2011 : UNE ANNÉE SANS HISTOIRE

Ce que l’année 2011 aura brillamment illustré, c’est comment la dérégulation et la privatisation engendrent le dérèglement. C’était prévisible me direz-vous, eh bien, apparemment pas pour tout le monde, et en particulier pas pour les personnes que nous nous évertuons, vous et moi, depuis quarante ans, à asseoir par nos votes à la tête des affaires.

On entend dire bien entendu dans certains cercles que l’effondrement que nous observons se déroule selon un plan prévu. C’est là une vue exagérément charitable de l’intelligence et de la compétence de ceux qui, tant sur le plan officieux que sur le plan officiel, nous dirigent. La panique qui règne en ce moment au sommet réfute à suffisance la thèse du complot.

Que retenir de l’année 2011 ? Une offensive en règle contre l’État-providence, à l’occasion d’une crise de la dette dont on a décidé en haut-lieu que seuls les salariés en règleront la note et dont on a oublié, là aussi, qu’il a été mis en place pour que le capitalisme soit supportable à la masse des perdants de ce système, qui ne protesteraient pas trop si on leur donnait de jouir quand même en paix des petits plaisirs de la vie.

Les salaires extravagants des dirigeants des grosses entreprises furent considérés en 2011 comme une curiosité dont il n’y a pas lieu de se préoccuper spécialement. De même, le fait que les dividendes augmentent alors que le résultat des sociétés baisse. De même encore, le fait que les grosses entreprises dépensent en lobbying des sommes plus importantes qu’elles ne versent en impôts. Simples curiosités que tout cela, tout comme les stock-options, qui tombent dans la catégorie fiscale des « gains exceptionnels », même si elles ont représenté dans les années récentes, 43% des revenus de la fraction la plus fortunée de la population française.

Quand ils ont tendu la main au secteur bancaire, les États sont tombés dans le trou où celui-ci se trouvait déjà. Pourquoi ? « Parce que nous avons vécu au-delà de nos moyens », nous serine la presse bien-pensante. Ah oui ? Ne serait-ce pas plutôt parce que les gains de productivité dus à l’informatisation et à l’automation ont précisément été confisqués sous la forme de dividendes et de rémunérations extravagantes, plutôt que de passer en salaires à ceux dont le travail produisait davantage ? Et que le pouvoir d’achat qui manque à l’appel a très généreusement été masqué par un accès facilité au crédit, lequel fragilise l’économie irrémédiablement en étendant le réseau des créances nécessairement douteuses puisqu’elles seront remboursées à terme à l’aide de salaires insuffisants et déjà hypothéqués. Il suffit alors d’un incident mineur, comme la crise des « subprimes » aux États-Unis, pour que le château de cartes s’écroule à l’échelle de la planète.

Il ne s’agit encore là que de la France, qu’en est-il de la zone euro dans son ensemble, et des mesures prises pour la maintenir en vie ? Trop peu, trop tard, et ceci depuis janvier 2010, quand les difficultés de la Grèce ne purent être ignorées plus longtemps. Les politiques, les financiers, s’efforcèrent de rétablir la confiance, de réunions de ministres des finances en réunions de chefs d’État, à 7, à 8, à 17, à 20 ou à 27. Comme si « la confiance des marchés » pouvait être restaurée à coups de phrases ampoulées ! La confiance, pour ceux-ci, signifie seulement que l’argent prêté leur reviendra, et grossi d’intérêts plantureux pour bien faire. Or les États, à l’image des ménages, sont aujourd’hui fauchés.

Les choses vont-elles pour autant mieux ailleurs ? La nouvelle classe des millionnaires chinois, nous révèle un sondage, ne rêve que d’une seule chose : de s’installer dans le XVIe arrondissement de Paris. Cela ne présage rien de bon pour l’économie chinoise. À moins qu’une bonne nouvelle ne se cache dans la mauvaise : que les dépenses des millionnaires chinois en exil boosteront les exportations de leur mère-patrie – qui ne peut plus vraiment compter sur nos propres achats, à nous Occidentaux, étant donné l’état de nos finances. Autre « BRICS » sur lequel nous comptons pour sauver l’économie mondiale, puisque nous avons nous jeté l’éponge : la Russie, où les manifestants hier se disaient prêts à faire une nouvelle révolution.

