LA MOUISE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Si vous avez jamais eu la malchance de vivre dans une famille fauchée, les discussions à l’infini vous sont familières sur « qu’est-ce qu’on pourrait bien faire pour arranger un peu nos affaires ? ».

Ça n’avance pas, ça tourne en rond, puisque le plus souvent, la solution n’est même pas du ressort de ceux qui la recherchent désespérément, mais dans un monde extérieur qui devrait retrouver sa santé pour que les choses puissent enfin un peu s’arranger.

La seule chose qu’on parvienne à faire dans ces ruminations vaines de la raison, c’est tuer le couple, puis la famille toute entière. Léo Ferré (*), qui trouvait toujours des mots simples pour tout, nous parlait de

Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu’on est toi et moi,
Nous revient sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma,
Et mon succès qui ne vient pas,
Et notre pitance incertaine.
Tu vois je n’ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer
Qui constate notre faillite.

L’Europe en est là : on tourne en rond, on s’engueule comme entre Allemands et Grecs : « Feignasse ! » – « Tu t’es déjà regardé ? Grippe-sous ! » et on ne parle que d’une seule chose en réalité : on ne parle que du fait d’être fauché. Comme dans les familles, on se blâme l’un l’autre, plutôt que de se rebeller contre un système injuste qui nous tient prisonnier, contre ce cadre global qui, avec la régularité du pendule, concentre la richesse – jusqu’à ce que la machine économique soit complètement grippée, et laisse aux 99% perdants, le soin de se débattre avec le trou de l’argent qui manque à sa place.

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(*) Léo Ferré et Francis Claude.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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146 réflexions sur « LA MOUISE »

  1. Oh, comme c’est bien dit !!!!

    Je prends une option sur le copyright
    et m’en vais de ce pas publier ce papier cinglant sur mes pages perso.

    Bonsoir.

    PS: le cadre est tout de même en train de se déformer un peu ces temps-ci, on dirait. Voire en train de craquer de ci, de là. Du moins je l’espère.

      1. Léo, Georges, Jacques…..vivaient-ils à une époque moins « asseptisée » ou leurs personnalités et leurs paroles auraient-elles pu (à notre époque) transpercer le coton « libéral » qui obstrue nos larynx et nos tympans…

  2. Ah cher Léo, tu nous manques. Ta grande gueule et ton verbe sans compromis. Oui, les fin de mois difficile et ce succès qui ne viendra jamais….

  3. « >aux 99% perdants, le soin de se débattre avec le trou de l’argent qui manque à sa place »
    Nous aurons alors tout le temps de composer un nouvel hymne : « l’ode aux rats »

  4. Si l’on voulait casser la machine à broyer 99% de perdants ( dont nous sommes tous autour du blog de PJ ), il semblerait que ce serait vraiment justice – en retour – de la part de ces 99% d’élire en 2012 quelqu’un ( sinon quelqu’une ) qui s’engagerait à faire un bras d’honneur aux tenants du système tout en leur disant que les dettes sont désormais effacées! Finita la comédia ! O €… O Fr !

    Qu’est-ce qui se passerait concrètement alors ?

    1. ça ne suffira pas,

      Première étape, il faut supprimer les devises mondiales actuelles et les remplacer par des bons publics nominatifs momentannés de consommation, distribués par les mairies pour passer outre aux banques.. Les magasins et entreprises de service ayant l’ordre de n’accepter que ces bons de manière à neutraliser immédiatement les rapaces qui s’attaquent aux pays, voir aux continents !!
      Ensuite s’assurer q’ils sont humains..

    2. je ne sais pas.
      mais UN pays sortant du système financier mondial devrait pour celà pouvoir se suffire à lui même, et étant occupé à son organisation, se ferait envahir avant d’avoir pu savourer son autonomie.

      D’autre part, remplacer la crainte de l’incertitude que le soleil se lèvera bien demain par de la bonne volonté collective, c’est perdu d’avance.
      Quand on voit que les forces qui se partagent la planète sont prêtes à sacrifier les masses jusqu’à une guerre mondiale s’il le faut pour rester dans le top 5, aimer son prochain c’est le canon dans la bouche qu’il faudra pour leur en expliquer l’avantage.

      D’abord, on va bien tous goutter à l’abîme, ne te fait pas d’illusion.

    3. Quatre mesures d’urgence contre la crise
      http://www.npa2009.org/content/quatre-mesures-d%E2%80%99urgence-contre-la-crise%E2%80%89

      1. Un bouclier social contre la crise : augmentation des salaires et des minimas sociaux : 300 euros pour toutes et tous ; le Smic à 1 600 euros net ! Interdiction des licenciements, relance des services publics par la création massive d’emplois dans l’éducation et la santé, retour à la retraite à 60 ans à taux plein.

      2. Un financement de ces mesures qui fait payer les capitalistes. Annulation de la dette et de ses intérêts. Moratoire sur la base d’un audit sous contrôle populaire. Arrêt des cadeaux fiscaux et augmentation des impôts sur les riches et les grandes entreprises.

      3. La saisie des banques et leur unification sous contrôle de la population et des travailleurs.

      4. La sortie du nucléaire, en développant des énergies renouvelables, en particulier l’éolien, en réorganisant un service public de l’énergie, des transports, de l’habitat par une planification démocratique, sociale et écologique.

  5. Félix Guattari à la télé grecque (1992)

    Extrait :

    « De la Grèce

    F. G.: La Grèce c’est le mauvais élève de l’Europe. C’est toute sa qualité. Heureusement qu’il y a des mauvais élèves comme la Grèce qui portent de la complexité. Qui portent un refus d’une certaine normalisation germanico-française, etc. Alors continuez d’être des mauvais élèves et nous resterons de bons amis… »
    … … … …

    http://deterritorium.wordpress.com/2011/09/22/felix-guattari-a-la-tele-grecque-1992/

    1. C’ est un fait que les gens doués sont souvent mauvais élèves, vu ce qu’ on « apprend à l’ école », ces gens y dépérissent souvent d’ ennui. Je ne dis pas que les Grecs sont des gens doués, je dis que je préférerai toujours la chaleur du sud à la froideur du nord.

      Autre chose à laquelle je pense souvent, rien à voir avec la première ; nous faisons la part belle à ceux-la qui prétendent nous gouverner en formulant ce qu’ ils veulent qu’ on pense.

  6. De l’Europe

    F. G.: Il y a eu une prise de pouvoir d’une pseudo normalité. Contrôle de l’université par les tenants du savoir… Le triomphe, apparent, du néo-libéralisme, la religion du marché… Comme si la rentrée dans le marché économique devait résoudre comme par miracle tous les problèmes… Donc beaucoup d’illusions, beaucoup de fascination. Notamment de la part des pays de l’Est à l’égard des modèles occidentaux. Et puis, ils s’aperçoivent à l’arrivée que c’était plus compliqué que ce qu’ils croyaient. Alors, donc, il y a une sorte à la fois de ce que j’ai appelé, de glaciation, d’entrée dans les années d’hiver dont on se demande quand est-ce qu’on va s’en sortir… Avec des théories, comme ça, très cyniques, comme le post-modernisme, qui dit que c’est comme ça parce que ça ne peut pas être autrement, « il faut s’adapter », etc. Mais tout ça… ça correspond à une sorte de tabula rasa par rapport à beaucoup d’idées, beaucoup d’illusions. A partir de laquelle devant nous se trouve la question… Je dirais la question de la question… Un nouveau questionnement. Une nouvelle invention de perspectives, de propositions, de pratiques. Donc, je crois que l’on est dans une espèce de mixte entre une démoralisation collective que l’on ressent beaucoup un peu partout en Europe. Et puis, en même temps avec un espoir de reconstruire quelque chose. Il n’y a pas grand-chose de manifeste dans ce domaine, encore que dans le domaine de l’écologie, il y a des gens qui commencent à réagir et à intervenir. Tout ça est devant nous… Tout un futur qui est en train de s’élaborer.

    Mais, aujourd’hui, qui est-ce qui est concepteur ? Eh bien ce ne sont pas des intellectuels, Leaders, avec un « L » majuscule. Ce sont des agencements d’intellectualité. Ce sont des mutations géopolitiques. Ce sont des mutations de sensibilité. Une capacité aujourd’hui de lire le monde, tel qu’il évolue, à une vitesse prodigieuse. C’est ça être concepteur.

    http://deterritorium.wordpress.com/2011/09/22/felix-guattari-a-la-tele-grecque-1992/

  7. Merci Paul pour votre Blog, instructif, mais les raisons de la pauvreté (pauvreté net d’une famille, une entreprise ou pays, car on peut être riche de ses dettes, c’est à dire bien pauvre, comme tous, la France la première) ne sont il lié, a votre avis, qu’au cadre, ou pourrait être lié aux prix des énergies?
    Que vous inspire cet interview de Jean Mark Jancovici, qui tiens aussi des propos limpide et logique : http://www.youtube.com/watch?v=Jpa-cnUm4Sg (à partir de la minute 9 pour les pressé)
    Finalement, ce cadre ne devait il jamais être découvert (car non douloureux, ou invisible, tant que l’énergie était « donné »), mais l’a été car la rareté des ressources a été sous estimé?

    1. L’un n’empêche pas l’autre … (cadre inadapté + énergie chère).

      Les choses empirent en effet depuis le premier choc pétrolier.

  8. L’humour vaincra.
    Avec lui la vie vaincra…

    Il existe une profession qui a l’obligation de faire usage de faux.

    Pour toutes les autres catégories concernées qui font usage de faux ( en normes comptables , en jeux financiers , en jeux d’écriture , en désinformation etc etc l’usage de faux ,très répandu donc, est prohibé.)

    ça tombe excellemment bien car il y a une morale dans cette crise multiforme.
    L’exercice de l’usage généralisé du faux est sanctionné.
    Crise vient du Grec qui signifie jugement.

    Le jugement est sans appel, car l’exercice généralisé du faux et de l’usage du faux est sanctionné.. par le devenir historique en cours.

    Nous sommes donc fauchés.
    Il faut le prendre comme une excellente nouvelle, car cela va déciller les yeux de bien des athées , agnostiques ou matérialistes.

    L’Esprit est omni- présent pour qui sait le lire à l’oeuvre.
    Lacan a effleuré le sujet dont l’objet est le génie du langage.
    Cette entité est réelle et agissante dans toutes les langues du monde.
    La Psychanalyse a aussi entrouvert aussi une porte en relevant l’acuité des lapsus.

    Résultat de la devinette selon laquelle l’usage de faux est non seulement recommandé mais quelquefois obligatoire dans certaines contrées du monde:

    Le paysan est celui qui tient dans ses mains l’avenir de l’humanité , en cas de crise gravissime.
    Ceux qui sont capables de ne pas manger ni de boire comme Prahlad Jani sont très très peu nombreux dans le monde, car le génie du pranisme (sanskrit Prana) n’est accessible qu’à certaines individualités…

    Nous avons presque tous besoin de manger.
    Nous allons très bientôt porter de l’attention et du respect à ceux qui vont avoir entre leurs mains la clef de notre futur, si la crise devait s’aggraver à l’extrême.

    Je vous ai présenté l’usage de faux de nos paysans .
    Il ne s’agit pas d’humour noir, quoique la mort saisissant la vie de bien des humains au cours de cette année 2011, ne manque pas d’acuité.

    Merci au modérateur de laisser passer ce post car il a pour fonction de sortir aussi de la désespérance .
    Nous avons en nous une énorme puissance (fides et plus encore)qui peut être libérée en cas de danger extrême, pour autant que la relation au monde spirituel soit fermement établie.

