L’actualité de la crise: les démiurges malfaisants à l’oeuvre, par François Leclerc

Billet invité.

LES DEMIURGES MALFAISANTS A L’OEUVRE

Il avait pu sembler aux gouvernements européens qu’ils avaient gagné un répit prolongé, les faits viennent de les détromper. Non seulement la crise continue, mais elle a repris une mauvaise tournure en cette fin de semaine. Deux signes qui ne trompent pas : l’euro continue d’être très attaqué sur les marchés et les cours des valeurs financières (les banques) font un nouveau grand plongeon. Seuls, les taux obligataires sous surveillance renforcée et interventions de la BCE restent stables, mais à un niveau qui reste très élevé. Ce n’est pas encore tout à fait la Bérézina, mais ce n’est pas du tout le soleil qui se lève sur Austerlitz. Les marchés sont tenaces et ont les moyens de le faire savoir.

Les gouvernements grec, espagnol, portugais, et même italien, continuent de donner des gages en annonçant de nouvelles mesures d’austérité, mais les marchés n’en ont cure, car c’est l’euro qu’ils ont pris pour cible dans l’immédiat, en attendant de voir jusqu’où la BCE est prête à aller dans son soutien au marché obligataire. Certains annoncent que le tour de la livre sterling ne devrait pas tarder à venir, ces rumeurs continentales étant alimentées par les réactions qu’a suscité le refus britannique de participer au plan de sauvetage européen…

Qu’attendent donc les marchés, ces intervenants que l’on n’ose même pas identifier par leur nom, et qui aspirent au rôle de démiurges malfaisants ? Ils doutent d’abord de l’issue de la partie qui s’annonce : la réduction des déficits et la baisse de la demande des Etats sur les marchés obligataires, à laquelle ils poussent avec acharnement. Car déjà s’installe l’idée, chez ceux qui en ont encore les moyens, que pour être politiquement jouables les sacrifices vont être étalés dans le temps.

La crise de la dette financière n’est en effet pas une affaire qui va va se régler en trois ans, comme le gouvernement Allemand cherche naïvement à l’imposer. Dégonfler cette bulle ne se fera pas sans accidents de parcours – des restructurations de dette qui atteindront le système financier – et va contribuer à ce que cette crise n’en finisse pas.

Ils ne croient pas d’avantage que les gouvernements européens vont savoir consolider la Maison Europe, en élargissant l’union monétaire à une union fiscale, ce qui suppose un accord sur une politique économique commune. A cet égard, ils constatent que les seules propositions concrètes émises à ce jour alignent des règles et des châtiments. Ces derniers sanctionnant des manquements à des obligations qui ne sont définies qu’en termes généraux, car il est acquis – même si ce n’est pas encore reconnu – qu’il faudrait pour les instituer modifier les paramètres originellement définis pour le pacte de stabilité européen (en réalité de circonstance à l’époque).

Enfin, et surtout, ils sanctionnent une évidence : les perspectives de croissance économique de l’Europe sont médiocres, pour ne pas dire nulles, une fois que l’austérité en train d’être concoctée aura produit tous ses effets.

Sans doute même vont-ils plus loin, s’interrogeant sur l’ampleur de ce phénomène qui veut que tous les pays européens s’engagent simultanément dans la même voie menant à la dépression, induisant un rétrécissement du marché intérieur, accentuant encore la pente de celle-ci étant donné l’importance du commerce intra-Europe. Y ajoutant, enfin, des considérations sur la place à laquelle peut prétendre l’Europe dans un monde qui est en train de changer d’axe, sous les effets de la mondialisation.

La question, en effet, n’est pas tellement quel niveau de croissance, mais quel moteur à celle-ci dans ce nouveau contexte très évolutif ? Les Allemands peuvent toujours avoir l’espoir qu’ils réorienteront à terme plus ou moins rapproché leurs flux d’exportation des pays européens – qui ne vont plus leur offrir les mêmes débouchés – vers les pays émergents, mais les autres ?

Cette même question concerne également les Etats-Unis, dont il est fait grand cas des taux de croissance qui y sont affichés, sans les analyser et noter les effets des résultats de l’industrie financière, du déstockage des entreprises et de l’intervention publique. Utilisant, pour justifier l’optimisme les concernant, la capacité de rebond des Américains, dans un nouvel emprunt aux catégories psychologiques les plus sommaires. Ne prenant pas en compte la poursuite de la détérioration de la balance commerciale américaine, qui montre bien que la désindustrialisation des Etats-Unis n’est et ne peut être stoppée, et a fortiori que le phénomène ne peut plus être inversé.