Et les États-Unis ? Le plafond de la dette publique a été rehaussé le 2 août pour atteindre le niveau confortable des quinze mille milliards de dollars. Toute amélioration de la situation est désormais impossible, l’opinion publique américaine s’étant clivée entre deux camps : ceux, d’une part, qui refusent toute imposition nouvelle du capital comme des gros revenus « pour ne pas pénaliser l’économie », ajoutent-ils sans rire, et ceux, d’autre part, qui entendent défendre les derniers vestiges de l’État-providence aux États-Unis. La vente des armes à feu dans le pays connaît un boum sans précédent, « dont il est difficile de deviner la raison », ajoutait de manière touchante le commentateur qui rapportait la nouvelle.

Dans le même registre des choses difficiles à expliquer, le fait que les camps d’« indignés » ont poussé comme des champignons à la surface du globe en 2011. Une autre curiosité sans conséquence, n’en doutons pas.

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361 réflexions sur « 2011 : UNE ANNÉE SANS HISTOIRE »

  1. coucou,

    UN petit pourcentage, des petites variations et petit à petit l’equilibre fragile de nos société devient de plus en plus instable.
    Pourquoi la droite est synonyme de pouvoir et d’intolérance ?
    Pourquoi « faire trimer plus pour gagner plus  » Pourquoi ce slogan a t il eu autant de succès ?
    Pourquoi des idées economiques qui se sont avérées fausses, perverses, idiotes, insensées prospèrent elles encore et toujours , et toujours plus ?
    POurquoi la connerie dirige t’elle le monde ? ou le croit elle ?
    de bruit et de fureur …
    « Joyeuses fetes »
    Le pire n’est jamais sur.

    Stéphane

  2. Finalement, cette année aura été plutôt bonne, donc au final assez décevante.
    Compte tenu des prévisions apocalyptiques de nos nouveaux experts auto proclamés, je m’attendais à bien bien pire, dommage.
    Vivement l’avènement de la loi du plus fort, espérons en 2012, marre de tous ces discours pompeux et existentialistes.

  3. Le réchauffement climatique se confirme:

    http://www.wmo.int/pages/mediacentre/press_releases/gcs_2011_fr.html

    Le débat reste ouvert sur la part de responsabilité de l’activité productiviste frénétique des hommes dans ce processus. Personnellement je ne doute pas de cette responsabilité de notre espèce dans ce réchauffement, et plus particulièrement du capitalisme globalisé, qui dégrade toujours plus d’énergie sous forme de chaleur dans la biosphère et surtout qui produit des quantités toujours croissantes de gaz à effet de serre.

  4. Bonjour Paul.

    Le comportement de la finance est prévisible. Celui-ci est connue et peut s’ériger en théorème:

    La finance n’a pas de patrie et s’engouffre toujours là où il y a espérance du profit maximum au plus court terme possible,massivement parceque moutonnière et irresponsable parcequ’agissant dans un cadre légal. D’où l’importance d’un état de droit dans une démocratie représentative où elle peut s’épanouir pleinement.

    Tout ou partie des acteurs de la finance peuvent donc être instrumentalisés pour livrer bataille pour peu qu’ils soient orientés (rumeurs, agences de notation, médias, experts, politiques) et créer l’effet de meute sur un objectif choisi dans le but de destabiliser ou de détruire des pans entiers de l’économie d’un pays voir d ‘un continent.

    Ce n’est pas seulement à la mise en coupe réglée de « l’état providence » (vue de l’esprit) à laquelle nous assistons mais bel et bien à la mise sous tutelle de toute la zone euro par la prise progressive du pouvoir exécutif (donc législatif) des états par des « supers banquiers ». Tout ce qui est privatisable le sera.

    Attaque des dettes souveraines–>attaque des banques détenant ces dettes–>attaque des états obligés de soutenir les banques–>aggravation des dettes d’état –>austérité, privatisation massive qui n’est pas une conséquence malheureuse mais un but à atteindre pour ne réduire la gouvernance européenne qu’à un vaste conseil d’administration.

    L’apurement des dettes croisées entre état (détenues par le système bancaire) pour une » remise à zéro » ne peut pas être imposé sans modification de la législation et de plus la réduction de la masse monnaitaire ne reposant que sur la dette faute de pouvoir reposer sur autre chose qui s’en suivrait plongerait l’union européenne dans une récession sans précédent avec des conséquences planètaires.