    1. @ George,

      Bonsoir,

      Je me sens en accord total avec le fond, la forme, l’intention et l’état de vos mots.

      Sensiblement.

      J’ose proclamer sans vous connaître que ces quelques mots nous ont rendus amis et frères.

      Merci Georges, si quelque chose-être de Brassens il subsiste, ce qui est indiscutable, n’est-il pas, nous sommes certains que cela anime maintenant notre coeur et notre sourire, Léo et Francis Claude inclus, parmi tant d’autres porteurs d’espoir à fleur de vie.

      GEORGES BRASSENS – SUPPLIQUE POUR ÊTRE ENTERRÉ À LA PLAGE DE SÈTE + LYRICS
      http://www.youtube.com/watch?v=SmyyHZHa1Cg

      Belle soirée

      Putain, on va le faire et ça va le faire, et pis c’est tout..lol

    2. Sans prétendre au pranisme, il est possible de manger très peu et juste l’essentiel pour vivre en plutôt meilleure santé que les autres en faisant de l’exercice physique normal et cela jusqu’à un âge avancé. Pas d’alcool pas de tabac et pas de viande d’aucune sorte…

    3. Je vous la fais« hard » et avec un sous-texte ?

      Vous arrivez bien tard, George, la place est prise, mon bon Monsieur, car voyez- vous, pour ceux qui en profitent, le mieux (saisissez la nuance), l’important est de se battre : il faut un ennemi pour montrer sa valeur et recevoir du peuple la couronne ! Hélas, le capitalisme n’a plus d’ennemi avec lequel, de connivence, mettre en scène la guerre froide. Elle fut pourtant un beau prétexte pour enchaîner les hommes et les femmes aux machines, de part et d’autre, sans que de trop s’engueuler en vain, ils ne finissent poser des questions.

      Et tant de fins sourires convenus, lorsqu’ils croient nous voir venir, raplatis qu’ils sont, sur le mauvais côté de la courroie de transmission (sommes jamais été nombreux à comprendre le jeu des courroies emmêlées). Une mise en scène de cette envergure ça coûte cher , certes, mais les machines tournent, les sous rentrent. De l’autre côté du rideau, les limousines partent en tournée d’inspection accompagnée par les filles, avec quelques risques, il est vrai : le vol des oies sauvage au-dessus de Thulé, rappelez le-vous.

      Après la fin du simulacre est-ouest, le capitalisme n’a plus d’extérieur ; la théorie économique néolibérale dont la fonction était de masquer la domination, fait tourner ses équations en roue libre, lesquelles montrent alors leur incohérence. Allons-y, puisque ça marche sur le papier, à ce niveau quand il n’y a plus d’externalité pour justifier quand ça coince, c’est piégeux !

      Là, tout de suite, ce masque est près de montrer la corde dont il est tissé. Dès lors, il ne lui reste que de puiser en lui-même le renouvellement de son ennemi, tant il est vrai que l’intelligence des anciens ennemis fait défaut. La gauche mouille dans l’attente de retrouver une petite place bien au chaud, tandis que les extrêmes gauches promeuvent les stratégies du siècle dernier, et, par leur rodomontades tente de masquer, (elles aussi, tout le monde s’y met, cf.infra), qu’elles ne comprennent rien au coups qui se jouent ; je leur accorde leur farouche espoir de se resservir, une dernière fois la soupe.

      Devant la crise, ceux qui profitent le mieux-nuance- cherche à reconduisent leur position de domination dans l’économie spectaculaire (une moue condescendante serait bien venue- merci -) en se désignant un nouvel ennemi à combattre pour se renouveler la valeur qu’il sont en train de perdre.

      Les détenteurs avisés des manettes de fabrication des masques capitalistes, liquident déjà la « finance glamour » en collant des affiches(Soros et Buffet) . Il n’y a pas de pas de calcul derrière l’affiche, il suffit de la laisser aller à son mouvement naturel , sans plus. L’entéléchie de ce truc n’est que de garder le contrôle du spectacle et donc, de produire à grands frais, réels, le spectacle d’un affrontement.

      La gestion naturelle de la situation, de bric et de broc, par tranches d’effondrement, la tactique de sparadraps en sparadraps offrira bien des opportunités. Par exemple, pour la Grèce, nous allons assister à un cirque qui va faire mal. La Grèce se réorganisera par les Maffias, bulgare russe turque, chinoise, c’est évident ; elles sont déjà sur place depuis très longtemps (Il y a quelques articles sur ces « maffias » , Mediapart, Courier international… depuis le temps que je rame dans les nuages, j’ai la flemme) puis, les bonnes âmes, genre Soros, enverront une task force… – économie de guerre organiser la contrebande de cigarettes pour monnayer le débarquement Italie !

      Dans la mécanique du spectaculaire, il y a tout tas de gens, dont nous sommes, qui travaillent à renouveller des masques qui, pour eux ne cachent rien : écosociétalime, distributisme, convivialisme, état social contributif, c’est du pareil au même: penser à autre chose que l’évidence : augmenter les salaires en faisant circuler l’argent qui s’accumule dans la spéculation.

      Voyez-vous, George, vous arrivez bien tard, avec vos poses indiennes compliquées, car le truc mon bon monsieur, le truc c’est d’avoir une excuse pour justifier que l’on s’engueule avec sa femme, et puis il n’y en qu’un sur dix milles des vieux couples de vieux, jamais riche , plutôt toujours pauvre – ils mettent la nappe, offrent les gaufres le café, une liqueur, et quand on évoque leur sourire, ils répondent – oui, nous n’avons pas eu grand-chose , c’était dur, il nous a fallu toujours compter, mais nous deux au moins on avait ça, encore maintenant . Leurs mains se trouvent en glissant le côté du sucrier, leur doigt se croisent, se mêlent et s’enserrent. À travers leur respiration, si calme, transparaissent les ondulations qui, depuis tant de si bonnes années, les emportent dans la joie chaude où nous ne sommes pas (souvent).

      1. le dernier paragraphe est magnifique !

        Merci pépé morlie (très affectueux)

        J approuve le reste, sauf la critique de forme de l’invité, on est survoltés, décidés, et calmes et résolus même et surtout par misères à être les grands pères du changement naturel juste et tranquille

        voilà voilà Jean Luce, porte ouverte, sourire franc, main tendue, y’a pas grand chose mais c’est à partager, mon pote, motivation émulatrice incluse.

      2. à Jean-Luce Morlie, philosophe et poète

        Tous reconnaissent l’existence du capitalisme.
        Certains pensent même que son essence est divine et ne se trompent pas vraiment tant est puissant le fétichisme de la marchandise.

        Mais le Spectacle, mon bon monsieur, qu’avez-vous comme preuves de sa réalité ? quelques écrits ? une légende que quelques fous racontent le soir au coin du feu ? quoi d’autre ?

  9. Le grand Brel :

    « Faut pas jouer les riches
    Quand on n’a pas le sou
    Faut vous dire Monsieur
    Que chez ces gens-lÃ
    On ne vit pas Monsieur
    On ne vit pas on triche »

  10. Mais est-ce que tout cela n’est pas comme un radeau ? la majorité est d’un côté, une toute petite minorité de l’autre : alors le radeau tangue, se retrouve de plus en plus à la verticale quand enfin, zou ! tout le monde tombe à l’eau. Tout le monde !

    C’est que l’oligarchie n’est plus guère habituée à travailler, et si ses domestiques venaient à disparaitre, je ne la vois pas survivre bien longtemps. Qui, parmi les représentants de notre merveilleuse élite, nettoie soi-même la cuvette de ses WC ? voire même se souvient l’avoir fait, ne fût-ce qu’une fois ?

  11. La majorité des 99% s’apprêtent à réélire les mêmes politiques qui ont accompagné ou organisé le merdier actuel. Comment se fait-ce ?

  12. Heureusement sur le même disque, après « La Vie d’Artiste » il y a « On s’aimera »… qui rallume une lueur d’espoir?

  13. ….« Feignasse ! » – TROP DROLE ! Chez moi, outre le ménage, le repassage, les courses, la bouffe pour tout le monde, ET mon job à 3/4 temps c’était : « Tu bosses juste ….Pour payer tes chewing gum et tes clopes « ….Et, un jour, à force….Comme disait Brel, « c’est la rupture bête et brutale » ;-)))

  14. Jolie métaphore.

    J’ai passé mon repas de midi à tenter de faire comprendre à un collègue tout le mal que je pensais de son discours composé de « on a trop dépensé », « les Allemands ont bien fait les choses », « le protectionnisme c’est la guerre » et autres « à un moment donné, il faut accepter de voir la réalité ». Une entreprise qui s’est malheureusement soldée par un cinglant échec – même si les tables autour de nous semblaient intéressées par notre conversation, seul petit plaisir de la pause. D’après lui, je revenais « avec de vieilles idées », par le simple fait de remettre en question l’ordre actuel des choses.

    Je dois cependant dire que je peine avec le slogan des « 99% vs 1% ». Je crains que, bien que sur le papier il se révèle très fédérateur et parlant, il ne nous mène en réalité pas très loin.

    Pointer un arbitraire « 1% » cache la responsabilité qui repose sur la quasi-totalité de la société qui accepte les règles du jeu des plus diverses manières, que cela soit en travaillant de près où de loin avec des entreprises contrôlées par le « 1% », en acceptant de voir leur retraites jouées à la bourse, alimentant le système, ou, tout simplement, – comme mon collègue – en refoulant ( volontairement ou pas, cela reste un mystère pour moi), les faits qui indiquent de plus en plus clairement que nous arrivons à la fin d’un cycle.

    J’estime que l’on ne peut pas faire l’impasse sur les comportements individuels et individualistes qui font notre monde et contre lesquels je lutte, en premier lieu avec moi-même.

    Mon seul espoir repose sur une évolution rapide des mentalités, une prise de conscience rapide à partir d’un certain seuil de dégénérescence sociétale.

    1. C’est la conclusion de beaucoup : ce qui peut nous sauver est un grand retour de la raison engendrant une forte prise de conscience.

      Je ne sais pas si nous y arriverons. La plupart des individus sont dans un état intellectuel et psychique déplorable.

    2. 大賛成 ! …je suis tout à fait d’accord !
      La vraie révolution ne peut être qu’intérieure, il faut faire retour à soi (au Soi) avant de prétendre aider les autres. Car « au royaume des aveugles… ».
      Je connais une dame japonaise, ancienne titulaire d’une bourse Fullbright, excellente enseignante d’anglais, et qui – vivant au Japon – avait pourtant mis l’essentiel de sa retraite dans un plan US de type 401 K (ne me demandez pas les détails).
      Bref, elle en a perdu près des deux tiers, paraît-il, et, à plus de 70 ans, doit quémander des petits cours ici ou là pour, si j’ose dire, améliorer sa retraite. Elle ne se plaint pas, on ne se plaint pas au Japon.
      Au pire, on lâche un :  » 残念ですね, c’est dommage, n’est-ce pas ? »
      Alors victime ou coupable ? En tout cas, elle agit en responsable, dans tous les sens du terme.

