« La Commission européenne, otage de l’industrie financière », EurActiv.de, vendredi 15 janvier

Pour ceux qui lisent l’allemand.

NGO: Die EU-Kommission als Geisel der Finanzindustrie

Maintenant aussi en anglais.

EurActiv.de :
De nombreux experts, y compris de l’industrie financière elle-même, ne se sentent pas capables d’expliquer le contexte complexe et les causes de la crise financière. La Commission a-t-elle assez d’experts indépendants et compétents ?

Vassalos :
Lorsque nous avons montré notre étude, l’eurodéputée verte Sven Giegold a déclaré à juste titre qu’il n’est pas facile de trouver des économistes véritablement indépendants n’ayant aucun lien avec l’industrie financière, en raison de la manière dont les écoles de commerce ont été réformées ces dernières décennies. Pourtant, ils existent. Beaucoup ont mis en garde contre la crise et ont été ignorés. John Christensen, et Paul Jorion sont deux exemples qui me viennent spontanément à l’esprit. Mais la Commission n’a même pas essayé d’utiliser des économistes indépendants pour obtenir des conseils. Elle se conforme aux désidérata de l’industrie financière. Elle est l’otage de la doctrine: “Ce qui est bon pour le « big business », est bon pour le marché, et est donc bon pour la société dans son ensemble.” Cette doctrine n’est pas confirmée dans la vie réelle.

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29 réflexions sur « « La Commission européenne, otage de l’industrie financière », EurActiv.de, vendredi 15 janvier »

    1. @ c’est pas une lecture particulièrement marxiste.
      La plupart des économistes académiques contresigneraient ces informations

  1. Madame Lepage,
    Pour réduire les déficits abyssaux de notre pays,il n’existe que trois solutions:l’inflation,une hausse des impots et la guerre.
    Cela est l’enjeu de l’élection présidentielle…Pourqoi en 2012?tout simplement,pour éviter de noyer le poisson(tuer la croissance dans l’oeuf)!

    1. Pas du tout. Il existe une 4° solution, c’est celle de permettre à la Banque de France de monétiser les obligations d’Etat… nous aurons ainsi “une dette à nous mêmes”, sans intérêts à payer (lesquels représentent 1 milliard d’euro pas semaine, dont 2/3 partent à l’étranger (contrairement à la dette du Japon sur ce dernier point)

    2. @ Bernard

      Cher Monsieur, votre affirmation je vous cite :

      “Pour réduire les déficits abyssaux de notre pays,il n’existe que trois solutions:l’inflation,une hausse des impôts et la guerre.”

      Ne me parait pas exacte. Et votre pessimisme n’est pas de nature à aider à trouver une autre solution.

      Pourtant je suis certain qu’au fond de vous même, si vous vous en donnez la peine, comme pour chacun d’entre nous, et c’est bien pour cela que Paul Jorion a créé ce blog il me semble, grâce à la bonne volonté de tout un chacun, il est certainement possible, de chasser nos peurs et construire à partir d’un dialogue constructif, si ce n’est une solution (cela appartient aux politiques), mais son germe, son essence.

      C’est par l’adhésion à un mouvement portant le désir sincère de trouver une solution, qu’elle prendra forme, collectivement, grâce à la contribution de tous.

      Sans aucune prétention, la peur est mauvaise conseillère, ne fermons donc aucune porte, et ne sombrons pas dans le pessimisme, essayons de profiter de la possibilité d’échanger et de proposer nos idées telle qu’elle nous est offerte ici.

      Merci Paul Jorion d’avoir créé cet espace, essayons donc de continuer sereinement d’échanger et de débattre pacifiquement, c’est sûrement cela qui est une clé pour notre avenir.

    3. @Toute Neuve,

      Il existe même une 5ème solution: décréter unilatéralement que toute la dette souveraine est tout simplement annulée !
      La fameuse répudiation.