    Le problème est que, dans un cadre donné avec des règles données, l’on maîtrise parfaitement les systèmes mathématiques ayant comme principe les dettes croisées à maturités différentes et à écarts constants de rendement au coup par coup. De là à penser que quelques uns puissent en faire leur choux gras, il n’y a qu’un pas.

    Il y a complot, la cupidité n’explique pas tout, la machine est trop bien huilée.

    1. Bonsoir,

      Que pensez-vous d’un apurement des dettes croisées si elles deviennent propriétés des banques centrales et plus du système bancaire?

      Jouable ou pas?

      La réduction de masse monétaire ne pose plus de problème car compensable par de la création.

      Quant à la législation, la pauvre fille n’en est plus à un viol près…

      La vrai question est bien sûr à quelle valeur les banques centrales rachèterait cette dette, au nominal c’est cadeau aux banques commerciales, au prix du marché ça se réduit déjà pas mal non?

      1. Bonsoir la m…

        Les banques centrales appartiennent aussi au système bancaire, ce sont des entités privées.

        Mon avis est le suivant: Il n’existe aucune solution pour sortir de ce merdier dans le cadre légal actuel et à venir j’en ai bien peur. Vous reprenez le terme d’apurement. Il existe un terme proche: Epuration, dans la finance il n’y a pas d’innocent.

    1. @TomBlabong

      Je les a découvert depuis, je pense qu’ils se presentent et agissent comme un lobby contre feu au groupes financiers qui font pression à Bruxelles :

      je cite :

      Finance Watch est une association dont l’objectif est de faire prendre en compte par la société la dimension d’intérêt général de l’industrie financière.

      Notre mission est de renforcer la voix de la société et de la faire peser dans les réformes nécessaires de la réglementation financière. Il s’agit de médiatiser les arguments découlant de l’intérêt général auprès des politiques et des citoyens, et de les mobiliser comme contrepoids aux intérêts privés des lobbies de l’industrie financière.

      C’est une excellente initiative, ^parmi d’autres qui vont certainement emerger suite aux prises de conscience et au raz le bol généré par les agissements des banksters .

      La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien.
      Edmund Burke

  5. A Christmas Message From America’s Rich

    Taibblog

    by: Matt Taibbi

    It seems America’s bankers are tired of all the abuse. They’ve decided to speak out.

    True, they’re doing it from behind the ropeline, in front of friendly crowds at industry conferences and country clubs, meaning they don’t have to look the rest of America in the eye when they call us all imbeciles and complain that they shouldn’t have to apologize for being so successful.

    But while they haven’t yet deigned to talk to protesting America face to face, they are willing to scribble out some complaints on notes and send them downstairs on silver trays. Courtesy of a remarkable story by Max Abelson at Bloomberg, we now get to hear some of those choice comments.

    Home Depot co-founder Bernard Marcus, for instance, is not worried about OWS:

    “Who gives a crap about some imbecile?” Marcus said. “Are you kidding me?”

    Former New York gurbernatorial candidate Tom Golisano, the billionaire owner of the billing firm Paychex, offered his wisdom while his half-his-age tennis champion girlfriend hung on his arm:

    “If I hear a politician use the term ‘paying your fair share’ one more time, I’m going to vomit,” said Golisano, who turned 70 last month, celebrating the birthday with girlfriend Monica Seles, the former tennis star who won nine Grand Slam singles titles.

    Then there’s Leon Cooperman, the former chief of Goldman Sachs’s money-management unit, who said he was urged to speak out by his fellow golfers. His message was a version of Wall Street’s increasingly popular If-you-people-want-a-job, then-you’ll-shut-the-fuck-up rhetorical line:

    Cooperman, 68, said in an interview that he can’t walk through the dining room of St. Andrews Country Club in Boca Raton, Florida, without being thanked for speaking up. At least four people expressed their gratitude on Dec. 5 while he was eating an egg-white omelet, he said.

    “You’ll get more out of me,” the billionaire said, “if you treat me with respect.”