    3. A Ch(A)rg « à un moment donné, il faut accepter de voir la réalité »: C’est justement comme vous le dites, ce que refuse de voir votre collègue. Tout est là. Je me heurte au même problème. Le réalisme est de notre coté, alors qu’on nous traite au contraire d’utopiste, d’irréaliste, de « ce n’est pas le moment de penser à la rupture avec le capitalisme, parce que la réalité ce sont des gens qui souffrent » (dits de la part d’élus locaux, bien au chaud le ventre plein).
      Montrez lui comment c’est lui qui est utopiste, qui croit aux contes de fée du capitalisme, qui ne comprend pas que renvoyer chacun et chacune (pays compris) à sa responsabilité, c’est exactement le ressort du capitalisme (idéologie du mérite)…Car finalement, c’est plus facile de battre sa coulpe (on se sert la ceinture en attendant un mieux, car avec le capitalisme, il y a forcément un mieux…pour celui qui sait saisir sa chance…) que de se revolter.
      Je dis ça, je suis derrière mon ordi, et ne m’expose pas à grand chose.

    1. La pierre philosophale quand je dis que les USA l’exploite depuis longtemps alors qu’ici on nous dit qu’il faut creuser des mines pour trouver de l’or, et que faut d’avoir des mines c’est l’austérité et la récession et qui rachète et qui implante des boutiques de chaines, qui ??? sinon le pays du marketing et de la pierre philosophale celui là même qui a réussit à faire travailler comme esclaves 99% des chinois

  15. Le pire je trouve ce sont les résignés et les obéissants. Dans mon entourage je ne les supporte pas, me pompent l’air les cons !

    1. Bravo pour ce billet qui va à l’essentiel et reconstruit tout de suite derrière la vie, sa richesse, sa tristesse et l’espoir qu’on peut y mettre ; et franchement ce sont de bien pauvres mots que les miens.

    2. Terrible ! Derrière,j ‘ai vécu la même situation, je me suis retrouvée face à certains de mes amis qui me vendaient  » que les chinois allaient nous bouffer »…Et j’ai du leur expliquer, qu’en chine, non seulement, les ouvriers travaillaient 45 heures semaine en dormant sur place, en gagnant des cacahouètes, mais que pire ( lu sur ce site) les deux plus grandes sociétés chinoises, insatisfaites de leur « return »…Envisageaient de mettre des robots à la place de leur esclaves….Et j’ai donc expliqué que dans cette optique, nous étions déjà tous morts….Et vous savez quoi,? « Ils  » ne veulent pas le croire et….Me proposent de me faire soigner….Oui, en finale, nous allons récolter grave ce que nous avons semé…C’est -y pas Bouddha ….qui parlait d’ignorance ???

      1. Martine,
        Lorsque vos « amis-qui-vous-veulent-du-bien » apprendront sur TF1 que leur banque a coulé, que leur CB ne vaut plus que le plastique, que leur boîte a mis les clés sous le paillasson, ils repenseront à vous…ça ne devrait pas tarder. Maigre consolation n’est ce pas ? Il faut, pour certains, leur retirer le matelas pour qu’ils rendent compte que le sol est dur.

      2. @Martine-Bxl

        Gardez espoir, la popularité grandissante de ce blog et de la prise de conscience qu’il véhicule est quelque chose de déjà très positif. De plus la démission du monde politique et la fuite en avant délirante du 1% accélèrent le phénomène. Hélas il y a fort à parier que le dénouement sera violent.

  16. Quelquefois il y avait encore la solution de la génération montante . Allez petit , va vite faire les commissions et n’oublies pas de faire marquer …

    1. Visiblement c’est du vécu et moi aussi je me rappelle l’avoir fait.

      C’était au milieu-fin des années 70, j’avais peut-être dix-douze ans.

      Une liste de course avec que du nécessaire, l’épicière qui te regarde de travers dès l’entrée, te sert comme un chien et que devant tout le monde et bien fort te dis qu’elle veux voir ta mère bientôt, que c’est la dernière fois, qu’elle doit tant etc.

      Le pire c’était quand au début du mois et après avoir payé nos dettes , pour faire de nous des enfants vigoureux et sains c’est ce qu’elle pensait en tout cas ma mère achetait du steak.

      Mais bon c’était le moins cher et forcément on lui refilait de la vieille carne qui virait au gris dès que tu la mettais à cuire.

      On mâchonnait ce truc imbouffable plein de nerfs pendant des plombes, et après on avait 2 choix

      1° Avaler tout rond (c’est le moins pire MAIS IL FAUT UNE BONNE GLOTTE).
      Mais des fois ça loupe et un morceau de nerf non-identifié reliait deux trucs entre-eux avec le conflit que vous imaginez quand c’est entre la gorge et la bouche que ça se passe.

      2°Recracher direct.

      Ma mère, ça la rendait folle. Oh pas après le commerçant qui vendait cette m…, mais après nous qui ne pouvions pas avaler ce truc.

      Alors on se faisait engueuler, toute désolée qu’elle était de voir son peu de fric ainsi foutu en l’air, c’est pas possible des gosses comme çà elle disait, qu’est-ce que j’ai fais au Bon Dieu etc.

      Forcément ça marque.

      Un truc que j’adorais on appelais ça de la tétine jamais su ce que c’était vraiment.

      1. La tétine, si vous la mangiez, c’est la mamelle de la vache et c’est très bon!

        Le mou c’est les poumons et il n’y a pas que les chats qui en mange!!

  17. Dans la grande tradition des commentaires qui passent pour parler de telle ou telle nouvelle sans rapport avec le (néanmoins excellent) billet, je viens signaler le résultat de l’enquête de bloomberg sur les revenus que les banques ont tiré sur les prêts exceptionnels à taux nul de la FED entre auût 2007 et avril 2010. Sûrment quelqu’un en a-t-il parlé ici mais comme ça ne fait pour l’instant pas un billet à part entière ni même la une, dans le doute, je met ma couche.

    http://www.bloomberg.com/news/2011-11-28/secret-fed-loans-undisclosed-to-congress-gave-banks-13-billion-in-income.html

    Si vous avez lu l’URL, ça fait.

    13

    mille

    milliards

    de dollars.

    J’ai dépassé le stade du sourire incrédule qui m’accompagne tandis que je suis depuis quelques années l’actualité de la crise. J’en ai le souffle coupé. J’ai littéralement du mal à respirer. Je ne connais pas grand chose, mais il me semble soudain qu’un tel montant change la donne.

    D’abord parce que si la FED a pu sortir les dizaines de milliers de millards de dollars correspondant empruntés par ces banques, il n’est nul déficit US qu’elle n’épenchera.

    Ensuite et surtout parce qu’un tel montant d’emprunt et de marge correspondante, ce n’est plus un trou ou une crise économique, c’est une ruée sur un plan faramineux à des fins de hold ups du siècle. C’est l’équivalent financier d’une guerre mondiale éclaire contre l’humanité avec le pillage qui va avec. Une telle somme, c’est l’équivalent de quoi ? Une dizaine d’année d’esclavage intégral de la population française pour payer des intérêts à ces banques sur un argent permettant de les renflouer ?

    Le calcul de bloomberg est il juste ? Les trous peuvent ils être aussi grand ? Qu’est il advenu, concrètement, de cette pile hallucinante de fric ?

    1. Elle a été atténué par la vente des dettes européennes pour compenser cela, on disait que la FED allait ensuite neutraliser ses injections en reprenant, et si c’était cela qui c’était passé puisque ce sont les déficits américains qui alimentent le monde ce sont aussi eux qui achètent les dettes des états mine de rien ça fait rire jaune non c’est de la dette qui permet d’acheter de la dette, c’est ça la pierre philosophale dont je parlais plus haut, parce que comme des cons ici on est tenu par le dollar il y en a partout dans les esprits dans les discours dans le monde de vie dans tout……………propagande avec coca cola pour commencer la suite on connait …

    2. les 1% se la sont partagée sans même penser a vous ! c’est là qu’est l’os. D’un autre coté, nous n’étions pas non plus sensé l’apprendre, nous, on nous demande juste de la raquer cette grosse liasse qui est portée pâle.

    3. …je crois que c’est Ralph Nader, qui a déclaré que c’était « the biggest swindle known in human history », « la plus grande arnaque de mémoire d’homme »… mais il parlait des malheureux 700 milliards de dollars du premier TARP !!! …dans les derniers mois de la présidence simiesque de W, quand le prédécesseur de Geithner, Paulson, un ancien de Goldmann Sachs naturellement, s’était jeté aux genoux de Nancy Pelosi, la Speaker (-ine ? héhé) de la Chambre des Représentants, pour lui demander de voter ce sauvetage d’urgence. A l’époque, ces malheureux 700 milliards paraissaient tellement monstrueux à tout le monde !
      Je suis sûr qu’il y a encore des gens qui n’en sont pas revenus…

      1. @ blob

        Saperlipopette : l’erreur a été commise par Dan Israël, d’@si, et je l’ai reproduite sans ciller alors que je lisais l’article original. DI a d’ailleurs changé son titre depuis hier.

        Bon évidemment, d’un coup c’est de nouveau business as usual.

    4. C’est pas possible: c’est des prêts revolving, des prêts, des remboursements, des prêts, des remboursements, encore des prêts, etc. qui font votre total de 13 trilliards. Ceci étant tous ces prêts par la FED aux banques à taux pratiquement zéro, lesquelles reprêtent aux états et autres entre 2 et… 30% (Grèce) avec un levier d’au moins 8, tout ça, ça doit finir par faire quelques centaines de milliards tout de même. C’est la machine à rincer les 99% pour que les 1% fassent des cauchemards (que faire de tout cet argent, que faire?).

    5. quelqu’un s’y connait en imprimerie de biftons ?
      faut combien de temps pour imprimer autant de biftons ?
      décimer combien d’hectares de forêt ?
      fabriquer combien de litre de colorants en tout genre ?

  18. Quelques mots sur un scandale qui risque de rester dans l’ombre, celui de GROUPAMA.
    Une Mutuelle, loi du 04 juillet 1900 (un homme = une voix, pas de capital à rémunérer) dont la technostructure a profité de l’inculture économique de ses élus pour donner libre cours à ses plus folles ambitions capitalistiques qui l’ont conduit au désastre. Les syndicats salariaux n’ont rien vu ou rien voulu voir, les élus se sont laissés étourdir.
    Ce statut, loi du 04 juillet 1900, est aussi celui du Crédit Agricole et des Coopératives Agricoles qui subissent des dérives différentes mais aussi fatales.
    Aucun investigateur sérieux n’a planché sur ces dossiers, la gauche pensant qu’ils sont automatiquement vertueux – Ils n’y ont pas regardé de près !

    http://legueduyabboq.blog.lemonde.fr

  19. Eh oui, Monsieur Jorion, quand l’argent va, tout va. Des problèmes financiers peuvent provoquer la ruptures d’un couple, surtout si ce type de problème devient chronique.
    Une communauté dont lien est basé sur l’argent, comme c’est le cas de l’Europe, peut rencontrer la même épreuve.
    J’assisté cet après-midi à une discussion concernant l’Europe, émaillée d’experts. On ne parlait que de l’argent. On doit présumer que l’Europe est essentiellement une histoire d’argent. Personne ne parlait des citoyens, pourtant les premiers concernés, ni de phénomènes concrètes, comme par exemple de la compétitivité des pays du sud. Ce qui obsède notamment les allemands: l’argent.
    Je pensais à un roman d’Emile Zolà: L’Argent.

    1. L’Argent, Le Bonheur des dames ou Le Ventre de Paris préfigurent et résument bien mieux notre époque, 130 ans après, que Germinal ou L’Assommoir.

  20. Si on considére que les Allemands ont échangé un mark de l’ouest contre un mark de l’est il n’y a pas si longtemps au moment de la réunification, au lieu de 3 mark de l’est contre un mark de l’ouest minimum, ça laisse entrevoir ce qu’on pourrait dire ou faire.

