Archives par mot-clé : profit

rfi, Le Monde d’après : Paul Jorion se fâche !, le 9 mai 2020

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J’étais l’un des trois invités de Jean-Pierre Boris sur Eco d’ici Eco d’ailleurs. Mes deux premières interventions (celles où j’étais vraiment furax !)

1ère intervention :

C’est le moment de porter un autre regard sur les choses. Vous avez mentionné un de mes livres paru il y a quelques années. Le livre le plus récent, écrit avec Vincent Burnand-Galpin, s’appelle : « Comment sauver le genre humain » et traite directement – alors qu’il est sorti quand même quelques jours avant la crise – de ce type de problèmes. Mais le moment est venu de poser les questions, justement, sur la croissance, le PIB, etc. Tout ça, ce sont des conventions et ce sont des conventions qu’il est temps de remettre en question.

Qu’est-ce que c’est que le PIB ? C’est une somme de valeurs ajoutées. Qu’est-ce que c’est que des valeurs ajoutées ? C’est le résultat d’opérations comptables. Je ne dis pas que ces opérations comptables n’ont aucun rapport avec la réalité mais ce sont des conventions : on peut faire ça d’une manière ou d’une autre, etc.

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Je ne suis pas d’accord avec vous (V), par Dominique Temple

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Je ne suis pas d’accord avec vous (I) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (II) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (III) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (IV)

Je ne suis pas d’accord avec vous (V)

Le jeu des masques

Peut-on renverser la situation sans casse ? C’est la question qui taraude la société nantie. Je voudrais envisager cette question en restant aussi proche que possible de l’observation “empirique”. Tous les professeurs en France, comme tous les fonctionnaires de l’administration, tous les fonctionnaires de l’armée et d’autres encore reçoivent un équivalent pour leur service, équivalent que l’on confond parfois avec un salaire parce qu’il est redistribué sous la même appellation que le salaire des ouvriers, mais il présente une forte dissemblance : l’équivalent des fonctionnaires ne dépend pas de l’offre et de la demande. Quelle est la contrepartie de cette redistribution ? Continuer la lecture de Je ne suis pas d’accord avec vous (V), par Dominique Temple

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Je ne suis pas d’accord avec vous (IV), par Dominique Temple

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Je ne suis pas d’accord avec vous (I) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (II) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (III)

Je ne suis pas d’accord avec vous (IV)

La spéculation commerciale, la spéculation financière et la spéculation capitaliste

D’où vient qu’une part de l’économie politique soit devenue l’économie capitaliste, et pourquoi ?

Si l’on comprend cela, on comprendra aussi pourquoi toutes les tentatives d’économie empiriques en l’absence d’une théorie de l’économie politique sont condamnées à réanimer l’économie capitaliste dont elles espéraient (pour la plupart) s’affranchir.   Continuer la lecture de Je ne suis pas d’accord avec vous (IV), par Dominique Temple

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Trans-Mutation – Paul Jorion : A quoi bon penser à l’heure du grand collapse ?

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Nous voulons, par Dominique Temple

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Nous voulons

Attention !

Il ne s’agit pas de doléances. Nous n’avons plus le temps. Il s’agit de mesures qui nous permettent de dépasser le système capitaliste, plus exactement de notre contribution aux propositions dont la convergence fera naître une société nouvelle. Le système capitaliste est en Europe à son zénith, au seuil de sa chute. Il s’agit de faire en sorte que son autolyse n’entraîne pas le chaos social.

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Trends – Tendances, « … Chez ces gens-là, Monsieur, on ne cause pas : on compte », jeudi 4 juin 2015

Nous devons à Ronald Harry Coase (1910–2013), Prix Nobel d’économie en 1991, l’idée que si nous voulons résoudre les problèmes écologiques causés par le sans-gêne de notre espèce à la surface du globe, il faut privatiser le peu de biens communs qu’il nous reste encore : en poursuivant leur intérêt, les entreprises se chargeront de remettre les choses en ordre, bien mieux que la bonne volonté brouillonne des États cherchant à résoudre les problèmes qui se posent à coups d’interdictions, lesquelles finissent par faire plus de tort que de bien, les conséquences non-maîtrisées des meilleures intentions du monde étant en nombre potentiellement infini.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 8 MAI 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 8 mai 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le 8 mai 2015. Et ce dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui, c’est d’une réflexion qui prend sa source, son départ, dans les discussions que j’ai en ce moment avec les autres membres de ce « Haut-Comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique », auquel j’ai été nommé, c’était la semaine passée. Ça paraît déjà loin, parce qu’il y a beaucoup de discussions, il y a beaucoup de papiers qui circulent. Il faut déposer un rapport pour la fin décembre, et donc il faut que ça s’active assez rapidement.