    4. @Ken Avo
      … avec le risque de saisie des intérêts français à l’étranger . Non, je ne crois pas que ce soit une bonne solution. Par contre, comme je l’ai lue sur je ne sais quel blog, le rachat par la BdF (ou la BCE) des titres arrivant à échéance et des nouveaux titres pourrait se faire en 7 ans (durée moyenne d’échéance des titres). Au terme des 7 ans la dette serait transférée à la BdF et il n’y aurait plus d’intérêts à payer.
      Comme l’explique Paul Jorion, puisque tout l’argent est de l’argent banque centrale qui circule, pourquoi donc payer des intérêts à des intermédiaires ?
      Cette solution de rachat de la dette par la banque centrale ne serait pas inflationniste, au contraire, puisque c’est la même “monnaie” qui change seulement de main et ne se retrouve plus dans des mains “privées” (les détenteurs de la dette) mais dans la sphère publique.

    5. @Toute Neuve,

      Nous en êtions à recenser les différentes solutions possibles au moins au niveau théorique !
      Quant aux dangers que vous signalez, ils pouraient être contrés si cette annonce de la répudiation était coordonnée (bien qu’unilatérale c’est à dire vis-à-vis des créanciers) avec un nombre suffisant d’états représentant un poids incoutournable dans l’économie mondiale.

      Vous pouvez lire aussi si ce n’est déjà fait le billet de monsieur Werrebrouck à ce sujet sur son blog.

    6. @Toute Neuve,

      Et puis il est permis de s’interroger sur le sens qu’on veut encore bien mettre derrière l’expression “avoirs français” quand ceux-ci sont privés.

      De la même façon que j’ai toujours quelques difficultés avec le concept de nationalité des entreprises, d’autant plus quand celles-ci réalisent l’essentiel de leur production et de leur chiffre d’affaire ailleurs, tout en êtant détenus par des capitaux étrangers, et leur holding située à Amsterdam, à Vienne où je ne sais où encore.

  2. « Ce qui est bon pour le « big business », est bon pour le marché, et est donc bon pour la société dans son ensemble. »

    Oui mieux qu’ils parlent de la société dans son ensemble car lorsqu’on y regarde d’un peu plus près ce n’est pas non plus très joli à voir,

    Ce qui est apparemment bon pour l’un ( l’avidité ) n’est pas forcément bon pour l’autre, tout le monde n’est pas né non plus pour vivre uniquement selon les seules croyances bien mercantiles et primaires du marché, vouloir par exemple continuellement niveler les peuples jusqu’au bout pour toujours plus de besoins factices, artificiels car ce qui est bon pour le marché, pour nos égos et donc forcément bon pour la société dans son ensemble quelle belle mentalité quand même, oui on en voit nettement mieux le résultat de nos jours !

  3. Oui mieux vaut ( correction ) qu’ils parlent d’abord eux-mêmes en introduction, plutôt une plus forte mauvaise odeur de poissons pourris qui se répand sur les marchés, et donc pas toujours bon pour le reste de la société.

  4. LE MENSONGE DE PLUS DES DIRIGEANTS DU MARCHE

    L’homme ne se laissera pas toujours abuser et tromper par les seuls discours prioritaires et médiatiques venant des gens du marché,

    Ce qu’il voit, ce qu’il constate dans le réel, et examine, c’est l’autre, non le calcul de la machine.

    Un jour, l’homme se réveillera et prononcera ces paroles :

    «Si vous avez des oreilles pour entendre un oiseau chanter, alors vous n’aurez plus guère besoin du même vocabulaire enferrant des gens du marché pour être heureux et libre. »

    « Car tout ce qui n’est pas bon pour le « big business », c’est-à-dire vous et moi n’est pas bon pour le marché, et est donc mauvais pour la société dans son ensemble. »

    Voilà donc le seul propos possible de nos jours en société, parlez et pensez autrement et vous serez tout de suite catalogué et étiqueté comme un autre mauvais homme.

    Quelle bien fausse liberté de penser comme de s’informer autrement !

  5. Voila typiquement ce dont je parlais a Md Lepage dans mon autre post. Même si ce n’est pas de sa compétence, c’est de ce genre de problèmes que j’aimerai que s’occupent les politiciens quand je parlais de s’occuper de ce qui les concerne plutôt que de venir nous donner des initiatives citoyennes. On les a déjà nos initiatives, on voudrait juste pouvoir les mettre en place.