  21. un « petit » film précieux, jubilatoire, émouvant, humoristique :
    la rencontre de gens improbables; les idées qui s’entre-choquent, s’emmêlent, se nourrissent, finissent par se respecter …
    la lutte a duré 10 ans.
    tout est à recommencer :
    ces personnes ont un regard vif et fier, celui des gens qui n’ont pas courbé l’échine …
    pourtant vu le rapport de force, c’était pas gagné !… ( 103 contre le bras armé de l’Etat, au départ …)

    « Tous au Larzac » de Christian Rouaud.

    post-scriptum :
    à noter, sortant de la bouche d’un « spécial » :  » pour être non-violents, il faut avoir l’esprit guerrier  »
    ( j’y faisais un jour allusion / Gandhi et la non-violence )
    à noter encore : même les gens habitant autour du Champ de Mars – pas des anarcho-gauchos, même à l’époque, font leur « part du colibri »…

    et tout un tas de surprises …

    à ne pas rater et à faire tourner « urbi et orbi » …un cadeau nécessaire pour les fêtes !

    1. Il me semblait bien avoir lu de la pub…
      J’ajoute que ces paysans témoignent de leur transformation subjective par cette longue aventure, sur laquelle ils ont gardé la main, jusqu’à pourtant devoir en passer un jour par un vote à bulletins secrets et qu’enfin s’ils ont gagnés ce n’est pas simplement à force d’inventivité, de soutiens, de persévérance, ni de légitimité mais parce que le pouvoir a changé en 1981, et que Mitterrand a au moins tenu son engagement sur l’abandon du projet d’extension du camp militaire du Larzac. Ce mouvement a aussi formé une autre génération qui a embrayé sur d’autres luttes.

      En sortant de « tous au Larzac », je suis rentré dans la métaphore d’Andrew Niccol « Time out » où ce n’est pas le capital qui manque à sa place, mais le temps. À refiler la concaténation du « time is money » Niccol nous montre un monde de fiction parfaitement identique au notre avec une classe de riches éternels dont la vie est bornée par l’angoisse de perdre, et des pauvres en sursis de vie au quotidien, soumis aux contrôles d’une délinquance mandatée par les gardiens officiels du temps. Simpliste, mais d’une distraction efficace.

  22. Bloomberg dévoile des milliers de milliards d’aide US aux banques
    Le plus grand plan de renflouement de l’histoire est resté secret pendant deux ans
    Combien d’argent public l’Etat fédéral américain a-t-il débloqué pour aider les banques opérant aux Etats-Unis ? On avait surtout retenu les 700 milliards de dollars (environ 500 milliards d’euros) d’aides du plan Paulson de 2008. L’agence de presse Bloomberg vient de révéler un plan de soutien d’une toute autre ampleur, resté jusqu’alors largement inconnu : entre 2007 et 2009, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, a mis sur la table… onze fois plus, pour sauver …

    soit 11 X 500 milliards c’est 5500 milliards et ensuite il n’y a plus d’argent en Europe car on vend pour rapatrier et ne pas trop diluer ce précieux dollars

  23. Au plus fort de la crise, il y avait un rapport de force favorable qui aurait permis d’installer des contrôles, des interdictions, des régulations. L’histoire sera sévère à l’égard des dirigeants qui n’ont pas saisi ce moment exceptionnel pour imposer des transformations.

    Chiche.. Et si l’Histoire repasse les plats et que Mr Hollande se trouve aux manettes à ce moment, cette page sera-t-elle encore disponible? :

    http://francoishollande.fr/le-reve-francais-2/
    Un nouveau panorama pour la finance

  24. Un qui s’y connaissait en mouise c’est Jehan RICTUS.Il faut lire ou relire
    « les Soliloques du Pauvre » et « le Cœur populaire », c’est toujours d’actualité .Jehan-Rictus (1867-1933)

    L’hiver

    Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés,
    V’là l’ moment de n’ pus s’ mettre à poils :
    V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queue d’ la poêle
    Dans l’ Midi vont s’ carapater !

    V’là l’ temps ousque jusqu’en Hanovre
    Et d’ Gibraltar au cap Gris-Nez,
    Les Borgeois, l’ soir, vont plaind’ les Pauvres
    Au coin du feu… après dîner !

    Et v’là l’ temps ousque dans la Presse,
    Entre un ou deux lanc’ments d’ putains,
    On va r’découvrir la Détresse,
    La Purée et les Purotains !

    Les jornaux, mêm’ ceuss’ qu’a d’ la guigne,
    À côté d’artiqu’s festoyants
    Vont êt’ pleins d’appels larmoyants,
    Pleins d’ sanglots… à trois sous la ligne !

    Merd’, v’là l’Hiver, l’Emp’reur de Chine
    S’ fait flauper par les Japonais !
    Merd’ ! v’là l’Hiver ! Maam’ Sév’rine
    Va rouvrir tous ses robinets !

    C’ qui va s’en évader des larmes !
    C’ qui va en couler d’ la piquié !
    Plaind’ les Pauvr’s c’est comm’ vendr’ ses charmes
    C’est un vrai commerce, un méquier !

    Ah ! c’est qu’on est pas muff en France,
    On n’ s’occupe que des malheureux ;
    Et dzimm et boum ! la Bienfaisance
    Bat l’ tambour su’ les Ventres creux !

    L’Hiver, les murs sont pleins d’affiches
    Pour Fêt’s et Bals de charité,
    Car pour nous s’courir, eul’ mond’ riche
    Faut qu’y gambille à not’ santé !

    Sûr que c’est grâce à la Misère
    Qu’on rigol’ pendant la saison ;
    Dam’ ! Faut qu’y viv’nt les rastaqoères
    Et faut ben qu’y r’dor’nt leurs blasons !

    Et faut ben qu’ ceux d’ la Politique
    Y s’ gagn’nt eun’ popularité !
    Or, pour ça, l’ moyen l’ pus pratique
    C’est d’ chialer su’ la Pauvreté.

    Moi, je m’ dirai : « Quiens, gn’a du bon ! »
    L’ jour où j’ verrai les Socialisses
    Avec leurs z’amis Royalisses
    Tomber d’ faim dans l’ Palais-Bourbon.

    Car tout l’ mond’ parl’ de Pauvreté
    D’eun’ magnèr’ magnifique et ample,
    Vrai de vrai y a d’ quoi en roter,
    Mais personn’ veut prêcher d’exemple !

    Ainsi, r’gardez les Empoyés
    (Ceux d’ l’Assistance évidemment)
    Qui n’assistent qu’aux enterr’ments
    Des Pauvr’s qui paient pas leur loyer !

    Et pis contemplons les Artisses,
    Peint’s, poèt’s ou écrivains,
    Car ceuss qui font des sujets trisses
    Nag’nt dans la gloire et les bons vins !

    Pour euss, les Pauvr’s, c’est eun’ bath chose,
    Un filon, eun’ mine à boulots ;
    Ça s’ met en dram’s, en vers, en prose,
    Et ça fait fair’ de chouett’s tableaux !

    Oui, j’ai r’marqué, mais j’ai p’têt’ tort,
    Qu’ les ceuss qui s’ font « nos interprètes »
    En geignant su’ not’ triste sort
    S’arr’tir’nt tous après fortun’ faite !

    Ainsi, t’nez, en littérature
    Nous avons not’ Victor Hugo
    Qui a tiré des mendigots
    D’ quoi caser sa progéniture !

    Oh ! c’lui-là, vrai, à lui l’ pompon !
    Quand j’ pens’ que, malgré ses meillons,
    Y s’ fit ballader les rognons
    Du Bois d’ Boulogn’ au Panthéon

    Dans l’ corbillard des « Misérables »
    Enguirlandé d’ Beni-Bouff’-Tout
    Et d’ vieux birb’s à barb’s vénérables…
    J’ai idée qu’y s’a foutu d’ nous.

    Et gn’a pas qu’ lui ; t’nez Jean Rich’pin
    En plaignant les « Gueux » fit fortune.
    F’ra rien chaud quand j’ bouffrai d’ son pain
    Ou qu’y m’ laiss’ra l’ taper d’eun’ thune.

    Ben pis Mirbeau et pis Zola
    Y z’ont « plaint les Pauvres » dans des livres,
    Aussi, c’ que ça les aide à vivre
    De l’une à l’aute Saint-Nicolas !

    Même qu’Émile avait eun’ bedaine
    À décourager les cochons
    Et qu’ lui, son ventre et ses nichons
    N’ passaient pus par l’av’nue Trudaine.

    Alorss, honteux, qu’a fait Zola ?
    Pour continuer à plaindr’ not’ sort
    Y s’a changé en harang-saur
    Et déguisé en échalas*.

    Ben en peintur’, gn’y a z’un troupeau
    De peintr’s qui gagn’nt la forte somme
    À nous peind’ pus tocs que nous sommes :
    Les poux aussi viv’nt de not’ peau !

    Allez ! tout c’ mond’ là s’ fait pas d’ bile,
    C’est des bons typ’s, des rigolos,
    Qui pinc’nt eun’ lyre à crocodiles
    Faite ed’ nos trip’s et d’ nos boïaux !

    L’en faut, des Pauvr’s, c’est nécessaire,
    Afin qu’ tout un chacun s’exerce,
    Car si y gn’ aurait pus d’ misère
    Ça pourrait ben ruiner l’ Commerce.

    Ben, j’ vas vous dir’ mon sentiment :
    C’est un peu trop d’hypocrisie,
    Et plaindr’ les Pauvr’s, assurément
    Ça rapport’ pus qu’ la Poésie :

    Je l’ prouv’, c’est du pain assuré ;
    Et quant aux Pauvr’s, y n’ont qu’à s’ taire.
    L’ jour où gn’ en aurait pus su’ Terre,
    Bien des gens s’raient dans la Purée !

    Mais Jésus mêm’ l’a promulgué,
    Paraît qu’y aura toujours d’ la dèche
    Et paraît qu’y a quèt’ chos’ qu’ empêche
    Qu’un jour la Vie a soye pus gaie.

    Soit ! — Mais, moi, j’ vas sortir d’ mon antre
    Avec le Cœur et l’Estomac
    Pleins d’ soupirs… et d’ fumée d’ tabac.
    (Gn’a pas d’ quoi fair’ la dans’ du ventre !)

    J’en ai ma claqu’, moi, à la fin,
    Des « P’tits carnets » et des chroniques
    Qu’on r’trouv’ dans les poch’s ironiques
    Des gas qui s’ laiss’nt mourir de faim !

    J’en ai soupé de n’ pas briffer
    Et d’êt’ de ceuss’ assez… pantoufles
    Pour infuser dans la mistoufle
    Quand… gn’a des moyens d’ s’arrbiffer.

    Gn’a trop longtemps que j’ me balade
    La nuit, le jour, sans toit, sans rien ;
    (L’excès même ed’ ma marmelade
    A fait s’ trotter mon Ang’ gardien !)

    (Oh ! il a bien fait d’ me plaquer :
    Toujours d’ la faim, du froid, d’ la fange,
    Toujours dehors, gn’a d’ quoi claquer ;
    Faut pas y en vouloir à c’t’ Ange !)

    Eh donc ! tout seul, j’ lèv’ mon drapeau ;
    Va falloir tâcher d’êt’ sincère
    En disant l’ vrai coup d’ la Misère,
    Au moins, j’aurai payé d’ ma peau !

    Et souffrant pis qu’ les malheureux
    Parc’ que pus sensible et nerveux
    Je peux pas m’ faire à supporter
    Mes douleurs et ma Pauvreté.