Et dans les discussions qui ont eu lieu, ça m’est apparu tout de suite, et puis ça a un petit peu, comment dire, atteint un sommet, un point culminant, hier : on n’est pas sur la même longueur d’ondes, l’ensemble des gens qui travaillent là-dessus. Il y en a qui ont le sentiment, et c’est le mien – et j’ai posé la question, et le président de notre petit groupe a tranché en ma faveur – l’intérêt général que nous essayons de défendre, eh bien, c’est celui du citoyen belge, qu’il a défini lui comme étant le contribuable belge, et effectivement, d’une certaine manière, c’est lui qui nous commandite cette étude. Pour ce qui est des ministres et des directeurs de Banque Nationale, c’est le contribuable qui paye, effectivement, d’une manière indirecte ces gens-là. Nous, je vous le rappelle, nous on fait ça pro deo, on fait ça gratuitement. Nous, je veux dire, membres de la commission. Mais effectivement, l’intérêt général, c’est le citoyen belge. C’est lui qui paye les pots cassés quand ça ne marche pas.

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La rémunération de l’esprit d’entreprise

Je publie cet extrait du manuscrit du livre que je consacrerai à la pensée de Keynes comme un élément au débat ouvert par la publication du « billet invité » d’Édouard intitulé Réflexion sur la taxation des dividendes et plus-values.

On dit que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de production. C’est une bonne approximation, si ce n’est que l’on est alors immédiatement confronté à la difficulté de définir ce que l’on inclut dans les coûts de production. Il est classique aujourd’hui d’y inclure les salaires, et c’est ce que les règles comptables enjoignent de faire, mais est-ce légitime : les salaires ne sont-ils pas la récompense des avances faites en travail dans le processus de production, au même titre que les avances faites en terre par le propriétaire foncier, en fonds par le capitaliste et les avances en supervision/coordination de l’entrepreneur ? Et le paiement des intérêts ? Les intérêts ne sont-ils pas une part du surplus au même titre que le profit de l’entrepreneur ?

Si l’on repart de la structure prototypique du capitalisme qu’est le contrat de métayage tel que pratiqué aujourd’hui encore dans l’agriculture et dans la petite pêche, plutôt que de s’intéresser aux coûts de production, il vaut mieux concentrer son attention sur les coûts de la perpétuation de l’unité de production : du renouvellement du dispositif de production, et considérer que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de renouvellement. Sur le prix de vente il y aurait aussi beaucoup à dire mais je le traiterai séparément.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – Profit, par Michel Leis

Billet invité.

Voilà un mot à tiroir, un mot que l’on entend tous les jours, son apparente limpidité le met à l’abri de tout soupçon, mais certainement pas de la critique. Hors de la sphère économique, un profit est un avantage que l’on peut tirer d’une situation quelconque, on profite d’une opportunité, de la défaillance de son adversaire. Par extension, on parle du profit des entreprises qui serait l’avantage monétaire tiré de leur exploitation, mais il existe une ambiguïté fondamentale : en France, le profit n’existe pas en tant que tel dans la comptabilité. Il y a des soldes intermédiaires de gestion, un résultat net, mais nulle trace d’une ligne « profits ». Cette ambiguïté autorise la circulation de définitions et de concepts de nature différente. Pour certains, le profit est la rémunération du capital engagé dans l’entreprise, d’aucuns évoquent le profit économique, qui prend en compte la rémunération dont aurait bénéficié le capital s’il avait été placé sur un compte à terme ou tout autre produit financier. Le profit est fuyant, il s’évapore dans des paradis fiscaux, il est insuffisant, la faute aux charges qui accablent les entreprises, bien sûr. Profits records nous annonce-t-on, hausse du dividende versé par action, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes. Ah non, il paraît que nos entreprises ne sont pas compétitives, que leurs performances ne sont pas à la hauteur de leurs concurrentes.

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L’utilité et le profit, ou l’art des nuances

L’auteur d’un compte rendu de mon livre Misère de la pensée économique (Fayard 2012) écrit ceci :

… homo oeconomicus ne cherche pas à maximiser ses gains, mais son utilité, laquelle peut intégrer des dimensions d’altruisme ou d’empathie.

Le lecteur lambda de ce compte rendu en inférera, je suppose, que la définition que je donne de l’l’homo oeconomicus est qu’il cherche à maximiser ses gains plutôt que son utilité, et que j’introduis ainsi une distorsion dommageable, source de malentendus potentiels, puisque la définition classique parle bien d’utilité et non de gains.

Or ce que j’ai écrit, c’est ceci :

L’individu « rationnel » correspondant à cette représentation, baptisé « homo oeconomicus », a pour particularité de maximiser son utilité subjective dans une ignorance totale de ses concitoyens, poursuivant son intérêt égoïste sans jamais dévier de sa trajectoire, sa justification pour ce comportement a-social, pour ne pas dire anti-social, étant qu’il contribue ainsi à maximiser l’utilité pour l’ensemble de la communauté des gens comme lui : les homines oeconomici. (pp. 187-188)

J’ai écrit à l’auteur de ce compte rendu, lui faisant observer qu’il m’accuse d’un péché que je n’ai pas commis.

