24 réflexions sur « Vidéo – À l’Afrique ! »

  1. Belle vidéo !
    Nous sommes responsables de la traite négrière, de l’esclavage, du massacre des Amérindiens, des horreurs de la colonisation…
    La repentance est mal vue, de nos jours, c’est un tort, ne fuyons pas nos responsabilités, nous Européens. C’est bien nous qui avons fait tout cela.
    Mais souvenons-nous aussi que la découverte de l’Amérique et la colonisation étaient poussées par l’idée de progrès et l’attrait de la nouveauté, toujours à l’œuvre, oh combien !

      1. Medellín, le 1 juin 2020

        Paul Jorion a totalement, absolument raison.

        Fievre de l’or et fievre de l’argent (¨Argentum¨, Plata en español): sur le continent de l’Amérique du Sud commencant ici en Antioquia.

        (Note: L’or est toujours le produit d’exportation numéro 1 de Antioquia, la production FORMELLE surtout en mains des entreprises chinoises actuellement, mais, si Antioquia produit 80 % de l’or de la Colombie, 90 % de cet 80 % est réalisé au moyen de la production INFORMELLE, causant une destruction écologique et sociale sans comparaison, et, évidemment, controlée par les mafias divers ici.
        Source: prof dr Jorge Giraldo, ancien directeur de sociologie de l’Université Eafit, Medellín. A voir:
        https://repository.eafit.edu.co/handle/10784/9106 ).

        Medellín est la capitale de Antioquia maintenant, mais pendant des siecles c’était Santa Fé de Antioquia. Une petite ville avec une histoire effrayante…

        Avec une histoire de destruction écologique et de racisme profond incroyable.. des pandémies tuant les habitant.e.s qui se trouvaient sur place qui DEVANCAIENT meme l’arrivée des colons, suivi par ¨l’introduction¨ forcée des esclaves en provenance de l ‘Afrique, a travers des marchés de Cartagena et de Curacao.

        (Voir aussi, a coté du musée a Gorée, Dakar et les fortresses au Ghana, le musée de l’histoire de l’esclavage Kura Hulanda a Willemstad, Curacao.)

        Et tout cela, pour compléter la remarque de Paul Jorion, POUSSÉ par le soif des banquiers allemands…. rien de neuf sous le soleil…

        https://www.abc.es/historia/abci-historia-olvidada-como-venezuela-vendida-carlos-banqueros-alemanes-201611180346_noticia.html

        Un livre important est aussi Seven Myths of the Spanish Conquest, par Matthew Restall, Oxford University Press, 2003.

      2. Pardonnez moi cette erreur fondamentale… ¨par LA soif¨… [en español également LA sed…].

        JL

      3. Merci Johan.
        Puisqu’il est question d’Afrique, de colonies, de trafic d’esclaves, il faut aussi lire l’immense, magnifique et inoubliable œuvre de David VAN REYBROUCK sur le Congo.

        https://www.actes-sud.fr/catalogue/pochebabel/congo-une-histoire-babel

        C’est le genre de livre dont on ressort différent.
        (Je l’ai déjà signalé une fois ou deux, mais il est en poche désormais. Je me permets d’insister au risque de passer pour un libraire amateur, mais après tout plutôt que de juste commenter, n’est-il pas plus positif de partager nos enthousiasmes?).

      4. Medellín, le 2 juin 2020

        @Jacques Seignan

        Evidemment Jacques, les (tres diverses.. ) oeuvres de David sont clé afin de comprendre un tout petit peu de la souffrance de l’Afrique et en Afrique.

        Mon apport, néanmoins, vise attirer l’attention a un aspect, a mon impression, négligé, et c’est l’histoire du coté de la diaspora des africaines et africains en Amérique Latine, plus précisément dit: Amérique du Sud.

        Je m’explique.

        Les luttes des africaines et africains aux Etats Unis sont connues, et ont meme ‘produit’ un premier politicien au pouvoir la bas. Barack O. Ca va de meme dans la région des Caraïbes, avec, c’est clair, un role important pour ce qui se passait et se passe en Guadeloupe. J’en ai parlé avant ici au blog… d’ailleurs un aspect qui probablement mérite un peu plus d’attention, et, oui, aussi de fierté dans un environnement francophone.
        (voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9morial_ACTe).