    Au lieu de plaind’ les Purotains
    J’ m’en vas m’ foute à les engueuler,
    Ou mieux les fair’ débagouler,
    Histoir’ d’embêter les Rupins.

    Oh ! ça n’ s’ra pas comm’ les vidés
    Qui, bien nourris, parl’nt de nos loques,
    Ah ! faut qu’ j’écriv’ mes « Soliloques » ;
    Moi aussi, j’en ai des Idées !

    Je veux pus êt’ des Écrasés,
    D’ la Mufflerie contemporaine ;
    J’ vas dir’ les maux, les pleurs, les haines
    D’ ceuss’ qui s’appell’nt « Civilisés » !

    Et au milieu d’ leur balthasar
    J’ vas surgir, moi (comm’ par hasard),
    Et fair’ luire aux yeux effarés
    Mon p’tit « Mané, Thécel, Pharès ! »

    Et qu’on m’ tue ou qu’ j’aille en prison,
    J’ m’en fous, j’ n’ connais pus d’ contraintes :
    J’ suis l’Homme Modern’, qui pouss’ sa plainte,
    Et vous savez ben qu’ j’ai raison !

    1894-1895

  25. L’Edito du Mercredi 7 Décembre 2011 : A propos de S&P et de la grande politique par Bruno Bertez

    « Tout système évolue en fonction de ses contradictions internes » Mao Tsé-Toung

    Il nous faut nous répéter. Les enjeux de la crise sont politiques.

    Politiques au plan intérieur pour chacun des pays concernés, politiques au plan extérieur vis-à-vis du monde global.

    Au plan intérieur, il est évident que l’enjeu qui est dissimulé derrière les solutions, c’est : l’ordre social, la répartition des revenus, la répartition des richesses et, bien sûr, la répartition des Pouvoirs.

    Au plan extérieur, l’enjeu, c’est : la place dans le monde, le pouvoir de prélèvement sur les ressources, la part dans la richesse globale, le surproduit pour s’armer et se défendre, l’emploi de la main d’œuvre, son niveau de vie.

    Il est dommage, il est navrant que, parmi ceux qui prétendent aux responsabilités, pas un seul ne pose les problèmes et les solutions en ces termes. La discussion entre la droite et la gauche françaises sur la question de la germanophobie est d’un pathétique extrême. On se bat dans le camp européen au lieu de faire front contre l’extérieur. L’indigence de l’analyse politique confine à l’idiotie.

    […]

    Bruno Bertez Le Mercredi 7 Décembre 2011

    EDITO PRECEDENT : L’Edito du Samedi 3 Décembre 2011 : La soif, la très grande soif de liquidités par Bruno Bertez

  26. Plus optimiste

    Ce sont des enragés qui dérangent l’histoire,
    Et qui mettent du sang sur les chiffres parfois…
    Comme si l’on devait toucher du doigt pour croire,
    Qu’un peuple heureux rotant tout seul dans sa mangeoire,
    Vaut bien une tête de roi.

  27. Oui eux discutent, pour ne rien dire, et pendant ce temps personne ne dispose de son ordre du jour, ni le Parlement, ni le peuple de sorte qu’ alors que tout va nous tomber sur la tête on trouve urgent de discuter de la prostitution, ou alors des apatrides (200-300 pers en France) bref on noie la majorité, sous les minorités. On ne parle jamais… que, soit des jeunes, soit des séniors, soit des femmes (encore qu’il y en a beaucoup), et des mères porteuses, des couples homoparentaux… etc. Chacun est sommé de trouvrer sa place dans sa case, et de se fermer les oreilles lorsqu’on parle d’une autre catégorie. Jeunes, Séniors, femmes seules, CE, DSK, et pourquoi pas chiens qui viennent en remuant la queue comme dirait Borges… Evidemment c’est un effet des statistiques mais aussi j’ai l’impression que cela participe d’une entreprise délibérée de déposséder les gens de leur parole et de leur ordre du jour, de leur pensée. Tout est fait pour que le peuple ne s’entendent pas penser. D’autres sous couvert de réfléchir à sa place, mènent leurs sombres manigances.

  28. Vous, moi, savons que le système est moribond est que les jours noirs s’approchent.

    mais à part ça qui?

    pas grand monde, si c’était le cas, l’heure de la révolte aurait déjà sonnée.

    mais plus le temps plus, vous moi, et les autres seront sonnés et privés de réaction (d’ailleurs si on réagit, ya des virus, déjà près à faire leur job! )

    1. On peut se dire aussi que lorsque la crise deviendra une réalité quotidienne pour la quasi totalité de la population les solutions reléguées au second plan sortiront en pleine lumière.
      J’ai bien dit les solutions reléguées au second plan, pas au troisième. Il me semble que celles que Paul et quelques autres préconisent sont précisément au nombre de ces solutions déjà connues mais encore dans l’ombre sans être non plus dans l’obscurité. Les autres solutions, en réalité pour la plupart anciennes, elles auront été démenties par l’évolution de la crise elle-même.

      Il manque juste le petit coup de pouce qui fera devenir indispensables les quelques solutions avancées ici. Dans le pire des cas ces solutions seront combattues par des moyens qui ne seront pas d’ordre intellectuel, mais alors cela signera leur victoire idéologique, prélude à la défaite complète de celles qui auront été démenties par les faits.

      Il se peut aussi que d’autres solutions concrètes encore inexistantes, auxquelles on n’a pas pensé, surgissent dans le feu de l’action.
      Dans ce cas le travail de réflexion sur les causes de la crise et les moyens d’y remédier n’aura pas été inutile car il donnera des arguments solides à tous ceux qui ne voudront pas se résigner à la reconstruction du système à l’identique, ou au retour d’un système historiquement connu, comme par exemple le féodalisme.

      Bref, faut se tenir prêts.

      1. @ Pierre-Yves, oui, mais quelles stratégies? Pour appliquer , par exemple, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, il faut que la machine sociale continue de tourner à un régime plus ou moins civilisé, au stade des émeutes et pillages de supermarchés, la stratégie du choc a déjà gagné !

      2. Jean-Luce, Marlowe

        Je suis pour la stratégie de l’infusion des savoirs et des connaissances alimentée par la réflexion et le débat de tous ceux qui pensent. C’est cela qu’il faut préserver et faire croître à tout prix. Les solutions avancées comptent moins que le cheminement intellectuel, la pensée d’un nouveau cadre de réflexion dont elles sont seulement les signes les plus visibles. Certaines solutions mises en avant aujourd’hui ont une valeur stratégique dans le combat des idées pour faire advenir une société plus juste, plus solidaire, mais en effet elles s’avèreront peut-être sans objet devant une situation inédite ou très dégradée.

        La question plus politique des rapports de force existants est importante mais elle n’a qu’un caractère secondaire par rapport à celle plus déterminante du type de représentations partagés ou pas par les différents acteurs de la société en évolution.

        Peut-être devrions-nous inspirer du Descartes perdu dans la forêt qui fait le choix de poursuivre sa route en ligne droite sans savoir combien de temps il lui faudra pour sortir de l’obscurité de l’épaisse forêt.
        Non pas que les choses évoluent de façon linéaire mais que ce qui importe avant tout est de poursuivre le chemin intellectuel sur lequel on s’est engagé, sans quoi, il n’y a plus rien à discuter, à débattre avec les autres que des opinions.

    2. à tchoo,

      Le système est moribond

      Certes, mais pensez-vous qu’il existe une unanimité à ce sujet ?

      De plus le moribond comme vous dites est soigné en permanence et chaque camp du système (les USA, l’Europe, la Chine, etc) tente de s’en sortir en abandonnant les autres.
      Nous vivons une époque historique où des maladies inguérissables sont soignées pendant des années.
      Pensez à tous les types de soins qui n’ont pas encore été envisagés (de la nationalisation massive à la grande guerre)

      à Pierre-Yves D.

      Ma réponse est valable pour ton commentaire.
      Par ailleurs, je ne suis pas persuadé que les moins mauvais des analystes (ne vivons-nous pas l’empire du moindre-mal ?), soient en accord sur les causes profondes de la crise…
      Quelles sont-elles vraiment ?

      1. à Jean-Luce Morlie,

        Je viens d’envoyer mon message et je vois le tien qui ne manque pas d’esprit.
        Mais, ne faudrait-il pas des émeutes et une grande insurrection pour que les réformistes soient entendus si, comme je le pense, les grandes réformes sont la dernière solution pour repousser la fin de la propriété privée. ?

      2. @ Marlowe, c’est une vraie question, je sais pas la réponse, je pose le problème

        je crois que le basculement du plus grand nombre vers l’usage du langage révolutionnaire à l’ancienne serait catastrophique. Nous vivons les Cigognes d’Aquilées, je crois que l’émergence d’une culture différente est en cours, cela ne veut pas dire que je comprenne ce qui se passe sur les site des « indignés » américains, il me semble qu’à travers leur recherche, une nouvelle carte des rapports de forces entre groupes sociaux va apparaître, (Wallon a raison 1% /99%, ça ne tient pas la route, les sociétés ne fonctionnent pas comme cela )

        Avec une nouvelle carte, ils sauront construire un monde. Il faut bien connaître la forme et le nombres des cubes, comprendre les forces qui les lie, pour reconstruire une maison qui tienne.

        A+

  29. Ce billet je le prend au premier degrés pour moi.
    Nous sommes dans la « mouise ». Dépôt de bilan à court terme.
    Un projet mort ,à peine né. Plus de revenus, pas droit au chômage.

    Fin.

    1. Allez vous pouvoir faire jouer la solidarité, familiale, amicale? Il y a urgence à organiser, au mieux, des réseaux de soutien mutuel.
      Donnez des nouvelles. Ne restez pas isolés.

      1. La solidarité familiale nous soutient depuis toujours, en dépit de nos efforts pour nous en sortir par nous même. Nous avons grillé presque toutes nos cartouches. Mais bon on verra.

        Merci pour ce petit mot. Du baume.

        Cordialement votre.

    2. saule,
      Déjà vécu cette situation , l’entreprise qui vous a mangé ce que vous croyez être votre dernière énergie. Et puis vous vous retournez vers ceux que vous aimez, ils sont toujours là, vous avez toujours autant d’amour à leur donner, et eux aussi pour vous. Alors vous vous rendez compte que vous n’avez pas perdu grand chose a part l’illusion de pouvoir anticiper un peu les difficultés futures avec les moyens dont vous disposiez, même maigres. Vous avez prouvé votre capacité a prendre des risques, à essayer. Dans ces moments de redéfinition totale des règles collectives vous êtes armée pour trouver les nouvelles manières de protéger les vôtres, de développer les solidarités qui vont devenir incontournables (et que vous avez déjà mis à l’épreuve dans votre projet). Il vous reste 99% de ce qui compte et vous reconstruirez le reste (notre vie matérielle) avec nous tous, comme vous pourrez, avec les mêmes qualités que celle qui vous ont permis d’essayer, et l’expérience en plus. Ne plus rien avoir à perdre (matériellement) donne une grande mobilité et une grande liberté dans cette période. Je n’irai pas jusqu’à dire « réjouissez vous » …en écrivant me revient les vers d’un poème magnifique de Nicolas Bouvier, écrivain voyageur, philosophe et poète: « Love song III »:
      « …
      ce jour-là
      quelqu’un t’attendra au bord du chemin
      pour te dire que c’était bien ainsi
      que tu devais terminer ton voyage
      démuni
      tout à fait démuni

      alors peut-être… »

      Vous avez fait le voyage, vous cherchiez ce moment, vous y êtes…tout reste à vivre, ensemble.

