États-Unis : une nation qui n’a jamais su exorciser ses démons

Ouvert aux commentaires.

Je suis tellement écoeuré que je suis incapable de dire quoi que ce soit.

Pour le contexte, un extrait de ma vidéo Le temps qu’il fait le 18 août 2017 :

… la Guerre de Sécession (1861 – 1865), ça ne date pas d’aujourd’hui. Mais il s’est passé après la Guerre de Sécession quelque chose à laquelle on s’est peu intéressé mais que l’actualité d’aujourd’hui et des jours précédents nous rappelle : d’une certaine manière, les Sudistes n’ont pas vraiment perdu. Sous prétexte ou dans un esprit – je dirais peut-être « généreux » – de permettre au Sud de se reconstruire, on lui a permis de ne pas, je dirais se « déstaliniser » entièrement par rapport à ses visions esclavagistes.

[…] Je viens de vous donner les dates : 1861-1865, Guerre de Sécession perdue par les Confédérés, par les états du Sud qui voulaient maintenir leur régime à eux et en particulier un régime esclavagiste. En 1857, M. Roger Taney était un des juges membres de la Cour suprême aux États-Unis. C’est lui qui avait pesé de manière décisive dans le vote disant qu’un esclave… un Noir, même libéré de l’esclavage n’avait pas droit à la citoyenneté américaine. En 1857. La guerre a lieu de 1861 à 1865 ; elle est perdue par le Sud, et en 1871 (6 ans après la fin de la guerre) on érige la statue de ce monsieur à Annapolis comme étant un grand héros local.

Et ce n’est pas le seul puisque vous savez que ce qui a déclenché les événements de samedi dernier à Charlottesville, c’est le fait qu’on ait déboulonné la statue de Robert E. Lee, le généralissime de l’armée confédérée. Donc il y avait une belle statue là et il y en a encore plein et je citais un chiffre l’autre jour, c’était le fait que… comme les états américains avaient droit à proposer deux noms pour les statues dans le Capitole à Washington, il y a de cette manière-là, encore 12 statues de grands héros du Sud, du Sud sécessionniste – ce n’est pas le problème qu’il soit du Sud, bien entendu ! – c’est qu’il était esclavagiste…

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41 réflexions sur « États-Unis : une nation qui n’a jamais su exorciser ses démons »

  1. On parle d’une personne George Floyd
    – Qui était accusée d’avoir tenté d’utiliser un faux billet de banque – si délit il y avait, il n’était pas violent
    – Selon les policiers, Floyd aurait résisté à son arrestation et ils l’ont menotté
    – Un policier l’a maintenu au sol avec le genou pesant sur son cou – position à l’évidence dangereuse
    – Floyd a signalé sa détresse « S’il vous plaît, je ne peux pas respirer… J’ai mal au ventre. Mon cou me fait mal. Tout me fait mal. »
    – Le policier n’a pas changé sa position
    – Floyd a été amené à l’hôpital où on a constaté sa mort

    Les quatre policiers de cette patrouille ont été suspendus. Une enquête de niveau fédéral aura lieu. Un officier de police avait déjà provoqué la mort d’un homme en 2014 par une prise au cou dangereuse, sans être poursuivi.

    Le drame est racialisé aux yeux de nombreux habitants du quartier. Ce n’est pas « un policier » et « un homme non violent ne représentant aucune menace », c’est « un Blanc » et « un Noir ». Des manifestations ont servi de prétexte à émeutes, avec attaques d’un poste de police, incendie et pillage de magasins.

    Source : https://edition.cnn.com/2020/05/27/us/minneapolis-protests-george-floyd/index.html

    1. Selon l’ancien chef de la police de New York Bernie Kerik : « L’arrestation de George Floyd défie la logique, le bon sens, la formation et la procédure de la police »

      Source : https://www.msn.com/en-us/video/t/bernie-kerik-says-george-floyds-arrest-defies-logic-common-sense-police-training-and-procedure/vp-BB14GN8Y

      Mercredi soir, une personne est morte en lien avec les pillages. Il pourrait avoir été tué par le propriétaire d’un magasin qu’il pillait – l’enquête ne fait que démarrer.