    Finally, there is this from Blackstone CEO Steven Schwartzman:

    Asked if he were willing to pay more taxes in a Nov. 30 interview with Bloomberg Television, Blackstone Group LP CEO Stephen Schwarzman spoke about lower-income U.S. families who pay no income tax.

    “You have to have skin in the game,” said Schwarzman, 64. “I’m not saying how much people should do. But we should all be part of the system.”

    There are obviously a great many things that one could say about this remarkable collection of quotes. One could even, if one wanted, simply savor them alone, without commentary, like lumps of fresh caviar, or raw oysters.

    But out of Abelson’s collection of doleful woe-is-us complaints from the offended rich, the one that deserves the most attention is Schwarzman’s line about lower-income folks lacking “skin in the game.” This incredible statement gets right to the heart of why these people suck.

    Why? It’s not because Schwarzman is factually wrong about lower-income people having no “skin in the game,” ignoring the fact that everyone pays sales taxes, and most everyone pays payroll taxes, and of course there are property taxes for even the lowliest subprime mortgage holders, and so on.

    It’s not even because Schwarzman probably himself pays close to zero in income tax – as a private equity chief, he doesn’t pay income tax but tax on carried interest, which carries a maximum 15% tax rate, half the rate of a New York City firefighter.

    The real issue has to do with the context of Schwarzman’s quote. The Blackstone billionaire, remember, is one of the more uniquely abhorrent, self-congratulating jerks in the entire world – a man who famously symbolized the excesses of the crisis era when, just as the rest of America was heading into a recession, he threw himself a $5 million birthday party, featuring private performances by Rod Stewart and Patti Labelle, to celebrate an IPO that made him $677 million in a matter of days (within a year, incidentally, the investors who bought that stock would lose three-fourths of their investments).

    So that IPO birthday boy is now standing up and insisting, with a straight face, that America’s problem is that compared to taxpaying billionaires like himself, poor people are not invested enough in our society’s future. Apparently, we’d all be in much better shape if the poor were as motivated as Steven Schwarzman is to make America a better place.  

    But it seems to me that if you’re broke enough that you’re not paying any income tax, you’ve got nothing but skin in the game. You’ve got it all riding on how well America works.

    You can’t afford private security: you need to depend on the police. You can’t afford private health care: Medicare is all you have. You get arrested, you’re not hiring Davis, Polk to get you out of jail: you rely on a public defender to negotiate a court system you’d better pray deals with everyone from the same deck. And you can’t hire landscapers to manicure your lawn and trim your trees: you need the garbage man to come on time and you need the city to patch the potholes in your street.

    And in the bigger picture, of course, you need the state and the private sector both to be functioning well enough to provide you with regular work, and a safe place to raise your children, and clean water and clean air.

    The entire ethos of modern Wall Street, on the other hand, is complete indifference to all of these matters. The very rich on today’s Wall Street are now so rich that they buy their own social infrastructure. They hire private security, they live on gated mansions on islands and other tax havens, and most notably, they buy their own justice and their own government.

    An ordinary person who has a problem that needs fixing puts a letter in the mail to his congressman and sends it to stand in a line in some DC mailroom with thousands of others, waiting for a response.

    But citizens of the stateless archipelago where people like Schwarzman live spend millions a year lobbying and donating to political campaigns so that they can jump the line. They don’t need to make sure the government is fulfilling its customer-service obligations, because they buy special access to the government, and get the special service and the metaphorical comped bottle of VIP-room Cristal afforded to select customers.

    Want to lower the capital reserve requirements for investment banks? Then-Goldman CEO Hank Paulson takes a meeting with SEC chief Bill Donaldson, and gets it done. Want to kill an attempt to erase the carried interest tax break? Guys like Schwarzman, and Apollo’s Leon Black, and Carlyle’s David Rubenstein, they just show up in Washington at Max Baucus’s doorstep, and they get it killed.

    Some of these people take that VIP-room idea a step further. J.P. Morgan Chase CEO Jamie Dimon – the man the New York Times once called “Obama’s favorite banker” – had an excellent method of guaranteeing that the Federal Reserve system’s doors would always be open to him. What he did was, he served as the Chairman of the Board of the New York Fed.

    And in 2008, in that moonlighting capacity, he helped orchestrate a deal in which the Fed provided $29 billion in assistance to help his own bank, Chase, buy up the teetering investment firm Bear Stearns. You read that right: Jamie Dimon helped give himself a bailout. Who needs to worry about good government, when you are the government?

