Archives de catégorie : Etats-Unis

US : La peoplisation et autres joyeusetés de la démocratie

Chacun préférerait voter pour quelqu’un dont il a déjà entendu prononcer le nom plutôt que pour un illustre inconnu. Quoi de plus normal ? Si ce n’est que cela conduit aujourd’hui le Parti républicain américain à s’arracher les cheveux. J’ai signalé la semaine dernière le fait que, du côté républicain, Donald Trump, le magnat infréquentable de l’immobilier US, caracole en tête des sondages portant sur les élections présidentielles de novembre 2016. Chacun outre-Atlantique sait en effet qui il est, en dépit de ses sorties politiquement incorrectes recyclant tout ce que l’on peut inventer en matière de préjugé ou de stéréotype sexiste, xénophobe, préférence sexuelle, et que sais-je encore.

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Grèce – Poursuivant en sifflotant mon petit bonhomme de chemin…

Certains s’étonnent – dans les commentaires ici, et dans les mails que je reçois – de mon humeur égale depuis le 25 janvier, date de la victoire de Syriza aux législatives grecques. Ils me recommandent d’adopter leur propre point de vue qui, si j’en juge par la suite de leurs messages, est fait de montagnes russes, où les périodes de désespoir profond succèdent aux époques de folle exaltation.

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LE FMI ET LES AMÉRICAINS, AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité.

Enchaînant sur la fuite organisée de l’étude du FMI sur la soutenabilité de la dette de la Grèce, le secrétaire d’État au Trésor américain fait à partir d’aujourd’hui une tournée impromptue en Europe. Le Fonds mettant implicitement des conditions à sa participation au troisième plan de sauvetage de la Grèce, Jack Lew va expliquer entre quatre-z-yeux
à Mario Draghi, Wolfgang Schäuble et Michel Sapin « la voie à suivre » qu’il entend pour la suite. On est prié de tendre l’oreille.

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La Corée, la Grèce et l’Europe, par Serge Boucher

Billet invité.

On trouve parfois au bas d’un article sur Internet, perdu au milieu de centaines d’autres commentaires, l’expression parfaite d’un sentiment largement partagé, mais rarement exprimé de façon concise et élégante. Commentant un article de Libération sur la crise grecque, un certain Aloha-Cardan écrit tout haut ce que tout le monde pense tout bas :

Demandez au Sud-Coréens s’ils ne sont pas revenus à la prospérité après la crise asiatique de 98 et le régime sec imposé par le FMI. Seulement il a fallu qu’ils se retroussent les manches.

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Trois objections et une alternative au Traité transatlantique (TTIP), par Pierre Defraigne

Billet invité. L’auteur précise : « Je suis pour l’économie de marché, la libéralisation commerciale, l’Amérique – pas seulement – et même l’OTAN. Et pourtant, résolument opposé au TTIP ».

Trois objections et une alternative au Traité transatlantique (TTIP)

Par Pierre Defraigne, Directeur exécutif du Centre Madariaga-Collège d’Europe, Directeur général honoraire à la Commission européenne[1]

pdefraigne@madariaga.org

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POUR UN MONDE UN PEU MEILLEUR, OU MÊME BEAUCOUP, par François Leclerc

Billet invité.

L’Europe fait figure de mauvaise élève comparée aux États-Unis en terme de croissance. Mais les 2,4% de progression de l’activité économique américaine de 2014, qui connaissent un tassement, font pâle figure comparés aux 3,4% réalisés en moyenne dans les années 90. Comme attendu, c’est la consommation qui tire la croissance – elle y contribue pour 70% – mais les dépenses des Américains ont seulement retrouvé leur niveau de 2006, ce qui relativise le constat.

D’où provient l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages ? De la baisse du prix de l’essence et de la diminution du chômage, est-il expliqué. Ce qui ne rend pas compte de la nature des nouveaux emplois et de leur rémunération, ni de l’accroissement des inégalités de répartition des revenus. L’illustrant, les grandes villes américaines ont connu en avril des manifestations très suivies pour réclamer une augmentation du salaire horaire minimum. A New York, ils étaient entre 10.000 et 15.000 dans la rue, salariés précaires et sous-payés, travaillant dans la restauration rapide, s’occupant d’enfants, dans les secteurs de la santé, du bâtiment ou travaillant dans les aéroports.

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Russie : réponse à un lecteur, par Michel Leis

Billet invité, en réponse au courier critique d’un lecteur suscité par les récents billets de Michel Leis sur la Russie : Des similitudes qui font froid dans le dos, et son addendum

Ma principale cible est et a toujours été le délitement de la démocratie en Occident et les ravages du néo-libéralisme. J’ai dû écrire trois fois à propos de la Russie sur plus de 100 billets. L’avalanche de réactions à mon billet de lundi et votre mail me poussent à préciser un peu plus mon point de vue.

Oui, la Russie me fait peur. L’idée fort répandue du recul constant de la Russie depuis 1991 et de la perte de son statut de grande puissance m’apparaît comme une idée qui ne reflète plus la réalité. Si recul il y a, c’est seulement sur le plan idéologique : non, la Russie n’est plus l’URSS, elle s’est convertie à un libéralisme effréné pas moins condamnable que dans les autres pays. Elle dispose de deux atouts majeurs pour reconquérir son statut de grande puissance. Tout d’abord, elle bénéficie d’une rente pétrolière et gazière conséquente. Ce n’est pas parce que les cours sont au plus bas aujourd’hui que cette situation ne constitue pas un avantage straégique important au long terme. Ensuite, elle investit massivement dans son armée et la modernise à marche forcée. Même si le budget militaire des États-Unis est de loin le premier au monde en valeur absolue, la Russie consacre une proportion importante de son PIB (4,2 %) aux dépenses militaires. L’augmentation rapide de ce budget laisse à penser qu’elle dépassera les États-Unis avant 10 ans en ce qui concerne l’équipement de son armée[i]. Si c’est encore une armée à 2 vitesses où certaines unités restent très mal équipées, c’est aussi le seul pays au monde à développer en même temps 3 avions de combat de 5ème génération (T50, SU47, Mig 1.44).

