« REFONDER LE CAPITALISME » : LE MOMENT EST VENU !

Ce texte est un « article presslib’ » (*) En version anglaise, due à Frankly : It Is Time to Restructure Capitalism et sur mon blog en anglais.

Y a-t-il rien de plus affligeant que le spectacle des remèdes à la petite semaine mis en place ces jours-ci pour essayer de sauver le système capitaliste, sans se résoudre à mettre véritablement en place les moyens nécessaires ?

Voyez ce qui se passe en Grèce, où la Troïka (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) s’efforce d’imposer au gouvernement grec des mesures que chacun sait inapplicables. Et pour arriver encore à quoi en cas d’accord ? À une réduction de la dette souveraine du pays à 120 % de son PIB à l’horizon… 2020 !

(illustration par Sébastien Marcy)

Arriverait-on même à définir dans les jours qui viennent une formule de défaut partiel de la dette souveraine grecque qui soit supportable par le peuple grec, que le Portugal et l’Irlande s’engouffreraient dans la brèche et réclameraient aussitôt les mêmes avantages pour eux-mêmes, effort que la zone euro est bien incapable d’absorber, elle qui répète inlassablement que la solution visée en Grèce devra en tout cas demeurer une exception. Et comme nul ne l’ignore, la Grèce à elle seule déjà est « systémique », capable d’entraîner la zone euro dans son ensemble dans sa chute (ce n’était pas le cas à la première alerte au début de l’année 2010… mais à force de tergiverser !).

Le 2 août dernier, les États-Unis, ont rehaussé le plafond de leur dette souveraine au niveau de 14,3 milliers de milliards de dollars. Il n’est pas nécessaire de préciser que des billets d’un dollar empilés pour ce montant représentent X fois la distance de la Terre à la Lune pour savoir que le trou ne se comblera jamais de lui-même, quelle que soit l’embellie dans la situation économique du pays.

La quadrature de la « rilance », la relance combinée à la rigueur, n’est qu’un problème insoluble parmi les dizaines d’autres qui se posent aujourd’hui au sein du système capitaliste.

Quand, le 25 septembre 2008, dans son discours de Toulon, M. Sarkozy attire l’attention sur la nécessité de refonder le capitalisme, il est dommage que les moyens n’aient pas été aussitôt réunis pour s’atteler à cette tâche indispensable. Parce qu’il s’agit bien sûr d’un projet très ambitieux et il est léger d’en abandonner la réalisation, comme ce fut le cas, à l’initiative individuelle. Un conseil de personnalités – et pour bien faire, internationales – aurait dû être réuni aussitôt, et des moyens adéquats mis à sa disposition pour définir les mesures qui s’imposent.

Plus de trois ans se sont écoulés depuis le discours de Toulon et, à part les protestations un peu désordonnées des « indignés » en différents endroits de la planète, les initiatives individuelles de refondation du capitalisme n’ont pas répondu aux attentes. Un temps précieux a ainsi été perdu, mais il n’est pas trop tard, d’autant que les problèmes qui se posent ont partout gagné en gravité et se sont, du fait même, clarifiés.

Réclamons de nos dirigeants qu’un débat sur la refondation du capitalisme soit immédiatement lancé, que les autorités incontestées sur les questions financières, économiques et morales y soient conviées (plutôt que des « experts » économiques et financiers dont le parcours est aujourd’hui jonché d’une accumulation d’échecs navrants), et que leur soit confiée la tâche d’en déterminer les étapes (portant sur le niveau structurel et institutionnel bien entendu, plutôt que sur celui des tactiques à court terme ne visant qu’à gagner du temps face à un écroulement devenu inéluctable). Confions à ces personnalités la tâche de proposer les moyens de refonder le capitalisme et, devraient-elles conclure que la tâche est irréalisable, celle de décrire pour nous le système qui devrait venir à la place.

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P.S. Réflexion qui m’est venue à la lecture de vos premiers commentaires (8/2 12:30) :

Sujet à traiter par un “comité”, une “commission”, le nom importe peu :

Le système capitaliste peut-il être refondé ?
– Si oui, comment ?
– Si non, par quoi le remplacer ?

Une position majoritaire et une position minoritaire se dégageront. Chaque camp aura alors – comme à la Cour Suprême aux États-Unis – à justifier sa position. Et les noms seront communiqués de ceux qui considèrent que Oui, le système capitaliste peut être refondé – et expliqueront comment, et de ceux qui considèrent que Non, et diront ce qu’il faudrait mettre à la place.

Si cela vous semble une bonne initiative, il faut trouver des sponsors. Certains d’entre vous en connaissent sûrement : contactez-les et tenez-nous au courant.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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569 réflexions sur « « REFONDER LE CAPITALISME » : LE MOMENT EST VENU ! »

  1. Même sur le Blog des Echos, la contestation gronde… Voir ci-dessous un commentaire affirmant son accord avec Monsieur Guéant à propos des civilisations qui ne sont pas toutes égales…

    En gros le commentaire approuve en disant qu’aucune civilisation n’a causé autant de dégâts et de désordre que celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui en France et plus généralement dans le monde occidental.