    Dimon, incidentally, is another one of those bankers who’s complaining now about the unfair criticism. “Acting like everyone who’s been successful is bad and because you’re rich you’re bad, I don’t understand it,” he recently said, at an investor’s conference.

    Hmm. Is Dimon right? Do people hate him just because he’s rich and successful? That really would be unfair. Maybe we should ask the people of Jefferson County, Alabama, what they think.

    That particular locality is now in bankruptcy proceedings primarily because Dimon’s bank, Chase, used middlemen to bribe local officials – literally bribe, with cash and watches and new suits – to sign on to a series of onerous interest-rate swap deals that vastly expanded the county’s debt burden.

    Essentially, Jamie Dimon handed Birmingham, Alabama a Chase credit card and then bribed its local officials to run up a gigantic balance, leaving future residents and those residents’ children with the bill. As a result, the citizens of Jefferson County will now be making payments to Chase until the end of time.

    Do you think Jamie Dimon would have done that deal if he lived in Jefferson County? Put it this way: if he was trying to support two kids on $30,000 a year, and lived in a Birmingham neighborhood full of people in the same boat, would he sign off on a deal that jacked up everyone’s sewer bills 400% for the next thirty years?

    Doubtful. But then again, people like Jamie Dimon aren’t really citizens of any country. They live in their own gated archipelago, and the rest of the world is a dumping ground.

    Just look at how banks like Chase behaved in Greece, for example.

    Having seen how well interest-rate swaps worked for Jefferson County, Alabama, Chase “helped” countries like Greece and Italy mask their debt problems for years by selling a similar series of swaps to those governments. The bank then turned around and worked with banks like Goldman, Sachs (who were also major purveyors of those swap deals) to create a thing called the iTraxx SovX Western Europe index, which allowed investors to bet against Greek debt.

    In other words, banks like Chase and Goldman knowingly larded up the nation of Greece with a crippling future debt burden, then turned around and helped the world bet against Greek debt.

    Does a citizen of Greece do that deal? Forget that: does a human being do that deal?

    Operations like the Greek swap/short index maneuver were easy money for banks like Goldman and Chase – hell, it’s a no-lose play, like cutting a car’s brake lines and then betting on the driver to crash – but they helped create the monstrous European debt problem that this very minute is threatening to send the entire world economy into collapse, which would result in who knows what horrors. At minimum, millions might lose their jobs and benefits and homes. Millions more will be ruined financially.

    But why should Chase and Goldman care what happens to those people? Do they have any skin in that game?

    Of course not. We’re talking about banks that not only didn’t warn the citizens of Greece about their future debt disaster, they actively traded on that information, to make money for themselves.

    People like Dimon, and Schwarzman, and John Paulson, and all of the rest of them who think the “imbeciles” on the streets are simply full of reasonless class anger, they don’t get it. Nobody hates them for being successful. And not that this needs repeating, but nobody even minds that they are rich.

    What makes people furious is that they have stopped being citizens.

    Most of us 99-percenters couldn’t even let our dogs leave a dump on the sidewalk without feeling ashamed before our neighbors. It’s called having a conscience: even though there are plenty of things most of us could get away with doing, we just don’t do them, because, well, we live here. Most of us wouldn’t take a million dollars to swindle the local school system, or put our next door neighbors out on the street with a robosigned foreclosure, or steal the life’s savings of some old pensioner down the block by selling him a bunch of worthless securities.

    But our Too-Big-To-Fail banks unhesitatingly take billions in bailout money and then turn right around and finance the export of jobs to new locations in China and India. They defraud the pension funds of state workers into buying billions of their crap mortgage assets. They take zero-interest loans from the state and then lend that same money back to us at interest. Or, like Chase, they bribe the politicians serving countries and states and cities and even school boards to take on crippling debt deals.

    Nobody with real skin in the game, who had any kind of stake in our collective future, would do any of those things. Or, if a person did do those things, you’d at least expect him to have enough shame not to whine to a Bloomberg reporter when the rest of us complained about it.