Il me répond ceci :

Je vous donne volontiers acte de ce que, contrairement à ce que je lis souvent, utilité pour vous n’est pas forcément synonyme de maximisation des revenus. Mais ce qui m’a fait tiquer, c’est l’expression qui suivait « intérêt égoïste sans jamais dévier de sa trajectoire ». Egoïste signifie bien « ne se soucier que de soi », alors que l’utilité peut intégrer le souci de (certains) autres.

Ma réponse :

Il n’empêche que le lecteur de votre compte rendu aura retenu que je confonds utilité et profit, quand vous affirmez que l’homo oeconomicus selon moi vise à maximiser ses gains plutôt que son utilité, ce qui est faux, puisque je mentionne spécifiquement l’utilité. Vous me dites maintenant que quand je dis utilité, je pense en réalité profit ; je vous réponds que ceci ne me distinguerait bien entendu pas de la quasi-totalité des lecteurs de la définition de l’homo oeconomicus au fil des âges mais que ce n’est pas ce que j’ai écrit, et qu’il s’agit du coup d’un procès d’intention.

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RFI, Carrefour de l’Europe, « L’Europe de la lasagne », dimanche 17 février à 12h10

J’ai eu l’occasion de donner mon opinion sur L’Europe de la lasagne. Enfin, j’ai parlé optimisation fiscale et marges de profit plutôt que sauce bolognaise.

Vous entendrez aussi sur le sujet José Bové et Monique Goyens (Organisation européenne des consommateurs).

RFI – Carrefour de l’Europe – Paul Jorion by pauljorion

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J’ai fait un rêve (et Laurence Parisot un cauchemar), par Michel Leis

Billet invité.

Après avoir écrit des billets sur la concurrence fiscale et appelé au retour de l’interventionnisme de l’Etat dans l’économie, peut-être est-il temps de proposer quelques pistes de réflexions sur le rétablissement des marges de manœuvres budgétaires. La difficulté de cet exercice réside dans la nécessité de peser sur les décisions des individus et des entreprises au travers d’une politique fiscale adaptée, alors même que la perception qu’ont ces individus et ces entreprises de leurs intérêts particuliers s’opposent aux indispensables réformes collectives.

Encore faut-il au préalable redonner un sens aux dépenses de l’Etat. Au nom d’une définition de plus en plus restrictive du domaine public, celui-ci a  réduit son périmètre d’intervention et les domaines qui restent dans son giron ne peuvent répondre aux critères d’efficacité et de rentabilité, pourtant érigés en dogme. En l’absence d’une vraie politique économique, l’Etat providence est dépassé. Ayant renoncé à guérir, il se contente de mettre des baumes pour calmer les douleurs les plus vives en quantité toujours plus dérisoire. Pire encore, une partie des Diafoirus politiques viennent de découvrir la saignée et ne s’en prive pas. L’Etat qui soigne n’est en aucun cas un Etat qui cherche à guérir, c’est bien là que ce trouve sa plus grande faiblesse. Cette réalité perçue par le plus grand nombre conduit à des comportements contradictoires, depuis l’égoïsme assumé (pourquoi payer pour une situation qui est amenée à perdurer) jusqu’au réflexe citoyen. C’est peut-être là une opportunité pour l’Etat : donner une cohérence entre la politique fiscale et des objectifs, c’est redonner la lisibilité qui manque à son action, c’est quitter la logique de simple financement pour faire des impôts un vrai levier d’action, au-delà des « gadgets » divers qui font pour le moment office de politique et dont l’effet est difficilement mesurable.

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ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD, par Michel Leis

Billet invité

Le caractère devenu hautement spéculatif des dettes souveraines, la multiplication des bulles, le nombre toujours croissant d’instruments et d’outils financiers sophistiqués dont il est si souvent question dans ce blog, tous ces constats renvoient à une vérité première : la spéculation est avant tout la quête d’un surprofit. Oui, mais voilà, en référence à quoi ? Si l’on met de côté l’aspect jeu (que l’on ne peut pas évidemment totalement écarter), le minimum de rationalité que l’on puisse attendre des acteurs du marché est qu’ils aient une idée des rendements pour un capital équivalent placé dans l’économie réelle.

Ma première hypothèse, c’est qu’il existe un référentiel collectif sur les attentes de profit. C’est celui qui s’exprime au travers des articles d’une certaine presse économique, qui se construit par l’observation des entreprises équivalentes, dans les dîners en ville, au travers des coteries d’anciens élèves et dans cette multitude de lieux d’échanges plus ou moins structurés qu’adorent fréquenter les élites. Les commentateurs boursiers expriment finalement une idée similaire quand ils expliquent la variation d’un cours par l’annonce de résultats supérieurs ou inférieurs aux « attentes » du marché. Ce référentiel a un caractère normatif, tant il influence la décision des investisseurs et des dirigeants d’entreprise tout en restant du domaine de l’ordre de grandeur.

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