      Source : https://www.independent.co.uk/news/world/americas/minneapolis-george-floyd-protests-riots-death-shot-looting-a9535921.html

  2. Mais, cette « nation qui n’a jamais su exorciser ces démons », pourquoi avons-nous fait d’elle, nous les autres nations du monde, pourquoi avons-nous fait d’elle notre reine sacrée, l’aimant et la détestant tout à la fois, vénérant ses qualités et nous complaisant dans la dénonciation de ses défauts, la vouant aux gémonies et acceptant ses diktats ? N’est-ce pas là la question à nous poser, la question que la France devrait se poser ?
    Pourquoi, contre toute raison, contre nos principes les plus chers, nous sommes-nous mis à nous-mêmes ce joug ?
    Ne devrions-nous pas, quoi qu’il puisse nous en coûter, retrouver la raison et la liberté ? Ce serait aussi le meilleur service à lui rendre, à elle, car son règne, s’il se poursuit sans changement, risque fort de très mal se terminer.

    1. Pourquoi les US ont malgré leurs monstres, été nos leader ?

      Sans doute parce que , même si ce ne sont pas les mêmes, nous trainons nous aussi nos « casseroles droit-de-l’homme-icides ».

      1. Oui, nous avons aussi toutes sortes de crimes à nous reprocher et les mettre sur le dos d’autrui soulage bien, c’est indéniable…

      2. « Pourquoi les US ont malgré leurs monstres, été nos leader ?  »

        Simple: ils sont unis, donc forts. Nous (Européens) sommes désunis donc faibles.

      3. @ Hadrien

        « Simple: ils sont unis, donc forts. Nous (Européens) sommes désunis donc faibles. »

        Ça, pour être forts, ils sont forts !
        Mais unis, c’est une autre histoire…
        Et puis surtout, être forts, est-ce la panacée ? Être forts, est-ce là notre idéal ?

      4. Unis ? Je ne dirais pas ça.

        Il y a là bas, une notion de communauté, de communauté de destins, certes, qu’ils n’y a pas côté vieille Europe.
        Mais ils ont trouvé des supports de désunion ( sociaux, raciaux, ideologiques ) au nom desquels ils ne sont plus très loin de prendre les armes les uns contre les autres ( et ils ont déjà les armes )

      5. @Denis Monod-Broca
        29 mai 2020 à 7 h 13 min
        Et puis surtout, être forts, est-ce la panacée ? Être forts, est-ce là notre idéal ?
        Pas le mien ! Nos contrées devraient chercher le bonheur pacifique.
        Le problème, c’est les voisins forts. Demandez aux Ukrainiens, Géorgiens, frontaliers de la Russie néo impérialiste de Poutine. Quant aux Baltes et est européens, ils ne vivent en paix que grâce à l’ OTAN, cad la protection US, faute d’ armée européenne.

      1. Oui, c’est ce qu’on dit…
        Dans la guerre contre l’Allemagne nazie le principal effort a cependant été fait par l’URSS.
        Le véritable ennemi des USA et de l’Occident était l’URSS, même pendant la guerre (une scène vers la fin du film « Patton » le rend très bien).
        Dans cette vision des choses, l’Allemagne nazie a joué le rôle de l’exécuteur des basses œuvres, éliminant la « question juive » et affaiblissant les bolcheviques, pour le compte de l’Occident tout entier, USA 1er regnante.
        D’ailleurs, le succès de la collaboration ne vient-il pas du sentiment largement partagé à l’époque, qu’il soit exprimé ou caché, que l’Allemagne nazie était un rempart contre le communisme ?
        Les Américains ont débarqué sur nos cotes, ils nous ont libérés du joug nazi, certes, mais, sans de Gaulle, ils nous auraient, eux, occupés.

      2. @Pad
        Pas d’angélisme ! Ils l’ont …..enfin…… fait parce que ça arrangeait leur buisness !