D’ailleurs, les déclarations des dirigeants de la Fed se multiplient actuellement, comme autant de mises en garde à propos du déficit américain, valables d’abord pour le gouvernement. En félicitant chaudement, comme il vient de le faire, José Luis Rodriguez Zapatero pour les mesures drastiques qu’il vient d’annoncer, Barack Obama envoie à ce propos un signal à son pays, qu’il tempère pour le moment par un discours sur le retour de la croissance, car les mid-terms (les élections à mi-mandat) arrivent. En dépit de l’avantage que leur procure le statut du dollar, les Etats-Unis sont embarqués dans le même bateau que les Européens. La boucle est bouclée.

De la même manière que le capitalisme financier a mis en place, via une redistribution inégalitaire accrue de la richesse, une machine à fabriquer de la dette, il s’est fabriqué un nouvel eldorado ; par ses investissements il a contribué à l’émergence de pays qui sont désormais les seuls à connaître une véritable croissance, sur le mode qui lui est consubstantiel : accroissement rapide des inégalités sociales et exploitation intensive des ressources humaines et environnementales. Un million de voitures supplémentaire va circuler en l’espace de cette année à Pékin, plus 25%, c’est un condensé de ce que connaît la Chine.

La problématique du moteur de la croissance, qui est indissociable de la mise en cause de sa conception actuelle, va émerger comme une question-clé. A laquelle il est nécessaire de trouver une autre réponse que le repli sur des positions préparées à l’avance, comme disent les militaires quand ils font retraite, c’est à dire d’illusoires nouvelles murailles. A l’image, mais en nettement plus imposant, de celles que les riches se font construire, pour s’isoler et se protéger. Sauf que cette fois-ci, ces barrières parqueraient des pauvres, ce qui leur donnerait un tout autre sens.

A ce propos, que n’a-t-il pas été dit à propos du modèle européen et des filets de protection sociale dont il était garni et qu’il fallait préserver ! Après avoir été grignotés, ceux-ci sont en danger d’être sévèrement troués. Au profit d’une autre conception de la protection sociale, qui, comme une oeuvre de charité à qui l’on donne pour se faire du bien, limitera ses bienfaits aux exclus, au Tiers-monde de l’intérieur. Apposant un léger pansement sur une plaie que l’on préfère ne pas regarder. Permettant à ceux qui en bénéficieront de garder le nez au-dessus du niveau de l’eau, pour le coup moteur d’une nouvelle dynamique économique, mais imprévue, celle du développement de l’informalité. Cette activité qui échappe à l’emprise de l’Etat, moyen de survie des démunis quand elle n’est pas, à l’opposé de l’échelle sociale, privilège des nantis qui s’absolvent des contraintes fiscales et font des affaires comme d’autres pratiquent la corruption systématique. En bas, le phénomène est déjà en cours, on commence à en parler, en haut ce n’est que routine.

En filigrane, on voit se dessiner les contours d’une société qui n’est pas celle de nos rêves, dont l’avènement n’est toutefois pas inéluctable. Les rodomontades des uns et des autres apparaissent bien dérisoires, marionnettes manipulées sur le devant de la scène, chargés de mission du réel pouvoir, celui d’un système qui ne se résoudra jamais à abdiquer. La seule chose contre laquelle il est totalement impuissant, c’est sa propre implosion qu’il ne maîtrise pas. C’est souvent ainsi qu’a marché l’histoire.

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108 réponses à “L’actualité de la crise: les démiurges malfaisants à l’oeuvre, par François Leclerc”

    1. Avatar de Alain V

      Jacques Généreux est clair, pédagogue, brillant. Il donne des solutions précises qui sont très proches de celles que l’on trouve dans ce blog. Quelle convergence !
      Allez l’écouter : http://www.dailymotion.com/video/xday9w_j-genereux-l-esprit-de-munich-a-env_news

      Le Parti de Gauche a de la chance de le compter parmi ses dirigeants.

    2. Avatar de Paul Jorion

      Je viens de regarder Jacques Généreux sur France Info : j’avais un vrai jumeau et je l’ignorais !

