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La Tribune, samedi 16 janvier 2010

En page 5, je réponds à Éric Benhamou qui me demande mon opinion sur la déclaration de Mario Draghi , président du Conseil de stabilité financière en marge d’une réunion de la BRI :

« Je ne pense pas que la situation générale soit aussi bonne que l’estime le marché et je relève que les banques prennent à nouveau des risques ».

Les déclarations de Mario Draghi peuvent surprendre en pleine embellie de la Bourse et des discours plutôt rassurants sur la reprise et le retour aux bénéfices des banques. Elles traduisent peut être une certaine irritation, voire un malaise, des régulateurs européens à l’égard des Etats-Unis, qui semblent vouloir sortir de la crise financière avec leurs propres remèdes qui ne relèvent pas tous de la bonne gouvernance ou de la meilleure transparence. Certains opérateurs de marché s’interrogent notamment sur des mouvements de fin de séance qui poussent les marchés américains d’actions ou d’options à la hausse. Sans parler de manipulation, il est clair que les autorités américaines sont prêtes à utiliser tous les leviers disponibles pour faire rebondir les marchés et protéger ainsi – un peu – l’épargne des ménages. Une autre interprétation est possible : celle du parapluie ! Tout le long de la crise et encore aujourd’hui, chacun s’est efforcé de faire porter aux autres la responsabilité de la faillite du système financier. Or, aujourd’hui, il est clair que les économies, les banques centrales, les marchés vont une fois de plus dans la mauvaise direction et qu’une nouvelle crise se prépare. Il est alors tentant de se dédouaner par avance de nouvelles catastrophes à venir sous l’air entendu « je vous l’avais bien dit » sans pour autant agir réellement pour les éviter. Les banques centrales nourrissent la spéculation et elles le savent !

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L’actualité de la crise: banques zombies et trading mutant, par François Leclerc

Billet invité.

BANQUES ZOMBIES ET TRADING MUTANT

Une course de vitesse est engagée entre les grandes places boursières du monde entier ; c’est à celle qui aura le système informatique de traitement des ordres le plus rapide. Leurs performances sont désormais comparées en utilisant les millisecondes (millièmes de secondes), alors que la norme était de l’ordre des 2 à 3 secondes il y a encore à peine deux ans. Cette sévère compétition ne se déroule pas seulement entre les Bourses elles-mêmes, mais également entre celles-ci et tous ces nouveaux venus sur le marché que sont les plate-formes alternatives de négociations ultra-rapides, souvent créées et soutenues par les mégabanques elles-mêmes. En un temps lui aussi record, on a assisté à la montée en puissance du trading algorithmique (appelé High Frequency Trading), aux Etats-Unis en premier lieu, puis en Europe. L’Asie n’est encore que peu touchée, mais elle se prépare à suivre.

Les chiffres les plus divers circulent, mais il est permis de penser que ce trading à très haute vitesse représente 60% des volumes échangés sur le marché américain et 30 % sur le marché européen. L’amélioration très récente des performances des systèmes informatiques des grandes places boursières contribue grandement à cette fulgurante progression. Nyse-Euronext a ouvert le bal en 2009, suivie par le London Stock Exchange et Deutsche Börse. Le Tokyo Stock Exchange vient d’annoncer qu’il avait sauté le pas à son tour. L’objectif stratégique est d’attirer la clientèle des hedge funds et des arbitragistes et de faire ainsi face, à temps espèrent les Bourses, à la menace potentielle que représentent les plate-formes alternatives qui se sont multipliées en très peu de temps, mais qui sont encore à la recherche de leur rentabilité.

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Les limitations de la méthode Coué – Le retour

Il suffit d’un petit coup de bourdon à la Bourse (-5,8 % à Shanghai, – 3,8 % à Tokyo, – 1,46 % à Londres, – 2,16 % à Paris, – 2 % à New York) pour que les langues se délient et que tous s’écrient en chœur « Il n’y a pas de signes évidents d’une reprise ! » Je ne l’invente pas : vous le lirez partout.

Le moral ne devait pas être aussi excellent qu’on l’affirmait pour qu’un petit choc suffise à faire sombrer tout le monde dans la déprime.

C’est le problème de fond avec la méthode Coué : on a beau répéter que ça va bien, on n’y croit pas vraiment.

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