      3. Hum …. Dominique -e , ne pas tout confondre .

        S’il est exact que les destructions massives ont été l’occasion pour les USA d’assurer la marche de leurs entreprises , la suprématie du dollar et le leadership mondial , on ne peut pas insulter trop facilement 300 000 morts et 700 000 blessés américains dans l’aventure ( Yves de Bressy doit comprendre ) .

        De la même façon ,qu’il serait épouvantable de prétendre que c’est parce qu’elle voulait s’approprier l’Europe de l’Est , que la Russie a laissé quelques dizaines de millions de victimes dans cette boucherie .

    2. Mais, cette « nation qui n’a jamais su exorciser ces démons », pourquoi avons-nous fait d’elle, nous les autres nations du monde, pourquoi avons-nous fait d’elle notre reine sacrée

      Mémoire courte ? Parce qu’elle nous a sauvé le cul il y a 70 ans et que c’est grâce à elle qu’on ne parle ni allemand, ni russe, et que l’on a le bonheur de vivre dans une démocratie – ô certes imparfaite – où l’on peut écrire des âneries sans se retrouver avec une croix rouge dans le dos.

      Pour le reste de toute façon pas de leçon à donner : la ségrégation des quartiers populaires, c’est notre guerre de sécession à nous. C’est juste qu’elle est beaucoup plus récente.

      1. On ne parle ni allemand, ni russe, mais quand même de moins en moins français, on parle de plus en plus américain
        Au cinéma, dans les séries, dans les publicités, les titres d’émissions TV ou radio, les discours présidentiels, les discussions intra UE, les notes internes des grands groupes (y compris français ?), les premières publications scientifiques ou académiques financées sur crédit d’état …
        Aux Etats-Unis si Trump écrit des âneries il se retrouve avec un commentaire non sollicité…
        Taddei se retrouve sur RT …

      2. C’est la Russie cher ami qui nous « a sauvé le cul » et a payé le plus lourd tribu avec plus de 20 millions de morts … Alors de grâce , finissons-en avec cette propagande Américanophile distillée comme un poison par les médias et les manuels pour bénets …

      3. L’Allemagne a été vaincue par les « forces alliées », dont les « 3 Grands » étaient les États-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne. La France est libérée de juin à août 1944. La Belgique est libérée en septembre. L’Allemagne est envahie sur 2 fronts, à l’Ouest par des forces dont le plus gros sont les américaines, à l’Est, par les forces russes. Ce sont les Russes qui font le siège de Berlin, et prennent Berlin en avril 1945.

      4. @Paul Jorion :

        Il y a eu dans la semaine du 8 mai sur Arte et la 22 je crois , de merveilleuses archives commentées par de vrais historiens qui ont très bien raconté cette débauche de destructions et de souffrances , y compris avec les à côtés et motivations politiques de la dernière année de combat .
        En attendant Hiroshima et Nagasaki .
        ( je ne refais pas mon rapprochement entre peuple allemand , japonais et américain ) .

      5. Trump dit : c’est qu’on a gagné la IIe GM !
        Poutine dit : c’est nous qu’on a gagné la IIe GM !
        Les déclarations poutiniennes et trumpiennes sont lamentables, insupportable et débiles.

        C’est bien triste de revoir en commentaires ce genre d’assertions ultrasimplificatrices. Paul Jorion a sobrement rappelé les faits : en Histoire il y a des vérités établies et celles-ci sont étayées sur des millions de morts et des événements tels que le Blitz sur Londres, Stalingrad, El-Alamein, Le Débarquement etc.
        Seuls les néonazis antisémites et négationnistes doutent de faits ainsi avérés ou Poutine qui ose accuser la Pologne d’avoir déclencher la IIe GM.

      6. @ Jacques Seignan

        « … en Histoire il y a des vérités établies et celles-ci sont étayées sur des millions de morts et des événements tels que [..] »

        Oui, sauf que, à ce compte-là, chacun prétend avoir « sa » vérité et chacun choisit de citer les événements qui la confirment et la confortent. Votre assertion ne fait guère avancer la réflexion.
        Ce qui importe plus que tout à mes yeux est de savoir et de comprendre ce que « nous » (la France, les Européens, les Alliés) avons fait, ce que nous avons fait de bien, ce que nous avons fait de mal surtout, et d’en tirer des leçons pour le temps présent.