    Monsieur Guéant, vous avez raison de dire que toutes les civilisations ne se valent pas. Dans toute l’histoire de l’humanité, aucune civilisation n’a jamais provoqué les dégâts et les désordres que cause celle dans laquelle nous vivons.

    Aucune n’a jamais obtenu des résultats aussi éloignés de ses objectifs déclarés.

    En effet, qui pourrait prétendre qu’une civilisation puisse s’enorgueillir de dirigeants qui promettent d’assurer le plein emploi et laissent se développer le chômage ? Jusqu’à représenter un actif sur dix, sans proposer la moindre ébauche de solution, mais seulement des mesures homéopathiques aux effets aléatoires. Qui saurait vanter les mérites de dirigeants qui, ayant promis d’accroitre le pouvoir d’achat des ménages, qui s’en sont déclarés les champions, ont promis de gagner plus en travaillant plus, n’ont même pas la décence de reconnaitre leur échec, d’en expliquer les raisons, se contentant d’accuser la conjoncture ou une crise ?

    Je croyais lire certains commentaires du blog de Paul Jorion…

    http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221143199/daccord-monsieur-gueant?xtor=EPR-1500-%5BNL_meilleurs_articles_hebdo%5D-20120209-%5Bpresidentielle_2012%5D

    Etonnant, non?

    Paul T

  2. Ce serait bien s’il y avait un livre avec cet article, un genre “Bouvard “&” Pécuchet” écrit en réalité mais pas encore décodé!
    On frôlerait les limites de l’immédiate expression qu’un blog n’autorise pas à figer en littérature!
    Paul Jorion, vous faites fort.
    Merci l’initiative, plus loin que la tentative.
    C’est juste anthropologie, et c’est tant mieux.

  3. Très cher Paul,

    Je n’ai jamais réagi dans les discussions sur votre site (je dois dire quelque peu par respect et paresse, lors des discussions intéressantes, je n’ai jamais eu le temps ni le courage de lire les 400 commentaires et je ne sais du coup à quel endroit réagir), mais votre proposition de débat sur le capitalisme hier m’a beaucoup fait réfléchir.
    En réalité, ce n’est pas la proposition elle-même qui m’a surprise (le thème me parait très classique pour un visiteur fréquent du blog, les questions et exigences semblent tout ce qu’il y a de plus normal), mais les réactions à travers les commentaires. Comme vous avez pu le constater vous-même, cette proposition ne suscite pas l’enthousiasme, c’est le moins qu’on puisse dire.
    Cette réaction appelle plusieurs hypothèses : les gens sont sans doute désabusés, ils préfèrent sans doute une solution radicale, le fait de « refonder » le capitalisme leur semble un moyen de prolonger une souffrance directe pour certains, psychologique pour d’autres, etc. Il y a sans doute un peu de tout. En un mot : les gens ont perdu l’espoir, les réactions que vous recueillez sont soit cyniques (« mieux vaut laisser le système pourrir, il en finira plus vite »), soit révolutionnaires, soit résignées. Parallèlement à cela, plutôt que des appels à refonder le capitalisme, ce sont les partis d’extrême droite qui montent partout en Europe en ce moment (et également aux Etats-Unis : merci pour votre rappel sur les idées que l’on peut y entendre concernant par exemple les chinois).

