La Libre Belgique, Le moment serait-il venu d’être socialistes ?, le 7 septembre 2016

Ma tribune libre n’a pas paru sous le titre que je lui avais donné : « Le moment serait-il venu d’être socialistes ? » mais sous celui de « Comment construire une société plus égalitaire et moins inflexible ? ».

Nous pourrions nous demander si, au gré des événements actuels (renforcement de l’état policier, érosion des droits acquis par les travailleurs par la lutte, tel le droit de grève, libéralisation des échanges débouchant sur l’arbitraire, telle que prévue par le TTIP), le socialisme serait le mouvement constructeur d’un autre monde, pour nous-mêmes et pour nos enfants.

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XIII), La taxation des opérations financières, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Le terme de gratuité est générique. De quelle manière serait-elle prise en charge ? Jugez-vous qu’il faille créer des caisses sur le modèle de la Sécurité Sociale ? Serait-elle purement et simplement à part du circuit économique ?

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Que faire ? (V) : Poser des limites aux rapports de forces, par Michel Leis

Billet invité.

S’il est bien une question qui revient de manière récurrente, c’est le quoi faire. Cette série de billets propose quelques solutions et synthétise un projet de livre : « 2017, programme sans candidat ». Je tiens à préciser que ces propositions reflètent une analyse et une vision qui n’est pas forcément partagée par tous les intervenants du blog de Paul Jorion.

Billets précédents de la série que faire : (I) : L’emploi, (II) : Répartir plus équitablement les richesses et les efforts, (III) : Corriger les déséquilibres du territoire, (IV) Lutter contre le gaspillage, développer une économie soutenable et moins mondialisée,

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Trends – Tendances, Est-il vraiment si difficile de déterminer si une opération est spéculative ?, le 17 décembre 2015

La spéculation était interdite en France jusqu’en 1885 par l’article 421 du Code pénal, qui portait le nom prédestiné de « 421 », celui d’un jeu de hasard également appelé « zanzibar ».

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LES GROS MALINS DE LA FINANCE, par François Leclerc

Billet invité.

La liste des banques ayant trempé dans une manipulation financière n’est pas difficile à établir : toutes les mégabanques ont été prises la main dans un pot à confiture et le plus souvent dans plusieurs. Celle des marchés sur lesquels les fautives ont pêché n’a également pas cessé de s’allonger au fil des ans.

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VentsContraires.net, Paul Jorion : Inégalités, comment en sommes-nous arrivés là ?

Ouvert aux commentaires.

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

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On ose spéculer sur la faim… et sur le reste, par Serge Boucher

Billet invité.

Oxfam France dénonce la spéculation sur le marché des matières premières agricoles, qui « aggrave la volatilité des prix alimentaires » et « [met] en péril le droit à l’alimentation de centaines de millions de personnes », et la presse relaie cette juste indignation. C’est vraiment le moins qu’elle puisse faire.

On peut cependant se demander s’il est justifié de ne s’intéresser qu’aux denrées alimentaires. En effet, d’un point de vue purement technique, la spéculation sur les produits agricoles n’est pas très différente des autres.

Émettons l’hypothèse que les paris de la finance sur les futures de silicium augmentent la volatilité des prix de cette matière première, et que ceci entraîne une augmentation faible mais réelle des prix de tous les appareils électroniques vendus dans le monde. Certes, que l’acheteur d’un iPhone 6 Plus doive débourser un tout petit peu plus pour acquérir son joujou est l’archétype du « problème de riche », et ne saurait, fort heureusement, susciter la même indignation que la mise en péril de l’alimentation de centaines de millions d’êtres humains.

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« La spéculation, mon bon Monsieur, mais ça a toujours existé ! » – Non ! Et d’ailleurs, ça suffit !, par Zébu

Billet invité.

« Imaginez …

Des baguettes que vous pourriez acheter 24h/24h, de formes différentes, avec des goûts et des couleurs variées, des baguettes vendues partout, jusque dans les stations-service ou les laveries automatiques… imaginez que vous puissiez ainsi accéder comme et quand vous le voudriez à ce que vous souhaitez vraiment.