        Du côté du mal, nous Français nous avons cédé à la force puis sabordé la République, nous Européens, en un terrifiant rituel, nous avons immolé un peuple entier, nous Alliés nous avons rasé des dizaines de villes et étendu notre domination sur le monde.

  3. On pourrait évidemment faire de ce drame un problème Américo-Étasuniens si des faits similaires ne se produisaient pas également en France depuis de nombreuses années et qu’en sus de la question raciste, il n’y avait pas aussi fréquemment une question de guerre de classes menée contre les classes populaires et/ou pauvres et dont les instruments sont la police et la justice (cf. les travaux de Loïc Wacquant, entre autres). Cette affaire rappelle notamment celle d’Adama Traoré, même si les circonstances ne sont pas tout à fait les mêmes.

  4. Le communautarisme (un autre merveilleux fruit pourri du protestantisme) fait que ce ne sont pas les sudistes mais également les afro-americains qui n’ont jamais su exorciser leurs démons (et certes, personne ne les a aidés!). Si la même chose était arrivé à un blanc assassiné par des fics noirs, il est bien évident qu’aucun n’y aurait vu un crime racial (parce que le racisme ca n’existe que quand c’est « structurel » (sic), au pire une bavure et au mieux un accident. Mais en aucun cas un crime racial.
    Il est possible, d’ailleurs, que le crime ne soit pas racial mais que la statistique de l’origine ethnique des personnes entrainant une intervention de la police soit telle qu’en cas de bavure ou d’accident, la victime ait toutes les chances d’être noire. Le souci est que tout est perçu par ce filtre racial, et si tout est perçu par ce filtre racial (et c’est peut etre un crime racial quoique je doute que le dit policier ait eu la réelle intention d’assassiner la victime) c’est parce-que le communautarisme non seulement règne en maître mais est en plus encouragé. Le seul moyen d’éviter ça c’est, au delà d’une réforme complète des techniques opérationnelles d’intervention des flics US (dangereuses), et de n’avoir que des effectifs de policiers noirs, et de tout faire pour endiguer tout ce qui incite à la criminalité (mais il faudrait carrément changer de monde! Il faudrait, pour ça, que les USA se renient, et le reniement du Dieu Fric, du Dieu libertarien, du Dieu american way of life devrait toucher autant les blancs que les noirs! Ca n’arrivera pas sans un bain de sang! Et ce, d’autant plus qu’il y a quand même aux USA, structurellement, un lien étroit et spécifique entre appartenance ethnique et classe sociale!).
    Pour cette raison, il faut hélas s’attendre à une multipartition des USA dans les années qui viennent.
    Je passe, de surcroit, sur les problèmes d’identité graves de la communauté afro-américaine (pas pire qu’à Haiti mais pire que dans le D.O.M/T.O.M) qui n’arrangent rien. Entre la nation of Islam, le culte , les absurdités kémites , le blanchiment de la peau, les absurdités sur « l’appropriation culturelle » , la confusion des genres qui réinstitutionnalise, sous couvert de « safe space » la logique ségrégationniste l’air de pas y toucher, le problème du rapport avec les cultures traditionnelles africaines et j’en passe, ca ne peut pas bien se finir.
    Je passe aussi sur les nordistes, qui n’ont jamais, hypocritement, reconnu qu’ils n’en avaient jamais rien eu à f… des esclaves noirs, et que leur motif de guerre, impérialiste, était tout autre. D’autant qu’un ouvrier avait fini par coûter moins cher qu’un esclave… Je comprends parfaitement les raisons pour lesquels les états sudistes ont érigé des statuts à certains de leurs généraux. Et ce n’était pas parce qu’ils étaient esclavagistes (beaucoup l’étaient à l’époque). Mais parce qu’à leurs yeux ils représentaient la résistance contre les velleités impérialistes et hégémoniques des nordistes.
    Il y a toujours eu au minimum 2 peuples latents aux USA. Il y en a bien davantage désormais. Et ne tiendra plus ce qui n’a tenu jusqu’ici que grâce à différentes forces centrifuges : société de consommation (american way of life), minimisation et neutralisation des enjeux politique (modus vivendi/intéret mutuel bien compris des élites des deux grands partis), construction de l’ ennemi commun (URSS, IRAK, RUSSIE… et maintenant CHINE ?), Hollywood, et pouvoirs éclaté en différents centres autonomes + appareil sécuritaire omnipotent (qui livre en premier lieu sa guerre culturelle sur son propre territoire… et ce depuis la guerre froide),forces centrifuges qui sont toutes entrain de voler en éclat.