        Le musée créé par Jacob Gelt Dekker (q.e.d.p.) a Willemstad, Curacao, mérite de l’attention également, aussi a cause du laboeur intensif de Jacob d’améliorer les conditions de vie des gens ¨oubliées¨ a l’isle de Curacao. N’importe ce que vous pensez de la stratégie choisie par JGD, de sa lutte, de ses échecs.
        (https://amsterdampublishers.com/wp-content/uploads/2019/09/Jacob-Gelt-Dekker-Obituary-Sept2019.pdf)

        Mon point, cher Jacques, est un petit peu distinct.

        La PLUS grande partie de la destination de la diaspora africaine en Amérique Latine se trouve au Sud de, disons, Costa Rica.

        N’oubliez jamais que les ‘gringos’ ont volé Panamá de Colombia (re-lisez votre Gabriel García Márquez).
        Alors: a partir du Panamá, jusqu’au point le plus austral de l’Amérique du Sud, se trouve ¨l´héritage¨ (vivant et mort) de cette diaspora.

        Mais, j’en suis sur, un peu oublié, négligé dans la conscience humaine. Avec, parfois, en Europe, aussi un soupir a mon avis un petit peu arrogant… sur le ton de ¨ce la ne mérite pas la priorité…¨.

        Pas tellement au niveau scientifique. Pensez par exemple a mon ami Bonno Thoden van Velzen, qui vient de nous quitter, et ses études importantes au Surinam en Guyane.
        (https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/08263663.2016.1187363).

        (sur la vie et le déces de Bonno: https://en.wikipedia.org/wiki/Bonno_Thoden_van_Velzen)

        Alors, pas quant a l’attention scientifique… mais SI quant a la conscience publique de la diaspora africaine énorme et perdue dans des pays comme Colombia, Vénézuela, Ecuador, Perú, Bolivia, Chile, Paraguay et, ne l’oublions surtout pas, l’Argentine avec son racisme profond et terriblement cruel.

        Alors: se pose la question, pourquoi? Pourquoi si aux EEUU, et pas en Amérique du Sud (y compris Panamá)?

        Mon hypothese est que la-aussi se présente le drame de la faillite du reve de Simón Bolívar d’unir l’Amérique Latine… ¨divide et impera¨, une ligne politique BEAUCOUP poussée des le Parlement des EEUU et de son pouvoir exécutif, et, je recommande une autre fois le dernier livre de Bill Domhoff, par le monde corporatif aux EEUU.

        Ne l’oublions pas: parmi les actes ¨positifs¨ de Barack O, se trouve bien sur l’effort de commencer avec des premiers pas de réconciliations avec l’Amérique du Sud…:

        * le processus de la paix en Colombia et l’arret des fumigations (évidemment recommencer avec cette barbaridad qui va toucher NOTAMMENT les populations africaines en Colombia, se trouve tres élevé sur l’agenda de la face orange, le président minoritaire et nommé frauduleusement a Washington)
        * la visite a Cuba
        * la visite a Dilma Rousseff avant qu’elle soit détruite par la droite au Brésil (et, évidemment, par les erreurs de Lula)
        * etc

        AU MOINS, cette approche donnait, pour la toute premiere fois, un petit peu de l’espace de respiration en Amérique du Sud et la possibilité de se réunir.. (je ne parle pas des efforts des Quito..).

        Malheureusement, cette approche s’est arretée, meme renversée.

        C’est important de le souligner: les ¨poches¨ de pauvreté en Amérique de Sud, se caractérisent fortément par un élément socio-culturel: les héritieres et héritiers américain.e.s des traditions pré-colonisatrices européennes, plus les héritieres et héritiers de la diaspora africaine sont les premieres personnes a ce moment recevant les conséquences négatives des crises actuelles (a. pauvreté et inégalité, b. écologie et c. pandémienne).
        Lisez les avertissements du CEPAL a Santiago de Chile.
        (https://www.cepal.org/es/temas/covid-19)

        Mais dans l’opinion publique, cet aspect reste opaque, inconscient. L’aspect des souffrances des personnes héritieres de la diaspora africaine en Amérique du Sud.