    Cette observation me conduit à la réflexion suivante : s’agit-il réellement du capitalisme qu’il faut refonder ? En posant la question de cette manière, ne restez-vous pas vous-même dans le cadre ? J’en suis d’autant plus surpris que plusieurs événements récents sur votre blog auraient dû vous amener à élargir la question :
    _Vous êtes le premier à critiquer la « science économique » (au sens où les agents réagiraient selon un modèle, etc.) et vous appelez à réunir ce savoir avec la politique, la morale ou la philosophie.
    _Sophie Wahnich vous a (très brillamment) rappelé l’histoire de la Grèce Antique. En tant qu’expert d’Aristote, je ne puis croire que vous n’y aviez songé plus tôt (même si vous me ferez remarquer que la source de la constitution d’Athènes est peut-être douteuse, la question n’est pas là).
    Ce n’est pas une refonte du capitalisme dont on a besoin, c’est une refonte du modèle de gouvernance, et donc de la démocratie. Lorsque vous analysez que les seuls moyens de redistribuer les richesses sont la guerre, la fiscalité et la révolution, vous restez toujours dans un même cadre de gouvernance. Je suis moins ambitieux que vous dans mon analyse de la nouveauté de la situation et ne comparerais pas la transition qui vient comme celle du paléolithique vers le néolithique, mais je remonterais simplement à la naissance de la démocratie à Athènes et aux réformes de Solon d’abord et surtout de Clisthène. Lorsque vous proposez trois solutions pour redistribuer les richesses, il n’y a aucun changement de régime (vous remarquez vous-même que la révolution ne change pas le régime, elle est précédée et suivie par l’aristocratie). En ce sens, vous ne pensez qu’à des transferts « mécaniques » de richesses et restez « dans le cadre ». Les analyses des économistes « mainstream » (ce n’est pas très surprenant) autant que les vôtres (c’est beaucoup plus surprenant) sont celles d’experts, ou de médecin, prescrivant une solution technique à un malade. Peut-être ai-je extrapolé en disant qu’il s’agit de vos propositions, mais je pense qu’en recherchant du côté du droit et de la propriété privée, vous privilégiez une solution technique et mécanique. Par quelque voie que ce soit, vous allez devoir proposer un modèle, une logique, qui forcément rencontrera des frottements (vous êtes l’expert des modèles financiers, vous savez que le problème n’est pas que l’on produise de mauvais modèles, mais que le fait même de produire des modèles est dangereux). Une objection qui me vient instantanément à l’esprit : vous ne tiendrez surement pas compte de la corruption dans le modèle.
    La corruption est inhérente à notre modèle démocratique (elle a même été institutionnalisée sous le nom de « lobbying »), elle rapproche inévitablement richesse et pouvoir, par la voie du lobbying classique, mais aussi des frais de campagne, de la reproduction des élites, de l’origine commune des politiques et des chefs d’entreprises. C’est une impasse dans laquelle vous vous trouvez à vouloir trouver un moyen mécanique de répartir les richesses (que ce soit par la remise en question des stock-options, de l’héritage ou de la propriété privée ou de je ne sais quoi encore : vous vous heurterez fatalement soit à l’opposition du pouvoir, peut-être plus ironiquement de l’opinion publique, et dans le cas utopique où une telle mesure serait adoptée, elle deviendrait obsolète quelques années plus tard à cause de la corruption et des moyens de contournement de la loi).
    Pour tenter de trouver une issue à ce problème, il faut le prendre à l’envers. Puisque richesse et pouvoir sont liés, plutôt que de chercher à redistribuer la richesse, il faut redistribuer le pouvoir. C’est ici que l’histoire de Clisthène prend tout son intérêt. Avant lui, la concentration des richesses produisait déjà des ravages (à peu près les mêmes qu’aujourd’hui d’ailleurs). Solon abolit donc l’esclavage pour dette. Ce fut une première tentative, insuffisante. Il faut en arriver à repenser entièrement le pouvoir.

    Voici donc mon humble point de vue sur la solution : redéfinir complètement la manière de constituer le parlement. Pour qu’il soit représentatif, il faut absolument y inclure des personnes de tout horizon, notamment des pauvres. On peut par exemple, imaginer un modèle mi antique mi moderne, c’est-à-dire un mélange de démocratie et de stochocratie. Toute personne adulte dirait si elle souhaite « travailler » pour l’état pour quelques années, et on tirerait au sort parmi les volontaires en tenant compte des statistiques sur le statut social (profession, salaire, âge, etc.) pour obtenir une chambre représentative. Parallèlement à cela, il me semble important de conserver une « chambre haute » élue démocratiquement, en quelque sorte une chambre de sages, ainsi que le conseil constitutionnel pour éviter les dérapages et compenser le « manque d’expérience » qui apporterait beaucoup de bien.
    J’y vois beaucoup d’avantages (représentativité, baisse de la corruption du fait de l’absence de campagne et donc de support et de frais, implication plus forte du peuple, etc.) Surtout, très peu de désavantages. La plupart des désavantages probables sont déjà présent (et en plus sérieux) en démocratie (ne pas choisir le(s) meilleur(s), ne pas choisir un programme, etc.) Il ne s’agit bien sûr que d’une ébauche, et je pense que l’on peut débattre sur plusieurs points techniques (par exemple sur la durée du mandat, sur le taux de renouvellement, etc.) Je pense néanmoins que réfléchir dans cette direction est plus facile et plus prolifique que de chercher à redistribuer les richesses dans le cadre du gouvernement actuel (car on ne tient pas compte de la corruption).

    Cela parait-il réalisable ? A mon avis, pas moins que le fait de « refonder » le capitalisme. En rééquilibrant les rapports de force, le capitalisme sera refondé de facto car les ouvriers seront aptes à défendre leurs intérêts. De plus, la demande a le mérite d’être concrète. Bien-sûr, il y aura l’opposition politique des forces au pouvoir, publiques ou privées. Bien-sûr, je n’imagine pas ce basculement du jour au lendemain, dans un grand élan de solidarité. Entre Solon et Clisthène, il y a eu des tyrans, et peut-être que demain, il y aura des élus d’extrême droite. Mais la réforme des institutions me parait inéluctable et il vaut mieux avoir quelque chose à proposer pour le moment où elle arrivera.
    Dans vos œuvres, par ailleurs extrêmement riches en analyses, je vois votre volonté de définir le travail comme valeur suprême, et dans ce sens vous êtes proche du marxisme. Comme vous, je partage votre compassion pour les pauvres, les « loosers ». Mais je me rapprocherais plutôt d’Hannah Arendt (je vous en prie, ne me lancez pas pour cette référence dans une critique d’Heidegger : je suis prêt à en parler, mais ce n’est pas l’objet de ce message) dans sa vision de l’animal laborantes. Il me semble que le spécialiste d’Aristote que vous êtes aurait dû se sentir plus proche d’une conception de l’animal politique. Comme à l’époque de Clisthène, nous avons besoin d’un nouveau système non pas seulement économique, mais politique.