En échange de cela, nous négocions pour vous les prix de ces baguettes, selon la loi de l’offre et de la demande sur des marchés interconnectés, à New York ou à Hong-Kong et nous garantissons ainsi, pour vous, cet accès illimité »

Ce que ne dira cependant pas votre interlocuteur, c’est que le prix ainsi négocié est un prix purement spéculatif, qui quand il fonce à la hausse, c’est le consommateur qui raque, et qui quand il fonce à la baisse, ce sont les producteurs qui écopent. Et que l’ardoise est refilée aux États – c’est-à-dire aux contribuables – quand la spéculation en arrive à un point tel que tous les ‘acteurs de marchés’ se débinent, la baguette avec, parce qu’« il n’y a plus de prix » pour la farine : parce que les acheteurs potentiels ne sont pas prêts à payer le prix qu’exigent les vendeurs, et que pendant ce temps là, les producteurs de blé doivent attendre avant de vendre et les consommateurs doivent attendre avant de manger. Si bien que les États son forcés d’intervenir, forcés de s’endetter pour pouvoir le faire, forcés d’augmenter les impôts ou de tailler à la hache dans les budgets publics pour maintenir ces marchés en vie.

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Le prêt à intérêt (I) : Petite histoire française du prêt à intérêt, par Zébu

Billet invité.

Religieuse, philosophique, politique, juridique, économique, s’il y a un domaine qui a su mobiliser différentes sphères sociales pendant plusieurs millénaires, c’est bien le prêt à intérêt.

Sans même remonter jusqu’à l’Empire romain, il suffit par exemple de savoir qu’une, sinon la première intervention juridique, en dehors du droit canon qui avait déjà statué bien auparavant au sujet du prêt à intérêt, date de 789, avec l’interdiction par Charlemagne du prêt à intérêt pour les clercs (capitulaire Admonitio generalis). Cette interdiction sera ensuite étendue par Lothaire et par les Mérovingiens aux laïcs.

Depuis cette interdiction, du premier empire carolingien, jusqu’à la Révolution et à l’Empire napoléonien, puis jusqu’à la IIIème République Française pour aboutir à aujourd’hui, l’histoire du prêt à intérêts en France a été, par-delà ses aspects philosophiques, éthiques et religieux, aussi une histoire juridique qui a essentiellement tourné autour de la licéité ou non des intérêts que pouvaient réclamer les prêteurs à leurs débiteurs. Une histoire où l’on peut identifier le principe de réalité et la réalité des principes, énoncés et transcrits dans le droit, mais une histoire de rapports de force entre les classes sociales qui possédaient ou pouvaient accéder au capital et celles qui devaient par la force de la nécessité y accéder, du paysan jusqu’au Roi lui-même, en en payant le prix : les intérêts.

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Un parallèle entre Keynes et Lénine à propos de la spéculation, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité. À propos de « Keynes et la spéculation » par Paul Jorion.

Conformément à la grille de lecture héritée de Lénine (en termes d’élites, sociologie des élites, sociologie des conventions ou des classes sociales), le rôle du spéculateur magnifiquement bien expliqué par Keynes ne peut pas faire l’économie d’une référence à Lénine.

Dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1917) Lénine énonce l’idée que la putréfaction du capitalisme est imputable au parasitisme de la classe des rentiers (ceux que Keynes appelle les « spéculateurs ou les investisseurs professionnels ») avec toutes  les conséquences politiques et sociales que cette décomposition du capitalisme peut engendrer (Il faut noter ici la formidable remarque de Jorion sur la coïncidence temporelle de l’abolition de la spéculation par Jules Ferry et des guerres de pillage des colonies : l’impérialisme ou le colonialisme comme la poursuite de la spéculation par d’autres moyens).