      Cordialement

  30. Le Coupeur d’eau de Marguerite Duras

    « C’était un jour d’été, il y a quelques années, dans un village de l’Est de la France, trois ans peut-être, ou quatre ans, l’après-midi. Un employé des Eaux est venu couper l’eau chez des gens qui étaient un peu à part, un peu différents des autres, disons, arriérés. Ils habitaient une gare désaffectée – le T.G.V. passait dans la région – que la commune leur avait laissé. L’homme faisait des petits travaux chez les gens du village. Et ils devaient avoir des secours de la mairie. Ils avaient deux enfants, de quatre ans et d’un an et demi.

    Devant leur maison, très près, passait cette ligne du T.G.V. C’étaient des gens qui ne pouvaient pas payer leur note de gaz ni d’électricité, ni d’eau. Ils vivaient dans une grande pauvreté. Et un jour, un homme est venu pour couper l’eau dans la gare qu’ils habitaient. Il a vu la femme, silencieuse. Le mari n’était pas là. La femme un peu arriérée avec un enfant de quatre ans et un petit enfant d’un an et demi. L’employé était un homme apparemment comme tous les hommes.

    Il a vu que c’était le plein été. Il savait que c’était un été très chaud puisqu’il le vivait. Il a vu l’enfant d’un an et demi. On lui avait ordonné de couper l’eau, il l’a fait.

    L’employé a parlé. Il a dit qu’il était venu couper l’eau. Il n’a pas dit qu’il avait vu l’enfant, que l’enfant était là avec sa mère. Il a dit qu’elle ne s’était pas défendue, qu’elle ne lui avait pas demandé de laisser l’eau. C’est ça qu’on sait.

    Elle n’a pas dit à l’employé des Eaux qu’il y avait les deux enfants, puisqu’il les voyait, les deux enfants, ni que l’été était chaud, puisqu’il y était, dans l’été chaud.

    Elle a laissé partir le Coupeur d’eau. Elle est restée seule avec les enfants, un moment, et puis elle est allée au village. Elle est allée dans un bistrot qu’elle connaissait. Dans ce bistrot, on ne sait pas ce qu’elle a dit à la patronne. Je ne sais pas ce qu’elle a dit. Je ne sais pas si la patronne a parlé.

    Donc, cette femme dont on croyait qu’elle ne parlerait pas parce qu’elle ne parlait jamais, elle a dû parler. Elle n’a pas dû parler de sa décision. Non. Elle a dû dire une chose en remplacement de ça, de sa décision et qui, pour elle, en était l’équivalent et qui en resterait l’équivalent pour tous les gens qui apprendraient l’histoire. Peut-être est-ce une phrase sur la chaleur.

    J’ajoute à l’histoire du Coupeur d’eau, que cette femme, – qu’on disait arriérée – savait quand même quelque chose de façon définitive : c’est qu’elle ne pourrait jamais plus, de même qu’elle n’avait jamais pu compter sur quelqu’un pour la sortir de là où elle était avec sa famille. Qu’elle était abandonnée par tous, par toute la société et qu’il ne lui restait qu’une chose à faire, c’était de mourir. Elle le savait. C’est une connaissance terrible, très grave, très profonde qu’elle avait.

    Ils sont allés tous les quatre se coucher sur les rails du T.G.V. devant la gare, chacun un enfant dans les bras, et ils ont attendu le train. Le coupeur d’eau n’a eu aucun ennui.

    1. Dans une bibliothèque, il y avait un livre intitulé « Marguerite Duraille », qui m’avait intrigué, – juste pour ajouter une petite note d’humour….

    2. Oui il y a des gens dans cette société et à mes yeux qui ne méritent vraiment pas d’occuper certaines positions et cela à tous les degrés de l’échelle sociale.

      Car s’il n’y avait plus de coupeurs d’eau comment pourraient-ils faire maintenir plus longtemps les mêmes peurs sociétales dans les têtes, surtout en ce moment ou le contexte est un peu plus favorable à une meilleure cogation des choses tant au niveau de l’individu que pour une autre famille prise à la gorge ?

      C’est ce que j’ai souvent constaté dans ma modeste existence d’acheteur, faut pas gâcher sa vie. Com quoi il n’y a pas non plus que les seules personnes du marché qui rivalisent de violence comportementale.

       » Dis moi comment tu auras préféré traité et jugé d’abord ton prochain, toi le premier coupeur d’eau d’une société et je te dirais alors comment tu sera pareillement traité demain  »

      Ah si seulement mon Dieu les nombreux petits fonctionnaires de la terre pouvaient mettre autant de zèle à tourmenter la vie des plus affligés, que celle des plus grands dirigeants plus chanceux de la terre, alors peut-être que les plus pingres rechercheraient déjà moins à prendre les pauvres gens de plus pour du bétail expérimental.

      Les plus dures paroles de ce monde, ne blessent pas seulement l’ame humaine et le corps des pauvres gens, mais elles peuvent tuer tout aussi graduellement et à petit feu la confiance d’une société, rabaissant par conséquent à longueur de temps la dignité humaine, pourquoi tant de bétise ?

      Tout ce que je dis est même très subjectif, pourtant c’est assez visible dans un bon nombre d’endroits, pourquoi tant de monde en perd graduellement la foi, les boules, la santé, l’espoir, la vie, l’amour de son prochain, pourquoi tant de peur et de violence comportementale partout ?

      Tout d’ailleurs en période de crise nationale ou supranationale est vraiment bien organisé, pour ça que le monde vit un peu plus dans la peur de se faire marquer, étiquetter, quelle grande cocotte minute mondiale. Le tout progrès du monde pour te faire avancer bien droit, pardonne-leur mon Dieu car ils ne voient toujours pas ce qu’ils font subir aux autres.

    1. Bonjour,

      cet article est très orienté, mensonger sur certains aspects et s’apparente à de la pure propagande pro-empire américain.

      Pour le démontrer, il suffit de constater que cet article tient pour acquis le complot iranien de l’assassinat de l’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux états-unis.
      On a su très rapidement que cette affaire était une manipulation grossière de la CIA …

      Quant à la conclusion de l’article, elle parle d’elle même… nous serions dans le monde des bisounours avec des gentils et des méchants.

      Cordialement.

    1. ça n’empêche pas de faire de fines et intéressantes analyses. Idem pour Bruno Bertez du blog à lupus.
      A chacun de juger en fonction de sa propre idéologie.

      PS: Pour moi le terme « idéologie » n’est pas infamant: il est synonyme de « vision du monde ».
      Perso je viens de découvrir qu’on ne pouvait pas avoir deux visions à la fois, visions qui se fondraient en une hypothétique synthèse. Une révélation!

      1. Sur ce blogue Turcot, on retrouve la crème des néolibéraux. De Madelin jusqu’aux responsables de l’institut économique de Montréal où je vis (Nathalie Elgrably-Levy, David Descôteaux, Michel Kelly-Gagnon). Ces derniers font un gros travail de lobbying.

  31. Ce n’est pas que les familles qui ne bouclent pas leurs fins de mois… mais nombres d’Artisans que les banques et les organismes d’états asphyxient peu à peu à coût de charges majorées d’intérêts de retardes prohibitifs… Quand on est pas du bon coté de la barrière… on y est pas.

  32. La France affiche un nouveau déficit commercial record
    Source : La Tribune – 08/12/2011 | 23:00 – 441 mots |
    |
    Il a atteint 61,5 milliards d’euros en octobre, soit 5,3 milliards d’euros de plus qu’en 2008. La compétitivité industrielle est en cause.

    J’aimerai qu’on nous donne le détail de nos achats extérieurs histoire de savoir ce qu’on ne produit plus en France et ce qui reste :

    ça fait seulement 1000 euros par français de déficit commercial vu sous cet angle c’est peu.

  33. Heureusement, il existe aussi dans les familles pauvres de l’amour, de la rage, une solidarité et une ingéniosité dans la débrouille; un dédain sublime de l’enrichissement rivalisant avec l’apitoiement bourgeois, les rouages capitalistes ou même la haine de Ferré, regardez sa haine. Cette haine enlaidit le reste de son oeuvre.

    Puis considérez la haine de certaines familles « pauvres » (mais le plus souvent en passe de le devenir) envers elles-mêmes, jouant aux grandes familles bourgeoises déchues, feignant toujours de confondre pauvreté (une vertu) et misère (un malheur). Et tout cela pour quoi? Pour une voiture neuve? Pour un meilleur pouvoir d’achat? Un meilleur rang? Pour un droit d’entrée au tribunal? Pour accéder à la justice bourgeoise et enfin sortir des discussions qui tournent en rond? Pour jouer aux Bettencourt?

    Les familles réellement dans la dèche ont des membres en prison pour vol de barquettes de viande. Elles n’ont pas attendu que le cadre extérieur se détériore davantage pour être atomisées, elles le sont par la justice capitaliste. Mais elles se sont déjà rebellé, c’est un premier pas après les engueulades liées au fric.

  34. Le programme oublié du Conseil national de la résistance :

    II – MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

    Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

    1 ) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

    2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

    3 ) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

    4 ) Afin d’assurer :

    l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
    la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
    la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
    la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
    l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
    le respect de la personne humaine ;
    l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

    5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

    a) Sur le plan économique :

    l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
    une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
    l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
    le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
    le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
    le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

    b) Sur le plan social :

    le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
    un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
    la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
    la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
    un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
    la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
    l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
    une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
    le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

    c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

    d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

    Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

    L’union des représentants de la RÉSISTANCE pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

    En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !

    En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !

    LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

  35. C’est que pour que le système meurt, il nous faut d’abord accepter que nous mourrons avec :
    – soit de façon symbolique et métamorphique
    – soit de façon réelle

    Je crois que lorsque l’on considère la situation depuis cet angle, alors entre en ligne le facteur temps. Même si le temps presse, accepter de mourir prend un temps plus long.

    Et nous sommes dans ce temps.

    1. Que j’ai, si je le retrouve…C’est H. Miller qui attendait chaque nouvelle de K. Hamsung il me semble, avec impatience… d’ailleurs j’habite pl de Clichy, en connexion avec toute cette époque…. Place de Clichy, la place la plus mystérieusement mythique de Paris.

      Acheté hier, « Ma Vie », de Trotsky.

  36. En criant « Haro sur les riches » comme le font tant de gens, nous faisons comme ces tribus qui croyaient qu’en sacrifiant leurs jeunes ils allaient calmer la fureur des Dieux. C’est touchant.

    Et bien faites donc, butez les riches (je m’en fous et j’ai jamais rêvé d’en être), histoire que l’on passe à autre chose, et surtout histoire que vous constatiez que le problème est infiniment plus profond que la seule existence du riche (ou du puissant), et qu’il a toujours existé et qu’il existera toujours sauf à faire une société de pures clones (c’est comme vous voulez).

    Problème … Par rapport à la moyenne terrestre, un retraité occidental avec une retraite maigrichonne, un rmiste ou un chômeur restent encore des riches.

    1. Vous avez le droit de crier, mais pas d’affabuler.

      Les hôtes de ce blog, et les commentateurs dans leur immense majorité,
      ne crient pas sur les riches, mais sur un régime social de domination,
      le capitalisme, qui crée un désastre économique, social et écologique.

      Personne n’a appelé à dresser des guillotines, seulement à changer de cadre.

      1. On peut faire les deux .

        Mais en changeant le cadre d’abord , ça laisse une chance aux riches d’échapper à la guillotine , en se retrouvant ,de toutes façons, bien moins riches selon leurs critères , mais peut être plus riches , selon ce qui ne devrait pas être des critères .