    Très amicalement, merci pour tout ce que vous faites.

    1. Ce n’est pas une refonte du capitalisme dont on a besoin, c’est une refonte du modèle de gouvernance, et donc de la démocratie.
      Je suis entièrement d’accord avec vous. Nous sommes belle et bien confrontés à un problème de gouvernance. La démocratie représentative est belle et bien révolue.

    2. François,

      Vous prenez un peu le train en marche, il vous manque donc encore une vue d’ensemble de la réflexion menée par l’hôte du blog.

      Ce n’est pas une refonte du capitalisme dont on a besoin, c’est une refonte du modèle de gouvernance, et donc de la démocratie.

      Paul Jorion ne dit pas autre chose, excepté ce qui concerne la gouvernance, terme qui dans son acception actuelle renvoie à des procédures non démocratiques. La Troïka, par exemple, c’est de la gouvernance. Des hommes sont gouvernés (très mal en l’occurrence), par des instances composites non démocratiques.
      Paul Jorion a proposé, dès 2007, dans le journal Le Monde une constitution pour l’économie dont la finalité est d’inclure l’économie dans le champ de la démocratie parce que l’économie dans son avatar capitaliste n’est pas domestiquée. Aujourd’hui l’économie (incluant ici la finance) n’est ni pensée, ni instituée en tant que domaine relevant de la moralité puisque selon la conception actuelle rien ne la distingue de l’ordre spontané de la nature : l’action des hommes et leurs conséquences ne sont pas dans l’économie pensés comme telles, l’économie n’est seulement régulée qu’en tant qu’excès.

      Peut-être ai-je extrapolé en disant qu’il s’agit de vos propositions, mais je pense qu’en recherchant du côté du droit et de la propriété privée, vous privilégiez une solution technique et mécanique.

      Ce sont des moyens subordonnés au principe de nature politique énoncé précédemment.

      Dans vos œuvres, par ailleurs extrêmement riches en analyses, je vois votre volonté de définir le travail comme valeur suprême, et dans ce sens vous êtes proche du marxisme.

      Non pas du tout, au contraire, Paul Jorion récuse ou plutôt dépasse l’analyse marxiste selon laquelle est défini un coût de production calculé en fonction du nombre d’heures travaillées pour produire telle ou telle marchandise. Toute son analyse sur la formation des prix (lire Le prix) repose sur l’idée que ce sont les rapports de forces entre les acteurs sociaux qui déterminent les prix.
      Aussi est-ce un thème récurrent sur le blog, et une idée souvent évoquée par Paul, que celle de la déconnexion entre travail et revenu (ou salaire.) d’autant plus nécessaire d’ailleurs que l’informatisation et l’automation détruisent des emplois qui ne seront jamais remplacés.

      1. Pierre-Yves D.,

        Effectivement, je dois avouer que je n’ai pas lu tous les billets ni tous les commentaires du blog avec la même assiduité. Cependant, cela fait quelque temps que je suis les grandes lignes et les idées qui se dégagent de ce blog, je ne pense pas prendre complètement le train en route…

        Ce n’est pas une refonte du capitalisme dont on a besoin, c’est une refonte du modèle de gouvernance, et donc de la démocratie.

        Paul Jorion ne dit pas autre chose, excepté ce qui concerne la gouvernance, terme qui dans son acception actuelle renvoie à des procédures non démocratiques. La Troïka, par exemple, c’est de la gouvernance. Des hommes sont gouvernés (très mal en l’occurrence), par des instances composites non démocratiques.

        Je n’ai pas du tout cette compréhension du terme, j’entends tout simplement manière de gouverner (si possible, bien). Si ce terme vous dérange, vous pouvez le remplacer par “régime” ou quoi que ce soit. Ne nous attardons pas sur ce type de détails.

        Paul Jorion a proposé, dès 2007, dans le journal Le Monde une constitution pour l’économie dont la finalité est d’inclure l’économie dans le champ de la démocratie parce que l’économie dans son avatar capitaliste n’est pas domestiquée. Aujourd’hui l’économie (incluant ici la finance) n’est ni pensée, ni instituée en tant que domaine relevant de la moralité puisque selon la conception actuelle rien ne la distingue de l’ordre spontané de la nature : l’action des hommes et leurs conséquences ne sont pas dans l’économie pensés comme telles, l’économie n’est seulement régulée qu’en tant qu’excès.