        Alors, cher Jacques, cette longue explication pour t’écrire: on fait son mieux pour tenir un petit endroit sur l’agenda.. mais ce n’est pas facil, meme pas sur une plateforme comme ZAMMAGAZINE.
        https://www.zammagazine.com/

        Heureusement il y a une lutteuse comme Teresa Gomez.
        Probablement c’est une voix plus efficace?
        (vidéo produit dans sa maison ici en centre ville de Medellín:)

        https://www.youtube.com/watch?v=AGQBO5N6uOY

        Une lutteuse impressionante… la mauvaise qualité de l’enrégistrement ne peut pas faire oublier la lutte et la souffrance incroyable et symbolique de cette femme fiere et exemplaire. Un fils, artiste, assasiné ¨par accident¨ dans la guerre de 53 ans, et elle, emprisonnée chaque fois par la police a Medellín pour la seule raison d’etre héritiere de la diaspora africaine…

        Symbole pour TOUTE l’Amérique du Sud.

        Bien a vous Jacques!

        JL

      5. @ Johan Leestemaker,
        Cher Johan,
        Je ne regrette pas d’avoir initié cet échange car vos analyses sont très précieuses et tous les lecteurs du blog peuvent vous en remercier avec moi. (Il va me falloir un peu de temps pour étudier tous ces liens…)
        Je pensais à votre question « pourquoi aux EEUU (j’aime bien l’habitude du pluriel castillan) et pas en Amérique du sud ??
        Le Brésil me semblerait présenter quelques analogies avec les USA. Pays immense, abolition tardive d’un esclavage massif pour les plantations et surtout une persistance de fortes inégalités basées aussi sur l’origine : les anciens esclaves noir vs. une bourgeoisie riche (et souvent arrogante). J’ai l’impression que le Brésil a su vendre un discours illusoire à partir de sa puissance culturelle (la nouvelle vague = bossa nova, cinéma, littérature, musique…) disant que ce pays était un mélange, un métissage en cours. Or tout montre que les classes dominantes sont restées aussi « pures » (sans doute avec quelques ADN mélangés d’anciens domestiques) tout comme dans la fédération du nord du Rio Bravo. Je suppose que Bolsonaro comme Trump est une exacerbation des ces tendances maléfiques.
        Dans ma jeunesse j’avais lu le chef-d’œuvre de Gilberto Freyre : Casa grande & senzala [Maîtres & esclaves] et finalement je me suis laissé prendre au discours, j’avais cru que le Brésil avait vraiment progressé (ordem e progresso) jusqu’à l’arrivée du PT et son espoir …
        Bon allez , encore un super bouquin selon moi sur ces sujets…
        http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tel/Maitres-et-esclaves

        Qu’en pensez-vous de cette comparaison USA et EUB ?
        amicalement
        JS

      6. Oui, appât du gain aussi, et rivalité mimétique entre les nations européennes également, mais justifiés par, cachés derrière, de belles idées telles que le progrès et la nouveauté.
        La colonisation française fut portée par les personnalités les plus progressistes et les plus éminentes de la scène politique du 19e siècle, Jules Ferry par exemple. Elle allait de soi, tout comme la croissance aujourd’hui.

      7. Pas seulement .

        Il y a à l’origine le même cerveau reptilien qui fait des femmes des objets , du faible un inutile ou une proie , de l’avoir la raison de vivre , de la jouissance le seul horizon .

  2. Bonsoir,

    Bcp d’émotions dans vos 2 dernières vidéos.
    Je vous suis depuis 2008, plus de 10 ans de votre compagnie et votre théorie sur le prix et le rapport de forces entre acheteurs et vendeurs est brillant !
    Ce n’est pas tant l’objet du message, il faudrait des heures…
    Je milite contre la chasse aux trophées en Afrique.
    A travers une page Facebook entre autres.
    Un clic pour un safari :
    https://m.facebook.com/tigrenlion/

    J’essaye d’importer les techniques de #BanTrophyHunting au UK qui produisent de grands résultats. J’ai fais quelques médias mais c’est difficile de sensibiliser sur le sujet en France.
    Je pense que la chasse aux trophées est un sujet central car il recoupe la destruction inutile de la biodiversité, un loisir des 1% et une forme de néocolonialisme.
    Leur premier argument, le prix du permis est un coût marginal du safari, on estime 5% qui profitent aux populations locales.
    Au Cameroun des gens comme Benjamin de rothschild, j’ai la liste des 40 ZIC du pays, revendiquent plus 100 000 ha de terres et même chose au Mozambique. Des dizaines de guides et des centaines de clients jusqu’à la chasse en boîtes terrible de RSA.
    Je pense que prouver l’impact de ce « loisir » est essentiel pour comprendre notre attitude de prédation envers ce continent.
    J’aimerais m’entretenir avec vous sur ce sujet. Notamment une question importante, pourquoi dépenser une fortune pour buter des animaux rares? Pour le trophée ok mais pourquoi ce chemin au confin du monde?
    J’ai une part des réponses mais je souhaiterais vos conseils pour faire progresser la cause.

