes en France.

      L’un, en Allemagne, s’est comporté en acteur doublement compétent, au plan économique puis au plan politique. Au début des années 2000, peut-être après avoir tenu compte des perspectives mondiales de long terme dégagées par le Club de Rome, G.Schröder a fait une bonne analyse de stratégie économique. Il a vu qu’en tant que pays figurant parmi les leaders industriels au sein du monde développé, son pays se devait de prendre des dispositions de façon à ne pas décrocher au plan mondial, face aux pays émergents offrant des coûts de production particulièrement compétitifs.

      Parce qu’il a fait passer les aspects économiques avant les aspects politiques, il a vu qu’il fallait surtout éviter d’augmenter les coûts de production allemands. C’est pour cela qu’il a eu l’idée de brider les salaires et de ne pas réduire l’âge de départ en retraite, de façon à ne pas accroître les charges salariales.
      Ensuite, il a été un bon politique pour faire admettre le bien fondé de cette politique économique en la faisant accepter par les syndicats et la population.

      A contrario, du côté français, les homologues politiques de G. Schröder également socialistes, d’abord guidés par des aspirations politiques visant à être sociaux avant d’être de bons économistes, les a conduits aux deux inepties économiques de premières grandeur que sont l’abaissement de l’âge de départ en retraite à 60 ans, et de la durée du travail à 35 heures amenant le pays s’engager dans un endettement grandissant. Ils ont imposé ces mesures en toute légitimité politique, mais ont engagé leur pays vers un abaissement économique, et un abaissement politique au sein de l’Europe mettant, de ce fait, en péril ses acquis sociaux.

      Il faut veiller à créer des richesses et à rendre son pays fort et riche économiquement, avant de songer à distribuer des récompenses souvent destinées à acheter des élections ou réélections. Est-ce vraiment légitimer ainsi son action? N’y a-t-il pas mieux à faire ?

      Cela me rappelle cette déclaration un soir d’élection défavorable aux socialistes français. « Ils n’ont pas voté pour nous, pourtant nous leur en avons beaucoup donné. La prochaine fois nous leur en donnerons davantage………. »

      1. @ jducac

        Cet élu n’avait pas d’autre choix que de rappeler cette position : il est lui même homme politique, difficile de l’imaginer dire « ce que nous faisons dans ces temps troubles, en refusant de remettre en cause le cadre, ne sert fondamentalement à rien ». Mais sa prise de position permet néanmoins d’entrevoir la possibilité qu’il n’en pense pas moins.

        Pour le reste, vous savez bien que je ne partage vos vues sur la retraite à 60 ans ou les 35h, précisément parce que ces réflexions se font dans le cadre existant, qui n’a plus aucune légitimité.

      2. « Contrairement à Paul Jorion, je crois au Politique… sinon qui aurait la légitimité pour décider de mesures difficiles à mettre en œuvre sur le plan économique, social, fiscal, environnemental… ? »
        Je n’avais pas l’impression que Paul Jorion ne croyait pas au Politique. Ce me semble, il ne croit pas aux hommes et femmes qui font de la politique. Comme profession car le système actuel les y invite et les y encourage. Si un revenu ou salaire à vie permettait de ne pas dépendre d’un poste quel qu’il soit pour vivre, peut être verrions nous du sang neuf parmi nos élus, sang neuf, qui n’aurait pas emprunté les memes voies que leurs prédécesseurs, à savoir courbettes et manigances, « casage » dans une collectivité locale lambda histoire de, d’où dépendance totale aux barons locaux, etc, etc

      3. @ Julien Alexandre 12 janvier 2012 à 20:48

        Pour le reste, vous savez bien que je ne partage vos vues sur la retraite à 60 ans ou les 35h, précisément parce que ces réflexions se font dans le cadre existant, qui n’a plus aucune légitimité.

        Je n’ignore rien de nos différences de perception, mais j’ai bon espoir qu’elles convergent un jour.

        Le char Europe, sur lequel navigue notre communauté, risque, si nous n’y prenons garde, de s’embourber dramatiquement. Il y a donc besoin que des bonnes volontés se manifestent pour aider à ce qu’il s’en sorte. Peu importe que l’on pousse à droite ou à gauche pourvu que cela se fasse dans la même direction générale et que tous prennent conscience de la nécessité d’éviter les multiples écueils placés sur la route. Il faut bien les identifier sous tous les angles pour pouvoir les contourner, parfois par la droite, d’autre fois par la gauche. Le char Europe n’est pas seul sur les chemins du monde, d’autres cheminent aussi. Leurs conducteurs ont pris conscience qu’il vaut mieux être plus près de la tête de convoi qu’à la queue. Cela permet d’éviter d’avoir à cheminer sur des ornières trop approfondies par ceux qui sont passés avant.

        Pour ce qui est de la légitimité, faut-il exiger qu’elle soit formelle et conduise à des solutions inefficaces et désastreuses ou admettre que, quand l’histoire s’accélère, l’efficacité, donc la compétence, la sureté et rapidité de jugement, priment sur tout le reste ? Ça peut se discuter et peut toujours conduire à une légitimation ou à une condamnation après coup. N’a-t-on pas connu cela lors de la dernière grande crise qu’a connu la France ?

  7. Bien modestement nous organisons un débat ce soir:
    Cinécitoyen
    les révolutions arabes vues sur le net
    De la dictature à la démocratie un long chemin semée d’embûches.
    Le 12 janvier 2012 à 18h30
    à la maison fraternelle de Dieulefit
    La soirée sera animée par le journaliste Kader Ferchich.

  8. J’ai assisté au débat, c’est pas tous les jours que Paul Jorion nous rend visite !
    Dans d’autres lieux, un des participants serait reparti avec le goudron et les plumes !
    Certains disent que la révolution, ce n’est pas le grand soir, mais de multiples petites actions que nous pouvons mener (voir le film de Colline Serrault : Solutions locales pour un désordre global).
    Alors moi en sortant je décidai de repartir en velov (= velib pour les Parisiens). Il restait seulement 2 vélos dont un hs, l’autre sans chaîne mais comme on était en haut de la colline je décidai de le prendre pour la descente. Etant sorti dans les premiers, je ne pense pas que les vélos avaient déjà été pris par d’autres participants au débat, et je n’ai vu personne se précipiter derrière moi. Les autres révolutionnaires n’habitaient sans doute pas tous La Croix rousse et beaucoup ont dû repartir dans leur rutilant 4×4 garé dans le parking voisin.
    Question : Comment viendront-ils, ou même viendront-ils lorsque le baril de brut sera à 300 dollars ? C’est à dire dans peu de temps, 2013, 2014 ?

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