        Ici, nos vues divergent un peu plus: Paul relate bien dans une vidéo une idée en vogue lors de la révolution: pour avoir un meilleur régime, il suffit que les gens deviennent moraux. S’ils ne le sont pas, inscrivons ces codes moraux dans une loi, voir dans une constitution. C’est cette approche qui me dérange, par son côté coercitif. Je suis très loin d’être libertarien, cependant nous ne pouvons ignorer les dangers sous-jacents à ces idées. A mon sens, il faut refonder notre régime et en particulier la représentativité du pouvoir en place. Une constitution, pourquoi pas. Mais si le pouvoir reste inchangé, ces mesures seront contournées par la corruption. Par voie de conséquences, nous réclamerions des lois de plus en plus dures et nous nous enfermerions dans une impasse. C’est ce que j’essaie de dire dans mon commentaire.
        Au passage, je n’ai pas précisé: d’un point de vue grec, notre type de régime actuel est une aristocratie (choix des meilleurs, ou du moins ceux que l’on pense être les meilleurs, par le vote), pas une démocratie (qui est indissociable du tirage au sort). C’est ce cadre qu’il faut changer à mon sens, pas les règles de distribution au sein de ce cadre, je doute donc de l’efficacité d’une constitution pour l’économie.
        Pour éviter à la fois le danger coercitif et la domination par une minorité aristocratique, il faut rééquilibrer les rapports de forces et donc repenser la démocratie. Je pense que l’on peut discuter sur les détails techniques sur la formation des prix exprimés par Paul Jorion Le prix (en gros, peut-être, je n’en sais rien, je suis pragmatique et empirique sur la question), mais j’adhère certainement au passage où Paul Jorion cite Adam Smith sur l’interdiction faite au ouvriers de s’associer. Je tire simplement des conclusions logiques et pratiques de ces observations.

        Dans vos œuvres, par ailleurs extrêmement riches en analyses, je vois votre volonté de définir le travail comme valeur suprême, et dans ce sens vous êtes proche du marxisme.

        Non pas du tout, au contraire, Paul Jorion récuse ou plutôt dépasse l’analyse marxiste selon laquelle est défini un coût de production calculé en fonction du nombre d’heures travaillées pour produire telle ou telle marchandise. Toute son analyse sur la formation des prix (lire Le prix) repose sur l’idée que ce sont les rapports de forces entre les acteurs sociaux qui déterminent les prix.

        Vous avez compris que Marxiste pour moi est loin d’être une insulte, au contraire. Ici, je ne considère pas l’analyse technique de Marx, mais sa philosophie et la critique faite par Hannah Arendt dans Condition de l’Homme moderne: Marx identifie le travail à la vie, et le hisse ainsi en valeur suprême (Arendt analyse dans son ouvrage successivement le travail, l’oeuvre et l’action). Ce qui m’a amené à ce rapprochement avec Paul Jorion, c’est cette citation (pas la proposition principale, à laquelle j’adhère, mais la subordonnée) que l’on trouve dans le capitalisme à l’agonie:

        ne pas imposer le travail qui constitue sans conteste l’activité humaine la plus utile et la plus digne d’être encouragée

        Pour ma part, il me semble que pour un nouveau modèle de société, avec de nouvelles valeurs, il serait plus prolifique de regarder du côté de l’action, d’où le lien que je fais avec l’animal politique (c’est peut-être moins profond et “digne” (quoique) que le travail, mais ça semble quand même plus sexy (et peut-être plus responsable…) Mais encore une fois, si tout le monde est d’accord, nul besoin de polémique inutile…

  4. C’est Sarkosy qui avait dit qu’il allait le faire, le refonder, à Toulon me semble-t-il, lors du discours…tout le monde veut refonder le capitalisme, c’est accablant.
    Le capitalisme n’est pas un contrat, c’est un mode de production qui s’est auto-institué, la politique fait partie de cette auto-institution, de cette autorité. Mais les idéalistes petits-bourgeois tel M. Jorion, comme à l’époque effectivement les saint-Simoniens, les Proudhoniens, ne pigent pas cela, ou ne veulent pas le comprendre, car aussi leur ambition les y porte en tant que gestionnaires, dans l’espoir de je ne sais quelle confirmation, quelle honneur, quelle position.
    D’où toutes sortes d’inutiles pirouettes, de postures pseudo-radicale, pseudo-révolutionnaire, autant de démagogie pour occulter la faiblesse du point de vue qui tient dans cette défense du mode de production et d’exploitation qu’est le capitalisme, oui mais réformé (comme l’église du même nom ?).
    Tout cela est certainement très faible, d’où il appert que réellement les défenseurs du capital réel n’ont plus de marges de manoeuvre, c’est la fin du réformisme, celle des finasseries; à présent il convient d’écouter un autre politique, un autre refondateur, notre président directeur général de la république Démocratique AA (plus, ou moins) les maîtres-mots seront : Travail, Responsabilité, Autorité (T.R.A.), circulez, messieurs les réformistes, au travail, à la responsabilité, la vôtre assistées, et surtout, à la contrainte et à l’autorité.
    Crève le Capital.