    3. Avatar de vigneron

      Généreux a eu pendant un temps antenne ouverte sur France-Cul, tant qu’il était au PS et que les hétérodoxes avaient encore un peu de place dans le débat, avec les alters et les opposants à l’empire.
      Voici déjà 4 ou 5 ans qu’il n’avait plus droit au chapitre….
      Grosso-modo depuis le non au TCI… Comme dit » l’autre »: « Ça commence à bien faire! »

    4. Avatar de Frédéric 2

      D’une certaine manière cela remonte le moral!

      Cela fait du bien de voir enfin un politique à la tête bien faite. Moi non plus je ne connaissais pas ce Monsieur. Vraiment merci pour ce lien.

    5. Avatar de Verywell

      Aussi limpide que du Jorion 😉
      Et ses ouvrages « La dissociété » et « Le socialisme néomoderne ou l’avenir de la liberté » sont à lire absolument. Il nage dans l’Adoxia et la parrêsia, comme dirait l’autre. C’est un homme courageux.

  1. Avatar de roma

    Armes pour temps de crise…
    de Clément Rosset, in « Le Choix des mots » (éd. de Minuit)

    « En l’absence de tout objet réellement précieux ou réellement désirable, force est d’en affranchir toute expérience de joie réelle et de se rabattre sur la « seule » joie de vivre […]. Il est vrai qu’une nouvelle difficulté nous attend, difficulté qui fait précisément le paradoxe de la joie. Une fois libérée de toute attache à un objet qui la ferait tôt ou tard mais immanquablement défaillir par l’effet de sa propre défaillance, entraînant dans une même perte l’objet de réjouissance et la réjouissance qu’il a provoquée, la joie n’en est pas pour autant assurée.
    […]
    Manquant de tout objet dont la joie de vivre puisse se recommander réellement, elle semble jouer une sorte de rôle ingrat sinon absurde : car, à y réfléchir de plus près, on devine qu’elle s’accommodera sans trop de dommages de sa pauvreté et pourrait même réussir à y trouver un incompréhensible miel. De leur côté, les joies de la vie, si solides et réelles qu’elles paraissent par rapport à une fantomatique joie de vivre et le soient d’ailleurs effectivement en un certain sens, n’en ont pas moins elles aussi leur propre point faible : de dépendre entièrement de la valeur des objets qui ont suscité leur réjouissance. Valant ce que valent ces objets, les joies de la vie doivent suivre inexorablement leur cours, comme on le dirait d’un titre coté en bourse. Si le cours est à la hausse, la joie est à la hausse ; s’il est à la baisse, à la baisse ; et si à la ruine, à la ruine. Bref, il est nécessaire au maintient de n’importe quelle joie de la vie que son objet, tel encore une fois un titre boursier, demeure d’aspect précieux et désirable – aux yeux du public comme à ceux de son propre « porteur ».
    Or il est douteux qu’on puisse tenir quelque objet que ce soit pour absolument précieux ; douteux aussi qu’on puisse en tenir aucun pour absolument désirable
    […]
    Qu’aucun objet n’ait de prix, c’est ce que racontent toutes les histoires dont la structure commune consiste en la promesse d’une récompense à celui qui aura, à l’issue d’un périple dont la longueur et le temps sont comptés, su dénicher pour prix de la récompense un objet qui soit absolument précieux, c’est-à-dire au fond sans prix. […]
    Qu’aucun objet ne soit par ailleurs désirable, c’est ce qu’enseigne le célèbre conte des Trois souhaits dont Joseph Bédier a recensé les nombreuses variantes tant européennes qu’extra-européennes. Dans tous les cas la structure du conte demeure la même : « Un être surnaturel accorde à un ou plusieurs mortels le don d’exprimer un ou plusieurs souhaits, qui seront exaucés. Ces souhaits se réalisent en effet. Mais, contre toute attente, et par la faute de ceux qui les forment, ils n’apportent après eux aucun avantage, quand ils n’entraînent pas quelque dommage. »
    L’enseignement philosophique de ces histoires de souhaits me semble triple. Ces histoires rappellent d’abord qu’à vouloir échapper au réel on y revient nécessairement et avec usure – l’usure de l’espoir déçu. […] Elles suggèrent aussi qu’après tout le monde tel qu’il est, malgré toutes les misères qu’il contient, pourrait bien être pourtant, comme le pense Leibniz, le meilleur des mondes possibles. […] Elles enseignent enfin, et ceci me paraît le plus important de tout, que l’homme est incapable de désirer, ou plus exactement de se constituer des objets précis de désir. Sitôt ceux-ci précisés, vient la catastrophe et la déception.
    […]
    En l’absence de tout objet réellement précieux ou réellement désirable, force est d’en affranchir toute expérience de joie réelle et de se rabattre sur la « seule » joie de vivre […]. Il est vrai qu’une nouvelle difficulté nous attend, difficulté qui fait précisément le paradoxe de la joie. Une fois libérée de toute attache à un objet qui la ferait tôt ou tard mais immanquablement défaillir par l’effet de sa propre défaillance, entraînant dans une même perte l’objet de réjouissance et la réjouissance qu’il a provoquée, la joie n’en est pas pour autant assurée. »