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Propositions de lois pour changer le monde, par François Fièvre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Loi 1. La robotique comme bien commun

Toute technologie permettant l’augmentation de la productivité du travail humain ne peut faire l’objet d’un brevet. La force de travail humaine étant un bien commun, les technologies visant à augmenter celle-ci sont un bien commun ne pouvant faire l’objet d’une propriété privée. C’est une loi rétroactive, qui revient à casser les brevets d’une large part de l’industrie mondiale.

Pb : en dehors même du bras de fer avec les TGE sur le sujet, l’application de cette loi sur le seul territoire national comporterait des problèmes d’harmonisation du droit intellectuel international.

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La monnaie (III) Les vrais coupables

À paraître à l’Institut Momentum.

La croissance, effet induit du prêt à intérêt

Venons-en à la croissance. Le paysan propriétaire de sa terre doit obtenir la quantité X de grain pour subvenir aux besoins de sa famille. S’il est métayer dans le cadre d’une formule « cinquante / cinquante », il devra produire du grain dans la quantité 2 X. La croissance sera nécessaire pour lui permettre d’acquitter la rente qu’il s’est engagé à verser au propriétaire de la terre qu’il cultive.

La rente, qui exige la croissance, est inscrite dans l’institution qu’est la propriété privée des moyens de production. La rente est sans rapport immédiat avec l’argent ou la monnaie en tant que tels : le versement de la part dans le cadre du métayage peut se faire en argent mais il peut tout aussi bien avoir lieu en nature : en grain dans l’exemple donné, ce qui est d’ailleurs la formule traditionnelle. La croissance – et la spoliation de celui qui n’apporte que son travail – ont été inscrites dans la propriété privée des moyens de production, sans doute bien plus tôt, historiquement, que l’invention même de la monnaie.

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Keynes et la spéculation

On lit ceci dans A Tract on Monetary Reform que John Maynard Keynes publie en 1923 :

Le nombre de personnes comprenant ne serait-ce que les rudiments de la théorie des marchés à terme est à ce point limité, que l’occasion s’est présentée en 1920, et tout simplement entre Londres et New York, où un vendeur de dollars au comptant pouvait gagner du 6% annualisé au-dessus du taux à Londres pour de l’argent à court terme en convertissant ses dollars en livres sterling pour les reconvertir en dollars à échéance d’un mois ; tandis que, si j’en crois des chiffres qui m’ont été communiqués, il était possible à Milan à la fin du mois de février 1921, de vendre de la livre sterling au comptant et de la racheter à terme à un mois, et de s’assurer ainsi des gains à un taux annuel supérieur de 25%, voire plus, aux intérêts que l’on pouvait obtenir à Milan sur un dépôt en liquide d’un mois en lire (Keynes 1923 : 130).

Pourrait-on imaginer à la lecture de ce bref extrait qu’il ne s’agit pas là de stratégies que Keynes avait lui-même mises en pratique ? On sait par ailleurs que c’est à cette époque qu’il acquit des œuvres de Seurat, Signac, Picasso, Derain, Matisse et Renoir. Il perdit la quasi-totalité de ses gains spéculatifs en 1928 et 1929 mais se refit à partir de 1935 (Skidelsky 1992 : 29). Il mourut à la tête d’une fortune considérable.

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Le Credit-default Swap (VI) Policy Analysis Market : le marché à terme du terrorisme

Le Credit-default Swap (I) Définition
Le Credit-default Swap (II) Positions de « couverture » et positions « nues »
Le Credit-default Swap (III) La crise grecque
Le Credit-default Swap (IV) La formation du prix de la prime
Le Credit-default Swap (V) Ce qu’a à en dire la « science » économique

J’ai présenté dans le cas du Credit-default Swap le comportement d’un instrument financier pour lequel deux mécanismes interviennent dans la fixation du montant de la prime que celui qui cherche à s’assurer (qu’il soit ou non véritablement exposé à un risque) verse à celui qui a accepté de l’assurer. J’ai montré que le second mécanisme permet à la spéculation de s’immiscer dans la formation du prix. J’ai montré aussi les conséquences du fait que la « science » économique, cautionnant une interprétation de la formation des prix où ce second mécanisme est absent, le montant de la prime – aussi fantaisiste soit-il devenu du fait de l’impact des spéculateurs – est interprété comme l’expression objective d’un risque auquel sont réellement exposés les détenteurs de cette dette.

