Récupéré ! L’éther et la théorie de la relativité restreinte, par Henri-François Defontaines (18/10/09)

Henri-François Defontaines est déjà l’auteur de deux « billets invités » : Revoir la relativité restreinte et Paradoxe des jumeaux et accélération des référentiels.

Dans ces billets, comme dans le troisième, qui va suivre, Defontaines prend au sérieux l’hypothèse de l’éther, hypothèse abandonnée par les physiciens depuis le début du XXe siècle. On lit souvent que l’existence de l’éther a été infirmée par l’expérience de Michelson-Morley. Ce n’est pas le cas. Comme l’expliqua fort bien Ernst Cassirer dans La théorie de la relativité d’Einstein considérée d’un point de vue épistémologique (1923) :

« Il n’était pas possible de trancher entre les théories de Lorentz [supposant l’existence d’un éther] et celle d’Einstein [qui l’exclut] sur une base expérimentale. Il était devenu clair qu’on ne pouvait mettre au point pour les départager une experimentum crucis. »

Mais Cassirer ajoutait, et ceci est fondamental :

« Il apparaissait surtout que la supposition de Lorentz était insatisfaisante sur un plan épistémologique parce qu’elle attribuait à un objet physique, l’éther, des effets spécifiques, alors qu’il résulterait de ces mêmes effets que l’éther ne pourra jamais constituer un objet d’observation. [L’éther] contrevenait à un principe général que Leibniz avait invoqué lorsqu’il combattait les concepts newtoniens d’espace et de temps, principe qu’il appela le principe de l’observabilité. »

Tout ça ne sont bien sûr encore que des considérations précisément, « épistémologiques » : cela ne prouve pas que l’éther n’existe pas. Que faudrait-il pour que nous considérions qu’il existe du point de vue de la science ? Il faudrait encore, pour utiliser un terme qu’Henri Poincaré chérissait, qu’il soit « commode » en tant que concept scientifique. Je cite ce que celui-ci disait à propos des systèmes de Ptolémée et de Copernic dans La valeur de la science (1913) :

Voici le mouvement diurne apparent des étoiles, et la mouvement diurne des autres corps célestes, et d’autre part l’aplatissement de la Terre, la rotation du pendule de Foucault, la giration des cyclones, les vents alizés, que sais-je encore ? Pour le Ptoléméen, tous ces phénomènes n’ont entre eux aucun lien ; pour le Copernicien, ils sont engendrés par une même cause. »

… ce qui fait que le système copernicien est beaucoup plus « commode » que le système ptoléméen. De même, me semble-t-il, il ne vaudrait la peine de ressusciter l’éther que s’il s’avérait un jour que supposer son existence se révélait beaucoup plus « commode » – au sens de Poincaré – que supposer son inexistence.

L’éther et la théorie de la relativité restreinte, par Henri-François Defontaines

… On voit dans ce qui précède, qu’en ce début du 21ème siècle, la possibilité d’existence d’une forme d’éther,
support permettant la propagation des ondes lumineuses à vitesse constante est largement niée par les physiciens.

Ont-ils raison malgré le revirement tardif d’Einstein après mures réflexions, ou cela provient-il d’une
incompréhension des phénomènes mis en jeu ? …

Le texte complet est ici

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430 réflexions sur « Récupéré ! L’éther et la théorie de la relativité restreinte, par Henri-François Defontaines (18/10/09) »

  1. @ pro-faites

    « En tout cas, c’est à partir du moment où cette théorie du vide universel fut enseignée par Newton, alors qu’il n’y croyait peut-être pas lui-même, que prit naissance l’immense dédain dont la physique moderne fait preuve envers la physique ancienne. »

    Si j’en crois mon modèle (je n’aime pas parler de théorie, car pour moi une théorie doit être aboutie tandis que mon modèle n’est qu’une base de réflexion en devenir) il y a une ambigüité quant à la notion de vide. On parle du vide interstellaire, alors que l’on sait bien que quel que soit le point d’espace considéré, un observateur s’y trouvant pourrait y observer des photons provenant de toutes (ou à peu près) les directions.

    Ainsi, le vide réel, c’est-à-dire exempt de masse, baigne dans un océan d’images qui non seulement renseignent l’observateur sur le monde qui l’entoure, mais qui de plus peuvent lui fournir de l’énergie sous forme de quantum d’action, les photons.

    La question que je me pose (une des multiples) est de savoir si un puits gravitationnel ponctuel serait à même de courber suffisamment la géodésique empruntée par les différents photons d’un même rayonnement pour que ceux-ci puissent occuper la même position et former ce que j’appellerais un corpuscule imaginaire et que l’on appelle la matière quantique dotée de toutes ces étranges propriétés.