  5. Cher Paul Jorion,

    Je pense que vos questions sont en fait tout à fait pertinentes:

    – Le système capitaliste peut-il être refondé ?
    – Si oui, comment ?
    – Si non, par quoi le remplacer ?

    La dernière question est à relier à un de mes commentaires sarcastiques : avant de “sauter dans le vide, il vaut mieux avoir attaché l’élastique à la rambarde”

    Même si les événements arrivaient à faire disparaître le capitalisme il faudrait tout de même disposer d’un processus de production et de répartition des richesses, entre les individus de la planète. Le marché en était un très inefficace et la planification ne faisait pas mieux.
    Reste donc à inventer un autre processus sans doute plus intimement lié aux choix des membres des sociétés.
    Votre idée d’un “débat sur la refondation du capitalisme ” et sur la ou les alternatives possibles, me parait tout à fait pertinente. Il faudrait toutefois y instiller une part de consultation de la “société civile” peut-être au travers de forums comme celui ci ou de forums encore plus accessibles via des points d’accès mis à la disposition des personnes les plus démunies n’ayant pas accès à internet. Ou aussi accessibilité pour les populations handicapées qui doivent aussi avoir leur mot à dire. Ces dernières sont plus de 50 millions en Europe.

    Il me semble aussi qu’un tel débat devrait avoir lieu au moins au niveau européen mais même, et ce serait mieux au niveau des pays du G20 élargi. Car des solutions élaborées au niveau local, régional ou même national n’auraient aucune chance d(être pérennes: la compétition entre pays étant encore plus féroce que celle entre les individus.

    Pour terminer permettez moi de citer le très récent livre publié par “Les économistes atterrés”: ” Changer d’économie“, où on retrouve bon nombre des idées et des personnes que vous avez citées dans votre liste des gens à consulter.

    A cette liste de personnalités, j’ajouterais toutefois des représentants de la société civile, pas forcément connus des médias ou des élites, mais qui présentent comme intérêt d’avoir un contact direct avec des individus et des groupes d’individus ayant des problématiques ne pouvant être prises en compte ni par des moyennes ni par des majorités.

    Malheureusement peu de politiciens ou même d’analystes raisonnent en termes de “distributions statistiques” Elles et ils ont tendance à des généralisations abusives, au mieux à partir de moyennes et trop souvent à partir de réactions épidermiques fondées sur quelques cas rencontrés lors de leur vie professionnelle ou politique : par exemple : “un chômeur que j’ai rencontré triche sur ses recherches d’emploi”, donc “tous les chômeurs trichent et profitent du système” . Je vous laisse rechercher dans les discussions de bistro d’autres exemples de ces généralisations abusives.

    Ce genre de généralisations et d’extrapolations se retrouvent également dans les jugements à l’emporte pièce sur les dirigeants d’entreprise ou les dirigeants politiques. “Une affaire de fraude concerne quelques uns d’entre eux implique un amalgame facile mais dangereux :Tous pourris”. Ou, sous prétexte que X est de droite rien de ce qu’il dit n’est acceptable pour certains de “gauche” et vice versa…

    Je vous laisse pour vite retourner à mon livre des “économistes atterrés”: ” Changer d’économie

    Paul T.

    1. avant de « sauter dans le vide, il vaut mieux avoir attaché l’élastique à la rambarde »

      Sauf si on a décidé d’en finir…

      1. Cela pourrait être une réponse valable de vouloirs “en finir”, sauf que pour continuer dans la métaphore du saut à l’élastique, tout au fond de l’abime se trouvent les personnes les plus vulnérables de nos sociétés: personnes handicapées ou âgées dépendantes, personnes en situation de grande pauvreté sur lesquelles vont tomber les personnes qui ont décidé d’en finir et les débris qu’elles auront entrainés avec elles.

        Pouvez vous décider pour les personnes qui sont au fond de l’abime, qu’elles aussi veulent en finir.

        Ceci me rappelle une réplique fameuse faite à Victor Hugo:
        http://www.tombes-celebrites.com/4.cfm?c=46-citations-de-victor-hugo-sur-la-mort-anecdotes
        “”- Voila, disait Hugo, J’irai entre deux camps. J’offrirais ma ,poitrine aux balles et la guerre sera finie.
        – Pour vous ! rétorqua Scholl
        Extrait d’un dialogue entre Hugo et Scholl,rapporté par Jules Renard.

        Pour rester dans les grandes idées on pourra reprendre les paroles de la chanson de Brassens “Mourir pour des idées”

        Paul T.

  6. Que 28 députés grecs revendiquent les réparations allemandes pour dommage de guerre indique le chemin qu’il ne faut pas prendre soit l’affrontement entre États-Nations. Brûler un drapeau US pendant la guerre du Vietnam est autre chose que bruler un drapeau allemand à Athènes, car il n’y a pas de guerre déclarée entre ces Nations et l’Union Européenne existe encore.