    Le Japon s’en sortira toujours. L’Allemagne également, car ils ont la capacité de changer ce qu’ils sont ou de s’adapter. Mais aux USA, la « nation indispensable » (sic), l’inculpabilité règne. Jamais responsables et encore moins coupables de quoi que ce soit (je parle des élites). Et en fait, leur victoire contre l’URSS ‘a fait qu’aggraver ce défaut historique. Résultat : ils périrons sous le poids des contradictions internes de plus en plus grandes entre les mensonges qu’ils se racontent à eux memes (et qu’ils ont fini par croire) et le réel. C’est devenu un pays Potemkin, un empire du Faux. Et on sait tous comment ça finit. Esperons juste qu’ils ne nous entrainent pas dans leur chaos, comme la queue de la comète.

  5. Malheureusement, ce n’est ni la première affaire du genre ni la dernière aux USA.
    Personnellement, je la trouve moins frappante et choquante (si tant est qu’on puisse faire ce genre de gradation dans l’horreur) que la récente affaire Ahmaud Arbery.
    Je vous épargne l’affreuse vidéo des événements où l’on voit deux braves américains blancs abattre un noir qui avait eu l’effronterie de faire du jogging dans leur quartier et qui ne pouvait donc qu’être un cambrioleur. Là, l’horreur est non seulement dans le fait que des américains blancs (de Géorgie, il est vrai) se croient permis d’abattre impunément un passant noir, mais bien plus dans le fait qu’ils sont effectivement restés impunis. Si n’était la publication de la vidéo par l’avocat de la famille et le scandale qui s’en est suivi…
    Combien d’autres affaires où il n’y avait pas un gsm en train de filmer ?

    Je ne suis jamais allé aux USA et je ne suis pas noir non plus. Le pays m’attire par le beauté de ses paysages et par un quelque chose probablement né des films que j’ai ingurgité. Mais j’ai toujours eu une frayeur à l’idée de m’y rendre. Je me suis toujours dit « là-bas, si tu tombes sur un flic mal luné ou un fou armé qui veut faire un carnage, tu sais jamais ce qui peut arriver. Puis-je y aller sans me mettre ma famille et moi en danger ? « . C’est peut-être une frayeur infondée mais c’est ce que je ressens. Au final, je crois que je visiterai le Canada d’abord. 🙂

    1. Au début des années 1960 je m’étais qualifié pour une Harkness Fellowship qui m’aurait permis d’étudier quelques années aux États-Unis. Il ne restait plus qu’une formalité : quelques entretiens avec des personnes aimables dans des bureaux à l’ambassade. L’une d’elles m’a demandé avec un grand sourire comment je caractériserais d’un seul mot les États-Unis. J’ai dit : « La violence ». Ce monsieur est devenu gris. J’ai compris qu’aussi correcte qu’ait été ma réponse, ce n’était pas celle que j’aurais dû donner.

      1. J’ai davantage de preuves !

        Ça existe partout bien sûr que dans une ville inconnue quelqu’un de bien intentionné vous dise : « Dans ce quartier là, il vaut mieux ne pas aller, en tout cas pas après 21h ». L’originalité aux États-Unis, c’est qu’il y a une classe moyenne extrêmement belliqueuse (particulièrement visible aujourd’hui en tant qu’électorat de Trump), ce qui n’est pas le cas chez nous.