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Le roque de Tsipras, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le virevoltant ‘cavalier’ Varoufakis qui a entamé une longue semaine de contacts avec différents ‘partenaires’ a réussi à prendre des positions sur le jeu qui s’entame entre la Grèce et l’Union Européenne d’un côté, les Etats-Unis et la Russie de l’autre.

Il a ainsi neutralisé le FMI, une des instances composant la Troïka, en intégrant dès le départ que sur le dossier ukrainien la Grèce dispose d’un droit de veto quant à d’éventuelles sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, forçant ainsi les USA qui souhaitent stopper l’avance des pions russes en Ukraine à prendre position ouvertement par le biais de son Président Barack Obama, pour un appel à une solution viable pour la Grèce comme pour l’UE sur la question de la dette publique. Les Etats-Unis étant l’acteur majeur au FMI, force est de constater que l’institution se tient coite depuis l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, laissant aux acteurs européens le soin de répondre au jeu en cours développé par le ministre des Finances grec.

La nomination du ministre des Affaires Etrangères grec M. Kotzias dont les relations avec la Russie sont patentes, la réaction officielle de la Grèce quant au rappel de la nécessité de tenir compte de l’avis du pays pour une éventuelle position unanime quant à des sanctions supplémentaires envers la Russie et la nomination de M. Kammenos en tant que ministre de la Défense, lui aussi en ‘contact privilégié’ avec la Russie, ont constitué un point d’appui pour l’ouverture du jeu du Premier ministre grec, lequel jeu s’est déroulé dès la nomination, le surlendemain de l’élection, du gouvernement grec.

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Merci Thomas Piketty !

« Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable »

Et voilà donc des propos qui sont honorables en soi.

Thomas Piketty ne dit pas qu’il aurait accepté la Légion d’honneur de certains gouvernements plus honorables que ceux à quoi l’Europe a malheureusement uniquement droit en ce moment mais il aurait pu selon moi. Il avait proposé une politique fiscale authentiquement progressive et redistributive avant les élections présidentielles dont on attendait qu’une majorité socialiste la fasse sienne ; cela aurait été parfaitement logique puisque le rejet d’une telle politique aurait signifié une trahison des idées de gauche. Au lieu de cela, une majorité socialiste a préféré ignorer ce projet et, dans un geste suicidaire dont il faudra un jour quand même offrir l’explication, s’est appliquée de manière générale à réduire à néant le capital de confiance qui était le sien.

Si le plan fiscal de Piketty avait été adopté, la nation lui aurait été reconnaissante et il n’aurait eu, à mon sens, aucune raison particulière de refuser la Légion d’honneur : l’acceptation ou le refus aurait été une question d’appréciation personnelle. En tant que « parcelle de l’opinion publique », je ne lui en aurais certainement pas voulu, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Pendant que M. Sapin recommande aux entreprises françaises de ne surtout pas augmenter les salaires, l’économie américaine reprend du poil de la bête parce que les salaires ont augmenté en un an de 4% aux États-Unis. Pendant que la France offre à Thomas Piketty la Légion d’honneur mais l’insulte en considérant son plan fiscal comme quantité négligeable, les États-Unis ont fait de son ouvrage Le capitalisme au XXIème siècle le coeur d’un débat de société et de la traduction de son livre en anglais, l’événement de l’année 2014.

Le dicton « Nul n’est prophète en son pays », ne contient pas seulement une opinion sur les prophètes, il en exprime une aussi sur les pays.

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Obama chahuté alors qu’il défend sa nouvelle politique d’immigration

(Reuters) Tue Nov 25, 2014 7:19pm EST

Le Président Barack Obama a été interrompu à plusieurs reprises par des perturbateurs alors qu’il expliquait mardi sa nouvelle politique d’immigration. Ils lui reprochent de ne pas aller assez loin dans la protection des immigrants illégaux contre la déportation.

Le Monde : Où vivent les migrants bientôt régularisés aux Etats-Unis ?, le 23 novembre 2014

Amy Obama

© Amy

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Le 4 novembre 2014 : jour noir pour la survie de l’espèce

Élu pourtant par l’élan de tout un peuple, l’attentisme d’Obama lui avait rapidement fait perdre sa majorité de rêve au Congrès. Jamais si peu n’avait été annoncé durant les cent premiers jours d’un président US. Il lui a fallu davantage de temps pour perdre sa majorité au Sénat. Il y est parvenu hier.

La raison : une très grande pusillanimité. Seul son combat pour l’Obamacare, son programme d’assurance-maladie, a révélé chez lui des velléités de courage. Sinon… que d’alignements sur la politique prônée par ses adversaires républicains, voire même par la seule aile droite de ce parti.

Le grand perdant d’hier : le combat pour l’environnement. Contre le réchauffement climatique en particulier. Dire que la température monte, et le niveau de la mer aussi, ce sont des choses qui gênent le business, et dont on n’entendra du coup plus parler dans le proche avenir outre-Atlantique.

Une très grande partie, pourtant très loin d’être gagnée, s’est peut-être jouée hier. Le 4 novembre 2014 : jour noir pour la survie de l’espèce.

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