    1. Malheureusement, je ne suis pas étonné, tout est affaire d’argent.
      Chacun à son niveau contribue à cette mondialisation.
      Vous venez de voir un cours de géostratégie politique, que pensez vous des histoires du Yémen, de l’Iran, de la réactivité des Americains en Haïti (pas de business à faire ?…..juste l’amour de l’autre ?), les français en afrique etc….
      Imaginez une révolte du peuple Français dans le désordre, nos bons amis Americains viendrait bien vite à la rescousse pour protégez la corporatocracie.
      C’est bien ce qui me fait peur, il faut que le changement se fasse de façon coordonnée (crée une banque citoyenne est un bon début ) sinon nous auront droit à un protectorat Americain….
      J’espère me tromper.

  6. @la question des écoles de commerce
    L’article est intéressant et met l’accent sur un point qui était passé sous silence . Savoir la m:ontée des écoles de commerce et leur influence dans le débat public
    En effet et depuis 10 ans environ les écoles de commerce sont devenues des écoles de référence : y compris chez leurs concurrents, les écoles d’ingénieurs .
    Ces écoles jouent un rôle majeur dans la formation des dirigeants actues; mais elles se construisent autour d’une certaine lecture “hyper-financière” de l’économie qui occulte littéralement l’économie réelle . Ainsi une école que j’ai visitée pour le compte de mon nouvel employeur avoue n’avoir plus de formation sérieuse en dehors du quadrilatére compté / stratégie / finance / marketing. J’ia moi même été exminateur de la filière ECOFI de science po et j’imagine assez les dégats que cela fait (je reviendrai dessus d’ailleurs)
    De plus ces écoles sont totalement soumises aux critères de SHANGAI ( malgré la résistance de l’ancienne directrice de l’ECSP) : tout est fait pour avoir des “publis au compteur”, facteur de notoriété et donc de qualité affichée, au détriment de la dimension pédagogique. Ce mécanisme de normalisation explique bien le phénomène décrit par un autre Dr que j’ai interrogé : ” avant de rentrer à .. les étudiants ont des avis divers sur la finalité de l’activité économique. A la sortie ils sont tous convaincus que leur objectif professionnel doit être de rémunérer au mieux les actionnaires”

    Il s’agit au sens propre d’une dérive idéologique , assez comparable dans sa forme à celle qu’a connu l’enseignement supérieur français dans les années 70/ 80 quand il excluait de facto la pensée libérale .

    Mais compte tenu de l’importance des écoles de commerce il devient indispensable qu’un débat , puis qu’un jeu de recommandations enfin qu’un contrôle soit exercé sur la nature de leur enseignement
    amicalement

    1. C’est un point très important.
      Nous sommes soumis à une pression idéologique, sans réflexion
      et sans diversité, qui ne respecte pas la démocratie.
      Comment briser ce formattage des esprits?
      Il m’est asez indifférent qu’un jeune, futur cadre dynamique, soit dressé
      à traquer le pognon dans une entreprise commerciale.
      ( “Nike va cesser de produire, il ne fera plus que de la publicité”)
      Cela devient inacceptable quand les mêmes voient dans l’ Etat
      une extension d’une société privée.

    2. “Nous sommes soumis à une pression idéologique, sans réflexion et sans diversité, qui ne respecte pas la démocratie.”

      Pas seulement la démocratie; pour cette raison que je ne suis plus guère démocrate. Oui contrairement à tant d’idées reçues de la part de notre pitoyable personnel politique et pseudo-démocrate les monarchies autrefois n’ont pas toujours étaient totalitaires et irrespectueuses de l’esprit des peuples, ne poussaient pas toujours systématiquement les peuples à s’abêtir pour les seuls avantages et privilèges supplémentaires d’une petite clique de gens n’arrêtant pas de se bouffer le cul à l’antenne, surtout avec les nouveaux souverains secrets de ce monde. Tellement plus facile de couper la tête d’un roi par le biais d’une foule en colère, que d’aller mettre des chaînes maintenant à toute une bande d’hypocrites sans foi ni loi au sein du monde de la finance.

      Et oui devant d’impuissance et de ridicule du politique je ne suis plus guère 100° démocrate aujourd’hui.