    N’arrêtez surtout pas vos vidéos et tout simplement merci.

  3. @ Denis Monod-Broca
    Ne vous acharnez pas à justifier le colonialisme etc.
    Il est injustifiable.
    Ce que vous appelez les belles idées ne sont qu’un habillage cynique.
    Terrifiante façon de voir le monde.
    Quant à la croissance… même celle mes salades au potager ne va pas de soi, mais les gentils escargots sont ravis de les coloniser !

    1. Vous m’avez mal lu. Je ne justifie pas le colonialisme. J’en assume la faute, en tant que Français héritier de ceux qui l’ont pratiqué. Je dis qu’il fut mis en œuvre, justifié, vanté, au nom du progrès (et de la civilisation), par les républicains et autres partisans du progrès, les bien-pensants « de gauche » de l’époque.

  4. Ça change du costard-cravate des interviews polis sur les media autorisés, même si l’air débité au cours de ceux-ci se révèle être en porte-à-faux avec le discours ambiant.
    Je cherchais sur la toile le nom de l’auteur de la célèbre conclusion de la nouvelle « Heart of darkness » : « L’horreur, l’horreur ». Je déniche « Conrad electronic », « Conrad magasin », « Conrad de Montferrat » sur Wikipedia, mais pas le marin polono-britannique qui naviguait sur le Congo. C’est tout dire. Si ! l’horreur, l’horreur m’a renvoyé à Apocalypse le Film. D’une certaine façon, cela rejoint la situation actuelle aux Etats-Unis, puisque c’est depuis cette époque que le déclin s’est amorcé. Et le commencement de la fin du pétrole facile. Je me souviens de ceux qui ont préféré devenir canadiens ou suédois plutôt que de mettre les doigts dans ce piège à pangolins : respect.

  5. De même qu’on peut regretter d’avoir pensé une chose, on peut donc ne pas osé le penser ! Tiens donc
    Si nous étions tous aussi délicat, il n’y aurait plus de problème, c’est certain.
    Mais malheureusement il faut bien de temps en temps faire la basse besogne.

  6. Merci pour ce cri du cœur. D’une génération plus jeune, j’ai vécu dans un pays d’Afrique, et j’y ai tissé des liens….Note d’optimisme, de génération en génération, des frontières autrefois infranchissables sont repoussées. Le pays où j’ai vécu, mélangeait beaucoup d’origines, et aujourd’hui porte au centre, le poids de son histoire (encore incrustée dans les esprits) de l’esclavage. J’avais assisté à une scène terrible : une jeune femme terrifiée que venaient libérer de ses maîtres des proches, et qui se débattait désespérément, terrifiée, et qui criait et pleurait, paniquée de quitter la maison de ses maîtres….et cela se passait au début du 21ème siècle. J’avais compris que l’esclavage n’est pas l’histoire des esclaves seuls, mais de ceux qui y sont complices ou qui le tolère ; c’est l’affaire de tous les membres de la société, qui portent peu ou prou cette inhumanité.

  7. J’ai vécu la même situation que vous mais à Karabane, le « comptoir colonial » (bel euphémisme), îlot sur le fleuve Casamance, d’où partaient vers l’Ouest les esclaves razziés au Sud Sénégal, Mali, Guinée…
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/1c/Carabane-Comptoir2.JPG/240px-Carabane-Comptoir2.JPG
    J’étais avec des guides/amis locaux et n’ai pas pu exprimer la honte qui vous saisit quand vous sentez la souffrance suinter de ces murs en ruine.
    Hélas, cette honte du passé était moindre que celle que j’ai ressentie quand j’ai constaté comment le Club Méditerranée et ses riches touristes traitaient les locaux, encore au XXIe siècle. Je pourrais en raconter longtemps sur le Club Merd, comme l’appellent ironiquement les vendeurs à la sauvette pourchassés sur les plages.

  8. Paul,
    Je vous conseille l’ouvrage collectif coordonné par Marc Ferro, Le livre noir du colonialisme.

Les commentaires sont fermés.