    But these people don’t have shame. What they have, in the place where most of us have shame, are extra sets of balls. Just listen to Cooperman, the former Goldman exec from that country club in Boca. According to Cooperman, the rich do contribute to society:

    Capitalists “are not the scourge that they are too often made out to be” and the wealthy aren’t “a monolithic, selfish and unfeeling lot,” Cooperman wrote. They make products that “fill store shelves at Christmas…”

    Unbelievable. Merry Christmas, bankers. And good luck getting that message out.

      1. Je résume les riches se foutent de la gueule des pauvres et ne supportent pas qu’on les traite de mauvais, pour eux ils ne le sont pas car ils n’ont fait que profiter de la bêtise du peuple plus nombreux qui les laisse faire, comme ils sont malins ils s’en sont mis plein les poches et ils ne voient pas pourquoi ils iraient payer pour les autres, eux qui payent déjà les politiciens pour qu’ils fassent leurs 4 volontés, ils trouvent cela bien suffisant ceci d’autant qu’il y a des crapules de pauvres coupables de ne pas gagner assez pour payer des impôts alors que tout le monde devrait participer comme ils disent.

    1. En voici une couche supplémentaire… S’humanise dans le sens colle à un certaine facette de la nature humaine et pas forcément la plus vertueuse?

      La Commission européenne refuse de geler les salaires des quelque 44.000 fonctionnaires européens. Les Etats membres, qui estiment que tout le monde doit faire des efforts en période de crise, ont décidé de se tourner vers la Cour européenne de justice (CEJ).

      http://www.lesoir.be/actualite/monde/2011-12-29/l-europe-refuse-de-geler-les-salaires-des-eurocrates-886967.php

  6. Comme pour le Monaco Yacht Show où j’ai cru au débarquement en Normandie tellement il y avait de bateau , le capitalisme se porte très bien n’en déplaise à ceux qui le croit finit, tant qu’il y aura des consommateurs, il y aura des profiteurs pour en vivre. Hors comme nous sommes entouré de révolutionnaires qui s’indignent seulement de ne pas pouvoir consommer, ce n’est pas demain la veille que nous aurons un monde meilleur, il y a encore de la marge pour le pire !!!

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/20111228trib000674097/ignorant-la-crise-porsche-affiche-des-ventes-record.html

      1. Justement Paul, les indignés à côté du marché de Noël à la défense en novembre, j’ai vu et j’ai été indigné que cela ne soit que ça : quatre pelés quatre tondus il manquait juste la bouteille au tableau, vraiment cela ne faisait pas sérieux et ce n’est pas avec ce type de mouvement bidon qu’on va changer quelque chose, au contraire même ça doit les faire bien rire les nantis ce spectacle ridicule., alors à ce rythme là je vous prédis encore plus de vente de porsches en 2012.
        Et n’allez pas croire que cela me réjouis mais vraiment je m’attendais à autre chose que ce mouvement mou et n’importe quoi, heureusement que Louise Michel est morte et qu’elle ne voit pas ce que la société de consommation a fait de ses descendants…

        Je vais vous dire Paul, je fais partie des rare à dire NON depuis toujours quand cela ne me convient pas, j’ai même fait partie des rares à contester une banque en justice, mais derrière vous ne se tiennent la plupart du temps que des moutons, alors ça me suffit personnellement, puisqu’on ne peut en venir à bout de cette société, je vais retourner en tirer profit de la connerie humaine puisque malheureusement c’est la seule certitude qui ne m’a jamais déçue.

      2. Un gaulois ça mijote longtemps…mais c’est comme une cocotte sans le petit goupillon, les zélus le savent…de là songer qu’ils comptent sur une explosion historique pour détourner l’attention de leurs contes, comptes et agissements officiels ou discrets ? Ceci état dit, l’est moins con qui sait l’paraître le gaulois, même d’adoption ! N pour le chat sauvage et ses socquettes noires ?

  7. La facture énergétique a bondi de 30 % en 3 ans

    Comment ne pas voir que la crise reflète d’abord les tensions croissantes entre une demande avide qui croit pourvoir croître à l’infini (l’homme tant par son nombre que par ses désirs) et une offre à bout de souffle qui se prend le grand retour du réel.

    Et dire que nous sommes encore sur le plateau de production pétrolier atteint en 2005 et que d’ici quelques mois nous allons quitter ce plateau pour rentrer dans l’ère de la décroissance plus que probablement discontinue.