    1. Avatar de JIEL

      « Quand on a abandonné le désir tout est bien
      Quand le désir est là, les dix mille choses ne peuvent satisfaire
      Quelques légumes nourrissent
      Une robe de moine est suffisante pour vêtir le corps
      Je me promène seul au milieu des cerfs
      Je chante avec les enfants du village
      Je lave mes oreilles dans l’eau qui coule au pied des rochers
      Je contemple la beauté des pins au sommet de la montagne. »
      RYOKAN

  2. Avatar de Pierre-Yves D.

    Pendant ce temps les multinationales du CAC 40 dégagent à nouveau des profits substantiels. (Le Monde)
    Ce n’est décidément pas la crise pour tout le monde.
    Les élites françaises issues des grandes écoles, économiques et politiques, ont partie liée avec ces grands groupes par définition peu soucieux du développement local. Or ces groupes eux-mêmes doivent leur développement aux facilités que leur offre sur un plateau un système financier furtif et volatil.
    Ceci explique en partie l’inertie dont font preuve ceux qui nous gouvernent, lesquels pensent d’abord compétitivité de ces entités hors sol et non pas bien commun pour les peuples qu’ils représentent.

    1. Avatar de VB

      Bonsoir,

      « ces groupes eux-mêmes doivent leur développement aux facilités que leur offrent sur un plateau un système financier furtif et volatil. »

      J’ajoute que leur offrent sur un plateau les législations des différents Etats dits démocratiques et dits développés… Inutile de commenter cet ajout qui se suffit à lui-même ce me semble.

      Cordialement,

  3. Avatar de izarn

    Certains ici, pensent à la chute de l’Empire romain.
    En fait la vraie chute de l’Europe commence dés 1914 et se termine en 1945.
    Avant les européens, quoique divisés, dominaient la planete. La monaie d’échange était la livre sterling. Aprés la crise de 1929, curieusement c’est le dollar qui devint la monaie d’échange mondiale.
    On peut donc considérer que nous vivons depuis 1945 dans un régime mérovingien-carolingien, ou on essaie comme Charlemagne de recréer la défunte puissance dans les pactes européens. Malheureusement, comme jadis, ce nouvel empire n’est que l’ombre de celui crée au XIXieme siècle.
    Les pouvoirs régaliens dés le Xieme siecle avaient pratiquement disparus des mains du roi vers les féodaux, ducs et comtes. L’Europe était faite alors d’inombrables petits royaumes, petits duchés ou comtés, battant monaie séparément, totalement indépendant.
    Ce fut la premiere renaissance de l’Europe depuis la chute de l’Empire Romain. Cette Europe s’enrichit, utilisa de nouvelles technologies de production: le moulin. Les guerres locales, ne parvenaient pas à détruire le commerce et la production. Une bonne démonstration des théses de Schumpeter.
    Quand les Etats Royaux se firent la guerre, les famines et la désertification recommençèrent dés le XIVieme siécle.
    De nos jours, le délitement des Etats se remarque un peu partout, sauf en France; Pays Basque, Catalogne, en Italie, en Ecosse. Bientot les landers allemands?
    Leur incapacité comme jadis a proteger contre les invasions des Huns-Banksters feront que les régions demanderont de plus en plus de pouvoir et d’indépendance. Cela adviendra par la cause du désengagement de l’Etat (Comme jadis!)voulu par la finance. Les gens ne payant plus d’impots à l’Etat, accepteront de payer les régions, les landers, pour garder leur sécurité, et leurs protections sociales.
    Ce que la grande finance n’a pas encore compris, c’est que les petits états n’ont pas besoin des banques « too big too fail » et ceux-la seront incapables de les garantir…Ni seront trés obéissant, comme l’Islande par exemple…Ou l’Argentine, le Vénézuela et la Bolivie.
    Et donc aprés la chute de l’Empire, les grandes banques disparaitront !
    Bien fait!