      2. @ Paul
        J’aurais fait la même réponse !
        J’ai moi même tiré parmi quelques papiers disposés dans une boîte, pour un oral d’admission, la question suivante : « La violence au cinéma  » !
        Après avoir décliné les différentes formes de violence et cité les films que je considérais ad hoc, un des membres du jury m’a fait tout un baratin sur les bagarres dans les westerns dont il se régalait… Navrant l’abruti !
        Heureusement dans le jury, une femme, prof d’histoire, ancienne résistante a cloué le bec à ce crétin !
        J’ai été admise !

      3. @ Paul
        En répondant « la liberté », le tapis rouge était déroulé et plus moyen de se regarder dans la glace ! Mais le crétin devenu gris aurait été si heureux et vous admis mais si malheureux !
        L’éthique et la sincérité sont-elles propices à la réussite ou à l’estime de soi ?
        Sujet de philo au bac ?
        Sujet de réflexion pour un mouvement politique ?

      4. Excellentissime 😀

        C’est en tout cas ce qui s’appelle avoir de l’intégrité.

        Tant qu’à faire, vous auriez tout aussi bien pu dire « L’extermination des natifs du continent »…

    2. @ Moi
      Je ressens exactement la même chose ! Et je diffère l’invitation d’amis qui vivent là-bas.
      Cette folie des armes à feu et le peu de considération pour la vie humaine me glacent.
      Ce qui me glace aussi c’est l’escalade des violences policières en France et les comportements racistes des forces de l’ordre.
      J’ai vécu avec mes deux aînés des épisodes inquiétants. Ma présence et mon physique aryen leur a évité ces jours là un contrôle au faciès. Heureusement , les fois où j’étais absente les contrôles se sont bien terminés !
      Le tort de mon fils : lycéen ayant choisi l’option arabe 3ème langue pour éventuellement faire des fouilles archéologiques en pays arabe une fois les études nécessaires faites ou en cours (sur les conseils d’un ami lui même archéo au Soudan à l’époque), avait inscrit son prénom et le mot paix en arabe sur sa parka !
      Ma fille avait des cheveux beaucoup trop courts ! Donc soupçonnée d’appartenir au mouvement skins !

      1. @Dominique-e: Nous avons effectivement aussi nos soucis mais sans vouloir faire de l’angélisme, il s’agit de toute autre chose qu’aux USA. En tous cas je parle de la Belgique, que je connais mieux que la France. J’ai été jeune et je suis originaire d’un quartier populaire. J’ai eu mon lot de contrôles policiers mais jamais je n’ai ressenti être en danger de mort. Je ne dis pas que des bavures n’arrivent jamais chez nous, mais juste qu’on n’en est pas au même point. Nos policiers restent humains. Du moins, tel que je le perçois. Par contre, je sens effectivement une tendance allant dans le sens de la situation américaine, mais surtout en France, je ne pense pas que d’autres pays européens soient vraiment touchés par ce phénomène. Est-ce l’effet du cinéma ? Est-ce une conséquence sociologique plus profonde ? Je ne saurai dire.

        Tenez, je vous mets une vidéo de la détention à Madrid d’un individu un tantinet énervé se balladant avec deux sabres: https://elpais.com/espana/madrid/2020-04-03/un-hombre-amenaza-a-la-policia-con-dos-catanas-en-madrid.html
        Essayez d’imaginer la même scène aux USA. Il me semble clair que les policiers auraient abattu le forcené directement et n’y auraient rien vu d’anormal.

  6. @Juanessy
    Je ne nie pas les sacrifices et l’aide précieuse de ceux qui sont venus en libérateurs. Je leur suis reconnaissante d’autant que ma famille, mes aînés, à cette époque a vécu au plus près la bataille de Normandie. Maison bombardée, détruite, tout perdre en quelques minutes, marches interminables pour se réfugier dans l’arrière pays…
    Mais néanmoins je pense que ces américains ont été manipulés pour ce qui a été tardivement « vendu » comme la bonne cause.
    Les américains, et pas qu’eux, ont eu très tôt connaissance des camps d’extermination.
    Pour les canadiens c’est à mon avis une autre affaire.