    Conclusion : Profitons des ces derniers moments de « normalité », car le restant de nos vies ne pourra être fait que de rationnement et ce dans le meilleur des meilleurs des cas.

    1. Au risque de me faire bouler, ce pendant de la crise énergétique me semble bien mis au retrait dans les analyses de ce blog, pourtant c’est beaucoup plus palpable que les prise de choux sur Lacan et autres.
      A la limite, les débats sur les débats, font partis de « la crise » , de l’épuisement énergétique, la gabegie indécente, alors que la raison voudrait, que là aussi, on fasse dans la mesure.

  8. Si on commençait par arrêter le chauffage dans les maisons de retraite, mouroir pour mouroir autant que ça aille vite !!!

  9. Il n’y a pas d’alternative,

    Comment la finance contrôle le débat économique
    La crise fait rage, mais le débat n’avance pas. La seule solution qui émerge, se serrer la ceinture pour payer les banques. Mais n’est ce pas la définition même de la crise : « quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître » ? Sauf que cette fois la formule d’Antonio Gramsci ne fonctionne pas : les économistes hétérodoxes, les Lordon, Sapir, Gréau… ont des solutions. Le vrai problème : ils ne sont pas entendus. Est-ce surprenant ? La finance contrôle le débat économique.

    Y’en a que pour les banquiers
    Qui nous a informé sur la crise cet été ? Essentiellement des banquiers. En août, dix articles du Monde traitent du fond du problème dans les pages débat. Sur ces 10 articles, 16 citations proviennent d’individus liés aux institutions financières, et 6 d’individus non liés directement à la finance. 76,6 % de citations pour les financiers, c’est beaucoup pour les responsables de la crise. Le Monde n’est pas le seul. Le 11 Août, le Nouvel Obs titre sur : « Les incendiaires. Comment ils nous plongé dans la crise ». Là encore les banquiers ne sont pas les incendiaires, mais les experts ! Anton Brender, autrefois réputé de gauche, directeur des études économiques de Dexia Asset Management – vu les performances de son entreprise on s’attendrait à davantage d’humilité – dispose de deux pages pour clamer que : « Ce ne sont pas les marchés qui sont en cause mais l’impuissance politique ». Géniale novlangue : les marchés remplacent les banques, car ce sont elles qui spéculent contre l’euro. Mais comment un économiste pourrait-il cracher dans la main qui le nourrit ?

    Pourquoi les journalistes sont-ils si prompts à gober pareilles mystifications ? Leur réponse est invariable : « On n’a pas le temps ». Et c’est le génie des banques de l’avoir compris, comme l’explique une journaliste de l’Expansion : « Les banquiers savent répondre vite, ils sont payés pour ça. Ce qui n’est pas le cas des universitaires qui réfléchissent, et dont les nuances sont difficiles à retranscrire ». Et c’est vrai, la pression est importante. Au Monde, une journaliste économique a signé 29 articles au mois d’août, soit plus d’un par jour travaillé, une autre en a signé 18, et ce n’est pas le journal le plus mal doté.

    […]

    Mercredi 16 Novembre 2011
    Bertrand Rothé

    La suite ici :

    http://www.marianne2.fr/BertrandRothe/Comment-la-finance-controle-le-debat-economique_a26.html

    1. Incapables de négocier les comptes des erreurs politiques et économiques (ou la manipulation constante du fait social) accumulées, les décideurs comptent bien sur leurs troupeaux pour apurer les dettes, par transfert, part misère, et part révolte, tout est bon pour surfer en haut de la vague, il n’y a pas d’idéologie qui contienne les faits..légitime-ment ? TINA it AIN’T work..les parieurs croient pouvoir tout couvrir en positions et contre-positions, en finance comme en politique, jusqu’au goût carnassier de l’ammamnèse systèmique, ça va faire gros temps..

  10. Juste une précision , au sujet de la Russie.

    Ce n’est qu’une frange minoritaire , travaillée en sous-main par certains groupes d’agitateurs occidentaux qui envisage de » faire la révolution ».

    Je ne m’inquiète pas pour ce pays , surtout depuis que Vladimir Vladimirovitch et les siens ont repris la main.

    Je vous invite à lire mon dernier commentaire sur le dernier article de Spoutnitsi, où j’aborde un peu plus en détail la question Russe.

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