      2. J’ai tout de même l’impression que les riches sont les méchants à abattre pour beaucoup. Et si cela a du bon à certains égards, c’est catastrophiste si c’est pour continuer à se voiler la face sur l’essentiel.

        Sinon attaquer le capitalisme c’est le meilleur moyen de réunir des gens sur un flou général. Attaquer le capitalisme c’est attaquer tout le monde et personne à la fois. Qui est contre la propriété privée ?

      3. « Qui est contre la propriété privée ? »

        La ficelle est énorme, comme une corde de points Godwin…
        De grâce, c’est le blog de Paul Jorion, pas l’Almanach du Petit Boursicoteur…

      4. Qui est contre la propriété privée ?

        Poser la question c’est déjà reconnaître que c’est peut-être là que se trouve le noeux de l’affaire.
        D’une façon ou d’une autre il va bien falloir reconsidérer la propriété privée car la crise actuelle est pour beaucoup le résultat de la non remise en question de la propriété privée dans sa définition et dans son extension.
        Si la propriété de titres financiers dont il n’existe pas de contreparties véritables n’avait pas été rendue licite nous n’aurions pas assisté à l’immense concentration des richesses que nous constatons aujourd’hui.
        Par le biais des intérêts la possession de choses qui n’existent pas en réalité permet à une minorité de s’enrichir considérablement, qui plus est en faisant porter le fardeau des ruptures du schéma (à la ponzi) à l’ensemble de la société comme aujourd’hui avec les plans d’austérité, des pans entiers de la population se voyant alors dépossédés du peu qu’ils avaient.

      5. Les riches et les faits ( dans mon canard local d’aujourd’hui) :

        Le magazine Bilan vient de publier la liste des 300 plus grosses fortunes en Suisse .

        Ces 300 individus ou familles se partagent 440 millards d’euros . S’ils étaient un pays , ils seraient au 19 ème rang mondial devant la Suède , l’Autriche ou la Pologne .

        Il y a 44 français dans ce palmarès ( 37 l’an passé) , « pesant  » plus de 30 milliards d’euros ( surtout des familles de vieille souche industrielle) .

        Le plus riche est le suèdois Ingvar Kamprad , fondateur d’IKEA , un avare puissance 1000 . Il vit sur les rives du Léman dans le canton de Vaud .( Ha le modèle social suèdois , c’est pénible )

        Parmi les français les plus riches :

        Wertheimer près de 4 milliards ( Chanel ) / Castel près de 4 miliards ( eaux de Thonon , Saint Yorre …) / Primat autour de 2 milliards ( Schlumberger ..) / Benjamin de Rotschild près de 2 milliards ( finance ) / Peugeot près de 1,5 milliards ( PSA ) / Lescure près de 1,5 milliards( Seb …) / Bich près de 1,5 milliards ( groupe Bic ..) /Mimran près de 1,5 milliards ( agro-alimentaire ) / Héritiers Louis Dreyfus près de 1 milliard ( Olympique marseillais ) / Claude Berda près de 1 milliard ( AB Prod ) / Paul-Georges Despature près de 1 milliard ( Damart ..)….

        Aznavour , Loeb , Forget et Johnny Halliday … n’ont pas encore l’honneur d’entrer au palmarès des 300 .

        Même les Suisses , au moins à « gauche » , commencent à se sentir un peu merdeux avec les  » forfaits fiscaux  » consentis aux grosses fortunes chez eux .

        Mais , tant que ces humanistes pourront trouver un autre hâvre , même exotique , la votation pour mettre fin à cette pratique est un peu courte en signatures .

      6. Qui est contre la propriété privée ?

        La propriété privée c’est un état transitoire, on emporte rien et ce qui reste est pulvérisé façon puzzle en une ou deux générations.
        En fait nous sommes éventuellement dépositaires de quelques biens dont nous avons l’usufruit pour un temps relativement court, on ne possède jamais rien.
        La propriété privée et l’accumulation de capital sont des illusions, le jour où cette évidence sera admise par le plus grand nombre on aura franchit une étape vers une civilisation supérieure.

    2. @ Eg.O.bsolète 8 décembre 2011 à 09:58

      En criant « Haro sur les riches » comme le font tant de gens, nous faisons comme ces tribus qui croyaient qu’en sacrifiant leurs jeunes ils allaient calmer la fureur des Dieux. C’est touchant.

      C’est pire. Pour moi, c’est affligeant, désespérant même, si l’on mesure les efforts qui ont été consacrés à l’éducation dans nos pays, par rapport à ce qui se faisait à l’immédiat après guerre.

      A cette époque, l’enseignement supérieur ne concernait qu’une faible part de la population. L’autre part était amenée à vivre sa vie avec moins de savoirs, tout en disposant de beaucoup plus d’aptitude à s’interroger, à réfléchir, à raisonner, à se remettre en cause et conduite à chercher à s’élever, malgré le faible niveau de son éducation.

      Le fait d’avoir amené un plus grand nombre d’individus à faire des études supérieures a conduit une part de cette population à ne pas pouvoir atteindre un statut social aussi élevé que celui auquel elle aspirait, compte tenu de ce que leur avait dit leurs professeurs et leurs parents.

      Une proportion non négligeable de ces déçus s’est retrouvée déclassée et amenée à intégrer les secteurs du fonctionnariat, notamment celui de l’enseignement. Elle y a insufflé et communiqué un état d’esprit de dépit, de rancœur, de contestation, de rébellion, de critique et d’opposition systématiques aux classes qu’elle n’a pas pu intégrer. Beaucoup nourrissent à l’égard de ceux qui ont mieux réussi qu’eux, de la jalousie, de l’aigreur, de la haine. Ils sont même tentés de se venger en liguant autour d’eux le plus possible d’insatisfaits.

      C’est tristement humain. Mais cela témoigne aussi d’un sérieux manque, dans leur éducation morale de base qui, de fait, n’était pas vertueuse.

      1. Ce n’est pas un problème d’individus, et la manière dont is se représentent les choses n’a aucune influence sur le processus, c’est une question de structures.

      2. @ jducac

        Une proportion non négligeable de ces déçus s’est retrouvée déclassée et amenée à intégrer les secteurs du fonctionnariat, notamment celui de l’enseignement. Elle y a insufflé et communiqué un état d’esprit de dépit, de rancœur, de contestation, de rébellion, de critique et d’opposition systématiques aux classes qu’elle n’a pas pu intégrer. Beaucoup nourrissent à l’égard de ceux qui ont mieux réussi qu’eux, de la jalousie, de l’aigreur, de la haine. Ils sont même tentés de se venger en liguant autour d’eux le plus possible d’insatisfaits.

        Vous savez ça me parle beaucoup tout ce que vous dites, ça me rappelle surtout un prof d’histoire, le plus grave c’est que pour la géo c’était guère mieux au niveau des notes.

        Comme tant de gens sans grande grandeur d’Ame dans ce monde et ayant forcément souvent tendance à vouloir faire plus de mal pour en retirer plus de plaisir d’efficacité, toute la grande hypocrisie du monde c’est partout hélas la même bétise comportementale.

        Alors forcément j’étais souvent plus mal noté, enfin vous voyez tous ces trucs c’est pas vraiment de bonnes choses à enseigner, les doigts dans les oreilles et tout le reste.

        Il y en a tellement des comme ça dans beaucoup d’endroits. Hmm pour ça que le Jérémie n’est pas toujours bien vu et noté pour son plus grand amour envers les écritures, pourquoi tant de haine, de jugement, de jalousie, d’aigreur.

        Ouais beaucoup ne sont pas toujours plus heureux à devoir tous se conformer ainsi dans la peur, le bel enseignement du monde. A force bien sur tout le monde en finit par attraper un peu la tremblotte du mouton, à chacun son tour.

        Vous inquiétez pas Mr Jducac avec le temps on finit même par ne plus ressentir tout ceci et cela, tant de coups et de morsures, tant de petites gens très bien formatés et conditionnés par la chose publique.

        Quelle grande comédie humaine dans beaucoup d’endroits, ha si seulement je pouvais en faire un film, en écrire un livre. Allo, Allo Mr Claude Lelouch c’est moi, c’est moi le pauvre Jérémie, vite dépéchez-vous car le monde va bientôt prendre feu et fourches un peu partout.

        Oui croyez-moi le Diable ne s’habille pas uniquement qu’en Prada dans le pays.

      3. @Paul Jorion :

        J’ai moi aussi cru déceler , que même le très chrétien patron de Plastic -Omnium , en appelait aussi aux structures au delà de Jésus Christ .

        Mais j’ai pu me tromper .

      4. @juan nessy: c’est pas incompatible. « Priez et abêtissez-vous, la foi vous viendra de surcroît », disait Pascal. Et le caractère volontaire du « priez » n’est pas même nécessaire, cela l’Eglise le sait depuis bien longtemps (d’où l’inquisition).

        C’est pas du structuralisme tout ça?

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Inquisiteur (à noter que le récit n’est pas impartial et que Dostoïevsky y défend son opinion existentialiste)

      5. @ Paul Jorion 8 décembre 2011 à 15:41

        Ce n’est pas un problème d’individus, et la manière dont ils se représentent les choses n’a aucune influence sur le processus, c’est une question de structures.

        Oui les structures façonnent les individus, leurs pensées et leurs représentations, mais l’inverse est également vrai. Il me semble même que de plus en plus d’individus, animés du désir de faire évoluer les choses dans ce qu’ils croient être la bonne voie, s’emploient à déstructurer les structures traditionnelles, sans même s’interroger sur les risques qu’ils encourent ou qu’ils font encourir.

        En une vie, j’ai vu par exemple, se déstructurer la cellule familiale traditionnelle, sans avoir l’impression que cela ait rendu les gens plus heureux.

        J’ai aussi vu l’enseignement primaire, le seul que j’ai connu en sus de l’enseignement professionnel, régresser au lieu de s’améliorer sans que les enseignants, les enseignés et leurs parents soient satisfaits de l’évolution.

        Tout cela me semble résulter une volonté de pousser à l’extrême un objectif d’égalitarisme et de liberté qui ne s’est pas imposé de lui-même dans la nature, bien au contraire. C’est plutôt le résultat de mise en application de théories d’individus, qui ont œuvré pour structurer la société et imposer leurs idées d’apprentis sorciers aux autres.

        En final, la société est elle plus heureuse aujourd’hui ? On peut en douter très sérieusement quand on mesure l’insatisfaction engendrée par les différences de toutes natures qui subsistent dans l’environnement de ceux qui s’en plaignent. Ces frustrés s’abstiennent d’ailleurs de retenir les cas où eux-mêmes sont privilégiés au regard de tels ou tels de leurs semblables situés à l’autre bout de la planète.

        Pour moi une morale vertueuse serait celle qui permettrait de rendre les gens heureux de vivre en harmonie, quelles que soient leurs différences, sachant qu’il faut de tout pour faire un monde.

      6. @Moi :

        En évoquant Pascal et Dostoïevsky , vous me renvoyez à la phase la plus émotionnellement chahutée de ma vie , soit autour de 15 -16 ans , où je dévorais leurs écrits ( et les frères Karamazov en particulier où je me reconnaissais -ou croyais me reconnaître – dans Aliocha) .

        Cet Aliocha là , qui pouvait comprendre beaucoup de choses , mais tombait les deux genoux à terre , à la fois désespéré et révolté ( comme Camus) , devant la mort d’un enfant , m’a rattrapé au vol , plus tard ,sur une situation comparable . Il n’est pas près de me quitter avec quelques autres couleurs qui se fondent et me quitteront pourtant .

        Pour que naissent et vivent des enfants .