Le fonctionnement du Credit-default Swap décrit précédemment a mis en évidence ce que j’avance là. Il existe toutefois un exemple plus probant et plus révélateur encore du confusionnisme entretenu par la « science » économique dans l’interprétation de la formation du prix d’un produit financier lorsque les spéculateurs ont accès à ce marché, il s’agit de l’affaire du « marché à terme du terrorisme » en 2003.

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Le Credit-default Swap (IV) La formation du prix de la prime

Le Credit-default Swap (I) Définition
Le Credit-default Swap (II) Positions de « couverture » et positions « nues »
Le Credit-default Swap (III) La crise grecque

Dans le cas du Credit-default Swap se combinent deux modes distincts de la détermination du montant de la prime : d’une part, une évaluation objective de type « actuariel » de la probabilité de sinistre et de la perte subie et d’autre part, une détermination par l’offre et la demande portant sur le contrat CDS, c’est-à-dire l’influence sur ce montant de la concurrence interne jouant, d’un côté entre acheteurs et, de l’autre, entre vendeurs de ce type de contrat.

Mis en accusation durant la crise grecque, les spéculateurs sur CDS répondirent avec un bel ensemble aux accusations que la spéculation envenimait et précipitait la crise, que les positions sur CDS ne représentaient qu’un très faible volant par rapport au montant total de la dette souveraine grecque, et ne pouvaient donc pas avoir d’impact sur son marché. Certains politiques opinèrent gravement du bonnet. Or, comme on a pu le noter, ni le volume des CDS en tant que tel, ni le volume total de la dette souveraine sur laquelle ils portent n’interviennent dans la formation du prix de la prime et ceci aussi bien dans le cas du second mécanisme où c’est la concurrence entre les acheteurs face aux vendeurs qui est déterminante, que dans le premier mécanisme, de type actuariel, et pour lequel seule est pertinente la situation objective de la Grèce face à ses créances, telle qu’évaluée par exemple par les notateurs. La réponse des spéculateurs laissait cependant muets leurs critiques, le plus souvent peu familiers de la finance.

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Le Credit-default Swap (III) La crise grecque

Le Credit-default Swap (I) Définition
Le Credit-default Swap (II) Positions de « couverture » et positions « nues »

La prime du Credit-default Swap s’exprime comme un pourcentage du montant de l’emprunt sur lequel porte le CDS, somme à verser annuellement. Un paiement initial a lieu à l’ouverture du contrat, la prime est ensuite renouvelée périodiquement, généralement trimestriellement. Un CDS court sur un certain nombre d’années, en général cinq.

Dès le début de la crise grecque au début de l’année 2010, il devenait prudent pour un détenteur de dette souveraine de ce pays de se couvrir « activement » plutôt que « passivement » en transformant la prime de crédit incluse dans le taux d’intérêt exigé par le marché des capitaux, qui ne couvrait contre le risque de défaut de la Grèce que de manière statistique, en une prime effectivement versée à un « assureur » sur CDS.

On comprend aisément les enjeux si l’on compare quelques chiffres à l’époque où la crise culmine. Le 20 février 2012, le taux 10 ans pour la dette souveraine allemande était de 1,961%, celui pour la dette grecque de 10 ans également, de 33,837%. La dette allemande pouvait être considérée sans risque et le taux de 1,961% comme l’équivalent donc du rendement marginal du capital au sein de la zone euro pour cette maturité. La prime de crédit sur la dette grecque à 10 ans était donc alors de 33,837% – 1,961% = 31,876%, soit près du tiers de la somme empruntée.

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