    Il pourrait devenir avantageux pour la compréhensibilité des post soit d’éviter d’user du terme de démocratie soit de préciser dans quelles références il doit être compris, puisque qu’avec « table » le petit Robert suffira, avec « démocratie » le grand Robert ne suffira pas. C’est un de ces termes au cœur même de la discussion politique depuis les grecs, et des post deviennent illisibles saturés d’appels à la démocratie sans plus. Un des voisins de démocratie, est l’ « État de droit » qui articule pouvoir législatif et exécutif mais Panagiotis Grigoriou quitte à paraître outrancier n’a pas tort de terminer son billet par la Conférence de Wannsee dont il faut rappeler qu’une majorité de juristes en était. Le juge à un pouvoir colossal aux pieds d’argile (revoir Section spéciale de Gavras).

    De quel débat sur les experts, les élites, et les « autorités incontestées » s’agirait-il ?

    À ceux qui gueulent contre l’Université, qu’il constatent que le toubib qu’ils consultent à reçu un label garantissant qu’il a reçu le savoir établi disponible. Ça n’empêchera pas que la tête du toubib ne leur reviendra pas, qu’il aura eu un mot de travers, et qu’il iront voir ailleurs un autre. On appelle ça la liberté de consulter, même qu’ils peuvent aussi consulter librement leur voisin de palier.

    On peut évidemment faire la même chose avec des diplômés en économie. Mais il n’existe pas d’Ordre d’économistes, là où existe un Ordre médical habilité à sanctionner les fautes professionnelles et à porter plainte pour exercice illégal. Certaines fautes sont simples à démontrer, d’autres plus opaques.

    Comme il n’existe pas d’exercice illégal de l’économie, puisque si métier ou profession il y a, elle n’est pas réglementée, donc pas de faute et pas de sanction.
    Comme il n’existe pas d’autorité incontestable sur la matière, donc il ne saurait exister d’autorité incontestée sans test incontestable.

    J’imagine donc que sous la plume de P. Jorion « autorités incontestés » équivaut à l’estime portée entre soi, articulée à une visibilité publique avérée. Ce qui est différent de l’expert au service d’une personne morale et rétribué par elle au rang dont l’Université l’a bardé, voire bombardé, avec enjeux d’intérêts discernables.

    Ensuite le moindre pleu pleu dans mon genre qui a affaire à des matières qu’il ne maîtrise pas, ne peut à un moment ou un autre qu’être pris dans un transfert positif à tel ou tel figure liée au mieux à un discours tenu, c’est à dire, d’avoir à la bonne par supposition, que celui-là s’y connait, au risque d’en devenir même un supporter zélé. La passion politique mène le plus grand nombre à ça, pendant que Kepler raisonne.

    La différence avec Kepler reste que les planètes se foutent de ses erreurs de calculs dans leur trajectoires ce qui n’est pas le cas des objets de calcul de l’économiste, qui peuvent s’en plaindre.

    Ça me semble exclure la posture de la belle âme dissertant sur les avantages et les inconvénients, la possibilité ou l’impossibilité de refonder ou pas le capitalisme, d’une part car le chercheur est engagé subjectivement d’une autre façon qu’il l’est comme astronome, d’autres part comme P. Jorion l’a récemment écrit, je cite de mémoire, la prédictibilité est faible. On fait depuis longtemps mieux avec la course des planètes du système solaire qu’avec les cours et les courses dans le capitalisme qui serait aussi un système, donc sujet à la maladie systémique.

    La masse des variables en économie politique me semble telle que la prétention d’un calcul maîtrisable ne fait que rencontrer les effets qu’ils ont eu après-coup dans l’histoire, lisible et enseignés.
    Ne vaudrait-il pas mieux poser le problème en terme de souhait, de désir, par exemple d’estimer si celui du maintien de la devise Liberté Égalité Fraternité est tenable sans qu’un pareil ménage à trois n’en mette un à l’écart. Autrement dit, à quelle conditions d’organisation économique, pareille devise est-elle praticable, a t-elle une « valeur » ?

    Si aucun mode production ne permet son effectuation, autant abandonner cette devise.

    Si un mode de production y répond plus favorablement, alors l’acte est en souffrance, et ça coutera ce que ça coutera, celui qui sait ce qu’il veut s’y rend, coûte que coûte, il est prêt à payer pour ça.