    1. Vous n’êtes pas allée aussi loin dans le soupçon de manipulation par les américains que Monod Broca , qui les soupçonne , lui , d’avoir manipulé les allemands et les japonais afin qu’ils déclenchent la seconde guerre mondiale dans l’objectif de barrer la route au péril bolchévique .

      1. Pourquoi déformer ainsi ce que j’ai écrit ?
        « afin qu’ils déclenchent la seconde guerre mondiale » : qui a déclenché quoi ? Personne ! A moins de remonter à Caïn… Chaque violence est la réponse ou la poursuite d’une violence antérieure, chaque guerre la réponse ou la poursuite d’une guerre antérieure. La question n’est pas de savoir qui a déclenché les hostilités, elle est de comprendre ce qui s’est passé, où étaient les intérêts de chacun, comment chacun a tiré son épingle du jeu.
        J’ai écrit que l’ennemi principal des USA était l’URSS, même lorsqu’ils étaient alliés contre l’Allemagne nazie, est-ce si faux que cela ?

      2. Ce n’est pas si faux mais ce n’est pas si vrai non plus, si on en croit des ouvrages récents sortis sur certaines opérations d’envergure menées par les services US sur le sol français.
        En effet, d’après ces documents, et les reactions des intéressés toujours en vie à ces divulgations l’ont confirmé (en en étant fiers!), les USA craignaient au moins autant le refus français, radical, structurel, des valeurs américaines qu’ils ne craignaient le communisme russe.
        C’est pourquoi, d’ailleurs, ils rémunéraient grassement des gens comme Raymond Aron (et bien d’autres! ) pour s’assurer au mieux de la défense de leurs intérets par des élites françaises consentantes ou manipulées.

        L’ironie de l’histoire, c’est que, finalement, ils ont importé tout seuls, comme des grands, le poison des philosophes déconstructionistes français (Derrida, Foucault, Deleuze) – evidemment compris tout de travers – qui est en parti responsables du désastre intellectuel US et politique US actuel.
        Tout ça pour ça!
        Maintenant, ils essaient de coloniser l’université française en nous renvoyant cette version déformée des penseurs politiques français, en essayant de séduire les étudiants originaires de banlieue. Ce qui nous donne un début de discours communautariste qui ne prendra jamais au niveau national, mais qui peut servir au niveau local.

        L’idée d’une « segregation des quartiers populaires » est juste en revanche quand elle résiste à toute velleité communautariste (parce que là on met le doigt dans un engrenage dangereux). Mais il ne faut pas qu’elle oublie que la segregation des campagnes a été bien plus grave encore, les quartiers populaires hebergeant de la main d’oeuvre utile aux bobos/mieux lotis des grandes ville, et etant donc privilégiés par rapports aux gilets jaunes de campagne, qui, eux, ne leur servent à rien, et sont suffisamment autonomes pour ne pas dépendre des aides ou du trafic (et donc beaucoup plus dangereux politiquement ca rmoins facilement achetables).

  7. Il faudrait goudronner et mettre des plumes sur toutes ces statuts… ça serait « rigolo », et ferait ressortir l’hypocrisie de ces gros nazes perpétuant ce passé esclavagiste….(désolé, c’est sorti comme ça).

  8. Salut Paul,

    Je viens de voir ta dernière vidéo, où les larmes de l’humanité envahissent tes yeux et s’emparent de ta gorge. Il n’y a pas de raisonnement intellectuel et les discussions sur la « guerre » me désespèrent, chacun de nous, même le plus vilain et le plus bête sauf lobotomie avérée, peut faire cette expérience submergeante. Je cherche, vainement et en pure perte certainement, le moyen, l’instrument, qui fera un jour que tous à un instant donné, partout, en même temps, nous ferons sortir cette vibration pour une fois pour toute abattre tous ces murs, ces foutus murs.
    Un peu comme les cloches de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, toutes tintantes comme un jour en rêvait ML King.

    https://www.jeuneafrique.com/168911/politique/i-have-a-dream-le-texte-int-gral-en-fran-ais-du-discours-de-martin-luther-king/

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