    3. @Jérémie
      Démocratie ne veux pas dire: ” le peuple qui vote”, mais “le peuple qui dirige” je crois.
      Quand avez vous vu le peuple français diriger quoi que ce soit? Le dernier référendum on l’a eu dans le fion quand même. Notre démocratie ressemble à une monarchie élective, avec un fonctionnement à la star académie je trouve.
      Le jour ou on votera pour un programme et pas pour une tête d’affiche, on aura un peu évolué.

  7. @ Claude Roche,

    Plus précisément, je pense devoir vous avertir que le droit dit des affaires (au sens large : c’est-à-dire qui empiète sur différentes branches du droit) s’est “anglo-saxonnisé” à outrance : une dérive proprement idéologique qui accompagne celle des écoles de commerce.

    1. @ sans doute avez vous raison. Mais à ceci près que je ne suis pas compétent pour en parler
      amicalement

  8. Cet article qui examine la mise en place d’un système d’avertissement face au risque systémique et très critique sur l’ESRB mis en place par Bruxelles:

    “The Eurozone has already swung into action, creating the European Systemic Risk Board (ESRB), set to begin this year. Unfortunately, this board, responsible for macro-prudential oversight of the EU financial system and for issuing risk warnings and recommendations, is far from the ideal. It is to be composed of the 27 EU national central bank governors, the ECB President and Vice-President, a Commission member and the three chairs of the new European Supervisory Authorities. In addition, a representative from the national supervisory authority of each EU country and the President of the Economic and Financial Committee may attend meetings of the ESRB, but may not vote. This lumbering army of 61 central bankers and related bureaucrats is a body clearly designed for maximum inefficiency; it is too big, it is too homogeneous, it lacks independence, and its members are already sufficiently employed.”

    http://www.voxeu.org/index.php?q=node/4495

  9. On dirait que le fond du tréfond du problème se ramène à un problème de sociologie de l’accès aux instances effectivement décideuses, ce que je n’aurais aucun mal à accepter.

  10. Sur les écoles de commerce.
    C’est uniquement HEC qui a changé la donne, et de ce point de vue d’ailleurs les stratèges de cette école ont été brillant. C’est un exemple “classique” d’entrepreneur institutionnel. Les autres ont suivi. Le modèle économique de ces écoles n’est plus viable à moyen terme, si ce n’est à court terme. Leur influence va fortement diminuer d’ici peu…

    La base en sociologie/anthropologie/ philosophie n’est pas là. Les étudiants apprennent le fonctionnement des modèles, mais sont incapables d’en discuter les fondements. Ils ne vont jamais fouiller les bases, examiner l’échafaudage. Ils les “comprennent” sans les comprendre. Mais ce n’est pas entièrement la faute de ces écoles. Ce genre de “disposition à l’égard de la théorie” ne s’apprend pas à proprement parler. C’est plus une manière d’être, une disposition psychologique particulière qu’un “savoir” à proprement parler. Bien sûr, on pourrait au moins encourager ou ne pas décourager ce genre de dispositions, et on pourrait également enseigner les théories critiques, mais franchement je crois que ca ne changerait pas grand chose.

    Il y a un “éthos des affaires”, où l’on tient certaines thèses comme acquises et où on excommunie presque ceux qui en soutiennent d’autres (encore que tout tienne souvent à la manière de présenter les choses finalement) et c’est ce dernier qui “fait” le contenu de l’enseignement des écoles de commerces, et non pas les écoles de commerce qui font cet éthos, en raison directe de la façon dont elles fonctionnent et des conditions de leur viabilité économique.

  11. Bonjour,

    @ Antoine Y : votre 2nd paragraphe me semble très explicite : je pense en effet qu’il serait souhaitable que le système éducatif (pas seulement au niveau des écoles de commerce mais dès la maternelle si maternelle il y a besoin : ce qui reste à prouver –> de quel besoin s’agit-il : celui du confort des prof, des parents ou celui des générations à venir et de la société à bâtir ?) encourage, non seulement les théories critiques, mais surtout l’esprit critique en général. Bref, passer (ou repasser ?) d’une logique “éducation” à une logique “instruction”. On est aujourd’hui très loin du compte et je crains que cela ne passe par la disparition de la massification. On n’a rien sans rien…

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