    1. @Rosebud 1871.
      Votre approche par la cosmologie est interessante . Kepler avait raison en se trompant et c’est Poincaré qui l’ a démontré :
      http://web.univ-pau.fr/~jcresson/histoire.pdf
      Repousser l ‘approche par les systèmes complexes ou la théorie du Chaos , pour la raison d’un trop grand nombre d’intrants ou variables, me semble un peu rapide .
      /// La masse des variables en économie politique me semble telle que la prétention d’un calcul maîtrisable ne fait que rencontrer les effets qu’ils ont eu après-coup dans l’histoire, lisible et enseignés. ////
      Si l’on persiste a étudier les systèmes complexes, on peut prendre comme hypothèse de base que sur l ‘infinité de variables d’entrée ou de boucles annexes , il en est de plus determinentes que d’autres … ou si l’on suppose fractal le système de boucle , la structure ELLE ausi est determinente en tant qu’intrant.
      Sur cette thèse , il suffit de se baser sur les intrants dominants (ou qui nous semblent tels) pour isoler les informations qui nous interessent , a savoir stabilité , attracteurs et zones fourchettes de ces attracteurs . Il est bon de se rapprocher de systèmes dont on connait les historiques (meteo , climats , ere glaciaires ou inter glaciaires) , pour faire de hypothèse d’approche .
      tout a fait intuitivement , je pourrais dire que le modèle economique de base (supposé discernable) induit des boucles collaterales opportunistes et ne sont pas constituants du système …mais ont une influence qui renforce la stabilité ou l’instabilité du système (J’ image ça par une pente plus forte des bords du “trou” de l’attracteur .
      Pour les systèmes économique (c’est là une opinion toute personnelle) , je pense que la dérive ou bifurcation vient de la monnaie qui est une réduction linearisée de l’outil complexe des échanges …lUn intrant majeur etant l’affect .. et cet affect ne pouvant optimiser la structure individu-groupe que sur le modèle ou il s’est formaté : le groupe restreint .
      Notre problème etant que cette thèse suppose des groupes de groupes, système fractal , peu linéarisé , non centralisé , et qu’il n’autorise pas ou peu , une economie basée sur le gain de productivité.

      1. @kercoz 10 février 2012 à 10:10
        Je ne savais pas que je faisais une approche par la cosmologie, je savais que j’utilisais Kepler parce que Jorion y a fait référence très récemment, et que je réitérais la dichotomie classique sciences dures/molles ou humaines ou conjecturales pour souligner avec force joke, sur la course, les courses, of course, les limites prédictives dans l’économie. Because ce que vous appelez l’intrant d’affect, où pourtant chez l’individu singulier la répétition existe au point qu’on a même pu fabriquer des syndromes pour épingler un ensemble de signes réguliers qui n’ont rien d’une loi naturelle (pour reprendre les termes de votre article) puisque certains évènements peuvent mettre un terme à cette répétition.
        Merci pour l’article mais je demeure inhibé face aux formules mathématiques. J’aurais appris qu’il existe une “masse cachée” faisant des pieds de nez à Newton.
        Je souscris à vos remarques sur les systèmes complexes, ou à celle de se rapprocher de systèmes dont on connait les historiques (météo , climats , ère glaciaires ou inter glaciaires) comme modèles économiques de base, etc. mais ce n’est pas tant le « comment ça marche » du coté des “mécanismes » qui est mon souci mais « pour aller où, pour qui et faire quoi ». Bref ce que je tentais de mettre en valeur comme tension entre la devise issue de 1789 et sa mise en acte effective montrant les impasses concrètes, ressenties, vécues quand bien même imaginaires donc récalcitrantes aux statistiques en vigueur du marché.
        L’obsession du gain marginal de productivité résonne avec l’idéologie de la concurrence, de la compétitivité, et pas de celle de la coopération et de la solidarité.
        Je ne doute pas que l’armée de matheux saurait utiliser leurs compétences dans d’autres buts dans un autre monde.

  7. A propos du dessin…
    Boire à la paille est bien connu pour multiplier les effets de l’alcool. D’où l’expression, saoul comme un cochon.

    1. La proposition du président Papoulias paraît tout aussi vague dans le Guardian
      “The leaders of the conservative New Democracy, social-democratic Pasok and pro-European Democratic Left said the President had suggested creating a government of “personalities” with broad parliamentary support, following talks on Monday that failed to produce a solution.”
      The Guardian

      Selon Le Point “formation d’un gouvernement d’experts à même d’éviter la faillite des comptes publics et un retour aux urnes précipité”

      Je suppose qu’il s’agit de mettre en place, pendant la campagne, une équipe plutôt europhiles que drachmaturges, vu les chefs de partis qui ont répercuté la proposition, je les imagine comptables.

    2. Un juge et 16 ministres, dont :
      “Le gouvernement est composé d’universitaires, d’un général à la retraite, d’un diplomate. Aux finances, Georges Zanias, qui a dirigé le conseil économique du pays, a été l’un des principaux négociateurs de la restructuration de dette réalisée au début de l’année par la Grèce. Petros Molyviatis, un diplomate de 83 ans, revient aux affaires étrangères où il a fait un passage en 2004-2006. L’ancien chef d’état-major des armées, Frangos Frangoulis, a été nommé ministre de la défense.”
      (source, Le Monde)

      1. @schizosophie: bon, ben espérons qu’ils n’aient pas pour charge de foutre le chaos et la peur du gauchiste en vue d’empêcher les élections et amener ainsi des généraux qui eux ne seraient pas encore à la retraite.

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