  4. Avatar de izarn

    @ Laurent

    Vos chiffres ne veulent rien dire: Ces pays ont refusé de payer, nationalisé des ressources pétroliéres appartenant à de grands groupes internationaux, et régulé leur finance en interdisant les libres flux financiers…
    Facile de comprendre que les agences de notation les évaluent trés mal!
    Mais qui croit encore aux agences de notation pour dire la vérité économique?
    Ici les « risques » sont ceux des investisseurs prédateurs. Par contre dans ces pays, les risques pour leur économie sont bien plus faibles qu’auparavant.
    Mais ne rapporte pas à votre banque, ça c’est certain…

  5. Avatar de l'albatros

    Elie Cohen est celui qui en août 2007, écrivait un éditorial dans le monde qui s’intitulait : « la crise de 1929 n’aura pas lieu ». C’est pas faux, il me semble que cela puisse être pire…enfin pour le moment, il y a encore une certaine indifférence à cette crise parmi la population comme si on était tous les enfants de la crise…pour beaucoup on est en crise depuis 1973…ce qui est faux macro-économiquement parlant mais vrai d’un point de vue social et sociétal…
    Avec la crise de l’euro, m’est revenu à l’esprit un article que j’avais lu en mars 2006 et qui faisait état de la fin de la parution de l’indice M3 pour le dollar…et là je me dis que cette crise profite bien au dollar et permet de restaurer la confiance envers une monnaie bien plus mal en point que la nôtre…en fait tout était joué d’avance…Mr Jorion a su faire preuve de clairvoyance…mais pour interdire les paris sur la fluctuation des prix, vous n’avez plus qu’à attendre (et à souhaiter) l’écroulement global du système…continuer ainsi de mal en pis encore 5, 10 ou même 20 ans n’est nullement souhaitable…les gouvernants ne sont plus capables d’autonomie…
    Et enfin, il faut quand même féliciter (ou du moins féliciter leurs vices) ces fabuleux traders en passe de réussi leur pari de faire tomber l’euro à la parité avec le dollar…ce que je pensais improbable il y a encore un mois…au moins ils sont à la hauteur de nos attentes dans leur bêtise…ils nous emmènent à notre perte mais ce qu’ils font, c’est une attaque-suicide…nous survivrons mais ils mourront…c’est peut-être, de façon cynique, la seule note d’espoir…

  6. Avatar de zebulon

    La société (personne morale et non la communauté d’intérêt général dont chaque individu fait légitimement partie) est conçue pour être efficace du point de vue de quelques critères limités.

    Elle ne s’intéresse pas aux coûts cachés et aux conséquences indirectes de ses activités sauf si celles-ci présentent un risque réel de poursuites et de condamnations de nature à l’empêcher d’atteindre ses propres objectifs.

    Le développement de ces structures irresponsables dans tous les domaines de l’activité a produit des résultats globaux inefficaces et destructeurs qui sont désormais suffisamment perceptibles pour que la communauté reprenne légalement le contrôle de la situation.

    Les citoyens, les élus et les gouvernements ne doivent pas sous estimer leur pouvoir et leur capacité de réaction, il en va de la régulation des acteurs économiques comme de celles des individus.

    Comme c’est arrivé par le passé de grandes compagnies peuvent être contraintes de cesser des activités dangereuses ou illégales, il n’est pas difficile de prédire que les établissements financiers vont commencer à découvrir le chemin de croix des compagnies de l’industrie du tabac ou de l’industrie textile.

    Les procès en cours vont démontrer qu’elles ont triché, qu’elles l’on fait sciemment, qu’elles ont obtenues des dérogations et des avantages en utilisant la corruption et les moyens de communication leur permettant d’influencer l’opinion et les pouvoirs politiques.

    Ces procès sont long, mais la politique n’attend pas, la cause est entendue.

    Les règles seront changées de manière à ce que ces intermédiaires inutiles ne puissent plus s’accaparer l’essentiel de la « richesse » produite.