        Tous les parents sont confrontés aux conflits nécessaires entre structuration et liberté de leurs enfants .

        Mais ça en vaut la peine , et l’enfance est sans limites de temps .

      7. @Jduc:
        /// C’est plutôt le résultat de mise en application de théories d’individus, qui ont œuvré pour structurer la société et imposer leurs idées d’apprentis sorciers aux autres. ////
        là vous pigez tout a l’envers. La structuration etait le modèle originel …et la modernité a boosté le phénomène de destructuration inhérents aux civilisations .
        Apres etre passé par une individuation , l’individu tente de reconstituer des groupes non géographiques , mais corporatistes ou spécifique …ce qui accroit l’entropie ……mettez des spectacteurs de foot ensemble et vous fabriquez des ….hooligans .

      8. @ kercoz 10 décembre 2011 à 19:26

        La structuration était le modèle originel …et la modernité a boosté le phénomène de destructuration inhérents aux civilisations ……ce qui accroit l’entropie ……

        Êtes-vous bien certain que je n’ai rien compris ? Il me semble pourtant que nous disons à peu près la même chose.

        Je cite en exemple, la cellule familiale qui maintenant éclate très facilement, se recompose et souvent se décompose. Cela entraîne en conséquence, la nécessité d’avoir fréquemment 2 logements suffisamment grands avec les frais associés, pour recevoir les enfants en alternance. Est-ce que cela n’entraîne pas un accroissement d’entropie ?

        J’ai aussi cité l’enseignement primaire. On apprenait à lire, il y a encore 40 ans en 2 trimestres, alors qu’il faut maintenant 2 ans. N’est ce pas un autre exemple d’accroissement d’entropie qui rejoint votre observation ?

        Sur ce sujet, au fond, ne sommes-nous pas d’accord ? C’était moins le cas ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=31647#comment-268784

  37. Bonjour,

    Un avis sur le slogan des 99%.
    Ce slogan, outre son efficacité marketing porte différents aspects positifs :
    – il pointe bien le phénomène de concentration des richesses extrême que nous connaissons et qui cause cette nouvelle crise majeure du capitalisme.
    – il porte en germe l’espoir d’une société sans classe

    Cependant; il convient de ne pas négliger ses limites :
    – Il ne s’agirait pas de nier les raisons de la concentration de richesses. Pas de mesure aval comme dirait Paul.
    – Il ne servirait pas à grand chose de raser le haut pour laisser ensuite les mêmes phénomènes reproduire les mêmes situations.
    – Il laisse à penser que les 99% forment une seule classe sociale. Ce serait plus facile, c’est certain, mais prétendre que ceux qui sont entre 98 et 99% sont dans la même classe que ceux qui sont entre 0 et 1% par exemple est tout de même…comment dire sans s’énerver…indécent.
    Pour cela, il faudrait qu’une très forte majorité réalise une lourde prise de conscience, suivie d’une forme de processus de deuil (je ne sais pas si ce concept s’applique quand on parle de groupes de populations, un sociologue ou un anthropologue peut-il m’éclairer ?), et qu’au final on aboutisse à une organisation non régénératrice de classes et donc qu’un bon nombre renonce à des « prérogatives sociales » qu’ils pensaient acquises et surtout méritées et durement acquises (sous entendu, pas comme ces « feignasses de pauvres »…)

    Bref, va nous en falloir des efforts et des discussions avant d’arriver à cela. En plus va falloir qu’on le fasse à l’échelle mondiale, chacun de son côté et tous ensemble à la fois…

    Va falloir qu’on connaisse bien notre passé si nous ne voulons pas insulter l’avenir.

    Pour ce qui est de « La mouise », je n’aime pas trop, j’entends « la destinée », « la main invisible », « la volonté divine », « la faute à pas de chance », « j’ai pas assez bossé »…bref, ça ne mène pas à la révolte consciente et raisonnée.

    Pour finir, un bout de texte de Skalpel qui semble bien demander qu’on ne prenne pas de mesures avals. :

    Dégage toi et tes théories du complot,
    L’ennemi c’est le Capitalisme,
    Faire semblant de ne pas le voir,
    C’est choisir le bon plan.

    1. @Vincent Wallon, 70% considèrent qu’ils font partie « des classes moyennes », la conscience de classe possible des classes moyennes n’est-elle pas de comprendre comment, dans leur diversité, elles se sont « fait avoir ». Le capitalisme détruit les classes moyennes, partant, il les unifie. Que pensez-vous de l’idée d’une capacité révolutionnaire des classes moyennes, je pense qu’elle est tout à fait capable de s’allier les classes les plus exploitées?

      Faut-il au contraire espérer qu’une prolétarisation des classes moyennes réactualise les schémas selon lesquels la révolution a jusqu’ici, été pensée ?
      A+

      1. @Jean-Luce Morlie

        C’est un espoir et tente d’apporter ma part pour que cela arrive.
        Voici ce que je vois de potentiel positif :

        – effectivement, dans les faits, tant qu’un prolétaire sera quelqu’un qui ne vit qu’en louant sa force de travail, on a espoir de voir émerger une véritable conscience de classe si massive qu’elle porterait le germe d’une société sans classes. Si en plus cette conscience envisage notamment de déconnecter la condition d’assurer sa vie pleine et entière de sa capacité à travailler individuellement.

        et en potentiel négatif :

        – pour faire court et tenter de synthétiser les classes moyennes me font penser aux députés de « La Plaine » qui se sont plus illustrés pour leur côté mouton que par leurs convictions politiques bien ancrées. seule une réelle éducation et culture populaire sur un temps long peut lutter efficacement contre ces tendances, et je ne vois pas que cela a été réalisé massivement où que ce soit dans le monde.

        Je suppose que vous avez noté vous aussi qu’à la base, ça bouge, et ce malgré l’approche des élections. De très nombreux collectifs sont très actifs partout à l’échelle locale, portant des actions unitaires locales fortes et réellement populaires, pas encore massivement, mais ce sont des prémisses.
        Par contre, je constate aussi qu’il est de plus en plus difficile de parler politique et économie avec un inconnu rencontré par hasard sans qu’au bout de 5 minutes chronos il ne te lâche un truc du genre « on a vécu au-dessus de nos moyens », ou « les chinois vont nous bouffer » ou « y’a trop de feignants et de profiteurs » ou « y’en a marre de toutes ces racailles » … le germe de fascisme ordinaire gagne du terrain lui aussi et cela m’inquiète beaucoup.
        Qu’en pensez-vous ?

        A+ aussi, et à bientôt dans la rue, camarade 😉

      2. C’est des crétins ils pêchent par vanité, ils se croient au dessus des pauvres comme ils disent mais par rapport aux vrais riches ce sont des clochards les classes moyennes très supérieurs.

    1. Il est bien vivant le capitalisme, le dollar règne alors qu’il ne devrait plus rien valoir, vous êtes un rêveur vous, et la FED se propose de remplacer la BCE, réveillez vous on est entrain de se faire voler le peu qu’il nous restait pour les 1% plus riche de la planète.
      Vous appelez ça la mort du capitalisme ??? pas moi

    2. D’après ce que j’ai pu comprendre la démocratie en Russie aujourd’hui n’est plus qu’un mince filet d’eau tiède. Càd que 20 ans auparavant elle était plus vivante.
      Tolstoï repose dans sa clairière lumineuse ; là-bas c’est Ясная Поляна.

      Le coq se lève tôt ; mais le voleur encore plus tôt. (Tolstoï)

  38. Je deviens pessimiste (et/ou provocateur et/ou découragé) :
    On se rend compte que beaucoup de gens n’en ont rien à faire de la crise » actuelle, des inégalités, etc…et donc encore moins du système et de son cadre! Ils disent bien que c’est inadmissible mais ne sont pas prêts au changement, et ont encore moins envie d’en devenir auteur. Quand je vois beaucoup de gens :
    – qui préfèrent regarder des émissions débiles à la TV,
    – qui préfèrent manger de la m…,
    – qui s’insurgent car les taux de rendements des placements d’épargne ne sont pas assez élevés,
    – qui ne veulent même pas essayer de comprendre ce qui se passe,
    – qui s’endettent à en crever pour des broutilles et autres objets « tape à l’oeil »,
    – …
    ainsi que la bêtise humaine de certains (pour ne pas dire de beaucoup), permettez moi, ce matin, de penser « A quoi cela sert d’essayer de vouloir faire tomber ce système, de changer les choses, de faire un système nouveau équitable, etc… » et « pourquoi finalement ne pas essayer de faire ce qu’on peut pour personnellement accrocher le bon wagon, puisque la majorité se fait spolier, s’en fout, et à la limite, en redemande…. ?

    1. C’est pour ça que je préfère mes chats aux moutons stupides qu’on appelle des êtres humains,même en famille essayez donc d’œuvrer pour le bien commun et vous avez compris qu’il n’y a rien à attendre des humains sauf de les manipuler, je suis vache mais réaliste !!!

  39. Tout à fait d’accord avec monsieur Jorion, il ne reste plus qu’aux prolétaires et qu’aux classes moyennes la Révolution pour s’en sortir. Comme en 1848, l’Union européenne est une prison des peuples. Mais la Révolution est elle encore possible en 2011 2012?

    1. La révolution pour la révolution n’a aucun sens, ci ce n’est de maximiser la frustration, mais bon comme cela ne fait de commencer, on aura un peu de cela aussi.

      Il y a deux semaines je suis allé à la rave party des « indignés » belges pour secouer les politiciens, cet événement était surréaliste vu qu’un accord national venait d’être trouvé juste avant le happening.

      J’ai pris mes distances quand en arrivant sur place j’ai vu qu’il y avait presque plus de policiers que de manifestants, aller au clash pour le clash ne m’intéresse pas.

      J’ai eu l’occasion de discuter avec un papy boomer qui lui aussi ne voyait pas l’intérêt d’aller en cellule juste pour aller en cellule d’autant plus que c’est quelque chose qu’il avait déjà vécu en 68. Cet échange m’a fait chaud au cœur dans tout ce bazar où l’incompréhension régnait en maître.

      Un ami me trouvait que je ne m’impliquais pas assez franchement et me dit que ce n’était pas la révolution canapé ici. Je lui dis que je veux débattre. Après l’événement on va dans un café.

      Je tente de débattre mais me rend bien compte que ce qui anime beaucoup de révolutionnaires c’est tout autre chose que d’essayer comprendre de quoi il en retourne.

      Avec les révolutions toutes les frustrations remontent … pour souvent plus de frustrations … pour au final une profonde désilusion … car le réel a toujours le dernier mot.

      1. Les révolutionnaires sont des frustrés, et mal baisés.
        Ils ont inventé toutes les contradictions des modes de production
        qui se sont succédé depuis les débuts de l’humanité,
        pour dénigrer l’oeuvre du Grand Architecte.

        Leur frustration a un nom en psychologie de bazar: le complexe de la brioche.
        Marie-Antoinette leur en a offert: ils l’ont refusé, en réclamant du pain !

      2. Sans nul doute le réel a le dernier mot . Comme nous ne nous connaissons pas de prédateur , le réel qu’on invente a le dernier mot.
        Il faut bien que les choses trouvent en dernier ressort leur règle, ce sur quoi elles se fondent ou s’effondrent, c’est selon .
        Voilà la liberté.
        mais pas de liberté sans culpabilité . ( tordu, hein ?)
        on est tous coupable et certains plus que d’autres ( immensément coupables dirait Blanchot )
        mais devant quoi , devant qui le sommes nous ?
        Hé, ne le prenez pas avec cette hauture 😉
        amicalement

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