    Il faut bien avoir conscience, que le long d’un rayonnement quelconque, deux photons successifs ne peuvent se rapprocher suffisamment pour occuper le même emplacement le long du rayonnement en raison du fait qu’il est impossible d’accélérer une source réelle pour la faire atteindre la vitesse de la lumière. Ainsi, deux dates successives, enregistrées sous forme d’images, ne peuvent être confondues par effet Doppler ce qui ferait tendre la longueur d’onde du rayonnement vers zéro et donc l’énergie vers l’infini. En revanche, si la géodésique se replie sur elle-même pour former une boucle, alors les différentes dates peuvent occuper le même endroit, et ce, d’une part sans imposer à la source d’atteindre la vitesse de la lumière, et d’autre part, sans devoir faire tendre la longueur d’onde du rayonnement vers zéro et donc l’énergie vers l’infini. La longueur d’onde correspond à la longueur de la boucle ayant permis la condensation du rayonnement sur lui-même.

    Si tel est le cas, on trouve au même endroit de la géodésique non seulement une information structurée, c’est-à-dire une succession d’image du même évènement aux différents temps donnant une information sur la progression de l’évènement, et donc de sa logique, mais aussi de l’énergie qui peut permettre éventuellement de modifier son futur. Par exemple, si je vois que je me dirige dangereusement en direction du soleil, mes capteurs solaires vont me permettre en actionnant consciemment les manettes nécessaires de modifier ma trajectoire pour m’échapper de son attraction.

    Il me semble que c’est une base de réflexion intéressante pour faire progresser la connaissance que l’on a de notre univers.

    Or, les postulats de la relativité restreinte, dont les conséquences sont entre autres la concomitance du passé, du présent et du futur, interdisent de modifier le futur et donc cette représentation liant l’espace réel à l’espace imaginaire. Pourtant, comme le montre mon billet, ces postulats ne sont aucunement nécessaires à la description des phénomènes relativistes et sont de plus difficilement conciliables avec la notion d’expansion de l’univers générant une accélération des référentiels et donc interdisant leur équivalence.

    Que doit-on penser de ces postulats ?

    « Aujourd’hui le père Aether est de nouveau le bienvenu et on l’unit à la gravitation »

    La tradition orphique en fait le fils de Chronos (le Temps: la succession des dates), il épouse Héméra avec laquelle il engendre à son tour Gaïa (la Terre), Ouranos (le Ciel) et Thalassa (la Mer) (la matière en générale, liquide solide et gazeuse qui passe d’un état à l’autre grâce à l’énergie fournie).

    Je ne connaissais pas ce Dieu avant que vous en parliez, mais il me plait bien.

    « Parmi les conséquences de la théorie du vide établie par Newton, il ne reste plus debout que le mot « attraction »

    Le mot attraction a disparu avec la théorie de la relativité générale, théorie d’après laquelle, une particule se déplace librement selon sa géodésique. Pour un observateur dont le référentiel en chute libre suit la même géodésique, la lumière se déplace à la vitesse C, c’est-à-dire à la même vitesse que dans un référentiel galiléen soumis à aucune force ni attraction.

    Newton était très loin d’être un imbécile, et comme tout le monde il lui arrivait de faire des erreurs. Einstein est il différent de tous les autres et à l’abri de l’erreur ? Beaucoup semblent le penser. Je ne partage pas cette opinion et préfère comprendre qu’admettre ce qui choque ma compréhension.

  2. Paul dit:
    « Ah ! Ah ! Voilà qui m’intéresse ! »

    C’est du Bergson, et dans le texte en plus.
    Si ca t’intéresse vraiment tu gagneras du temps à te plonger dans Matière et Mémoire et Durée et Simulanéité.

  3. En référence à mon post du 6 janvier à 13h57 , je vous signale qu’il ne vous reste qu’un mois avant que je ne ramasse les copies .

    « Ether or not éther , that was the question  »

    Le train sera-t-il à l’heure avec ou sans dérivées partielles , intégrales eulériennes , ou monde à deux têtes ? Qui est le chef de gare ? Les passagers sont ils fous ? Y a-t-il seulement des passagers ? Le quai est-il une chimère ?

    Réponses à condenser sur une page 21/27 .

    Rendez vous le 6 avril à 13h57 .

  4. On ferme !

    Avec deux jours de retard , voici donc le temps de ramasser les copies comme dit . Où sont elles ?

  5. Bon , et bien tous ces propos éthérés débouchent sur un zéro pointé à chacun(e) ; à défaut de devenir éthéromane , je vais tenter de transformer ( C2H5)2O en alcool pour noyer mon chagrin avec Maurice Maeterlinck ( La grande Loi) :

     » Le mot éther est comme le mot Dieu ; il masque et déguise somptueusement ce que nous ignorons « .

  6. Bonjour M. Jorion,

    Je ne sais pas si cela pourrait vous intérresser, mais j’ai réussi à établir une théorie alternative à la relativité restreinte, qui est basée sur la réfraction.
    Cette théorie redonne tous les résultats de la relativité restreinte, et permet d’aller ensuite bien au-dela en autorisant les objets matériels à ce déplacer plus vite que la lumière.
    Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à me joindre par email.
    Cordiales salutations,

    Patrick Lopinski

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