    Aussi efficacement qu’un petit nuage volcanique, les jets de la finance vont être cloués au sol pour un long moment. Et cette seule perspective de déclin inéluctable de l’activité suffira à écrouler ce chateau de carte en quelques mois.

    Je ne doute pas un seul instant que des politiques qui ont su démontrer combien responsabiliser les individus est efficace sur la délinquance, la santé, la sécurité routière, sauront trouver les arguments et les moyens pour responsabiliser ces structures « morales » et ramener leur influence à de justes proportions.

    Il suffit de ne pas se laisser distraire, et d’appuyer là où il faut pour que les sociétés utiles subsistent.

    En ce qui vous concerne, il vous restera une question personnelle à régler ? Renouvellerez vous votre abonnement ?

    Vous ne voyez pas de quoi l’on parle ? Il s’agit pourtant du plus fort tirage de l’imprimerie mondiale, vous les recevez chaque semaine, chaque mois, chaque trimestre ou chaque année.

    Votre « relevé de compte ».

    C’est bien pour lire ce document que vous avez ouvert un compte en banque, n’est ce pas ?

  7. Avatar de édith

    Monsieur Leclerc, en février 2007 Jean Jacques Chavigné écrivait :

    65 % des détenteurs de la dette publique de notre pays sont des résidents français. Nous ne sommes donc pas du tout, comme veut le faire la droite, dans le cas des pays du Sud dont la dette est détenue par des Etats, des banques ou des souscripteurs étrangers. Elle est détenue essentiellement par des entreprises d’assurance, des banques, des Sicav bien de chez nous….

    http://www.legrandsoir.info/Sarkozy-et-la-dette-publique.html

    or le ministère de l’économie et des finances nous indique qu’à fin 2009, la dette Française était détenue à 60 % par des non résidents

    http://www.aft.gouv.fr/article_960.html?id_article=960

    Savez vous pourquoi en deux ans il y a eu un tel transfert ?

    1. Avatar de Paul Jorion

      L’explication est simple : le chiffre de Jean-Jacques Chavigné pour 2007 est erroné. La dette française détenue par des non-résidents représentait cette année-là, 60 % du total (voir Agence France Trésor). Ne croyez pas tout ce qu’on lit sur les blogs ! 😉

    2. Avatar de KERJEAN

      ou alors tout le monde a raison.
      Peut-être qu’à la fois, la dette est détenue par 65% de Français mais par seulement 40% de résidents.
      On sait que l’exilé fiscal pèse lourd.

    3. Avatar de édith

      Ne croyez pas tout ce qu’on lit sur les blogs !

      promis ! je ne le ferai plus 😉

  8. Avatar de fnur

    Super, la bourse saute de joie et … retombe:c

    Comme les poissons de la chanson :

    « Summertime, and the livin’ is easy Fish are jumpin’  » :
    http://www.youtube.com/watch?v=1j6avX7ebkM

    C’est tous les jours le printemps à la corbeille !

  9. Avatar de fnur

    Pour rester dans le summer, bien que nous n’en sommes qu’au printemps du joli mois de Mai, on pourrait citer W.Shakespeare de « A Midsummer Night’s Dream » :

    « Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avez fait qu’un mauvais somme ».

  10. Avatar de KERJEAN

    @F. Leclerc

    il y a eu le premier plan sur la Grèce, les marchés ont attaqué quand même.

    Il y a eu le deuxième plan sur la Grèce. Et quel plan: en plus d’une capitulation en rase campagne avant même de combattre et une acceptation sans condition des exigences éternelles des forces de marché contre les systèmes sociaux et même un début d’atteinte à la démocratie.

    Les marchés attaquent quand même.

    Il semblerai que nous n’avions qu’un fusil à deux coups et que ces deux coups, nos dirigeants les aient tiré. non?

  11. Avatar de perhouan

    Le droit de rien !!! il n’y a que l’intelligence et sa force et le courage …. plus que jamais en cette période qui est celle d’une guerre qui ne dit pas encore son nom, il n’y a pas de droit , il y a ce qu’on prend et que n’auront pas les autres, il y a ce qu’on refuse de céder pour soi et sa survie… et si on n’y arrive pas , on s’appauvrit, on s’esclavagise, on meurt.
    « Tous coupables » : Le cercle rouge de Melville

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